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Récit de Jimy Kairos

 
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Auteur Message
Jimy Kairos
Guilde des chasseurs de primes

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MessagePosté le: 09/08/2018 02:16:05    Sujet du message: Récit de Jimy Kairos Répondre en citant

Nom: KAIROS
Prénom: Jimy
Surnom/Matricule: Jim
Age: 21 ans
Race: Humaine
Carrière envisagée: Chasseur de prime


________________________________________________________________________________

[Dossier n°260599] [Classé]
//Rapport de l'agent Rome Park en charge du dossier – Forces de Sécurité de Coruscant//

Description mentale:

Le citoyen Jimy Kairos, condamné à 1500 crédits d'amende pour recel illégal de produits illicites, m'a semblé très calme et sûr de lui lors des interrogatoires. Il s'est montré patient, a répondu aux questions sans sourciller, s'est même montré courtois – chose rare dans les bas-fonds de Coruscant. Mon collègue l'agent [confidentiel] l'a quelque peu bousculé pour avoir le nom de ses patrons (on sait bien qu'il n'est pas seul à faire du trafique à son âge, il doit bien faire partie d'un réseau), et il n'a rien dit. Il nous a cependant donné les lieux où se rendaient des acheteurs de drogue ainsi que les noms de quelques trafiquants qu'il méprise. Sa loyauté est donc toute relative, si tant est que cela existe dans un monde aussi bas. Derrière son calme, je remarque presque un certain goût de la solitude. J'ai inspecté rapidement les enregistrements holographiques et il restait isolé dans sa cellule, ne se mêlant pas aux autres jeunes criminels plus bavards. J'ai transmis son identité aux bureau n°3 pour avoir des informations sur sa famille. Nous n'avons rien trouvé. Il n'a rien dit. J'ai l'impression que ce gamin est seul, comme tant d'autres dans les rues de Coruscant.
[EDIT] Cela ne fait pas partie du protocole, mais je tiens à noter que lors de sa sortie de cellule, j'ai pu discuter avec Jimy Kairos. Il a fait preuve d'humour et d'une certaine finesse dans la pensée. C'est triste de voir que des gamins comme ça sont perdus dans les quartiers.


Description physique:

→ Corps :
Taille : 1 mètre 87 centimètres
Poids : 65 kilogrammes
Cheveux : Noirs, mi-longs et bouclés
Yeux : Marrons foncés
Handicape : Aucun
Cicatrice : Légères cicatrices aux genoux et aux coudes
Tatouages : Tatouage au cou
Note de l'agent : Physique humain assez commun. Visage reposé, expression neutre.

→ Apparence :
Lorsque le citoyen Jimy Kairos fut interpellé par la FSC, il portait un long manteau noir descendant aux genoux, ancienne et donc usée, des vêtements (pantalon bleu marine, bottes noires, chemise bleue et une petite veste grise adaptée aux transports spatiaux (note : sûrement volée ou trouvée, la veste comporte à son dos le nom d'un transport : le Galaxy Traveler). Il avait également un foulard aux couleurs pâlies tenant ses cheveux. Ses effets personnels se limitaient à une dizaine de crédits, un peu de nourriture, un transmetteur moyenne-portée et trois tubes de « bâtons de la mort » qu'il vendait.

[Dossier n°260599 – Clos]

Histoire:

