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Entretien avec une directrice

 
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Auteur Message
Jens Vostu
Ordre Sith

Hors ligne

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Rang: Novice

MessagePosté le: 17/08/2018 13:44:26    Sujet du message: Entretien avec une directrice Répondre en citant

Introduction:
Kessel. Bureau de la directrice Ejdel Kalanis, quelques jours avant le Présent.

-Je vous en prie, prenez place Félicia, dit la directrice sur un ton affable. Vous souhaitiez me voir pour une affaire spéciale ?
-Oui madame, répond la secrétaire avec déférence. Il s'agit du détenu KN10765M. Nous pensons qu'il possède la Force.
-Ah, s'exclame Kalanis. Pourquoi ça ?
-Le mieux est que vous voyez par vous-même, déclare la secrétaire en tendant un datapad.

La directrice connecte alors l'objet à son propre ordinateur et regarde la vidéo présente dans les fichiers. Il s'agit de la vidéo d'une caméra de surveillance qui surveille la zone de repas des prisonniers. On y voit un jeune humain, assit seul à une des nombreuses tables, en train de manger. Bien vite, deux autres prisonniers viennent se joindre à lui. Un dévaronien et un aqualish. Le premier s'installe à côté de l'humain, le second en face de lui. Quelques paroles sont échangées, avant que l'aqualish ne tire à lui, sans cérémonie aucune, le plateau-repas de l'humain et ne commence à manger à son tour. L'humain le regarde d'un regard placide, lui-même sous la vue excitée du dévaronien. Deux secondes passent, et l'humain imite l'aqualish en reprenant son plateau.

Aussitôt, les deux aliens se lèvent d'un bond pour saisir l'humain. L'humain en fait autant, les yeux rivés sur l'aqualish qui est de loin le plus imposant de ses adversaires, ne remarquant pas le dévaronien qui passe dans son dos pour l'immobiliser. Le duo est visiblement rôdé, le cornu connait son rôle de serpent et le mastard sa place de cogneur. L'humain reçoit ainsi trois frappes dans le ventre, les bras bloqués dans son dos. Il finit néanmoins par réagir en sautant pour envoyer ses deux pieds dans la tête de l'aqualish, en s'appuyant sur le dévaronien. Ce dernier se voit déstabilisé et il recule de quelques pas titubants, sans pour autant lâcher prise. L'humain se réceptionne avec agilité, et voyant l'aqualish revenir sur lui d'un air furieux, il envoie la tête en avant avec force pour tenter de prendre son adversaire de court. La frappe finit dans le vide, pourtant l'aqualish est stoppé net dans sa course et s'effondre, groggy, comme s'il venait de s'écraser contre un mur invisible. L'humain est surprit de voir son opposant à genou, ses sens n'ayant pas confirmé d'impact, mais il ne se laisse pas déstabiliser. Il réagit vite et, l'instant d'après, un hurlement de douleur s'échappe de la gorge du dévaronien, qui lâche prise, paralysé par la souffrance. En effet, une main de l'humain s'était glissée à son entrejambe et avait fermement empoigné "le panier", pressant si fort qu'on eut cru qu'un Sith le foudroyait à mort.

L'humain se retourne ensuite, avec calme, sans déserrer son étreinte. Son regard passe devant la caméra, révélant deux anneaux d'or à la place de ses iris, avant de se poser sur le dévaronien en proie à un râle d'agonie suraiguë. Un instant passe, puis l'alien se voit libéré et s'effondre aussitôt en position fœtale, sanglotant bruyamment par soubresauts. Derrière, l'aqualish peine à se remettre. Il se tient seulement à quatre pattes lorsque l'humain retourne à la table pour poursuivre son repas. Quelques secondes plus tard, les gardes affluent de tous sens. Ils marquent un temps avant d'agir, déstabilisés par la scène et l'absence de besoin d'intervention martiale. Finalement, la vidéo s'arrête lorsque les trois détenus sont emmenés sans ménagement par les hommes et les s de sécurité.

-Je vois....Répond la directrice dans un souffle après quelques secondes de mutisme. Quand cela a-t-il eut lieu ?
-Aujourd'hui, affirme Félicia. Ils ont été remis directement au travail après l'incident, et le chef de secteur compte les faire travailler tard ce soir. C'est lui qui m'a informé et montré la vidéo.
-D'accord. Bon, voyons voir le dossier de cet intriguant...

