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Grève Générale!

 
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Leto Lazarus
Indépendants

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MessagePosté le: 24/10/2017 18:35:40    Sujet du message: Grève Générale! Répondre en citant

AU COMMENCEMENT




Ses pas résonnèrent dans ce long couloir de marbre. Il marchait vers un puits de lumière qui irriguait le lieu, seul, à écouter l’écho de son cheminement alors qu’une brise effleurait son corps puis son visage. Une fenêtre était-elle ouverte? Qui avait oublié de la fermer…? Parcouru d’un petit frisson, il observait les arcades écarlates et marbrées du plafond soutenu par des colonnes aux airs antiques et dont les fines cannelures de leur fût décuplèrent l’impression de leur grandeur. Soudainement, il se retourna en fixant l’embouchure sombre du couloir, son ombre s’y fondant petit à petit, comme si elle était absorbée. Il lui semblait que quelqu’un ou quelque chose le suivait… Mais effrayé par le silence pesant, il reprit sa marche, à moitié rassuré par le son de ses pas. La brise s’intensifia alors, l’air frai envahissant le couloir infini. En tournant la tête, il aperçût une double porte faiblement entrouverte, gigantesque et massive, mais magnifiquement ornée de dorures en tout genre. La curiosité le guida naturellement vers celle ci: l'entrebâillement de la porte était une invitation à pénétrer les lieux. Le voici à la pousser, investissant la pièce, le regard posé sur toutes les royales décorations qui se laissaient découvrir bien volontiers (elles étaient là pour cela). La salle, carrée et baignée par la lumière que les longues fenêtres cintrées laissaient passer, respirait la richesse et la chaleur, le luxe et le pouvoir. Sculptures d'apparat entre les puits de lumière, canapés et fauteuils en face…. Et tout au bout, en face de lui, quelque chose qui ressemblait à un trône... Il y avait quelqu’un dessus, affalé, inanimé? Il s’agissait d’une femme vêtue d’azur et pourtant, plus on s’approchait, plus le bleu se teintait de pourpre. Ses yeux fixèrent les sillons carmins qui dégoulinaient depuis le cou, jusqu’au sol, salissant cette longue robe céruléenne qui rappelait étrangement ces habits nobles que portait traditionnellement l’aristocratie de Kuat. Le regard de celui qui avait investi les lieux depuis on ne sait quand, examinait son sujet avec attention. Et le dégoût s’empara de lui, le fit reculer d’un pas même, alors que ses yeux s’étaient posés sur l’entaille sèche et nette au niveau du cou. Etait-elle vraiment morte…? Ce visage cadavérique et livide, cette expression faciale figée par la peur, ces yeux écarquillés, exorbitants, cette bouche béante comme si elle pouvait lâcher le plus sinistre des gémissements… Il approcha une main tremblante vers le poignet de la victime, avec une crainte certaine. Et à peine y posa t-il ses doigts que la main du macchabé lui sauta au cou. Puis lentement mais sûrement elle serra, encore et encore tandis que ses yeux vengeurs accablait celui qui avait osé lui frôler la peau. Cette main impie! Ce sang impur ne pouvait toucher la dépouille d’un supérieur. Telle était la hiérarchie. Et Kuat de Kuat ne cessait de le lui répéter, pendant qu’elle étranglait l’ouvrier d’une seule de ses mains en appuyant ses doigts, si fort… si fort…!

Leto se réveilla en sursaut, en sueur, positionné sur les coudes. Il s’empressa, haletant, d’allumer sa lampe murale. Il ne savait toujours pas où il campait, mais se laissa aller sur le dos en reprenant son souffle. Son coeur reprit un rythme normal, petit à petit, pendant qu’il essuyait les grosses gouttes qui avaient perlé sur son front. Et même rassuré, il n’osait pas refermer les paupières, de peur de revoir ce visage à la fois vivant et mort de la matriarche de la planète, qui y régnait en maître et d’une main de fer. D’un déglutissement, il finit par se lever de son lit pour se diriger vers la salle de bain. Rien de tel qu’une bonne douche pour effacer le malaise qui s’était emparé de lui. Leto glissa donc sous un jet d’eau chaude, soupira de plaisir. La vapeur s’échappait lentement mais sûrement de sa cabine; la buée se posait délicatement sur le miroir, le recouvrait tout entier. Il y resta bien 20 minutes, parfois immobile, les yeux clos cette fois imaginant quelque chose de plus agréable, et la tête légèrement en arrière, laissant l’eau ruisseler sur son corps puis s’écouler et tourbillonner vers le caniveau de douche à ses pieds. Il s’y extraya finalement après un long moment, noua une serviette autour de ses hanches, et s’appuya sur le lavabo en lâchant un soupir.


Leto n’avait pas achevé sa nuit, la lumière artificielle commençait à envahir peu à peu son appartement. Il ajusta le col de son uniforme d’ouvrier devant sa glace, histoire de ne pas se faire réprimander une énième fois par le contrôleur chargé de vérifier scrupuleusement les tenues vestimentaires des travailleurs. Cela lui arrivait malheureusement très souvent, et comme à chaque fois, Leto se retenait de lui mettre une raclée, au risque de finir en cellule avec une retenue sur salaire. Bref, Le voilà sorti de son logement, rejoignant la vaste foule qui arpentait les grandes artères de la station spatiale résidentielle.

Le rituel quotidien s’enchainait: file d’attente, badge, transport, file d’attente, badge, prise de poste. Etrangement, chacun se regardait d’un air inquiet sur l’atelier de production. On sentait une certaine tension, une ambiance pesante et lourde. En réalité, c’était le jour J, le commencement du grand mouvement de libération, ce moment fondateur dans le Plan qui allait enclencher le processus révolutionnaire. Chaque comité local - ils étaient désormais plusieurs milliers, plus ou moins grands, issus d’un processus de plus d’une année - connaissait le calendrier, les modalités d’action. Surtout, leur dispatchement sur tout l’anneau était un point fort de l’Alliance Révolutionnaire de Kuat. La décentralisation permettait de ne pas détruire le mouvement en entier, juste certaines de ses unités en cas d’attaques mortelles. Le réseau n’avait pas pris partout évidemment, mais Alya avait fait un travail remarquable: la classe moyenne, moins nombreuse, disposait des postes de gestion, ce qui facilitait le travail d’organisation des comités car en effet, le contact vers un département se faisait plus directement, le camouflage dépendant donc de ces révolutionnaires de la classe moyenne qui masquaient les réunions clandestines comme elles le pouvaient. Certains inspecteurs, une minorité cependant, faisaient parti de l’Alliance et contribuaient au bon fonctionnement du réseau. Bien sur, il y avait des dénonciations, des arrestations, des destructions de petits comités, mais le réseau était stable, justement grâce à la décentralisation opérée et aux précautions prises par le Comité central révolutionnaire.

Le discours d’appel à la grève de Leto, prononcé quelques mois auparavant, était passé au sein de la station spatiale résidentielle il y avait maintenant une paire de jours et fut entendu de tous, fit germer la graine de la résistance dans l’esprit des opprimés. Avec un complice du réseau de transmission, un groupe d’un des comités de Maw avait scénarisé l’invasion du centre de contrôle des annonces, et avait ainsi pu proposer à l’auditoire les mots du leader révolutionnaire, l’appel à la grève. Désormais, ils n’attendaient plus que le signal…


- Leto…

Le jeune homme, debout devant son établi, se tourna vers un de ses collègues.

- Nous sommes prêts.

Leto acquiesça. Il posa ses outils puis s’éloigna de son poste. Quelques ouvriers lui emboîtèrent le pas, et au fur et à mesure que la petite bande arpentait les couloirs du vaste atelier d’usinage, tous les ouvriers s’ajoutèrent à la foule, puis à la masse. Les postes de travail se vidèrent, et cette petite partie du Chantier de Deponn suivit le leader révolutionnaire.

- Eteignons toutes les lignes, production zéro.

Des dizaines d’ouvriers se ruèrent sur le contrôle des lignes. Les inspecteurs étaient là, mais beaucoup trop perturbés, immobiles et un peu paniqués face au flot de travailleurs qui s’approchaient des postes de contrôle.

- Il faut que les autres prennent d’assaut les postes de surveillance à l’étage.

Spontanément, plusieurs dizaines d’ouvriers se déversèrent vers la sortie de l’atelier, prêts à en découdre.

- Prenez les en otage! Désactivez les transmissions, proposez leur de coopérer… S’ils résistent… Neutralisez-les.

Leto fut traversé d’une pensée fulgurante… Il ne pouvait plus faire marche arrière, ça y est! La Grève Générale allait débuter, et elle allait être le point de départ d’une nouvelle ère.

- Prévenez les gars du chantier, fit il à la foule, et si les inspecteurs tentent quoi que ce soit, j’ai bien dit quoi que ce soit, mettez-les hors d’état de nuire. Quant à vous, venez avec moi, on va rejoindre Alya à la direction du département.

Leto et un groupe de proches se dirigèrent vers l’aire réservée aux classes moyennes, celle de la gestion du département où lui et ses collègues travaillaient. Alya n’avait que peu de complices, mais cela avait apparemment été suffisant pour mettre le bazar. Le groupe investît alors les bureaux, se chargea de contrôler la faible population de moyennants. La directrice postée dans son bureau n’attendait plus que lui.

- Leto, fit-elle un peu essoufflée, j’ai transmis le signal aux autres départements, ils ont commencé à se mettre en grève, ça se propagera lentement, mais surement.
- Parfait, il faut que les usines, les deux autres chantiers nous suivent, ceux dans les entrepôts aussi, on doit paralyser l’économie de l’anneau.
- N’oublie pas d’envoyer des hommes contrôler le système de survie… Les aristocrates sont capables de tout…

Leto se tourna vers un de ses complices.

- Charge toi de trouver des hommes.

Il acquiesça et s’y affaira sur le champ. Le jeune homme se posta devant la vitre qui donnait sur le vaste hangar de travail. En contrebas, certains inspecteurs tentaient de se battre, de résister; une partie se laissa faire, une autre accompagnait le mouvement. Bientôt, la construction allait être interrompue et les ouvriers se laissèrent entraîner dans le mouvement, celui de la grève, celui de la résistance à l’oppresseur.

- Nous avons rompu le lien de la servitude, lâcha Leto faiblement en scrutant un inspecteur à genoux, les mains liées dans le dos, il faut maintenant que la désobéissance se propage…


***



Castiel n’avait qu’une envie: en découdre ! Son armée industrielle d’exclus réservistes, qui d’ordinaire ne servaient que de distraction aux ouvriers en manque de défouloirs, marchait en direction du sud. Le regard sombre, une attitude violente… Les Exclus allaient sans doute être moins tendres que les ouvriers. Leto avait conscience de cela, mais il ne pouvait l’empêcher. La colère contenue depuis des millénaires allaient faire des ravages; elle allait se déverser sur les oppresseurs et gare à celui qui s’opposera à la révolution. La mission ici était de libérer l’usine où Leto avait travaillé suite à la mort d’exclus survenue à cause d’un grave accident industriel. Des centaines d’exclus se précipitaient vers le lieu… Qu’avaient ils à perdre? Voulaient-il vraiment vivre dans l’humiliation permanente, comme des nantis, des sans-droit!? Les Exclus de Kuat étaient animés par l’énergie du désespoir, celle de la mort, sans aucun doute plus douce que les sévices quasi quotidiens qu’ils subissaient. Le regard de Castiel était effrayant, il respirait la vengeance. Peu importe la justice, c’était la revanche d’une classe qui s’exprimait. A défaut de réduire en pièce les aristocrates, c’est ceux qui se mettront sur leur chemin qui subiront ce triste sort.

La compagnie pénétra sans préavis dans le hall de l’usine. Les inspecteurs de l’accueil sursautèrent, reculèrent sur leur chaise et finirent pas se lever brusquement.


- Que… Qu’est ce que vous faites, vous n’avez pas le droit…!
- Nous venons les aider à faire grève… répondit Castiel le regard dur.
- Les aider à quoi…? Voyons…

Castiel fit un signe à ses camarades. Ceux-ci s’avancèrent vers les bureaux, menaçants.

- Attendez…! Je vous ouvre… Je vous ouvre!
- Daignez ne serait-ce que prévenir un de vos directeurs et vous êtes mort… C’est compris?
- O… Oui…

Les portes de l’usine s'ouvrirent et la plus grosse partie des exclus s’infiltra sur les lignes de production infinies tandis qu’une autre se contenta de tenir le hall. Une dernière s’était également dirigée vers la gestion du système de survie, histoire d’éviter le massacre.

- GREVE GENERALE! lâcha violemment Castiel une fois à l’intérieur de l’usine.

Les travailleurs esclaves se tournèrent vers lui, surpris. Certains lâchèrent immédiatement leurs outils, quittèrent leur poste, d’autres furent un peu plus interdit. Leto leur avait promis la délivrance, elle était venue des leurs. La rumeur de la libération se propagea, et chacun s’affaira à désactiver toutes les lignes de production. L’usine était désormais à l’arrêt.


***


Cela prit des heures… Un message sonore en provenance du Chantier Naval de Maw parvînt à l’administration centrale de l’anneau orbital. La voix était masquée, mais menaçante.

Nous, Exclus, Ouvriers, et Moyennants, déclarons la grève générale sur l’ensemble de l’Anneau Orbital de Kuat. Chantiers, usines, ateliers, dépôts, cales sèches, transports et quartiers de sécurité sont appelés à cesser toute activité, toute production, toute construction mécanique, toute gestion administrative. Des milliers de sections sont déjà actuellement à l’arrêt et nous comptons propager le mouvement partout, jusqu’à ce que nos revendications se voient satisfaites.

Les voici: la fin immédiate de l’ordre des castes et des privilèges de l’aristocratie, le droit à chacun d’accéder à une école pluraliste et générale, le droit d’exercer la profession de son choix, la liberté de circuler sur le sol planétaire, entre le sol et l’anneau, le droit d’y vivre, l’abolition de l’esclavage, la libre association syndicale, la nationalisation des chantiers navals, le droit à une expression libre et la distribution solidaire des profits monopolisés par votre seule caste. En somme, l’égalité des droits et l’égalité politique de chacun et chacune combiné à l’instauration d’un régime démocratique et pluraliste.

Vous pourrez toujours nous torturer, nous martyriser, nous humilier ou nous tuer. Vous ne savez faire que ça, mais sachez que ceci ne nous renforcera que plus.

Nous vous laissons le choix: celui d’accepter nos revendications dans les délais les plus brefs, ou celui de laisser s’embraser une révolution d’une ampleur jusque là jamais connue.

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MessagePosté le: 24/10/2017 18:35:40    Sujet du message: Publicité

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Anastasia de Valiesky
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Inscrit le: 28 Déc 2016
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MessagePosté le: 04/11/2017 18:17:00    Sujet du message: Grève Générale! Répondre en citant

PnJ joué avec l'accord du staff et sans rapport avec Anastasia, Alderaan ou qui que se soit d'autres. Je m'excuse par avance Leto pour ce post assez mauvais... toutefois il te permettra de rebondir pour la suite (enfin j'espère).


"Ah! la faim! la faim! ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait les révolutions; elle en fera bien d'autres"G.Flaubert



Victoria Helena Kuat

Dans un large couloir assez sombre, éclairé uniquement par des holo-images de femmes vêtues d’élégantes toges, un homme avancé promptement, d’un pas rapide et vif. Inquiet, il l’était. Il avait l’impression que chacune des têtes dans cet interminable corridor le suivaient du regard. Puis enfin, la lumière apparaisait. Deux gardes présents devant cette porte béante autorisaient l’homme à pénétrer dans le lumineux eden. Là, devant lui, deux larges tables où se trouvaient de part et d’autre cinq individus. Plus loin, sur un large siège, une jeune demoiselle qui avait certainement moins de la trentaine semblait jouer le point de symétrie entre les deux rangées d’hommes et de femmes. Dans ce décor sobre, la robe rouge écarlate que portait la Kuat de Kuat était tout sauf un hasard. Le nouvel entrant s’agenouilla devant les dix représentants des dix maisons de noblesse et la déesse de Kuat.

