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You want it Darker [Retour]

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Star Wars RPG Index du Forum -> Galaxie principale -> Reste de la Galaxie -> Bordure Extérieure -> Korriban
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Kovarn
Nouvel Ordre Sith

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Rang: Seigneur Sith
Autre: Ex-Chef des Vestiges de l'Empire

MessagePosté le: 25/05/2017 14:51:10    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant



Le ventre est encore fécond d'où à surgi la bête immonde
Bertolt Brecht – La Résistible Ascension d'Arturo Ui

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter[...] Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde .
La Crise de l'Esprit - Paul Valéry


Il y a plusieurs années, dans cette même galaxie – Eol Sha

Au fond de ce couloir, la seconde d'avant, il n'y avait rien. Rien que la majesté atemporelle des murs lisses et polis dans lesquels se reflétaient ce vide apaisant qui n'existe qu'en dehors de toute civilisation. Au fond de ce couloir, la seconde d'avant, il n'y avait que la volupté de l'absence humaine, la promesse par contumace d'un monde sans tumultes, sans guerres et sans luttes de chairs contre les chairs. Au fond de ce couloir il n'y avait ni politique, ni passions, ni ombre ni lumière. Le conflit entre les deux n'avait donc aucune raison d'être. Et puis, soudain, au fond de ce couloir apparut un Ayrou.
Il surgit du fond des âges et faillit frapper l'un des murs en prenant un virage, comme si on l'avait pris et jeté contre son gré dans les couloirs qu'il parcourait et dans lesquels il semblait rebondir tant il se précipitait. Vêtu d'un costume d'argent impérial qui était appelé à passer de mode définitivement et de manière brutale quelques jours plus tard, l'Ayrou traversa plusieurs salles de communications sous-peuplées cachées entre les lourds blocs de grès et de roches aussi vieilles que la Force, et transperça le silence en le faisant saigner tout autour de lui à force de bruits de pas saccadés – paniqués – et d'halêtements eschatologiques. C'est l'Apocalypse elle-même qui semblait avoir pris une forme organique et s'être annoncée dans la galaxie à travers un amas vif et échévelé de peau et de plumes mouillées par la transpiration et la peur, courant entre les murs bien trop silencieux d'un bien mystérieux oppidum.
Enfin, les couloirs s'élargirent, les portes cessèrent de s'ouvrir en urgence juste avant d'être percutées par le héraut aviaire et d'autres formes humaines apparurent dans les derniers mètres du chemin de ce dernier. Il s'agissait de gardes impériaux de l'ancien temps, drapés de leur inoubliable tunique rouge sang qui couvrait l’entièreté de leurs corps et armés d'une pique de Force émoussée qu'ils caressèrent nerveusement en voyant débouler l'agent ayrou avant de le reconnaître et de s'écarter sur son chemin. Dans un dernier virage extrêmement abrupt, ce dernier s'arrêta devant une porte coulissante plus longue à s'ouvrir et mieux blindée que les autres durant l'ouverture de laquelle il eut la terrible occasion de voir son reflet. L'image même de l'agonie s'imprima sur la surface réfléchissante de la porte en motion, celle d'un humanoîde aux traits déformés par la peur, dont le masque calme et posé travaillé durant tout une vie de culture et de labeur au nom de l'Empire s'était brisé, mettant l'ayrou aux prises avec lui-même et surtout avec sa mort, inévitable, inéluctable, ontologiquement et physiquement. Lorsque l'huis qui le séparait de son objectif eut fini de coulisser, l'impérial entra dans la pièce avec le sentiment d'avoir croisé son propre cadavre.


-Seigneur.... couina-t-il, en liant ses deux mans dans son dos et en développant des efforts surhumains pour façonner sur son visage l'expression la plus neutre qui soit.

