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Chimères et souvenirs
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Ansikt
CSI

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MessagePosté le: 10/01/2018 01:03:03    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Un hurlement prodigieux. Mes yeux s’ouvrent en grand et je retiens un hoquet. La personne à côté de moi se tourne dans ma direction, surprise.

— Et bien ! Un soucis, ma chère ?

J’analyse mes alentours. Beaucoup de lumière, un bâtiment richement décoré, une foule importante dans un hall respirant l’opulence, répartie en petits groupes, dans lesquels les discussions vont bon train.
Je dévisage mon interlocuteur. Un visage que j’ai déjà beaucoup vu, mais dont la vue me surprend. Avinash, mon père adoptif. Mais nous ne sommes pas seuls. Avec nous, des couples : des aristocrates, des commerçants, des nobles, surpris par mon comportement. Très vite, je leur réponds, d’une voix fluette et claire :


— Aucunement. Je vous prie de m’excuser si je vous ai importuné.

Une dame humaine, vêtue d’une robe longue blanche, qu’elle arrivait à rendre élégante malgré sa quarantaine avancée, continua :

— Nullement, ne vous inquiétez pas. C’était simplement inattendu !

Ces paroles passées, la discussion reprit, comme si rien ne l’avait interrompue. Une discussion sur la politique Républicaine, jugée trop laxiste contre “ceux qui profitent du système”. Je me permets de ne pas la suivre assidûment, et jauge mon environnement.
Le hall, oui. Hall de l’opéra de Chandrila. J’y suis déjà venu. La dernière représentation d’une pièce à succès, et Avinash a été invité. Oui, je me souviens ce que je dois faire.



-----------------------------

-----------------------------


Je suis là pour faire bonne figure. Être la maîtresse d’Avinash. Sa concubine. La pimbêche qu’il est censé impressionner pour la ramener dans son lit, avant de la jeter quand elle sera trop vieille. Mais, contrairement à une jeune femme face à moi, accompagnant un ami d’Avinash, je ne suis pas réellement cela. Je ne suis qu’une illusion. L’image d’une image. Un faux trophée.

Ce hurlement. D’où venait-il ? Personne ici ne serait assez fou pour faire cela : ce serait une mort sociale. Il perdrait toute son influence. Alors, où ? Trop proche pour venir de l’extérieur : j’avais l’impression qu’on vrillait mes tympans à la main. J’en entendrais presque encore les échos…
Je reprends une mine joviale, réintégrant figurativement la conversation avec des sourires et des hochements de tête affirmatif. Pour donner l’impression d’être autre chose qu’un automate, j’essaie d’avoir de petits gestes qui devraient être naturels pour une femme de ce genre : je vérifie que mon chignon est bien en place, réajuste discrètement ma robe, vérifie que mes gants sont aussi longs sur mes deux bras. Tout défaut dans mon apparence pourrait retomber indirectement sur Avinash, qui serait jugé sur ses goûts. Je dois être impeccable.

Les minutes passent, longues. La discussion a dérivé vers les investissements intéressants du moment. Pendant que les hommes discutent, les compagnes ne participant pas au débat s’observent, les unes décortiquant les micro-expressions des autres, essayant, par le biais du “maillon faible”, de voir les incertitudes des rivaux. Volontairement, je jette parfois des regards surpris, ou mord ma lèvre inférieure par rapport à certaines répliques d’Avinash. Le but est de faire croire que je suis inexpérimentée, puisqu’ils ne m’ont jamais vue, et de donner de faux indices, et leur faire croire qu’elles sont plus malignes que moi. Elles pensent me lire comme un livre ouvert, que je fais tout de travers, mais le silence télépathique d’Avinash m’indique que tout va bien. Un champ de bataille absurde, donnant plus l’impression d’un théâtre de marionnettes qu’autre chose. Ironique, dans un opéra.

Finalement, les portes s’ouvrent en grande pompe, invitant chacun et chacune présent à trouver sa place pour assister à la représentation du jour.


A toi.

— Je me vois dans l’obligation de m’absenter quelques instants… Je suis sincèrement navrée...

— Ne vous chagrinez pas pour si peu. Je suis sûr que vous nous reviendrez dès que possible.

Il accompagne la parole d’un baiser, visiblement passionné, un peu trop sincère à mon goût. Une fois nos lèvres séparées, je réponds d’un simple sourire, avec une touche de peine, et m’écarte de la foule, m’enfonçant dans la bâtiment, en direction des toilettes. Sortir aurait été suspect. Mieux vaut déjà se faire oublier.
Sur mon chemin, je croise plusieurs employés. D’abord surpris que je ne me dirige pas vers la salle principale, ils se ravisent quand j’avance d’un pas soutenu, même à leur vue. Curieusement, aucun ne me demande où je vais. Ont-ils peur que je prenne cela comme une insulte, et que j’utilise ma prétendue influence pour rabaisser tout le complexe ? Ils représentent une image de marque, après tout. Et s’il y a un accroc, tout peut leur retomber dessus.

Grand mal leur en fasse. Je continue ma route, et arrive dans l’endroit recherché. Tout est lumineux, noble. Beau, même. Le contraste entre le but de cette pièce et son habillage est frappant. Mais je n’ai pas le temps de m’extasier à analyser chaque recoin de carrelage. J’ai une mission. J’entre dans un des toilettes, et attends.
La pièce commence. On l’entend même d’ici, par éclats, marquant les envolées lyriques de la comédienne principale. Mais je ne suis pas là pour elle. Enfin, si, mais pas pour profiter de son talent.

Une autre personne entre dans les toilettes. Je ne la vois pas, mais je l’entends. Son odeur arrive ensuite, un parfum de fleur de Nlorna. La costumière. Elle s’absente toujours pendant le premier acte, surtout pendant les premières. Malgré son talent indéniable dans le domain de la couture, elle a toujours du mal à gérer la pression, et a systématiquement besoin de se rafraîchir avant de retourner travailler. Il faut l’excuser : elle est encore jeune, et ne s’attendait peut-être pas à opérer avec des troupes d’une telle envergure si vite. Mais elle devient ainsi une faille de sécurité, exploitable.

A pas de velours, je sors de ma cachette et m’approche dans son dos. Le mouvement est gêné par la robe, mais c’est pour ça que je me suis déjà entraîné à me mouvoir en la portant. Je me suis tout de même déchaussé, afin d’éviter le bruit des talons sur le carrelage. J’approche doucement, furtif, et fond sur elle. Mes mains gantées agrippent son visage et le maintiennent en place, tout en coupant les arrivées d’air. Je dois lui faire perdre conscience, si possible sans faire de dégâts irréversibles. Ca serait dommage de gâcher son don, mais ce n’est pas la priorité.

Surprise, ma victime se débat, rue, essaie de se défendre, mais je tiens bon les premiers instants. Je couvre sa bouche pour mettre à mal ses tentatives de cris et gêner sa mâchoire. Ma première prise étant assurée, je frappe l’arrière de ses genoux avec les miens, la forçant à les plier, l’emmenant au sol afin de pouvoir m’aider de mes jambes pour la maintenir en place. Elle est tout de même puis forte que prévue, mais j’arrive à contrebalancer cela en augmentant mes muscles. Je ne fais pas attention aux caméras : mon vieil homme a fait jouer son réseau officieux pour qu’elles ne montrent qu’une boucle vide, et pour que le garde en poste affirme que rien ne se passera cette soirée.

Après plusieurs minutes assez inconfortables, où ses forces l’ont progressivement quitté, ma première cible se lâche dans mes bras, inconsciente. Je vérifie que ce n’est pas une ruse, puis m’extirpe d’en dessous de son corps. C’était plus long que prévu. Je me demande s’il n’y a pas un agent chimique qui pourrait faciliter le processus. Quoique, ça ferait une piste de plus à remonter. Ca ne vaut peut-être pas le risque encouru, finalement.
Fouillant ses affaires, je récupère une clé, que j’utilise pour fermer la porte. Je ne peux pas me permettre une visite impromptue.

M’étant assuré que “nous” ne seront pas dérangés, je me mets au travail. Je déshabille la couturière méthodiquement, mettant ses affaires de côté, lui laissant le minimum pour couvrir sa dignité. On pourrait le croire sans vie, ainsi. Comme une poupée organique. Mais, non, elle respire. J’enlève également ma robe, mes gants, défais mon chignon, et entreprends de copier son apparence. Je m’applique, essaie d’être précis dans les détails, observant mon modèle sous ses moindres coutures.
C’est toujours un peu étrange, de rester dans la même espèce, mais de changer de traits. Différent d’une transformation interespèce, en tout cas. Pas de refonte morphologique globale. Enfin, si, parfois, mais rien d’aussi radical que faire pousser un autre membre, par exemple. Juste, un fourmillement global, le corps parcouru par différents frissons, qui marquent le changement que subit mon corps. Mais, cette sensation n’est pas désagréable. Elle en serait presque le contraire. Comme une ivresse, apportée par toutes ces possibilités, ce pouvoir par rapport à beaucoup d’autres espèces.

Une fois mon oeuvre terminée, je me revêt de ses habits, et vérifie que tout est en ordre dans le miroir. Remettre en ordre les cheveux, donner l’illusion du maquillage… Ah, voilà. Une copie carbone. Ses vêtements sont un peu serrés, surtout au niveau de la poitrine et des épaules, mais je ne peux pas faire de changement de dernière minute pour mon propre confort. Elle les portait ainsi, alors ainsi je les porterai.
Je dissimule mes affaires dans un défaut du mur, préparé par un technicien de surface cherchant à arrondir ses fins de mois, et cache le corps inconscient de la couturière dans un toilette, et endommage la serrure. J’espère qu’elle n’est pas claustrophobe : elle va rester là un long moment.

Je sors enfin, adoptant ses mimiques, et “retournant” en coulisses. Une pensée me traverse : n’est-ce pas un peu irresponsable de la laisser ainsi vulnérable et seule, là bas ? Je balaye l’idée de mon esprit. Il faudrait des efforts pour rentrer sans les outils nécessaires, vu le sabotage que j’ai effectué sur la serrure, et je ne peux pas m'embarrasser d’états d’âme. J’ai une mission à accomplir.
Je traverse les couloirs à bonne allure, ignorant les employés sur le chemin. J’ai déjà perdu du temps, et il ne faut pas que “mon” absence s’éternise. Encore une fois, les personnes dans le hall ne posent pas de question. Se font-ils toujours aussi discret, ou alors se sont-ils tous fait graisser la patte, sans que j’en sois informé ? La première option est invraisemblable, mais l’autre me semble être un gâchis de moyens assez important. A ce compte là, autant directement demander à un employé de faire ce qui m’a été demandé. On minimiserait les risques. Quoique, il pourrait parler. Ou alors, il y a autre chose ?

Je rentre sans difficultés dans les coulisses. Personne ne questionne mon absence, trop occupés de leurs côté. Des assistants s’agitent dans tous les sens, à moitié excité, à moitié affolés par des imprévus de dernière minute. Je n’y fais pas attention et me dirige vers les costumes de la star. C’est “mon” travail, après tout.
Je feuillette à travers les pièces de couture, chacune plus travaillée que la précédente. Elles sont magnifiques, mais je ne peux pas me permettre d’en voler une. Dommage, ça aurait pu apporter du cachet à ma penderie.
Je trouve enfin ce qui m’intéresse. Une robe vermeille, innocente en apparence, à part peut-être son épaisseur. Le génie est dans sa conception. En pressant certains points, elle dévoile un costume sous-jacent de créature ailée. Dans la pièce, c’est cohérent, marque une renaissance suite à une mort métaphorique. Dans les faits, je me demande toujours comment la transition se fait de manière si fluide.

Mais assez d’émerveillement. Je prends la robe, et m’attelle dessus, comme cherchant à faire un dernier ajustement pour que toi soit parfait. En réalité, c’est plus un sabotage qu’autre chose. Je prends une aiguille préparée à l’avance, et l’insère dans un des points à presser pour la “transformation”. Je réalise l’opération avec une infinie précaution : l’aiguille est trempée dans un poison puissant, qui pourrait me plonger dans un long sommeil, au vu de la dose. Normalement pas fatal, mais je doute qu’un coma passager, accompagné de plusieurs années de soins intensifs ensuite soit plus enviable.

