Se connecter pour vérifier ses messages privés 
 FAQ
   Rechercher   Membres   Profil         Connexion 
 
Épisode 2 : La Bête de Kiffu

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Star Wars RPG Index du Forum -> Galaxie principale -> Reste de la Galaxie -> Bordure Extérieure -> Taris
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Elessar Demoria
Nouvel Ordre Sith

Hors ligne

Inscrit le: 30 Mar 2010
Messages: 25
Niveau: 0
Rang: Apprenti
Autre: Ex-Agent Corellia

MessagePosté le: 09/08/2017 23:43:06    Sujet du message: Épisode 2 : La Bête de Kiffu Répondre en citant

La Bête de Kiffu
La Naissance d'une Ombre

Ce que le destin me réservait

Il y eut une explosion, des cris, des tirs. Puis cette main, qui s'est posée autour de mon cou, y installant un collier métallique étrange. Lorsque le cliquetis du fermoir parvint à mes oreilles, ce fût l'obscurité, le néant. Mon esprit n'était plus qu'un vide sans fin dans lequel je me perdais sans cesse. J'ignore ce qu'il s'est vraiment passé à ce moment-là, je sais seulement que mon réveil ne fût pas de tout repos.

"Regardez moi ça! En voilà un lot exceptionnel!"

La voix belliqueuse d'un homme résonnait dans ma tête alors que j'ouvrais tout juste les paupières. J'étais en cage, comme un animal. Plusieurs paires d'yeux me toisaient derrière les barreaux. Je me redressai, assis à présent, cherchant mon sabre laser à ma ceinture, rien. Me voici captif et désarmé... Pourquoi?

"Il avait une arme Jedi et quelques accessoires militaires sur lui. Le stricte minimum pour un agent spécial je dirais."

D'autres voix se mêlaient à la conversation, mais mon attention se porta plutôt sur le collier tombé à mes pieds. Cet objet m'avait fait perdre connaissance, ma tête bourdonnait légèrement et mes souvenirs étaient quant à eux encore confus. Sans doute me fallait-il encore un peu de temps pour tout remettre en ordre, là-dedans.

"Alors, Kiffar, qu'est-ce qu'il t'est arrivé, hein?"


L'un des personnages aux allures de contrebandiers venait de frapper sur ma cage, tout en me posant cette question assez simple, à laquelle je ne pouvais malheureusement pas répondre. Je relevai la tête, mes yeux sombres plongeant dans son regard sournois. Mes dons de psychométrie se mettaient naturellement en marche autour de l'individu, m'amenant à conclure au moins une chose certaine, via quelques flashs intérieurs brouillons : ce vaisseau était bel et bien celui de pirates sanguinaires, le trafic en tout genre y était monnaie courante.

"Je n'en sais rien."

Rétorquais-je tranquillement en me relevant enfin, péniblement. Ma tête se cogna au plafond de la cage, visiblement pas prévue pour des proies de mon envergure, provoquant des rires moqueurs dans la petite troupe de joyeux criminels. Sans hésiter une seconde, je frappai rageusement du pied les barreaux solides de ma nouvelle petite maison. Précisément là où les mains, trop assurées, du dernier voyou à s'être exprimé s'étaient posées quelques secondes plus tôt, brisant ses phalanges sous la violence du coup net. Le type hurla de douleur, reculant de quelques pas en vociférant, cette fois, des insultes et autres noms d'oiseaux divers. Il ne fallait jamais se moquer d'un ancien gardien de Kiffex, quelque soit la situation...

"Saloperie! On aurait dût te laisser crever dans l'espace!"

A ces mots, un petit sourire se dessina sur mes lèvres sèches, aérant quelque peu ma barbe envahissante. Je reprenais vite de la léthargie, je le sentais, il valait mieux pour cette bande de crétins qu'ils me libèrent bientôt, sous peine de voir de quel bois j'étais fait. Le bois si rude à tailler des jungles de Kiffu.

"Assez joué, les pétochards, sortez-moi de là et je vous laisserai peut-être la vie sauve."

D'autres rires, attendus cette fois-ci, éclatèrent dans les rangs pirates. Celui qui semblait être le capitaine de l'équipage s'avança pour me défier de plus près, déclarant alors derrière son casque artisanal de fortune :

"Et si on te laissait là-dedans plutôt? Qu'est-ce qu'il se passerait au juste? Tu te mettrais en colère peut-être? Pff... Nous te vendrons bien vite pour une bonne somme aux esclavagistes, voilà ce qu'il va se passer. Le contrebandier se tourna soudainement vers ses laquais pour donner des ordres. Allez! Rendormez-moi cet immonde babouin!"