Devant lui, au milieu d'une pièce de travail sobre où régnait un holocommunicateur et un futon dans le pur style Tatooîne se tenait le Seigneur Noir des Siths, l'héritier de l'Omega et le dépositaire du pouvoir obscur en implosion : Darth Kovarn. Le Cathar leva les yeux vers son invité, les mains posées de chaque côté de sa table à holo-terminal en une posture des plus ambigues comme s'il avait essayé de l'étrangler ou de la défaire mais qu'il reposait en même temps tout le poids de son corps sur elle. Il avait l'air de vouloir mettre à terre sa table de communications tout en donnant l'impression qu'il allait s'effondrer en même temps qu'elle. L'Ayrou ne pouvait le savoir mais l'enregistrement bleuté qui passait en boucle entre les bras du Seigneur Noir était celui d'une allocution qu'il avait accordé au journaliste galactique Harris, au début de la guerre en cours, et qu'il avait quitté sans un mot bien avant sa conclusion, les poings serrés. Lorsqu'il se retourna pour dominer du regard l'agent au cœur battant et aux plumes ébouriffées, sa jambe gauche trembla quelque peu, laissant entendre que les séquelles du combat contre Slice, discutées par beaucoup depuis quelques temps, n'avaient pas toutes disparues. Enfin, le Seigneur Noir portait littéralement sur ses épaules le poids de l'histoire impérialo-Sith. Il y avait bien sûr ce dos et ce flanc très étrangement noirci et aux poils beaucoup plus disparates que sur le reste du corps qui troublait tous ceux qui le rencontraient pour la première fois. De fait la véritable histoire de cette blessure extrêmement visible et évidente était connue de peu et remontait à une tentative d'assassinat perpétrée au sabre explosif par celui qui se ferait dans quelques années appeler Dark Oblivius et prendrait la direction des Siths survivants. Sa main avait été charcutée à la fois par la Gigantomachie de la Forge et le combat contre Slice qui l'avait clôt, et la puissance accumulée du côté Oscur, les multiples utilisations qu'il en avait fait et les venimeuses connaissances glanées auprès de l'Omega avait corrompu son corps comme seuls sont noircis les véhicules des esprits les plus noirs. En attendant que le Seigneur Cathar ne réponde et pour s'évader de sa propre peur, l'Ayrou se demanda pendant un instant s'il ne contemplait pas ici un deuxième cadavre. Si le Maître Noir au serpent revenait aujourd'hui et engageait un second combat contre Darth Kovarn, aucun des deux n'en ressortirait vivant. Comme son Empire, comme l'Empire de son ancien Maitre, Darth Kovarn donnait l'impression d'être à deux doigts du bathos final et la chute que le monde lui annonçait devait mettre un coup final à ce corps pourtant impressionnant mais au cœur déjà bien entamé. Il y eut un court silence – ah, comme il est lourd, comme il est long, comme il est épais le silence de la seconde d'avant que s'effondrent les Empires, le silence d'avant le moment où le soleil va exploser et laisser sa galaxie irradiée et orpheline, d'avant que les aventures les plus nobles et les plus admirables ne se terminent à jamais. Il y eut un court silence puis :

- Dites.
- Cathar est tombée, Seigneur. L'Empire avec. Vous devez vous rendre.


*
**



Lorsque le monoplace ébène entra dans l'atmosphère et quitta le mode automatique, une petite pluie baveuse et légèrement colorée vint assaillir les vitres du vaisseau et surprendre son propriétaire, qui n'avait jamais connu la moindre précipitation durant toutes ses visites dans ce monde. La nuit s'étendait sur toute la planète, déjà sombre de nature, et la nuit qui s'abattait derrière les matériaux aérospatiaux paraissait également noire et empoisonnée, comme s'il s'agissait de spleen craché par des poumons invisibles et qui attendaient le Seigneur Noir des Siths sur le chemin vers sa propre fin. Il corrigea sa destination d’atterrissage d'un doigt, occupé et aspiré qu'il était par la contemplation de l'épaisse noirceur qui enveloppait la planète de naissance de l'Ordre Sith : Korriban. Lorsqu'il quitta l'aéronef, un chasseur impérial des plus banals emprunté aux vestiges déjà réduits de son armée pour parfaire sa totale disparition des radars et que personne ne pouvait déplorer ou le lier avec, il esquissa un mouvement pour remonter la capuche de sa bure sur ses oreilles félines mais y renonça finalement, laissant la pluie acide lui tomber sur le crâne, puis se mit en marche, avec une lenteur tout à fait impériale. Il avait intentionnellement choisi un point d'atterrissage le plus éloigné possible de son objectif non seulement parce qu'il s'infiltrait sur une planète qui n'appartenait déjà plus aux Siths puisqu'ils étaient sur le point de devenir les proies d'un nouveau régime mais aussi parce qu'il avait besoin de réfléchir et de préparer son esprit avant d'endurer l'épreuve qui l'attendait. De plus, le point qu'il recherchait était difficile d'accès et la Vallée des Seigneurs des Siths était une épreuve en soi. Après de longues dizaines de minutes d'escalade et de parcours silencieux dans le désert korriban puis deux longues heures de marche ralenties par le point d'honneur que le Cathar mettait à effacer ses traces, il arriva au pied du chemin que seuls les Seigneurs Noirs pouvaient emprunter – et non sans difficultés. Sous le regard lourd quoique fantomatique de dizaines de ses prédécesseurs, alors que les ectoplasmes et autres manifestations posthumes de puissance obscure se pressaient autour de lui pour comparer le pouvoir et les talents acquis de leurs vivants ou survivants aux ruines du temps avec le sien, en marche dans un corps bien en vie, Darth Kovarn fit taire petit à petit les voix extra-physiques qui s'élevaient des tombes et s'avança vers un promontoire situé au carrefour de plusieurs de ces énormes tombeaux aux proportions ridicules dans lesquels on faisait autrefois courir les Apprentis à la recherche de tels ou telles reliques des temps passés pendant qu'ils courbaient l'échine en sentant la puissance résiduelle de morts bien plus puissants que ne le serait jamais toute leur lignée. Hissé sur ce promontoire de fortune, le Seigneur Noir sacrifia un peu de son temps pour lever les yeux au ciel et observer, ses sens renforcés par l'obscurité en ébullition, la chape de plomb de la CSI tomber sur la nuit korribanienne comme un poing de fer se refermant sur sa proie. Quelques années plus tard, lorsqu'il allait créer sa Milice de Protection pour Korriban et avant d'aller y crapahuter avec Maar Shane, voici ce que le Baron Rissk allait penser de la faille inaccessible où se trouvait le Seigneur en fuite :
Citation:
L'imposant reptile fit pivoter son fauteuil en cuir vers la baie vitrée. Le silence qui régnait dans le bureau contrastait avec le brouhaha général de l'extérieur. Mais le regard du Trandoshan n'était pas rivé sur les habitations et leurs occupants. Un frisson parcourut les écailles du Baron le temps d'un battement de cœur. Une sensation à la fois agréable et inquiétante. Il n'arrivait toujours pas à expliquer son intérêt pour ces vallées sinistres et peu accueillantes. Bien sûr qu'il était venu ici pour faire du profit.... mais autre chose semblait l'attirer avec toujours plus de force vers cet endroit que l'on appelait "Vallée des Seigneurs Noirs".