Kalanis saisit le datapad adéquat, pianote quelques instants dessus, puis se met à lire la fiche du détenu KN10765M.

Nom: Vostu
Prénom: Jens
Surnom/Matricule: Détenu KN10765M
Age: 24 ans
Race: Humain Kuati

Carrière envisagée: Sith

Description mentale:
Service policier de Kuat.
Causes incarcération: coupable du meurtre de sa femme et de son enfant. Sujet instable: tendance maniaco-dépressive. Passé d'esclave dans maison noble de Kuat. L'entourage chez ses maîtres stipule une personne réservée, calme et loyale. Il fut plusieurs fois qualifié de responsable et cultivé, et primé d'excellent serviteur. Sujet donc bien intégré, puisqu'après interrogation des parents de la victime, je cite "Rien ne laissait présager un tel acte".
Transfert sur Kessel pour purger une peine à vie, suite à demande du père de la victime.


Service d'admission au pénitencier de Kessel.
Interrogatoire du détenu. Le sujet était calme. Il a admis ses crimes. Bonne coopération, n'a pas montré de résistance. Élocution aisée. Raisons des meurtres selon sa version: Manque de respect de ses maîtres envers le décès de sa famille durant les grèves de Kuat, toujours en cours. Il a été très clair sur le fait que, je cite "Je ne regrette rien" et "Ils ne méritaient pas de vivre". Il a, par ailleurs, stipulé plusieurs fois qu'il se sentirait davantage libre ici que dans son ancien foyer.
Peine à vie, transfert dans la mine CMK 143 pour tâches d'extraction.


La directrice lâche un soupire teinté d'agacement. *Quand apprendront-ils à rédiger un rapport correctement ?*. Elle lève finalement le regard vers Félicia, et demande:

-Qu'est-ce que vous en pensez ?

-Oh, je dirais qu'il a simplement craqué, répond Félicia après un instant de réflexion. Sa condition d'esclave le pesait en sourdine, mais il se conformait tant qu'il était respecté. Selon ses critères, bien sûr. Visiblement, l'attitude de ses maîtres face au décès de ses proches a été un déclencheur.
-Je suis d'accord. Vous êtes vous renseigné sur lui auprès de son chef de secteur ?
-Oui. L'officier ne m'a rapporté aucun fait réellement marquant le concernant, hormis l'incident de ce midi. Il m'a aussi permis de l'observer depuis le centre de surveillance, et à part faire son travail, il ne fait pas grand chose. Il n'a pas eu l'air spécialement abattu ni peiné. Peut-être cherche-t-il à oublier ses problèmes dans le travail ? Je voudrais toutefois nuancer ces observations par le fait qu'il est arrivé ici il n'y a que trois jours. Il est donc encore frais, si je peux me permettre ce terme.
-Vous pouvez. Bien, voyons voir la suite...

Description physique:
Service d'admission au pénitencier de Kessel.
Taille: 1m82. Poids: 73 kilos. Visage: Cheveux bruns, longs (arrivent sous les omoplates). Yeux couleur bleu clair. Ensemble fin. Pilosité peu importante.
Corps: Ensemble fin et élancé. Musculature peu apparente mais développée.
Signes particuliers: Trous aux oreilles pour bijoux. Rien d'autre n'a été constaté.


Cette fois, c'en est trop. Kalanis repose le datapad avec courroux tout en s'exclamant:

-Bon sang ! C'est trop demander un rapport bien écrit ? Je vais aller faire un tour aux admissions demain, ils vont vite se mettre au niveau...!

Un instant de silence s'ensuit avant que la directrice ne retrouve son calme et demande l'avis de sa secrétaire, laquelle répond:

-Je dois dire qu'il est plutôt bel homme, dit-elle sur un ton qui marque le constat et non une attirance quelconque. S'il est aussi cultivé que dit le rapport, j'imagine qu'une fois propre et correctement habillé, il doit être charmant à côtoyer durant des festivités.
-D'accord. Il a l'air de savoir se battre et d'être en bonne condition physique. Et puisqu'il semble se servir de la Force, j'imagine qu'on pourra s'entendre avec les Sith.
-Je le pense aussi, mais...
-Mais ? Relève la directrice avec intérêt.
-Mais...je ne crois pas qu'il ait conscience de posséder la Force, en fait. Il a l'air étonné sur la vidéo, et malgré une surveillance constante depuis l'incident, il n'a montré aucune autre manifestation.
-Quelques heures de surveillance ne signifient rien. Mais ce n'est pas grave, nous enverrons la vidéo emballée dans un joli paquet cadeau aux Sith, et ils jugeront par eux-mêmes. Je leur fais confiance, s'ils y voient un intérêt ils répondront. Mais avant, j'aimerais en connaître davantage sur notre détenu surprise. Faites le venir à moi. Ce soir. J'aimerais le voir par moi-même.

