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Inauguration du Musée de l'Espace Corellien

 
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Tericarax
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MessagePosté le: 11/08/2017 22:24:58    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

« - Au quartier des affaires » indiqua Lawrence tandis qu'ils pénétraient dans l'un des multiples ascenseurs. Les portes se refermèrent en une note de velours suave.« - La majorité des interlocuteurs que vous souhaiteriez probablement avoir au long de votre carrière s'y trouvent, monsieur Phocas. Autant vous introduire à ce beau monde directement...Et ce soir est l'occasion rêvée. » L'ascenseur menait au rez-de-chaussée. La population hétéroclite de Corellia (encore que majoritairement humaine) se massait là ; c'étaient des touristes principalement qui venaient emprunter ou rendre des chambres, entourés par les droïdes serviteurs qui les suivaient fidèlement ou traduisaient leurs exigences à un travailleur alien qui ne parlait pas un mot de basic. Ayant sitôt quitté l'entrée de l'hôtel, ils parvinrent jusqu'à une plate-forme, qui se déplia d'elle-même à leur approche, s'étendant vers le ciel. Le « rez-de-chaussée » était un terme tout à fait trompeur dans les grandes cités de la galaxie ; ils étaient en réalité encore une bonne centaine de mètres au-dessus du sol. Cependant, ils avaient face à eux une voiture speeder. Gracieuse dans ses courbes, élégante dans son design, elle était peinte d'un gris acier reluisant sous les derniers rayons du jour, éclaboussée du bronze mourant qui précède le crépuscule. Au loin, une bande colorée similaire s'étendait désespérément à l'horizon, écrasée par le début de la nuit qui la chassait au-delà du monde. Le véhicule comportait deux sièges à l'avant contre trois à l'arrière. Le garde magna prit la place du conducteur. Il fut entendu que le grand garde qui accompagnait le Skakoan prendrait lui aussi une place à l'avant, pour laisser les trois protagonistes à leurs discussions. Alors, la voiture-speeder décolla. Elle s'éleva, avant de plonger vers les voies aériennes, où se massaient d'autres véhicules. Le trafic à cette heure était fluide mais fourni. L'occasion idéale pour discuter comme il se devait.

« - Ce soir, il y a un gala, organisé pour inaugurer la rénovation du Musée de l'Espace Corellien. Il n'y a pas formellement besoin d'une invitation si bien que vous pourrez y prendre part, mais c'est une soirée en petit comité, naturellement réservé à la crème corellienne. Sna'lsh y sera très certainement. »

Le speeder s'arrêta à un carrefour aérien ; de gigantesques vaisseaux cargos passèrent face à lui, leurs moteurs hurlant à la mort. Le train de cargos était une technologie dont Corellia n'était pas peu fière, et qui était caractéristique de sa capitale, Coronet. Quand les wagons immenses furent passés, le trafic reprit normalement, et Lawrence put à nouveau parler.

« - Le gala débute dans deux heures. Toutefois, nous ne pouvons pas y aller ainsi : il faut nous mettre un peu au goût du jour. Nous vous emmenons d'abord faire les boutiques ! Si vous devez vous montrer, autant le faire sous votre plus beau jour. »

Le trajet s'étala encore sur plusieurs minutes ; pendant ce temps, la jeune femme en profitait pour présenter quelques bâtiments connus. Il s'agissait majoritairement de bourses et de sièges d'entreprises. Le plus prestigieux d'entre eux était naturellement celui de la CTC (Corporation Technique Corellienne), mais bien d'autres se démarquaient, que la femme désignait tour à tour à leur invité. Lorsqu'elle eut fini d'exposer les bâtiments principaux, elle tomba dans le silence, et nul mot supplémentaire ne fut exprimé sur le trajet. Malgré toute sa bonne volonté, Lawrence demeurait malgré tout pensive. Certes, son interlocuteur lui avait livré le fond de sa pensée et exprimait l'envie d'oeuvrer pour le bien de Corellia, mais l'humaine était tout sauf une novice en affaires politiques. Au fond, c'était véritablement une chance que le Skakoan ait fait le choix de s'appuyer sur elle : elle pouvait, du même coup, le garder à l'oeil. Puisqu'elle servait d'intermédiaire inévitable avec les contacts importants et les manettes qui pourraient permettre s'ils agissaient correctement de mettre à mal Gabe, elle était également capable de surveiller le nouveau venu. De l'empêcher de faire n'importe quoi. Il partageait sa vision d'une Corellia démocratique et libre, une Corellia insoumise. Les Corelliens avaient été en proie à l'audacieuse supercherie de Mufus une fois. Mais en brisant le cycle par de nouvelles élections, l'humaine savait très bien ce qui suivrait : un nouveau dictateur en lieu et place de la liberté rêvée et prônée depuis des millénaires par la planète mènerait probablement à un soulèvement et la mort du nouveau despote. Sans les élections, bien sûr, rien ne serait visible, juste une continuité mensongère. C'était véritablement le fait de déclencher les élections réelles et de mettre un terme à l'action éclaire de Gabe qui permettrait d'ouvrir les yeux du peuple. Ils avaient été trompés, très certainement : ils avaient choisi Mufus de plein gré. C'était en temps de peur, lorsque l'Empire et la guerre menaçaient ; nul n'avait vraiment pu refuser un candidat qui promettait à la fois la sécurité et la prospérité ; il apportait avec lui la sécurité, grâce à une flotte de croiseurs. Quant à la prospérité, il s'agissait réellement de maintenir la planète sur de bons rails. Elle était loin d'être en faillite, mais il lui fallait un cap solide. Cela, Mufus avait su le fournir. Mais le Jawa avait disparu, sa flotte avec lui. Si Corellia avait les moyens d'assurer sa sécurité à présent grâce à son économie florissante, sa population avait aussi les moyens de clamer son individualité. Coruscant n'était plus le cœur de la galaxie, plus après tous les dégâts et les affrontements qu'elle avait subi. Et quel monde plus approprié que Corellia pour prendre la relève, avec ses chantiers navals reconnus et admirés partout dans la galaxie ? La capitale séparatiste était trop lointaine du noyau. Ce serait Corellia et nulle autre qui éclipserait Coruscant dans les mondes noyaux. Elle deviendrait le nouveau modèle de prospérité et de stabilité. Et pour cela, elle devait être démocratique, car le peuple corellien était intelligent et éduqué, ouvert sur le monde et curieux !

Ils descendirent du speeder. Le garde magna avait arrêté le véhicule juste à côté d'une plate-forme. En-dessous, le vide ; après la plate-forme, qui était décorée d'un sol dallé probablement en marbre (ou une imitation du reste), la porte de verre d'une boutique révélait à l'intérieur un étal complet de vêtements divers et variés. Les lumières de l'établissement filtraient à travers l'entrée jusque dans cette ruelle, qui était à présent plongée dans l'obscurité avec l'avancée de la nuit. Lawrence quitta son siège pour bondir sur la plate-forme. Elle tendit sa main à celui qui serait son associé d'affaire et son protégé pour l'aider à monter, puis prit la direction du magasin. L'air extérieur était frais, notamment à cause de leur altitude. Le garde magna sortit du véhicule mais demeura hors de la boutique ; les droïdes et escortes avaient l'obligeance de rester hors de tels établissements, sur Corellia. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la boutique, un air conditionné réchauffa agréablement l'atmosphère.

Un androïde arriva vers eux en voletant. Il s'agissait d'un modèle qui voletait à quelques mètres du sol, doté de plusieurs paires de bras ; certains possédaient des ciseaux au bout, un autre tenait une aiguille à coudre ; le fil et la bobine étaient directement intégrés au poignet droïde. Le visage de l'automate était doté de deux yeux démesurés pour lui donner probablement un air plus attachant. Tout de rondeurs et de courbes, il était bien moins austère que les IG-100 ou même que le garde du corps accompagnant celui qui se faisait nommer Asavar Phocas.


« - Comment puis-je vous aider ? » demanda d'une voix féminine et douce le robot.

« - Nous venons pour des pièces sur-mesure, sourit Lawrence. Un gala, pour ce soir. Faites vite, nous sommes pressés. » Elle adressa un regard à Asavar. « - Commencez par mon ami. Il nous faut une tenue à la fois distinguée mais pas criante. »

L'androïde de couture tourna son attention vers le Skakoan. Il était temps de se mettre à l'oeuvre.



Lorsqu'ils arrivèrent au gala, Lawrence arborait une élégante robe d'un bleu corbeau ; de l'or était tissé sur les manches et le haut du col, une broderie fine avait en outre été réalisée sur le sein droit. C'était un lézard ailé, tressé comme une broche, qui était le symbole de sa famille depuis des générations. L'inauguration allait bientôt débuter ; il était évident que les escortes attendaient au-dehors, car l'intérieur était déjà largement assez protégé. Les gardes de la CorSec prenaient très au sérieux la vie des citoyens corelliens, l'endroit était une fourmilière de sécurité. Nadher, lui, s'était également fait confectionner une toge plus fine, plus proche du corps également, soulignant sa musculature de Mon Calamari. Les robes longues étaient très prisées par les politiciens dans la galaxie : elles étaient un symbole de sagesse qui était un héritage du Sénat depuis plus d'un millénaire. Cette mode était loin de toucher à sa fin, songea la femme ; au contraire, elle débutait à peine. Plusieurs autres cortèges entraient par les portes du muséum nouvellement restitué. On accueillerait tout ce beau monde dans le hall principal d'ici quelques minutes, pour sonner le coup d'envoi de la réception. Le directeur du musée en personne serait présent pour son discours, bien sûr. Ensuite, l'occasion de discuter enfin avec leur cible viendrait. La femme soupira. Elle avait déjà mené une longue carrière, mais elle avait l'impression pourtant de revivre ses vingt ans. Combien encore d'épopées palpitantes mènerait-elle ? Elle s'arrêta un instant, pour tourner son regard vers leur invité skakoan. Un sourire léger flottait sur ses lèvres. Habiller ce bon monsieur n'avait pas été une mince affaire pour le droïde.


« - Bienvenue sur Corellia de nuit monsieur Phocas. J'espère que vous apprécierez la compagnie du gratin corellien. »
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MessagePosté le: 11/08/2017 22:24:58    Sujet du message: Publicité

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Asavar Phocas
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MessagePosté le: 20/08/2017 15:46:23    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Lawrence Vaetta m’indiqua notre prochaine destination alors que nous nous dirigions vers l’un des ascenseurs conduisant à ce que l’on pourrait grossièrement appeler le « rez-de-chaussée ». Cap sur le quartier des affaires. Evidemment. Les puissants ne se terrent dans de palais que lorsqu’ils détiennent officiellement le pouvoir. Ceux qui le possèdent officieusement peuvent être trouvés dans les quartiers des affaires. Moi qui avait grandi sur Skako, je le savais mieux que quiconque : les cadres du Techno-Syndicat y faisaient office de noblesse despotique et le Contremaître y était un monarque absolu. Quant au gouvernement… eh bien, sans l’appui de ce monde fermé qu’est le milieu des affaires, il n’était rien, incapable d’obtenir de lui-même les ressources nécessaires pour diriger. Je ne comptais pas reproduire cette erreur.

Les portes de l’ascenseur se refermèrent doucement alors que notre curieuse troupe finissait de les passer. La descente se fit à grande vitesse et les chiffres indiquant les étages défilèrent à un rythme effréné. Je fermai les yeux et repensai à la mission qui m’avait été confiée sur Géonosis. Si je venais à échouer, ce ne serait pas seulement la fin de ma carrière, mais aussi mon arrêt de mort… Non ! Je ne devais pas penser à cela. Je n’avais pas d’autre option que de réussir, les enjeux étaient bien trop importants pour qu’il en soit autrement. Et c’est bien ce que je comptais faire.

Mes paupières se rouvrirent lorsque les portes de la cabine s’ouvrirent enfin, révélant une foule des plus hétéroclites. Corellia était réputée pour être un des mondes les plus cosmopolites de la galaxie, et la vision de ses nombreuses espèces différentes vivant en harmonie donnait raison à cette réputation. Tant de races… Elles me dégoûtaient toutes. La solitude est la rançon du pouvoir : c’était d’autant plus vrai dans mon cas. Un Skakoan, seul face à une populace répugnante… Fort heureusement, ma mission serait de devenir leur leader, pas leur ami.