Imaginez une sombre chambre d'appartement miteux, des bas-niveaux de Galactic City. Une fenêtre – troublée par la saleté – invite la lumière artificielle de la rue dans la pièce de crasse et de poussière. C'est une lame jaune qui traverse la pénombre, les quelques mètres de vie, et vient s'écraser contre le lit défait. Celui-ci attend inexorablement le retour de son hôte, qui n'a rien d'autre à faire que dormir et penser en ces tristes lieux. Plus loin, si nous enjambons les quelques vêtements gisant au sol et passons la porte, un petit couloir donne accès à une autre chambre, vide de vie, une salle d'eau habitée par les insectes, et une cuisine assez médiocre d'où s'échappe une fine odeur de nourriture. Seul indice qui permet de dire : ici, quelqu'un vit.
Ce qui grouille dehors, c'est le crime, la pauvreté, la drogue, le trafique. L'amour se vend aussi bien que la mort, et la mort se fait amie quand l'espoir n'est qu'un abstrait souvenir. Les quelques lumières jaunâtres font oublier que depuis des millénaires, pas un rayon de soleil ne s'invite en ces ruelles, qu'ici les guerres ne changent rien sinon les drapeaux aux portes des quelques postes de la FSC. Ceux-ci sont les derniers remparts au crime à grande échelle. Si ils n'ont aucune chance de changer les choses tant la pègre est importante, ils servent de piqûre de rappel : la République est partout. Les agents sont souvent des jeunes rookies, des ratés mutés ici-bas, des vétérans ayant multiplié les bavures, ils cohabitent avec les unités de Médiation, mais les progrès ne sont guerre probants. Parfois, dans ces unités pourries de corruption et d’inefficacité débarque un imbécile bourré d'espoir, qui à lui seul pense pouvoir changer quelque chose ou quelques vies.
En voilà justement un, qui marche la tête baissée, un long manteau cache sa combinaison de la FSC et lui évite d'être massacré. De temps en temps, il s'arrête à un bar, boit quelques verres, rencontre une ou deux éphémères, pense pouvoir poser des questions, et s'en va quand on lui tourne le dos. Dehors, il fait nuit, comme tous les jours. Et à chaque fois, tout recommence. Il a les yeux d'un homme sincère mais qui n'a rien. Il a la démarche d'un homme qui recherche quelque chose, à faire ou à accomplir. Voilà l'espoir qui rapplique dans la rue.

- Wit, vous me passerez le dossier sur les arrestations faites hier, s'il vous plaît.

Un énorme Aqualish à l'apparence visqueuse se lève, marche jusqu'au bureau du lieutenant et prend la tablette holographique dans une impressionnante labeur.

- Ecoute-moi bien, Rome, quelle que soit l'idée débile que tu as derrière la tête, oublie-la.
- C'est Agent Park pour toi ! Grommèle l'humain qui ne fait pas fière allure derrière la monstruosité de son collègue. Il survole le dossier et s'arrête sur un nom.
Dis, on a toujours Kairos en cellule ?
- Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?

Rome dévisage son collègue. Wit est un des rares Aqualish à avoir fini dans la police. Son caractère agressif est mauvais pour les postes de surface car il nuit à l'image de la cité, mais ici-bas, qu'importe la violence. Il est corrompu jusqu'à l'os, passe la plupart de son temps à se gaver de nourriture. Il est grand et énorme, monstrueux. C'est lui qui a interrogé Kairos.
Le gamin est toujours en cellule, seul, loin des autres criminels qui attendent leur interrogatoire ou leur sortie. Il est adossé au mur, regarde ses chaussures. La porte de la cellule s'ouvre.

- Kairos, avec moi.

Le jeune homme suit l'agent. Il lui rend son manteau, ses quelques affaires personnelles, et l'accompagne dehors.

- Donc je suis libre, m'sieur ?
- On dirait bien Jimy, on dirait bien.
- Très bien. Il y a dix secondes de silence, le policier boit un verre d'eau et regarde devant lui, en direction de la rue. Dans ce cas j'y vais.
- Attends un peu, reprend l'agent, dis-moi, qu'est-ce que tu vas faire, là-dedans ? J'veux dire, tu as bien une famille à aller retrouver ou quelque chose comme ça ? Tu peux pas retourner chez je-ne-sais-qui, te faire casser la gueule car t'as été arrêté, puis retourner vendre cette merde !
- M'sieur, très franchement, réplique Jimy avec un léger sourire, vous pensez vraiment qu'il y ait quoi que ce soit qui ressemble à une famille ici ? On se contente de vivre. Je me contente de vivre. Je me dis qu'un jour, si j'ai assez de crédits, je pourrai monter d'un niveau ou deux, peut-être même gagner la surface si j'ai des relations... Le concept de famille n'a pas lieu d'être ici. Il s'est évanoui en même temps que les derniers rayons de soleil.

Park considère avec attention le gamin. 21 ans, trafiquant de la drogue dans les pires rues de la planète, vivant seul dans la crasse, et parlant comme un étudiant de la surface. Il y a quelque chose qui cloche chez ce gars-là. Il ne peut faire partie de ce monde, s'assimiler aux pires idiots et criminels de la ville, continuer de survivre et subir dans cet enfer.