A peine mon travail terminé, la comédienne arrive. J’aurais dû avoir un temps de battement, mais ce n’est pas grave. J’avais prévu cette éventualité. Elle arrive à mon niveau, et commence à enlever son costume, les gestes mécaniques, habitués. Elle est essouflée, mais reste radiante. Je dois me forcer à rester dans mon rôle et à l’aider à enfiler la robe sabotée. Mes gestes ne sont peut-être pas aussi rapides que la vraie, mais on peut excuser cela par une envie de bien faire de la part de “la couturière”, plutôt que l’incompétence d’un ersatz. Je ne regrette qu’Avinash m’ait forcé à m’entraîner autant, finalement, même si ça ne me sera peut-être plus jamais utile. Quoique, j’ai seize ans, après tout. Tout peut arriver. La star reste le plus immobile possible, toujours très professionnelle.

Me voyant nerveuse, elle brise le silence.


— C’est une bonne soirée, le public est enchanté. Je ne pense pas qu’il y ait meilleure manière de finir cette tournée.

Un peu surpris, je la regarde, et ne peut formuler qu’un hochement de tête affirmatif, préférant me concentrer sur ce que mes mains font pour ne pas la blesser prématurément.

— Je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit, mais je tenais à vous remercier. Vous, et tous les autres en coulisses. C’est grâce à vous que tout fonctionne, et j’ai l’impression qu’on ne le sait pas assez. Alors, merci.

— Je… Je ne fais que mon travail.

Elle laisse échapper un petit rire, sincère.

— Mais vous faites tous un excellent travail. Surtout vous.

Sur ces mots, je m’écarte. La robe lui va parfaitement. J’en serais presque triste. Ruiner deux carrières si prometteuses ainsi. Si seulement elle n’avait pas été la maîtresse particulièrement prisée d’un rival important de mon paternel…
Elle me quitte, pour aller se faire maquiller, en préparation du prochain acte. Tout se passe plus ou moins comme prévu. Je patiente un peu, fait semblant de travailler, puis mime une autre crise de panique, qui, évidemment, me force à me rafraîchir encore. Un assistant remarque mon départ, mais ne fait pas de remarque. Est-ce si commun qu’elle quitte les coulisses pendant la pièce ?

Je retrouve la situation dans les toilettes telle que je l’avais laissée. Rien de visible pour celui qui ne saurait où chercher. Je verrouille la porte et me met à l’oeuvre, rhabillant la véritable couturière avec ses propres vêtements, légèrement ouverts pour indiquer qu’elle se sentait mal avant son malencontreux malaise.
Je reprends mes affaires et mon apparence plus “noble”. Je remets mes cheveux en place, assure que ma robe n’est pas de travers, et ressort.

Cependant, chose étrange, alors que je m’apprêtais à rejoindre Avinash, je ne vois personne. Plus personne à l’acceuil, plus personne pour garder les portes, personne dans les halls. Il n’y avait personne quand je suis revenu non plus. Etrange…
Des cris choqués s’élèvent, suivis par des hurlements. Je vois que l’artifice a fait effet. Je rentre dans la salle, montrant un visage affolé tout ce capharnaüm, mais ce qui se révèle à mes yeux n’est pas ce qui était prévu.

Sur scène, le corps de la comédienne convulse, à un bon mètre au dessus du sol. Tous sont choqués, même son comparse sur scène, mais personne n’ose bouger, tétanisés par ce qui se déroule sous nos yeux. La chair de la diva s’assombrit, son corps grandit. Son corps se recouvre de veines, agitées par des pulsations irrégulières, et des protubérances lui poussent sur le crâne. Mais le plus choquant reste son visage : à place de nez, bouche, sourcils se trouvait un oeil unique, monstrueux.

Comme frappée par la foudre, la créature tombe au sol, et s’anime. Elle se tourne le public, et se jette sur eux par un bond prodigieux. Mais elle se s’arrête pas là. Bondissant sur les sièges, arrachant têtes et membres à chaque impulsion, elle progresse jusque sa cible : moi.
Paniqué, je me retourne, mais les portes se sont renfermées derrière moi. Des obstacles infranchissables, immuables à mes coups plaintifs. Je me retourne, dans le but de jauger la distance nous séparant pour trouver une trajectoire de fuite, mais elle est déjà là, sa pupille à quelques centimètres de mon visage. La croix s’élargit, englobe tout, et je me sens disparaître en son sein, me décomposant comme un tas de cendres dispersé par une tempête.

_________________________
Double compte d'Aikin

Identité du métamorphe
Antre du métamorphe


Formation de base : Close Combat
Lvl 1 : Assassin
Lvl 2 : Assassin


Grand merci à Blad pour l'avatar ! o/
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MessagePosté le: 10/01/2018 01:03:03    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 14/01/2018 22:26:45    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Le contact de mon visage sur le sol. J’essaie de bouger, mais n’arrive qu’à formuler un grognement sourd. Du sable. Je contracte mes muscles, essaie de me décoller du sol, mais je suis transi de courbatures. Ma mémoire directe s’active. L’opéra. Avinash. C’était quoi ? Un rêve ? Un cauchemar ? Nan… Un peu plus… Un souvenir ? Mais pourquoi ça serait un souvenir ? Et… Est-ce que ça s’est vraiment fini comme ça ? Est-ce que je l’ai vraiment fait ? Ou y a-t-il autre chose, dont je devrais me souvenir ?

Je pousse sur mes bras, et arrive à me retourner, non sans me couvrir de sable. Ca me rappelle Géonosis. En un peu plus calme, et frais. Je regarde au dessus de moi : un toit de pierre. Difficilement identifiable dans l’état, mais j’ai pas vraiment l’impression d’être sur Cato Neimoidia.

Cato Neimoidia. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? J’ai sauvé ma peau… On est sortis… On a rencontré des Neimoidiens… On s’est avancé dans la forêt… On est arrivés jusqu’au pont… et…
Une douleur aussi courte qu’intense frappe mon crâne. Impossible de savoir. Trop diffus. On est retombés sur le… truc ? Le truc qui a bouffé Alduin ?
Alduin…

Je devrais être triste, mais je n’arrive pas à verser une larme. Oui, il est parti. Oui, il a été une partie importante de ma vie pour l’instant. Mais… Un sentiment me pousse à penser qu’il n’était pas la version idéalisée que je pensais de lui. En sa compagnie, j’avais l’impression d’être puissant, mais… je n’ai vécu que de chaos et de violence. Je n’ai jamais rien construit, jusque très récemment. Azel…

Comme mû par une force nouvelle, j’arrive à m’appuyer sur le sol, puis un tabouret proche pour me lever. Pourquoi il y a un tabouret ici ? Rah, tu y penseras plus tard ! Lève toi ! J’essuie avec mollesse le sable autour de mes paupières, crache maladroitement les grains rentrés dans la bouche, et observe autour de moi. Une petite pièce, circulaire, en pierre. Un tabouret, une coiffeuse étrangement familière, et deux fenêtres ressemblant un peu à des meurtrières. Pas âme qui vive en vue. Je me dirige vers les ouverture, et regarde au loin. De l’eau. Un océan, jusque l’horizon, et certainement plus loin encore.

@£*!&%, je suis où ?

Une autre planète ? Comment j’y suis arrivé ? Pourquoi je suis tout seul ? Curieux, je risque un appel.

— Iroey ? Blad ? Azel ? AZEL ?

Pas de réponse. Je recommence, entrecoupé de pauses, plus fort. Toujours rien, à part un faible écho de mes paroles. Insatisfait, je m’écarte de l’ouverture. Un courant d’air me fait frissonner. Je me regarde. Non, je suis habillé… Attends, habillé ?
Je me regarde dans le miroir de la coiffeuse, et ne suis accueilli que par le visage surpris de Billy. J’empoigne le tabouret, et m’observe. C’est… moi ? Ces traits fatigués, ces cheveux mal coiffés, ce regard vide ?

Je passe mes mains sèches sur mes joues, mon front, dégageant les grains de sable les plus récalcitrants. Oui, tel que je l’avais imaginé. Une image, une apparence. Quelque chose de standard, de passe partout. Et c’est ce visage qui m’a servi pendant plusieurs mois à la CSI. Mais… Est-ce que c’est moi ?

Je fouille mes souvenirs. L’opéra. Je change mes traits, juste le visage, pour l’accorder à mes souvenirs. Sans rien pour les tenir, mes cheveux désormais roux descendent en cascade sur mes épaules. Mes mains de Billy, pourtant plutôt fines, contrastent un peu avec la peau de pêche de cette apparence, rendue plus mignonne par une illusion de maquillage pour mettre en valeur mes joues roses. Et ça… Est-ce que c’est moi ? Est-ce que c’est plus moi que Billy ? Ce que je pense… Non, ce que j’ai fait sous cette forme ? Est-ce que c’est plus représentatif de ce que je suis, que ce que j’ai fait en étant Billy ?

Je change de visage, encore. Un Umbaran. Un Zabrak. Une Kaleesh. Une Zeltronne. Un Chiss. Une humaine. Un Gand. Un Wookiee. Une tête de félin. Gurlanin.

Et ça, est-ce que c’est moi ? Où est-ce que j’ai cru que j’étais, et je me suis persuadé de ce mensonge ? Ca ne serait pas la première fois.

Je fouille ma mémoire, comme remontant un film en accéléré, prenant chaque visage important à la suite. C’est étrange, d’abord, de voir la tête cybernétique d’Iroey sur mon corps organique. J’y porte ma main. Non, ce n’est pas de l’acier, ni un quelconque matériau artificiel. Juste une copie. Une contrefaçon.

Blad. Le visage dur. Ses traits semblent moins bourrus, ainsi, à la lumière. Pas de cache oeil, pas d’oeil cybernétique. Enfin, juste une apparence, imparfaite en plus. Je ne l’ai pas assez vu pour me faire une idée précise.

Azel. Pas en train de crier, de fulminer, de s’agiter, de manger, de se bagarrer, de râler ou autre. Juste… le calme. C’en est presque inconfortable, quand on la connait un peu. Remarque… Est-ce que je la connais ? On a passé des moments ensemble, on a discuté… On a même risqués nos vies dans le même foutu contexte. Mais est-ce que je la connais ? A quel moment je peux dire que je la connais ?

Je l’observe, et j’ai l’impression qu’elle m’observe en retour. Elle serait presque belle, si elle n’était pas aussi balafrée. Quoique, on peut dire que c’est cohérent avec son caractère. Je me demande ce qu’elle pense en me voyant…

Mais, non. Personne ne me regarde. Je suis seul.

Je détourne la tête, change de visage. Le professeur, sur Géonosis. Ses cours étaient intéressants. J’aimais bien discuter avec lui, malgré mon manque de connaissance évident dans ses domaines d’expertise.

Le Major Fawchester. Je… je ne sais pas. La première rencontre n’a pas été des plus… agréables ? Mais, après quelques semaines à la base… Comment dire… Il savait être ferme, mais parfois il avait des airs de bonhomie. Comme une figure paternelle. Enfin, plutôt proche du grand-père, vu ses cheveux et sa barbe, aux poils grisonnants. Mais la comparaison tient.
Les visages défilent plus vite. Mes différents employeurs, parfois sympathiques, parfois stupides, parfois zélés. Je ne me suis pas attaché. Pas quand ils pouvaient devenir de la nourriture pour Derriphan.