Nous sortîmes les uns après les autres de l’ascenseur avant de prendre la direction d’un magnifique speeder de luxe d’un gris acier étincelant. Bel appareil. Quoi qu’un peu voyant… Le magna garde et Dakul prirent place à l’avant du véhicule. J’avais d’abord cru que ce dernier serait trop imposant pour s’installer, mais l’engin s’avéra finalement assez spacieux pour accueillir mon garde du corps. Vaetta, le Mon Calamari et moi-même nous installèrent à l’arrière afin de pouvoir discuter tranquillement. Lorsque le véhicule démarra et se plongea enfin dans le dense trafic de Coronet, la corellienne prit la parole. Visiblement un gala allait se tenir dans la soirée et il y avait fort à parier que cette Sna’Ish Turuk s’y trouverait. Je fus brièvement gagné par l’irritation lorsque Lawrence Vaetta m’anonça que nous nous apprêtions d’abord à faire les boutiques pour « nous mettre au goût du jour ». « Ridicule perte de temps » me dis-je dans un premier temps, sans toutefois laisser paraître ma lassitude. Puis, je me dis finalement – non sans grincer des dents – que l’humaine avait raison : les apparences sont importantes.

Nous passâmes devant plusieurs lieux d’intérêt, dont le siège de la célèbre et prestigieuse Corporation Technique Corellienne. Celui-ci en particulier m’intéressait au plus haut point : il pouvait bien devenir le pilier de ma conquête du pouvoir absolu sur Corellia et je serais quoi qu’il en soit amené à entretenir un dialogue régulier avec les dirigeants de la firme.

Le speeder s’arrêta finalement devant une plate-forme dallée de marbre : le quartier était probablement très huppé, comme le confirmait l’allure des commerces environnants ainsi que celle des passants se promenant en cette heure tardive. Vaetta m’aida à sortir du véhicule en me tendant la main. Cette dernière semblait bien frêle en comparaison de la mienne : la corellienne n’était pas pour ainsi dire petite, cependant, je la dominais largement en taille. Une fois sur la plate-forme, je fis signe à Dakul de patienter avec le magna garde alors que Vaetta, Nadher et moi-même prenions la direction d’une boutique de vêtements. La perspective de devoir y faire mes emplettes ne m’enchantait guère… Alors que nous passions la porte du commerce, un droïde tout équipé pour son travail de tailleur voleta doucement dans notre direction. Lorsqu’il demanda comment il pouvait nous être utile, ma nouvelle alliée corellienne réclama des pièces sur mesure pour un gala… et je devais être le premier à y passer. Mes yeux s’écarquillèrent lorsque le petit robot s’avança vers moi. Il se mit au travail promptement et avec efficacité. Mesure, couture, finition… L’ouvrage dura seulement une dizaine de minutes. Le droïde avait travaillé vite et bien. Néanmoins, je ne pouvais m’empêcher d’être perplexe en voyant mon reflet dans le miroir qu’il me tendit une fois sa mission accomplie… La robe aux teintes sanguines que je portais avant avait cédé sa place à une ample robe noire de jais. Le tissu était lisse et, sur les bordures du vêtement, de fins tissages d’argent décrivant des arabesques venaient décorer l’ensemble. Les manches étaient longues et amples et dissimulaient en grande partie la matière caoutchouteuse qui composait ma combinaison pressurisée au niveau de mes bras. Enfin, autour de mon cou et de mes épaules était enroulée une sorte de toge grise composée du même tissu que la robe, cachant la partie métallique de ma combinaison au niveau du torse… La tenue était si éloignée de ce que je portais habituellement que j’avais la désagréable impression d’avoir une allure grotesque. Mon scaphandre me fut alors fort utile en dissimulant la rage bouillonnante qui se dessinait sur mon visage derrière un masque métallique me donnant une expression perpétuellement indifférente et un air inébranlable. Je remerciais le droïde, tout en retenant un grognement, avant de le laisser s’affairer sur les tenues de Vaetta et Nadher.

Une fois cette formalité réglée, Vaetta régla la facture et nous reprîmes la route du Musée de l’Espace Corellien. Le crépuscule avait pris fin, cédant la place à une nuit sans étoiles. Le gala commençait à peine lorsque nous posâmes l’airspeeder devant le muséum. Un attroupement composé de la crème de la société corellienne empruntait les portes du bâtiment duquel émanait une lumière dorée. Politiciens, hommes d’affaires… Les dignitaires les plus importants de la ville avaient été conviés.

Certains visages m’étaient familiers malgré ma très récente arrivée sur Corellia. Il s’agissait surtout de cadres supérieurs de la CTC, compagnie administrée par des corelliens et employant un savoir-faire corellien, mais possédée en partie par le Techno-Syndicat, ce qui expliquait ma familiarité avec ses dirigeants. Bien sûr, le lien qui nous unissait était distant, l’acquisition de parts de la société industrielle par la mégacorporation remontant à plusieurs années avant la crise séparatiste, à une époque où j’étais encore jeune et désireux de faire mes preuves. Ainsi, le Techno-Syndicat recevait toujours des rentrées d’argent en provenance de Corellia, mais les événements de la guerre civile galactique puis l’arrivée au pouvoir de Mufus avaient réduit considérablement la concrétude de cette relation. Un sacré gâchis, selon moi.


-Bienvenue sur Corellia de nuit monsieur Phocas, me lança Vaetta, me tirant ainsi de mes réflexions. J’espère que vous apprécierez la compagnie du gratin corellien.

Cela restait à voir… Néanmoins, je n’avais pas nécessairement à apprécier la compagnie de ces dignitaires. L’important était simplement de les avoir à mes côtés lorsque j’aurais besoin d’eux.

Après quelques minutes d’attentes, les portes du hall principal s’ouvrir, révélant un intérieur richement décoré. Le sol était de marbre et tout était d’un blanc éclatant. Des bas-reliefs rendant hommage aux grands hommes de l’exploration spatiale corellienne était visible sur les murs du musée. Le tout était éclairé par des lustres diffusant la même lumière dorée qui était visible depuis l’extérieur de la bâtisse. Une fois, les invités rassemblés à l’intérieur, le directeur du musée grimpa sur estrade montée pour la soirée et prononça un discours enthousiaste mais solennel qui reçut un tonnerre d’applaudissements. Pour ma part, je dois avouer que l’avais écouté d’une oreille particulièrement distraite, trop concentré sur la suite des événements pour être réceptif aux paroles du conservateur. Lorsqu’il eut fini, un petit orchestre de Jizz prit la place du directeur sur l’estrade et commença à jouer sa musique entraînante pour les invités du gala. La chanteuse, une humaine en robe de soirée, attirait les regards. Elle devait être belle selon les critères humains. Je n’en avais cure. Il me tardait simplement de rencontrer la Twi’lek et de passer au plus vite à l’étape suivante. De nombreux invités discutaient entre eux, échangeant des salutations et des mondanités. Certains d’entre eux vinrent même saluer Vaetta et me serrèrent la main par la même occasion. Néanmoins, j’avais la tête ailleurs. Je scrutais l’assemblée à la recherche d’une personne pouvant être Sna’Ish Turuk. Il me tardait d’en finir avec cette mascarade...

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MessagePosté le: 25/08/2017 19:02:58    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Ah, les soirées mondaines ! Quoi qu'un comité restreint, les convives formaient malgré tout une foule bien garnie. Au rythme dandinant de la viole basse et des notes déliées et gaies du synthétiseur Mood, Lawrence se faufilait entre les invités, suivie de près par son collègue improvisé, Asavar Phocas. Nahder s'était mêlé à la foule, lui, profitant de la soirée. Et quelle soirée ! Tous s'étaient fait aussi beaux que possible pour l'occasion, et les discussions allaient bon train ; suivant le discours d'inauguration du président qui avait été reçu avec enthousiasme, des petits groupes s'étaient formés. L'orchestre de Jizz fournissait un tapis sonore sur lequel les dialogues marchaient avec confort. Ici, un Chagrian en toge de nuit s'entretenait en riant avec deux Umbaran, plus réservés mais certainement amusés par la remarque du personnage bleu. Un droïde protocolaire attendait au côté de ce dernier, au cas où une traduction serait requise. Et ce genre de scène n'était pas rare ce soir ; on déambulait dans le musée, ouvert et inauguré. Les modèles reconstitués des premiers vaisseaux corelliens servaient de décor, parfois titanesque, aux délibérations amicales. On entendait parfois le bruits de couverts, tranchant à travers les discussions, car on servait le buffet. La femme se tourna vers son compère de Skako.

« - Sna'lsh a sa personnalité bien à elle. Laissez moi faire les introductions, car si elle ne se sent pas d'humeur à parler du premier coup elle ne le sera plus pour le restant de la soirée. »

Là-dessus elle continua à passer à travers les petits groupes ; elle connaissait tous les visages présents ou presque, quoi que quelques inconnus se fussent mêlés au comité. Le directeur du musée était toujours présent, c'était vers lui que marchait actuellement Lawrence. C'était un homme qui avait la soixantaine passée ; quelques cheveux blancs s'attardaient désespérément à l'arrière de son crâne, mais la majorité avait été ravagée par la calvitie. Armé d'un petit bouc au menton et de lunettes rondes qui grossissaient grossièrement ses yeux, il était la seule personne de la pièce (à l'exception des droïdes protocolaires, des gardes qui encadraient chaque fenêtre et du personnel de service bien sûr) à ne pas se vêtir d'une toge ou d'une tenue longue qui s'en serait approchée ; lui revêtait à la place une chemise courte, par-dessus laquelle il avait une veste marronâtre en accord parfait avec son pantalon bouffant. Il portait en outre des gants épais, pareils à ceux des ouvriers sur les chantiers de la CTC. Cependant, nul ne lui en avait tenu rigueur, et pour cause : c'était la tenue traditionnelle des premiers colons corelliens. Le choix de cette tenue était un hommage direct au passé de Corellia aux premières heures de la conquête spatiale ; le directeur était un homme avisé, quoi que loufoque sur les bords. Un grand sourire dansait actuellement sur son visage ridé et rougi – probablement par l'alcool autant que l'émotion de joie qui semblait l'emplir. Son interlocutrice était une Twi'lek ; elle portait, à la façon de Lawrence, une robe corbeau, mais c'était une balance qui était brodée sur son sein ; sur sa tête, au niveau de son front, des bandes de cuir cerclaient la base de ses lekku et la dissimulait ; de cette base venaient des arabesques d'or qui entouraient les deux tentacules fins de l'individu ; et sur le cuir l'or se prolongeait, pareil à un fin diadème que seul l'oeil attentif aurait décelé. Pareils à deux tresses, les lekku retombaient des épaules sur sa poitrine. La peau de la Twi'lek était d'un rubis vif ou « Lethan » comme les Twi'lek eux-mêmes aimaient à dire : c'était une mutation génétique très rare et prisée. Le directeur du musée éclata de rire, visiblement face à une quelconque plaisanterie : elle rit également, quoi que moins bruyamment. Son regard remarqua soudainement Lawrence. Elle adressa une phrase inaudible au directeur et s'éclipsa pour rejoindre notre humaine.

« - On ne vous voit pas souvent par ici madame Vaetta ! » débuta-t-elle avec un grand sourire. Elle observa Asavar de pied en cap. Ses yeux étaient bruns, mais le carmin seul de sa peau suffisait à la rendre unique. Elle plissa un instant les yeux, puis reprit un air plus neutre.

« - Lawrence a toujours le goût pour les personnages non humains à ce que je vois. Un plaisir de vous rencontrer, enchaîna-t-elle à l'intention du Skakoan, je suis Sna'lsh Turuk. »

Lawrence émit une protestation.


« - Le goût pour les non-humains... ! Pour qui veux-tu me faire passer... »

La Twi'lek lui jeta un regard espiègle.

« - Ose me dire que c'est faux ! »

« - Je n'ai pas ramené le dernier non humain dans mes appartements, moi. »

Ce fut au tour de Sna'lsh de protester.


« - Madame Vaetta ! Quelles graves accusations que voici. Vous savez bien que je ne m'entretiens avec mes estimés collègues que pour affaires. »

« - Des affaires, oui, mais qui n'ont pas trait aux négociations ni à la constitution. »

« - Au contraire, ce ne sont que d'honnêtes négociations, simplement à l'abri des regards indiscrets. »

« - Et des vêtements. »

La Twi'lek éclata de rire.


