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Séquelles [Varonat]

 
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Jil Charce
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 23/07/2017 22:33:13    Sujet du message: Séquelles [Varonat] Répondre en citant

    (Précédemment...)

    S'il y avait un bout du monde, Varonat était ce que Jil en avait vu de plus évocateur. Un petit spatioport et deux agglomérations aux noms aussi rustiques que peu inventifs – Tropis-sur-Varonat et Edgefields-sur-Varonat –, pour une population totale n'atteignant pas la dizaine de milliers d'habitants, majoritairement humains. Ces deux îlots concentraient tout ce qui passait pour civilisé, et le reste de la planète se résumait à une vaste jungle dense et humide. Un grand panneau à la sortie du spatioport mentionnait d'ailleurs l'une des espèces de la faune locale, la présentant comme douée de conscience et paisible, puis précisant qu'il était interdit de s'un prendre à l'un de ses membres : les Morodins, gigantesques gastéropodes de près de quinze mètres dont les sécrétions rendaient le sol stérile. Les Hutts n'étaient finalement pas les plus grosses limaces de la galaxie, songea la jeune femme.
    En marchant dans les rues de Tropis-sur-Varonat, où elle avait atterri, elle fut frappée par l'ambiance du lieu, radicalement différente de ce qu'elle connaissait. Il y régnait un grand calme : pas de vrombissement de speeders, pas de vacarme industriel, pas de foule bruyante. Seulement les cris occasionnels d'oiseaux tropicaux. Les habitants semblaient se laisser porter dans une indolence moelleuse : déambulant tranquillement le long des larges avenues de terre battue, assis ou en pleine sieste devant les porches de leurs cabanes, ils regardaient couler le temps. Les cabanes constituaient d'ailleurs l'essentiel des habitations, faites de bois et ouvertes aux quatre vents, adaptées à la chaleur et à l'humidité étouffantes, avec des toits de tôle, de chaume ou même de feuillage en guise de protection contre les pluies, qui ne pouvaient manquer d'être abondantes sous un tel climat.
    Jil se surprit à arpenter la petite ville sans but, simplement pour le plaisir, son cache-poussière roulé sous le bras, appréciant le moindre souffle d'air qui venait agiter sa chemise, qui lui collait à la peau dans la moiteur ambiante. Elle se rendait compte que depuis son évasion, guidée par son idée fixe de trouver l'Ordre Jedi, elle n'avait même pas pris le temps de simplement savourer sa liberté. Et à la réflexion, avant son esclavage non plus. Cette planète semblait vouloir la forcer à ralentir, à goûter les choses qui l'entouraient.
    Les gens d'ici étaient souriants. Ils vivaient apparemment principalement d'agriculture, comme en témoignaient les jardins, les vergers et les enclos qui jouxtaient presque toutes les cabanes. Les rares véhicules ou engins qu'elle pouvait voir garés çà et là semblaient antédiluviens, mangés de rouille mais toujours fonctionnels, rafistolés des dizaines, des centaines de fois, parfois avec des planches ou de simples bouts de ficelle. Régulièrement, la jeune femme croisait un musicien de rue aux mélodies simples mais guillerettes, qu'elle s'arrêtait pour écouter et à qui elle laissait quelques crédits. Tropis-sur-Varonat comptait quelques tavernes où régnaient la même torpeur qu'à l'extérieur, qui palpitait au rythme lent des pales des ventilateurs et des grésillements d'antiques postes de radio, un cinéma qui diffusait en boucle les quelques vieux holos dont il disposait, un théâtre et même une petite bibliothèque. En somme, Varonat était un havre de paix tranquille, loin des tumultes qui secouaient une galaxie avec laquelle elle n'avait que peu de contacts autres que les occasionnelles transactions commerciales. Un lieu parfait pour y cacher un Jedi.