- T'as bien dû avoir une famille, t'es pas arrivé comme ça, ici. Tu peux pas me parler de concept et de rayons de soleil si t'es comme tous les autres. La plupart des gens ne savent même pas que le soleil existe, ici !
- Ecoutez agent Park--
- Rome, je m'appelle Rome.
- Ouais, Rome, je sais pas ce que vous voulez mais si vous croyez pouvoir faire quelque chose vous vous trompez. On est bloqué ici, vous êtes bloqués ici, votre gros sac de collègue est bloqué ici, tous ces fous qui se dirigent vers on-ne-sait quel mauvais coup sont bloqués ici. Alors si vous croyez pouvoir faire quelque chose vous vous trompez.

Sur ces mots, Jimy tourne les talons, et disparaît rapidement parmi la foule grouillante de pauvres coruscantis.

Nous voilà de retour dans l'appartement. La porte s'ouvre en un grincement assourdissant, c'est la brume omniprésente, résultant de millénaires de pollution, qui rouille les entrailles même des rues et habitations. Une gangrène qui ne cesse de s'étendre dans l'estomac malade de la glorieuse cité. Peut-être est-ce elle qui est responsable des crimes, comment rester sain quand l'air que l'on respire est plus sale que les mains des politiciens ?
Le manteau vient s'écraser sur la table de la cuisine, le maître des lieux avance lentement et fatigué dans les quelques mètres carrés qui font son humble demeure. Dans la chambre, la même lame jaune transperce les murs. Elle est là depuis toujours, pointant les même draps défaits, comme accusant du doigt celui qui ose dormir ici. Jimy s'assoit. Il pense. Il pense à ce que lui a dit Rome plus tôt, qu'il n'était pas à sa place, qu'il n'avait pas de famille. Qu'ici il n'y a rien, aucun espoir. Ma famille ? Murmure-t-il, où est-elle ? Comme tous les gamins de son niveau, il n'en sait rien, il ne l'a presque pas connue. Sa seule famille est la rue, c'est elle qui l'a bercé, qui lui a ouvert ses bras et ses récits. Enfant, Jimy ne se souvient que de son père, un homme très instruit, professeur d'université qui avait perdu toute sa fortune et son renom en même temps que son poste, quelque temps avant que la cité ne tombe aux mains des siths. Ses occupations importantes au Sénat auraient pu lui coûter la vie, ainsi que celle de sa femme et de son unique fils. Jimy ne sait pas exactement quand il est arrivé dans les bas-fonds de la cité, mais il est certain, au fond de lui, d'être né et d'avoir vécu sur la surface. Peut-être cela expliquerait son besoin de monter les niveaux, de ne s'attacher à rien ni personne, de faire basse figure. Peut-être cela expliquerait son seul rêve : un grand tableau bleu. Jusqu'à ses 14 ans, Jimy a eu un père alcoolique, démoli par les souvenirs, mais qui a tout de même su lui enseigner une chose : la rhétorique. C'était ce qu'il faisait, autrefois, son métier. L'art du langage, de la parole écrite comme orale, une arme extrêmement puissante et qui ne pèse rien. Malgré tout, il savait s'occuper de son enfant, lui donner à boire et à manger. Il trouvait des petits boulots, bossait pour le caïd du quartier. Puis un jour, personne n'est rentré. La mère du jeune Jimy était morte depuis longtemps, dévorée par une dépression et un cancer. Son père s'était engouffré dans ce qu'on appelle ici « le brouillard de la pègre ». Une expression qui désigne les disparitions mystérieuses, inexpliquées. Sûrement des règlements de comptes.
Dès lors c'est la rue qui s'est occupée du jeune adolescent. La solidarité avec les autres enfants, avant qu'elle ne devienne concurrence dans les trafiques. Il savait se débrouiller, se sortir de situations compliquées, se trouver à manger. Ce qui l'a souvent sauvé, paradoxalement, c'est son calme et sa patience. Renoncer quand c'est nécessaire. Là où d'autres se perdent et meurent prématurément. Il n'avait presque jamais eu d'amis, sinon un vieil excentrique qui se disait ancien militaire, bourré d'histoires de batailles, racontant au garçon qui étaient les Jedis, les Siths, les Clones, il parlait des mondes de la bordure extérieure, de toutes les planètes de la galaxie où il était allé : les déserts de Tatooine et de Jakku, les plaines de Lothal, les villes magnifiques de Naboo, les jungles à perte de vue de Felucia, les forêts de Kashyyk... Le vieil homme disait avoir côtoyé toute sorte de créatures monstrueuses, avait participé à des coups d'état, des massacres sanglants desquelles il était le seul survivant, des batailles spatiales contre les terribles mandaloriens. Selon les habitants du quartier, il était là depuis toujours, on le traitait de menteur, de vieux fou. Pour Jimy, toutes ses histoires étaient vraies. Et même s'il n'avait pas été soldat, il les avait vécues en rêve. Ce sont les histoires du vieil homme qui ont donné au garçon le goût de l'exploration, d'un ailleurs improbable, de milliers d'aventures. Il se rêvait grand chasseur de prime traversant la galaxie, respecté, pilote de vaisseaux gigantesques. Parfois dans la rue, il rêvait d'étoiles là où clignotent les lampes industrielles, d'un vaisseau partant pour l'espace là où rouillent les carcasses de speeder, d'une rencontre romantique – d'une éphémère – au détour d'une ruelle.
Ainsi Jimy avait vécu son adolescence, des amis mourant les uns après les autres, des patrons violents, avides, idiots, l'amour se vendant comme se vendent les stupéfiants. Son dernier ami, le vieil homme, était mort lui aussi. Il l'avait trouvé un jour écroulé de tout son long, baignant dans son vomi, le cœur endormi.
Mais il est tard. Finit de rêver, Jimy doit retourner au travail.