« - Pourquoi tu ne viens pas plus souvent ? Avec tous ces gens sérieux et coincés je m'ennuie moi...(Elle se rapprocha, presque murmurante) Toutes les propositions de la gente masculine, c'est d'une lourdeur à force, si tu savais...(Elle reprit ensuite, plus fort :) Et quel est le nom du charmant personnage qui t'accompagne ? »

Lawrence jeta un regard au Skakoan. Elle avait gagné le round d'introduction. Pour l'alien en scaphandre, cela pouvait sembler des formalités futiles, mais Sna'lsh était une tête dure. À la vérité, il était très peu de monde sur Corellia plus entêté que la belle Twi'lek à la peau rouge.

« - Je te présente Asavar Phocas. C'est un nouvel...Associé à moi . »

La main droite de l'alien vint caresser un de ses lekku. En fond, la chanteuse entamait un air d'opéra reprit sur un air plus dansant. Un intérêt amusé dansait dans les yeux de la Twi'lek, qui était assurément bien plus jeune que Vaetta.

« - Un plaisir de vous rencontrer monsieur Phocas. Je suis certaine que vous trouverez votre bonheur sur Corellia ! »

Lawrence eut un sourire ironique.

« - C'est pour cette raison qu'il m'accompagne ce soir. »

Sna'lsh mima l'étonnement en ouvrant la bouche, mais elle retrouva quasi instantanément son sourire assuré.

« - Je trouve qu'il y a trop de bruit par ici, pas vous ? »



La gracieuse dame à la peau de feu mena notre duo à travers le hall principal du musée. Ils arrivèrent devant des escaliers marbrés qui menaient en une cage circulaire à l'étage supérieur ; quoi qu'encadrés par des gardes, l'accès n'était pas interdit. Pour preuve, un droïde protocolaire descendit les marches. Il tenait d'une main un plateau de rafraîchissements et de gourmandises qu'il proposa au trio ; Sna'lsh prit l'un des canapés avec un air fripon. Lawrence prit également un met, mais elle vint bien vite à regretter son choix : le canapé contenait du Murra, aliment qu'elle détestait par-dessus tout. Qu'à cela ne tienne, sa camarade Twi'lek mangea le maudit canapé, laissant Vaetta sur sa faim. Ils arrivèrent à l'étage supérieur ; des balcons permettaient d'observer d'autres modèles encore de vaisseaux spatiaux, des reconstitutions de colons aussi. Surtout, on pouvait observer un spectaculaire ver d'astéroïde à taille réelle. Il s'agissait bien sûr d'un modèle empaillé, pendu depuis le plafond. L'énorme animal était éclairé par plusieurs sources lumineuses, soulignant à la fois son gigantisme et ses monstrueuses dents en aiguille. Il était mis en scène, comme si le plafond avait été un météore dont il jaillissait. Des vaisseaux datant des premières heures de la conquête spatiale accrochés autour, comme évitant héroïquement ses monstrueuses mâchoires. Quelques couples étaient venus à l'étage pour discuter plus au calme ou profiter de la quiétude et du climat clément du début de soirée. Lorsqu'ils se fussent assez éloignés de tout importun potentiel, Sna'lsh s'arrêta enfin et fit volte-face.


« - Bien. Venons-en aux affaires. Qui êtes vous monsieur Phocas, et que peut cette modeste Twi'lek pour vous ? »

La véritable soirée débutait.

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Asavar Phocas
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MessagePosté le: 17/09/2017 13:29:23    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Aucun signe de vie de la Twi’lek. Je commençais sincèrement à perdre patience. S’il devait s’avérer que j’avais été amené à ce gala ridicule pour rien, il ne serait pas impossible que je plonge dans une colère noire. Las, je portai mon regard vers les reconstitutions des vaisseaux corelliens. Les modèles représentés étaient à mes yeux archaïques et devaient avoir été employés dans les premiers temps de la conquête spatiale corellienne. Rien de tout cela n’excitait la curiosité de l’ingénieur de formation que j’étais. D’autant plus que mon apprentissage à l’académie de Skako m’avait plus orienté vers le domaine de la robotique que vers celui de l’aéronautique. En attendant que la situation évolue, je me surpris à écouter des bribes de conversation et à tenter de mettre des noms sur les visages des notables. Cependant, je compris très vite que je n’apprendrais rien d’intéressant. Je n’avais pas de patience pour ces frivolités.

- Sna'lsh a sa personnalité bien à elle, me lança Lawrence Vaetta. Laissez-moi faire les introductions, car si elle ne se sent pas d'humeur à parler du premier coup elle ne le sera plus pour le restant de la soirée.

Merveilleux… J’avais choisi de faire appel à l’aide d’une Twi’lek capricieuse… C’était bien ma veine. La corellienne se fraya un chemin à travers la foule de notables et se dirigea vers un petit homme assez âgé et habillé grossièrement. Je n’eus aucun mal à l’identifier comme le directeur du musée, puisqu’il avait prononcé un discours une douzaine de minutes plus tôt. Néanmoins, mon regard ne se porta pas vers ce vieillard inintéressant, mais vers son interlocutrice. Une Twi’lek. Bingo. Son accoutrement n’était pas sans rappeler la tenue portée par ma nouvelle associée. La seule différence notable était le motif brodé au niveau du sein : il s’agissait d’un lézard ailé sur celle de Vaetta tandis qu’une balance ornait la poitrine de Sna’Ish Turuk. Tout portait à croire que cette robe était à la mode sur Corellia. Ou peut-être que cette ressemblance frappante avait une autre signification… Je chassai temporairement cette idée de mon esprit. Si ce détail s’avérait important, il serait toujours temps d’y réfléchir après l’entrevue. Le regard de la Twi’Lek à la peau écarlate se tourna vers Lawrence et un grand sourire se dessina sur son visage.

- On ne vous voit pas souvent par ici madame Vaetta !

Alors qu’elle s’approchait, elle me dévisagea soudain, plissant les yeux. La plupart des représentants de mon espèce devait faire face à ce genre de réactions lorsqu’ils quittaient Skako. Seuls les représentants du Techno-Syndicat s’aventuraient régulièrement hors de leur monde natal, et il était rare d’en croiser. Les autres Skakoan n’osaient quitter le sol « sacré » de Skako, aveuglés par le fanatisme religieux. Ridicule… Aux yeux de nos interlocuteurs, le doute subsistait donc toujours : étions-nous des droïdes ou des êtres organiques ?

- Lawrence a toujours le goût pour les personnages non humains à ce que je vois. Un plaisir de vous rencontrer, je suis Sna'lsh Turuk.

Mes yeux s’écarquillèrent derrière mon masque. Capricieuse ET puérile. Brillant.

Vaetta démentit les accusations de celle qui semblait être une camarade de longue date pour elle et s’en suivit une conversation que j’écoutai qu’à moitié, atterré par ce qui ressemblait à un dialogue entre deux adolescentes.


- Et quel est le nom du charmant personnage qui t'accompagne, demanda enfin la Twi’lek ?

Le regard que me jeta Vaetta portait à croire qu’elle avait réussi à placer Sna’Ish Turuk dans de bonnes dispositions pour discuter. Si cet échange puéril était l’unique prix à payer pour attirer l’attention de la Twi’lek, alors tant mieux. J’avais connu des interlocuteurs beaucoup plus… difficiles au cours de mon parcours…

- Je te présente Asavar Phocas. C'est un nouvel...Associé à moi.

- Un plaisir de vous rencontrer monsieur Phocas, répondit-elle en caressant un de ses lekku. Je suis certaine que vous trouverez votre bonheur sur Corellia !

- C'est pour cette raison qu'il m'accompagne ce soir.

Turuk fint l’étonnement, demeurant silencieuse pendant quelques instants.

- Je trouve qu'il y a trop de bruit par ici, pas vous ?

Les choses sérieuses allaient enfin commencer. Sna’Ish Turuk nous emmena vers un majesteux escalier de marbre. En haut de celui-ci se trouvaient des balcons permettant de prendre de la hauteur pour observer des reconstitutions d’anciens modèles de vaisseaux corelliens. Au milieu de ceux-ci se trouvait un colossal ver d’astéroïde empaillé. La vision de cette étrange et monstrueuse créature me rappela des légendes du folklore Skakoan que m’avait autrefois racontées mon père. Ces vieux mythes mettaient en scène des divinités et des démons peuplant un plan spirituel, un lieu à part situé hors de l’espace et du temps auquel seul un esprit exercé pouvait accéder, et les monstres qui y étaient décrits n’étaient pas sans rappeler certaines abominations que l’on pouvait croiser en parcourant la galaxie. Un léger frisson me parcourut sans que je ne sache trop pourquoi et je détournai mon attention de l’animal titanesque. Sna’Ish Turuk s’arrêta alors avant de s’adresser à moi.

- Bien. Venons-en aux affaires. Qui êtes vous monsieur Phocas, et que peut cette modeste Twi'lek pour vous ?

Je demeurai silencieux quelques instants avant de répondre à la question, dominant la Twi’lek de toute ma taille.

- Je pense que vous avez une idée de la raison de ma présence ici, madame Turuk. Après tout, en ce moment, un seul sujet accapare les esprits sur Corellia. Un sujet pour lequel beaucoup portent un intérêt tout particulier, moi y compris. Je parle bien entendu des élections à venir, si on ose appeler cette parodie de démocratie des élections. Je ne suis qu'un spectateur des événements récemment arrivé sur votre planète, mais ce que j'observe m'inquiète au plus haut point.

Je marquai une pause dans mon discours.

- Gabe Narben est un mégalomane assoiffé de pouvoir. Madame Vaetta et moi-même sommes tombés d‘accord sur le fait que ce danger public ne peut pas… ne doit pas devenir président de Corellia. Mufus a déjà fait suffisamment de mal à la démocratie corellienne, il est hors de question que son successeur ne vienne la détruire à jamais. Cependant, dans l’état actuel des choses, aucun prétendant ne peut venir contester son accession au pouvoir. Dans l’état actuel des choses.

Un sourire vint se dessiner derrière le masque de ma combinaison.

- Et c’est là que vous entrez en scène, madame Turuk. Vous pourriez bien être la femme providentielle qui va permettre au peuple de Corellia d’avoir enfin le dernier mot. Votre carnet d’adresses serait un atout de poids pour freiner les élections et permettre à d’autres candidats de venir contester la passation de pouvoir. Pour cela, vos amis au sein du conseil et de la chambre devront faire passer une disposition imposant une durée minimale à l’élection présidentielle. C’est le seul moyen de stopper Narben. Malheureusement, nous disposons de très peu de temps pour empêcher la catastrophe et nous aurons donc besoin de votre réponse dès ce soir. Néanmoins, si vous avez la moindre question, madame Vaetta et moi-même serions ravis d’y répondre. Je comprends tout à fait qu’une décision aux conséquences si importantes mérite qu’on y réfléchisse avant de la prendre et je ne souhaite pas vous brusquer.

La vérité était que je souhaitais en finir au plus vite. Chaque instant voyait mes chances de damer le pion à Narben diminuer. Cependant, je touchais au but.

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MessagePosté le: 08/10/2017 22:09:43    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Sna’lsh demeura silencieuse jusqu’à ce que son interlocuteur ait achevé sa tirade. Elle jeta un regard vers le centre de la pièce. Les festivités battaient toujours leur plein à l’étage inférieur. L’élégant comité se livrait à de charmantes frivolités, sous les intonations d’une talentueuse chanteuse. La Twi’lek ramena ses iris bruns sur ce nouvel arrivant alien. Elle lui adressa un sourire des plus charmants.

« - Votre détermination est absolument remarquable, monsieur Phocas. Et je vois qu’en outre vous êtes fort bien renseigné sur la situation de notre monde, grâce sans doute aux précieux conseils de madame Vaetta ici présente (son regard et son sourire se portèrent sur l’interpellée avant de revenir au Skakoan). Rares sont ceux qui osent critiquer la régence de l’ancien président Mufus. Vous semblez en connaître long sur la démocratie. Mais comprenez bien...Malgré tout le respect que j’ai à votre égard, et l’amitié que je nourris pour votre collègue ici présente, je ne peux pas simplement vous accorder ma confiance sur des paroles. La situation est grave, j’en conviens, cependant… »

Son regard se porta sur l’astéroïde reconstitué au-dessus d’eux. Lawrence intervint alors :


« - Sna’lsh, tu ne comprends pas, il faut que tu nous…- »

La Twi’lek poursuivit dans sa tirade, interrompant son amie : son regard était fixé sur le gigantesque ver spatial.