Avant que je ne puisse réagir, une demie-douzaine de piques à bétail électrisantes fondirent sur moi, à travers les solides lignes de fer de la cage. Je tombai à nouveau dans un coma profond. Les jours qui suivirent furent ceux d'une simple bête, privée de liberté, et traitée comme une marchandise industrielle que l'on emmène à l'abattoir. Mais, comme l'avait précisé cet homme masqué, le destin que me réservaient mes ravisseurs, avides d'argent, était en fait bien pire que l'austère exécution : l'esclavage.

Nous, les Kiffars, avons déjà connu des années sombres, durant lesquelles les esclavagistes avaient notamment pris pour cible notre espèce, robuste et fière. Mon peuple s'était battu de toutes ses forces afin de contrer cette nouvelle mode inhumaine, dans son système et ailleurs en fait. Kiffex avait été créée en partie pour enfermer (ainsi qu'officieusement laisser mourir les condamnés à perpétuité) ces imbuvables bandits. Voilà maintenant que j'allais servir, moi, l'ancien Sith et justicier noir, de main d’œuvre gratuite, exploitée au service de je ne sais quel baron du crime. Une ironie qui me laissait un goût amer, mélange de honte et de haine. Je n'avais pas sillonné les mondes, que ce soit autrefois seul ou, plus récemment, en compagnie des espions expérimentés de Cato Neimoidia, pour arriver à une fin aussi déshonorante. La Force était avec moi, dans mes veines et mon âme, un jour ou l'autre je l'utiliserai afin de me sortir de là.

Les pirates de l'espace me menèrent sur une plateforme qui m'était inconnue, sans doute un repère mal famé, absent des cartes officielles, situé dans un système tout aussi perdu et inhospitalier. Je ne vis qu'un ou deux visages nouveaux venir à me rencontre. Certains prirent le temps de me scanner à l'aide de divers objets, dont je ne connaissais pas vraiment l'usage, en réalité. Enfin, une bonne heure étant passée, des Gamorréens surgirent à l'intérieur de la pièce, se saisissant vivement de ma geôle. J'étais clairement transféré à bord d'un autre vaisseau. Les porcs verts géants ne m'adressèrent aucun mot durant le court trajet. Ils se contentèrent d'exécuter leur basse besogne, avant de me laisser à nouveau seul avec moi-même.

La vente avait été actée, il fallait croire. Je sentis le vaisseau décoller, puis la porte de la soute dans laquelle j'avais été transporté s'ouvrit en un souffle mécanique. Une femme au crâne rasé et au corps athlétique généreusement tatoué apparue. Elle s'approcha sans crainte, agitant presque sous mon nez une arme que j'aurais reconnu entre mille : mon sabre laser. La tatouée, comme j'avais décidé de la nommer, activa le faisceau létal. Ce coupable de nombreux meurtres entre mes mains, la lame flamboyante était toujours aussi magnifique, ses douces vibrations commençaient vraiment à me manquer d'ailleurs...

"Ce n'est pas tous les jours que l'on tombe sur un Sith."

Déclara-t-elle, passionnée par sa précieuse découverte. Je ne souhaitais pas franchement lui répondre, au début, mais l'éclat intriguant dans ses yeux m'interpella suffisamment pour me pousser à alimenter la conversation ; une noirceur familière y régnait.

"Je ne suis plus Sith. Pas depuis que j'habite dans cette boite en tout cas. Mais si mon cas vous intéresse, je me ferai une joie de vous l'expliquer, dans la mesure du possible.

- Ton cas m'intéresse. Comment es-tu arrivé là? Les Sith ne sont pas franchement faciles à capturer... Je peux en témoigner.

- Je faisais parti d'une équipe déployée pour une mission importante. Probablement afin de me sauver d'une mort certaine, un de mes équipiers m'a mis un collier étrange. Ce dernier m'a complètement endormi en une fraction de secondes. A mon réveil, j'étais déjà encerclé par ces vermines à qui vous m'avez acheté, enfin j'imagine. Depuis, je dispose de ces austères barreaux froids en guise de plus proches amis."

Un court silence s'installa entre nous, laissant les vibrations ronronnantes du sabre combler momentanément ce vide. Ce son m'avait toujours apporté satisfaction, même dans les plus délicates situations. L'esclavagiste, si elle en était bien une, éteignit soudain mon arme fétiche avant de poursuivre la discussion.