- Abruti ! tu oses revenir ici ! un grand Balosar se lève de sa chaise et assène Jimy d'un énorme coup de poing. Ils sont où les cinq bâtons de la mort que je t'avais donné ?
- J'en ai vendu deux, j'te jure Rok, mais les policiers ont gardé le reste j'ai pas pu les récupérer.
- Abruti ! un violent coup de pied éclat le nez de l'humain qui s'écrase par terre, en sang, à ses côtés des habitués du bar observent la scène, amusés, tu sais combien tu m'as coûté ? Et qu'est-ce que tu leur as dit aux policiers hein ?
- Rien ! Pour qui tu me prends, ça fait 5 ans que je bosse pour toi et tu sais que j'ai jamais fait de bavure !
- Abruti ! Rok prend Jimy par le col et le pousse violemment contre le mur, on a eu des descentes sur trois de nos lieux de ventes, juste après qu'vous vous êtes fait choper bande d'abruti ! D'ailleurs il est où Grev ?
- J'en sais rien, je l'ai vu sortir du poste avant moi, accompagné du gros policier, ils étaient à la limite de se tenir la main. Je suis sûr qu'c'est lui qui a balancé ! C'est pour ça qu'il est pas revenu, il a pas les ******** de t'voir en face. Moi j'te respecte Rok, c'est pour ça que j'suis là.

Le patron, appelé Rok, fait presque un mètre quatre-vingt dix ce qui est immense pour un Balosar, c'est en partie ce qui lui a fait se réputation. Il sort une arme et pointe le canon sur le cou de Jimy, la main sur son nez coulant de sang.

- Donne moi une bonne raison de pas tirer, abruti !
- Et toi, donne-moi une bonne raison de tirer, quand la plupart de tes dealers sont en cellule ou vont te cracher à la gueule dans les autres quartiers, comme Grev. Tu m'pètes la gueule alors que je suis le seul à m'être pointé, à rester loyal. J'aurai pu me casser et trouver un autre job, mais toi, tu crois que ton patron il va continuer à te caresser comme son chien si t'as plus rien à lui donner ? Si tu me laisses vingt bâtons, je te ramène deux... non cinq mille crédits demain, et t'oublies l'arrestation.

Un temps. Le calme est revenu dans le bar. Rok range son arme, donne un mouchoir à Jimy et s'assoit.

- Te fous pas de ma gueule, gamin. Je te fais confiance parce que je te connais depuis longtemps et t'es un de mes meilleurs vendeurs. Mais fais une erreur, et t'iras visiter les brouillards de la pègre … comme ton vieux père.

Des ricanements se font entendre. Jimy reste stoïque. Rok lui passe vingt bâtons. Le gamin s'en va, le nez encore saignant.
Durant les heures qui suivent, le jeune trafiquant arpente les ruelles et les bars de son niveau, évitant les rares patrouilles, les territoires ennemis, les bagarres. Il arrive à prendre d'abord 100, puis 500, puis 1000 crédits à la moitié de la nuit. Une heure avant de devoir retrouver Rok, Jimy, 3000 crédits en poche, se dirige vers le poste de la FSC. Juste avant il était passé par son appartement, mettant dans un sac quelques vêtements et ce qui lui restait de souvenirs.
En entrant, c'est le gros Wit qui l'accueil. Le voilà qui se retourne, faisant tomber son fauteuil, ses pas lourds font presque trembler le hall. Il s'approche à quelques centimètres de Jimy, et se penche juste devant lui, faisant sentir son odeur effroyable.