« - L’avarice de certains menace les joyaux les plus précieux de notre galaxie. Le peuple corellien ne s’est pas vraiment aperçu de ce qui se passait. Le contexte, la peur de la guerre des grands...Tout était approprié pour l’arrivée providentielle de Mufus. Quel est le réflexe le plus naturel quand l’on est paralysé par la terreur de l’inconnu, tétanisé par ce que réserve un futur apocalyptique où grondent les armées ? S’en remettre à ceux qui savent. Se laisser guider à travers la tempête, tenir par la main en fermant les yeux. Mufus était cette personne. Le peuple corellien a abandonné sa voix à ses mots. Le peuple corellien a renoncé à son libre arbitre pour son commandement. »

Elle se tourna vers Asavar et commença à marcher vers lui, un pas après l’autre. Chaque pas en avant ponctuait une phrase, qu’elle lançait de sa voix devenue rude comme une grêle. Ses talons résonnaient sur le sol comme des marteaux.

« - Et Mufus aurait pu exécuter chaque semaine des opposants. (Tac ! Firent ses talons)Et Mufus aurait pu faire disparaître ceux haussant la voix et supprimer leur famille. (Tac ! Firent ses talons) Et Mufus aurait pu pendre les corps de la plus haute tour de Coronet, à la vue de tous, pour en faire des exemples. (Tac ! Firent ses talons) Il aurait pu mater les contestations dans le sang, et Corellia sera devenue un joyau carmin, une gemme sanguine ! (Tac ! Firent ses talons) Le pouvoir, usurpé au peuple, usurpé à la planète, entre les mains entières et complètes de Mufus et de Fear, les deux présidents d’une démocratie factice et illusoire. (Tac ! Firent ses talons) Car Mufus, ancien général de l’hydre séparatiste, aurait eu tout le savoir-faire, toute l’expertise pour entasser les corps, bâtir un régime de cadavres ! (Tac ! Firent ses talons) Et sur les promontoires il aurait érigé une élite, son élite, ses amis et proches, qu’il aurait finalement égorgé dans sa propre paranoïa. »

Tac ! Clamèrent ultimement ses talons. Elle était à présent quasiment au contact de Asavar. Quoi que bien plus petite en taille que le mastodonte en scaphandre, la Twi’lek avait une flamme brûlante au creux de ses iris, une émotion d’une telle vigueur que certains guerriers endurcis auraient eux-mêmes reculés. Elle était pareille à une tempête maintenue trop longtemps dans un espace restreint, une vague grondante prête à engloutir tout autour d’elle.


« - Mais il ne l’a pas fait, dit-elle d’une voix radoucie. Son expression revint à nouveau vers son sourire compassé, comme si toute la tirade précédente n’avait jamais eu lieu. Les présidents Mufus et Fear ont été une providence, mais aussi un cas unique dans l’histoire de Corellia comme de la galaxie. Je ne peux qu’être d’accord avec vous, mon cher Phocas ; retenter l’expérience serait tenter la Force. Cependant, je ne puis pas vous accorder mon aide pour lutter face à Gaben. »

Lawrence jeta un regard dépité à sa camarade. Ses yeux passèrent brièvement vers Asavar, mais elle demeura silencieuse. La Twi’lek fit quelques pas, revenant vers le balcon qui donnait sur le rez-de-chaussée. Son regard demeura quelques secondes plongé en bas.


« - Peut-être devriez-vous demander à cette chère chanteuse sur scène après sa représentation ce qu’elle pense de Gabe. Si vous voulez réussir à le faire tomber, essayez d’écouter, autant que vous parlez. Ma chère Lawrence, ç’aura été charmant de te revoir, dit Sna’lsh, un grand sourire sur le visage. Elle fit la bise à son amie, puis dit : La prochaine fois que tu veux défendre la démocratie, essaie de ne pas arriver après la bataille, hm ? »

Les yeux de Lawrence hésitèrent un instant, troublés. La Twi’lek à la peau de flamme, elle, effectua une révérence gracieuse à l’égard de Asavar, puis s’en fut vers l’étage inférieur. Elle se mêla alors à la foule et aux festivités. L’humaine, elle, resta pensive quelques instants après le départ de sa camarade. Sna’lsh Turuk avait en effet son caractère bien à elle. Dans quelle mesure avait-elle aidé le duo ? Telle était la question à laquelle Lawrence tentait actuellement de répondre. Au rythme dandinant de la viole basse et des notes déliées et gaies du synthétiseur Mood.
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MessagePosté le: 04/11/2017 12:10:41    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Je me devais d’accorder une chose à cette Twi’lek : elle avait le sens du spectacle. Alternant déclamations à rallonge, gestes théâtraux et sous-entendus mystérieux, cette diablesse à la peau cramoisie avait presque réussi à semer le doute en moi. Presque. Je commençais à comprendre que l’univers tout entier souhaitait ne pas me rendre la tâche aisée. C’était comme si au fond de moi, je m’étais attendu à une telle réaction. Un sourire sans joie – voire légèrement irrité – était dissimulé derrière mon masque de métal. Du désespoir ? Certainement pas. Une fois de plus j’essuyais un revers, mais je n’étais pas près de l’accepter. Accepter la défaite… Le meilleur moyen de rester définitivement au fond du trou. J’encaissais sans broncher les mots de Sna’Ish Turuk et j’analysais d’ores et déjà la situation pour préparer ma prochaine manœuvre. Ne jamais accepter la défaite. Encaisser. Se renforcer. Se préparer. Mes revers m’avaient rendu plus fort. Désormais, il était temps de montrer que ce long apprentissage n’avait pas été vain.

Plissant les yeux, j’écoutais attentivement chaque parole prononcée par la Twi’lek, et ce sans me laisser gagner par le même trouble que Vaetta. Je disséquais les mots dans mon esprit, cherchant attentivement toutes les significations pouvant éventuellement leur être attribuées. Turuk… Quel curieux jeu vous jouiez alors… Quelle bataille aviez-vous pu mener pour la démocratie ? Narben était-il déjà condamné ? Ou était-ce plus complexe encore ?


J’échangeai un regard avec mon associée encore sous le choc avant de suivre la Twi’lek qui s’apprêtait à nous quitter. Je l’interpellai :

- Vous nous quittez bien vite, madame Turuk. Êtes-vous donc si pressée de rejoindre vos courtisans ? Je ne peux pas croire que vous n’avez que des devinettes à nous proposer…

Je la saisis délicatement par l’épaule avant de la dépasser, descendant quelques marches de l’escalier, tout en demeurant supérieur en taille. J’abaissai mon regard vers ses iris et demeurai silencieux quelques secondes, avant de reprendre d’une voix profonde et douce.

- J’ignore ce que vous avez fait exactement, mais quelles que soient les manigances que vous estimez sage de nous cacher, nous serons amenés à nous revoir, madame. D’ici là… Profitez bien de cette soirée splendide. Mais surtout, gardez bien en mémoire notre rencontre. Certains combats sont trop importants pour être menés sans alliés.

Quelques curieux observaient la scène avec de grands yeux. De quoi se mêlaient-ils, ces imbéciles ? Je fis finalement volte-face et me mêlai à nouveau à la foule des convives où je fus rejoint par Vaetta. Les idées fusaient dans mon esprit au rythme de la musique et j’observai de loin la chanteuse. Nombreux étaient les regards captivés par cette jeune femme. Son charme et sa voix enchanteresse semblaient en hypnotiser plus d’un. Mais ce n’était pas mon cas. Seules les paroles de la Twi’lek raisonnaient à mon esprit. Quant à la musique… Aucune importance. Turuk… Pourquoi avoir évoquée cette chanteuse ? Etait-ce une simple personne dans la masse corellienne ou bien savait-elle quelque chose en particulier ? Je m’adressai à Vaetta :

- Patientons encore un peu avant de quitter les lieux, si vous le voulez bien. J’ai le présentiment que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Pour ce qui est de Turuk… Si elle ne souhaite pas nous aider, qu’elle aille au diable. Qu’elle mène son propre combat si elle le désire. Avec ou sans elle, nous trouverons une solution. Je vous promets que je ne laisserai pas Narben porter le coup fatal à l’idéal de liberté que Corellia a toujours chéri.

Je jetai un regard à la foule environnante. Hommes d’affaire, politiciens, célébrités locales… Tous discutaient avec un sourire niais sur les lèvres et semblaient oublier les problèmes de leur monde. Cependant, je doutais fort que l’alcool effacerait réellement la grave situation que traversait Corellia. Un opportuniste était en train de mener un coup d’Etat – car il aurait été difficile de nommer autrement cette plaisanterie – et personne à part un cercle extrêmement restreint ne semblait s’en soucier. Si peu de clairvoyance… Désespérant.

- Mêlons-nous à la foule. Nous pourrions toujours trouver d’autres alliés qui se révéleront précieux à l’avenir.

Je pensais notamment aux dirigeants de la CTC. L’entreprise était particulièrement fortunée et influente sur Corellia et je me dis qu’il serait bon de les avoir parmi mes soutiens à l’avenir.

Je fis mine d’apprécier le spectacle musical au même titre que les autres convives. Lorsque la chanteuse sortit de scène, je me joignis au tonnerre d’applaudissements qui retentirent avant de me diriger vers la jeune femme. Pendant ce temps, l’orchestre poursuivait sa prestation. Je me hâtais afin d’éviter de me faire doubler par un dignitaire pompeux en quête de séduction… Leurs histoires de cœur attendraient bien quelques minutes. De toute manière, je doutais qu’elle fut intéressée par l’un d’entre eux. En lui épargnant la présence des soupirants, je lui rendais service en quelque sorte.


- Mademoiselle ? Pardonnez-moi de vous importuner. Je me présente, Asavar Phocas, homme d’affaires retraité et récemment arrivé sur votre monde splendide.

J’étais en réalité bien jeune pour être retraité… Mais qui aurait pu affirmer une telle chose avec certitude ? Mon scaphandre avait bien des utilités…

- Je tenais à vous remercier pour cette formidable performance, repris-je avec un ton faussement enthousiaste. Il m’a rarement été donné d’assister à quelque chose d’aussi merveilleux.

Encore un mensonge. Je me fichais éperdument de sa musique et je n’aurais certainement pas accordé la moindre importance à son existence si Turuk ne me l’avait pas indiquée. Peut-être perdais-je mon temps. Sans doute. Mais je tenais à satisfaire cette curiosité qui m’envahissait. Il me fallait absolument réunir les pièces du puzzle avant d’agir.

- Je suis certain que mon vieil ami Gabe Narben aurait été tout aussi émerveillé que moi. Malheureusement, sa campagne le prive de ces soirées pourtant si agréables ! Dites-moi, mademoiselle… Je ne crois pas connaître votre nom, veuillez m’excuser… Que pensez-vous de Gabe ? Ne ferait-il pas un formidable chef d’Etat pour Corellia ?

Je guettais attentivement sa réaction. Si elle n’avait rien à m’apprendre, il ne me resterait qu’à attendre… Attendre dans l’espoir qu’une jeune Twi’lek au tempérament d’adolescente avait pris les mesures nécessaires pour sauver Corellia… et servir mes desseins. A force de vouloir donner l’impression d’être soucieux et altruiste, j’avais presque fini par oublier mes motivations. Peut-être qu’après tout, en ayant Narben et moi-même comme candidats à sa présidence, Corellia serait amenée à choisir entre la peste et le choléra.

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MessagePosté le: 20/11/2017 14:31:21    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Lawrence resta silencieuse à côté d’Asavar. Elle espérait que les façons de son associé n’avaient pas froissé Sna’lsh. Sous son charmant sourire, la Twi’lek était impitoyable avec ceux qu’elle estimait arrogants. Mais si elle avait conservé le silence et une expression fermée lorsque le Skakoan l’avait rappelée à l’ordre à sa façon, elle n’avait point montré d’hostilité ; tout espoir d’en faire une allié n’était donc pas encore évanoui – et il y avait également la bataille qu’elle avait mentionnée...Dans quel bras de fer avait-elle bien pu s’engager ?
L’humaine chassa ces pensées de son esprit, tandis que son collègue d’un jour entamait la discussion avec la chanteuse – humaine elle aussi. Deux yeux verts brillaient avec douceur au milieu d’un visage à la peau pâle, trempée de sueur après l’effort du chant mené avec passion et talent. Sa chevelure blonde tombait en cascade sur ses épaules, soulignant la finesse de ses traits. Sous son œil droit, trois grains de beauté formaient un triangle curieux et discret qui conférait à l’artiste un air aristocrate. Avec un sourire, elle accueillit l’approche d’Asavar, le détaillant curieusement autant que la politesse le permettait – car les Skakoans étaient un rare spectacle, même sur Corellia – tout en saluant Lawrence d’un « bonsoir » lumineux mais las. Sans doute songeait-elle le duo comme deux fans séparés, car le cher sieur Phocas n’avait pas présenté sa collègue. Lawrence ne jugea pas bon de corriger ce léger mépris ; il valait mieux observer pour l’heure. La pièce, cette coulisse qui n’était rien de moins que la loge de la femme, était gardée par deux hommes de la milice, muets comme des tombes.