Des individus. Des visages. Des connaissances ? Des repas ? Je ne me souviens plus. Soudain, je m’arrête. Une tête poilue, le visage joufflu d’un Hoojib. Pas de doute, c’est Archibald.
Archibald… Etait quelqu’un de bien. Enfin, aussi bien qu’un Jedi Noir ayant connu la rédemption puisse être. Il m’avait pris sous son aile, m’avait… canalisé. Calmé. Autant moi que la boule de destruction et de côté Obscur dont j’étais devenu l’esclave. L’esclave ? Tiens, c’est drôle que je ne l’ai pas comparé à un frère…

Il a fait tellement pour moi, et je n’ai jamais vraiment pu le remercier comme il se doit, vu qu’il est… Je n’ai pas envie de me rappeler ça. Mais il a été un mentor quand j’en avais le plus besoin. Peut-être même un père. Je me demande ce qu’il penserait de moi, s’il me voyait maintenant. Content que j’ai pris une vie à peu près normal ? Déçu que je n’ai pas fait plus ?
Préférant ne pas m'appesantir sur le sujet, je continue. Beaucoup de visages. Des miséreux à qui j’ai extorqué de quoi vivre, des minables que j’ai manipulé… Des femmes, aussi. Humains, Twi’Lek... Je devrais peut-être me sentir triste, empli de remords, mais il n’y a qu’un vide. Ils ne sont pas importants. Et je n’arrive pas à m'apitoyer sur leur sort. Est-ce que c’est parce que je n’arrive pas à me souvenir des actes en eux-même, ou est-ce que c’est parce que je suis devenu apathique à ce point ?

Je continue, et après quelques minutes m’arrête sur un visage féminine. Une Lorrdienne. La domestique d’Avinash. Une grande soeur, à l’époque, presque. Elle était jeune… Quel âge devrait-elle avoir, maintenant ? 37 ? 38 ? Elle était partie quand j’avais une dizaine d’années… Pourquoi était-elle partie ? C’était une bonne pédagogue… J’ai de bons souvenirs avec elle… J’allais la voir quand j’avais des cauchemars. Ah… Ah…
Je regarde le miroir. Je vois son visage triste. Est-ce que je l’avais déjà vu triste ?

Je continue, et m’arrête sur un message qui je ne pouvais pas passer. Avinash. Enfin, sa forme humaine. Son visage fait peine à voir, quand je le porte. Il rayonnait de confiance, de son vivant. Enfin, il en donnait l’impression. Vers la fin, tout n’était pas si rose…
Il m’a sauvé, m’a offert une vie, l’opportunité d’être quelqu’un . Et pourtant… Là, tout de suite, je n’arrive pas à me forcer à l’aimer sans conditions. Oui, il m’a offert un toit, m’a appris beaucoup de choses… Sans lui, je ne serais rien… Et pourtant, plus j’y pense, et plus j’ai l’impression d’avoir été son pion plutôt que son fils… Un pion docile, aveuglé par le luxe dans lequel il vivait. Et tout ça… Cela me fait douter. Qu’est-ce que je suis, à part ce qu’il m’a fait devenir ? Est-ce que je peux vraiment parler de “moi”, ou ne suis-je toujours qu’une extension de sa volonté, même des années après sa mort ?
Avec lui, je devais cacher ma nature, faire semblant, toujours faire semblant. Ca m’était normal… Je ne l’ai jamais questionné… Mais ces dernières semaines me font douter. J’ai rencontré Azel… J’ai fait des liens avec des personnes. Il y avait des hauts et des bas, mais la simplicité était relativement plaisante…
Mais… est-ce que je veux me cantonner à ça ? Un soldat de la CSI, avec des compagnons d’arme ? Après tout ça ? Retomber dans la banalité ? Cette question m’effraie, mais pas car elle me fait me questionner sur le contenu de mon avenir. Elle me fait peur car je me rends compte, ici, dans cette pièce, que je n’aurai peut-être pas d’avenir.

Je fuis. Je change de visage. Des nobles. Des aristocrates. Des artistes d’opéra, de cinéma, de théâtre. Deux fois, je ferme les yeux. Je continue, et arrive à la fin. Ou au début ? Un visage juvénile, creusé par la faim, tâché de crasse. Moi, esclave, tout petit. Pourquoi cette apparence ? Pourquoi, déjà à l’époque, je ressemblais à un petit garçon humain ? Mais, évidemment, cette partie de moi n’est plus là. C’est déjà bien que je m’en souvienne encore. Mais pas moyen qu’elle me livre ses secrets…

Comme pour accompagner ma pensée, je porte ma main vers le visage en face du mien, espérant toucher le miroir, mais ma main le traverse comme une gelée transparente. Surpris, je ne peux pas m’empêcher de continuer, jusqu’à toucher la chair du reflet. Comment peut-il être là ? Je… je délire ? C’est ça ? Je deviens fou ? Ou alors je l’ai toujours été ?

Comme pour répondre, l’enfant pose ses deux bras sur ma main, et tire. Je me vois entraîné contre mon gré, surpris par le fait qu’une chose de ce genre puisse avoir de la force, et m’enfonce tête la première de l’autre côté, traversant la paroi comme un liquide réfléchissant tout.







Cliquez sur l'image pour l'agrandir, pour essayer de la déchiffrer.
Sinon, le message normal est là
Je m'attends à avoir le souffle coupé, à suffoquer, mais il n'en est rien. Ce monde... Est comme l'autre. Le tabouret est juste de l'autre côté. C'est... étrange. Et l'enfant est là. Il me regarde, presque jovial, puis se met à courir vers le mur en face de la coiffeuse. Mais… Qu’espère-t-il faire ?

Et, quand je regarde, je me rends compte. Ici, à la place d’un mur, il y a un couloir. De la pierre, toujours. Du sable, par terre, encore. Des trous dans les murs, un peu plus larges que les meurtrières , agrémentés de genres de rideaux blancs.

Sérieusement. On est où ? Comment tout cela est possible ?

Malheureusement pour moi, l’enfant est avare en réponses. L’enfant… C’est bizarre de me dire que, c’est moi, à quatre ans. Ou une image de moi, quand j’avais quatre ans. Il continue de fuir, et je m’efforce de le suivre. Des couloirs. Des pièces vides. Et du sable, partout. Pourquoi autant ? Comment est-il arrivé là ? Est-ce qu’il a une signification ? Il me rappelle quelque chose… Mon réveil, oui, mais quelque chose de plus...

Nous continuons d’avancer, en silence, jusqu’à arriver dans une salle gigantesque, trop grande par rapport aux salles précédentes, remplie de miroirs de différentes tailles, accrochés aux mur, posés sur le sol, ou pendant dans les aires par des cordes précaires. L’enfant ralentit, et je fais de même. Il regarde tout autour de nous, dans cette pièce de pierre, très éclairée par différentes meurtrières, et me dit :

— Je cherche un miroir. Le plus grand miroir. Comme ça, je pourrai voir qui je suis réellement.

J’acquiesce en silence. J’observe mes alentours. Il y a de grands miroirs, mais les plus grands sont tous brisés. Après quelques minutes à chercher, je trouve tout de même un miroir viable, et plutôt grand. Je ne me sens pas de tous les passer au peigne fin. Je me regarde. Mon visage… Est redevenu celui de Billy, en accord avec le corps. Bon, ça fera l’affaire pour l’instant.

— Celui là, tu penses ?

Pour accompagner ma parole, je touche le miroir en question. Mais au lieu de sentir du solide, voire même du liquide, comme précédemment, j’entends un bruit aigu. Je regarde : le miroir s’est brisé, là où je l’ai touché, et les fragments se projettent sur moi à vive allure. J’ai à peine le temps de lever les bras, pour me projeter, que mon corps est transpercé des morceaux, comme des lames acérées. Je laisse échapper un cri de surprise, mais la douleur ne vient pas. Les morceaux restent fichés, inertes. L’enfant me rejoins, et laisse échapper un soupir, exaspéré. Il m’approche, et arrache le verre, ne se préoccupant pas des morceaux de chair qu’il déchire par la même occassion. Mais je n’ai pas mal. Je saigne, mais je ne sens pas mes forces me quitter. Qu’est-ce que…

— Les plus grands miroirs ici ont déjà été utilisés... Pas dans cette pièce...

Je m’écarte avec prudence, évitant les autres miroirs, et revient à l’entrée de la pièce. Devant moi, je peux encore continuer : des couloirs s’étendent, toujours aussi lumineux et ensablés.

— Tu penses qu’il y en a un, plus loin ?

Il hausse les épaules, et va sort un tabouret de derrière un miroir, pour s’asseoir. Bon, très bien.
Je décide donc de continuer. Malgré les trous dans la peau de mon buste, je n’ai pas de mal à me mouvoir. Le sang coule toujours, laissant derrière moi une trace écarlate. Bon, au moins, s’il me cherche, il saura où me trouver…
Des couloirs, des couloirs… Encore des couloirs ! Toujours des meurtrières, du sable à mes pieds, et ces rideaux soulevés par le vent. Les minutes passent, et j’aperçois enfin une pièce. J’y entre, et découvre… la coiffeuse et le tabouret. Je suis revenu à mon point de départ ? Que, quoi ?

Je regarde dehors. Là où avant il n’y avait que l’océan se dresse maintenant une forteresse, circulaire. A l’intérieur du cercle, de l’eau. Je me rue de l’autre côté. A l’extérieur… l’océan, encore. Pas de civilisation, pas d’issue… Juste… moi. Et moi.

Je regarde vers l’intérieur du cercle. Les parois de pierre grise sont lisses, rien à grimper, pas de nid d’oiseau, rien qui pourrait m’indiquer une autre forme de vie. Je pourrais m’envoler, mais je ne pense pas avoir l’endurance pour m’échapper. Et je ne sais même pas si je risque de trouver quelque chose, là-dehors.
A mon exact opposé, je reconnais la pièce gigantesque. L’enfant va jusque la meurtrière, me fait un salut blasé, et disparait de nouveau. Bon, très bien.
Je me retourne. La coiffeuse. C’est un miroir. Pas assez grand selon les instructions cryptiques de l’enfant, mais… Celui là est spécial, non ? Je suis passé à travers. Peut-être que je peux réessayer ?

Je m’approche, regarde. Rien de l’autre côté. Juste la pièce. Même pas le couloir derrière moi. Je tends ma main et… elle traverse la paroi ! Mais je me rends très vite compte que c’est une très mauvaise idée quand cette dernière se met à me brûler comme si je l’avais plongée dans de la lave en fusion. Hâtivement, je retire mon membre. Rien de visible. Mais la douleur est toujours là, intense. Merde.
Déçu et passablement agacé, je retourne dans la salle aux miroirs, n’ayant rien gagné d'autre qu'une main aussi douloureuse que si ma chair à vif avait été plongée dans de l’acide à action rapide.

L’enfant est encore là, blasé, faisant tourner ses cheveux dans ses minuscules doigts. Pas une grande aide, donc. Dépité, je m’affale sur le bord de la fenêtre, regarde l’eau, en bas. Contrairement à celle de l’océan, celle-ci est claire, pure même. Malgré la hauteur, j’arrive à voir mon reflet dans l’eau. Attends… Mon reflet ? Mais !
Au moment de la révélation, je sens quelque chose me pousser. J’ai à peine le temps de me retourner pour voir le petit, amusé, les bras tendus. Très vite, la gravité reprend ses droits, et je me sens chuter, mais tout semble se dérouler au ralenti. Alors que je perds de vue la salle aux miroirs, je remarque une ombre derrière l’espiègle. Et soudain, un appendice le transperce, semblable à une griffe. Choqué, j’essaie d’affiner ma vision, et cherche à identifier la figure sombre. Je ne réussis pas, mais cette dernière se juche sur le rebord de la fenêtre, comme à la recherche de sa proie suivant. C’est l’Aberration du laboratoire.


Mon corps s’enfonce dans l’eau glacée. Sa clarté finit corrompue par mon sang, et je ne vois plus ce qu’il se passe. Quelques instants passent, et je me sens remonter à la surface. Cependant, cela est trop rapide pour que ça soit naturel, et je lève les bras pour me protéger, me préparant au pire.
Une fois à la surface, je me retrouve projeter devant moi, dans un couloir austère et à peine éclairé par la faible lueur de quelques bougies. Après quelques roulades, je m’arrête enfin. Le sol est sec. Je suis sec. Comment ?
Je me relève, toujours un peu désorientés, et regarde derrière moi. Un tableau, représentant l’océan jusque l’horizon, animé par des vagues régulières. Je m’approche, touche la toile. Malgré ses propriétés étranges, ce tableau n’est pas une porte.