L’ambiance était électrique et chacun se regardait avec méfiance. Personne n’osait s’affronter du regard. Certains parvenaient à masquer parfaitement leurs anxiétés tandis que d’autres trépignaient sur leurs confortables dossiers. Seule la reine mère affichait un léger sourire, carnassier. Elle semblait presque d’une humeur jouasse.Comme si tout ce qui se passait n’était rien. Un banal incident technique qui serait réparé en quelques secondes. Du moins c’est ce que certains pensaient. Ils remettaient cette insouciance sur sa jeunesse. Pourtant, ceux qui la connaissaient ou qui était assez pragmatique savaient qu’il n’en était rien. Que derrière cette façade faussement guillerette et jouvencelle se trouvait un véritable démon aux traits fins et envoûtants. D’une douce voix, elle brisa le silence:


- Votre rapport nous vous prions Sergent Ftizardler. Et relevez vous.

Elle trouvait encore le moyen de jouer. S’il avait osé prendre la parole, ou une quelconque autre personne, avant elle, il aurait tout perdu.

- Nous avons réussi à mater les mouvements contestataires dans le chantier d'Andrim ainsi que dans la plupart des secteurs de l’anneau votre glorieuse souveraine.Il ne s’agit désormais plus que de légères escarmouches à mater. La situation dans chantier de Maw n’a que peu évolué et les affrontements ils sont violent. Néanmoins nos adversaires sont pris en tenaille et…

- Et quoi? tonna la Kuat de Kuat vous allez nous annoncer que le chantier de Deponn et les ateliers autours sont totalement hors de contrôle? Notre suprême personne sommes déjà au fait avec ces évènements. Une perte de temps. Déguerpissez!

-Oui….

-Tout de suite!
dit-elle avant de reprendre un faux sourire. Elle se tourna vers les autres représentants et les balaya d’un lourd regard. Cette séance est close. Vous et nous dans l’après midi.

Un à un, ils quittèrent la pièce. Une grève générale sur Kuat… cette bonne farce pensait la divine noble de ce monde. Trois ans à peine qu’elle tenait les rênes de Kuat Drive Yards et voilà que la plèbe menaçait ses actions. Ces tocards mériteraient de tous crever. Ohh qu’elle jouissance ce fut pour cette grâce de voir la dépressurisation avoir raison des révoltés du chantier naval. Ou ceux qui étaient partis pour un voyage sans ticket retour dans le vide absolu. Cela l’avait émue. Et puis elle repense à ses hommes et femmes empoisonnés, asphyxiés… Ah quel affreux délice.

Le travail avait repris dans les zones contrôlées et des droids avaient été mis à contribution. Cela ne compenserait pas le déficite de la journée et ne chasserait pas le terreau que ce gueux avaient laissé. Toutefois deux chantiers étaient toujours sous occupation anarchiste, bien que pour l’un se ne soit plus qu’une simple question de temps. La prise de contrôle informatique des insurgés empêchait l’activation des sanglants pièges depuis le centre névralgique de commandement. Il fallait donc balayer toutes les immondices pour activer manuellement ces attrapes prolétaires ce qui était désormais hors d'atteinte.

De plus, cela ne suffirait pas à nettoyer le terraux que ces gougnafiers avaient laissé dans leurs sillons. Certainement, de hautes personnes les avaient aidé. Impossible qu’un tel réseau soit passé inaperçu. Des nobles avaient délibérément caché des informations… et c’est bien pour cela qu’elle était encore en vie et que le conseil ne l’avait pas éjecté...Tout simplement car leurs fomentations s'étaient retournées contre eux. Quelle sublime ironie. L’abolition des classes, voilà qui avaient en avait effrayé plus d’un. Le pathétique leader de cette insurrection avait commis une erreur si flagrante. Certainement était-ce un utopiste convaincu. L’un de ces idiots placé à gauche défendant les valeurs universelles. Rien que d’y penser cela lui donnait envie de vomir. Cependant, les revendications de ce mouvement avaient permis de rallier en apparence les nobles à sa cause. Certains allaient sortir leurs épingles du jeu et tentaient de la faire tomber, mais d’autres viendraient à sa rescousse, ainsi était le jeu des alliances.

Le choc de ces talons résonnaient dans les couloirs, accompagné de ces deux gardes du corps, elle rejoignit son bureau où plusieurs conseillers l’attendaient. Des débriefings encore et encore. Elle ordonnait, ils faisaient. Et puis, de toute manière, elle passait uniquement pour donner des ordres puisqu’ils n’allaient pas rester longtemps ici. Après tout, son intervention médiatique allait bientôt avoir lieux. Ses sujets sortaient de son bureau. Cette situation serait réglée dans la journée. Corrompre les médisants étaient d’une telle facilité… bientôt, des légions de miséreux traitres se trouveraient dans les rangs des insurgés en plus de certains agents. Un peu de crédits, la promesse d’une ascension, les menaces sur la famille… tant de choses... Et puis une fois la tête de cette horreur coupée, le mouvement s'essoufflerait de lui même. Mais le chienlit resterait. Il fallait agir et couper le membre gangrené quitte à faire quelque chose de proprement impensable. Certainement recevrait-elle les foudres de certains et cela conduirait à une perte d’argent sur environ 6 mois. Toutefois, il fallait renverser l’opinion publique pour s’assurer d’une légitimité. Tandis qu’elle allât peaufiner quelques détails de son faciès dans un endroit plus à l’abri des regards, elle tressaillit en voyant la personne derrière.


- Diana… narrait-elle en se saupoudrant le visage pour éviter que de sales mains caresse son angélique visage. Tu as reçus tes ordres de missions non? Que fais-tu encore ici.

- Rien. Je souhaitais juste observer votre faciès.


- Bien maintenant que c’est fait tu vas pouvoir y aller!

- Oui madame répondit la servante d’un ton sec.

Qu’elle aille crever cette chienne si elle n’était pas aussi utile songea la Kuat of Kuat. Si seulement ces insurgés pouvaient avoir raison d’elle sera lui ferait une belle épine dans le pieden moins. Cependant, il faut avouer qu’elle était douée dans ce qu’elle faisait cette garce. Et s’il y avait une personne qui trouverait le leader de ce foutu mouvement c’était elle.

Une fois les retouches faites, elle allât s’installer derrière son bureau où les équipes de tournages avaient déjà pris position. Normalement une personne de son statut ne s’abaisserait jamais à donner un direct comme celui-ci, toutefois, elle voulait prendre le rancor par les dents et comptait bien laisser pantois le monde. Après tout, c’était elle qui avait empêché l’Empire Sith d’annexer Kuat et qui avait à l’aide d’important fond d’appuyer la chute de l’Omega, un orgueilleux personnage. Le voyant de la caméra passa au rouge.

-Peuple de Kuat, aujourd’hui notre société connaît une grave crise provoquée par des mouvements extrémistes sur l’anneau orbital. Nous, Souveraine ce monde, ne pouvons tolérer de telles violences. Les gourous de ce mouvement sectaire ont abusé des faiblesses des plus démunis de notre monde pour tenter de le plonger dans le chaos et l’anarchie. Au nom de fallacieuses valeurs, ils ont perpétré des massacres de masses et ont temporairement paralysé l’économie de notre planète. Si nous avons repris le contrôle de la situation dans sa globalité, certaines zones restes des foyers de résistances. Il est hors de question de donner raison à ces tueurs et d’accepter ou négocier leurs propositions. Néanmoins, nous, Kuat de Kuat avons pris conscience de ce que les ouvriers et les exclus avaient besoin. Nous vous avons compris. Toutes les personnes qui quitteront dès à présent les rangs des insurgés ne seront pas le fruit de poursuite judiciaire et ne perdront pas leur journée de salaire. De plus des réformes dont nous sommes les garantes seront mises en place afin de rehausser le niveau de vie des travailleurs de l’anneau orbital. A savoir, hausse de salaires, réformes de l’accès à l’éducation ainsi qu’abolition du statut social d’exclu. Néanmoins, ces réformes ne seront possibles sans vous. Ce n’est qu’en travaillant tous ensemble mains dans la mains que nous parviendrons à perpétuer l’évolution d’un progrès social qui a longtemps fait défaut à notre monde.


Elle fit un signe discret pour la diffusion soit arrêtée. Son discours, il était en partie fadaise. Divisé l’ennemi voilà. Le statut d’exclu supprimé? oui pour créer le statut des techniciens ou encore autre chose. La hausse des salaires? une inflation l'accompagnerait sous peu. L’accès à l’éducation? Un moyen d’endoctriner ces jeunes gens plein de fougue. Disséminer le doute dans les rangs ennemis voilà ce qu’il fallait faire. Et ce n’était là que le départ. En appelant à la volonté populaire, elle avait fait appel à la classe moyenne pour se positionner de son côté. Cela marcherait-il? Peut être. Un document signé par ses soins seraient transmis, dans la journée, à la presse indiquant précisément le fond de ces réformes. Désormais la balle était dans le camp ennemi. Cela lui ferait gagner un peu de temps pour l’application de ces plans prochains. D’autant plus que si le problème “populace” était partiellement réglé, il restait celui de la noblesse et des complots. Car là se trouvait véritablement ce qui l’inquiétait. Ce qui était peut être une erreur....


---------------------------


Dès son discours terminé, les forces de l'ordre autours du chantier de Deponn prirent les dispositions nécessaires pour laisser une chance aux insurgés de se rendre. Toutefois ce traitement n'allait pas être appliqué partout. Les révoltés de Maw n'allaient pas avoir cette chance. Hors de questions pour les forces de l'ordre de reculer sur le terrain qu'ils avaient gagné. Les armes paralysantes, aussi bien électrique que tirant des fléchettes contenant des tranquillisants, étaient certainement les armes les plus usitées. Après tout, il ne fallait pas trop abimer la main d'oeuvre. Cependant, les coups de bâtons en duracier, les droids de maintien de l'ordre, les véhicules lourds, les bombes et grenades ainsi que les doses létales de certaines substances provoquer leurs lots de dégâts collatéraux. Les zones aériennes avaient été rapidement reprise par les forces de sécurités annihilant tout espoir pour les insurgés de tenter de prendre le contrôle des espaces aériens. Puis... ils n'avaient pas le luxe de se payer des formations de pilotes...

Les parasites hors des zones de combats principales étaient renvoyés au travail sous bonne garde. On leur promettait la garantie d'améliorations de vie par une augmentation de salaire miséreuses. Ceux qui refusaient étaient sédatés et envoyés dans des hôpitaux... s'ils n'étaient pas tué. Quoique cela eut été un luxe d'une certaine manière. Dans certains hôpitaux, les personnes étaient gazées, dans d'autres on allait les mettre au travail jusque mort s'ensuive. De large messages de propagandes commençaient à être diffusés. Le discours de la Victoria Helena Kuat était passé en boucle...

Une guerre d'extermination venait de débuter.... et un seul camp survivrait...

_________________________
Demeure un arbre, un seul, et une prairie qu'encore je puis contempler, tous deux rappelle ce que cache le linceul et l'oeillet à mes pieds. Ce même conte ne cesse de répéter. Où donc a fuit la lumière trop brève, où sont-ils enfouies?



... La gloire et le rêve...


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Leto Lazarus
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MessagePosté le: 05/12/2017 02:23:31    Sujet du message: Grève Générale! Répondre en citant

ENTROPIE CROISSANTE (1)


« ∆S(total) = S(créé) = ∆S(système) + ∆S(milieu extérieur) ≥ 0 » - Rudolf Clausius


« Citoyen. Voilà que la grève devient une menace. Revendique tes droits et tu n’es plus qu’un meurtrier. Arrête le travail et retourne y de force sous la menace d’une arme. Ce monde est un cauchemar... il nous pousse à la révolte, il est évident que nous ne pouvons plus nous accorder d’un tel ordre. Je me pose même la question de savoir comment le pouvoir politique peut être autant concentré entre une simple paire de mains… Posez-vous la, cette question. Puis demandez-vous si cela est juste. Cette grève nous conduit finalement à repenser nos modes de gouvernement, à penser au partage du pouvoir et surtout, elle nous pousse à arracher notre liberté à ceux qui nous la confisquent. Ne vaut-elle pas le coup ?

Sais-tu citoyen, ce que le pouvoir fait subir à nos frères? Il les fait travailler jusqu’à la mort, les assassinent d’épuisement, les élimine discrètement sans que cela soit évidemment visible par le plus grand nombre. Mais sois-en sûrs, il y aura toujours quelqu’un pour dénoncer ces méthodes. Aliénés par le travail, nous n’en avons pas perdu notre humanité. Nous avons conscience que nos frères ne sont pas des bêtes. Nous savons qu’ils ne sont pas des machines, mais des êtres pensants, des gens sensibles. Chacun d’entre nous peut distinguer ce qui est bien de ce qui est mal. Où est le bien dans les exactions masquées sur Andrim et sur Maw ? Sais-tu qu’ils nous électrisent ? qu’ils nous tuent ? qu’ils nous éliminent prudemment pour mater une hypothétique révolte ?

La grève n’est pourtant ni un projet terroriste ni un mouvement violent, c’est un moyen de pression nécessaire pour appuyer les revendications de ceux d’en bas. Elles sont saines, nos valeurs ne sont pas fallacieuses. C’est certain, elles ne leur profitent pas à eux, les planqués de la surface. Elles concernent au contraire l’immense majorité des individus. Ce sont des mesures de bon sens alors que notre travail lui n’en en plus aucun. Et l’oppression n’a guère plus d’effet… Alors oui, l’ère de la domination totalitaire de l’aristocratie de cette planète doit arriver à son terme. Notre grève revendicatrice est à la base pacifique, mais le spectre de la mort et l’esclavage intensif en réponse signent l’arrêt de mort du système actuel. Le sacrifice des victimes de l’État terroriste ne doit pas être vain.

Citoyen ! Nous ne réclamons pas des miettes de la part du pouvoir, c’est pourtant ce qu’il nous a donné L’intention derrière le discours creux de la Kuat de Kuat est celle de la division. La justice, la liberté, l’égalité… Nous les appelons de nos vœux. Soyons unis derrière elles. Il est triste qu’aujourd’hui nous en sommes à ce que quelques uns nous refusent et monopolisent ces valeurs si fondamentales. Pour autant, nous ne resterons pas là les bras croisés à laisser les gens mourir dans notre dos. Les oppresseurs n’ont aucun courage, ce sont des lâches, ils sont le cancer de la civilisation. Leurs privilèges doivent être éradiqués. Notre lutte… nous la mènerons jusqu’au bout ! Nous nous battrons s’ils le faut et j’y verserai mon sang si cela est nécessaire, pour que notre cause triomphe.

Cette cause, c’est la conquête de ces vertus. C’est l’abolition de cet ordre immonde viscéralement totalitaire. Il s’agit de retrouver notre souveraineté populaire, d’instaurer un Etat de droit, démocratique, où le peuple exerce un véritable pouvoir politique. Il s’agit d’abolir la domination de caste et sa violence. Finissons-en avec la supériorité castiale légale ! Elle n’a plus sa place dans le monde que nous voulons libre, juste et démocratique. Nous ne demandons pas l’égalité radicale, il existe sans doute des inégalités légitimes. Mais l’ordre de l’actuelle Kuat réside dans la fatalité, dans la prison collective. C’est l’ordre de l’aliénation, de la légitimité du sang et de la naissance dans la hiérarchie fondée sur la pureté et sur la richesse. Un riche a-t-il la légitimité de posséder d’avantage de droits qu’un pauvre ? Le fils ou la fille d’un ouvrier ou d’un moyennant peut-il se contenter d’avoir moins de droits que le noble d’au-dessus ? Un homme ou une femme ne peut se voir privé de ses droits parce que né d’intouchables ! Le monopole des privilèges basé sur ce modèle n’a plus de sens ! Il doit impérativement être détruit, car nul ne peut se prévaloir d’une autorité politique et sociale sur autrui de par le seul fait d’être né.