Lorsque Asavar se présenta, la jeune femme était donc souriante, attendrie presque – sans doute d’avoir des admirateurs même parmi des espèces complètement alien. Les présentations et les compliments firent rire légèrement la femme, qui répondit par de brefs mais chaleureux remerciements. C’est alors qu’il mentionna Gabe Narben, commençant à parler de l’homme, de sa campagne, vantant son futur poste. Lawrence se tendit intérieurement, mais elle n’en souffla mot. L’instant était décisif, quoi que dangereux. Ce mensonge de la part de Asavar permettrait certainement d’apprendre l’avis de la jeune femme envers le personnage, pour peu qu’elle le connaisse, mais c’était au risque de lui faire une publicité involontaire. Mais Lawrence ne fut pas la seule à se crisper ; quoi qu’imperceptible à moins d’être soi même humain et particulièrement observateur (ou observatrice en l’occurrence), l’interprète s’était raidie. Son sourire manqua de défaillir, mais elle parvint à dissimuler son soudain trouble. Asavar avait-il engagé trop vite le sujet ? Cela était parfaitement possible. Après tout, il était passé de compliments polis et mondains à une soudaine discussion politique autour d’élections prochaines. Peut-être que la femme n’appréciait simplement pas la politique ou n’avait pas envie, un soir de fête, d’en discuter avec un étranger ? Peut-être aurait-il fallu entamer la discussion en mentionnant Sna’lsh à la place ? Non, la Twi’lek avait été claire : « demander à cette chère chanteuse sur scène après sa représentation ce qu’elle pense de Gabe »…


« - Gabe Narben... » entama l’artiste. Son sourire avait disparu ; son regard s’abîma un instant dans une réflexion pensive et muette. On aurait pu songer qu’elle cherchait simplement à remettre un visage sur ce nom et à formuler correctement son avis auprès d’un vieil ami qui se serait probablement vexé d’un oubli ou aurait interprété une mauvaise formulation comme une insulte. Un des miliciens – un énorme Trandoshan - bougea vers Asavar ; blaster à la ceinture, il avala la distance jusqu’au Skakoan en quelques pas.

« - Ce type te pose soucis, Selonia ? » réclama le personnage d’une voix bourrue. Le reptilien dominait le Phocas d’une demi-tête ; même pour son espèce, c’était un individu titanesque. Une grimace de mépris dévoila ses rangées de dents acérées. Lawrence frissonna mais demeura muette : elle ne pouvait pas lutter contre pareille brute...Rien qu’avec ses griffes il l’aurait taillée en pièces. Asavar était livré à lui-seul...Mais pouvait-il seulement faire le poids ? Il n’avait pas d’armes et encore moins l’air d’un guerrier. Peut-être son scaphandre cachait-il une arme, mais dans le cas contraire...

« - N...Non non, Graktull, tout va bien, merci. » intervint soudainement la prénommée Selonia. Elle ne souriait plus, à vrai dire Lawrence aurait même jugé qu’elle semblait...Au bord des larmes ? Inspirant bruyamment, la jeune femme observa Asavar, puis son garde du corps.

« - Tu peux fermer la porte ? J’aimerais discuter seule à seule avec monsieur. »

Sur ces mots, Lawrence se trouva évincée de la discussion : le mastodonte d’écailles s’exécuta ni une ni deux, enfermant Selonia, Asavar et son visage crocodilien à l’abri des oreilles indiscrètes.


***

Le visage de Selonia, doux et souriant, était à présent changé ; marqué par un mépris si virulent qu’il vous en mordait presque le visage, elle observait le Skakoan avec guère plus de considération qu’une vermine des forêts qui aurait rampé dans un placard et qu’on aurait découvert le matin, infestant les aliments. Mais des larmes coulaient sur ses joues ; elle tremblait de colère. Il était évident à présent qu'elle avait fermé la porte pour ne pas se donner en spectacle.


« - Ce que je pense de votre cher Gabe Narben...Votre merveilleux ami... Narben est un fils de Sarlacc, un sale herpès Hutt. Un soir il est venu me voir, comme vous. Il m’a complimentée sur mes talents de chant, comme vous. Il s'est approché, je n'avais pas de gardes à l'époque...Et puis...Et puis... »

Elle inspira douloureusement ; toujours les larmes coulaient sur son joli visage. Son garde demeurait silencieux, respectueux.


« - Peut-être que je devrais demander à Graktull de vous tordre le cou, pour l’envoyer à Gabe comme vengeance ? Peut-être qu’il comprendrait mieux, puisque la justice ne sait pas faire son travail… ? Vous voulez mon avis, sur cette pourriture ? Je pense qu’il mérite de crever la bouche ouverte ! Piétiné par des dalgos dans un fossé et à pourrir au soleil… ! »

Selonia se leva vers Asavar, continuant à déchaîner des années de traumatisme et de rage, livrant sur Asavar le procès que la justice n’avait jamais fait à Gabe Narben ; Graktull bougea, pour attraper avec douceur l’humaine – qui était minuscule face à lui – entre ses bras. Elle plongea dans le silence, frappant sur les muscles d’acier de son escorte. Ses poings furent les ultimes déferlements de sa rage.

« - Partez. » siffla le lézard.

***


La porte s’ouvrit enfin. Au grand soulagement de l’humaine, Asavar en sortit en un morceau. Derrière, on ferma la loge en refusant de nouvelles visites. Lawrence, cependant, accueillit le Skakoan, faussement calme :

« - Ravie de voir que vous n’avez pas servi d’en-cas pour lézard. »

Elle ne plaisantait en réalité qu’à moitié. L’idée de perdre son collègue au coup de sang d’un Trandoshan ne l’aurait guère enchantée. Restait à voir ce qu’avait appris son collègue. Elle n’avait guère entendu qu’un tumulte dans la loge, comme d’un vif conflit. Qu’avait-il bien pu se dire là-dedans ?
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MessagePosté le: 07/02/2018 13:13:04    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

J’arrivais à peine à y croire… C’était… improbable. Impossible… Trop beau pour être vrai ! Lorsque je sortis de la cabine de la chanteuse dénommée Selonia, j’étais à peine conscient du monde qui m’entourait. Les pièces du puzzle s’assemblaient, je commençais à comprendre les insinuations de la Twi’lek et à apprécier le tableau dans son ensemble. Vaetta s’approcha de moi un sourire aux lèvres masquant visiblement son anxiété, mais je fis à peine attention à ce qu’elle me dit alors. J’entendais les mots, mais sans être capable d’en apprécier la substance, obnubilé que j’étais par ma nouvelle découverte. Mon cœur battait la chamade, tantôt à cause de l’excitation qui m’envahissait, tantôt suite à la panique qui m’avait saisie lorsque cette garce avait commencé à devenir un peu trop impétueuse. Elle ? Oh elle était bien frêle. C’était plutôt son sale lézard qui m’avait fait perdre mon sang froid (un comble !). Un monstre sans cœur ? Moi ? Oh, épargnez-moi vos tirades de pleurnichards et vos leçons de morale… Je vois la détresse de cette femme et je n’y vois qu’un outil pour servir mes intérêts, parce que c’est ainsi que les choses fonctionnent dans le milieu où j’ai évolué toute ma vie. Les sentiments sont superflus. Faites-vous à l’idée. Vous pensez sérieusement qu’on m’a laissé le temps de pleurer la mort de mon père ? Qu’on a compati à ma douleur ? Si c’est ce que vous croyez, alors vous êtes d’une naïveté désolante et je ne peux plus rien faire pour vous. Ce qui est arrivé à cette femme est une tragédie, mais ce qui est fait est fait. Ne vous attendez pas à ce que je verse une larme pour elle, je n’en ai ni le temps, ni l’envie. Il me revenait désormais de tirer le meilleur de cette situation.

Gabe Narben, candidat à la présidence de Corellia et… délinquant sexuel. Je crois que le terme exact est violeur. Quel imbécile ! Espérait-il sérieusement accéder à la fonction exécutive, au poste le plus sacré de tout le système institutionnel de Corellia, en se comportant comme une bête ?! Méprisable… Les corelliens allaient adorer cette histoire ! Si vous me donniez deux jours et l’oreille des médias, j’aurais enterré la carrière politique et la réputation de ce sale petit prétentieux ! Gardons la tête froide, je m’emballe…

Plusieurs options se présentaient à moi. Je triais toutes les possibilités dans mon esprit, éliminant celles qui me paraissaient les plus imprudentes ou irréalisables. Finalement, après quelques instants de réflexion qui me parurent durer une éternité, je pris une décision. Je savais désormais comment j’allais procéder.

Je m’adressai enfin à ma partenaire.


- Dites-moi, ma chère Lawrence, cela vous dérangerait-il si nous nous éloignions quelques instants de l’agitation ? J’ai à vous parler.

Je l’emmenai loin du gratin corellien, fendant la foule d’individus en toges et en robes de soirée, dégustant des verres de whisky corelliens, des flûtes de vins importés d’Alderaan et des mets raffinés. Il fallait reconnaître que pour l’inauguration d’un musée, les festivités étaient somptueuses… L’homme d’affaires en moi ne put s’empêcher de calculer le coût absolument colossal d’une telle soirée.

Nous arrivâmes finalement à un balcon donnant sur une superbe vue de Coronet. La nuit était désormais totalement tombée, et les millions de lumières dorées dégagées par les hautes tours de la mégapole semblaient être une multitude d’étoiles dont l’éclat tranchait avec le bleu abyssal du ciel nocturne. La scène aurait pu être d’un certain romantisme… si je n’étais pas un homme d’affaires Skakoan, totalement hermétique à l’ivresse des sentiments amoureux et que je n’étais pas venu ici en tant qu’agent conspirateur de la Confédération des Systèmes Indépendants pour mettre la main sur cette planète, son industrie et sa zone d’influence en vue de servir les intérêts du Consulat. Des détails…

- Ma chère, dis-je en prenant un ton écœuré, j’ai bien peur que notre adversaire ne soit plus ignoble encore que ce que l’on pensait… Nous devons agir et vite.

Je lui racontai tout ce que la cantatrice m’avait appris sur Narben. Cela ne me prit pas très longtemps. Je le fis en prenant un air suffisamment compatissant pour renvoyer une image positive, mais suffisamment détaché pour ne pas devenir caricatural et ne pas me perdre dans des larmoiements dégoulinants de bons sentiments.

- Voilà… Vous savez tout désormais. Je commence à comprendre pourquoi votre amie semblait si confiante quant à l’issue de ces élections. Si cette information est bien utilisée, Narben peut être mis définitivement hors d’état de nuire, même sans réelle preuve. L’opinion publique suffira. Voici ce que je vous propose, Lawrence : pour l’heure, gardons cette information pour nous en partant du principe que Turuk la fera paraître au grand jour. Si ce n’est pas le cas, nous pourrons toujours nous servir de vos contacts pour glisser l’information aux médias et faire en sorte qu’elle paraisse. Pendant ce temps, nous devons nous projeter dans l’avenir et anticiper les élections. Une campagne coûte cher et demande des soutiens. Or, qui a plus de fonds et d’influence sur cette planète que ceux qui gèrent l’industrie faisant la réputation de ce monde à travers la galaxie et créant des milliers… que dis-je… des millions d’emplois pour le peuple corellien ?

J’indiquais d’un signe de tête la foule des convives.

- Il sera toujours temps de reprendre contact avec Turuk plus tard. Pour l’heure, saluons plutôt ces chers messieurs et éminentes dames de la CTC.

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MessagePosté le: 22/05/2018 16:21:44    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Duchesse Kaloo du clan Axan
PDG de la Corporation Technique Corellienne


Être à la tête d'un empire industriel n'est jamais simple. Surtout lorsque l'on s'appelle Kaloo Axan, et que l'on est la plus haute représentante publique de son espèce. Kaloo avait été propulsée très vite en haut de la hiérarchie de son clan. Celui-ci était déjà très important au sein de la CTC historiquement, aujourd'hui la célèbre entreprise Corellienne était complètement passée sous son contrôle. La plupart des Axan étaient des esprits brillants à vrai dire, tantôt scientifiques, tantôt émissaires pour de grandes firmes. Corellia était un système qui devait d'ailleurs beaucoup aux Dralls, de façon globale. Si l'avènement de personnalités extra-Corelliennes, telles que Mufus et Jinn Fear, avait fait quelque peu oublier ce point, leur chute avait également permis à ces petits aliens touffus de reprendre du poil de la bête...