J’observe le long couloir qui se déroule devant mes yeux. Long, très long. Suffisamment, en tout cas, pour que je ne puisse pas en voir le bout. Cependant, en complément des bougies, je perçois une lumière, plus intense, au fond, qui me pousse à avancer. Je m’exécute alors, toujours méfiant.
Les minutes passent, mais toujours rien. Pas un imprévu, pas la nécessité de courir. C’est louche. Tout est trop silencieux, ici.
Alors que je m’approche, le couloir s’élargit, mais pour accueillir en ses côtés des squelettes. Des morphologies différentes, des animaux sauvages… Simple décorations, ou malheureux ayant perdu la vie ? Je ne veux pas savoir. Je me force à continuer.
Et si un danger rôdait ? Je suis sans défenses. Je presse le pas.

Après une marche des plus insupportables, rendue encore plus longue par ma méfiance, j’approche de mon but. Ca semble trop simple. Ou peut-être que je suis simplement paranoïaque ?
Un… mur ? Ou, on dirait un mur. Légèrement translucide. Non, pas exactement un mur. Il y a un trou, dedans. Quelques centimètres de profondeur, à peine une dizaine de centimètres de diamètres. Comme si on en avait retiré une coupole. J’y porte ma main, touche la paroi. C’est… du cristal. Non… pas n’importe quel cristal. Du diamant. Que… Qu’est-ce que ça signifie ?
Je m’écarte du trou, et regarde le reste du mur. Sur les bords, surtout au niveau des pieds, j’arrive à distinguer des marques, allant du rouge au brun. Certaines sont incompréhensibles. D’autres, effacées. Mais j’arrive à en déchiffrer quelques unes.

« Frappe »
« Détruis »
« Casse »
« Brise »


Confus, je regarde le mur devant moi. Le diamant… S’étend sur plusieurs mètres. Combien ? Je ne sais pas. Mais vu à quel point l’image est déformée, l’épaisseur est importante.
Et je suis censée briser ça ? A mains nues ?
Je retourne au trou que j’avais vu précédemment. C’est trop irrégulier pour avoir été fait avec un outil spécialisé. A mains nues, il me faudrait des années pour arriver à un tel résultat…
Mais… Qui ? Pourquoi ? Comment ?
Je regarde autour de moi. Les corps. Et je comprends enfin. D’autres voyageurs ont cherché ce trésor, et sont arrivés trop tôt pour espérer l’obtenir, comme moi. Et ils ont décidé d’utiliser le reste de leur vie pour aider le suivant.

J’aurais pu hurler, pleurer, geindre, mais quelque chose me poussa à faire autre chose. Un hurlement infâme, derrière moi. Je le reconnais. C’est cette créature impie. Je la vois au loin, comme une luciole incandescente, avalant la distance avec une assurance que je ne possédais pas à mon arriver. Alors, en désespoir de cause, je me retourne vers l’édifice de diamant.
Pris d’une rage nouvelle, couplée à l’urgence de la situation, mes muscles se décuplent, ma peau se garnit d’écailles, et je prends la forme grossière d’un Rancor. Ce n’est pas grave. Je ne cherche pas à être réaliste. Je cherche sa force.

Mes griffes s'abattent sur la paroi, mais cette dernière reste immuable, inamovible. Je ne me décourage pas, continue autour du trou, saccageant du mieux que je puisse le cristal, essayant d’en retirer le plus possible.

Je continue, encore et encore. Les piétinements de la créature se font de plus en plus proches, inlassablement, inévitables. Mes mains ne me font plus mal. J’ai passé ce stade. Elles sont en sang, la peau s’enlève, mais je continue, retirant poussière après poussière.

Au fur et à mesure que la créature s’approche, mes capacités transformatives diminuent, et je me retrouve sous forme animale. Je me jette sur le trou, crocs et griffes dehors, dans un baroud d’honneur, mais me rend compte avec horreur que cela n’a presque rien changé. Pas de différence visible. Au même moment, l’Abomination derrière moi m’attrape et me transperce d’une de ses griffes. Elle retire ensuite son appendice, ne laissant qu’un trou béant dans mon ventre, et disparaît dans la foulée, me laissant pour mort.
Baignant dans mon propre sang, une sensation de brûlure se met à gagner les alentours de la blessure, se propageant à bonne allure. La même que pour ma main, tout à l’heure. Alors déjà là, c’était… ?

Penser devient difficile, mais une dernière volonté m’anime. Dans un effort surhumain, je rampe vers la roche. Un mètre… Allez ! Une patte après l’autre… Mes jambes ne répondent plus… je n’ai pas la force de les regarder… Allez… Une… patte… après…
J’y arrive enfin, et essaie de porter ma main ensanglantée sur le diamant, mais m’épuise trop tôt, et tombe, finalement. Un dernier échec, représentatif d’une vie gâchée. Il ne reste que la brûlure, consommant la chair et la conscience, ne laissant qu’un squelette à moitié brisé derrière elle.

*****


Le contact de mon visage sur le sol. J’essaie de bouger, mais n’arrive qu’à formuler un grognement sourd. Du sable. Je contracte mes muscles, essaie de me décoller du sol, mais je suis transi de courbatures. Ma mémoire directe s’active.
L’opéra. Avinash. C’était quoi ? Un rêve ? Un cauchemar ? Nan… Un peu plus… Un souvenir ? Mais pourquoi ça serait un souvenir ? Et… Est-ce que ça s’est vraiment fini comme ça ? Est-ce que je l’ai vraiment fait ? Ou y a-t-il autre chose, dont je devrais me souvenir ?
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MessagePosté le: 21/05/2018 14:43:08    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Professeur Steve Hawk
Spécialiste de l'étude des métamorphes


La CSI contribuait continuellement à l'avancée des sciences organiques. Jusqu'ici, des milliers de spécimens étaient passés entre les mains des blouses blanches de la confédération. Le Professeur Tericarax fût d'ailleurs un grand chercheur, porté sur la Force et ses aspects scientifiques. D'autres donnèrent plutôt leur existence à l'étude de ceux que l'on appelle communément "les changeants". Ici, au complexe secret du DCRS, perdu dans les tréfonds des ruches Géonosiennes, le terme technique usuel était "métamorphe". Certaines créatures de la galaxie étant, grâce à ces chercheurs spécialisés notamment, relativement célèbres pour leurs capacités de transformation : les Clawdites, par exemple, et pour ne citer qu'elles.

Steve Hawk faisait parti de ceux qui pensaient que les métamorphes étaient présents un peu partout, comme fondus dans la masse. Espions, assassins, politiciens, doublures diverses, bref : le potentiel des changeants était si immense, que le Docteur Hawk avait voué sa vie à leur fonctionnement. Lui-même condamné à vivre dans une chaise mobile intelligente, à cause d'une dégénérescence génétique, Steve Hawk se plongea à cent pourcents dans ce travail aux pistes quasi-infinies. Scientifique de génie Alderaani, recruté très jeune au sein de la CSI, il était devenu chef de sa propre section de recherche à seulement 28 ans. Les séparatistes lui avaient d'abord donné les moyens de concevoir son propre fauteuil intelligent, dont l'IA unique incroyable fût baptisée Aldera, en hommage au monde d'origine de Hawk. L'apparence atypique et handicapée du scientifique en fit un modèle tout à fait singulier dans l'organisation galactique, demeurant tout de même loin de la notoriété publique, afin de s'assurer une certaine souplesse d'action.

Cela faisait environ une semaine que le spécimen "Billy" était en quarantaine maintenant, conservé précieusement au cœur d'une cellule stérile à barrières cinétiques. Le Docteur Hawk s'était tout de suite réservé à l'étude ce métamorphe, à l'état clairement instable à son arrivée. Le scanner de la "chambre" de l'agent Billy était continuellement relié à Aldera d'ailleurs, afin que le scientifique ne loupe en aucun cas le moindre sourcillement du changeant. Ce fût même au beau milieu de la nuit que l'IA réveilla son maître d'une musique doucereuse, lui signalant que le spécimen s'apprêtait à reprendre conscience.

Steve désactiva d'un clin d’œil le mode "sommeil" du fauteuil, puis son droïde ménager sortit du placard de l'appartement, afin d'habiller le chef de service convenablement. Rapidement prêt, le génie confédéré se rendit sans plus attendre aux cellules de quarantaine, là où son nouveau "joujou" s'apprêtait à immerger, d'une seconde à l'autre.

"Bonjour Billy, je suis le Professeur Hawk, tu te trouves actuellement sur Géonosis. Les capteurs de cette cellule nous indiquent que tu es désormais réveillé, fais-nous un signe, si tu comprends ce que je dis."

Déclara le synthétiseur vocal de Hawk, directement dans les enceintes de la cellule d'Ansikt. Le scientifique, lui, se tenait juste devant les barrières énergétiques rougeoyantes, son regard si étrange et fasciné posé sur le Gurlanin aux capacités incroyables.

"Tu n'as rien à craindre ici, nous sommes dans un complexe scientifique de la CSI. Nous ne voulons que ton bien. Si tu te sens bien, tu sortiras très vite, je te le promets."

Assura Hawk, avant de laisser le temps à Billy d'immerger et, pourquoi pas, réagir. Les lumières de la cellule étaient tamisées, loin des aveuglants tubes blancs des hôpitaux. Trois murs gris, d'une composition étrange entre métal et béton, encadraient le métamorphe. Le quatrième pan étant le champs d'énergie infranchissable dressé entre l'ancien compagnon d'Azel Kyone'e et le professeur en fauteuil sous-propulsé. Ansikt n'avait aucune raison de se montrer agressif, et s'il choisissait de l'être tous les moyens étaient réunis en ces lieux pour le mettre rapidement hors d'état de nuire. Hawk espérait toutefois qu'il n'ai pas besoin d'en arriver là, car ce métamorphe pouvait bien devenir le meilleur sujet de toute sa carrière...
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MessagePosté le: 21/05/2018 22:52:18    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

— Chérie ! Les gâteaux sont presque prêts !

Je me dépêche dans la cuisine malgré la chaleur des fours. L’entrée est bien entreposée dans le réfrigérateur. Le plat reste au chaud pour l’instant. Les gâteaux doivent être sortis. Oui, tout est en ordre. Tout va bien.

J’empoigne un gant et donne un coup sec pour que la porte cède. Elle a tendance à me résister, ces derniers temps. Il faudra que je fasse quelque chose à ce sujet. Peut-être en fin de semaine ? Oui, ça doit pouvoir se faire… Je l’ajouterai au calendrier quand ils seront repartis.

J’essuie un peu de sueur qui perle sur mon front. J’en ai peut-être trop fait… Roh, et puis zut ! Non, ça sera très bien ! Je peux le faire, et je refuse de céder mon rôle de maintien du foyer à un droïde. Il faut que je sois à sa hauteur, elle qui en fait déjà tellement à son travail…

Je pose les desserts sur la table, et une odeur fruitée emplit la pièce. Ils ont réduit en fin de cuisson, mais restent volumineux. Parfait ! Mais il manque quelque chose… Ah, je sais ! Je matérialise une queue, et attrape le sucre sur l’étagère, trop haute pour mes bras actuels. Je saupoudre généreusement, et le repose à sa place. Voilà, là, ils sont parfaits.

Je me permets de souffler enfin. La cuisine est toujours plus physique, quand on doit la préparer dans un court laps de temps. Mais c’est ça qui la rend si excitante ! Cette urgence, et l’adrénaline qui va avec ! Je ne le ferais pas tous les jours, mais à petites doses…

Un coup d’oeil à l’horloge. J’ai encore une heure trente, et plus rien à préparer. Comme prévu, donc. Excellent. Je dépose mon tablier, et m’empresse de rejoindre la salle de bains. Je jette tout de même un coup d’oeil précautionneux au salon, mais il est toujours aussi immaculé. Je ne sais pas vraiment ce qui aurait pu le changer, mais on est jamais trop prudent !