    Presque à regret, Jil s'arracha à ses errances, mais la planète l'avait déjà séduite. Elle songea que si sa quête n'aboutissait pas, si elle ne trouvait pas l'Ordre ou qu'il avait été détruit, elle reviendrait peut-être s'installer ici. En attendant, il lui fallait trouver Hanzee Tahana. Aidée de l'adresse qui lui avait été fournie, elle demanda son chemin à plusieurs passants, qui lui indiquèrent bien aimablement que l'endroit qu'elle cherchait se situait un peu à l’écart de la bourgade, mais que l'on pouvait y accéder en moins d'une heure en empruntant une piste qui serpentait dans la jungle.
    La jeune femme suivit la direction suggérée et quitta peu à peu la ville pour s'enfoncer dans la forêt. Là aussi, l'environnement était nouveau pour elle : une débauche d'odeurs, de bruits et de couleurs, d’arbustes et de fleurs aux formes curieuses, d'oiseaux criards et rieurs. Elle marchait en regardant partout autour d'elle, l’œil attiré par chaque petite chose incongrue, si bien qu'elle perdit la notion du temps et que, lorsqu'elle parvint à la ferme isolée qui était son but, elle aurait été bien en peine de dire si son trajet avait été long ou court.
    C'était une cabane semblable à celles de Tropis-sur-Varonat, peut-être un peu plus grande, accolée à une large parcelle de cultures. Dans le champ, un petit homme sec et grisonnant s'acharnait sur une bêche.
    Hanzee Tahana ? s’enquit Jil.
    L'intéressé se redressa brusquement, surpris par l'apparition de la jeune femme.
    Oui ?
    Pardonnez-moi de vous déranger, je suis Aza Toghria, mentit-elle, toujours soucieuse de minimiser sa trace. Une personne avec qui vous avez fait des affaires, il doit y avoir quelques années, m'a donné votre nom, et je pense que vous pouvez peut-être me renseigner, exposa la Lorrdienne.
    Ah, eh bien, oui, je serai ravi de vous aider si je le peux. Mais plutôt à l'intérieur, ajouta Hanzeee en essuyant ses mais terreuses sur son pantalon, assis avec un verre à la main, ce sera plus agréable que debout dans ce champ.
    Quelques minutes plus tard, Jil était assise dans la cabane, dont l'intérieur était rustique mais pas aussi spartiate qu'elle s'y était attendue, avec une boisson rafraîchissante au goût étrange mais plaisant, faite maison par son hôte à partir du jus d'un fruit local, comme il le lui avait expliqué.
    Alors, dites-moi, en quoi puis-je vous être utile ?
    Vous avez vendu il y a quelques années, je crois, un chasseur stellaire un peu particulier, un Delta-7. Il se pourrait qu'il ait appartenu à l'un de mes proches parents, disparu depuis longtemps, dont je cherche à retrouver la trace ; aussi aimerais-je savoir comment vous êtes entré en sa possession.
    Un Delta-7, vous dites ? Il m'arrive bien de récupérer et de vendre des pièces détachées, de retaper de vieux véhicules, mais un chasseur, non, ça ne me dit rien, répondit-il en secouant la tête d'un air navré. Qui vous a donné ce renseignement ?
    Un certain Ctomir, l'homme à qui vous l'auriez vendu.
    Je regrette, ce nom ne me rappelle rien.
    Jil avait une impression étrange concernant Hanzee. Les mouvements de ses yeux, de ses mains, les expressions de son visage criaient à la fois le mensonge et la sincérité. Elle n'avait jamais rencontré ce genre d'attitude, et se trouvait déconcertée. C'était comme s'il était persuadé de la véracité de ses propos mais qu'une partie de lui-même, peut-être inconsciente, savait qu'il mentait, mais ça n'avait pas le moindre sens.
    Pourtant lui vous connaissait. Il m'a donné votre nom, Hanzee, et m'a dit que je vous trouverais sur Varonat.
    Varonat ? Je n'y ai pas mis les pieds depuis longtemps. La jeune femme fut interloquée.
    Mais... Nous sommes sur Varonat !
    Certainement pas, rit l'homme. Je ne suis pas sénile, si cette planète était celle dont vous parlez, je serais probablement au courant.
    Sur quelle planète serions-nous, alors ? Le cultivateur cilla.
    En tout cas, pas Varonat.
    Quelque chose clochait sévèrement, chez cet homme. La planète était la bonne, Jil avait vu les panneaux du spatioport, la description correspondait. Et pourtant, Hanzee était criant de sincérité et pensait réellement ne pas se trouver sur Varonat – pire, il admettait y être déjà allé et se révélait incapable de nommer celle sur laquelle il pensait être. Comme si une sorte de blocage l'empêchait de reconnaître la vérité. Jil se focalisa sur le visage de l'homme, espérant y déceler quelque chose qui lui permettrait de comprendre.
    Donc vous n'avez jamais vu de Delta-7, et vous ne connaissez personne qui ait pu en posséder un ? Un Jedi, peut-être ? De nouveau, l'homme cilla.
    Non.
    Jil avait perçu quelque chose. Pas physiquement. C'était plus une image, une sensation. Peut-être un souvenir. Une grande colère, et une rupture, une cassure. Quelqu'un lui avait fait quelque chose, quelque chose qu'il avait oublié mais qui était toujours là, quelque part à l'intérieur. Quelque chose qui lui avait fait oublier le chasseur, et l’identité de son précédent propriétaire. N'était-ce pas précisément le genre de choses dont étaient soi-disant capables les Jedi ? Manipuler la mémoire, influencer les esprits ? Cela dit, si un Jedi était effectivement responsable de l'état d'Hanzee, c’était presque effrayant.
    Maintenant, reprit sèchement le cultivateur, visiblement agacé par l'étrangeté des questions de la jeune femme, si vous n'avez pas d'autre question, je vais retourner à mes champs.