- Qu'est-ce que tu fous-là, toi ?
- Je veux voir l'agent Park.
- Et moi je veux que tu dégages avant que je te traîne en cellule par les cheveux !
- Wit, sois gentil, dégage. Rome vient d'arriver au poste, il enlève son manteau et va jusqu'à son bureau, suivi de Jimy. Te voilà de retour gamin, c'est rare qu'on vienne prendre de nos nouvelles...
- Tu as dit vouloir m'aider l'autre fois hein ?
- J'crois pas avoir jamais proposé telle chose. C'est plutôt moi qui aurait besoin d'aide dans ce trou à rats tu crois pas ?
- Ecoutez Rome, dit Jimy en s'asseyant, j'ai avec moi 3120 crédits, je dois les donner à mon patron dans une demi-heure. Avec cette somme, j'ai une chance de monter des niveaux, peut-être même d'atteindre la surface et de quitter ce trou. Si vous m'aidez à monter... mieux, si vous m'amenez jusqu'à la surface, je vous donne la moitié, et j'aurai assez pour prendre un vaisseau et me barrer.

Terminant sa phrase, Rome est à la limite de s'étouffer, crachant la moitié de son verre d'alcool par terre. Il regarde le jeune adulte, devant lui, une larme lui coule de l’œil droit. Il renifle et l'essuie. Il se resserre un verre.

- Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant rigolé. Tu crois que c'est si facile ? Qu'on va te faire monter dans le premier navire de marchandise ou de transport ? Que tu pourras trouver un boulot et voyager pour le restant de ta vie? T'as un sale casier gamin, t'as des procès en attente pour euh... violence, braquage, délit de fuite, une amende toujours impayée de 1500 crédits, et je ne compte pas les petits délits. Tous les transports sont surveillés de très près depuis que la République Fédérale a repris la planète. Tu n'as aucune chance de passer les contrôles, et tu pourras pas soudoyer un droïde ni qui que ce soit avec à peine 1000 crédits. On ne se téléporte pas d'une planète à une autre comme ça. Sois gentil, va filer ses thunes à ton patron, évite-toi de crever et peut-être que tu vivras longtemps.

Jimy, évidemment, n'avait pas pensé aux détails, il voulait simplement quitter à jamais ce trou, fuir cette planète qui l'asphyxie un peu plus tous les jours. Rok avait raison, il finira comme son père, ou au mieux comme son vieil ami. Son vieil ami. Soudain, Jimy pense à une histoire que racontait le vétéran, celle des chasseurs de prime, de leurs habilités, leur capacité à disparaître. Il savait qu'un bar situé plus en surface en accueillait souvent.

- Je peux passer par un contrebandier ou un chasseur de prime.

Une fois encore, Rome s'étouffe avant de finir son verre, mais cette fois il ne rigole pas.

- Tu cherches vraiment à crever toi. Gamin, tu sais pas de quoi tu parles.
- Je m'en fous Rome. Tu veux changer quelque chose, donner une chance à quelqu'un ? Ici il n'y a aucune issue, si je reste avec mon patron il finira par me buter, comme tout le monde. Monter en haut, c'est me donner une infime chance de m'en sortir. Tu trouves un prétexte pour monter, ça doit pas être difficile pour les policiers comme toi. Je te donne 1500 crédits, de quoi avoir quelques réponses à tes questions. Avec le reste, je pourrai m'acheter un billet pour l'espace.

L'agent regarde avec attention le gamin. Il finit son verre cul-sec, sort quelques papiers de son bureau, sa tablette holographique et son émetteur.