Je fais un détour par notre chambre pour choisir une tenue. Celle ci ? Non, trop relaxée… Celle là ? Mais non, je ne vais pas à un enterrement ! Ah, la voilà ! Ma favorite ! Je me disais bien qu’elle était disponible ! Il faudra que je mette sur l’inventaire que je l’ai portée aujourd’hui, pour planifier les lessives. Oh, ce n’est pas urgent.

Alors que je m’apprêtais à sortir de la pièce, je remarque que la poussière n’a pas été faite sur les chevets et rebords de fenêtre. Mince, j’ai complètement oublié ! Combien de temps ? Une heure dix-sept ? Misère… Vite, vite ! Je pose mes vêtements de soirée dans la salle de bains, et dévale l’escalier quatre par quatre pour aller chercher le chiffon prévu à cet effet, même le produit pour faire briller le bois utilisé. Je ne peux pas me permettre de faire un aller-retour en plus… Tant pis, ce n’est pas bien élégant, mais j’ai besoin d’une paire de bras en plus pour tout transporter d’un coup. Si elle me voyait… Misère…

Je nettoie et astique avec frénésie. Rah ! Quand je disais que j’aimais bien travailler sous la pression, je ne souhaitais pas des complications supplémentaires ! Bon sang, je suis en retard, maintenant ! Allez… C’est propre ? Mmhh… Oui, ça en a l’air. Direction salle de bains, alors ! Pas une seconde à perdre ! Je jette mes vêtements dans la corbeille avec un magnifique panier trois points, et rentre dans la douche.

L’eau est moins chaude que d’habitude, ou je suis moins sensible qu’à l’accoutumée ? Peut-être que j’ai encore chaud à cause du stress ? Allez, ça va le faire… Calme toi… Une grande inspiratioooon. On gaaaarde. Une grande expiratiooooon. Voilàààà. Zen.
Je me savonne consciencieusement. Je dois être à l’image de la maison : impeccable. Je n’en tolérerais pas autrement.

Un quart d’heure plus tard, je ressors dans un nuage de vapeur parfumée. Ce savon fait des merveilles ! Il faut que je repense à en acheter. A moins que ça soit celui qu’il faut commander ? Ca serait possible. Je vérifierai.

Me voilà devant la glace. J’ai des cernes, et bouton est apparu. Ce n’est pas présentable. Je les efface, corrige ma teinte, rend la couleur de mes cheveux moins terne. Les détails à corriger s’accumulent, le temps s’égrène, mais je ne peux pas me permettre de perdre du temps en panique. Elle compte sur moi. Je ne vais pas la décevoir.

Voilà, j’ai tout ajusté, normalement. Je risque un coup d’oeil sur l’horloge. Trente-huit minutes restantes. Ca va le faire. Je m’habille, et a presque des difficultés à fermer le tout. J’ai pris du poids ? Rien de voyant, j’espère ! Ca donnerait l’impression de négligence ! Non, non, hors de question. Je le corrige aussi. Magnifique, parfaitement confortable. Mais je n’ai pas fini.

Je remets la bague qu’elle m’avait offert. Je l’enlève habituellement pour les tâches ménagères les plus salissantes. Mais je ne peux pas me permettre de l’oublier pour une telle occasion ! Je l’enfile, et prend quelques secondes pour admirer le joyau couleur saphir qui l’orne sobrement. La pierre se marie parfaitement avec ma robe. Que c’est élégant ! Je ne perds pas plus de temps, et l’accompagne de mon collier, et me maquille. Quelque chose de simple, censé sublimer le tout sans être oppressant. Là, voilà. Ca devrait être bon. Un coup d’oeil à l’horloge. Onze minutes. J’ai le temps d’aller la voir.



Guidée par les bruits de tiroirs, je la retrouve dans notre chambre, en costume militaire. Je la surprends et l’aide à faire les derniers ajustements. Elle aurait préféré avoir une autre tenue, moins formelle, mais j’ai insisté. Sa promotion se joue peut-être ce soir ! Non, mieux vaut assurer le coup, quand on invite ses supérieurs. Je la regarde. Elle est resplendissante.


— Merci, ma crevette.

Elle accompagne la parole en posant la main sur ma joue, et j’essaie de ne pas trop rougir, sans succès. Sa main est forte, me rassure. Elle a l’air si… sûre d’elle. Confiante. Comment fait-elle ? Ou alors elle est plus habituée à ce genre d’occasions que moi, tout simplement.

— Tout est bon. Ils ne devraient pas tarder.

Je regarde son visage. Malgré ses imperfections, je la trouve belle. Peut-être que son caractère joue aussi ? On a connu meilleur caractère, mais… je ne sais pas. Je ne l’explique pas. Peut-être que le contexte de notre rencontre a beaucoup joué dans notre relation ?

Une sonnette. Les premiers invités arrivent. Allez, je ne peux pas passer la soirée à rêvasser.


— Je vais les acceuillir. Ne tarde pas trop, d’accord ?

J’accompagne la phrase d’un clin d’oeil joueur. Elle sait que je suis plus à cheval sur la ponctualité qu’elle. Ce n’est pas la première fois que je lui dis ça, et elle râle pour la forme. Mais c’en est presque un jeu, maintenant. Le temps fait la complicité, apparemment.

Je me chausse et sors accompagner les invités de leur véhicule à la maison. Je suis revigorée, et me sent prête à affronter la Galaxie toute entière. Nous sommes là l’un pour l’autre, tout va bien se passer.

Oui, Azel est vraiment la meilleure personne avec qui je pourrais partager le reste de ma vie.

*****

J’entends des éclats de rires provenir de la table alors que je prépare la vaisselle pour le plat. Tout va bien, alors. Aucun accroc, pour l’instant. Ils adorent. Excellent.
Je suis contente. Je les imaginais d’une autre classe, d’un autre monde, et pourtant… Ils ne semblent pas si distants que ça. Il y a des passions communes, des centres d’intérêt partagés, de la discussion sans méchanceté… Je n’aurais peut-être pas du me faire un tel mouron par rapport aux préparation… Mais bon, je ne peux pas changer le passé ! Et, c’était justifié, vu qu’ils ont l’air d’apprécier la soirée.

Je repars pour la cuisine, et manque de lâcher ce que j’ai dans les mains en sursautant. Je retiens au maximum mon cri de surprise. Dans l’ouverture de la porte se trouve un homme, la quarantaine, une cigarette à la bouche, habillé en tenue militaire, mais pas d’apparat. J’ai très envie de le gronder par rapport à la fumée, les cendres qu’il laisse partout, la crasse de son blouson sur le montant de porte, le fait qu’il soit en chaussures et non en pantoufles, sa barbe mal rasée, et globalement le fait qu’il soit ici. Mais je me retiens.




— Monsieur Κ̨̛̯̘̫͙̯̬̘͈̥̙͈̂ͥ̉͑ͭͣ͌́̅̓̽ͩ́͐́̚͢ͅl̋̽̅ͥ̎̏̎̒̿̐̓ͫ̉ͫ̋҉̴̛̛̘̟͉̖̼̟͉̰̲͍̩͍̻̳͖̪̤͠ἀ͚̠͍̼̟̪̞̲͔̖̞̇̐̍̐ͪ́̑̽̑ͨ̐̐̔ͥ̄ͯ͟f̶̢ͧ͐̋͑̄͂ͤ̓͌͗̐̐͠͏͎͍̝̗̹̟̻̰̱̦σ̛̻̝̻̫̩̼͕̖̻̠͍̥͑ͮ̇͛̽̄̉͑ͪͤ͌̎̋͜͠σͥ̓ͣͦ̿̓̀ͫ͗͏̷̡̠̹̰͇̭̕̕ͅμ̶̱̤̗͕̳͎͔̾̓̐͌̂̌̓ͬͬ͗̇̌̓̓̅̇̎͡͠τ͖̘͖̹̩̹͕͈͇͇͎̬̠̥̤̼̟̘ͯͫ̌͒́͗ͯ̾̑ͣͯ̕ι̵̶̨̤͉͕̰̘͓̹̜̭ͭ̉͗̔̿͘ͅ ! Vous m’avez fait peur. Vous cherchez les toilettes ?



Il daigne enfin me regarder, et je retiens une moue devant son regard blasé. Voilà qui n’est pas élégant. Voilà le genre de personne que je ne m’attendais pas à voir ici, dans cette cuisine.
Il reprend une bouffée de cigarette, détourne son regard, et commence, d’une voix étonnement claire, vu sa consommation de tabac.


— Mes excuses, Miss Megan.

Il marque une pause, reprend une bouffée de cigarette, et se tourne vers moi, le regard mauvais.

— Ou plutôt devrais-je dire, Monsieur Ansikt Rajani ?

Mon visage d’abord gêné devient contrarié, d’un coup. De qui parle-t-il ? Non, il cherche à me perturber. Créer du chaos dans mon foyer. Non, je ne l’accepterai pas. D’un ton ferme, je lui réponds.

— Je ne vois pas de qui vous parlez. Maintenant, retournez à table, s’il vous plaît, je n’ai pas envie que le plat refroidisse. Et par pitié, éteignez cette cigarette. J’ai mis un cendrier à table.

Il regarde l’objet en question dans ses mains, et me regarde droit dans les yeux. Quel regard glacial… La situation m’est très inconfortable. J’aimerais bien l’éviter, mais il bloque le seul passage. Il tire à nouveau sur sa cigarette, et je ne cache pas mon agacement.

— Non.

Comment ça, non ? TU ES MON INVITE ! TU VAS RESPECTER LES REGLES DE CE LIEU !

— Cette mascarade a trop duré.

Il écrase sa cigarette encore allumée sur le meuble, qui prend inexplicablement feu. Cette fois, la surprise me fait lâcher le plat, qui se brise au sol dans un choc assourdissant. Comment est-ce possible ? Il est traité ! Indifférent aux flammes qui se propagent, l’homme continue.

— Vous ne pouvez pas vous réfugier ici éternellement.

Je me précipite vers les robinets, mais aucune eau ne vient. Que… ?

— Vous enfermer dans vos fantasmes ne vous soignera pas. Sérieusement : c’est ça que vous voulez ? Une vie banale, à s’occuper d’une maison, et ne pas avoir à prendre d’initiative ? Si votre père vous voyait...

Je me retourne, furieuse. La pièce entière est en proie aux flammes, maintenant, même les vêtements de l’invité. Cela ne semble pas le gêner.

— Il est mort ! Et c’est ce qu’il méritait !

Un sourire en coin lui apparaît sur le visage. Il sort une nouvelle cigarette et l’allume contre un mur proche.

— Tiens, c’est drôle, mais le père de Miss Megan est censé couler des jours heureux sur Coruscant avec sa chère et tendre, profitant de leur retraite commune...

Le choc se lit sur mon visage. Il… Il a raison ! Mais… d’où… d’où me viennent ces autres souvenirs, qui affluent dans ma tête ?! Pourquoi ils sont si familiers ?! N… Non !
Je cède dans un hurlement strident, m’agite, attrape un couteau aiguisé, et charge l’individu. La vitesse et la puissance du bond permet de le plaquer au sol, et je menace son oeil, mais n’arrive pas à porter le coup. La maison, ma belle vie… Tout s’efface.


— La réalité n’en a pas fini avec vous, Billy, annonce-t-il en accentuant le dernier mot, et le complétant d’un rire suffisant.

— Enfoiré !

Je le poignarde enfin, mais le trou s’élargit et il se disperse en cendres. Je craque, et n’arrive pas à retenir des pleurs bruyants. Autour de moi, que du blanc, du vide. Il a tout pris. Tout ce que j’avais construit. Et il l’a remplacé par de la souffrance.

Je me couche sur le côté, enlaçant le couteau à la manière d’un dernier souvenir de cette vie, contre ma robe partiellement brûlée. J’ai l’impression de flotter, comme si j’étais dans l’eau et remontait à la surface. Les images affluent devant mes yeux pourtant fermés, parfois accompagnées de sons et d’odeur. Certaines sont étranges. Beaucoup de répétitions, des millions de fois. Le tout se mélange, sans discernement entre rêve et réalité.