    Sur le chemin du retour, Jil, perdue dans ses pensées, ne fut plus attentive à son environnement comme à l'aller. Une fois de plus, sa piste se perdait en route. Elle était maintenant persuadée que l'homme qu’elle cherchait se trouvait, ou s'était trouvé, sur Varonat ; mais même peu peuplée, c'était tout de même dans une meule de foin de plusieurs milliers d'habitants qu'il lui fallait chercher cette aiguille.
    Une fois parvenue à Tropis-sur-Varonat, elle se remit à déambuler au hasard. Elle finit par s'installer en terrasse d'une taverne, avec un léger alcool de miel fait par le patron lui-même, pour écouter un musicien qui jouait non loin. Mais seule à sa table avec un lourd manteau de cuir posé à ses côtés, la Lorrdienne se démarquait de la population locale, et il ne fallut pas longtemps pour qu'une jeune fille aux pieds nus se décide à l'approcher.
    Tu es étrangère ? demanda-t-elle, curieuse.
    Jil lui aurait donné seize, peut-être dix-sept ans. Elle avait la peau brune et les mains calleuses des gens habitués à travailler la terre sous le soleil, et de longs cheveux lisses et noirs.
    Ça se voit donc tant que ça ? répondit la Lorrdienne avec un air faussement navré. L'autre partit d'un rire léger.
    Sans vouloir t'offenser, on ne peut pas dire que tu te fondes dans la masse, avec cette peau claire, ces vêtements et ton air perdu. Elle enchaîna sans attendre de réponse. Ça t'embête, si je te tiens compagnie un moment ? Jil lui répondit d'un sourire reconnaissant et d'un geste d'invite.
    Huaca, annonça la jeune fille en lui tendant une main que la Lorrdienne serra sans se faire prier.
    Jil, répondit-elle avec une brève hésitation.
    Jil ? Ça aussi, ça fait étranger, dit Huaca avec un sourire espiègle. On s'ennuie parfois, ici, alors comme tu as l'air d'avoir une histoire à raconter, dis-moi un peu, Jil-à-l'air-perdu, qu'est-ce qui t’amène sur notre monde ?
    Eh bien, disons que je cherche quelqu'un que je ne parviens pas à trouver.
    Oh, attends, laisse-moi deviner, dit rapidement la jeune fille en se penchant sur la table. Tu cherches ton amant enfui et tu veux te venger. Non, attends, tu es chasseuse de primes ! la Lorrdienne éclata de rire.
    Bien essayé ! Mais non, je cherche un... un Jedi. Je crois.
    Un Jedi ? Vu la banalité des gens d'ici, on l'aurait remarqué depuis longtemps, je pense. Qu'est-ce qui te fait croire qu'il est sur Varonat ?
    Son vaisseau est passé entre les mains de quelqu'un d'ici, Hanzee Tahana. Et je crois qu'il se cache. Ou elle, d'ailleurs, pour ce que j'en sais.
    Hanzee ? Tout le monde le connaît ici, il paraît qu'il débloque depuis pas loin de dix ans. Par contre, cette histoire de vaisseau, ça ne me dit rien.
    Et tu ne connaîtrais pas, par le plus grand des hasards, quelqu'un qui serait arrivé à peu près à cette époque, un genre d'ermite, de solitaire ou je ne sais quoi, qui vivrait à l'écart du monde ?
    Vidar Kilas est un solitaire arrivé à l'époque, mais si ce cinglé est un Jedi, alors je veux bien courir nue dans toutes les rues de Tropis ! lâcha-t-elle en éclatant de rire. Puis, reprenant brusquement son sérieux : Oh non, par pitié, dis-moi que ce taré n'est pas un Jedi.
    Pour ce que j'en sais, reprit doucement Jil en songeant à ce qu'elle avait senti dans l'esprit d'Hanzee, l'adjectif cinglé pourrait bien s'appliquer à mon Jedi. Parle moi un peu de ce... Vidar Kilas.
    Je ne l'ai jamais vu, il ne vient pas en ville. Mais il vit à trois jours de marche, dans la jungle, quand on remonte le cours du fleuve Oahuan. De ce qu'on dit, c'est un dangereux criminel, un tueur, que de nombreux chasseurs de prime sont venus chercher, et qu'on n'a jamais revus. Apparemment il ressemble à un humain, mais n'en est pas un. Quelque chose en rapport avec ses yeux, je crois. Elle prit un ton plaintif. Dis-moi que je ne vais pas devoir courir nue dans toutes les rues de Tropis !
    Huaca, répondit Jil d'un ton solennel, si tu veux avoir la réponse à cette question, trouve-moi un endroit où je puisse acheter de quoi camper et manger pendant une semaine. Je dois rencontrer cet homme, et quand je reviendrai je te dirai si tous les jeunes garçons de Tropis-sur-Varonat auront, ou non, gagné le droit d'assister à ce merveilleux spectacle.