- J'ai déjà été confronté aux chasseurs de prime. Ils ont changé, c'est vrai. Mais ils font pas dans la charité, c'est marche ou crève avec eux. T'as 21 ans, si tu montes en surface …
- Je monte ou je monte pas, il n'y aura rien pour moi. J'ai grandi dans ces bas-fonds, tous mes souvenirs sont ici. Jimy pose un badge noir sur le bureau. Si tu veux garder l'appartement de mon père, il n'est pas si mal. Fini de voir tous les gens que je connais crever, de me faire casser la gueule pour rien, de devoir servir un sombre idiot.
- Et t'es certain que ça va changer ? Je te le dis une dernière fois, on devient pas ami avec un chasseur de prime. Le nom de ton patron et du bar.
- Le bar est planqué dans un sous-sol au fond de la 18è rue, c'est un cul de sac. Pour y rentrer faut 500 crédits et demander Rok. C'est mon patron. Si ils ne s'y attendent pas vous les aurez.

Jimy pose 1500 crédits sur le bureau. Rome s'empresse de les prendre et les cacher dans son manteau. Depuis son émetteur, il demande l'accès au niveau 5127 – correspondant à la surface – pour un transfert de prisonnier vers son procès. Il transmet avec le dossier du criminel Grev, presque identique à celui de Jimy. Quelques instants plus tard, l'agent obtient sa réponse.

- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
- Il fallait s'y attendre.
- La bonne c'est que t'es autorisé à monter jusqu'à la surface. La mauvaise c'est qu'on sera escorté par une unité de Médiation à partir du niveau 5125, par sécurité.
- Merde. On fait comment ? Rome réfléchit une seconde, puis prend ses affaires,
- J'en sais rien... on trouvera en chemin, il faut y aller.

Le trajet dans le speeder de la FSC est interminable. Park ne dit rien. Ils auraient simplement pu prendre le véhicule et rejoindre la surface sans prétendre faire d'échange. Mais les speeders sont immatriculés par niveau, il aurait été anormal de voir un speeder 1315 à la surface, et la sécurité n'a jamais été aussi importante que depuis le retour de la République sur Coruscant. Une espèce de peur malsaine régnait, comme si n'importe quoi ou n'importe qui arrivant au niveau 5127 pourrait faire un coup-d'état et replonger la galaxie dans une guerre ouverte. Un jeune criminel comme Jimy n'aurait pas tenu deux heures ne connaissant rien ni personne, il se serait fait attraper par une patrouille, considéré comme fugitif. Les habitants des bas-niveaux sont facilement reconnaissables en surface, leur teint, leur vêtement, leur manière de marcher comme si tout le monde était prêt à les assassiner. Débrouillard ou non, le gamin avait vraiment besoin d'aide cette fois. Au bout de presque une heure, le speeder de Park arrive au niveau 5125. Il voit clairement le poste de la FSC et l'escorte les attendant, à quelques centaines de mètres.

- Dis-moi Kairos, j'ai pas trop une tête d'Aqualish hein ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- J'aurai toujours pu dire que c'est le gros Wit qui pilotait...

Sur ces mots, Rome passe à la vitesse maximale. Jimy se retrouve plaqué contre son siège, le souffle presque coupé. Les speeders défilent à côté et ne semblent être que des rayons lumineux. La patrouille de la FSC les attendant est surprise, certes, mais ne tarde pas à poursuivre leur collègue et appeler des renforts. En quelques instants, l'agent Park et son prisonnier se retrouvent en surface. Le jour laisse place au crépuscule et plonge le ciel dans un dégradé du bleu à l'orange. Jimy en a le souffle coupé. Comme dans son rêve, un grand tableau bleu. D'ici, les grattes ciel ressemblent à des stalagmites, elles montent si haut qu'elles semblent crever le ciel et rejoindre l'espace. Le temps est comme arrêté. Peu importent les patrouilles, peu importent les risques, peu importe ce fil infime le rapprochant de la mort. La liberté est là, dans la contemplation. Ça valait le coup, pense le gamin des bas-fonds, ça valait le coup.
Le retour à la réalité, lui, est plus brutal.

- Oh réveille-toi ! Ils vont bientôt nous rattraper, et les renforts nous tomberont dessus. Je vais te rapprocher de la cantina Au Petit Voyageur, où se rassemblent des chasseurs de prime, ils ne regarderont pas ton dossier et ne te buteront pas tant que tu n'as pas de prime sur la tête.
- Comment je vais savoir où aller ?
- Je t'ai dit que j'allais te rapprocher. Après t'as survécu 21 ans dans les bas-fonds, tu survivras quelques heures en surface.
- Et toi ?
- Je me débrouillerais. De toute façon je peux difficilement tomber plus bas. Je dirai que Grev a pris le contrôle du speeder après m'avoir agressé. Je vais simuler un accident, il faut que ça ait l'air réel, tiens-toi bien.