Puis, plus rien.

Et j’ouvre les yeux.



Une pièce, pas trop grande. Trois murs gris, et l’autre est à moitié transparent, avec quelque chose derrière. Je suis enfermé ? Quelle raison ? Prisonnier ? Hopital ? Bête de foire ? Ma respiration s’accélère, mes mouvements se font plus erratiques. Il faut que je sorte. Pas de fenêtre apparente. Réfléchis; Le lit. Lit médical. Des machines avec différentes informations à côté. J’essaie de bouger. Echec. Attaché. Plus fort. Echec, mais le lit bouge.

Regard rapide du seul côté visible. La forme est un fauteuil propulsé, avec quelqu’un a l’intérieur. Il sourit. Il se moque de moi ? Il articule quelque chose que je ne comprends pas. Il se moque de moi, assurément. Je me vengerai plus tard. Sortir, d’abord. Porte en cellule d’énergie. Pas franchissable sans ruse. Comment le faire approcher pour qu’il le désactive ? Mimer colère ? Non, si bête de foire, probablement protocole en place. Réfléchis, vite. Si tu es à la limite de l’hyperventilation, c’est pour être plus efficace, pas pour faire un malaise. Allez.

Dans mon dos, je génère discrètement une queue, qui s’allonge. Je juge la distance entre lui et moi. Cinq, six mètres ? C’est faisable, mais ça risque d’être un peu douloureux. Dès qu’il l’ouvre, je l’étrangle et lui vole la clé. Oui, c’est faisable. Prendre son apparence ? Non, il doit y avoir une raison à ce fauteuil. Manque d’informations. Trop risqué, pour l’instant. Considère tes options.

Peux espérer une intervention d’un allié ? Non, tous des vendus, si je suis là. Même elle ? Non, pas elle. Je ne veux pas. Dois me débrouiller seul, donc. Exploiter failles. Oui.
Vérifier caméras ? Oui. Une dans chaque angle. Ennuyant, mais gérable. Idée ? Non. Idée ? Oui. Allons-y.

J’augmente ma masse musculaire, prépare mon centre de gravité, et force. Douleur aux poignets et lieu d’attache. Mineur comparé à perspective de sortie. Le lit bascule finalement, à l’opposé de l’observateur, et je me dissimule sous la petite couverture qui m’a été fournie. Il va devoir envoyer quelqu’un vérifier. Et là, j’agirai.

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MessagePosté le: 22/05/2018 14:08:34    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Le Gurlanin était bel et bien éveillé, et plutôt en forme vraisemblablement. Steve resta muet et concentré, lorsque l'IA Aldera lui signala une activité potentiellement "métamorphique", dans la cellule de l'agent Billy. Le scientifique voulait voir de quoi était capable ce spécimen, à l'état conscient et en pleine possession de ses moyens. Si les diverses mutations d'Ansikt s'étaient avérées impressionnantes durant son long sommeil, elles demeuraient relativement aléatoires, et donc peu fiables pour en déduire quoi que ce soit. Là, le changeant savait ce qu'il faisait, autant voir jusqu'où il pouvait aller.

Billy semblait vouloir cacher ce qu'il préparait. Son lit bascula en arrière, ne donnant plus la possibilité au Doc' Hawk de l'observer depuis l'extérieur de la cellule. Si le professeur n'était pas paralysé, il aurait sourit face à ce comportement digne d'un adolescent en pleine crise de puberté. Bien que l'âge de Billy demeurait inconnu, il était clair que, du moins psychologiquement (et pour son espèce, probablement), le "garçon" n'avait pas une maturité aboutie. Il n'en restait pas moins un individu malin et fourbe, sans oublier ses capacités hors normes, à aborder avec précautions par conséquent.

"Aldera, contactes le Professeur M'arten, qu'il vienne ici de toute urgence."

Lucy M'arten était un ancien collaborateur du Lieutenant Tericarax, spécialiste du comportement des espèces intelligentes. Ce nom, d'ailleurs, n'était pas étranger à Billy, puisque ce dernier avait déjà rencontré M'arten lors de sa formation en tant que recrue. Le Professeur M'arten était un psychiatre avant tout, et son aide pourrait bien s'avérer de nouveau précieuse ici. En attendant l'arrivée de son collègue, Hawk activa ses droïdes assistants, par le biais de son IA connectée.

Deux sphères flottantes sortirent ainsi du plafond de la cellule, révélant leur cachette incrustée dans les parois. Ces robots étaient conçus pour la chirurgie au départ, leur programmation avait été largement améliorée pour s'adapter aux exigences du DCRS. Utiliser des droïdes pour faire face aux interventions les plus risquées était vraiment une coutume particulière à la CSI, que ce soit pour les sciences comme pour la guerre...

"J'ai demandé à mes petits assistants te détacher Billy. J'aimerais que l'on parle tranquillement, si tu le veux bien. Essayons de comprendre ensemble ce qu'il t'arrive."

Décoda le transmetteur vocal du Professeur Hawk au Gurlanin captif. L'homme essayait tant bien que mal de rassurer le "prisonnier", de la façon la plus honnête possible. Pour le moment, le risque de réaction agressive était trop grand pour se permettre d'éteindre la barrière cinétique. C'est alors qu'un silence pesant commençait à s'installer que la porte du sas, au fond du couloir, s'ouvrit. Lucy M'arten était déjà là, un peu débraillé faute à l'urgence toutefois. Seule sa coupe de cheveux blancs, constamment en pagaille, avait l'air habituelle.

Les deux scientifiques se croisèrent du regard, aucun mot n'était nécessaire pour leur permettre de se comprendre ce soir. Arrivé à côté du fauteuil amélioré du Doc' Hawk, Lucy se tourna directement vers son ancien élève, le visage radieux malgré l'heure tardive.

Professeur Lucy M'arten
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"Je suis content de te revoir, Billy. On va te sortir de là, mais cela sera bien plus rapide si, simplement, tu réponds à mon ami le Professeur Steve Hawk. Je sais, il n'a pas le sourire le plus avenant de la galaxie, mais c'est un esprit brillant, et honnête qui plus est. Tu peux lui faire confiance."

Le formateur des recrues s'était même permis une petite touche d'humour, fidèle à lui-même. Bien qu'il soit spécialiste du comportement inter-espèce, il savait qu'ici seul un climat sain, de confiance, pouvait permettre à la CSI de tirer quelque chose de Billy. Mentir ou essayer de manipuler d'une quelconque façon aboutirait forcément à une mauvaise réaction de la part du métamorphe. Et s'il devenait incontrôlable, alors il ne serait plus d'aucune utilité à la confédération. Voir même, le DCRS pourrait le juger trop dangereux pour être relâché, et se contenterai de l'abattre purement et simplement, offrant ainsi son corps à la science en bout de chaîne.
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MessagePosté le: 23/05/2018 13:02:44    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

La queue augmente de taille. Portée suffisante ? Presque. Risqué de tenter maintenant, peut-être besoin de s’approcher.
Il parle. Je n’arrive pas à discerner les mots. Menace ? Possible. Comment se protéger sans se montrer aux caméras ?

Réfléchis. Réfléchis. Du bruit, au dessus. Coup d’oeil rapide. Des droïdes. Ils s’approchent. Une menace. Panique. Je prépare un bras griffu, pour essayer d’en attraper une, mais elles agissent avant. Je sens la tension sur mes jointures se relâcher. Libéré ? Pour quelle raison ?
J’entends l’individu marmonner. Pas compréhensible. Bourdonnement dans les oreilles. Agaçant. Tant pis, mieux vaut réfléchir.
La cellule est relativement grande, il n’y a pas d’ouverture. Je suis libre de mes mouvements, mais la seule ouverture est bloquée. Il faut ruser. Oui, ruser. Ah, je me répète. Réfléchis.
Je pourrais l’inciter à ouvrir, mais c’est un officiel CSI. Il sera prudent. Foutue CSI, à me mettre en cage. Je pourrais aussi forcer un autre passage, mais je ne sais pas si j’ai la force pour casser le mur en si peu de temps. Ces droïdes qui semblent m’avoir détaché : peuvent-ils aussi m’interrompre ? Trop risqué.

Je secoue la tête. Les bourdonnements commencent à partir. Un autre individu est arrivé. Voix familière ? Un peu. Où ? Pas Blad. Pas Cyborg. Pas Fawchester… Le professeur Ma… Ma ? Peut-être, oui. Possible. CSI veut rentrer dans ma tête. Je ne laisserai pas CSI le faire.

Gargouillement. J’ai faim. Depuis combien de temps je suis là ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Souvenirs diffus. Cato Neimoidia… Laboratoire… Et après, c’est flou… Je suis allé à l’Opéra ? Non, non, c’est un souvenir. J’ai frappé sur un mur, longtemps. A quel point longtemps ? Je ne sais pas. Expérience associée à de la douleur. Beaucoup de douleur.

Souvenir d’une autre vie. Détails flous, mais globalement plaisants. Je vois avec qui. J’ai connu… le bonheur ? Mais… disparu ?
Larme coule sur joue. Sanglot difficile à retenir. Non, faut se calmer. Pas montrer preuve d’instabilité. Pas montrer émotion. Emotions douloureuses. Retenir émotions plus douloureux encore. J’ai mal. Je veux qu’on me laisse tranquille. Je veux qu’on me laisse tranquille.

Doit sortir, d’abord. Peut pas utiliser force brute. Besoin d’informations. Vais devoir récolter des informations. Misère…

Un tentacule s’étend de mon flanc, et serpente contre la hauteur du lit renversé. Il arrive à découvert, et révèle un oeil. Je les vois. Il y a deux vieux hommes. Professeur Ma, et un autre dans un fauteuil. Feignant ? Non. Malade ? Possible. Pas ma priorité.
Je dois récolter des informations. Lesquelles ? Lieu, topographie seraient idéaux. Mais si je ne demande que ça, ils vont se douter de quelque chose. A moins qu’ils ne savent déjà ? Possible. Trop d’inconnues. Autant être prudent.

Un deuxième tentacule rejoint le premier. Une bouche, cette fois. Je ne me montrerai pas. Pas maintenant. Pas encore. Ou pas du tout. Je suis réfugié sous couverture et draps. Mieux que rien.J’affirme ma prise sur le lit si jamais je dois bouger. Et je m’adresse à eux, d’un voix fluctuante.

Où suis-je ? Pourquoi suis je enfermé ?
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MessagePosté le: 24/05/2018 09:38:57    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Sur l'écran intégré au fauteuil du Docteur Hawk, les droïdes médicaux transmettent ce qu'ils voient de l'autre côté du lit. Aldera signala silencieusement une nouvelle activité potentiellement métamorphique dans la cellule. Billy reprenait pleine possession de ses moyens, c'était bon signe pour la suite. Le génie paralysé laissa donc Lucy M'arten poursuivre la conversation, préférant analyser la situation en temps réel avec efficacité pour le moment.

Le tentacule généré par le changeant posa une question aux deux experts des sciences. La situation pouvait paraître cocasse, mais elle ne surprenait pas le Professeur M'arten, qui en avait vu d'autres au cours de sa carrière. Conservant sa voix rassurante et son ton amical, Lucy répondit au Gurlanin :

"J'imagine que tu ne te souviens pas de ce qu'il s'est passé lors de ta précédente mission, vu ta question... Tu en es revenu inconscient, dans les bras de tes équipiers. Nous n'avions pas d'autre choix que de te mettre en quarantaine ici. Au cours de ta convalescence, nous avons analysé ta signature génétique, pour nous assurer que tu ne subissais pas l'action d'un éventuel virus, entre autre. Aujourd'hui, ton état semble s'être stabilisé, tant mieux..."

Le brave homme marqua une pause pour enchaîner sur un ton légèrement plus grave.