_________________________


Dernière édition par Jil Charce le 30/10/2017 12:40:36; édité 2 fois
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MessagePosté le: 23/07/2017 22:33:13    Sujet du message: Publicité

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Jil Charce
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MessagePosté le: 06/08/2017 19:44:27    Sujet du message: Séquelles [Varonat] Répondre en citant

    Huaca lui avait dit qu’aucun des chasseurs de primes aux trousses de Vidar Kilas n’était jamais revenu de la jungle, et Jil commençait à comprendre pourquoi. Le cadavre avait été pendu au dessus du fleuve, ses bras en croix arrimés chacun à une rive par un câble métallique. La Lorrdienne reconnut l’équipement standard mandalorien, même si l’armure avait blanchi sous l’effet d’une trop longue exposition au soleil et servait de perchoir aux oiseaux, à en juger par les souillures dont elle était striée. Le fugitif savait recevoir, et ne s’en cachait pas. Mais cela ne parvenait pas à décourager la jeune femme, même si l’on y ajoutait les deux jours et quelques heures qu’elle venait de passer dans la jungle, luttant pour ne pas perdre l’Oahuan de vue, à sa droite, et pour survivre aux moustiques. Par chance, comme on le lui avait indiqué à Tropis-sur-Varonat, la colonie avait été installée, à dessein, dans une région dépourvue de grands prédateurs susceptibles d’être dangereux pour l’homme. Kilas faisait exception.

    La première journée, elle qui était plus coutumière d’une vie citadine avait trouvé l’expérience des plus pénible : au bout d’une heure de marche ses pieds étaient couverts d’ampoules, au bout de deux ses muscles et ses articulations lui rappelaient douloureusement son inexpérience. Elle était ruisselante de sueur en permanence et tout lui collait à la peau, vêtements comme insectes inopportuns. De plus, elle était régulièrement forcée de se ravitailler en eau au fleuve dont les berges étaient sauvages, broussailleuses et glissantes : bataillant contre les branchages, elle avait à plusieurs reprises manqué de tomber à l’eau et finissait invariablement trempée jusqu’à la taille.

    Le soir venu, elle avait dressé son bivouac sommaire : un hamac et une toile de tente, un tarp, tendue par dessus son couchage par un filin fixé aux arbres. Ne supportant plus sa propre odeur, elle avait rincé ses vêtements dans le fleuve puis les avait étendus pour la nuit, et, après une courte hésitation, s’était elle-même jetée à l’eau pour se laver et délasser ses membres endoloris, nageant lentement dans un Oahuan paisible et se mêlant à la vie aquatique qui y régnait, expérience qu’elle avait trouvée exotique et étrangement agréable. Le lendemain, elle s’était levée aux premiers cris des oiseaux, rechargée à bloc : ses courbatures avaient pour effet de lui faire prendre conscience de chacun de ses muscles raidis, et elle redécouvrait ainsi avec plaisir et étonnement un corps qu’elle pensait pourtant très bien connaître avant la veille. Elle avançait désormais à grandes enjambées déterminées, mue par un entrain inébranlable, tous les désagréments vécus jusqu’à présent devenant des sensations nouvelles, piquantes, à explorer.