Le speeder change soudainement de direction, et fonce contre un mur. Même si Park avait largement baissé sa vitesse, le choque reste violent. Jimy manque de perdre connaissance.

- Aaah... bouge-toi gamin, faut que tu te casses. T'es à quelques rues de la cantina tu trouveras.
- Ça va aller ?
- Bouge-toi j'te dis ! J'me débrouillerais !
- Merci Rome.

Le jeune fugitif part en titubant, se tenant le bras droit. Il s'enfonce rapidement dans une petite ruelle, et essaye de quitter la zone. Il entend au loin les sirènes de la FSC. Il l'a fait.
Après plusieurs heures à éviter les patrouilles, Jimy se retrouve enfin face à la cantina dont lui parlait l'agent Park. Au Petit Voyageur. Il fait nuit. Elle est ouverte. Il entre.
A l'intérieur, quelques consommateurs le dévisagent, il y a toute sorte d'espèces, tous habillés en pilotes, ou en tueurs. Il a soudainement comme un poids au ventre. Il avance doucement vers le comptoir, évitant de regarder qui que ce soit. Il a l'impression d'avoir une prime sur la tête et de se jeter dans la gueule du loup. Il arrive près du serveur, un humain de sa taille, plus imposant tout de même, faisant mine de ne pas le voir.

- Excusez-moi …
- T'as l'air perdu. Dis le serveur en se retournant. Il n'y a rien à boire pour toi, dégage.
- Je veux quitter la planète, A ces mots, Jimy entend des ricanements, le serveur sourit, faisant apparaître ses dents déchaussées ; sans être remarqué.
- Vas voir ailleurs, je te le redirais pas.
- J'ai avec moi, il se racle la gorge et parle pour être entendu de tous, j'ai avec moi plus de 2000 crédits. N'importe qui me fait quitter la planète obtient cette somme.

Le serveur ne dit plus rien, et retourne à ses occupations. Le gamin attend que quelqu'un se manifeste. Un Duros se lève et va s'accouder au comptoir à côté de Jimy.

- T'as déjà voyagé ?
- Non.
- Tu sais faire quelque chose sur un vaisseau ?
- Un peu de tout, je pense.
- Pour 2500 crédits je t'emmène avec moi sur Dantooine. Ça me payera le ravitaillement. La-bas on sera au QG de la guilde des chasseurs de prime, tu pourras disparaître.
- Vendu. Je m'appelle Jimy.
- On part dans deux heures, évite de trop manger.

La nuit allait bientôt laisser place à l'aube, le ciel se faisait plus clair. Jimy croyait vivre un rêve. Il avait suivi le chasseur de prime jusqu'à son vaisseau, un vieux BT-7 de l'Ancienne République, complètement retapé. L'intérieur était assez spacieux, presque confortable. Bien plus que son vieil appartement des bas-fonds. Il s'était installé dans le cockpit, avec le Duros dont il ne connaissait toujours pas le nom. Celui-là ne disait pas un mot. Ou presque.

- On va décoller, si tu vomis dans mon cockpit, je te vends comme esclave.

Il se sent pourtant à sa place, assis au poste de commande, l'univers lui tendant les bras. Il sent une espèce d'excitation et d'adrénaline : c'est une toute nouvelle vie qui commence, il va voyager, arpenter la galaxie, apprendre à piloter. Fini d'étouffer à des kilomètres sous terre, pense-t-il. Un vrombissement apparaît sous ses pieds, le vaisseau vient de démarrer. Le pilote pianote à droite et à gauche sur ses ordinateurs, soudainement Jimy se retrouve le souffle coupé, écrasé contre son siège alors que la navette quitte le sol. Le Duros sourit en voyant la peau du fugitif virer au pâle (voire au vert). Pour s'amuser, le chasseur de prime accélère subitement, le gamin n'arrive plus à respirer, il s'évanouit. On pourrait presque entendre l'autre rigoler.

- Tu t'en es pas si mal sorti, lance le pilote à Jimy, reprenant conscience. D'habitude ceux qui ne sont pas habitués vomissent ou convulsent.
- C'est rassurant.
- Après un ou deux voyages tu seras rôdé. Maintenant va dans le hangar, tu verras deux lampes qui dysfonctionnent, débrouille-toi pour les réparer.