La surprise passe telle une brève ombre sur le visage de la secrétaire suite à cette déclaration. Elle se domine cependant, et s'exécute. Elle quitte ainsi le bureau de sa supérieure après avoir prit congé, pour y revenir quelques heures plus tard, accompagnée de Jens et d'un groupe de quatre gardes.


Histoire:

Jens est désormais installé sur la chaise en face de la directrice. Ses poignets sont entravés par des menottes, de même que ses chevilles, brimant ainsi tout espoir de fuite. Les gardes sont ressortis sur ordre de Kalanis pour se poster devant la porte d'entrée. Félicia, elle, se tient debout sur la droite de sa supérieure, qui est elle-même assise face au détenu. Elle l'observe un temps, sans mot dire. Jens l'imite. Puis:


-Sais-tu qui je suis ? Demande Ejdel.

Le prisonnier remue lentement la tête de gauche à droite en guise de réponse.

-Je suis Ejdel Kalanis, directrice de cette prison.
-Enchanté de vous rencontrer, madame la directrice, répond Jens avec courtoisie mais sans joie. Je suis Jens Vostu, comme vous le savez sûrement déjà.

Un sourire imperceptible déforme le coin des lèvres de Kalanis. Enfin quelqu'un qui change de la bande de rustres et d'idiots qu'elle est obligée de supporter au quotidien. Un peu distraite par ce constat, elle ne ressent pas l'instant qui passe, à la conclusion duquel le détenu demande de sa propre initiative:

-En quoi puis-je vous être utile ?
-Cela va dépendre de toi, répond-elle avec nonchalance tout en reprenant ses esprits. J'ai quelques questions qui te concernent. Peux-tu m'expliquer les circonstances des meurtres que tu as commis ? Et les liens entre ta femme, ton enfant et les maîtres qui t'ont offensé ?

Jens lâche un soupir peu engageant, puis après une hésitation, il finit par déclarer:

-Ma femme était mon maître. Ses parents aussi. Et ma fille...aussi.
-Comment ? Lâche Kalanis d'étonnement.

Même Félicia a un tressaillement en entendant le prisonnier, stupéfaite de n'avoir pas décelé ce fait en se fiant aux rapports.

-Vous ne connaissez visiblement pas le fonctionnement de Kuat, continue-t-il. Permettez moi de vous éclairer. J'étais ce que nous appelons, un Telbun. Un esclave tiré des classes inférieures au profit des nobles, dans le but de devenir un parfait géniteur pour la matriarche de la maison.
-Ho, je vois, rétorque la directrice comme si Jens lui parlait d'une chose banale. Et que s'est-il passé pour que tu passes à l'acte ? Un esclave est censé être dévoué et loyal, non ?

Cette dernière phrase pique Jens dans son fort intérieur. Cela le fait grimacer, grimace qu'Ejdel remarque aussitôt, lui confirmant avoir touché un point sensible. Le fait est que, s'il s'était conformé à sa condition d'esclave, Jens ne s'était jamais considéré comme tel.


-Ma famille est morte,
finit-il par dire d'un ton grave mais détaché. Ma famille est morte parce qu'elle travaillait pour eux.

Un sourire à demi forcé passe sur sa bouche, de ceux qui apparaissent lorsqu'on se rappelle un souvenir agréable et nostalgique, voire douloureux, à la fois.

-C'est ma femme qui me l'a apprit. Elle était de bonne humeur, toute guillerette, et s'est approchée de moi en quelques pas légers. J'ai eu droit à un baiser sur la joue, puis elle m'annonce que la maison de ma famille a été brûlée par des grévistes, quelques jours plus tôt. Personne n'en a réchappé, et...et elle....

La voix du jeune homme se noue, révélant l'émotion toujours présente en lui. C'est avec une haine difficilement contrôlée qu'il termine sa phrase:


-Et elle qui me dit ça comme si elle m'annonçait avoir changé de coiffure ou de robe....