"Ces colliers, capables de telles choses, sont des bijoux technologiques plutôt rares. Tu devais avoir beaucoup de valeur aux yeux de tes anciens collègues... J'imagine que tu veux savoir à quoi tu vas bien pouvoir me servir, à présent?"

Cette fois, je ne pris pas la peine de dire quoi que ce soit. Je m'approchai silencieusement des barreaux métalliques, dévouant toute mon attention aux futurs mots de mon interlocutrice.

"Nous allons faire de toi un gladiateur d'arène. Tu vas me rapporter beaucoup, beaucoup d'argent, j'en suis sûre."


Un lion dans l'arène

Les Rodiens sont véloces, mais frêles. Aujourd'hui, mon adversaire est plutôt dangereux, car il utilise son blaster habilement, m'empêchant de casser la distance entre lui et moi. Il sait très bien que, si je gagne plusieurs mètres, sa vie sera terminée. Alors j'esquive, je m'efforce d'être très mobile, évitant les tirs de cet insecte géant. La foule hurle à chaque salve, inquiète et envieuse à la fois. Le Rodien commence à suer, je ne suis plus qu'à quelques pas de mon objectif, j'approche petit à petit. Les lumières de l'arène font étinceler ma vibro-lame. Je sais que le moment fatidique ne va pas se faire attendre bien plus, vue l'intensité croissante et l'adrénaline dans l'air. Je sens le regard perçant de la tatouée sur moi, elle est là, ma patronne, quelque part, parmi tous ces spectateurs assoiffés de sang et d'argent. Peu importe, je n'ai qu'une chose en tête en cet instant : en finir avec ce lâche de Rodien.

Un tir de blaster parvient à frôler mes côtes, me brûlant l'épiderme superficiellement. La douleur qui en résulte est tout de même bien réelle, je serre les dents et j'avance encore. Ma cible doit recharger. Du moins, si elle compte me vaincre d'ici quelques secondes, bien entendu elle n'y parviendra jamais. Un pas de plus et me voilà à portée, le tireur le sait. Ses yeux paniquent face à mes mouvements pleins de puissance. J'utilise tout mon corps pour pivoter et armer cette unique botte mortelle. Mon arme transperce d'un coup franc la tête de l'extra-terrestre, du menton jusqu'au crâne. Le sang gicle au loin, derrière le malheureux, et la foule s'extasie, presque d'un seul orgasme longuement attendu. Encore un combat de gagné, encore une avancée vers... Ma liberté?

Les lumières s'éteignent et le personnel de sécurité vient déblayer le cadavre gisant devant moi. Je suis forcé de leur laisser mon arme également, je connais la chanson maintenant. Les fers me sont passés autour des poignets, et l'on me conduit devant ma patronne. Tout le monde m'attend au salon des spectateurs VIP. Elle n'est évidemment pas seule à sa table, comme bien souvent, ses yeux pétillent de fierté et de satisfaction. Je comprends instantanément qu'elle a hâte de présenter sa bête tueuse à ses nouveaux amis.

"La voilà, la Bête de Kiffu!"

Annonce-t-elle, glorieuse. Les applaudissements suivent ses mots. Certains visages affichent un sourire, d'autres demeurent fermés, voir anxieux. J'inspire la crainte chez ces derniers, c'est évident. Pour d'autres, je reste un esclave comme un autre, forcé de combattre dans le but primitif de survivre, espérant éternellement sortir de là un jour. La tatouée passe vicieusement l'index autour de ma récente blessure, encore fumante sur mon flanc gauche. Je recule légèrement sans rien dire, les sourcils froncés, faisant comprendre ma désapprobation.

"Une bête blessée peut être bien plus dangereuse qu'une autre en parfaite santé. Et quand ma bête est plus hargneuse, c'est très bon pour les affaires."