L'ancien cavalier noir du Sith'ari laissa ses pensées de Confédération Séparatiste s'évanouir dans le silence majestueux des rois aux peaux pourpres et dirigea son regard vers le sol poussiéreux, ses yeux félins s'amusant des reflets rougeâtres renvoyés par le sol de Korriban malgré l'absence de soleil, l'absence de lumière rouge, l'absence de toutes lumières en cette nuit sans torches et sans flambeaux pour l'Empire. Les reflets rouges du sol Korribanien n'étaient pas une question d'optique, mais un appel de la Force. Dans un crissement de cuir et de tissu grossier, Darth Kovarn mit un genou au sol et oublia tout à fait la Confédération des Systèmes Indépendants et ses panoptès pendant qu'il dessinait au sol, seul et abandonné, loin des titanesques réalisations d'un Empire Sith déjà mort. Courbé vers le sol comme le premier des vieillards, le titulaire du pouvoir noir érigea au sol des arabesques insensées et des messages aussitôt effacés qui semblaient n'avoir aucun impact sur le monde alentour. Mais peu à peu, pourtant, il mettait en place des rituels de magie noir Sith auxquels Helena Korel l'avait initié et qu'il avait chargé Trachaebb Night de surveiller en créant un cours sur ces arcanes à l'académie de Cathar. Aujourd'hui, les Siths mourraient, les sorcières avaient été oubliées depuis bien longtemps et l'Omega était introuvable, voir moins versé dans cette partie des richesses de la Force Noire que son ancien apprenti. Personne n'avait donc invoqué les noirs tréfonds de la matière qui tissait ce monde sur Korriban depuis bien longtemps, et personne n'en sentirait l'utilisation à des lieux à la ronde, sauf si la C.S.I avait installé des Morgukaî et des appareils d'enregistrement et d'appréciation de la Force tout autour de la Vallée noire. Lorsqu'il eut terminé son travail, le Seigneur érudit se releva … et posa la main sur le rocher le plus proche, ses griffes à moitié sorties. Il avait senti sa jambe se dérober sous lui en se relevant et avait failli tomber en arrière dans une de ces crevasses infinies qui avaient servi de tombeaux ridicules à des poignées d'apprentis et de guerriers Siths imprudents, au milieu même des immenses et luxueuses demeures des grands Seigneurs. Son cœur, pourtant toujours si calme, s'était accéléré sans crier gare une fois le dernier trait laissé sur le sol, et tout son organisme s'était figé, comme traversé d'un frisson acide et froid qui gagnait ses os, parcourait son épiderme et malaxait ses organes les plus intimes. Le vide derrière lui l'appelait, les tombeaux de ses prédécesseurs semblaient s'ouvrir avec une étrange sensualité.. mais il ne tomba pas.