Il se tait. Le silence s'installe quelques secondes, avant que la voix de la secrétaire ne fasse entendre sa douce mélodie.

-Elle vous a donné un baiser ? Relève-t-elle. Étrange comportement envers un esclave...
-Vostu ? Renchérit la directrice.
-Elle était amoureuse de moi, madame la directrice. C'est rare, je le concède, même pour les Telbuns. Mais c'est arrivé. J'ai simplement accepté son amour, de toute manière, j'étais voué à être son géniteur et serviteur, je ne voyais pas d'objection particulière à devenir plus intimes. Et puis, son physique n'était pas repoussant. Et un beau jour nous nous sommes mariés sous le coup d'un de ses caprices, mais en conservant chacun son statut.
-Et toi ? Quels étaient tes sentiments envers elle ? Questionne Kalanis.
-Moi ? Hmm, avec le recul, je me rends compte que je la haïssais. Sur le moment, je dirais simplement qu'elle m'insupportait, mais je faisais avec. Il fallait bien. J'ai été bien traité par rapport à la majorité des Telbuns, je le conçois, mais...comment dire ? Elle était...pourrie gâtée jusqu'à la moelle. Inconstante, tyrannique, violente, retords... Je vous en prie, prenez l'adjectif qui vous convient le mieux, mais pour faire simple, c'était quelqu'un de profondément égoïste et égocentrique. Moi, j'étais que son jouet préféré, alors elle prenait soin de moi. Ni plus, ni moins.
-Et votre enfant ? Intervient Félicia.
-Un de sa mère sur le caractère. Une affreuse petite chose, vile et maligne. Je pense que mon acte fut salvateur pour nombre de personnes qui auraient été amenés à la côtoyer dans l'avenir.

Le silence revient face à cette affirmation. Ni le remords ni le regret ne troublent la voix du détenu. Après un moment de réflexion, durant lequel le visage de Kalanis se marque de gravité et de sérieux, cette dernière déclare avec assurance.

-Il n'y a pas que ça. Tu sembles savoir te contrôler, maîtriser tes émotions. Ce que tu me dis ressemble davantage à une goutte d'eau qui a fait renverser un vase bien remplit. N'est-ce pas ?


Jens ressent une désagréable sensation de mise à nue. Kalanis est la première qui perce la version du craquage émotionnel. Malgré son habileté et certains réflexes, Jens ne parvient pas à cacher son trouble, ce qui ne produit qu'une insistance supplémentaire de la part de son interlocutrice. Finalement, sans montrer de signes d'accablement particulier, il ouvre les vannes et se confie.


-C'est plus ou moins ça, oui. Vous savez, je suis originaire de la classe moyenne de Kuat, classe que l'on peut considérer comme la plus aisée après celle des nobles. Nous avions un bel appartement dans une station-cité, nous ne manquions de rien, je connaissais la liberté, la vie était belle...! Surtout en la comparant aux classes inférieures. Mais déjà là, j'avais des problèmes. J'avais surtout un problème, voyez-vous. J'étais gentil. Assez naïf aussi. Je ne voulais qu'une chose, m'entendre avec les autres enfants comme eux s'entendaient entre eux. Ils m'ont rapidement fait comprendre que cet espoir ne serait pas comblé. Je comprends aujourd'hui pourquoi, et mon erreur de l'époque, mais j'en conserve toujours de la rancœur.

La directrice lâche un petit rire amusé en entendant le récit du prisonnier.

-C'est ridicule, pas vrai ? Reprend-il sans attendre de réponse. Mais il en fut ainsi. Et les années ont passé, sans que rien ne s'améliore vraiment. Mes relations avec les autres étaient devenues ouvertement conflictuelles à mesure que je refusais de m'écraser, ce qui n'a rien arrangé d'un point de vue scolaire non plus. Puis, un jour, une noble dame passe une soirée chez nous. Soit-dit la mère de ma future femme. Quelques mois plus tard, je suis emmené à la surface de Kuat pour rejoindre la famille que j'aurais à servir à vie.
-C'est là que vous êtes devenu Telbun, c'est cela ? Demande Félicia.
-A quel âge cela s'est-il passé ? S'enquiert la directrice alors que Jens répond à la secrétaire d'un hochement de tête.
-J'avais douze ans.
-Bien. Ensuite ?
-Ensuite...Eh bien, j'ai découvert celle avec laquelle je serais un jour amené à concevoir un rejeton, d'une manière ou d'une autre. Elle avait deux ans de plus que moi. Puis, on m'a rapidement inculqué les règles liées à ma condition d'esclave. Le marché était simple: Si je me conformais, ma condition s'améliorerait. Si je résistais, ma condition rait drastiquement. J'ai fait mon choix, je me suis conformé, et ma condition s'est effectivement améliorée au fur et à mesure. J'ai pu découvrir le paradis qu'est Kuat, les paysages, les plantes et les animaux...j'ai eu accès à des gens intéressants et dénués de malveillance à mon égard, j'ai eu droit à une éducation poussée dans des domaines très émulants comme l'art, la philosophie et les sciences....
-Et tout cela ne t'as pas permis de trouver la paix en toi ? S'enquiert la directrice avec un voile de narquoiserie dans la voix.
-LA PAIX...EST UN MENSONGE ! S'écrie brutalement Jens, d'une fureur noire, en tapant des deux points sur la table.