Je préfère rester muet, il n'y a rien d'intéressant à dire face à cela de toutes façons, pas à mon sens en tout cas. Un garde m'empoigne le bras droit, me conduisant sans plus tarder à travers la salle. Les festivités allaient sans doute reprendre en ces lieux, après mon départ, l'argent gagné dans les paris allait être en grande partie bu, comme chaque soir. Quant au reste, je préférais même ne rien savoir, au risque de me ronger l'esprit et d'entretenir une colère qui ne peut être apaisée. Le garde m'amène chez moi, enfin, dans mon appartement en sous-sol. Ce petit bunker était verrouillé depuis l'extérieur. Ma situation s'était tout de même améliorée depuis mon arrivée sur Taris, comparativement à ce que vivent d'autres esclaves. Maintenant, je pouvais me doucher, dormir relativement confortablement, écouter des holocrons ou même regarder des holo-films, quand on avait pas besoin de moi. Par contre, dès que la porte s'ouvrait, je savais que je devais enfiler mon pagne de combat noir et suivre les gardes sans broncher. L'arène m'appelait, et je devais absolument lui répondre, de gré ou de force. La tatouée m'avait dit que c'était la seule issue envisageable pour moi, une sorte de marché dans lequel je n'avais pas mon mot à dire. Une fois qu'elle aurait gagné assez d'argent sur mon dos, alors peut-être serait-elle suffisamment de bonne humeur pour m'affranchir. Bien sûr, rien ne l'y engageait véritablement. Les promesses faites à un homme en cage n'avaient rien de contractuel... Inutile de souligner le fait qu'il s'agissait là d'une façon de fonctionner très courante dans les bas-fonds de Taris.

Cette planète avait toujours été connue pour sa forte criminalité, même si cette statistique était bien souvent inavouée et décriée par les gouvernements successifs, probablement eux-même trempés jusqu'aux os... Bref, les bas-fonds de la cité contenaient malheureusement l'essentiel des crapules du secteur. L'organisation Cerberus avait d'ailleurs essayé, fût un temps, de fédérer cette racaille, sous la houlette instable du chaotique Joker. Cependant, même un être aussi fou et imprévisible avait échoué à cette tâche ardue. L'homme qui se cachait sous le maquillage dérangé fût absorbé par sa propre suffisance, puis annihilé par les grandes puissances intergalactiques, agissant de concert. Rien de cette époque n'était resté à la surface, cet héritage malfaisant était à présent enfoui, sous les belles lumières et les buildings flamboyants. Les gangs avaient beaucoup perdu des grandes années, permettant ainsi à d'autres malfrats plus influents d'installer leurs petites affaires diverses. Les risques de se faire prendre étaient plus grands désormais, certes, mais les criminels font rarement des études de marché avant de lancer leurs petites affaires. Le patchwork des malfrats nouvellement formé pouvait faire penser à un échantillon de celui de Nar Shaddaa, peut-être, avec quand même moins de Hutts au sommet de la pyramide. Il n'était cependant pas rare d'en croiser dans les bookmakers, presque toujours encadrés par quelques porte-flingues et droïdes assassins.

Dans tout ce battage, celle que j'appelais "la tatouée" avait fondé cette entreprise de combats illégaux, sur la base des vieilles arènes existantes en fait. Rivalisant avec les antiques et célèbres arènes non létales de la surface de Taris, celles-ci promettaient évidemment des dénouements plus mortels. Inévitables, surtout pour les combattants les moins robustes, ou les plus malchanceux également. Les gladiateurs qui finissaient par jouer leur vie en ces murs étaient, généralement, soit des parieurs mis sur la paille, soit des voyous punis par leurs chefs. Il y avait aussi, évidemment, des esclaves, comme moi, plus ou moins façonnés dans le but d'exécuter cette seule et même tâche : combattre à mort. Ceux-ci étaient souvent les plus dangereux des gladiateurs. L'explication à cela était assez simple : la plupart n'avaient plus rien à perdre, même plus la vie, ce trésor précieux et fragile, étroitement lié à la liberté... Les esclaves utilisaient leur désespoir pour se battre sans craindre la mort, à l'image de certaines "machines" tueuses. Une vraie plaie, donc, pour ceux qui si retrouvaient en face, seulement désireux de survivre dans ce monde de fous.

Mes journées étaient quotidiennement rythmées de la sorte. Il m'arrivait parfois même d'effectuer jusqu'à trois affrontements en un seul jour. Quand arrivait le soir, on m'enfermait dans ma modeste demeure. Alors, j'écoutais les limbes de la Force. Les Kiffars effectuaient ce genre de méditation tôt dans l'enfance, avec plus ou moins de talent selon les individus. Pour ma part, il m'arrivait de rester dans le silence complet des heures durant, me faisant surprendre quelques rares fois par l'ultime soupir d'une âme d'un autre monde. Difficile de comprendre, toutefois, les bribes de mots que je pouvais capter à travers le néant. Je n'étais même pas sûr qu'il s'agisse d'âmes défuntes, personne ne pouvait le savoir. Je me plaisais simplement à y croire, cela m'aidait à accepter la longue marche vers le dénouement funeste, vraisemblablement réservé à chaque être ici bas. Ma théorie sur ces "voix" ne s'arrêtait pas là : ma croyance résidait en fait en la consistance même de la Force. Cette entité, déesse immatérielle des Jedi comme des Sith, conservait bien des mystères. Je n'avais pas étudié bien longtemps les archives Sith, ni même les enseignements de Jinn Fear, mais je savais que leur vision des choses était proche de la mienne.