Vois-tu, la brutalité est la réponse du pouvoir à nos revendications. Le terrorisme légalisé, la répression d’État… Des méthodes d’un autre temps. Nous ne laisserons pas la noblesse terroriste et leur monarque absolu nous faire ployer le genou. Nous ne nous soumettrons plus devant ceux qui n’ont jamais rien donné pour leur planète, qui n’ont fait au contraire que spolier, monopoliser et accumuler sans limite depuis des temps immémoriaux la richesse que commerçants de la classe moyenne, ouvriers et exclus ont produite.

Détruisons ce système, et nous voilà sur les pas de la justice. Abolissons cet ordre archaïque, et nous voici sur le chemin de la liberté et de l’égalité.

Pour cela, nous devrons nous employer à obtenir les moyens de se défendre légitimement face à ceux qui souhaitent briser notre élan démocratique et populaire. Aujourd’hui, ceux d’en haut ne nous laissent plus le choix. Alors nous allons nous battre. Et je dis à ceux qui profitent des délices de leur luxe que nous vous renverserons. Vous avez voulu étouffer le chaos par la violence ? Vous n’allez récolter que la guerre. Vous vous engagez sur une voie qui n’a pour autre conséquence que la confrontation armée. Nous avons subi vingt-mille ans de votre justice abjecte, vous allez désormais subir la notre. Tenez-vous prêts… Écoutez nantis, entendez-vous… ? L’heure de la révolution a sonné ! Ceci est le son du glas. Il annonce la fin de votre domination sans partage. »


Discours de Leto Lazarus prononcé anonymement sur le réseau d’alerte sécurité des chantiers sud.






Le deuxième principe de la thermodynamique énonce l’irréversibilité des phénomènes physiques. Il introduit une fonction d’état, l’entropie, généralement assimilée au désordre qui ne peut que croître au cours d’une transformation réelle. De ce fait, toute transformation d’un système s’effectue avec une croissance de l’entropie, donc du désordre. Politiquement, le second principe se vérifiait sur Kuat alors que se fomentait une révolte paradoxalement assez douce… jusqu’à ce que les ouvriers et les exclus de Deponn se ruent sur le quartier général de sécurité de la zone. Cette transformation réelle du système en question ne pouvait donc que créer du désordre, et c’était d’ailleurs un argument usité par les adversaires de la révolution. Dans la mesure où il s’agissait d’une loi naturelle, la valeur de l’argument lui-même ne pouvait être réduit qu’à néant.

La grève était donc sur la voie de l’irréversibilité énoncée dans la seconde loi. Un tel système créateur d’entropie pouvait s’avérer insoutenable à long terme, d’autant plus si elle ne cessait de croître. Il ne fallait plus parler de grève dans ce cas là mais de révolte, puis de révolution. A vrai dire, les conditions du système {anneau orbital} étaient telles que sa réaction vis à vis du milieu extérieur {Kuat}, hiérarchisé, cloisonné, ne pouvait être que rapidement créatrice de désordre. La caractéristique du système étudié était la suivante : au regard de l’état, des spécificités du milieu extérieur {Kuat} et du fait de sa réaction sur le système {anneau oribital}, ce dernier ne pouvait que maximiser son entropie, passant brutalement de la grève à la révolution sans passer par les négociations.

Voyons donc cela de façon plus empirique :

Depuis maintenant quelques jours, Leto et son entourage ne survivaient qu’avec des doses colossales de caféine. Un sourire crispé figeait son visage cerné et son pied battait frénétiquement le sol dans un silence relatif, parfois recouvert d’un bruit de fond qui traduisait l’agitation ambiante. A vrai dire, la situation sur Deponn tournait à l’avantage des grévistes. Ils n’avaient pour l’instant pas d’armes, mais ils savaient user de leur ingéniosité. Pourtant, les Aristocrates reprenaient peu à peu la main sur le territoire du chantier d’Andrim. Localement, les nouvelles n’étaient pas excellentes malgré quelques cellules résistantes ci et là qui n’attendaient maintenant que de se réveiller de nouveau. Le travail avait repris, oui, mais par la contrainte et par la force… La situation était précaire, tendue… Alors certes, la zone de Leto demeurait encore aux mains des grévistes, mais pour combien de temps ? La Noblesse tenait quant à elle les ouvriers sur la moitié de Maw, sur la quasi totalité d’Andrim, mais leur temps était également compté.




Aïdan Argentum, Ouvrier du Chantier du Maw et leader du Comité Révolutionnaire local



Sur Maw, un révolutionnaire de la première heure dirigeait le comité central du Chantier. Sa mission était avant toute autre chose de chasser toute présence des forces de sécurité, et cela avec les moyens du bord. Les ateliers de constructions disposaient de bien d’outils qui pouvaient s’avérer utile, et Aïdan Argentum n’allait plus hésiter à les employer contre l’ennemi. A vrai dire, les aristocrates semblaient totalement ignorer qu’un Chantier naval sur Kuat pouvait abriter des substances extraordinairement dangereuses, comme des blocs d’hypermatière par exemple… L’évocation de l’utilisation d’armes de ce genre arracha au révolutionnaire d’Andrim un sourire au coin des lèvres ainsi qu’un regard qui reflétait sa part de brutalité intérieure… Balancer des blocs d’hypermatière instable sur l’ennemi et les faire exploser pouvait réussir à trouer l’enveloppe externe de l’Anneau. Ce n’était pas un moyen à prendre à la légère, il pouvait s’avérer catastrophique, pour un camp comme pour l’autre.

- Une transmission pour vous Aïdan.

Un homme s’était approché de lui, tendant de la main droite un comlink pucé en lien avec le comité central global sur Deponn. Les ouvriers qui s’occupaient des structures informatiques de destroyers ou de croiseurs étaient parvenus à pirater l’appareil pour créer une ligne cryptée et sécurisée avec l’entourage de Leto qui constituait le coeur de l’initiative révolutionnaire. L’ouvrier de Maw savait donc généralement à qui il avait affaire lorsqu’on lui tendait le comlink… peut être même que de l’autre côté c’était…

- Je la prends.

Aïdan s’empara de l’appareil d’un geste vif. Bizarrement, à chaque fois qu’il s’adressait à ceux qui avaient préparé la révolution, son rythme cardiaque ne pouvait s’empêcher de s’accélérer tandis que son souffle se faisait toujours plus court.

- J’écoute.

De l’autre côté de la ligne, une voix grave et sans nul doute modifiée répondait à l’appel.

- Nous savons la situation sur Maw tendue. Quelles sont les nouvelles ?
- Nous perdons du terrain… A vrai dire, nous disposons d’outils mais on est toujours moins équipés que la sécurité de Kuat, vous imaginez bien. Aïdan se demandait bien à qui il s’adressait sur l’instant. Une voix modifiée, une personne qui souhaite se cacher, donc se protéger des forces gouvernementales... Pendant qu’il parlait, il ne pouvait s’empêcher de se construire une image de son interlocuteur tandis que le jeune homme lui ayant auparavant tendu le comlink l’observait les bras croisés. En ce moment, là où je suis nous nous sommes barricadés dans un des grands hangars de Maw, les entrées sont bloquées et les sorties de secours sont en notre possession. Si jamais, nous avons des positions de repli.
- Bien, répondit la voix, l’essentiel reste que votre territoire ne doit pas être coupé en deux. Si jamais Kuat parvient à isoler les révolutionnaires à l’ouest, des forces venant d’Andrim pourraient les encercler et tous les éliminer.

Ce scénario était inacceptable ! Au nord est, la station spatiale principale commençait à être frappée par les grèves, mais il était vrai qu’à l’ouest, Andrim et le quartier général des forces de sécurité semblaient menaçant pour les grévistes. Alors soit Deponn descendait vers Maw en étendant ses conquêtes - mais cela impliquait une guérilla longue et épuisante - soit Maw tentait quelque chose - et dans ce cas là, soit ça passe, soit ça casse. L’interlocuteur de l’autre côté du comlink y coupa court.

- Sachez que nous ne descendrons pas de Deponn à Maw pour le moment. En revanche, les exclus se sont emparés d’un complexe usinier au sud de notre position. Ce sont des usines d’armes… Vous avez également près de votre position, entre le chantier et la station spatiale principale un vaste complexe usinier dans lesquels les exclus sont en lutte. Il y a là dedans des usines de production d’armes…
- Je vois… Aïdan avait clairement deviné les intentions du comité central, il fallait passer à autre chose, une autre méthode que celle de la grève pacifiste qui risquait d’accoucher d’un échec brutal de la mobilisation suite à la répression du pouvoir. Celui-ci avait dû répondre par la force, masquée par un discours mensonger. Les grévistes avaient le devoir de répliquer à l’action sanglante du pouvoir. Vous voulez qu’on aide les exclus à s’emparer de ces usines.
- Là est bien notre intention. Nous devrons nous équiper, nous ne nous laisserons pas faire face à la violence du pouvoir. L’heure est à la révolte armée Aïdan. Un silence s’imposa brièvement dans la conversation, comme si tout le monde savait que la situation était irréversible : c’était la liberté ou la mort ; valait-il mieux triompher dans ce cas. Je diffuserai un discours sur le réseau d’alerte des chantiers sud pour relancer la mobilisation à Andrim et pour contredire le discours de la Kuat de Kuat. A vous de faire le travail pour conquérir les usines… Appuyez vous sur la contestation de la station spatiale principale. De mon côté, nous allons nous diriger vers le quartier général des forces de sécurité de la zone et récupérer des armes. Il est trop dangereux pour nous de réunir les exclus au sud : passer par les cales sèches est beaucoup trop risqué pour le moment.

Aïdan hocha sa tête blonde de haut en bas plusieurs fois en guise d’acquiescement. Il fallait alors trouver une stratégie pour permettre aux siens de se diriger vers l’est et appuyer la conquête des exclus dans le complexe d’usines d’armes. La chose n’allait pas être une partie de plaisir… Son interlocuteur sur Deponn avait plus de chance : il possédait le chantier naval dans sa totalité, il pouvait tranquillement passer à la suite. Mais sur Maw, la situation était plus compliquée...

- Bien, nous allons trouver une solution…
- Si nous voulons réussir sur Maw, il faut nous en donner les moyens, absolument. Il faut aussi continuer de recruter, surtout auprès de la classe moyenne. Elle est cruciale dans notre organisation et nous devons compter sur les ressources numériques, logistiques qu’ils possèdent. Il faut aussi attiser la flamme révolutionnaire des forces de l’ordre issues de la classe ouvrière, montrer qu’ils tirent contre les leurs… Le discours de la Kuat de Kuat a sans doute atteint des gens… Mais nous devons répliquer, absolument, et aller de l’avant. Nous comptons sur vous Aïdan. Ah et une dernière chose… Postez dans vos zones sous contrôles des gens sur les turbolasers défensifs, ils pourraient bien nous être utile pour la suite. Bon courage.

La communication se coupa brutalement sans que le jeune homme de Maw ait eu le temps de répondre. Il se leva, s’appuya contre le balcon métallique de la mezzanine du hangar dans lequel il se trouvait. En contrebas, les grévistes continuaient d’organiser leur lutte, réfléchissaient à la manière optimale de contenir les forces de sécurité. Aïdan finit par descendre quelques minutes après. A vrai dire, le hangar et la mezzanine se transformaient de plus en plus en lieu de vie, en campements de fortune. Les gens y vivaient désormais. Certains dormaient même dans les bureaux auparavant occupés par les classes moyennes. Le jeune homme se promenait lentement, les mains dans les poches, à travers le campement improvisé et sans doute provisoire. Il observait les visages cernés, livides. Il constatait le dévouement de ces femmes et de ces hommes en faveur d’une cause pour laquelle ils n’avaient sans doute pas penser se battre il y a de cela deux ans. Tout cela à cause de l’incident de trop… La coupe était plus que pleine au bout de vingt-cinq mille longues années.

Tout à coup le son de l’alarme vînt agresser les oreilles des assoupis comme des réveillés. Un bruit limite grinçant plus qu’une mélopée douce à l’oreille qui forçait tout le monde à se lever dans la précipitation. Mais non ! Ce n’était pas vraiment une alerte. Il s’agissait de la voix de l’homme avec qui Aïdan avait discuté il y a peu.

- «  Citoyen. Voilà que la grève... ».

L’ouvrier de Maw scrutait simplement un des hauts-parleurs diffusant le discours de l’initiateur du grand mouvement révolutionnaire. Dans sa tête c’était l’évidence : bien-sûr qu’il fallait aller plus loin, qu’il fallait prendre les armes… A vrai dire, depuis quelques temps son esprit s’enfonçait peu à peu dans l’extrémisme politique, il se construisait un idéal à atteindre, et bien plus radical que ce que Leto prévoyait sans doute. Les gens autour s’en fichaient de ce qu’il pouvait bien imaginer, ils se tenaient debout désormais, certains s’enlaçaient les mains, d’autres croisaient les bras, mais ils faisaient tous silence. Cet évènement, ce discours… Ils avaient presque une allure prophétique ce qui ne manqua pas de déranger Aïdan ; le chef se voyait-il comme une sorte de guide révolutionnaire dont la parole était à la limite du sacré ? Voyaient-ils vraiment celui qui se cachait derrière les haut-parleurs comme leur sauveur ? Le pourfendeur de la caste ? Ou bien encore, le défenseur du peuple, le libérateur des opprimés ? Le garçon observait attentivement ce qui se passait sous ses yeux, c’était l’impression qui ressortait de la scène dont il était témoin… Peut-être n’y voyaient-ils que l’espoir d’une émancipation tant désirée, tout simplement. Peu importe, l’horizontalité n’était pas poussée à son optimum, ce qu’Aïdan semblait regretter profondément. Les conflits politiques viendront plus tard, pour l’instant le temps était à la lutte révolutionnaire.

- « Leurs privilèges doivent... »

Le message était-il vraiment diffusé sur Andrim, dans les usines aux abords, près du quartier général des forces de sécurité de Kuat ? En voilà une réponse à l’apprentie despote de la planète. Pour autant le discours semblait apaisé, guère belliqueux alors que le contenu l’était clairement. L’appel de Leto, anonyme pour l’heure, et retransmis partout au sud et non pas sur Deponn histoire de brouiller un peu plus les pistes, redonnait du baume au coeur aux plus démotivés, à ceux qui subissaient cet affrontement soit-disant pacifique.

- « L’heure de la révolution a sonné ... »

A cet instant, ce fut un long frisson qui parcourût Aïdan tout entier… Le processus devînt irréversible. Vivre libre et jouir de l’égalité de droits… Ou mourir pour la cause. L’aristocratie avait répliqué par la force, par le retour subi au travail, par l’humiliation, la subordination à un ordre devenu illégitime. Et cette violence n’allait que faire embraser le conflit… Qu’allait-il bien pouvoir arriver cette fois ? Leto et Aïdan n’avaient plus le choix, la grève devait désormais se radicaliser ou la révolution ne serait plus. Un chantier sur trois, quelques usines par-ci ou par-là n’allaient suffire à renverser la caste dominante. L’entropie croissait. Alya l’avait prévu et annoncé… La violence n’engendre que la violence. L’oppression, la révolte. Et dès lors que nous prenons les armes, nous ne sommes plus dans la grève et la simple revendication, mais dans la révolution. Le subalterne ne peut que réagir face à sa domination, le soumis ne peut que se révolter contre l’oppresseur. Et lorsqu’il n’y a point de consentement, d’acceptation de la domination, il n’en résulte que la guerre. Et seule la révolution est alors l’instrument légitime pour faire basculer l’ordre. A-t-on déjà vu un changement paradigmatique pacifique sur Kuat ? A t-on déjà changé les règles du jeu politique et social simplement en le demandant ? Non, d’autant plus dans un système autoritaire. Car les uns sont bien trop attachés au plaisir que procure le pouvoir, les autres bien trop écrasés pour ne rester là sans rien faire les bras croisés. Les revendications de la grève n’ont servi que de déclencheur, de combustible, d’initiateur à la mobilisation populaire… « Que les dominants de Kuat retiennent la leçon ou viendra l’heure de leur brutale chute ». Mais il était peut être déjà trop tard pour eux, car se profilait désormais le spectre de la vengeance, cette justice sauvage.