Son geste surprend les deux femmes, qui ont chacune un mouvement de recul. La directrice empoigne même son blaster sous la table, mais elle se ravise de le révéler en voyant que Jens reste résolument assit sur sa chaise. Ce dernier a néanmoins fait tomber son masque de sérénité, bouillonnant d'une colère froide. Son regard fixe celui de Kalanis en une expression emplie de mépris, alors qu'il déclare d'une voix qui ne laisse pas sujet à débat:

-Savez-vous seulement le prix à payer pour tout ça ? Savez-vous ce que c'est que d'avoir à porter pour seuls vêtements des robes qui pèsent un hutt mort ? Chaque jour, pendant plus de dix ans ?! Savez-vous ce que c'est que de subir les entrainements physiques et les exercices mentaux à longueur de journée, dans le seul but d'être un jouet aussi joli qu'utile ? Savez-vous ce que l'on ressent, lorsqu'on est esclave, et qu'on nous répète à longueur de journée qu'on devrait être reconnaissant ? Et tout cela en servant une femme dont l'âme est si noire et spoliée qu'on ne peut que souhaiter la fin de son existence ?! Non....madame la directrice, malgré de nombreuses expériences agréables, la paix n'a jamais trouvé de chemin en moi. Bien au contraire, même....

Jens se calme, pressentant que son accès de colère lui vaudrait cher. L'émotion demeure cependant forte en lui, et il détourne le regard quelques instants pour se dominer et attendre l'arrivée de la punition. Pourtant, rien ne vient. Lorsqu'il reporte enfin son regard sur les deux femmes devant lui, il voit Kalanis accoudée sur son bureau, le fixant intensément dans une expression menaçante.

-Continue, intime-t-elle avec autorité.

Jens prend une ample inspiration pour lui permettre de reprendre contenance, et s'exécute:

-Rien de très intéressant jusqu'à sa majorité. Comme je vous l'ai dit, je subissais un entrainement intensif dans beaucoup de domaines divers et variés. Des sports, des arts, des sciences et des langues, l'étiquette, la politique.... Heureusement que cela m'a plut, autrement ç'aurait été un véritable calvaire. En dehors de ces heures, j'étais le suivant attitré de ma maîtresse, de son levé à son couché. Et à partir d'un certain âge, pendant son couché aussi. Comprenez qu'elle m'aimait, et je pense que mon comportement docile lui faisait croire que la réciproque était vraie.
-Quel était ton travail auprès d'elle ? Demande Ejdel.
-L'accompagner, principalement. Mais mon rôle s'élargissait à toute tâche qu'elle me confiait, qu'il s'agisse de chercher un objet dans sa chambre, de brosser ses cheveux, de servir des boissons et des gâteaux à ses invités ou encore de s'entrainer à s'embrasser en cachette. Avec la langue.

Un sourire malsain fend la bouche du détenu, laissant entrevoir les efforts de patience et de manipulation qu'il avait dû déployer pour plaire à sa maître, et ainsi parvenir à conserver sa condition d'esclave privilégié.