Une première ombre d'abord s'éleva du sol et s'approcha du Seigneur Noir en silence, les pieds écartés comme si elle allait utiliser sa forme humanoïde pour marcher comme les bipèdes mais en glissant sur le sol. « Glissez vivants, ne touche pas »Une deuxième, plus proche de la vie, marcha vers lui avec exactement le rythme de pas d'un cœur au repos, qui pompe, pompe,pompe et jamais ne s'épuise. D'autres les rejoignirent et se pressèrent autour du chef de guerre déchu, sans dire mot. Toutes furent enregistrés par les sens du Cathar mais pas de la même manière que l'on enregistre la présence des vivants. Si certaines étaient visibles et décelables par la vision, comme le sont toutes les âmes qui peuplent Coruscant, certaines n'étaient présentes qu'à travers l’ouïe, d'autres par l'odorat, et le Seigneur Noir comprit que certains de ses partenaires de fonction oubliés par les siècles ne pouvaient être plus présent que par le toucher, et qu'il lui faudrait tendre le bras pour les reconnaître. *Noli me tangere ; noli me tangere*. Alors qu'ils s'approchaient du Cathar de noir vêtu, les ombres nues tournèrent leurs regards sans âges autour d'eux et laissèrent traîner leurs orbites décharnées, vidées de pulpe et pourtant loin de la cécité derrière les épaules pleines de poussière du chef en fuite de l'Ordre. Kovarn savait ce qu'ils cherchaient. Il sentait presque les regards papillonner autour de lui en désespoir de colonnes du temple de Coruscant bardées des immenses fanions rouges de l'Ordre, ils cherchaient les antiques marbrures de la bibliothèque de Téta parcourues par des nexus sombres portant des bures noires, les vaisseaux anthracites conçus par les meilleures têtes pensantes de Kuat surveillant, en altitude, Atale, Kessel, et toutes les planètes minières de la galaxie, occupées par des non-humains prêts à se tuer à la tâche pour garantir les ressources du grand Empire victorieux. Ils se lamentaient de l'absence sous le Seigneur Noir du trône situé dans la chancellerie suprême de Coruscant, du fait que ne soient pas agenouillés autour de lui les seigneurs des mondes du Noyau Profond et les colons respectés qui menaient d'une main de fer la Bordure extérieure. Hélas les morts n'avaient devant les yeux que la roche inégale de leurs propres tombeaux, la désespérante vacuité de Korriban et son paysage sans nuances ni apprêts. Le silence s'épaissit, se cristallisa, lentement, puis devient fumée asphyxiante submergeant la scène, suintant physiquement tout autour de Darth Kovarn qui savait fort bien qu'aucun des fantômes qu'il avait appelé ne le briserait jamais, même s'il restait atone jusqu'aux siècles des siècles. *Noli me tangere; noli me tangere*


- J'ai échoué. L'Empire ne sera bientôt plus. Les Séparatistes vont prendre cette planète. Notre planète.

La réponse fut immédiate et tomba de multiples bouches d'ombres en même temps.

Tu as échoué, seul. Tu as pêché car tu es creux. Car tu n'es Personne.
Personne.

Le Seigneur Noir des Siths réprima un tremblement et inspira longuement pour aider sa colère à monter. Il avait instinctivement compris que la haine qui se nouait dans son estomac n'était pas dirigée vers ses prédécesseurs qui le condamnaient mais vers lui-même. Il lui fallait cela pour comprendre l'aletheia qu'ils allaient cracher.

- Je suis Darth Kovarn, fils des Korel de Cathar et maître noir de...
- Tu n'es personne et tu le sais.

L'une des ombres s'approcha de lui avec une vélocité surnaturelle qui ne seyait pas du tout à un besalisk, surtout un manchot dont seul le buste et une partie inférieure du ventre avait survécu à travers la Force.

- Tu n'as jamais été que la main de l'Omega, bien au chaud dan son gant et tu le sais. Tu sais très bien que tu l'as égalé depuis longtemps. Tu as compris, depuis longtemps, qu'il n'était pas le Sith'ari, qu'il ne pouvait pas être le Sith'ari. Car le Sith'ari est invincible et l'Omega peut être tué par un être de ce monde. Par toi-même. Mais tu n'as jamais eu la moindre ambition
-Jamais la moindre personnalité.
-Jamais le moindre écart.
-Et c'est pour cela que tu as échoué. Car au fond, tu n'étais rien, tu n'avais su t'affranchir. As-tu jamais désiré le trône à Sa place ? Fomenté des plans supérieurs aux siens ? Non, car tu étais son bâton de pèlerin.
-Un rien.
-Un simple bras armé.
-Tu as échoué, car tu n'as pas su briser tes chaînes. Sans passions, la Force ne sert à rien, même si elle est supérieure. Ton échec...
N'est pas celui de l'Empire. C'est le tien. Tout est de ta faute.


Au fond des abysses noires de Coruscant, là où personne ne doit laisser tomber son regard de peur de voir surgir les monstres refoulés au delà des temps par la mémoire galactique, au fond d'une vallée sombre où viennent brûler les rêves les plus éclatants et les plus noirs de la Galaxie, où dorment des puissances plus bouillonnantes que les nébuleuses les plus dangereuses, un sabre s'alluma pour la dernière fois. La lame rouge crépita, immobile, sous le regard d'une dizaine d'ombres encerclant le Déchu. La manche du sabre, légèrement incurvée, épousait à la perfection les plissures que la main faisait dans le gant noir qui le saisissait. Dans le même mouvement, elle blessait son propriétaire, qui ne se remettrait jamais du combat livré contre le traître au serpent. Autour de lui, les fantômes semblèrent soudain prendre forme humaines.