(Deuxième partie du post à suivre)

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Leto Lazarus
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MessagePosté le: 13/12/2017 20:32:09    Sujet du message: Grève Générale! Répondre en citant

Double post autorisé par Ana pour terminer le récit


ENTROPIE CROISSANTE (2)
Suite et fin


« En réalité, si on regarde de près la démonstration du second principe de la thermodynamique, il n'y a absolument rien qui permette d'affirmer que la variation de l'entropie soit nécessairement liée à une évolution vers un état chaotique. » - René Thom


Les bruits de pas ne cessaient de résonner dans les longs boulevards intérieurs de l’anneau orbital. Le son reconnaissable des bottes ouvrières frappant le sol métallique, le bruissement des uniformes et pourtant, le silence des hommes. La masse laborieuse de Deponn avançait vers le nord-ouest sans dire mot, outils à la main. Ils n’étaient ni des dizaines, ni des centaines mais bien des milliers à se diriger vers leur objectif, déterminés à s’en emparer. Auparavant, les appartements du secteur où moyennants et étrangers se trouvaient, furent conquis et déjà derrière eux bien qu'ils aient du y laisser quelques grévistes pour conserver la zone sous contrôle. Désormais, l’objectif principal n’était plus qu’à quelques centaines de mètres.

Leto menait les troupes, le bas du son visage couvert d’une demi-cagoule, son crâne d’une capuche, toutes deux noires, comme ses camarades. Légèrement devant les premières lignes, il leur donnait un rythme soutenu, comme s’il était pressé d’en découdre. Oh sans doute l’était-il… En tout cas, la garnison révolutionnaire en avait mis du temps pour atteindre le bâtiment des forces de sécurité, faisant ainsi perdurer la grève et laissant Kuat s’enliser dans le chaos. De ce chaos allait surgir un nouvel ordre. Jamais le visage de Leto n’avait été aussi ferme, sévère. Émanait de lui une attitude inflexible. Rien n’avait l’air de l’effrayer, absolument rien. Et pourtant il allait connaître ses premiers affrontements, sans doute seront-ils musclés. Mais en tant que leader révolutionnaire, il se devait d’être exemplaire. Que diront-ils s’il commençait à frapper, tuer, avant de négocier ? Quel image allait-il renvoyer auprès des siens ? Dans la zone de contrôle de Deponn, Alya craignait que la violence prenne le pas sur la parole, les passions sur la raison. Mais Leto Lazarus n’était pas de cet acabit… Il n’emploierait la force que si nécessaire. Tous avaient de quoi se défendre : outils de travail, objets plus ou moins manufacturés ou contondant... Les ouvriers disposaient d’un équipement rudimentaire. La guerre faite avec ce genre de choses ne pouvait qu’être sale… Si tant est qu’elle fut un jour propre.

Droit devant se tenait le quartier général de la sécurité de la zone nord-est qui comprenait les entrepôts, les usines, les cales sèches, et les appartements sous contrôle gréviste, en plus du chantier naval de Deponn. Bien entendu, un comité d’accueil montait la garde, mais sans doute ne s’attendait-il pas à voir débarquer des milliers de grévistes qui n’avaient nullement l’intention de simplement manifester. Leto continua de marcher à son rythme et tout le beau monde suivait derrière. Les quelques gardes bien qu’armés n’eurent d’autre choix que de reculer sous la pression de la foule. A vrai dire, Leto pensait qu’il y avait suffisamment de monde pour faire en sorte que les forces de sécurité Kuaties se barricadent à l’intérieur de leurs bâtiments. Nul mal n’avait été fait aux pauvres gardes de la zone en première ligne, l’affrontement aurait lieu si et seulement s'ils refusaient de capituler et de fournir les grévistes en armes.


La foule encerclait le QG calmement, de façon extraordinairement organisée, comme si tout avait été finement planifié. Certains désignés pour cela se plaçaient aux entrées de couloirs stratégiques. D’autres analysaient les possibilités éventuelles pour s’infiltrer à l’intérieur du quartier général. Toutes les solutions étaient donc envisagées, mais pour l’heure, avant de donner l’assaut, établir le contact avec les cibles s’avérait la première chose à faire. Un gréviste accourait alors vers les premières lignes, un mégaphone à la main, le tendant à Leto fièrement. Celui-ci le prit en remerciant son acolyte et le porta devant ses lèvres.

- Ici la force révolutionnaire de Deponn.

Sa voix résonnait sur la vaste place qui donnait sur le QG. Une certaine distance séparait les gardes et le bâtiment des grévistes en réalité. Pour autant, la voix de Leto était sereine mais ferme, et le son du mégaphone ne se superposait qu’au silence, celui de ses propres troupes.

- Nous n’avons nullement l’intention d’engager une lutte armée avec vous, les forces de l’ordre de la zone. Sachez que nous possédons et maîtrisons d’ores et déjà le Chantier, les usines plus au sud mais également les appartements de votre juridiction. Un groupe est en route pour les entrepôts à quelques encablures à l’ouest.… Autrement dit, tout le territoire nord-est est entre nos mains.

L’idée était avant tout de les faire se sentir acculés, de telle sorte qu’ils ne prennent une autre décision que celle de se rendre.

- Nous sommes venus ici vous libérer de l’oppression de l’Aristocratie et vous proposer de nous rejoindre dans la lutte contre la Caste. L’ambition de notre grève est celle de construire quelque chose de nouveau, mais cela ne peut concerner qu’un seul échelon social. Notre désir est celui d’impliquer tout le monde, construire une politique, celle du peuple, réuni derrière des valeurs démocratiques et justes. Il s’agit avant tout d’inclure et redéfinir de nouvelles règles du jeu… Nous avons donc besoin de tout le monde.

Leto marqua une pause, laissant ses mots faire écho dans le large espace où tous se situaient. Il termina son monologue :

- Les Forces de Sécurité de Kuat bien que subordonnés à l’Aristocratie doivent s’émanciper de cette domination qui n’a aujourd’hui plus aucune légitimité. Elles ne peuvent plus être les garants d’un ordre tyrannique qui s’organise contre le peuple, qu’importe sa caste sociale. Ainsi nous vous demandons solennellement de déposer les armes contre le peuple et de les prendre, avec nous, contre la noblesse. Ne nous divisons pas. Unissons-nous, et combattons pour notre salut.

Il abaissa alors son mégaphone et dans un silence de mort, n’attendait plus que la police kuati réagisse. De leur réponse dépendrait la suite des opérations. Leto souhaitait avant tout éviter une tragédie.





Plus au sud, les choses étaient bien plus agitées qu’aux abords de Deponn. Le pas des révolutionnaires se faisait plus bruyant, plus décidé, plus déterminé que jamais. Ils allaient en découdre avec ceux qui résistaient à la prise du complexe industriel par les exclus. Plus enragés que ces derniers cela n’existait guère sur l’Anneau… Ceux tout en bas de l’échelle externalisaient la vengeance qu’ils avaient accumulé depuis des temps immémoriaux. Cette oppression millénaire, ils devaient la détruire, la réduire à néant, et en faire payer le prix aux aristocrates. Heureusement, les tendances des classes qui leurs étaient supérieures demeuraient plus modérées bien que chez les ouvriers la frange vindicative trouvait un écho relativement important. Leto aurait bien aimé être des leurs, mais comment construire dans le sang, bâtir sur un champ de ruine ? Au contraire, Aïdan faisait sans doute parti de ces jusqu’au-boutistes. Les ouvriers, les exclus… Ils n’étaient pas des terroristes, ils ne faisaient que répliquer légitimement à la violence de l’État.

A mesure que l’épaisse foule s’approchait des usines, quelques cris et hurlements se faisaient entendre en provenance des ateliers et des lignes de production. Une fois à portée, les combattants ouvriers investirent soudainement les lieux et s’y répandirent comme la peste. Les voilà ces renforts que les exclus espéraient tant ! Les forces de sécurité locales n’avaient d’autres choix que celui de s’engager dans un affrontement qui leur serait sans doute fatal. Ces usines n’étaient pas n’importe lesquelles, il s’agissait là de complexes de production d’armes, telle est la raison pour laquelle exclus et ouvriers se coalisaient pour s’en emparer et ainsi approvisionner Maw. Un autre objectif résonnait dans l’esprit des gens, celui de continuer, remonter vers l’est et ainsi aider les travailleurs de la station spatiale principale dans leur lutte. Et cette dernière allait être stratégique : ils pouvaient contrôler le lieu unique de l’anneau régissant les flux en provenance extra-solaire. A vrai dire, il s’agirait sans nul doute d’une bataille majeure : qui contrôlait la station spatiale principale contrôlait les communications vers l’extérieur. Le voilà le but de Leto, voilà le message qu’il avait transmis indirectement à Aïdan lors de leur dernier entretien : lutter sur Maw, et prendre les usines pour ensuite libérer les exclus de leur combat et les faire s’en aller vers le fameux spatioport.

Le visage d’Aïdan se refermait peu à peu, ce qu’il restait de sourire s’estompait. Il avait en face de lui des forces de l’ordre disposant d’armes de corps à corps, de carabines blasters EE-3 ; il avait à ses côtés bien plus d’effectifs, mais des personnes disposant de moyens plus ou moins rudimentaires Une chose était sûre, tout le monde était prêt à en découdre… Quand soudain un cri retentit de nulle part. Un exclu sauta depuis le sommet d’une machine d’une des lignes de production, un pistolet blaster à la main. Il était parvenu à en sortir des zones de stockages, disposés en fin de ligne ! Il tira tout à coup plusieurs salves en direction des gardes, en touchant quelques uns dont certains gravement… Mais c’était déjà trop tard, l’effet de surprise profitait aux castes coalisées… Elles se ruaient désormais sur leurs adversaires, en pleine usine à l’arrêt.

L’entropie du système ne cessait de croître, passant d’un état à un autre : de la grève à la révolution. Pourtant ce n’était guère le chaos qui allait naître de la croissance de cette fonction d’état, mais bel et bien un nouvel ordre. Ce n’était plus qu’une question de temps...

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Anastasia de Valiesky
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MessagePosté le: 13/01/2018 16:38:04    Sujet du message: Grève Générale! Répondre en citant

"Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises. En la donnant, on la retire." Jean Jaurès


Un discours tentait d’être transmis sur les canaux sud de l’anneau, si celui-ci atteindrait certes des cibles au sein des chantiers sud, il n’irait guère plus loin et en réalité à part les chantiers de Maw, son impact fut résolument faible voir inexistant. Quoiqu’il en fut, ce discours fit bien rire les services de contre-espionnage Kuati. Comme si cela été mieux sur les autres mondes. La bonne blague.

Ces crétins de gauchistes illuminés ne savaient pas à quel point ils ne connaissaient rien à comment diriger un monde ou aux corridors sous jacents la scène principale. Que croyaient-ils? Là où la lumière existe, une ombre se terre non loin de celle-ci. Elle est présente et visible, pourtant, tout le monde l’ignore. Certains s’attardent dessus quelques instants tout au plus. Ils ne cherchent pas à la comprendre, à savoir ce qu’il y a derrière celle-ci. Seuls les enfants possèdent cette curiosité, curiosité qui disparaît avec la maturité. Grave erreur que ces révolutionnaires avaient commis là.
L’effet de surprise s’était désormais tût. L’avantages des révoltés -ou des révolutionnaires comme ils s’amusaient à s’autoproclamer- n’étaient plus. Chacun de leurs visages étaient fichés, leurs mouvements suivis aux cribles. Leurs actions anticipés. La Kuat Central Intelligence Agency ou KCIA coordonnait désormais les mouvements des défenses. Le bureau central des informaticiens se charger de reprendre le contrôle des systèmes de défenses dans les chantiers navals.

L’immense machinerie bien huilée semblait désormais impossible à arrêter. Andrim était récupéré et purgé de toute présence du mal. Dès lors, le chantier s’était remis en action. Les forces de défenses s’élancer désormais à lancer une opération visant à anéantir les forces de Maw.
Le simple soldat Maevern Lads de première classe avait suivit cette bataille depuis le départ. Il avait fait partie de ces hommes qui avaient libérer Andrim et qui désormais se diriger vers le sud et Maw. Il avait tué une trentaine de ses frère, peut-être même des personnes qu’ils connaissaient. En avait-il quelque chose à faire? Aucunement. Il n’était là que pour obéir, point à la ligne, un toutou du régime bien dressé. Son camarade Dean Swail quant à lui émettait des réticences, néanmoins la peur de la peine pour insubordination l'empêchait de réagir à ce qu’il se passait. Et sa famille? Après tout lui aussi n’était qu’un simple ouvrier recrutait dans les forces armées. Qui lui payait sa pension? Combien de personnes rêvaient de rejoindre les forces armées pour échapper à la vie miséreuse? Ainsi, les basses castes de l’armée étaient tiraillés entre un choix passé et un choix d’avenir bien plus incertain. La question revenait donc de savoir quelles étaient le prix de ces valeurs: le courage, l’intégrité, l'indépendance. Certains avaient trahis et étaient morts. D’autres étaient restés fidèles et étaient morts aussi. Au final la seul fin qui les attendaient c’est de servir de bouclier.

La classe moyenne. Elle aurait pu embrasser la révolte, toutefois, elle était bien trop effrayante et d’une telle étroitesse que cette dernière était devenue effrayante. Si une minorité avait enjoint son soutien aux insurgés ce n’était qu’une minorité. Après tout, une partie de cette classe étaient composés d’anciens ouvriers et de quelques exclus même. Et ils n'avaient aucune de voir des pouilleux qui leurs rappellent leurs racines, plutôt mourir! Ainsi venaient se former la seconde extrémité anti-révolutionnaire qui était bien entendu composé appuyé par la haute moyenne classe qui aspirait à cette noblesse qui scintillait.

La noblesse quant à elle était divisée. Les petits soutenait cette révolution secrètement, c’était par ailleurs ceux qui avaient activement participé à faire taire les signes distinctifs de celle-ci auprès de la maison mère. Bien évidemment ces derniers avaient été soutenus par des grands. Néanmoins le caractère destructeur et déchireur de contrat social avaient uni les nobles sous la coupe de la Kuat de Kuat. Au final, la seule opposition pour le moment existante était celle des ouvriers et des exclus. Et c’est ceci qui expliquait partiellement pourquoi cette révolte ne marcherait pas.
D’autre part, ce que n’avait pas pensé ces analphabètes, c’est que l’économie de Kuat ne reposait pas uniquement sur l’anneaux ni même sur la planète. Kuat et KDY rayonnaient par leurs colonies et protectorats: Rothana, Belderone, Gyndine, Karavis, Xa Fel, Balmorra pour ne citer que les plus grands. De plus fallaient-ils aborder l’existence de secteurs tertiaires? Au final de l’argent avait était perdu certes, néanmoins le système l’Economie kuati n’avait pas même posée genou à terre.

Pourtant malgré tout ces explications théoriques les combats avaient repris de nouveau, plus sanglant que jamais. Les soldats et les coalisés s’affronter dans une lutte sans merci. L’espoir de se battre pour un monde meilleur permettait aux rebelles de tenir les assauts des forces de sécurité pourtant mieux armés. Toutefois qu’est ce qui attendait ces va-nu-pieds s’ils perdaient? Ils se laissaient aller à la plus primaire des bestialités. Au final des idées pour lesquels ils se battaient, il ne restait guère que les mots. A vrai dire, est ce que la plupart de ces personnes avaient compris les idées que les leaders marteler dans leurs caboches ahuris où étaient-ils juste là dans l’espoir d’un avenir meilleur?