Très instruite et charismatique, Kaloo avait donc tiré son épingle du jeu au sein de la CTC. A seulement 34 ans, elle se trouvait tout en haut d'une montagne hiérarchique vertigineuse. Elle représentait non seulement la puissance économique actuelle de Corellia, mais aussi son avenir. Assistée par bon nombre de personnes plus expérimentées qu'elle dans divers domaines, Kaloo se servait de chaque rencontre pour apprendre des choses. Son esprit, déjà incroyablement brillant, lui permettait d'assimiler presque immédiatement la moindre information. Ce qui rendait la Duchesse si redoutable pour ses adversaires, c'était également son éloquence et son sens de la répartie. Sans lesquels elle n'aurait jamais pu atteindre le poste de PDG aussi rapidement, soyons honnêtes.

Beaucoup d'hommes d'affaire de la vieille école négligeaient la spontanéité, au profit de la préparation et de l'analyse plus "sage". Kaloo, elle, était tout simplement surdouée en la matière. En une fraction de seconde, elle était capable de formuler une réponse dévastatrice à son interlocuteur, tout à fait pertinente qui plus est. Un allié de choix, comme un ennemi cauchemardesque dans le monde des finances. Sa présence était ainsi profondément crainte par ses concurrents et rivaux. Kaloo prenait parfois même un malin plaisir à se présenter aux événements publiques, afin de rendre ses détracteurs présents relativement mal à l'aise, aux yeux de tous.

Le cercle des affaires était proche de celui de la politique, évidemment, à Coronet comme ailleurs. La Duchesse Axan n'avait pas forcément envie de prétendre à l'ancienne place du Jawa Mufus. Cependant, elle comptait bien tout faire pour que Gabe Narben ne soit pas le prochain représentant de Corellia. Malheureusement, les dés semblaient pipés à l'avantage de cet humain avide de pouvoir, avec lequel Kaloo était constamment en désaccord depuis des années. Le candidat Narben prônait l'écrasement, l'essorage des individus jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus rien apporter au système, voir à lui-même. Une telle idéologie pourrait bien détruire définitivement le tissu social déjà fragile de Corellia. Les Dralls ne voulaient pas d'un tel monde en tout cas. Ils basaient leur propre civilisation sur des piliers bien plus sains et rassembleurs, comme la vérité, l'égalité ou encore la confiance...

La sortie prévue ce soir-là, par l'équipe de la Duchesse, ne comportait qu'un infime espoir de voir germer un quelconque plan d'action en faveur des Dralls. Beaucoup de personnalités allaient se croiser, mais l'hypocrisie des uns et des autres aboutiraient certainement au statu quo, comme souvent. La présence de quelques journalistes, faussement discrets et impartiaux, n'arrangerait rien... C'est donc sans attente aucune que Kaloo se dirigea d'abord vers le buffet d'apéritifs une fois sur place. Son garde-du-corps humain, en costume chic pour l'occasion, poussa gentiment les quelques vautours qui empêchaient la petite Drall d'atteindre la table des petits fours. De son mètre cinquante, il était en effet difficile de percevoir la PDG au milieu de l'attroupement des aliens, tous aussi difformes les uns que les autres. Pourtant, une phrase émise retint l'attention de Kaloo, probablement prononcée à travers un masque respiratoire, d'après le tintement singulier de la dite voix perçue.

"Pour l’heure, saluons plutôt ces chers messieurs et éminentes dames de la CTC."

Cette même phrase fit se focaliser plusieurs regards sur la (petite) Grande Duchesse Drall. Ses quelques compagnons, simples assistants pour la plupart, affichèrent de beaux sourires hypocrites aux gens tout autour. Quant à Kaloo, elle se tourna seulement vers la personne qui l'avait remarquée de vive voix, et donc révélée à tous. Il s'agissait d'un Skakoan, de bonne prestance. La PDG du CTC s'approcha sans mot dire, refilant son verre de vin à son garde-du-corps en passant. Une fois arrivée à un mètre de l'extra-terrestre (le forçant à baisser la tête outrageusement, afin de continuer de la regarder), elle sourit enfin à son tour, puis déclara :

"Bonsoir, monsieur. Je ne crois pas que nous nous connaissions déjà, les Skakoans se font rares sur Corellia..."

La voix douce de la Drall apaisa les craintes des diverses personnalités présentes, qui guettaient sa réaction tout en faisant mine de reprendre leurs conversations vaseuses. Kaloo préférait rester discrète lors de ce genre d'événements plutôt mondains, d'habitude. Mais l'audace de ce Skakoan lui plaisait, à vrai dire elle tombait même bien. La Drall leva ses deux pattes en direction des mains d'Asavar, afin de le saluer selon les formalités de son peuple, tout en poursuivant :

"Je suis Kaloo Axan, Grande Duchesse des Dralls. A qui ais-je l'honneur?"
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MessagePosté le: 23/05/2018 19:13:29    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Une Drall. Evidemment... Malgré les longues heures passées à assimiler toutes les informations utiles concernant la vie publique et l'économie corellienne, j'avais failli omettre ce détail. Peut-être n'étais-je pas encore parvenu à accepter ce fait. J'avais toujours porté un intérêt relativement important aux affaires de la CTC. Après tout, le Techno-Syndicat détient une part non-négligeable des actions de la compagnie corellienne, même si ce fait tend à être oublié. Ainsi, pendant la majorité de ma carrière, c'était un humain qui avait été à la tête de la première entreprise corellienne. J'en venais à regretter le passé. Un humain aurait été préférable... Pourquoi fallait-il que la nouvelle dirigeante soit une Drall ? Dissimulant mon désarroi derrière mon masque, je m'inclinai respectueusement pour saluer mon interlocutrice. Pour qui me prenez-vous ? Evidemment que cela me répugnait ! Cependant, la situation exigeait de préserver les apparences. Plus que ma carrière, c'était ma vie que je jouais. Tant pis... Cela dit, elle semblait être une PDG compétente, d'après mes recherches.

- Mes respects, Duchesse, dis-je sur un ton solennel. Permettez-moi de me présenter : Asavar Phocas, ancien homme d'affaires et philanthrope, à votre service. C'est un plaisir de faire votre connaissance. Par le passé, j'ai eu l'occasion de rencontrer votre prédécesseur, Yvanos Moreland, à l'occasion d'une rencontre entre lui et le Contremaître Bortan, du Techno-Syndicat.

Je marquai une pause et soupirai.

- Enfin, repris-je... Tout cela date d'avant la crise séparatiste et je n'étais qu'un jeune Skakoan, désireux de faire ses preuves. Le président Moreland était un honnête homme, doublé d'un brillant chef d'entreprise. On m'a dit que vous faisiez grand honneur à sa mémoire par votre habile gestion de la CTC.

Lawrence posait problème. Je réalisai seulement que l'avoir dans mes pattes au cours des discussions serait un handicap... J'avais cerné les craintes de Vaetta, et lui avait promis ce qu'elle souhaitait entendre en conséquence. Cependant, mon discours serait légèrement amené à changer par la suite. Aussi préférais-je m'entretenir en privé avec la Drall pour tenter de m'attirer ses faveurs.

Une fois l'échange de courtoisie passé, je pris donc la peine de temporiser. Patience était le maître mot. La soirée était encore longue, et j'aurais bien l'occasion de discuter avec ce satané rongeur. S'en suivit une conversation d'une vingtaine de minutes, marqué par des anecdotes auxquelles seuls les hommes d'affaires et les ingénieurs auraient trouvé un intérêt. Quelques rires éclataient de temps en temps. Parfois, entre deux argumentations et démonstrations très approfondies sur des sujets allant de l'économie à la technologie de l'hyperpropulsion, quelques histoires plus légères concernant des connaissances communes étaient évoquées. D'un point de vue extérieur, la scène aurait pu être interprétée comme étant des plus banales dans une soirée mondaine. Oui, une atmosphère cordiale se dégageait de l'ensemble, et je pris même la peine d'abandonner mon rôle habituel de machine froide et intimidante en riant de bon cœur. Du moins, c'est le masque que je m'efforçais de montrer, un masque sympathique inspirant la confiance. En réalité, chaque minute me rapprochait un peu plus d'une totale exaspération. Je guettais, cherchant désespérément une faille. Et finalement, j'en décelai une. Enfin ! Profitant d'une inattention de la part de Vaetta, absorbée par sa conversation avec un des membres du conseil d'administration de la CTC, je m'adressai à la présidente en personne.

- J'ai bien peur de devoir m'isoler un instant, je suis fatigué et toute cette joyeuse foule me fait tourner la tête. Me feriez-vous l'honneur de vous entretenir avec moi ? Rassurez-vous, je ne serai pas long.

Nous nous dirigeâmes ainsi vers un des balcons du musée, relativement peu éloigné des convives, mais suffisamment isolé pour discuter en toute tranquillité. J'entrai directement dans le vif du sujet.

- Dites-moi, Madame, que pensez-vous de ce Gabe Narben ? Il a du charisme, il faut bien le reconnaître...

Je m'arrêtai quelques instants, observant la réaction de la Duchesse avant de reprendre.

- Néanmoins, le charisme ne se suffit pas à lui-même, et un bon dirigeant doit disposer d'autres qualités s'il compte diriger un monde aussi prestigieux que Corellia. Il affirme s'inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs, mais si vous voulez mon avis, l'idéalisme de ce triste sire paraît bien factice !

Je pris alors un ton plus inquiet, tentant de rendre évident le fait que je me faisais du souci pour Corellia. L'anxiété ? Fausse, bien évidemment. C'est bien là l'avantage d'être condamné à s'enfouir dans un scaphandre dès qu'on pose un pied hors de son monde natal : pas besoin d'être un grand acteur pour sembler sincère.

- Le charisme, Madame, est une arme dangereuse quand elle est placée aux mains d'un individu mal intentionné, je ne vous apprends rien. Et pour moi, il ne fait aucun doute que Narben est un danger public. Cependant...

Je repris alors un ton plus optimiste.

- Si ma longue carrière m'a appris quelque chose, Madame, c'est qu'il ne faut jamais se résigner. Je ne crois pas en la fatalité, et lorsqu'aucune alternative ne semble voir le jour, il faut forcer le destin. Cela passe par du travail et de la détermination. Mais tout cela, vous ne l'ignorez pas, bien entendu, compte tenu de la position que vous occupez. Vous êtes une personne d'une grande intelligence, Madame, vous commencez certainement à comprendre où je veux en venir...

Un lourd silence suivit. Bien que n'ayant duré que quelques secondes, il parut interminable. Oui. Evidemment qu'elle avait compris.

- Eloignons-nous un peu du sujet, et prenons une approche plus globale, voulez-vous ? Comment résumer la situation de Corellia au sein de la géopolitique galactique actuellement ? Les tensions entre la République et la Confédération se font chaque jour plus intenses, et si la guerre froide n'est pas encore officielle, il est évident que l'un des deux régimes finira par dépasser les limites. Si un conflit galactique venait à éclater, le risque existerait pour les mondes indépendants de se faire emporter dans le chaos qui s'en suivrait. Soyons honnête, Madame : la situation de Corellia est délicate. Même un simple notable d'origine étrangère comme moi peut le comprendre d'un seul coup d'œil. Le système de défense mis en place par les présidents Fear et Mufus a beau être ce qu'il est, il ne fera pas long feu face à l'arsenal dont disposent les superpuissances. C'est une garantie en temps de paix, mais si une guerre totale venait effectivement à prendre forme, alors toutes les folies deviendraient imaginables et la défense corellienne ne pourrait encaisser le choc. Admettons-le, Corellia est dans une position délicate. Sa valeur stratégique la rend alléchante. Face à cette menace, une Corellia unifiée semble être la seule solution pour peser en ces temps de crise. La démagogie de Narben n'aidera en rien. Les présidents Mufus et Fear sont arrivés de nulle part et ont malgré tout posé des bases solides pour rendre ce travail possible. Ils ont compris la diversité propre à Corellia et ses valeurs de justice et tolérance. Leur souci de justice sociale n'est pas seulement intéressant sur le plan éthique, mais aussi sur la formation d'une solidarité corellienne qui nous sera précieuse. En temps de guerre, un collectif solide résiste mieux qu'un ensemble d'individualités dénuées de cohésion.