"Nous savons que tu es un métamorphe Billy, un changeant si tu préfères. Et bien que tu n'aurais certainement pas dû nous le cacher, nous sommes prêts à oublier ce mensonge de ta part. En échange, nous te demandons seulement d'être coopératif, afin que nous comprenions tes origines et l'étendue de tes capacités spéciales. Aux yeux du Docteur Hawk, tu es un miracle de la nature, pas une bête de foire, et encore moins un sujet de laboratoire. Je tiens à te rassurer également sur ce point."

Les informations envoyées à l'agent Billy étaient claires et percutantes. L'idée était de briser rapidement la carapace du "garçon". La CSI avait besoin de lui, et plus tôt il se rendait disponible, mieux ce serait. Enfin, le fauteuil de Hawk s'approcha de la barrière énergétique, comme pour spécifier au spécimen que c'était à son tour de prendre la parole. La voix informatique du génie séparatiste résonna de nouveau dans la cellule de quarantaine, comme s'il se trouvait partout autour de Billy.

"Tu peux sans doute m'éclairer sur plusieurs choses importantes, Billy. D'où viens-tu? Quelle est ton espèce? Quel est ton but même? Ma vie est dédiée aux métamorphes tels que toi, t'avoir ici est une chance pour nous tous."
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MessagePosté le: 24/05/2018 10:50:38    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Le professeur Ma répond. L’autre ne bouge pas. Endormi ? Mort ? Sur ses gardes ? Prêt à intervenir ? Comment ? Les droïdes sont là, et semblent équipés pour “gérer les situations difficiles”. Il les contrôle à distance, ou alors ils sont autonomes ? Ou alors il appelle du renfort ? Si c’est le cas, mieux vaut être prudent. Ou rapide ? Non, la précipitation ne m’amènera rien.

Inconscient, dans les bras de mes équipiers. Equipiers ? Blad ? Oui. Qui ? Cyborg. Tericarax ? Non. Iroey. Oui. Azel ? Azel.
Me mettre en quarantaine. Je suis considéré dangereux ? Possible. Je n’ai pas été prudent ? Je ne me souviens pas. Pourquoi parle-t-il d’un virus ?

Il continue. Je remarque que j’aurais pu jouer l’innocent, mais j’ai paniqué. Oui, maintenant ils savent. Il va falloir s’en occuper, certainement.
“Billy”. Je n’aime pas ce nom. Laid. Stupide. Enfantin. Il était censé me couvrir, et voilà où j’en suis. Misère…
Il parle. Il utilise des mots. Il veut m’attendrir. Il nous en avait parlé, un peu. Rester vigilant. Collecter des informations. Il n’a pas vraiment répondu à mes questions. Autre méthode. Avec la même voix changeante et incertaine, je reprends :


— Nous sommes sur Géonosis, donc ? Dans une base militaire ? Oui, vous n’auriez pas risqué un hôpital de Toskrew City. Charmante ville, de ce que j’en ai lu. Ou alors vous ne vouliez pas que je sois à proximité de mes coéquipiers ? Ils avaient besoin de soins, n’est-ce pas ?

Détourner la conversation. Ne pas concéder d’informations. C’est grossier, mais je peux espérer glaner quelque chose. Parler, leur donner l’impression que je m’ouvre. Je peux lire leur réaction physique. Eux, normalement, non. Il faut que j’en tire parti.
Je remarque que le fait de renverser le lit a également renversé le matériel médical autour. Je peux jouer dessus.


— Il fait chaud. Vous auriez de l’eau ?
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MessagePosté le: 24/05/2018 12:12:16    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

"Oui, nous sommes sur Géonosis, dans un espace enfoui sous terre, où nous sommes sûrs qu'aucun éventuel problème ne peut en sortir."

Avait reprit Lucy M'arten, signalant de la main à Hawk de ne pas intervenir avant qu'il ai terminé cette discussion. Ce dernier ordonna toutefois aux droïdes médicaux de donner à boire à son patient. Une des sphères virevolta donc en direction de l'extrémité du tentacule déployé par Billy. Le robot sortit un tuyau souple de son ventre et le pointa en direction de l’œil "mal placé" de la créature.

:droïde3: "Faites aaaaah."

Demanda-t-il, de sa voix standard de traducteur automatique obsolète d'Holonet. Le Professeur M'arten poursuivit l'échange verbal pendant ce temps, conscient que l'agent Billy devait être en train de réfléchir à un moyen de s'évader, maintenant que son secret n'en était plus un :

"Tes équipiers sont tous sains et saufs, ils ont plutôt vite récupéré d'après ce que j'en sais. Tu pourras les contacter toi-même directement, une fois que tu auras suivi le protocole de réhabilitation. Et cela passe par : répondre aux questions du Docteur Hawk. Navré si cela te chiffonne, mais il n'y a pas d'autres moyens."

Il était temps de fouiller un peu plus dans la psychologie du métamorphe, histoire de savoir quels étaient ses plans pour la suite. Lucy M'arten reprit donc de plus belle :

"Tu dois bien avoir des projets pour ta vie, discutons-en. Nous pouvons t'aider Billy, et nous le ferons si chacun a son lot de récompenses dans cette affaire. Aides-nous, et nous t'aiderons en retour, c'est aussi simple que ça."

Si Ansikt n'avait jamais eu son destin en main, il allait vite apprendre ce que cela voulait dire.
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MessagePosté le: 24/05/2018 13:06:32    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Géonosis, donc. Prévisible. Que veut-il dire ? Que je ne peux pas sortir seul, ou qu’ils n’auront aucun soutien tant qu’ils n’auront pas fini leur affaire ?
Ont-ils des mesures si jamais ils ne donnent pas de nouvelles ? Tout fermer ? Intervenir après un certain temps ? Envoyer une équipe de secours ? Combien de temps je peux survivre avec deux corps de vieux hommes ?

Non, non. Il doit y avoir des protocoles de sécurité pour éviter une brèche. Je pourrais tenir deux semaines, trois grand maximum. Et c’est sans compter les droïdes qui pourraient intervenir. Non, trop risqué. Et, puisqu’ils savent qu’ils doivent gérer un métamorphe, ils doivent avoir des manoeuvres pour s’assurer qu’ils sont face au “réel” et non face à moi. Misère…

Le droïde s’approche. L’orifice buccal supplémentaire reçoit l’eau, mais je crée une poche en plus pour le stocker, temporairement. Ce liquide ne touchera pas mon organisme avant que je sache s’il est sûr. Ils pourraient y avoir mis des calmants, ou autre chose, non distinguable à l’odeur.

Je profite de la manoeuvre et génère un grand bruit, comme une puissante quinte de toux. Cela est presque douloureux, cela fait longtemps que je ne l’ai pas utilisé. Eux auront l’impression que je m’étouffe, mais en réalité, j’essaie de prendre conscience de mon environnement. Les murs atténuent les ondes, malheureusement, mais j’ai l’impression qu’il n’y a que nous trois à cet étage. D’autres pièces, vides. D’autres cellules ? Possible.

Le professeur Ma insiste. Il veut que je leur divulgue des informations. Saleté. Non, pas gratuitement. Je secoue un peu les appendices, mimant un mouvement désorienté, et reprend :


— Faisons un échange équitable. Je vous permets une question, à vous deux. Puis j’en ai une, et vous me répondez. Honnête, dans les deux sens. Nous arrêtons dès qu’un côté n’a plus d’intérêt à discuter.
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MessagePosté le: 24/05/2018 15:41:58    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

La réaction de Billy fût d'essayer de détourner l'attention. Hawk et M'arten restèrent silencieux suite au bruit étrange produit par le métamorphe. Qu'est-ce que c'était au juste? La créature s'étouffait-elle avec l'eau qu'elle venait "d'ingérer"? Ansikt avait déjà fait semblant d'avoir perdu le don de la parole, au cours de sa précédente mission. Il était donc tout aussi bien capable de faire semblant de tousser, tout en préparant quelque chose... Lorsque le silence fût revenu, le métamorphe proposa un marché particulier aux deux scientifiques.

Steve Hawk fit tourner son fauteuil pour distinguer le visage de son confrère. Il n'était pas sûr de la démarche à suivre, toutefois il plaçait son entière confiance en Lucy. Au pire des cas, si le spécimen venait à représenter un trop gros danger, sa mise à mort restait possible. Les droïdes s’autodétruiraient à l'instant où Hawk le déciderait, au besoin. Et si cela ne suffisait pas, la procédure de stérilisation par désintégration moléculaire viendrait à bout de la créature, sans nulle doute. Malheureusement, cela reviendrait également à faire disparaître tout échantillon exploitable pour Hawk. Une issue non souhaitable pour tous, évidemment.

Lucy soupira et redressa ses lunettes en haut de son nez tout en ne lâchant pas du regard le tentacule-cyclope. Billy jouait là à un jeu culotté, tout aurait pu être bien plus simple.

"Nous acceptons ton marché. Mais dans ce cas, tu as trois réponses de retard. En effet, nous t'avons déjà expliqué où tu te trouvais, pourquoi, et qu'est-ce qui est advenu de tes camarades. Pour te prouver notre bonne foi, nous effaçons volontiers un tiers de cette dette. Néanmoins, c'est à toi de répondre à nos interrogations en premier, maintenant. Je te répète donc les questions du Docteur Hawk : quel est ton monde d'origine, et à quelle espèce appartiens-tu?"

Le vieil homme parlait à présent sur un ton plus neutre, faisant comprendre à Billy qu'il venait de descendre d'un cran dans son estime. Cela était bien sûr calculé, il s'agissait de voir si le métamorphe était sujet à un comportement sociopathe, voir psychopathe. Vu ses dernières réponses, il y avait de quoi s'interroger.
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MessagePosté le: 24/05/2018 18:47:22    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Ils se regardent, s’observent, hésitent. Parfait. Créer de la discorde. Créer de la surprise. Ca permet de prendre l’avantage.
Le professeur Ma soupire, se décide, et regarde de nouveau mon “oeil”. Il semble moins amical qu’avant. J’ai peut-être trop poussé sur la sympathie qu’il pouvait éprouver. Tant pis.

Ils acceptent. Intéressant. Ils exigent d’office deux questions. Moins intéressant. Je pourrais toujours refuser. Mais j’ai besoin d’informations. Et leurs questions ne me mettent pas en danger. Pour l’instant.


— Je ne connais pas mon monde de naissance.

J’hésite. Ils vont croire que je me moque d’eux. C’est un peu le cas, à vrai dire. Allez, ils ont été “gentils”. Jouons le jeu.

— J’ai été acheté lorsque j’avais quatre ou cinq ans comme esclave. Je n’ai jamais voulu apprendre la planète où j’étais détenu, et l’esclavagiste n’a jamais communiqué sa source.

Je prends soin d’omettre le fait que ma mémoire flanche quand on remonte si loin, ou que l’acheteur m’a élevé comme son fils. Ils devront payer ces informations d’une question supplémentaire.

— Je suis un Gurlanin. Une espèce polymorphe. Ils doivent être rares, je n’en ai jamais croisé d’autre dans la nature.

Je joue un peu sur les mots : mon père adoptif en était un, mais je ne le considère pas dans la nature. Mais mon ton est assuré : j’ai appris à mentir. Et ils ne peuvent lire qu’une bouche et un oeil.

A moi de poser une question, maintenant. La première question est la plus importante : c’est celle qui montre là où sont mes centres d’intérêt les plus importants. L’information capitale. Si je le suspecte, alors ils doivent le savoir. Je ne peux pas demander où est la mandalorienne : ils prendraient des mesures, ou essaieraient de m’avoir par les sentiments. Non, ne montrer aucune faille.

Quoi d’autre, quoi d’autre ? Demander un supérieur n’arrangera pas mon cas. Demander de sortir ne fonctionnera pas, ou ils demanderont coopération. Je pourrais essayer de les déstabiliser encore plus, mentionner le “frère adoptif” Derriphan, demander s’il est effectivement “mort” sur Cato Neimoidia, mais ça serait risqué. Ils risquent de comprendre que je n’ai pas été un esclave ordinaire, ou me mettre en confinement. Pire, ils pourraient décider de m’exécuter sur le champ.