-Voyez vous ça...s'exclame Kalanis avec moquerie.
-Comprenez que je préfère mentionner ce genre d'évènements plutôt que les nombreuses mauvaises blagues et vengeances fictives qu'elle s'évertuait à mener sur son entourage, proche comme distant. J'ai quand même assisté à la noyade d'animaux domestiques pour un regard échangé. Ce n'est pas rien.
-Et à partir de sa majorité ?
-Ho....beaucoup de choses ont changé, sans que rien ne change réellement, paradoxalement. Sachez que ses parents ont été particulièrement intransigeants en ce qui concerne les festivités et les frivolités qui en découlent. Elle a très mal vécu l'interdiction de boire de l'alcool et d'avoir un couvre-feu indiscutable jusqu'à sa majorité, si bien qu'elle s'est vautrée dedans dès qu'elle l'a pu. Vous savez quel nouveau jeu elle a alors inventé ? Me rendre saoul dès le début de soirée, et me conserver dans l'état le plus longtemps possible. Comptez entre trois et cinq nuits de festivités par semaine, et vous aurez une idée de l'état dans lequel j'étais entre mes seize et dix-sept ans.

Jens prend un instant de pause pour rassembler ses souvenirs, avant de reprendre:

-Heureusement pour moi, les dérives de ma maitresse se sont vite fait remarquer. Ses parents sont intervenus et ont amoindri la fréquence de ces festivités, les remplaçants par des mondanités, tout en veillant à ce que ma consommation d'alcool soit scrupuleusement réglementée. Mais le fait est qu'entre-temps, ma chère épouse s'était liée d'amitié avec un groupe de petits nobliaux, et pas le genre très fréquentable...Pour faire court, d'autres petites teignes comme elle. Moi, j'étais protégé par mon statut d'objet favori, alors je n'ai pas eu à subir de mauvais traitements, mais les serviteurs des autres... Si vous le permettez, je préfère ne pas évoquer les bassesses ni les vilénies dont j'ai été témoin, sur les servants comme sur d'autres personnes, biens et animaux.

La directrice demeure stoïque quelques instants, puis hoche brièvement de la tête pour signifier au détenu qu'il peut continuer sans entrer dans plus de détail.

-Par la suite, eh bien...nous nous sommes mariés. J'avais vingt ans. Neuf mois plus tard est arrivé "l'heureux évènement", la vie suivant sa normalité. Au début, j'étais émerveillé. Comme tout père aimant, je suppose. Oui, j'ai aimé ma fille. Je l'ai aimé....je l'ai aimé, jusqu'à ce que je vois le mal s'insinuer en elle comme une maladie contagieuse, la transformant petit à petit en sa mère malgré mes efforts. En à peine trois ans, elle est passé d'un bébé innocent à un monstre tyrannique. Mais ça aussi, j'ai fait avec. C'était ma vie, c'était comme ça.

-Comment avez-vous vécu la montée en force des grèves, puis des révoltes ? Demande Félicia.
-Difficile à dire. Personne ne s'était attendu à ce que la situation dégénère à ce point. Les nobles, dont ma femme et ses parents, si bouffis d'orgueil qu'ils étaient, étaient convaincus que les grèves seraient rapidement dispersées et durement réprimandées. Mais ce ne fut pas le cas. Le phénomène a prit de l'ampleur et a perduré. C'est là que certains partisans des nobles, comme ma famille, ont subit des attaques... Vous connaissez la suite.
-Oui...murmure la directrice d'un air pensif. Pourquoi t'en être prit à ton épouse, et non aux grévistes ? Pourquoi décider de sacrifier ta position, pour laquelle tu as enduré tant de choses ?
-Mais parce que j'en ai eu marre, dit-il en marquant les mots comme s'il s'agissait d'une évidence. Entre ma fille qui grandissait à l'image de sa mère et mes beaux-parents qui vieillissaient, je ne voyais pas ma situation aller vers le mieux dans l'avenir. J'ai voulu quitter ce lieu de malheur, m'en libérer, quitte à ce que ce soit par la mort. Mais avant ça, je voulais que ma femme souffre. Et j'ai aussi accepté le fait que mes parents furent des faibles et des idiots, que leurs valeurs de bienveillance n'étaient "qu'hypocrisie" qui ne mène qu'à la désolation et à la ruine, et qu'ils étaient responsables de leur fin tragique. Je n'avais plus aucune raison de rester docile, quand à la bonté, il y a longtemps qu'elle ne faisait plus partie de ma vie, alors j'ai embrassé le mal. J'ai attiré ma femme dans l'une de ses cachettes secrètes, l'y ai séquestré et torturé jusqu'à ce que mort s'ensuive. J'ai prit mon temps. Puis, en rentrant, j'ai mis fin aux jours de notre fille. Elle, elle n'a pas souffert. Après ça, j'ai été découvert et capturé.