Au niveau de Deppon la situation semblait bien compromise et à Maw les révoltés gagnaient du terrain. Des usines tombaient, des barrages… toutefois le cours du destin changea brutalement…

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Un petit vaisseau atterrit sur la zone des cales sèches, juste en dessous des chantiers de Deppon. Toutes les zones de repos des vaisseaux étaient sous contrôles des forces de sécurité et le peu d’insurgés qui s’y étaient rendus avaient connus un funeste destin. Le petit engin ne payait pas de mine à coté du gigantisme des vaisseaux de guerre. Pourtant, un amas de personnes -et surtout des journalistes- s’étaient rendu au pied du petit navire. Dans un crissement, la porte s'ouvrit et la plateforme s'abaissait. Une figure bien connue de tous émanait de la vapeur précédé par deux autres personnes. Victoria Héléna Kuat vêtue de la même manière que sur l’image de son intervention télévisée était dans la place. Elle débuta la descente.
Que venait-elle faire ici? Pourquoi? Comment? Un caprice? Une ambition politique? Un désir? La Kuat de Kuat, la divine céleste était parmi les pouilleux. Son visage était totalement neutre, son pas léger et ses mouvement altier. Telle une grâce descendu des féériques cieux, elle poursuivait sa route, néanmoins, le destin semblait être à son tour prêt à jouer un vilain tour à la reine mère.

Un compteur au sein du vaisseau faisait tic, tac, tic, tac, tic, tac ou du moins c’est ce que les images des films véhiculés. EN réalité aucun bruit, une discrétion absolue. Ce petit boitier ne faisait que faire tourner une horloge apparente laissant le temps filer jusqu’au moment où l’artifice soit libéré d’un endroit non prévu. Un jeune homme, un garde, dans une impressionnante déflagration se fit sauter près du corps sécuritaire de la Kuat. Puis vint un bruit. La première projeta le petit comité attendu tandis que la détonation manqua de rendre sourd plusieurs personnes. Les journalistes les moins touchés ainsi que les drones survivant qui filmé diffusaient dès lors les images de la scène… qui se répandait à une vitesse folle.

Il ne fallut guère de temps pour l’Etat Major soit mis au courant et que les décisions les plus drastiques soient prises. La Kuat de Kuat semblait désormais ne plus être. La situation devait être reprise sous contrôle. A Deponn, on privilégia la force brute. L’intensité des combats montaient. Les soldats des forces de sécurités frappés par la mort de leurs commandante suprême avaient repris du poil de la bête. Cet acte profane ne pouvait n’être que l’oeuvre des impies et ils fallaient venger la reine mère au nom de la Kuat de Kuat!

Les soldats se battaient dans une mortuaire allégresse au corps-à-corps, cherchant à tout pris le moyen de se défouler. L’objectif était simple: annihiler les adversaires sans sursis. Aucune pitié, aucune joie, juste le désir de tuer. Comme si par la présumé mort de Victoria Héléna Kuat, le monde avait perdu son sens. A Maw, on ordonnait le repli des troupes. Deux minutes avaient été accordées, pas une de plus.

Au sein de KCIA , des ingénieurs pianotaient sur de larges claviers des séries de chiffres, lettres et signes sans sens réel. Un compteur géant avançaient. 34 secondes non 33 non 32… Tous étaient nerveux. De leurs simples doigts, ces individus à l’esprit d’acier allaient orchestrer l’un des pires massacres ayant étaient commis sur l’anneau. Pour la cause qu’ils défendaient valait plus à leurs yeux que le reste. L’Ordre devait vaincre le chaos ambiant que ces empêcheurs de tourner en rond mettaient. 12 secondes et l’opération Blue Rings débuteraient. Certaines victimes collatérales apparaitraient mais elles servaient la plus grande des causes: celle de la Kuat de Kuat.

Des petits anneaux bleus s’allumaient les uns après les autres ne manquant pas d’intriguer le peu de personnes encore capable d’accorder de l’importance à ce funeste présage. Pourtant si ces bouseux avaient pris un instant le temps de comprendre ce qu’ils se passaient. La retraite des soldats. S’ils ne pensaient pas que la victoire était leur, peut-être ce carnage aurait-il pu être évité. Toutefois, désormais plus rien n’était possible. Un doux gaz sortait de ces petites fentes. Ce dernier allaient apporter le repos tant attendu à ces valeureux guerriers, ardent défenseur de la veuve et de l’orphelin et gardien de cette immonde chose que l’on appellait l’égalité. Terraient dans leurs terriers, la gaz filait partout, pénétrant dans la bouche des insurgés, privant ces derniers de la précieuse oxygène. Puis leurs muscles souffraient, ralentissaient. D’abord le haut du corps puis ensuite le bas. Puis le coeur s’arrêter de battre. Dormaient bien petits anges.

Ce phénomène se répétait dans plusieurs zones occupés par les insurgés dans le sud de l’annaux. Les insurgés tentaient d’évacuer ou bien de ralentir la progression de ce volatile poison bleu. Un poison bleu pour tuer le poison rouge quelle sublime ironie. Des troupes de chocs équipées de tenus contre gaz se lançaient à l’assaut des survivants. Les conditions dans le sud s'aggravèrent rapidement. Les insurgés avaient perdus.
Dans le nord, la situation n’était guère enviable. Des bombardiers s’étaient chargés de larguer des bombes incendiaires sur les rebelles dans l’espoir de faire prendre le feu purificateur. Les forces de l’Ordre se battaient avec acharnement. Toutefois, le secteur résistait toujours tant sur les plans matériel qu’immatériel. Dans cet ultime bastion la résistance était d’une telle puissance. Pour un rebelle tué, trois soldats pro-régime y passait. La situation était bien plus terrible qu’à Maw où l’activation des blues rings avaient rendu la situation aisément controlable. Un carnage s’était dessiné et cela était de pire en pire. Des frères d’armes s'assassiner entre eux dans les deux camps. Pour les hautes instances, ils ne faisaient plus aucun doutes que les vraies leaders de la Rébellion se trouvaient ici. Et ils fallaient les exterminer une fois pour toute. Toutefois, une chose était non négligeable, l’étau se resserrait sur Depponn.

Néanmoins, ce destin tragique se brisa lorsqu’un masque tomba…


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Une scène obscure, d’immenses rangées de sièges vides et au milieu du minuscule plateau se trouvait une demoiselle semblant danser. Elle possédait de fines formes et tournoyaient. Un fin bandeau virevoltait aux grés de ses mouvements. Sa tenue légère semblait indiqué que cette demoiselle était de prime abord une pauvre femme, seule. La blancheur de sa tenue et de sa peau étaient éclairées tandis que le reste de la salle était bordé par l’obscurité. Celle-ci était telle, que l’on ne pouvait discerner la profondeur de la pièce. Une musique emplie atrabile et de désenchantement emplissait les lieux. Cette jeune demoiselle continuait sa danse inlassablement. Depuis combien de temps était-elle là? Longtemps à en juger ses souliers tout abimé.

Puis d’un coup, chaque siège semblait être occupé d’un regard scrutateur, observant la parfaite harmonie dont faisait preuve ce qui se révélait être une enfant… Enfin peut-être. Le grandiose masque que la personne portait et qui semblait prendre vit à chacun de ses mouvement cachait totalement l’identité de la dite personne. Tous, étaient époustouflés par la représentation de l’individu, pourtant, aucun ne remarquait les larmes qui s’échappaient des pupilles humides de la demoiselle. Personne, pas même une déesse ne le pouvait…

Pourtant, malgré sa souffrance, elle continuait inlassablement sa danse, tourbillonnant de plus belles, la musique s’adoucissait. De jeunes plantes semblaient naitre sous ses pieds. Ses paroles étaient d’or et ses pas générateur de vie. Son masque semblait se dissoudre à vu d’oeil, dévoilant un cristallin visage. Le rubis de ses lèvres, l’émeraude de ses yeux, ses cheveux n’étaient que tresses de platines. Dans cette infinie richesse, la demoiselle vibrait aux sons des harmonies. De cette délicieuse symphonie qui nourrissait les plus fins gourmets, ne ressortait que la Paix d’un monde illusoire dans lequel les spectateurs se complaisaient. Du désir de ne jamais sortir de ce monde naquit la dépendance. Les pas de la demoiselle s’accéléraient mais non pas pour suivre le rythme de la musique mais pour au contraire inciter la musique à la suivre. Une première voix parue, puis une seconde, puis une troisième, jusqu’à l’arrivé du coeur. De nouveau la cadence semblait ralentir. Toutefois, cela ne fut que temporaire et le rythme devint plus soutenu. La précieuse remit son masque et continua à tourbillonnait. Cependant, la vitesse ne semblait ne plus vouloir se contenir obligeant la demoiselle à se soumettre à ce rythme délirant. Tant bien que mal, elle tentait de conserver ce rythme insoutenable quand fatalement vint le moment où son simple corps d’humaine ne put soutenir cet effort… et là, le noir s’éprit de la scène.


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Victoria Helena Kuat reprit connaissance dans l’une de ses zones de haute surveillance. L’explosion, par chance, trop tardive avait uniquement la Kuat sur l’avant la blessant au niveau du front. Un filet de sang encore humide s’écoulait de sa tête. Les premiers secours devaient arriver d’une minute à l’autre, discrètement. Ceux qui avaient fait le coup pouvaient encore en vouloir à la vie de la reine mère. Encore à moitié dans le brouillard, l’autorité suprême de l’anneaux demanda un bilan de la situation actuelle. Si elle resta de marbre intérieurement, elle n’en était pas moins désappointée en elle-même.

Alors qu’on la pressait d’évacuer, avec tout les honneurs qui lui étaient dûs, elle refusa catégoriquement et se leva de son dossier. Remarquant qu’elle avait toujours ses talons, elle les retira rapidement non sans l’élégance d’une grande dame et posa pied,nu, à terre. La souillure la contaminait et son statut divin était perdu à jamais…

Elle poursuivit son chemin vers la sortie de la modeste bâtisse malgré les tentatives de ces gardes de la stopper. Toutefois, d’un simple geste de la main elle leur intima de la laisser passer. Il ne fallut que peu de temps pour qu’à sa sortie des journalistes trop curieux la remarque. Les militaires tentèrent de les repousser toutefois la noble leur ordonna de les laisser passer. Très rapidement, un petit amas, ainsi que des drones observaient la kuat. Une foule de question sortaient des bouches pateuses de ces misérables abrutis léchant les bottes du pouvoir, la Kuat de Kuat ou plutôt la désormais ex-Kuat de Kuat prit parole d’une voix apeurée et presque larmoyante :


- Cette journée est l’une des pires journées qu'ait connu notre monde. Cette tentative de meurtre à mon égard de la part de personnes désespéré est la preuve que nous avons tout à apprendre quand aux combats contre la misère. Des démagogues ont réussi sous l’affreux idéal des valeurs pures que sont la Fraternité, la Justice et la Liberté à enrôler des milliers de personnes sous leurs influences et provoquer cette guérilla.

Cela démontre à quel point les personnes les plus vulnérables sont sensibles aux phénomènes radicaux. Ces personnes vulnérables que nous n’avons pas aidé à devenir forte ont en ce jour pris les armes contre les instances et ont tenté, comme le demande une Révolution, de tuer le principal dirigeant de ce régime, nous. Pourtant, preuve est, nous sommes toujours debout, près de la zone de guerre. Nous ne reculerons pas devant cette folie et la tiendrons en échec. Personne hormis nous sommes à blamer. Nous assumons l’entière responsabilité de cette échec ainsi que tous les morts de ces sanglantes escarmouches. Nous avons été jusqu’ici dans incapacité de protéger notre peuple, sous-estimant l’ampleur de cette révolte conduite par des radicalistes sectaires! Ce "Poison Rouge*" qui a réussi à corrompre des personnes innocentes.

Nous n’avons pus empêcher la guérilla des chantiers d’Amdrim et les nombreuses autres. Nous n’avons pu prévoir la tentative d'assassinat sur notre personne qui a entraîné la mort de nombreux individus dans l’opération visant à purger le chantier de Maw. Cependant, nous avons encore le pouvoir de sauver les participants des deux camps en présence à Deponn. De fait, nous Kuat de Kuat, sainte gardienne de l’équilibre kuati, nous ordonnons la retraite des forces armées et de sécuritées de la planète, un cessez-le-feu général ainsi que l'amnistie de tous les participants pseudo-révolutionnaire de cet acte de révolte qui ne fait aucunement sens. Les idéaux que vous défendez, révoltés, sont les nôtres. Ne laissons pas la violence radicalisé de si belles valeurs, les faire mentir!

Poursuivons ensemble la construction de notre monde. Le sang appelle le sang, la haine appelle la haine et toute cette énergie marquera à jamais le sol de l’anneaux. Est-ce que nous souhaitons? Voulez-vous que l’on se souvienne de vous comme les enfants de la Terreur? De ces personnes qui brandissaient en étendards des idéaux qui par leurs actions se contredisaient. Souhaitez vous que l’on garde de vous l’image d'hypocrites opportunistes dans l’Histoire? Tous ensemble, vous, nous, toi, ouvrons le champ des possibles! Construisons un glorieux avenir ensemble en ne laissant personne sur la touche. Combattons unis contre le radicalisme.

De ce pas, nous allons nous rendre aux chantiers de Deponn pour discuter avec les forces révolutionnaires.


*by Jil Charce


La Kuat de Kuat commença alors à se déplacer à pied en direction de la dite zone. Il lui faudrait un certain temps pour atteindre les lieux, toutefois avec un sourire innocent et une petite larme, elle se mit en route. De son acte théâtrale si majestueux, elle en serait presque à croire en les idéaux qu’elle a avancé. Toutefois, elle savait qu’il fallait rallier définitivement la classe moyenne à sa cause. Elle avait l’avantage d’être tenu en haute estime par cette dernière de part son statut de femme proche du peuple et ses talents de comédiennes bien qu’elle soit en réalité plus versée dans la tragédie.

Car oui, l’actuelle plus grande femme de Kuat n’était autre qu’une simple personnalité était à l’origine destinée à devenir l’une plus grandes tragédiennes de son temps. Malgré la grande éducation qu’elle avait reçut, tant les domaines de l’économie et la gestion, la demoiselle fut bien plus attirée par la littérature et la représentation. Très rapidement, elle dévellopa des compétences extraordinaire dans l’art de se mettre en scène. Elle était si efficace, que son précepteur chiss, en était presque à montrer ses émois à chacune de ces performances. Sa plus grande compétence: créer un monde illusoire où les personnes croyaient être à l’aise. Si elle était certes douée dans les domaines économiques, de gestions et de pensée politique, elle n’avait aucune affinité particulière propre à ces derniers. Ses compétences à faire naître de rien un mini-monde singulier avait permis à Kuat de poursuivra sa route vers l'indépendance. Nommait à l’âge de seulement vingt-ans au poste de Kuat de Kuat, époque où la noblesse pensait certainement aisément la manipuler alors que c’était elle qui les avaient magnifiquement embobinés, elle avait non seulement l’une des pionnières dans la fronde contre l’Omega mais avait également permis à Kuat ainsi que toutes ses colonies de se placer dans la plus parfaite neutralité vis-à-vis des “grands” régimes.