- Les Seigneurs Noirs reconnaissent ton échec, et te condamnent à l'oubli, car tu es le Déchu, l'arme qui n'a su s'affranchir.

Et il se jeta sur elles.

…...

Neuf mois plus tard dans cette même galaxie


L'autre soir, il tonnait, et sur la terre aux tombes j'écoutais retentir
cette réponse à l'homme, qui fut brève, et ne fut que fracas.
Saint John Perse, Chant pour un équinoxe


Je bouge, donc je suis. Du moins, pour quelques instants encore.

Dans les coulisses de l'Enfer, quelque part le long d'une antichambre perdue dans le dernier cercle de Lethé, coulait une goutte d'eau solitaire. Elle allait lentement, joyeusement à sa mort, tombant le long du mur vers le sol, vers sa mort dans un train de sénateur. Personne ne pouvait la voir car l'Enfer était plongé dans le noir complet. Quelques secondes avant sa mort pourtant, une langue surgit pourtant de nulle part et s'en abreuva. Darth Kovarn n'était pas nu : la nuit perpétuelle l'habillait. Il n'était pas seul : sa conscience se projetait autour de lui en multiples entités contradictoires. Il se laissa retomber au sol, toujours aussi aveugle que lorsqu'il avait été jeté dans cette crevasse il y a presque un an de cela. Comme chaque jour, ses forces l'abandonnaient dès le petit matin et son esprit torturé ne l'avait toujours pas poussé à penser à sortir de cet endroit, ni à réfléchir à ce qu'était devenue la galaxie. A ce qu'était devenu son héritage. Jamais la moindre de ces conceptions, ni politiques ni survivalistes n'avait emprunté, ne serait-ce que pour une courte période, le train démantibulé de ses pensées. C'est à peine s'il était conscient lorsque, par pur réflexe vital, il empruntait parfois les tunnels naturels remplis de bêtes chtoniennes qui l'emmennaient dans d'autres crevasses, d'autres cavernes oubliées de Korriban et s'il chassait de temps en temps, les tuk'ata près de la surface, si faible et si peu présent, physiquement comme spirituellement qu'il n'avait pas la moindre crainte d'être repéré par les nouveaux maitres de la planète même ces derniers réussisaient à infiltrer la vallée noire. Ils pouvaient la piller pendant des années sans tomber sur le trou exact dans lequel il croupissait avec pour seuls compagnes l'humidité nourricière d'un lopin de terre parcouru de feuilles vertes et les restes de sa bure déchirée, tapissant le sol depuis des mois. Quant à son sabrolaser, il avait disparu avec sa conscience. Les souvenirs du combat qu'il avait mené contre ses prédecesseurs s'étaient évanouis depuis longtemps mais quelque chose en lui le persuadait que son arme était brisée et perdue à jamais.

Dans les coulisses de l'Enfer, le Diable lui-même écoutait sa respiration allongé par terre sans tourner les yeux vers son royaume déchu. En ce jour pourtant si rares de gouttes, il n'avait pas prévu de voir quoi que ce soit, ni de recommencer à vivre. De toute façon, soumis à une sorte de sortilège Sith après sa défaite contre ses prédécesseurs, le terme de vie organique était devenu impropre pour le quasi-comas qui le gardait coi au fond d'un trou perdu de Korriban. Comme chaque jour, Darth Kovarn s'apprêtait à attendre une mort méritée dans le silence et l'alexie du livre du monde la plus pure et sévère. Mais lorsqu'il tourna les yeux vers l'un des murs de sa crevasse étroite, Il était là. Debout. Pour beaucoup, pour tous ceux qui l'avaient craint jour après jour, c'est à dire la majorité de la Galaxie connue, l'Omega avait surtout ressemblé à un tas de chiffons sombres entassés les uns sur les autres et contenant l'enveloppe mystérieuse et invisible de la Mort elle-même. C'était par ailleurs une vision assez proche de la réalité. Mais pour son ancien apprenti, vassal puis bras droit puis égal, c'était autre chose. Malgré la multitude de ses voyages et la vie solitaire et versatile qu'il avait mené loin de son Maître pour maintenir la paix des Siths – appelons là « la guerre » - dans la Galaxie, le Déchu avait eu de son maître une connaissance intime. Ses tentacules mentaux avaient finalement fouillés le cerveau de son maître sur Mustafar lors d'un duel brûlant qui avait terminé, il y a des années de cela, la formation de celui qui n'était alors qu'un apprenti. Depuis, le duo sombre avait travaillé ensemble à de multiples reprises. En réalité, même lorsqu'il était loin de son Maître, même lorsqu'il avait compris qu'il n'avait plus à le craindre, Darth Kovarn avait travaillé pour l'Omega en toutes occasions. L'ombre tacite et noire s'était élevée derrière-lui de ses vingt ans jusqu'à aujourd'hui mais ce n'est que maintenant qu'il la voyait dans toute sa netteté. Un tas de chiffons informes, effectivement.
Et pourtant, c'est lui, le Cathar, qui avait servi de Golem.