    Et elle était arrivée là, au troisième jour de son voyage, devant ce macabre panneau de signalisation qui lui criait qu’elle touchait au but. Elle progressa dans la jungle quelques heures encore, attentive, et adopta une prudence qui lui sauva très certainement la vie : au dernier moment, elle évita un piège artisanal tendu en travers de la seule sente praticable qui sinuait au travers d’un bosquet particulièrement dense, un simple filin, au ras du sol, relié à une grenade à poudre rustique. Marchez sur le filin, et la goupille de l’explosif se détache. Rudimentaire mais mortel. Si Vidar Kilas était un Jedi, c’en était décidément un d’un drôle de genre.

    Un campement apparut soudain au travers du feuillage. De là où elle se tenait, Jil voyait plusieurs grandes toiles de tente, couleur sable ou bois, dressées là l’aide de bois flotté et de cordages. Il se tenait sur la rive d’un lac, plan d’eau calme et large de quelques bonnes dizaines de mètres qui formait comme un nœud sur le cours de l’Oahuan, dans un petit cirque de falaises, et qui se trouvait d’être alimenté par une charmante cascade. En s’avançant un peu, tâchant d’être discrète, elle découvrit des détails supplémentaires : ici un lit fait de peaux tendues sur un cadre de bois et flanqué d’une grosse cantine militaire ; là le simulacre d’une salle à manger composée d’un rocher plat en guise de table et de troncs couchés comme bancs de fortune ; plus loin un séchoir à viande… Il semblait n’y avoir personne, mais le sable constellé de traces de pas confirmait que le lieu était habité : toutes identiques, semblait-il, de grands pieds nus dont la marque était profonde. Enlevant ses bottes et observant ses propres empreintes, Jil déduisit que Vidar Kilas était vraisemblablement grand et lourd. Un homme capable de tuer un mercenaire mandalorien de le pendre au dessus de l’eau et de piéger les abords de son camp… La Lorrdienne réalisa brusquement qu’elle avait eu de la chance d’être arrivée là en vie, et que si le fugitif se révélait aussi agressif que tout le laissait croire, elle avait toutes les chances de disparaître dans la jungle.

    Elle entendit un clapotement. Avec prudence, elle longea un pan de toile qui la dissimulait depuis la rive, et coula un regard vers le lac. Voilà où était Kilas : l’emplacement de son camp lui permettait de profiter pleinement de l’eau et de la chaleur du soleil. Jil l’observa nager quelques instants, confirmant ses attentes : l’homme avait une carrure de combattant, arborant une chevelure qui tenait de la crinière et qui lui donnait plus l’air d’un guerrier ou d’un vagabond que du soldat d’une armée régulière. Il n’avait pas encore remarqué l’intruse, et la jeune femme jugea prudent de signaler elle-même sa présence.

    Bonjour ?

    L’homme plongea immédiatement. Ah, bien, Jil, bravo, Jil, pensât-elle. Surprendre chez lui ce genre de personne, lumineuse idée, tiens. Elle scruta la surface du lac : l’eau était claire, mais les reflets d’un soleil et les ombres des grands arbres faisaient danser des nappes sombres dans le lac, et la Lorrdienne ne distinguait plus trace de l’homme. Une minute s’écoula sans que Vidar Kilas ne refasse surface, puis son instinct alerta la jeune femme : elle se tourna vers une formation rocheuse, un tas de pierre à demi enfoui dans le sable et qui s’avançait dans le lac ‒ juste à temps pour voir le vagabond pointer sur elle un fusil blaster qu’il avait dû dissimuler sur la rive en cas d’attaque, debout sur les rochers avec une posture menaçante que n’amoindrissaient ni sa nudité ni son air de chien trempé.

    Elle leva immédiatement les bras.
    Ne tirez pas ! Ne tirez pas, je ne suis pas là pour vous causer des ennuis…
    L’autre ne répondit pas et s’avança à grands pas, la tenant toujours en joue.
    Tournez-vous, lâcha-t-il d’une voix rauque et impérieuse.
    Jil s’exécuta, terrifiée, puis sentit un choc à l’arrière de son crâne et le monde devint noir.

    (La suite...)

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MessagePosté le: 13/12/2017 04:33:03    Sujet du message: Séquelles [Varonat]

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