Le silence retombe. Kalanis réfléchit tout en absorbant le récit du jeune homme. Jens, lui, attend simplement la suite. Un moment passe, où chacun se jauge, avant que la directrice ne lâche:

-Et pourtant, tu coopères bien docilement en ce moment...
-Dites moi, madame la directrice, rétorque Jens avec un regain d'assurance. Est-il coutumier de votre part de recevoir des prisonniers dans votre bureau pour une simple bagarre ?
-Non, rétorque-t-elle franchement. Qui te dit que c'est pour ça que tu es là ?
-Je vous en prie...la coïncidence est flagrante. Et mon petit doigt me dit que ni Dervin ni Holaq n'auront le loisir de s'entretenir avec vous dans votre intimité, j'en déduis donc que quelque chose en particulier vous intéresse chez moi. J'ignore de quoi il s'agit, mais j'entrevois la possibilité que cela me mène vers plus de liberté. Quand je connaitrai les tenants et aboutissants, je verrai quelle voie je choisis.

Les paroles de Jens courroucent intérieurement la directrice. Le fait qu'il considère avoir le choix est perçu de façon insolente par la femme. Elle garde cependant son calme, amusée par l'ignorance de son interlocuteur, et répond:

-Tu n'es donc pas au courant ? Intéressant....

Elle se tait alors, le laissant mijoter un temps face à son sourire malicieux. Elle prend plaisir à voir le doute pénétrer en lui et l'aisance avec laquelle il se ravive, comme si elle venait de verser du gaz tibanna sur un lit de braises encore chaudes. Finalement, il admet:

-Comme je vous l'ai dit, j'ignore de quoi il s'agit.
-Eh bien...Je te soupçonne d'avoir la Force, dit-elle dans un grand sourire après quelques secondes de mutisme supplémentaire. La caméra qui a filmé ta "bagarre" le montre très clairement.
-La Force ? Reprend Jens, visiblement déstabilisé. Je...
*C'était donc ça....*

Cette pensée fait surgir en lui une foule de souvenirs, le plongeant en pleine introspection. Ces souvenirs datent de toutes les époques de sa vie, de son enfance à quelques jours en arrière. Des souvenirs de situations, d'instants et de moments où il avait ressentit un accroissement de ses sens et de ses réflexes, et où il avait parfois profité d'un instinct sur-développé. Lorsqu'il était enfant, cela était souvent arrivé lorsqu'il se cachait des autres ou lorsqu'il devait se défendre. Par la suite, le phénomène avait persisté dans certaines circonstances difficiles, mais sans se développer outre mesure. De fait, il avait toujours mis cela sur le compte du besoin et de la vigilance dont il faisait preuve en permanence. Etrangement, le lien entre tout cela et une possible aptitude à la Force de sa part ne s'était jamais fait, et pourtant, il avait lu des écrits sur la Force et les visions qu'en ont différents ordres et peuples sensitifs.

-C'est...possible, répond-il en revenant finalement à lui. Je n'en suis pas certain, elle ne s'est jamais manifestée de manière concrète à moi. Mais maintenant que vous le dites, je me souviens d'évènements étranges....
-Etranges, en effet. Vois par toi-même.

Kalanis place l'appareil contenant la vidéo sous le nez de Jens, et lance l'enregistrement. Ce dernier découvre la véritable nature de sa confrontation. Sa tête qui ne frappe que du vide, à presque un mètre d'écart de sa cible, et qu'il l'arrête pourtant net. Plus encore, il remarque son regard rougeoyant lorsqu'il se retourne vers le dévaronien. Il n'en croit pas ses yeux.

-Convaincu ?
-Je...
-Non, tais-toi. Voilà ce qui va se passer maintenant. Tu vas être placé en isolement. Je te ferais parvenir quelques objets et je veux que tu t'entraines à utiliser la Force sur eux. Dans quelques jours, tu recevras une visite qui déterminera le reste de ton avenir.

Kalanis appuie à ce moment sur un bouton sous son bureau, et la porte s'ouvre un instant plus tard, laissant entrer les quatre gardes postés à l'extérieur.


-Capitaine, emmenez-le en cellule d'isolement, j'en ai fini avec lui.