Cathar est tombée, Seigneur. L'Empire avec. Vous devez vous rendre.

Le ton de l'Empereur fantômatique épousait à la perfection les cordes vocales pourtant particulières de l'Ayrou qui avait prononcé cette phrase pour la première fois mais lui ajoutait un ton narquois, voire ironique qui poussa l'ancien apprenti à se relever, lentement, non plus comme un humain mais comme un félin prêt à bondir.

Sais tu ce qui est arrivé à notre galaxie Kovarn ? Ma galaxie ? Elle s'est morcelée, elle est tombée en miettes comme la Forge. Elle est devenue une poussière volatile qui a rejoint les étoiles La CSI, la République... Tu le sais n'est ce pas ? Ton héritage, c'est mon héritage et tu n'as pas besoin de sortir d'ici pour savoir qu'il n'en est plus. Rien.

Rien, répétèrent-ils en boucle.

Ils venaient d'apparaître contre la paroi du fond, plus lumineux et nets que lorsqu'ils étaient encore vivants, ou entre les mains de leur supérieur. Olsen, Desthat, Nekmos, Trachaebb Night, Mordaken, Lemsli Umbra, Dark'an. Rien.
Ses sens le quittèrent alors que son esprit se vidait soudain. Autour de lui, les murs de la Forge sautaient les uns après les autres, forcés par des centaines de milliers de cadavres qui tombaient en un flot ininterrompu au sol, au pied de l'Omega, puis partout dans l'espace...

….......

Aujourd'hui même, sur Korriban (Confédération des Systèmes Indépendants )
Ne pas être mort ne signifie pas : vivre - Bertolt Brecht, La Résistible Ascension d'Arturo Ui

La paix est un mensonge. Il n'y a que la passion. Par la passion, j'ai la puissance.. Par la puissance, j'ai le pouvoir.

Korriban est belle. La planète brille d'un eigengruau persistant. Même si elle est fait ocre, Kovarn la ressentait comme exactement semblable à cette couleur d'eigengruau qui est la dernière nuance de noir – ou plutôt de gris-sombre- que l’œil humain peut saisir avant le noir total, l’abîme incompréhensible. Toujours sur le point de sombrer à jamais. Korriban était à la fois le berceau et le tombeau de l'Ordre Sith, et de la race du même nom. Le point de départ de l'Empire qui avait régné, et l'endroit où son dernier chef religieux était libre mais enfermé par lui même au fin fond d'une caverne. Chef religieux.. Darth Kovarn agrippa soudain un monticule de poussière dans lequel il avait caché des vivres pour la semaine lors de sa dernière chasse, et se releva, traversé soudain par un souffle de vie nouveau. Alors qu'il rêvait à sa chute et au verdict des autres Seigneurs comme à son habitude, une pensée nouvelle l'avait traversé, et réveille. « La paix est un mensonge. Il n'y a que la passion ». Le Seigneur déchu des Siths se releva d'un seul mouvement, lui qui avait vécu allongé, et ne se levait plus qu'en prenant appui sur les roches alentours. Lorsque sa jambe blessée le trahit et faillit de nouveau le faire tomber, le sentiment de surprise et de douleur vinrent réanimés un corps qui s'était lui même oublié depuis des années, et dont les sens s'étaient drastiquement émoussés. Si la moindre lumière avait inondé la caverne, cette dernière aurait tourné sur elle-même pendant que son équilibre revenait.


- Viens, grogna-t-il à la nuit, avec un calme impérial.

Et il vint aussitôt. L’Oméga. Tas de chiffons posés les uns sur les autres, forme d'humain emballée dans un drap noir déchiré par les combats. Son allure narquoise avait disparu, et il contrastait avec la noirceur de la grotte malgré sa propre apparence sombre. Le fantôme était pur, mais sa pureté était celle du mal. Et pourtant, Kovarn voyait maintenant ses défauts. Les faiblesses que les Jedis avaient cherché et que lui avait côtoyé, sans oser tourner les yeux vers elles, pendant des années. Les deux derniers Seigneurs Noirs de l'Ordre Sith, l'un pure hallucination et l'autre mort-vivant oublié par la galaxie, se jaugèrent du regard un moment. « Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin. Deviens mon apprenti, et nous hisserons les Siths à leur véritable place. ». Tant d'années avaient passé. Tant d'études, tant de vies vécues puis abandonnées. Tant de vies enlevées et digérées. La Faim les avait liés.


- Je t'ai égalé, à la fin, n'est ce pas ? Tu as commencé à prendre peur de ta marionnette. Créer une académie ambitieuse à Cathar ? Tu as dû craindre que ma puissance s'ouvre à la passion..