Où sont leurs centres d’intérêt ? Sur quoi puis-je m’appuyer ?
Ils veulent discuter et me faire sortir de là, mais pour leur intérêt. Me faire devenir un toutou obéissant ? Me faire devenir un cobaye pour le tétraplégique ? Peu enviable.
Sur quoi appuyer ? L’assis espère gros d’un spécimen aussi rare. Problème : je n’ai pas d’autre Gurlanin à vendre pour sauver ma couenne. Enfin, si, mais il est enterré depuis belle lurette.

Le professeur Ma… Est là comme négociant ? Il voudrait que tout se déroule sans accroc ? Ses objectifs concordent avec ceux de la CSI et de l’autre. Rien de bien explicite à utiliser. Habile. A moins que j’ai loupé un détail important ? Tant pis.

Réfléchis, réfléchis ! Une demande qui pourrait créer une faille… Désactiver la barrière ? Désactiver les caméras ? Ca serait pratique, mais ils n’accepteront jamais. Et, ils sont déjà méfiants. Si jamais je fais semblant d’être déjà parti pour les forcer à envoyer quelqu’un pour vérifier, je parie que la pièce est truffée de capteurs pour s’assurer de ma présence. Ils me considèrent trop dangereux pour me laisser autant de marge.

Ah, j’ai peut-être une idée. C’est risqué, mais ça peut se tenter. Je ne l’ai jamais trop apprécié, après tout.


— Est-ce que je pourrais accéder au contenu des deux datapads du lieutenant Tericarax, récupérés dans le laboratoire ? Je crois me souvenir les avoir confiés au sergent Iroey.

Détourner l’attention, essayer de trouver un vice de forme. Si je me donne plus de valeur que j’en ai réellement, ils pourraient être enclin à me laisser sortir plus facilement. Ou à m’exterminer plus facilement, au choix. Mais je n’ai plus grand chose à perdre, dans l’état.
Certes, il y a une petite coquille dans cette question, mais ça, ils ne le savent pas. Et, si jamais ils acceptent, ça me fera un peu de lecture.

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MessagePosté le: 24/05/2018 21:08:45    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Impossible de déterminer une quelconque réaction selon l'expression morne des tentacules. Cependant, la voix du Gurlanin ne change pas, son ton reste le même, alors que celui de Lucy M'arten, lui, a bien évolué. Soit Billy s'en fiche, soit il n'a pas noté ce changement, dans les deux cas cela pourrait amener à une conclusion délicate de la part des deux scientifiques. Billy accepte de jouer à son propre jeu, il finit par révéler quelque chose d'important même :

"Je suis un Gurlanin. Une espèce polymorphe. Ils doivent être rares, je n’en ai jamais croisé d’autre dans la nature."

Ainsi, l'espèce d'Ansikt avait au moins un nom, révélé au grand jour entre ces murs bien gardés. Chose rare, car beaucoup de métamorphes ignoraient leur propre ethnie originelle. Si ce nom, Gurlanin, avait déjà été ne serait-ce que prononcé quelque part, Hawk allait le découvrir bientôt. Aldera explorait déjà toutes les données disponibles en ce but. Cette recherche risquait de prendre un certain temps toutefois, inutile d'attendre le résultat sans rien faire donc.

L'agent Billy semblait réfléchir à sa question, pendant que Lucy attendait patiemment, silencieux devant la barrière rougeoyante. Il leva les deux sourcils en l'air, au-dessus des verres de ses lunettes, lorsque la requête du changeant parvint à ses oreilles. Était-il sérieux? Et en quoi ces datapads pourraient lui servir en définitive? Les mots d'Ansikt venaient, qui plus est, de trahir un point sur lequel il avait été bon comédien, jusque là : il se souvenait en fait de plusieurs détails relatifs à sa mission périlleuse sur Cato Neimoidia.

Le côté manipulateur de l'agent Billy pouvait le desservir lors de cet échange, à terme. Néanmoins, si la CSI parvenait à le réhabiliter, il pourrait s'avérer excellent au sein des services secrets. M'arten et Hawk savaient que disposer d'un tel individu offrirait un grand pouvoir à la confédération. Ce spécimen ne devait absolument pas leur échapper...

"Ces datapads et leurs contenus sont la propriété de la Confédération des Systèmes Indépendants. Et je ne vois pas ce qu'ils ont en lien avec cette conversation. Nous avions convenu de poser des questions ici, et non d'imposer des exigences maquillées en requêtes les uns aux autres. Sinon, tu ne serais déjà plus caché sous ton matelas, et nous pourrions parler face à face."

Lucy reprit une petite bouffée d'air climatisé avant de poursuivre :

"Le Docteur Hawk et moi ignorons ce que le Lieutenant Tericarax a bien pu retranscrire dans ses journaux, à l'heure actuelle. Les datapads en question font l'objet d'une enquête interne, menée par le Colonel Cinder en personne. Pour faire simple : je voudrais bien pouvoir te fournir ce que tu demandes, mais je n'en ai pas les moyens, navré."

Le Professeur M'arten prit sa mine désolée : bouche pincée, yeux écarquillés. Ce qu'il venait d'expliquer était en effet la stricte vérité, et il espérait que le Gurlanin en soit persuadé. Cinder avait tout perquisitionné, afin de lui permettre de tirer au clair de graves problèmes internes à la CSI. Il n'y avait que lui qui pouvait répondre à l'exigence du métamorphe, dont le sens échappait au comportementaliste d'ailleurs.

"Maintenant, dis-moi quelles sont tes motivations profondes, dans la vie? Que cherches-tu à accomplir exactement au travers de ton existence?"
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MessagePosté le: 24/05/2018 22:05:27    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

Pas de réaction de Ma, mais l’assis s’agite à la mention du nom de l’espèce. Ca doit être du pain béni, pour lui. Le premier n’a réagi qu’à la requête. De la surprise ? De l’agacement, peut-être ? C’en est presque amusant. Mais je piétine un peu. Il ne semble pas décidé à lâcher du terrain. Dommage.

J’écoute sa réponse. Il semble agacé de ma formulation. Après tout, il aurait simplement pu répondre un oui ou un non, ça m’était bien égal. Il a compris que je les voulais maintenant, et pas que je demandais une hypothétique autorisation. Enfin, il aurait compris l’inverse, j’aurais pu exiger l’inverse. Mais son ton semble m’indiquer que le fait que je me dissimule l’agace. Du bon ?

Je suis surpris qu’ils n’aient pas tiqué à la mention de deux datapads. Ils ne savent pas ? Ils savent, mais ont vu le piège ? Rien de bien exploitable de ce côté là, donc. Et il faut que je sois vigilant, si jamais je suis plus à découvert que prévu.
Comme pour réagir aux paroles, les deux tentacules s’agitent, se font face, comme un muet face à un aveugle.

Cinder, Cinder, Cinder … Ah ! Lui ! Je me disais bien que je l’avais lu quelque part. Les deux appendices refont face au professeur Ma Très bien.

A peine récupérés, déjà mis sous confidentialité, donc. Il semble gêné, presque triste. Comédie, oui, certainement. Dans quel but ? Asseoir sa communication verbale ? Jouer sur mes sentiments ?
Il émet sa requête. J’entame ma réponse d’un ton légèrement joueur, avant de reprendre la voix habituelle :

— Voilà deux questions, professeur. Mais, répondons.

Des motivations profondes ? Ce que je cherche à accomplir ? Heh, ça en serait presque drôle. Comment avoir des envies de grandeur quand on vit au jour le jour avec un condensé de Côté Obscur à ses côtés ? Mais ça, ils n’ont pas à le savoir.
La formulation est orientée. Quoi que je réponde, il va me proposer de rejoindre la CSI pour le faire. Après tout, la CSI a des moyens ! De l’envergure ! Du personnel ! Ca m’étonnerait, de sa part, lui qui n’était pas très porté propagande. Mais pourquoi pas.

C’est le moment de réfléchir. Il n’a pas envie que je m’échappe. Je veux m’échappe, ou, à défaut, ne pas perdre cet échange. J’ai besoin de très peu pour m’enfuir, et il le sait : il ne concède que très peu, pour l’instant. Misère..
Nous sommes dans une impasse. Voilà qui est fâcheux. Mais, s’il compte bien faire ce que je prédis, il y a peut-être moyen de négocier les termes, plutôt que de me les voir imposés. Tentons le coup. Marchons dans son “piège”.

Les appendices s’étendent, s’approchent de la barrière.


— Des motivations profondes ? Quelque chose à accomplir. Sauf votre respect, professeur, c’est un luxe que je n’ai jamais possédé. Vous avez déjà été esclave ?

Finalement, ma réponse est plus proche de la réalité que je ne l’aurais souhaité. Tant pis.
L’oeil se plisse, mesquin. Un sourire se dessine sur les lèvres.


— Mais, si vous me posez cette question, c’est que vous allez me proposer d’obtenir ce que je n’ai jamais eu, n’est-ce pas ?

Les deux membres reprennent une expression plus neutre.


— Et bien. Proposez.

Les négociations sont ouvertes.

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MessagePosté le: 24/05/2018 23:18:46    Sujet du message: Chimères et souvenirs Répondre en citant

"Voilà deux questions, professeur. Mais, répondons."

La crevette, ainsi nommé par le soldat Kyone'e, avait l'air amusée de sa réflexion. Soit, Lucy préféra se concentrer sur la véritable réponse du polymorphe. Là encore, la créature sembla réfléchir, prenant le temps de préparer soigneusement ses mots. M'arten (qui avait noté l'usage de la première personne du pluriel, au passage) aurait pensé que, cette fois-ci, Billy aurait déjà en tête une phrase quasi toute faite, mais non. Les vies usurpées par le Gurlanin ne devaient pas être très trépidantes jusqu'ici. Son passé, à vérifier d'ailleurs, d'esclave l'avait peut-être cloisonné dès lors dans une existence de servitude, pleine de routine notamment. Difficile d'imaginer qu'un tel spécimen soit seulement utilisé pour faire le ménage néanmoins.

Visiblement, l'esprit quelque peu tourmenté de l'extra-terrestre était encore vif et capable d'anticiper certaines choses. Lucy sourit lorsque son interlocuteur termina sa phrase par un ordre simple :

"Proposez."

Depuis son recrutement, Billy avait toujours mis en avant son esprit plutôt que sa force. Aujourd'hui encore, c'était celui-ci qui primait avant tout. Pourtant, sa puissance devait être considérable, selon la forme qu'il choisissait de prendre. Ces tentacules même, devaient constituer des adversaires féroces en cas d'affrontement direct. La CSI pourrait en faire un véritable couteau multi-fonction... Restait à savoir maintenant jusqu'où Ansikt était capable d'aller pour le compte de l'organisation.

"Avec tes compétences, tu pourrais servir de grandes causes par delà la galaxie. Tu as d'ailleurs déjà commencé, en accomplissant ta première mission tout récemment. Comme tu l'as compris, la CSI pourrait t'aider à retrouver d'autres individus comme toi, d'autres Gurlanins. Bien sûr, il nous faudrait d'abord tester l'étendue de tes aptitudes sur le terrain avant de nous lancer dans une telle entreprise. Il faut bien que nous ayons un intérêt dans cette affaire, après tout."

Encore une fois, le Professeur M'arten laissa quelques secondes s'écouler avant de parachever sa réplique :

"Si ce projet t'intéresse, ta parole ne suffira pas à nous assurer de ta bonne foi, évidemment. Il y aurait fallu pour cela que tu réagisses autrement à ton réveil... Ta méfiance inhérente et tes envies, plus ou moins dissimulées, d'évasions ne nous permettent pas de prendre le moindre risque. Un traceur sera incorporé à ton corps, et au moins un partenaire te sera assigné, afin de te superviser sur le terrain."

Le Docteur Hawk avait un de ses seuls doigts capable de bouger placé au-dessus d'un bouton. C'était cette manette anodine qui lui permettrait d'envoyer les droïdes médicaux poser l'implant nanométrique, directement sur/dans le métamorphe. Il ne manquait plus que l'aval du patient, vraisemblablement.
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MessagePosté le: 21/07/2018 20:30:06    Sujet du message: Chimères et souvenirs

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