Sa puissante capacité à s’entourer de fidèles et efficaces collaborateurs avaient éviter à Kuat lors de replacement diplomatiques de perdre sa puissance économique. Au contraire ses justes choix quant à ses fidèles avaient fait poursuivre à Kuat sa croissance économique. lançant l’idée d’un nationalisme kuati dans la caste moyenne ainsi que d’un sentiment d’appartenance, elle avait rapidement jouit d’une très forte popularité auprès de la majorité des habitants de la planète. Toutefois, sa politique n’avait que nullement touché la classe basse, les cafards. Jusqu’ici à vrai dire elle ne s’était jamais occupé de ses bouseux. Le meilleur moyen de contrer ses idiots seraient de leur offrir une idée qui serait bien plus alléchante que de vagues idéaux totalement idiots et impossible à mettre en place. Comment des gens pouvaient encore croire en la Liberté? Simple argument utilisé par des politiciens pour gagner des voix. Si les populations le voulaient, elles pourraient se révolter pourtant, elles ne le font pas? pourquoi? car elles n’ont tout simplement pas envie de prendre des responsabilités.

D’ici demain, la Kuat de Kuat ne serait plus remis en cause et l’on critiquera l'archaïsme de la caste ouvrière. De fausses innovations arriveront et tout le monde sera content. Pourquoi? Tout simplement car donner un air moderne à des rouages de la société conduisait indéniablement à soumettre encore plus cette dernière. Plus le temps avance et plus les avancées pseudo-démocratiques soumettent les peuples. Les Républiques valent-elles mieux que les monarchies? En apparence oui, dans les faits, qu’est ce qui change vraiment? Une représentativité biaisée? De la corruption? Heureusement, la Société était responsable de tout les moeurs! Ces crétins oubliaient que la Société c’était eux! Toutefois, elle n’aurait pas à gérer cela.

Victoria Helena Kuat traçait sa route entourait de centaines puis de milliers de personnes de personnes. Tout sur son chemin s’agenouiller face à la glorieuse Impératrice de KDY. Là où le chaos s’était précédemment répandu, l’ordre revenait. Des images qui tournaient en boucles montraient l’avancée de la Kuat de Kuat. Sur son sillage des militaires qui avaient quitté le front se mettaient en rang derrière elles. Des personnes ouvrières neutres dans ce conflit emboîtèrent également le pas. Non pas qu’ils apprécier cette personne, toutefois, voir en chair et en os une déité intriguait.
Encore une chose que les leaders révoltés n’avaient pas prévus. La Kuat de Kuat était le point central d’équilibre de ce monde. Si elle était responsable de tout, elle était également la bienfaitrice de tout! C’est elle qui cristallisait les oppositions de la noblesse et qui empechait que celle-ci ne sombre dans une guerre de querelles d’intrigues. C’est elle qui incarnait l’espoir pour la classe moyenne. C’est encore elle qui incarnait l'oppression pour la caste basse, toutefois, ces trouillards d’insurgés n’avaient pas osé l’attaquer elle mais la société de caste. Ainsi ces téméraires hommes étaient incapable de s’en prendre à une personne… qui n’en était pas une!

Kuat de Kuat n’était pas une personne, et bien plus qu’un titre. C’était une idéologie qui avait survécu à plus de vingt millénaires. Déjà présente lors de la formation de la République, Kuat de Kuat avait surmonté chaque épreuve. Alors que lors des régences, elle semblait s’affaiblir ou lorsque la noblesse kuati semblait sur le point de la faire disparaitre, cette idéologie est toujours revenu plus forte. Elle était partie intégrante de la culture de ce monde. Elle était le droit divin et l'absolutisme. Le pouvoir supreme qui jamais n’a vu sa flamme s’éteindre malgré toutes les péripéties galactiques. Elle faisait partie intégrante de l’essence de ce monde du noyau, révolté face aux sociétés patriarcales. Même des mondes aussi développé que Coruscant, Alderaan, Cahndrilla n’avait offer les même droits aux femmes que Kuat l’avait fait. Ce monde avait été le pionner dans ce domaine et celui qui avait inversé les places de la dominée et du dominant. La Kuat de Kuat était fondatrice, salvatrice, unificatrice. Chaque monde était né avec sa propre base. Toutefois face à la politique agressive de l’Empire, Coruscant lumière de mondes était devenu le symbole de l’obscurantisme, Corellia ardent défenseur des libertés était devenu dictature, Chandrila criarde de première avait perdu sa voix, Alderaan monde paisible s’était enlisé dans des idéaux couards de paix. Puis mieux ne valait pas aborder le cas du conflit CSI/République qui avait montré à quel point cet organe aussi vieux que Kuat de Kuat s’était effondré. Au final aujourd’hui, que restait-il des valeurs que montraient les orgueilleuses planètes. Rien.
D’immortel ne restait plus que le titre de Kuat de Kuat qui avait magistralement survécu à la période impériale.

Dans sa céleste marche,Victoria accélérait le pas malgré sa robe rouge taché qui restreignait sa mouvance. Il semblerait presque qu’elle allait se mettre à courir. Cela importait-il? Pas véritablement, après tout le titre de Kuat de Kuat ne lui appartenait désormais plus. Une fois encore, ce n’était que l’une de ses factices illusions. Dès lors qu’elle avait pris la décision de quitter en urgence le palais pour se rendre sur l’anneau planétaire, elle avait abandonné toute vue sur ce titre qui ne représentait à ses yeux plus rien. Le destin d’une Kuat de Kuat n’était pas de conserver à tout prix le pouvoir mais d’assurer la pérennité du titre. Et ce qu’elle allait faire, s’était glorifier cette idéologie pour les centenaires à venir.

Après un certain temps de marche qui semblait bien flou, elle arriva à sa destination continuant sa bravache marche, ses pieds lui faisaient mal, son corps suintaient tandis qu’une certaine chaleur se faisait ressentir, néanmoins l’heure de la libération arrivée. Dans l’immense public qui la suivait une femme aux cheveux de jais caché sous une petite capuche… Elle ne pensait pas que son interaction avec sa soeur dans cette salle de bain eut été la dernière. Toutefois, elle ne pouvait l’arrêter.

Victoria était prête à rentrer dans l'affreux repères où des signes de combats apparents étaient encore présent. Il ne fallut que peu de temps pour qu’une balle pénètre son abdomen induisant sa chute sur le sol. Une mare de sang apparu rapidement teintant sa robe rouge d’une couleur d’hémoglobine bien affreuse. Cette folie de paix avait été l’acte d’une martyre. C’était sa sentence pour ne pas avoir su protéger sa planète. Se faisant, elle avait fait menti l’Histoire. Désormais, ce que l’on retiendrai de cette période c’était son acte. Certains diront qu’elle fut une femme courageuse, d’autres insinueront que c’était une lâche qui a fuit les ennuis. Toutefois, sa mort ne laisserait de marbre personne. L’honneur du personnage et son sacrifice pour la cause laisser un riche héritage. Ainsi se termina la vie de Victoria Héléna Kuat dite la mécène.

Toutefois l’agitation ne put reprendre que déjà sur tous les écrans une autre personne allait faire son intervention. Comme l’exigeait la tradition, la Kuat de Kuat nommait une régente au cas où elle devrait mourir avant que le conseil dirigeant ne puisse, par un vote factice, élire la nouvelle souveraine qui devait posséder du sang de la famille Kuat. Une jeune dameau cheveux blond fit son apparition certainement âgé de la trentaine, il s’agissait de l’ainée de la sororité de Victoria.



Elisabeth Auriana Kuat

- La triste mort de Victoria Helena Kuat signe mon arrivée en tant que régente provisoire de Kuat. Nous avons perdu aujourd’hui non seulement une femme digne mais également une soeur. Son combat nous ne l’oublierons pas. Respectant les souhaits de notre défunte soeur, nous régente, laissons une dernière chance aux insurgés de se rendre sans poursuite judiciaire. Nous le garantissons. Nous laisserons également le soin aux autorités de remettre en ordre l’anneau et décrétons que les trois prochains jours seront sujet à panser les blessures et donc que le travail ne sera point possible.

Sur ces mots se termina la brève intervention d'Elisabeth Auriana Kuat, régente temporaire de Kuat et prétendante aux titres de Kuat. Elle avait assisté avec délectation au sacrifice de sa soeur et par ce coup d’avance se présentait comme l'héritière des idées de sa soeurs. Toutefois, il était certain que cette femme était bien plus radicale que la défunte.


Marianne Jeanne Kuat


Autre part dans le palais, Marianne Jeanne Kuat, tante de Victoria, Elizabeth et Marie. Celle-ci plein d’amertume après ses trois échecs à recevoir voyait en la suite de ces évènements le moyen de réclamait le titre de Kuat de Kuat. Elle qui avait toujours été moqué pour ses oreilles pointues allaient de nouveaux pouvoirs se battre et cette fois-ci ravir ce titre qu’elle mérite tant. Du haut des ses soixante deux ans qu’elle ne fait absolument, elle a l’expérience pour pouvoir mettre à mal ses adversaires. Prétendante au poste de Kuat de Kuat.


Marie Euphrosyne Kuat


Dans la pénombre de la zone de guerre, Marie Euphrosyne Kuat avait le point contre le mur, et des larmes coulaient de ses yeux. La main de la désormais ancienne Kuat était désormais seule. celle qui avait eu des relations incestueuses avec sa soeur et qui connaissait tout de sa vie se retrouvait désormais propulsé à la vacance d’un titre qu’elle haïssait. Bien plus progressiste que ses soeurs, elle avait été magistralement endormie par sa soeur Victoria, la benjamine. Toutefois qu’elle choix allait-elle faire? Prétendante au poste de Kuat de Kuat.


Septimia Musa Kuat


Dans un discret spatioport de Kuat, un chiss, une femme ainsi que deux enfants pénétrer à bord d’un vaisseau près à partir pour Rothana. L’être bleu, l’exilé comme certains nobles s’amusaient à l'appeler fut celui qui se chargea de l’éducation de Victoria. Tuteur de deux faux jumeaux âgés de huit ans, il avait pour mission d’assurer le transfert de ces derniers en lieu sûr et d’inculquer à la jeune Septimia Musa Kuat première aspiratrice au poste de Kuat de Kuat les bases de la politique. Si, il se serait bien passer d’emmener son frère, le caprice de la demoiselle ne lui avait pas le choix, preuve qu’elle maîtrisait déjà les bases des arcanes de la politique et des moyens de pressions. Là-bas, sur Rothana, elle rencontrera son futur mari. Le fils de la comtesse DuCade de Rothana. Fruit d’une longue et ardue diplomatie, Victoria avait réussi à lier de nouveau les familles de noblesses de Rothana et de Kuat renforçant ainsi leurs liens. Toutefois, le principal problème et crainte à avoir était que le conseil dirigeant décide de voter non pas pour l’une des prétendantes mais pour la fille de Victoria. La majorité n’étant qu’à quinze ans, une régence serait proclamé ce qui mettrait en difficulté la jeune enfant ainsi que Kuat.

Après tout si la fourmilière avait été détruire, dans sa bonté idiote, Victoria n’avait pas écraser les insectes qui pourraient de nouveaux la construire. De plus l’héritage, si l’héritage de Victoria serait célébrer, il n’était que pour la Kuat de Kuat et non pas pour la société, la noblesse ou la famille Kuat. Ainsi n’importe qui pourrait se prétendre hériter des valeurs énoncés par Victoria…


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Au sein d’une grande pièce, un siège vide semblait trônait seul en bout de table, sans personnes pour l’occuper… ainsi se terminait ce prologue...
_une correction orthographique viendra prochainement.

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Demeure un arbre, un seul, et une prairie qu'encore je puis contempler, tous deux rappelle ce que cache le linceul et l'oeillet à mes pieds. Ce même conte ne cesse de répéter. Où donc a fuit la lumière trop brève, où sont-ils enfouies?



... La gloire et le rêve...


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Leto Lazarus
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MessagePosté le: 15/02/2018 21:34:18    Sujet du message: Grève Générale! Répondre en citant

CONTRE LA TERREUR, L’INSURRECTION


« Ne cherchons pas à multiplier les coupables ; faisons tomber la tête de la veuve du tyran et des chefs de la conspiration; mais après ces exemples nécessaires, soyons avares de sang. »
Maximilien Robespierre


Zone industrielle de production d’armes – Voisinage de Maw


Les voilà avec leurs armes, dans le complexe usinier à l’Est de Maw. Les tirs de blasters fusaient et en conséquence les pertes furent nombreuses d’un côté comme de l’autre, d’autant que les renforts ennemis ne cessaient d’affluer. Mais les grévistes de la zone qui désormais avaient basculé dans la rébellion armée contre le pouvoir ne se laissaient pas faire, et certains quittaient déjà le complexe pour rejoindre la station spatiale principale. Des centaines de lignes de production se retrouvaient hors-service et l’équipe de Aïdan devait se diriger vers les hangars de stockage, histoire de couper les ressources en armes des forces de sécurité kuaties. Des exclus vinrent en renfort, comme des soldats ennemis se chargeaient de grossir les rangs ennemis… La bataille sombrait alors dans un enlisement sans fin, pourtant au profit des révolutionnaires : car de plus en plus s’échappaient en direction de l’est dans l’espoir d’activer plusieurs cellules rebelles dans la station voisine. Ces-derniers s’emparaient des transports intérieurs pour fuir le complexe pendant que les combattants maintenaient le rapport de force. Plusieurs centaines de vaisseaux avaient pu décoller, fragilisant les forces sur place certes, mais accomplissant la mission ultime que leur avait prescrit Leto. La Station Spatiale Principale n’était pas encore une importante zone de conflit, elle devait donc le devenir, tel était leur calcul stratégique... Quitte à perdre Maw. Pourtant Aidan comptait sur ses troupes pour continuer la guérilla et maintenir la position jusqu’à ce que la bataille du complexe usinier s’achève en leur faveur. Cet objectif secondaire semblait pourtant de plus en plus compromis.

Un soir – supposément – quelques centaines d’ouvriers s’apprêtèrent à lancer une attaque surprise sur un des postes avancés de l’ennemi. Au fin fond d’une usine contrôlée par les rebelles le plan s’organisait avec les moyens du bord, et chacun commençait à comprendre, de mieux en mieux, les schémas approximatifs qu’Aidan se chargeait de dessiner sur des établis qui ne servaient plus que de supports où s’étalaient ses stratégies. Sur fond de léger cliquetis métallique qui rappelaient sans cesse les lieux où les révolutionnaires se trouvaient, le plan s’organisait et chacun apprenait avec attention le rôle que le jeune homme leur avait attribué. Puis vînt enfin le moment du départ, inéluctable.

L’équipe, assurée dans ses arrières par des garnisons de renfort en cas de pépin, avançait à pas de loup dans une semi-obscurité causée par les dégâts provoqués lors une bataille ayant eu lieu quelques jours auparavant. Chaque groupe vînt se positionner sur une des sorties de l’usine, et celui le plus proche de l’objectif envoya un éclaireur dans un large couloir vers lequel elles menaient.

Rien.

Silence de mort.

Il n’y avait ni patrouille, ni agent des forces de sécurité du CNK. Aidan ordonna donc d’avancer, et tous s’exécutèrent, chacun pénétrant dans le passage qui assurait la jonction entre leur usine et une autre, plus petite, qui servait d’avant poste protégeant de nombreuses salles de stockage de matières premières. Le commando d’ouvriers se positionna cette fois aux entrées, de part et d’autres des portes métalliques du complexe. Aidan fit un signe discret à un jeune de la garnison, et celui ci pénétra dans un conduit d’aération à quelques encablures de là, en sachant qu’il risquait sa vie pour que l’opération réussisse. Avec assurance et discrétion, l’éclaireur rampa longuement, dans un silence tout relatif. On entendait le bruissement de ses vêtements, les frottements de sa combinaison de travail contre la surface métallique et froide de l’étroit tunnel d’acier dans lequel il s’était faufilé. Puis il arriva quelques minutes plus tard devant une grille qui donnait sur les lignes principales de production, et s’en servit pour observer le vaste hangar. Il n’y avait personne à vrai dire, et ce silence était tout à fait troublant. On n’entendait que le son rythmé et régulier des pâles des canaux d’aération.


- Personne, lâcha-t-il en murmurant dans son comlink.
- On avance.