Il ne répondit pas. Au fur et à mesure des minutes seulement, l'ancien Seigneur noir se rendait compte qu'il parlait à une hallucination, ou tout autre développement cognitif, et non pas au fantôme réel de l'Omega. Son ancien Maître n'était pas sur Korriban, peut-être même n'était-il même pas mort. Malgré cela, le Cathar anachorète continua sa diatribe solitaire, ses yeux félins s'ouvrant paradoxalement à nouveau à la vérité à mesure que l'image du premier empereur se faisait de plus en plus nette.

- Ce jour là j'ai envoyé nos troupes vers Bastion, tandis que la CSI tournait autour de Cathar. Ils n'ont même pas eu à faire le sac de Coruscant. Et toi, tu avais disparu. Il laissa le silence monter quelques instants, et allait continuer lorsque, à sa grande surprise, l'Omega fantasmé répondit, d'une voix monocorde.

Cathar est tombée, Seigneur. L'Empire avec. Vous devez vous rendre.

- Avais-tu réalisé ou non ? Saurais-je un jour si tu t'étais dit qu'il me manquait une partie du code Sith à comprendre ? La seule partie qui t'ai jamais intéressé et la seule que ton apprenti ne voulait voir, même lorsqu'il est devenu aussi puissant, voir plus que toi.

Le Déchu se releva de toute sa taille, ouvrant ses épaules brûlées, et écarta les mains. Son prédécesseur avait compris, et il alluma son sabre au dernier moment, puis tourna sur lui-même dans le but en donnant à sa lame une trajectoire oblique dans le plus pur style Makashi. Avant d'être touché par le fantôme, les mains de Darth Kovarn s'ouvrirent complètement, lâchant la poussière agrippée et déchargèrent un orage d'éclairs de Force qui déchirèrent l'air et illuminèrent pour la toute première fois la crevasse perdue alors qu'il proclamait solennellement la suite du code des Siths : « Par le pouvoir, j'ai la victoire ! » La capuche sombre tomba, lacérée, révélant le visage humain de l'autoproclamé fils de la Force, actuellement emprisonné sur Coruscant et les éclairs bleutés se mirent à dissoudre ses traits inexpressifs, frapper sa cape éjectée en arrière par l'onde de choc, dévorer sa chair factice, imperturbable pendant qu'elle grillait et devenait souvenirs au fur et à mesure que les éclairs la taillaient. Petit à petit, les éclairs de Force nourris par le nexus très dense que consistait la vallée des Seigneurs perdirent de leur puissance, puis de leur amplitude jusqu'à finalement disparaître dans un dernier crépitement macabre. Au sol, dans l'air, contre les parois : aucune trace de la présence de l'Omega ne subsistait. Soudain, la prison était devenue simple crevasse aisément escaladée. Soudain, la présence du Seigneur incontesté avait cessé de peser sur les épaules d'un Seigneur déchu réveillé. Soudain, Darth Kovarn était de retour. Mais son absence l'avait si grandement affaibli qu'il s'évanouit aussitôt.

….

Il est amusant de constater à quel point le silence de la nature est sensiblement le même que cette dernière soit contrôlée par la Confédération des Sysrèmes Indépendants, par la République ou par un Empire. Nu et enfin à l'air libre sur une planète contrôlée par l'ennemi, le dernier Seigneur Noir de l'Empire Sith arriva en début d'après-midi au sommet du promontoire sur lequel il avait invoqué les anciens titulaires du poste. Des recherches minutieuses, aidée par la Force et des tentatives de fouille du sol avec les griffes n'y changèrent rien. Son sabre avait disparu, et le cristal qu'il abritait avec. Que le vent l'ait emporté au loin, que l'une des tribus de maraudeurs qui devait encore se cacher et jouer à chat-perché avec la C.S.I l'ait pris ou qu'il ait été consumé par la colère des anciens Seigneurs n'avait que peu d'importance. Après avoir constaté l'inanité de ses recherches, Kovarn se mit à la recherche de nourritures, conscient que sa connexion à la Force était atteinte par la sclérose dûe à un affaiblissement et une inanition quasi-quotidienne mais aussi par plus d'une année d'usage extrêmement faible. C'est en revenant dans le système de crevasses qu'il trouva l'une de ses nourritures principales des dernières années : un Schyrack mature qui avait tenté d'en protéger de plus jeunes. Après qu'il ai fait un feu puis dévoré la chair peu appêtissante de la créature sans yeux, le jour se mit à faiblir.