La Force est un outil extraordinaire, destiné aux êtres uniques qu'elle choisit, mais également à ceux qui s'entraînent dur, dans l'objectif de finalement la maîtriser. Selon moi, chacun possède un certain potentiel vis-à-vis de la Force, mais seulement une poignée peut réellement parvenir à développer son pouvoir, du moins à travers son propre avatar corporel et spirituel. Pratiquer, nourrir ce lien avec la Force, donne lieu à des prouesses inouïes. Néanmoins, la voie vers ces possibilités immenses reste sinueuse et cachée par des brouillards épais.

Il m'est arrivé de croiser de grands guerriers durant mes quelques périples précédents, fortement sensibles à la Force. Cependant, j'ai constaté qu'il n'existait plus vraiment de grands maîtres ; pédagogues, sages, puissants psychiquement et suffisamment expérimentés à la fois. Même l'incroyable Fear, qui avait endossé le rôle de Seigneur Noir des Sith, fût un temps, n'avait su me guider de la bonne façon. S'il m'avait mieux appris et avait adapté ses méthodes à mon caractère, sans doute ne serais-je pas cloîtré ici, à me contenter de murmures imperceptibles. Bien entendu, j'étais aussi en faute. Je n'étais sûrement pas l'élève rêvé, ni l'idéal souhaité par les maîtres. Pourtant, mon grand-père avait réussi, lui, à me forger le corps et l'esprit. J'avais suivi la voie Hashishin, la même que mes parents. Pour la justice, afin de purger cet univers des maux qui l'encombrent. Où en suis-je dans cette grande quête noble? Nulle part, je le crains. Je ne suis plus qu'une bête, forcée de faire ce qu'elle a toujours fait : suivre son instinct, survivre face aux dangers, quitte à écraser d'autres êtres pour y parvenir.

*Tu n'es pas une simple bête.*

Une voix sombre, virile, rebondit contre les parois intérieures de mon crâne. Mes tempes me lancent, je pose mes mains dessus comme pour éteindre un feu, mais la douleur ne part pas, la voix non plus.

*Je me rappelle de toi... Elessar. Je ne t'ai pas oublié. Nous t'avons cherché depuis tout ce temps, et te voilà enfin.*

Je me couche sur mon lit, le corps crispé de toutes parts. La sueur gagne mon front, je ressens un pouvoir incommensurable envahir mon esprit, contre mon gré. La voix s'était tut, alors j'essayai de lui dire quelque chose par le biais de ma pensée.

*Qui... Êtes... Vous?*

Soudain, plus rien. Le lien qui m'unissait avec cette voix mystérieuse, et douloureuse, était comme rompu. Mes compétences n'étaient pas assez avancées pour le rétablir. J'ignorais qui pouvait bien prétendre ne pas m'avoir oublié... Dans tous les cas, il ne pouvait s'agir que d'un seul type de personne : un utilisateur aguerri de la Force. Ce pouvoir que j'avais ressenti était incontrôlable, du moins pour un novice comme moi.

Je me relevai péniblement sur mon matelas, dégageant ma crinière sombre sur le haut de mon crâne encore chaud. Cette petite expérience n'avait alerté aucun garde, il devait pourtant y avoir des caméras de surveillance un peu partout. La tatouée connaissait mon passé de Sith, elle allait sûrement me poser des questions bientôt sur ce qu'il venait de se passer. Pour l'heure, je devais me reposer, une autre journée de combat m'attendait.


Par la victoire, je brise mes chaînes

Les semaines passèrent et je n'obtins plus aucun signe de ce contact étrange, perdu dans le sillage de la Force probablement. La tatouée avait ordonné que l'on m'injecte des sérums contre la grippe en prévention, ignorant le fond réel de cette crise. Mon quotidien de bête d'arène avait donc reprit son cours, c'était devenu un rituel machinal aujourd'hui. Le temps passait, naturellement, sans que je n'y prête plus attention. La tatouée me donna de nouveaux droits au fil des mois : dîners en tête-à-tête récurrents, apéritifs post-combats en compagnie de fans richissimes, massages auprès d'esclaves sexuelles, etc... Plus qu'un gladiateur, j'avais reéporté le titre de champion de mon arène, le poulain sur lequel miser était plus évident que de déterminer la couleur du ciel. Avec ce titre, les défis qui s'offraient à moi étaient de plus en plus rudes. Si au début j'enchaînais les affrontements en un contre un, le nombre d'adversaires et leurs compétences en combat n'ont pas tardé à croître, les sommes des paris avec. Trois Gamorréens, quatre esclaves Twi'leks, des meutes de bêtes sauvages enragées, tout ce qui pouvait faire fructifier les côtes était envisagé par la tatouée.