Aidan prit donc la décision de continuer la progression, nonobstant la suspicion dont il faisait preuve à l’égard de la situation. Ainsi, le commando se fit discret et redoubla de prudence en pénétrant l’usine ennemie où effectivement, il n’y avait plus guerre de défenseurs de l’État kuati. Il restait bien quelques affaires ci et là, même quelques fusils EE-3 – l’arme de prédilections des forces de sécurité de l’Anneau ; on trouvait même plusieurs caisses de vivres que le leader du groupe ordonna à quelques uns de rapatrier au camp de base. L’éclaireur quant à lui poursuivit son chemin en passant d’usines en usines durant de très longues minutes, jusqu’à tomber sur un hangar à vaisseaux donnant sur l’extérieur de l’anneau. Cette fois, le lieu qu’il avait en visuel grouillait d’activité : lignes de soldats, combattants au garde à vous blaster contre la poitrine...

- Aidan… Il se passe quelque chose d’anormal, lança-t-il de nouveau au leader de Maw via son communicateur.
- Qu’est ce que tu vois ?
- Ils ont l’air de se rassembler par milliers vers le hangar principal du complexe… y a même des transports qui s’apprêtent à franchir le champ de force. J’ai l’impression qu’ils sont vraiment tous là, qu’ils s’apprêtent à évacuer la zone…

Un bref silence s’imposa, puis Aïdan reprit.

- Pourquoi nous laisseraient-ils toutes les armes et le champ libre vers la station principale ? Le jeune homme semblait perplexe et au fond de lui, il savait bien que quelque chose se tramait. Quel plan l’aristocratie allait bien pouvoir pratiquer, quelle idée ingénieuse viendrait perturber leurs projets ?
- Aucune idée, je reviens vers ta position.
- Entendu.

Soudainement, la grille d’aération qui servait de point de vue sur le hangar se ferma brutalement, ne laissant plus aucun interstice où glisser son regard. La manœuvre ne manqua pas de surprendre le jeune ouvrier à peine majeur qui servait d’éclaireur au groupe. Pour autant, il ne changea guerre ses plans et reprit le cours inverse du trajet qui l’avait amené jusqu’à son point d’observation. Son instinct lui disait de ramper plus vite qu’à l’aller, peu importe s’il s’en brûlait les genoux ou les coudes. Le réseau de conduit se caractérisait par son aspect éminemment labyrinthique, mais le jeune homme semblait reconnaître le chemin qu’il avait prit pour arriver jusqu’au hangar. Mais alors qu’il fut au quart de son chemin, une multitude de petits cliquetis se firent entendre, à rythme régulier mais dont l’intensité ne cessait de décroître comme s’ils s’éloignaient petit à petit de sa position. Son regard se posa alors lentement vers une fente obscure sur sa gauche, à l’origine du petit bruit qu’il avait pu ouïr alors que les ventilateurs s’arrêtaient lentement, plongeant le jeune homme dans le silence le plus total, il n’entendait plus que les battements frénétiques de son palpitant.

Petit instant d’hésitation.

Puis il comprit la manœuvre abjecte de l’ennemi.


- Oh non… non, non non non… !

Le jeune homme donna alors tout ce qu’il avait, se cognant même le crâne contre les parois de métal, se brûlant la peau à son contact. Il rampa à une vitesse folle, qu’importe les blessures… Il se devait d’échapper à la mort ! Son rythme cardiaque s’emballa, sa respiration se fit plus forte, et tout à coup, il aperçût cet étrange nuage bleu qui dégueulait lentement mais sûrement des fentes mortelles qui quelques secondes auparavant s’étaient brutalement ouvertes. Son destin était scellé.

- FUYEZ ! FUYEZ TOUS !

Il hurla dans son comlink de toutes ses forces, s’en égosilla même alors que ses mains tremblantes lâchèrent le communicateur et que la panique s’empara du moindre centimètre cube de son corps. Les larmes lui montèrent soudainement aux yeux. Il pensa à son petit frère... à toute sa famille qui cloîtrée désespérément sur Maw attendait son retour glorieux du champ de bataille, et qui pourtant allait subir la même sort funeste, bien qu’innocents. En réalité, ils allaient tous mourir. Peut être que quelques uns en réchapperaient miraculeusement, rejoignant la station spatiale principale. Mais tous les combattants de l’usine n’allaient devenir que cadavres intoxiqués par cette substance étrange qui ne les tueraient qu’en quelques secondes seulement, voire en quelques minutes pour les plus résistants….

L’éclaireur coupa brutalement sa respiration, il rampait encore, toujours plus vite… Le gaz envahissait le conduit petit à petit. Son corps tremblait de peur, secoué par l’extrême panique. Ses muscles tétanisaient sous le stress, ses mouvements se firent brusques, devinrent incontrôlés. La raison disparaissait lentement de son esprit alors que le réflexe purement animal, celui de la survie, le remplaçait peu à peu, bien qu’au fond de lui le garçon savait pertinemment qu’il allait mourir dans le conduit d’aération investi plusieurs dizaines de minutes plus tôt pendant que ses camarades de lutte exploraient l’usine utilisé comme avant poste par l’ennemi. Le gaz létal lui caressa la peau, puis entra soudainement en contact avec ses yeux. Le jeune homme ne put retenir ses hurlements de douleur, il souffrait le martyr et pourtant le nuage continuait son œuvre funeste en pénétrant son nez, sa bouche, en s’infiltrant dans ses muqueuses. Sa gorge le picota tout à coup, puis le brûla, tellement… Il en toussa si fort qu’il en fut au bord du vomissement. Quelques secondes d’une bataille perdue d’avance et il ne rampait presque plus, raidit par le mal que subissait son corps. Et dans un geste de désespoir, l’éclaireur saisît violemment son col, en arracha même une partie ; le jeune homme suffoqua, de son nez coulait un flot écarlate et chaud, son teint devînt pourpre et avant même qu’il ne mourût étouffé, son coeur s’arrêta de battre, net. Au bout de son effort, il n’avait pu faire que quelques mètres. Son corps gisait maintenant dans un des conduits de l’usine, à l’Est du chantier de Maw.


- ON EVACUE !

Aidan avait donné l’ordre depuis l’usine et tous se précipitèrent vers les sorties les plus proches. Un ouvrier tenta tant bien que mal d’ouvrir les fameuses portes métalliques qui donnaient sur le large couloir par lequel ils étaient passés, mais appuyer sur les dispositifs d’ouvertures manuelles était vain. Tout semblait verrouillé, ils étaient pris au piège, voué à subir le même sort funeste que leur camarade consumé par le nuage de gaz. La panique était un nom bien trop faible pour caractériser l’état des centaines d’ouvriers destinés de base à leur escarmouche surprise. Tel est prit qui croyait prendre. Alors chacun tenta de trouver une solution, d’échapper au futur massacre. Aidan, lui, était fixe, le regard vide et désemparé. Voilà ce dont l’Aristocratie était capable : de perpétrer des meurtres sans aucun scrupule, une purge, une extermination de masse. Il alluma son comlink, activa le canal d’urgence pendant que ses camarades tentaient tant bien que mal de défoncer les portes, de grimper en hauteur pour tenter de s’enfuir dans une panique indescriptible...

- Procédure d’urgence, lança-t-il laconiquement. Faire passer le message suivant au canal Z-342-B-34 titre : « extermination au gaz ». Il appuya sur la capture holographique qui bien qu’à courte portée allait pouvoir enregistrer ce qui se passait autour de lui.

Aidan posa l’enregistreur sur le tapis d’une ligne, puis leva le regard vers les conduits déversant désormais le nuage bleuâtre qui d’ici peu, allait faire de dizaines voire des centaines de milliers de victimes dans la zone et sur Maw, au risque même de tuer des loyalistes.

- Alya, reprit-il, je suis désolé de t’imposer les cris de panique de mes camarades ouvriers et exclus… Mais je souhaite que le plus grand monde les entende et soit témoin de ce que nous vivons. Leurs hurlements de désespoir te semblerons bien fades lorsque tu entendras leurs cris d’agonie. Car Kuat nous a piégé… Je suis désolé… je suis tellement désolé, j’ai failli à ma tâche... L’éclaireur que j’ai envoyé en reconnaissance est déjà mort, bientôt ce sera mon tour… Nous sommes des milliers dans le complexe usinier, je crains qu’on nous assassine en masse, au gaz. Je le vois, là... il entre dans le hangar principal de production de l’usine et il commence à remplir l’espace. Ces enfoirés ont coupé l’aération, ils ont verrouillé les sorties… Aïdan déglutît, sentant son heure approcher. Je… Je ne peux rien faire, je suis désolé… Je suis tellement désolé… !

Son regard vitreux pointait le sol alors qu’il baissait la tête résigné face à la mort. Mais soudainement, il aperçut sous un large établi une ouverture au sol, elle ressemblait à une bouche d’égout sans en être une bien qu’elle semblait destinée à accueillir les surplus de liquides industriels plus ou moins toxiques qui pouvaient parfois déborder des vastes cuves qui se trouvaient derrière lui. Pourtant déjà, le terrible gaz mortel venait effleurer sa peau, caresser son visage. Ses yeux commencèrent sévèrement à le brûler… Pour autant cela ne l’empêcha guerre de soulever l’immense trappe et de s’y faufiler, signalant à ses camarades l’éventualité d’une sortie. La scène qui suivit fut terrifiante... Les ouvriers se ruèrent sur lui, quitte à piétiner les dizaines de cadavres qui jonchaient déjà le sol. Menacé et guidé par son instinct de survie, Aidan se mît rapidement à l’abri dans le couloir d’évacuation alors que les ouvriers s’écharpaient pour pouvoir le suivre, quitte à s’entre-tuer le plus sauvagement possible, se tirant les cheveux, s’arrachant les vêtements, se griffant jusqu’au sang, se mordant le cou, se broyant les os en se marchant les uns sur les autres en tentant de pénétrer dans l’ouverture investie par le leader de Maw. L’horreur dont-il était témoin lui fit froid dans le dos et les laissant s’écharper, le jeune homme s’éloigna lentement de l’usine. Pour ses camarades, il était déjà trop tard, et le vacarme laissait peu à peu place au silence, le nuage toxique faisant son œuvre. Aidan se fit d’ailleurs vite rattraper par celui-ci alors qu’il progressait aveuglément vers ce qui pourrait être une sortie salutaire, et il rampa d’autant plus… Le trajet qu’il avait parcouru lui indiqua qu’il semblait être sorti de l’enceinte du complexe qu’il avait investi auparavant, mais pour aller où exactement ? Son rythme cardiaque s’emballait et les dégâts opérés par l’arme chimique de l’aristocratie de Kuat ne cessaient de l’affaiblir. Il retînt sa respiration une dernière fois, et dans un acte désespéré, frappa la base du conduit en espérant qu’elle cède. A vrai dire, il entendait un écho, une résonance… Il y avait une salle en-dessous ! Une ultime fois, il martela le conduit de toutes ses forces, celles qui lui restaient. Et là, il se brisa miraculeusement. Aidan fit une chute de plus d’une dizaine de mètres, s’écrasant sur le sol d’un entrepôt et se rompant sans nul doute quelques os au passage. Le gaz pénétra lui aussi la vaste salle, lentement, mais sûrement. A vrai dire, le garçon le savait : il était foutu, mais il ne savait pas encore que le nuage toxique n’allait point être son fossoyeur…

Il ricanait, la bouche en sang, rampant de son seul bras valide et s’approchant d’un rayon de l’entrepôt. Le révolutionnaire en se relevant prit appui sur ce qui semblait être une bouteille métallique, et même avec une vue des plus troubles, il avait deviné de quoi il s’agissait… L’entrepôt était une salle de stockage, certes, mais pas de n’importe quoi : il y avait là des dizaines de milliers de bouteilles de gaz tibana comprimé, prêt à l’injection dans les armes blasters que produisait le complexe. Aïdan lâcha un rire malsain. Quel idiot ! Évidemment ! Le tibana était une matière première dans la confection de ces foutues armes ! Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt… Même à l’article de la mort, le révolutionnaire conservait l’ingéniosité dont il avait pu faire preuve ses dernières années à la tête du Comité central du Chantier de Maw. Il fit quelques pas dans un des rayons infinis de l’entrepôt, scrutant la multitude de bouteilles qu’il renfermait, tout en se tenant aux structures métalliques où elles étaient disposées en ligne. Un nouveau rire résonna dans la vaste salle alors qu’il glissait le long d’un rayon vers le sol gelé. Aidan attrapa une bouteille de tibana de son bras valide, la fit tomber au sol. Elle roula sur quelques décimètres avant que le jeune homme la bloqua de sa jambe. Il dévissa l’embouchure, laissant faiblement échapper le gaz que l’on produisait abondamment sur Bespin afin de conserver à l’intérieur des bouteilles une pression des plus maximales. Quitte à mourir, autant faire les choses biens... Il laissa sa bouteille au sol et se releva tant bien que mal, puis rassembla les bouteilles de gaz qu’il ouvrait au fur et à mesure. Quelques dizaines trainaient désormais sur le sol de l’entrepôt et Aidan veilla à bien les rassembler pour que l’amorceur de l’immense bombe à venir puisse faire son effet et produire sa réaction en chaîne. Il n’en pouvait plus, et le gaz investissait dangereusement l’endroit. Il s’appuya de nouveau sur la structure métallique qui accueillait les bouteilles ; il ne tenait plus debout tout seul à vrai dire, et son cœur battait la chamade, au bord de l’explosion. Il fallait faire vite avant que la mort le surprenne. Alors il fit face à son amorceur, le souffle court et saccadé, la gorge desséchée, ses muscles raidis ; puis il leva avec mal l’arme qu’il avait récupéré dans l’usine, tremblotant, la pointant sur le sommaire amas de bouteilles de tibana au milieu du passage. Il ne disposait plus que de l’énergie du désespoir, acculé, se sachant mourir à petit feu. Déjà son nez laissait couler quelques effluves de sang alors qu’une larme roulait le long de sa joue... Il n’allait plus revoir ses proches, ceux avec qui il avait partagé cette aventure insensée. Le peur de la mort commençait à posséder son corps, mais surtout son esprit, maintenant qu’il était sûr qu’il ne s’agissait désormais plus qu’une question de temps. Le pleur fit place au sanglot, l’orgueil à la faiblesse. Et pourtant, la mâchoire serrée et les yeux grands ouverts, il appuya sur la gâchette, une fois, deux fois... trois fois ! Aidan lâcha soudainement son blaster, il se tenait au milieu du rayon et se rendit compte qu’il vivait là les plus longues secondes de sa vie. Une flamme émergea brusquement d’une des ouvertures. Tout se passa si lentement dans son esprit alors que l’instant fut si éphémère. L’amorceur fit son œuvre et la combustion également, jusqu’au moment fatal. Le révolutionnaire admira cette magnifique déflagration, pris dans le souffle de l’explosion, le regard vitreux et émerveillé par ces couleurs rouge-orangées qui n’allaient faire qu’une bouchée de son corps d’être humain, cet Homme qui n’était rien face aux puissances de la Nature. Il pensait à tout à la fois, à son échec, mais aussi à la relève, et à ce leader qu’il n’avait jamais connu. Il voyait Alya à son bureau, diriger les opérations, des exclus avec le sourire, heureux d’avoir enfin pu sympathiser avec des ouvriers, même avec des moyennants ; il se voyait profiter de ces si petites choses qui font la vie : rire, s’amuser, partager ; il se voyait avec ces gamins ambitieux qui comme lui voulaient péter la gueule du système, réduire l’aristocratie en cendres. Il s’imaginait sur le sol de la belle et paisible Kuat, partageant un repas en famille sous un ciel d’azur illuminé par les rayons du soleil qui venaient se poser sur sa peau et le réchauffer tendrement. Mais il allait rejoindre la Force, consumé par ces flammes, si puissantes. Le sol trembla, les murs de l’entrepôt cédèrent, l’onde de choc se propagea partout et fit brusquement irruption dans le fameux hangar de regroupement des forces de sécurité, réduisant les forces armées sur place en cendres, faisant s’écraser un transport au décollage avant qu’il soit lui-même totalement détruit par l’explosion. La déflagration envahit le complexe, vînt carboniser les cadavres des milliers d’ouvriers et d’exclus qui se battaient pour la vie, pour la liberté, pour l’égalité, pour la justice. L’onde de choc percuta d’autres entrepôts, dont un d’hyper-matière, enfermée dans ces blocs bleus translucides. Et le spectacle n’en fut que plus beau. Aux flammes crépusculaires s’ajoutaient cette couleur azur. Elle se mêla avec une harmonie déconcertante à la chaleur de l’orange, à la violence du rouge. Et enfin, la carapace de l’anneau céda, le vide spatial s’invita dans la zone en créant un choc dépressif si intense qu’il ne fit qu’aggraver la situation. Et tout à coup, le silence. Débris, jets de flamme, fabuleux mélange des couleurs, on avait là un des plus beaux feux d’artifices de la longue histoire de Kuat. Et même si son impact était moindre sur l’ensemble de la zone industrielle, il fut mortel pour les combattants du régime qui n’eurent guère le temps ni de sentir venir la mort, ni de souffrir dans leur passage au trépas. Les flammes et l’espace demeurèrent leur tombeau, au même titre que les combattant du site, exécutés par la noblesse, son aversion pour le partage, son amour pour la domination et sa crainte d’un avenir dessiné par le peuple. Aidan était mort. Mort, oui, mais avec honneur, en étant le maître de celle-ci, en la choisissant, en donnant dans un dernier baroud d’honneur un coup mortel à l’adversaire. Dans cette zone où régnait une guerre sans merci ne régnait plus que le silence, imposé par le vide de l’espace. Les armes lui laissèrent la place là où la destruction faisait place à la paix.