Je m'appuyai sur le rebord du balcon, jetant un regard sur les lumières dorées des colonnes de speeders défilant dans la nuit noire.

- Maintenant, qu'en est-il de votre position dans tout ça ? Ce travail social, cet esprit de groupe, nuisent probablement au pouvoir exercé par votre compagnie sur la vie publique. Croyez-moi, je comprends tout à fait que cela soit une source d'inquiétude. Néanmoins, il existe une solution à ce problème. Plutôt que de vous faire écraser par le pouvoir gouvernemental... Pourquoi ne l'intégreriez-vous pas ? Ce dont je vous parle, c'est bien plus qu'une oreille attentive des gouvernants. Il s'agit d'un siège, Madame, d'une fonction, pas d'un pouvoir d'influence officieux, mais d'une institutionnalisation de la CTC ! Dans une telle hypothèse, votre compagnie ne serait pas exclue du collectif, bien au contraire, elle intégrerait le processus de décision. Il serait catastrophique que la CTC soit exclue du processus décisionnel compte tenu de son poids économique et de son savoir-faire. Ce que je vous propose, Madame, c'est de faire partie des décisionnaires. Il va sans dire que vous garderiez tout contrôle sur la gestion de votre compagnie. Simplement, vous le feriez en tant que membre officiel des autorités corelliennes.

A nouveau, je me retournai vers elle.

- Ce que je vous propose, Duchesse, ce n'est pas une simple fantaisie. La guerre arrive et les enjeux qui l'accompagnent sont d'une importance capitale. Ce que je vous propose, Duchesse, c'est la survie.

Je tendis la main à mon interlocutrice, attendant patiemment sa réaction, alors que les véhicules aux lueurs d'or continuaient de défiler sur le fond obscur de la nuit corellienne et qu'un éclat de rire des convives du gala se fit entendre au loin.

- Duchesse Axan, je vous annonce officiellement ma candidature à la présidence de Corellia. Êtes-vous avec moi ?

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MessagePosté le: 24/05/2018 11:09:45    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Asavar Phocas... Asavar Phocas... Ce nom résonnait dans l'esprit de Kaloo, à la recherche d'une concordance passée. Elle n'avait jamais rencontré personnellement ce Skakoan, mais ses souvenirs l'amenaient à le relier au Techno-Syndicat. La Drall avait sans doute entendu parler de lui par un haut représentant du groupe. Il fallait dire qu'elle côtoyait régulièrement le Techno-Syndicat lors des réunions du comité d'administration. Laissant Asavar poursuivre sa présentation, la Duchesse eu la confirmation de ses suppositions. Cet individu avait bel et bien déjà rencontré le gratin de la CTC par le passé, son réseau n'était donc pas des moindres.

L'ancien représentant du Techno-Syndicat flatta sans attendre la dirigeante Drall. Comptait-il déjà la mettre dans sa poche? Très certainement! Si Kaloo avait été dans sa position, c'était aussi ce qu'elle aurait fait. Toutefois, la Duchesse n'était pas assurée que cette dernière phrase courtoise ne soit pas simplement du vent. La suite de cette conversation allait clairement déterminer le jugement de Kaloo vis-à-vis de son interlocuteur.

Les discussions s'emballèrent alors autour de divers thèmes. L'espace, l'histoire, l'économie, les sciences, l'art même... Bref, tout ce qui pouvait être abordé dans ce genre de gala le fût. Évidemment, la Duchesse Axan brilla par ses connaissances, sa maîtrise de bien des sujets. Ce qui eu pour effet de dissiper, petit à petit, les parasites intéressés (et largués par les propos experts de la Drall) qui s'étaient agglutinés autour d'elle, et du Skakoan aux ambitions encore floues. Alors qu'il ne restait plus qu'une poignée de personnes assez instruites pour tenir la conversation, Asavar accéléra le processus subtil enclenché par la jeune Présidente de la CTC.

"J'ai bien peur de devoir m'isoler un instant, je suis fatigué et toute cette joyeuse foule me fait tourner la tête. Me feriez-vous l'honneur de vous entretenir avec moi ? Rassurez-vous, je ne serai pas long."

- Bien sûr Monsieur Phocas. Un bol d'air ne pourra pas me faire de mal non plus."

Enfin à l'écart des vautours de l'élite Corellienne, Asavar se libéra et s'ouvrit à Kaloo. Son garde-du-corps était quant à lui le seul spectateur de la scène, caché derrière un pot de fleur pour assurer furtivement la sécurité de son employeur. Sa présence ne gênait pas la Duchesse, et visiblement l'éloquent Monsieur Phocas ne l'avait même pas remarqué. La petite créature aux yeux noirs s'approcha de la rambarde de la grande terrasse, rejoignant convenablement son interlocuteur d'un autre monde.

"Dites-moi, Madame, que pensez-vous de ce Gabe Narben ? Il a du charisme, il faut bien le reconnaître...

- Narben n'est pas un ami, pour autant il n'en est pas dénué de talents."

Rétorqua, toujours avec cette douceur particulière, la femme d'affaire. Un fin sourire s'afficha sur son visage au pelage marron, brossé avec soin. Les yeux sombres de Kaloo brillaient à la lueur de la nuit, absorbés par le discours à venir du Skakoan. Et celui-ci fût riche en informations. Asavar Phocas n'était donc pas venu sur Corellia par hasard, comme s'en doutait la Présidente de la CTC. Plus encore, ses ambitions semblaient folles, à quelques jours seulement du passage aux urnes.

Bien sûr, avant de révéler officiellement ses intentions, Asavar expliqua pourquoi il pensait que Gabe Narben était dangereux. Bien qu'il ne le connaisse pas vraiment, l'ancien dignitaire du TS avait comprit bien des choses sur Narben. Sans doute avait-il enquêté un peu, à son arrivée ici. Cet être au masque étrange n'était pas à prendre à la légère... Toutefois, Kaloo trouvait qu'il allait un peu vite en besogne.

Sir Phocas développa son ressenti vis-à-vis de Corellia. Il avait conscience de certaines faiblesses de ce système, mais il commettait une erreur dans son analyse : Fear et Mufus n'étaient pas des hommes providentiels. L'un était un fantôme, marqué à jamais par le sceau des Sith, malgré sa volonté de casser les aprioris. L'autre était un dictateur brut, régulièrement emporté pour son goût de l'orgie et de l'extravagance. Ces deux là avaient fait de bonnes choses pour Corellia, oui, mais leur prise de pouvoir restait une entame à l'intégrité du système tout entier. Après avoir été souillée de la sorte, la démocratie risquait de mourir à tout jamais en ce coin de l'univers.

L'opinion de Kaloo n'était évidemment pas celle de la majorité des membres du gratin Corellien. Tant que ceux-ci faisaient de bonnes affaires, ils étaient prêts à concéder n'importe quels caprices du vieux Jawa, aujourd'hui purement disparu de la circulation sans prévenir. Voir Narben se hisser en seul prétendant sérieux à une telle succession n'était donc pas du hasard. Les Corelliens avaient vendu leur âme au diable, le mal était installé au gouvernement aujourd'hui.

Vinrent ensuite quelques interrogations du Skakoan. Il s'était dévoilé avant cela, chose que Kaloo appréciait. Ainsi, elle jouerait aussi sur le terrain de l'honnêteté. La Grande Duchesse préférait toujours instaurer un climat de confiance avec ses collaborateurs, de toutes façons. La question d'Asavar fût même complétée par une offre, démesurée aujourd'hui par rapport aux chances de ce dernier de parvenir à ses fins. Cependant, Kaloo comprit que cet individu était particulièrement déterminé, et qu'il avait conscience que, seul, il ne pourrait rien accomplir. Une intelligence d'esprit dont ne faisaient pas preuve les rêveurs et les beaux parleurs.

"Vos craintes pour la guerre sont fondées, Monsieur Phocas. Cependant, Corellia a peut-être une autre carte à jouer, plus subtile, que la course à l'armement. De plus, vos certitudes sur la position de force du gouvernement, vis-à-vis de mon entreprise, sont un peu trop... Zélées."

La Duchesse voulait faire germer une certaine réflexion dans l'esprit visiblement brillant du Skakoan. Un grand conflit entre les puissances majeures pourrait être une aubaine pour le système économique de Corellia. Bien entendu, il fallait effectivement développer des défenses suffisantes, ne serait-ce pour montrer que la nation était forte, mais pas au point d'en avoir réellement besoin. Rester neutre, tel un havre de paix en somme, permettrait à Corellia d'accueillir de grandes entreprises, des investisseurs qui cherchaient des actions sûres à acquérir. Qui attaquerait une "banque" aussi florissante? Quand on sait que la CSI, par exemple, est plus ou moins gouvernée par une oligarchie économique.

"Votre proposition est intéressante, je dois bien l'avouer. Contribuer au façonnement mon pays est le devoir qu'il m'incombe. Je ne serais pas à la tête de la CTC si ce n'était pas le cas. Une entreprise peut tout à fait dépasser sa simple vocation capitaliste. Une entreprise peut tout changer. Elle peut rendre, au moins en partie, l'univers meilleur."

La petite voix innocente de la Drall s'arrêta quelques secondes. Asavar devait bien comprendre ce qu'elle sous-entendait par là. Kaloo reprit ensuite, toujours sur le même ton rond :

"Quand je vous écoute, j'entends des inquiétudes, puis une détermination plus ou moins paradoxale. Tout ceci résonne à la manière d'une mise en garde relativement habile. Mais, au fond, j'ignore ce que vous cherchez, Monsieur Phocas. Quelles sont vos raisons d'agir sur Corellia, pour Corellia? Éviter le fléau Narben est un prétexte, soyons honnête, afin de brandir le bien commun en guise de motivation. Vous, maintenant, quels sont vos intérêts ici?"

La Duchesse posait une question pertinente au Skakoan. Comme elle l'avait expliqué pour Mufus et Fear, elle ne croyait absolument pas au concept de l'homme providentiel. La réponse d'Asavar allait donc déterminer du dénouement de cette entrevue, placée définitivement sous le sigle de l'avenir Corellien.
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MessagePosté le: 24/05/2018 15:29:42    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

J'aurais dû m'en douter... Encore une républicaine en puissance ! Décidément, la démocratie était une forme de régime tellement surévaluée... Qu'est-ce que la démocratie, si ce n'est la dictature de la majorité, le despotisme de la masse ? Quelle hypocrisie ! Le discours qu'elle tenait laissait penser que mon argumentation ne l'avait pas laissée indifférente, mais qu'elle demeurait néanmoins sceptique sur un certain nombre de points. Et, je devais bien l'admettre, à bien des égards, ses doutes étaient légitimes !

Je ne pus retenir un léger rire de surprise. Oh, je m'attendais bien sûr à ce qu'elle ne morde pas à l'hameçon aussi facilement. Si tel avait été le cas, elle aurait été particulièrement décevante. Cependant, elle avait su répondre avec justesse à mes interrogations alarmistes, il convenait donc de faire honneur à l'habileté de cette adversaire.


- Vous parlez en vraie dirigeante de la CTC, Duchesse. Et je perçois bien une divergence dans notre interprétation de la situation actuelle. C'est bien naturel. D'ailleurs, je vous prie de bien vouloir me pardonner pour mon petit excès de zèle. Vous comprendrez aisément l'urgence de la situation.

Derrière la Drall, le large balcon se prolongeait sur toute la longueur du colossal musée, son sol de marbre reflétant les éclats jaunes des lampes de cristal suspendus aux plafonds de la salle de gala.

- Marchons un peu, voulez-vous ? Cela nous fera le plus grand bien, et c'est une activité tout à fait propice à la réflexion.

Ma démarche était lente, ce qui permettait à la petite créature de me suivre sans difficulté. Du coin de l'œil, je vérifiai que Vaetta était toujours à l'intérieur du musée, plongée dans sa conversation. Puis, je repris alors sur un ton très calme.