Les billets remplissaient les poches de mes propriétaires, mais ma liberté ne pointait toujours pas le bout de son nez. Ces derniers temps, la colère me gagnait intérieurement. Quelque part en moi résidait toujours un petit espoir, même si je savais qu'il était plutôt naïf et improbable. Alors, comment cela allait-il vraiment se finir? Attendions-nous le combat de trop? Un adversaire implacable, qui aura enfin raison de la Bête de Kiffu? En y réfléchissant, la tatouée pouvait même organiser ma décadence depuis chez elle, dans le but de miser contre moi, juste au moment où cela pourrait rapporter un maximum de crédits. Je ne pouvais en être sûr, il me fallait des preuves. Devais-je laisser cette possibilité à ma patronne? L'autre option était également très risquée : perdre le prochain combat. Faire s'effondrer la fortune de la tatouée, sa crédibilité avec elle. Cela la mettrai dans une rage folle. En définitive, soit elle me ferai exécuter, soit elle m'enfermerai à tout jamais ici ou ailleurs, loin de tout air libre. Autant dire que je n'y tenais pas franchement non plus.

Je réfléchissais tranquillement à tout ça dans mes quartiers, devant un bon holo-documentaire relatant les anciennes guerres républicaines. En plein milieu d'une explication passionnante sur l'entraînement des premiers clones ARC militaires, ma tête commença à me lancer de nouveau. La douleur étant moins contraignante que la première fois, ce coup-ci je fis comme si de rien n'était, évitant habilement d'être remarqué par les caméras. Je fixais donc l'écran, sans plus regarder ni écouter ce qu'il diffusait toutefois. Je laissais mon esprit ouvert à cette communication tant attendue, au travers la Force.

*Elessar, je vais venir te libérer.*


Je sentais que la communication était bien plus facile à tenir que la dernière fois, je tentai donc une réponse psychique.

*Comment? Et vous ne m'avez toujours pas dit qui vous êtes.*

L'espace d'un instant, je crus perdre le contact avec mon interlocuteur. Sa réponse mit juste un peu de temps à me parvenir.

*Je suis Dark Malek. Nous avons combattu ensemble sur Coruscant, il y a quelques années. Après la disparition de l'Omega et la fin de l'Empire, j'ai regroupé un certain nombre d'autres Sith pour vivre en exil, refonder un ordre sur de bonnes bases. J'ai essayé de te contacter à l'époque, mais tu étais déjà loin.*

*Malek... Je me souviens, oui. Je n'aurais jamais pensé te revoir un jour... Quel est ton prix contre cette libération providentielle?*

*Je souhaite te voir à mes côtés Elessar, intègres mon ordre et tu seras libre. Saches qu'il y a également un puissant Sith qui réunit des sectes comme la mienne dans les régions inconnus, ce sera certainement un tournant majeur pour nous tous. Tu peux faire parti de cet avenir, ton destin est là c'est évident.*

La nouvelle était opportune. Encore fallait-il que Malek ait assez de ressources pour pouvoir me libérer. J'avais donc encore une famille qui m'attendait : pas les Hashishin, pas les Services Secrets Corelliens, mais les Sith, encore et toujours les Sith. La Force voulait me revoir au plus proche d'elle, c'était plus qu'un signe. Ma réponse ne tarda pas, sûre et ferme :

*Marché conclu.*


Le lendemain.


Les gradins de l'arène étaient pleins à craquer, les spots virevoltaient du sol au plafond, de leurs feux aveuglants. Le spectacle clandestin avait rarement été aussi mis en lumière, littéralement. Tous connaissaient l'affiche exceptionnelle du jour : un Sith contre un Sith. Ce genre de duel d'arène n'avait jamais été observé sur Taris, que ce soit à la surface ou dans le monde du dessous. Les techniques au sabre-laser étaient uniques, modelées au fil des âges par les plus grands bretteurs de tous les temps. Avec ça, la tatouée risquait bien de se faire assez d'argent pour le restant de ses jours. Voir encore plus, si je me faisais tuer, contre toute attente (et qu'elle pariait en ce sens). Après tout, j'étais le champion de cette antre, tous les parieurs comptaient sur moi aujourd'hui. Ce dont personne ne se doutait, c'était qu'il y avait une donnée que je maîtrisais quasi-pleinement : mon adversaire allait être un complice de Malek. Peu importe l'issue du combat donc, je ne risquais pas de finir éventré devant une foule de parieurs ébahis, fort heureusement.