Jens se lève alors avant même d'être saisit, s'incline légèrement, puis déclare avant de suivre ses geôliers:


-Ce fut un plaisir, madame la directrice.
-Oh, une dernière chose, déclame Kalanis juste avant que Jens ne passe la porte. Moi aussi, par bien des aspects, je suis haïssable. Qu'est-ce qui me dit que tu ne chercheras pas à me faire subir le même destin que ton épouse si tu en avais le pouvoir ?
-Madame, vous êtes quelqu'un de fort, je pense. Ma femme, elle, était aussi faible qu'elle était cruelle.

La réponse semble satisfaire Ejdel, qui congédie le groupe d'un hochement de tête. Les deux femmes restent alors silencieuses jusqu'à être seules. Félicia contourne ensuite le bureau pour se positionner face à sa supérieure.

-Bien, prenez contact avec les Sith, déclare Kalanis. Envoyez leur la vidéo et dites leur que je souhaite convenir d'un rendez-vous si Vostu les intéresse, afin d'établir les modalités d'un transfert. Assurez vous aussi que Vostu ne voit ni ne parle à personne, qu'il reçoive des objets sur lesquels s'essayer, et qu'il soit filmé à chaque instant partout où qu'il soit.
-Partout....partout ? Demande la secrétaire avec une légère gêne dans la voix.
-Partout, rétorque la directrice avec résolution et fermeté. Et autre chose, aussi, je veux que ce Dervin et ce Holaq soient sévèrement punis pour avoir troublé l'ordre.
-Bien madame.

La secrétaire prend alors congé et quitte la pièce à son tour. Kalanis reste un temps immobile, réfléchissant, puis elle saisit le datapad pour compléter le dossier du détenu KN10765M.



Points forts:
-Eduqué, cultivé, entrainé connaissances académiques.
-Physique athlétique.
-Endurant, déterminé, forte volonté, maîtrise de soi.
-Possède la Force.
-Attitude douce et calme, conversation agréable, rôdé aux discussions mondaines.


Points faibles:

-Violent.
-Manipulateur.
-Esprit brisé, il aura besoin de temps pour se remettre.
-Semble avoir besoin d'une nouvelle voie à suivre.
-Vient d'apprendre qu'il possède la Force.
-En quête de liberté.
-Détenu sur Kessel.
-Dangereux.
-Manipulateur.
-Ne sait pas piloter.
-Aucune compétence artisanale.

_________________________
Entretien avec une directrice

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MessagePosté le: 17/08/2018 13:44:26    Sujet du message: Publicité

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Gelmir
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MessagePosté le: 29/08/2018 16:51:12    Sujet du message: Entretien avec une directrice Répondre en citant

Après un échange en MP pour une correction, me voilà.

Ma première crainte est née principalement du fait que tu apparais sur Kessel.
Mais je dois avouer que tu as été astucieux et très réaliste dans la manière de concevoir le récit, c'est à dire : Jouer la directrice, la secrétaire, amener ton personnage à se faire connaître.

Il est probable que la précédente version ait été mieux amenée, mais comme tu le sais elle ne correspondait pas à mes attentes vis-à-vis de l'histoire de Kessel, de la direction de Kessel, de la politique du centre pénitencier et des Sith. Quoi qu'il en soit ton écrit est parfait, sur la manière de l'apporter au RPG et de concevoir l'installation, comme je le disais, de ton personnage dans l'histoire de ce même RPG. J'ajoute aussi à cela la belle apparition des "pouvoirs de la Force" pour justifier le côté sensible. Brut, instinctif, comme on aime.

Tu apportes des informations intéressantes sur Kuat par l'intermédiaire du récit de ton personnage. J'avoue qu'un dialogue généralement ne me plait pas, mais là c'est construit d'une bonne manière, un interrogatoire de Jens Vostu.

Je ne peux donc te dire qu'une chose.

Tu obtiens la validation, tu commences avec 500 crédits dans les rangs Sith.
N'oublies pas que le sabre laser est offert en fin de formation, tu n'auras pas besoin de l'acheter, par contre tu devras le construire... C'est une des étapes. Mais d'abord et avant d'écrire, tu dois faire ton casier.

Par chance j'écris avec mon propre personnage pour rejoindre Nar Shaddaa et il va tirer les moteurs plus loin pour aller sur Kessel, donc nos pantins vont se rencontrer et tu entreras plus tôt dans le bain ! Tu commences bien sûr sur Kessel, tu peux écrire sur un nouveau topic (la cellule d'isolement).

Bienvenue à toi Jens Vostu !
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MessagePosté le: 15/11/2018 22:15:46    Sujet du message: Entretien avec une directrice

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