- Pour que vous compreniez les motivations qui me poussent à entreprendre un projet pouvant paraître si fou, permettez-moi de faire usage de paraboles. Certes, je pourrais vous répondre que je ne suis là qu'en tant que philanthrope, désireux d'accomplir le bien commun au nom de la justice et de la morale ! Cependant, ce serait là une insulte à votre intelligence. J'ai grandi sur Skako, Madame, et je peux affirmer de par mon expérience sur ce monde que les chevaliers en armure étincelante n'existent pas, si ce n'est dans les contes de fée. Mufus a tiré profit de son pouvoir pour donner libre cours à sa légendaire... extravagance, et je ne suis pas là au nom de la défense des intérêts de la veuve et de l'orphelin. Tout le monde a des intérêts et des désirs cachés. C'est bien là ce qui nous caractérise en tant qu'êtres doués d'intelligence. Mais je m'égare, veuillez m'excuser...

Les minutes qui allaient suivre allaient s'avérer décisives. Tout était une question d'équilibre : je ne pouvais décemment pas jouer carte sur table, mais le masque de l'innocence et de la bonté aurait été un choix tout aussi absurde.

- Il y avait autrefois sur Skako un personnage atypique. Il était doté d'une ouverture et d'une bonté qui, je le confesse, sont rares au sein de l'univers impitoyable que représente cette planète surpeuplée et dominée par l'oligarchie. Son nom était Dent. Dent était un père de famille heureux et un homme d'affaires chanceux à la tête d'une entreprise prospère. Son épouse, décédée peu de temps après avoir enfanté, lui avait laissé la charge d'un fils introverti et rêveur. Dent ne désirait rien d'autre que le bonheur. Il chérissait son enfant et lui offrait tout ce dont un jeune garçon de son âge pouvait bien rêver, et cela lui suffisait bien. Il n'aspirait pas à de grandes choses et se contentait bien du succès de sa petite compagnie familiale. Je repris alors un air plus grave. Un jour, un de ses propres amis, un certain Vallas Wanbor... Ce nom vous est familier n'est-ce pas ? Il est le cerveau de la Baktoïd Combat Automata, une des principales filiales du Techno-Syndicat. Bref, ce Vallas Wanbor, pourtant proche de Dent, n'eut aucun scrupule à détruire Dent et son entreprise, l'assimilant sans le moindre scrupule à la mégacorporation qui plus tard cofonderait la Confédération des Systèmes Indépendants. Dent fut brisé de corps et d'esprit. Il ne tint pas le choc et mit fin à ses...

J'eus un instant d'hésitation. Soudainement, le doute m'assaillit et un sentiment de panique m'envahit. Je me retins à la rambarde, tentant tant bien que mal de dissimuler ma détresse. Des hurlements de rage et de désespoir résonnaient dans mon esprit, et je fus l'espace d'un instant assailli par la peur et la tristesse, sans parvenir à en comprendre la source. Je parvins finalement à me calmer. Avec un peu de chance, la Drall n'avait rien remarqué, mais j'en doutais fort.

- Dent ne survécut pas à cette épreuve, repris-je en retrouvant pendant quelques secondes la voix neutre de machine que j'employais généralement, comme si mon inconscient cherchait à dresser une barrière émotionnelle. C'est ainsi que l'univers de Dent disparut et qu'il laissa derrière lui un enfant sans repère que le Techno-Syndicat eut tôt fait d'intégrer à ses rangs, comme s'il n'était qu'un simple trophée. Le nom de cet enfant était Asavar, fils de Dent Phocas... Dent était un homme bon, Madame, mais, il était aussi d'une grande naïveté. Cela le conduisit à sa perte. Et me voilà donc sur Corellia, après une longue carrière placée sous le signe du profit et de la productivité au service des bourreaux de mon propre père. Vous dites qu'une entreprise peut dépasser sa simple fonction capitaliste. C'est une bien noble vision des choses, et je ne doute pas qu'elle soit vraie dans le cas de la CTC, mais vous auriez bien tort de croire que cette conception est partagée par tous. Certains hommes ne se sentent vivre qu'à travers la conquête et sont dominés avant tout par une faim et une avidité sans limites. Permettez-moi de faire un aparté et de revenir à la guerre que nous avions évoqué tout à l'heure, Duchesse. Je suis tout à fait d'accord avec vous lorsque vous affirmez que la course à l'armement n'est pas l'unique solution pour Corellia. Cependant, soyez certaine que c'est cette voie que choisiront les deux superpuissances, car désormais, l'une ne peut guère exister tant que l'autre demeure. La femme d'affaires que vous êtes perçoit une banque en Corellia, un allié précieux, et l'homme d'affaires que je suis ne peux que vous acquiescer sur ce point. Cependant, l'ingénieur de formation que je suis perçoit également un gigantesque potentiel industriel, inégalé dans les mondes indépendants, à part, bien entendu, par Kuat. Kuat est une poudrière, et les conflits sociaux internes de ce monde risquent fort d'être exacerbés par le conflit à venir.

J'ignorais alors qu'une révolution avait effectivement démarré sur le monde industriel.

- La neutralité de la planète s'en trouverait compromise, et il ne fait pas de doute que l'un des camps cherchera à tirer profit de cette situation pour s'accaparer l'industrie de la planète et de ses vassales. Quel sera alors le réflexe de l'autre camp pour rattraper son retard ? Corellia me semble être la cible idéale... Les chantiers sont en activité permanente et tout à fait équipés pour déverser un arsenal terrifiant et immédiatement opérationnel pour la guerre. De plus, Corellia bénéficie d'une position stratégique au sein des mondes du noyau et à l'intersection de certaines des routes commerciales les plus importantes de la galaxie. Quiconque contrôle Corellia contrôle le bon déroulement du commerce dans la région du noyau. Croyez-vous sérieusement que les deux camps ignoreront cet attrait et ne tenteront rien pour soumettre Corellia ? Allons, Madame ! Je vous en conjure, ne reproduisez pas les erreurs de mon défunt père. Le monde est trop fou pour croire que le compromis et la neutralité permettront éternellement d'y survivre... Vous ne prenez pas mes paroles au sérieux, je le lis dans vos yeux. Oh, je le comprends certainement, ce discours alarmiste peut paraître absurde et démesurément cynique... Cependant... Vous vous trompez lourdement en croyant que la République et la Confédération ne sont pas assez avides pour s'emparer de Corellia par la force... Et vous en avez la preuve devant vous.

Avait-t-elle saisi le sens de cette révélation ? Oui, bien sûr. Je jouais à un jeu risqué, mais lorsque toutes les solutions rationnelles sont écartées, il faut se résoudre à choisir la folie.

- Pensiez-vous sérieusement que la présence d'un Skakoan sur Corellia en ces temps de doute était une coïncidence, Madame ? Dans l'ombre, les superpuissances avancent d'ores et déjà leurs pions. Et Corellia sera l'un des nombreux champs de batailles de leurs luttes clandestines aux enjeux secrets. Faire tomber un régime ? C'est dans leurs cordes. Annexer un monde sans la moindre effusion de sang ? C'est dans leurs cordes. Enchaîner à nouveau Corellia ?... C'est dans leurs cordes. Croyez-moi, Madame, mieux que quiconque, je suis bien placé pour savoir à quel point ces Léviathans sont déterminés dans leur quête de domination. Ils m'ont pris ma famille, mon foyer et mon avenir, et désormais, je ne suis pour eux qu'un pion placé sur leur échiquier, docile et disposé à servir leurs intérêts. La coupe est pleine. Vous vouliez connaître mes motivations, Duchesse ? Eh bien c'est une affaire personnelle. Et il se trouve qu'à l'heure actuelle, mes intérêts personnels et ceux de Corellia convergent. Je ne suis pas un citoyen de Corellia, mais j'ai suffisamment de bonnes raisons pour m'opposer à ceux qui m'ont tout pris en entravant leur festin monstrueux. Ils n'auront pas Corellia, Madame. Je le jure sur mon honneur et sur la mémoire de mon père. J'ai voué ma vie à cette vengeance, patientant dans l'ombre, attendant que l'heure de frapper vienne, et désormais, je crois bien que cette heure est arrivée. Par la protection de la souveraineté et de la puissance corellienne, ma vengeance sera accomplie... Je ne suis pas un homme providentiel, Madame. Les chevaliers en armure étincelante n'existent pas. Je ne suis qu'un Skakoan qui n'a plus rien à perdre, déterminé à venger la mort de son père.

Mon pas lent cessa et je me retournai vers mon interlocutrice, désormais consciente de la gravité de la situation. Comment cela ? Evidemment que j'ai menti ! Mais le mensonge avait été plongé dans les flots de la vérité crue et insupportable et dissimulé au grand jour. Une partie de la vérité avait été exposée, mais son détail le plus essentiel était voué à demeurer ce qu'il avait toujours été : un secret d'Etat.

- Je suis bien conscient du choc que peuvent engendrer de telles révélations. Je ne m'attends donc pas à ce que vous fournissiez une réponse immédiate. Je vous ferai donc parvenir un moyen de me contacter dans les plus brefs délais. Néanmoins, hâtez-vous autant que possible. Il ne nous reste plus beaucoup de temps, avant que l'irréparable ne se produise. Souvenez-vous, Madame : je ne suis qu'un pion parmi des millions sur l'échiquier des Léviathans, et ils n'auront de cesse de vous assaillir encore et encore, jusqu'à ce que Corellia tombe sous le joug de l'un des deux monstres. Je suis curieux de savoir lequel des deux l'emporterait si Narben l'emportait. La République corrompue ou la Confédération avide ? Hmmm... J'espère que nous n'aurons jamais à le savoir.

Je m'inclinai respectueusement avant de rejoindre Lawrence, qui commençait sans doute à se douter que quelque chose se tramait.

- Passez une excellente soirée, Duchesse.


HRP : edit pour supprimer un passage incohérent concernant l'identité de Jinn Fear
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MessagePosté le: 24/05/2018 16:52:16    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien Répondre en citant

Cette fois-ci encore, Asavar avait grandit. Plus qu'un orateur ou un négociateur, ce soir il était devenu un leader. Un chef, capable de suivre à la fois son cœur comme son esprit, et de transmettre sa passion à ceux qui l'entendaient. Pendant que le Skakoan dévoilait l'origine même de son nom, Kaloo fermait discrètement les yeux, se concentrant sur cette voix singulière, abîmée et pure à la fois. Elle se délectait de ce moment profond, cet instant fragile où la vérité semblait apparaître d'un seul coup. La confiance de la Duchesse ne serait évidemment pas complètement acquise suite à cette seule entrevue, mais le sbire du Techno-Syndicat marquait assurément des points importants.

Les valeurs véhiculées par la dirigeante Axan se retrouvaient dans le discours de l'être au masque de fer. Cette fois-ci, il ne s'agissait pas de mots choisis au préalable, dédiés à faire plier la militante démocrate. Non, Asavar développait enfin ses propos avec une part de sincérité, spontanément comme son interlocutrice aimait tant le faire. Elle ne saurait vraiment dire pourquoi, mais les explications de l'extra-terrestre lui paraissaient authentiques. Sans doute, déjà, parce que les risques qu'il prenait étaient énormes. Laisser autant d'informations filtrer auprès d'une personne qu'il venait de rencontrer était un acte fou, révélateur d'une certaine détresse.

Kaloo était soit face à celui qu'elle mènerait au sommet, et qui le lui rendrait bien, soit face au plus grand escroc qu'elle eu l'honneur de rencontrer. Dans tous les cas, cela faisait d'Asavar son candidat idéal pour contrer Gabe Narben. Elle avait conscience du risque qu'elle prenait en aidant cet être singulier... Par conséquent, il lui fallait établir quelques vérifications au préalable. La Duchesse se tourna alors vers son garde-du-corps pour lui faire un signe de la main, que lui seul pouvait comprendre. L'homme disparu en quelques secondes du grand balcon, laissant Asavar conclure son monologue sans pression.

Le Skakoan souhaita enfin la bonne soirée à sa future collaboratrice acquise, celle-ci lui lançant donc, dans son dos :

"A demain, Sieur Phocas."

Demain, l'histoire de tout un monde sera bouleversée. Demain, le jour se lèvera de nouveau, mais cette fois-ci Asavar ne serait plus seul face à l'univers. Gabe Narben, lui, apprendra la nouvelle retentissante depuis sa tour infernale. Un adversaire lui sera présenté, et pas n'importe lequel : le seul capable de le contraindre à l'échec. Qu'il tremble, qu'il s'énerve, le destin d'Asavar était, de toutes façons, déjà écrit sur Corellia.
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Niveaux 1 & 2 : Close Combat
Niveau 3 : Tireur d'élite
Casier T3544
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MessagePosté le: 22/07/2018 17:26:10    Sujet du message: Inauguration du Musée de l'Espace Corellien

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