Les spots s'orientèrent soudain sur la piste de combat, le compte à rebours pouvait démarrer. Mon sabre-laser en main, enfin retrouvé, j'attendais le bon moment pour l'activer. Je regardais mon adversaire en patientant. Il s'agissait d'un être emmitouflé dans sa bure noire, les traits de son visage dissimulés sous sa capuche. Il faisait les cent pas de son côté, ne prêtant guère attention à mon regard insistant posé sur lui. Quelque chose de très noir se dégageait de son esprit, suffisamment fort en tout cas pour empêcher ma psychométrie d'opérer. Ce disciple obscur n'était pas un simple novice, je le sentais.

Le compte à rebours s'acheva et le combat put commencer. Je me jetai en avant brusquement, lame rougeoyante dégainée de sa garde métallique, le cœur emplit d'espoir. D'ici quelques instants, j'allais enfin briser mes chaînes, retrouver un vrai but à mon existence. L'homme encapuchonné, lui, se contenta de marcher tranquillement dans ma direction. Sabre pointé vers le sol, on aurait dit qu'il se fichait du danger approchant à grands pas. J'allais bientôt atteindre la bonne distance de frappe, quand le Sith plaça gracieusement sa main devant lui, paume dans ma direction. Je sentis alors une puissance immatérielle inouïe s'enrouler autour de mon cou, l'étreindre comme s'il n'était qu'un fruit mûr bon à presser. L'étranglement de Force était une technique que je ne maîtrisais pas franchement, cependant j'avais déjà observé certains partisans de l'Omega en faire usage, notamment. Quelque chose se confirmait : cet adversaire n'était pas qu'un modeste adepte noir, ou alors il était clairement de ceux qui se montraient extrêmement doués.

Mon corps se fit soulever ainsi du sol quelques secondes, par cette force invisible, provoquant les cris déments des spectateurs. Je sentais le souffle me manquer, laissant tomber mon sabre-laser sur le sol. En était-ce fini de moi? Non, je continuais de croire que non, malgré cette position indélicate. Le Sith sembla en avoir assez, il me propulsa de ce fait sur plusieurs mètres en arrière. Me voilà au sol, ridiculisé mais libre de cette étreinte insupportable. Je fis moi-même usage de la Force afin de ramener mon arme au creux de ma main forte, effectuant un saut vif dans le même temps. J'étais sur pied d'un seul geste, véloce comme un félin. Le gladiateur obscur se tourna vers la foule cette fois-ci, les bras écartés en guise de provocation. Il demeurait silencieux, néanmoins je sentais en lui cette rage bouillonnante, semblable à celle qui demeurait en moi. Qui était-il? Malek avait-il réellement dans ses rangs des combattants aussi talentueux?

C'était le moment de tenter autre chose. Je fis tournoyer mon arme lumineuse en moulinets une brève seconde, puis je m'élançai à nouveau face à ce puissant Sith. Cette fois-ci, il n'utilisa pas la Force, se plaçant en garde dans l'optique de parer mon assaut, bien campé sur ses appuis. Je frappai brutalement avec mon arme contre la sienne, testant sa capacité à encaisser. C'était du solide ce gars là... Pendant qu'il s'évertuait à tenir sa position, j'en profitai pour lui administrer un coup de pied dans les côtes. Les bretteurs oubliaient trop souvent d'utiliser leur corps tout entier pour porter des coups. Le Sith fût surpris et se prit l'attaque de plein fouet, reculant sur un bon mètre, reprenant son souffle.

La foule acclamait à présent la Bête de Kiffu, fière de voir son champion rendre la monnaie de sa pièce à cet illustre inconnu. Elle allait déchanter assez vite cependant! Le guerrier obscur reprit très vite du poil de la bête et ce fût à son tour de porter des attaques. Ses coups étaient vifs, précis, et il réarmait sans cesse à une vitesse impressionnante. Je ne pouvais que parer, sans pouvoir envisager de contre-attaque. Mes réflexes étaient mis à rude épreuve avec celui-là, surtout que cela faisait un moment (depuis ma capture, en fait) que je n'avais pas utilisé mon sabre-laser aussi intensément.