La résistance sur Maw semblait plus que compromise. Elle allait bientôt n’être réduite qu’à néant, étouffée, détruite par l’ennemi. Elle et l’aristocratie ne disposaient guère des mêmes armes, et le nombre avait l’air de n’être rien, surpassé par la force du monopole de l’outil coercitif. Celui n’était même plus politique, mais létal. Kuat sombrait dans un autoritarisme sanguinaire, quitte à purger sa propre population au service des gouvernants. Mais l’injustice appelle l’injustice, la violence engendre la violence. Le régime ne savait pas dans quelle situation il venait de sombrer et désormais on n’allait bientôt lui promettre qu’une seule chose : la guerre.



Quartier Général de forces de sécurité de Deponn


Les ouvriers se passaient les armes, à la chaîne, et presque chacun s’équipait dignement grâce au précieux butin que les grévistes avaient récolté quelques temps auparavant. Les négociations n’avaient pas duré très longtemps, le siège lui, un peu plus. A l’intérieur s’étaient déchirées les forces de sécurité de la zone : il s’agissait de savoir si oui ou non elles joignaient le mouvement révolutionnaire de Deponn. Et les avis furent partagés. Là où les fidèles du régime avançaient le fait que ce qui les attendaient était le mort et rien d’autre, les pro-grévistes arguaient la solidarité sociale et la promesse d’un mode plus égalitaire en droit mais aussi la fin des privilèges pour les nantis de la surface. Certains allaient s’avérer incapables de tirer sur les leurs et la division profita nettement à Leto et sa bande qui finirent par investir le bâtiment. La désorganisation de l’adversaire et l’absence de ligne claire firent tomber le dernier bastion de Deponn, non sans pertes. Mais voilà que la principale ressource en armes de la zone était dans les mains des révolutionnaires, de même qu’en transports. Des ouvriers s’assuraient de faire des résistants pro-régimes de véritables prisonniers de guerre tandis que les pro-révolutionnaires intégraient les rangs du grand mouvement populaire et pourraient par la suite partager leurs savoir-faire.

Leto participait du bon déroulement des choses, aidait au travail d’approvisionnement. Lui même n’avait jamais tenu une arme de ce type dans les mains et de ce fait il reçut une leçon express d’un garde acquis à la cause, heureux de s’être libéré de sa contraire déontologique au regard du prétexte de l’invasion ouvrière sur son lieu de travail. On mettait les caisses d’armes dans les vaisseaux internes qui assuraient le lien entre les différentes sections de la zone et une fois le butin amassé, la majorité des grévistes retournait dans le centre névralgique de l’organisation de la vie et de la révolution sur Deponn.

Le comlink de Leto s’alluma soudainement quelques longues heures plus tard, puis il bipa d’un bruit strident bien peu agréable alors qu’il se trouvait dans un de ces vaisseaux. Il enclencha la communication, c’était Alya.


- Leto.. commença-t-elle la voix tremblante.
- Oui… ? La sienne traduisait l’anxiété qui soudainement avait prit possession de son corps et de son esprit. D’emblée, il ne s’attendait guère à une excellente nouvelle venant de la part de son acolyte de toujours.
- Leto c’est terrible…
- Mais dis moi !
- Je ne sais même pas par où commencer, je…

Le garçon déglutît, peu rassuré, et il conserva le silence, la laissant parler en attendant avec angoisse la nouvelle qui allait lui être transmise. La première réflexion qui lui vînt à l’esprit fut d’espérer que les armes qu’ils avaient enfin pu récolter allaient bien pouvoir servir à quelque chose, qu’il y avait encore l’espoir de se mobiliser pour la cause juste qui était la leur. Il avait soudainement peur que le navire prenne l’eau, que tout le monde coule avec par une manœuvre sournoise ou abjecte de l’ennemi. D’un certain côté, c’est bien ce qui était en train de se passer : le gaz sur Maw et ses environs avait semé la mort, anéanti la résistance malgré les survivants ci et là.

- Aidan est mort… Maw n’a donc plus de leader, mais tous les grévistes et les révolutionnaires qui ont combattu aux usines et sur le chantier ont également été assassinés.

Le silence tomba brusquement dans le transport. La stupéfaction d’abord, la tristesse et la douleur ensuite... puis la colère... Pas n’importe laquelle ; c’était cette colère haineuse, viscérale, violente, celle de la pulsion, de la passion qui envahissait le coeur de ceux qui se trouvaient au sein du vaisseau. Leto ne savait quoi dire. Il se prit la tête entre les mains alors qu’Alya enchaîna sur les détails.

- Ils… Ils ont utilisé un gaz mortel à travers les systèmes de ventilation et d’aération. Ils l’ont déversé dans les usines, dans les zones occupées par les grévistes. Il y a même des loyalistes qui se sont faits avoir, des gens qui n’avaient rien demandé… C’est terrible…

Leto conservait le silence, il en avait perdu la capacité à prendre la parole, trop interdit par l’accablante nouvelle. Ils avaient perdu non seulement des centaines de milliers d’ouvriers et d’exclus, sans nul doute, mais aussi les positions qu’ils tenaient sur Maw et au sein des usines. Le jeune homme avait l’esprit en feu, ses pensées se brouillaient, il était incapable sur l’instant de réagir.

- Apparemment, continua Alya, il y a eu une explosion massive dans les usines, elle a pu exterminer les forces ennemies qui évacuaient la zone, ça c’est la première bonne nouvelle…
- Ah parce qu’il y en a une seconde… ? Fit Leto désemparé.
- La Kuat de Kuat a été assassinée, alors qu’elle était arrivée sur Deponn.
- Quoi ?!

L’ensemble des révolutionnaires du vaisseau relevèrent soudainement la tête, les yeux écarquillés, abasourdis par cette nouvelle qui il fallait le dire était pour le moins surprenante.

- La Kuat de Kuat est morte… assassinée… ? Mais par qui ?!
- Je n’en ai aucune idée, je ne peux même pas dire s’il s’agit d’un ouvrier, d’un exclu, d’un moyennant, d’un… aristocrate, j’en sais rien ! Il y a eu une explosion d’abord, elle s’est ensuite remise de ses blessures et en voulant se rendre à l’intérieur, on lui a tiré dessus…. On l’a achevée quoi…
- Ecoute… Je suis bientôt là. Je reviens avec des armes.
- Il y a des journalistes de partout Leto, les ouvriers eux-mêmes ne savent pas quoi faire…
- Ils en profiteront pour informer la population de ce qui s’est passé sur Maw. Leto serra fermement son arme volée aux forces de sécurité de la planète puis afficha un de ses airs les plus déterminés. Ce crime ne restera pas impuni, oh non, reprit-il la gorge serrée, la voix animée par la rage. Nos amis et leurs familles méritent que l’on se batte nous aussi jusqu’à la mort et je peux t’affirmer une chose Alya : nous détruirons ce système, nous le détruirons, il n’en restera rien, il ne restera ni aristocratie, ni noblesse, ni privilèges, ni rien du tout ! Tu entends ?! Il ne restera RIEN de ce système ! Ils ne méritent en aucun de détenir la position qui est la leur et nous ferons tout pour que cette domination s’achève. Et si nous devons lutter jusqu’à en mourir nous même, alors soit. Cette cause vaut largement mieux que nos misérables vie.



Quelques instants après la conversation entre Leto et Alya, la régente avait pris la parole, faisant valoir l’amnistie pour les ouvriers révolutionnaires, osant même proclamer un cessez-le-feu. Tout cela était retransmis sur les chaînes d’informations en continu qui ressemblaient d’ailleurs plus à des canaux la propagande qu’autre chose. Le leader révolutionnaire prit acte de la nouvelle. Pour autant, il s’apprêtait à réaliser son opération coup de poing alors que les journalistes étaient massés par centaines près du lieu ou Victoria Helena Kuat avait été assassinée, au grand bonheur du jeune homme. C’était au sud de Deponn, le chantier qui avait été le moins touché par les évènements puisque le système de survie se trouvait extraordinairement bien gardé par les révolutionnaires locaux. De ce fait, la force de frappe de la zone demeurait plus ou moins intacte, et on se gardait bien de répandre la nouvelle de l’extermination sur Maw, Leto allait s’en charger avec éclat.

Les vaisseaux de transports fusèrent, cela faisait des heures depuis que les grévistes s’étaient emparés des derniers bastions du régime dans la zone. Le lieu de l’attaque était sans nul doute sécurisé, mais les combattants armés allaient forcer le dispositif de sécurité installé en urgence autour du lieu de l’attentat. Alya avait été prévenue, des renforts viendraient au cas où des affrontements éclateraient devant les caméras. Leto ouvrit la grande porte latérale du vaisseau, il mît sa capuche d’une part puis sa semi-cagoule qui lui couvrait le bas du visage pour ne pas révéler son identité physique aux services de renseignement de l’Anneau d’autre part. S’il se faisait voir, c’était la mort assurée. Mais malgré les risques, il était de son devoir moral d’intervenir après les évènements qui avaient secoué Deponn et Maw plus au sud. Le jeune homme posa son arme sur le dessus de son épaule, se pencha au-dessus du vide pour regarder au devant du transport. L’objectif était en vue. Ils arrivèrent à toute vitesse sur les lieux, le vaisseau perça le barrage improvisé. Il freina brusquement avant d’amorcer son atterrissage alors que dizaines d’autres transports débarquaient sur les lieux. Juste avant que le sien se pose, Leto sauta au sol, l’arme pointée au sol, démontrant qu’il n’avait pour ambition de l’utiliser. Des dizaines d’ouvriers mirent pied à terre, les renforts se positionnèrent plus loin et guettèrent la situation, prêts à intervenir au moindre coup de feu. Le leader révolutionnaire s’approcha de la foule, des ouvriers un peu craintifs s’écartèrent, certains l’observaient d’un air apeuré alors que bien des journalistes ne savaient plus quoi faire : rester ou s’enfuir face à une éventuelle menace mortelle. Leto alluma son comlink pour enregistrer ses paroles tandis qu’Alya reliée à son communicateur se chargeait de le diffuser sur les hauts-parleurs de toute la zone depuis le centre principal du réseau du chantier de Deponn.


- Nous n’avons pas pour ambition de tuer, commença-t-il alors que des grévistes lui emboîtaient le pas. Nous, nous souhaitons une paix basée sur l’égalité des droits, la liberté, la fin des castes ! Sa voix résonnait dans le vaste espace dans lequel tous se trouvaient ; elle recouvrait une partie du brouhaha perpétré par l’agitation ambiante. Ah ! La mort de la Kuat de Kuat vous surprend hein ? Pour notre part, nous n’avons que faire ! NOUS NE PLEURONS PAS LES ASSASSINS ! Leto hurla d’une voix colérique, presque enragée. Les grévistes de Maw se battaient pour leur survie face à ceux qui les forçaient à redevenir les esclaves de l’Aristocratie ! Reprit-il. Aujourd’hui ils sont tous MORTS ! Vous entendez ?! Ils sont morts ! Assassinés ! Exterminés ! Gazés...! Un murmure presque paniqué se propagea dans la foule d’ouvriers mais aussi auprès des journalistes. Les uns se regardaient intrigués, beaucoup d'autres attendaient plus d’informations. Nous estimons ces pertes de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, qu’ils soient ouvriers, exclus, moyennants, soldats, policiers ! Qu’ils soient grévistes ou loyalistes, acquis à libération de nos castes ou à la cause de l’aristocratie, celle de soumettre le peuple par tous les moyens, quitte à en exterminer une partie ! Sa respiration s’entendait, son front perlait de sueur et ses gestes pouvaient être violents, brusques, menaçants au vu de l’arme qu’il tenait dans sa main gauche, mais Leto était habité par cette haine viscérale, sans borne envers les assassins du peuple. Il conserva son ton, quitte à effrayer son audience, et enchaîna. Nous ne lâcherons pas notre combat, oh que non… Nous ne lâcherons jamais. Et nous nous engageons à mener cette lutte, jusqu’à que le pouvoir des assassins qui nous gouvernent soit réduit à néant ! Non ! Il ne peut exister de domination légitime fondée sur le meurtre ! Les responsables de ces exactions, une fois démis de leurs fonctions par nous, le peuple, se verront jugés par celui-ci ! Aucune repentance, aucun regret, aucun geste, rien du tout ! Vous entendez ?! RIEN ! Ils auront la sanction la plus juste qui soit : celle décidée par les gens de cette planète, de cet anneau ! Quelques cris d’approbation émergèrent de la foule, les grévistes les appuyant pour y donner force et retentissement. Leto prit ensuite un air menaçant. Retenez bien ceci : vous pouvez nous tuer, nous massacrer, nous exterminer ; tant qu’il y aura une seule et petite personne qui croira dans nos idéaux, craignez pour votre domination, craignez pour votre place ! Comptez sur nous : nous allons aujourd’hui vous apprendre à le craindre ce pouvoir que vous chérissez tant depuis des millénaires ! Aujourd’hui il n’y a plus de négociations possibles, nous ne négocierons pas avec des assassins, nous ne nous arrangerons pas avec des meurtriers, planqués sur la surface de Kuat, vautrés dans leurs luxueux palais. Vous avez voulu la guerre ? Leto pointa les caméras en s’adressant aux aristocrates qui seraient exposés à son discours. Vous l’obtiendrez, cette guerre, et attendez vous soit à vous exiler au plus vite, soit à devenir les prisonniers du peuple. Chaque aristocrate acquis à cette domination sans partage, attaché à la légitimé de ce titre aujourd’hui obsolète de Kuat de Kuat, sera un ennemi du peuple, un complice des meurtres de masses qui se perpètrent sur l’anneau et sera jugé comme tel. Vous aurez cette fois des vraies raisons de craindre la masse ! Nous la libérerons de votre domination écrasante, de son consentement forcé au système de castes. Oui… Oui elle obtiendra le pouvoir, elle gouvernera, et c’est cela sa revanche : vous confisquer le votre.
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MessagePosté le: 16/10/2018 04:44:28    Sujet du message: Grève Générale!

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