Ainsi durant quelques heures, Jimy a enchaîné les réparations et soucis de maintenance à bord du vaisseau. Une fois ses tâches terminées il retourne dans le cockpit. Maintenant, il contemple simplement. C'est un bleu différent, plus brutal, plus profond aussi. Celui-ci ne respire pas seulement liberté, il y a aussi l'écho d'un ailleurs, d'un possible, d'espoirs. D'une ivresse qui n'aurait de limite que les frontières des univers, que les années comptant de sa vie, que l'infini de sa volonté. Plus aucune musique, plus aucun son, rien. Il n'y a rien, sinon cette impression de liberté. Cette impression seule valait la peine de vivre. Elle valait la peine de faire cela. En un fracas sourd, le bleu vif s'éteint et laisse sa place à la pénombre du cosmos au milieu duquel repose une sphère aux couleurs pastels, du vert à la poussière, à l'apparence perdue. Dantooine. Une terre nouvelle. Qu'un relais pour le jeune téméraire.
Une fois de retour sur la terre ferme, Jimy s'est accordé une minute pour respirer et profiter librement d'un air pur, du ciel bleu tâché de nuages gris et blancs. Du soleil et de ses rayons. Après être passé par une cantina, le Duros emmène son passager jusqu'à un bâtiment semblant presque désaffecté, de dehors. Une unité R1 garde la porte. Derrière ces quelques murs, c'est bien plus qu'un nouveau départ pour Jimy. C'est, semble-t-il, une naissance.


Points forts:
Si Jimy a su survivre des années seul dans les bas-fonds de Coruscant ce n'est pas par hasard, il a certaines qualités nécessaires à son ancien lieu de vie. D'abord, c'est la rhétorique, le Verbe. En maîtrisant la langue, il est capable de se sortir de situations périlleuses, de s'attirer la sympathie ou la loyauté de quelqu'un. Sa principale arme et son seul bouclier sont la parole, la persuasion. Bien loin des traits d'esprit, il a la capacité de savoir faire un peu de tout, et cela vient de son caractère autodidacte et surtout débrouillard, ce qui fait de lui quelqu'un qui sait presque parfaitement s'adapter quel que soit le milieu. Il a un esprit persévérant, presque têtu, le poussant à aller au bout de ses entreprises. Enfin, sa tendance à s'isoler, cette solitude presque naturelle est souvent bénéfique, quand il s'agit de ne pas trop la ramener. Jimy a observé que les grandes gueules n'avaient pas une très grand espérance de vie.

Points faibles:
Le principal point faible de Jimy, à à peine 21 ans, c'est évidemment le manque d'expérience. Si il sait faire un peu de tout manuellement, il n'est vraiment bon nul part, que ce soit en mécanique, en électronique, en pilotage, en tir, etc. Il manque cruellement d'expérience, et de connaissance en la galaxie (pour avoir passé le plus clair de son temps dans l'ombre des bas-fonds). Tout ce qu'il sait se limite aux fables de son vieil ami coruscantis, et tient plus de la légende que de la vérité. Si Jimy est habitué à la mort, il n'a jamais tué, ni pensé à le faire et il devra l'apprendre malgré-lui si il compte devenir chasseur de prime. Il sait se bagarrer mais mise plutôt sur sa vitesse et son agilité que sur sa force. En effet, il n'est pas physiquement imposant, loin de là. De même, sa loyauté est toute relative. Il pourrait se sacrifier pour quelqu'un qui selon lui en vaut la peine, mais peu lui importent les autres. Tous les autres. Enfin, sa solitude peut être perçue comme un défaut, notamment pour son moral. Car au-delà de la recherche de liberté, il cherche aussi inconsciemment une famille.

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Le Récit de Jimy ...

... Ainsi que son casier
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MessagePosté le: 09/08/2018 02:16:05    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 09/08/2018 09:16:46    Sujet du message: Récit de Jimy Kairos Répondre en citant

Alors, fiche agréable, bien emmenée et bien tournée, en ajoutant un petit plus, le passage par le petit voyageur.
Tu es validé tu débutes donc sur Dantooine avec 1000cr, oublies pas de faire ton casier.
Bon RP 8)

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MessagePosté le: 18/08/2018 23:44:15    Sujet du message: Récit de Jimy Kairos

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