Le Sith parvint à me déséquilibrer en utilisant à nouveau la Force, sous forme de vague d'énergie cette fois. De nouveau à terre, j'eusse à peine le temps de me redresser, en position assise, avant de devoir parer une nouvelle frappe. Dans cette position, mes appuis étaient pour ainsi dire bancals. Je ne tardai pas à me retrouver complètement couché, les bras tendus en direction du plafond, tentant faiblement de contenir les attaques ravageuses de mon rival. Ce dernier me désarma alors d'un coup de pied franc dans ma main droite. Il approcha ensuite sa lame de mon cou, j'étais fait comme un rat.

*Tiens toi prêt Elessar.*

La voix de Malek était de retour dans ma tête, et elle provenait de ce Sith si robuste. Alors c'était lui? Il avait drôlement progressé depuis notre dernière rencontre. La Force l'avait pleinement accueillit en son sein. Pendant que je reprenais mon souffle, des huées se faisaient entendre dans la foule. Les parieurs ne semblaient pas d'accord avec le déroulé du match. D'autres commençaient à s'impatienter, ils voulaient que le sang coule. Puis, soudain, des cris de panique s'emparèrent des gradins. Des tirs de blasters rejoignirent des sons caractéristiques de sabres-lasers tout juste allumés. La mort et le chaos étaient semés là-haut. Malek éteignit donc son arme et avança sa main pour m'aider à me relever. Il me tapa dans le dos et prit la parole malgré tout ce foutoir :

"On dirait que cette vie de gladiateur ne t'a pas franchement réussie."

Je reconnus le timbre grave et saturé de mon ancien camarade. Ainsi, il avait toujours son respirateur bionique accroché au menton... Étrangement, ses mots venaient de me réconforter. Je repris mon sabre, puis me mis à suivre Malek jusqu'aux grilles de l'arène. A nous deux, nous parvinrent rapidement à tailler une ouverture dans les barreaux de fer, et à nous frayer un chemin à l'extérieur. Des gardes armés commencèrent à surgir de toutes parts, mais ils représentaient une bien mince résistance, comparé à tout ce que je venais de vivre. Malek les envoyait valdinguer au loin, quand il ne les désarmait pas pour pouvoir les tuer directement au corps-à-corps. Sa maîtrise était impressionnante. Je me rendais maintenant compte du temps que j'avais perdu ici, du retard que j'avais pris sur cet authentique guerrier obscur.

Quelques minutes plus tard, nous étions proches des ascenseurs menant à la surface de la ville. Les autres disciples noirs se trouvant derrière nous, le pire était vraisemblablement passé. Les autorités locales avaient bien entendu sécurisé ces points d'accès à la surface, mais Malek avait tout prévu. Il présenta ses papiers aux autorités et expliqua qu'il était venu démanteler un réseau d’esclavagistes, avec l'aide de ses acolytes. Le Sith fournit de nombreuses données sur les activités de la tatouée, ce qui nous permit de regagner l'astroport sans plus attendre, ni plus d'ennuis. Les navettes de l'ordre de Malek (à l'aspect de simples vaisseaux d'occasion) nous attendaient, prêtes à partir. Le groupe de combattants s'éparpilla entre les vaisseaux, pendant que les dernières autorisations de décollage étaient obtenues auprès de la tour de contrôle CSI.

Lorsque notre navette se retrouva dans l'espace, je me sentis de nouveau libre et vivant. Mon regard se posa sur mon sauveur, puis je pris un instant pour le remercier de vive voix.

"Merci, je te serai éternellement reconnaissant.


- J'y compte bien."

Rétorqua-t-il malicieusement en enlevant sa capuche, révélant a peau grisâtre et ses yeux enflammés. Cette fois-ci, il était temps pour Elessar Demoria de devenir un vrai Sith. Plus rien ni personne ne pourrait l'arrêter dans cette ascension vers le pouvoir.
_________________________
Forme Shii-Cho
Maîtrise de la Force 1/5
Maîtrise du Sabre Laser 1/5
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 09/08/2017 23:43:06    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Star Wars RPG Index du Forum -> Galaxie principale -> Reste de la Galaxie -> Bordure Extérieure -> Taris Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Legende

Nouveaux messages Nouveaux messages
Pas de nouveaux messages Pas de nouveaux messages
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets. Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.

Partenaires

Annuaires et top sites


Index | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB Fr © 2001 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com - Thème : Lyzs
Reproduction INTERDITE