Quelque peu aveuglé par l'inhabituelle luminosité – pourtant faible sur Korriban – l'ancien dirigeant du Conseil Noir se mit en route dans la direction opposée à celle qu'il avait emprunté pour venir la semaine de la chute de l'Empire. Sa faiblesse nouvelle l'inquiétait. Non pas parce qu'il se promenait sans sabre-lasers et nu comme au premier jour en plein territoire probablement ennemi – tout espoir que Korriban soit resté Sith avait été réprimé par le bon-sens – mais parce que sa puissance et son talent méthodiquement construit, arrivés à leurs acmés lors du combat contre Slice, avaient lourdement pâti de ses années d'apathie. Les éclairs de Force inutiles l'avaient tellement vidé qu'il ne se sentait pas d'en renvoyer de nouveaux avant un bon moment et son corps félin lui paraissait rouillé, tiré en arrière par des boulets et dépouillés d'une partie de sa musculature autrefois impressionnante. Mais c'est son érudition de la Force, et sa puissance avec elle, autrefois le joyau qi avait fait de lui un Seigneur Noir et l'une des âmes les plus puissantes de la galaxie qui lui apportait le plus d'inquiétude. Sans katas, ni nourriture pour la pensée, sans combats pour aiguiser sa connexion avec la partie obscure de Celle qui composait le monde, sans fortification de l'esprit et entraînement dans les arcanes, le Seigneur Noir avait probablement régressé sur la Voie. Un lent, douloureux chemin l'attendait avant de retrouver ce qui était sien. Les pensées se bousculaient dans son esprit tourmenté par l'inactivité et une colère toute nouvelle.
Qu'allait-il faire désormais ? Apprendre ce qui était arrivé à l'Omega ? Cela ne l'intéressait plus : son ancien Maître n'était désormais qu'un rival possible sur sa propre voie. Retrouver les vestiges de l'Empire ? Une poche rebelle aurait-elle pu subsister malgré les efforts disjoints de la République et de la Confédération ? Même si c'était le cas, rien ne lui indiquait que ces derniers acceuilleraient leur ancien leader à bras ouverts. Après tout, la majorité des Siths étaient morts sur Cathar, beaucoup étaient partis en fuite lorsque le Seigneur Noir avait décidé de se livrer au jugement de Korriban. Il faudrait forcément repartir de zéro, forger de nouveau la réputation d'un Ordre qui avait vécu ses plus beaux moments avant de s'effondrer sur lui-même à la vue de tous. Un tel travail s'annonçait surhumain. Comme l'Omega, enfin, le Déchu se mit à rêver à une puissance divine, à la place héroique du Sith qui mènerait de nouveau les Siths au sommet. Mais aussitôt, la froide raison qui avait toujours séparé le Cathar de ses anciens rivaux resurgit. L'Omega s'était trompé. Un Sith ne doit pas viser une quelconque divinité, un idéal tracé avant lui Peu lui importe la foi des autres. Son unique but est de créer son propre idéal/ Mieux : d'aller jusqu'au bout de la destruction des idoles, des carcans, des concepts humains trop humains que poursuivent les Jedi ou les militaires. Le Sith dépasse les systèmes de valeurs pour trouver les siennes propres. Sa vérité devient la seule qui compte. Sa puissance est la condition sine qua non de son nihilisme actif : sans maîtrise du côté Obscur, le Sith ne peut créer son propre monde et se libérer des valeurs de l'ancien. Sans puissance pas de destruction, donc pas de libération, donc pas de création d'un nouveau monde. Tout le reste n'est qu'illusions et pertes de temps.

Tout cela n'avait, pour le moment, aucun sens. Il était seul, les Jedis dont il avait pris la direction de la chasse il y a bien des années, alors qu'il n'était encore que Guerrier Sith, avaient sûrement amassé un pouvoir solide et la planète qu'il arpentait actuellement lui était presque certainement hostile. République ou Confédérés, le sang de l'ennemi se sentait dans les veines terreuses de Korriban, comme un poison nauséabond qui chassait l'odeur millénaire des Siths et de leurs tombeaux. Peu importe la direction qu'il empruntait, l'ex-Seigneur Noir était prêt à croiser sur sa route une menace bienvenue. Bienvenue car même dans une prison avec un geôlier idiot, il lui tardait de retrouver une présence organique, de voir des créations intelligentes se dresser devant lui, de sentir le monde lui opposer son défi et de pouvoir sentir la Force et sa confortante obscurité derrière tous les artifices. Il désespérait d'apprécier de nouveau l'architecture de la vie qu'Elle avait créé et de sentir sa place apicale au sein de Sa hiérarchie. Bien sûr, il avait réfléchi à la possibilité d'entrer dans des tombeaux et de trouver un sabrolaser ou un bokken enfermés ou seulement de quoi se vêtir mais il avait catégoriquement écarté cette possibilité. S'il restait bien assez puissant pour contourner les pièges que les pillards se tendent entre eux, les mécanismes de défenses des Seigneurs et accéder à la chambre funéraire, il voulait reprendre la Voie seul et travailler depuis le point le plus pour retrouver des affaires et un niveau digne de ce qu'il avait été. Ce n'est qu'ainsi qu'un véritable Sith marche. Il ne s'appuie que sur son propre bâton, qu'il taille lui-même, car ceux des autres ne sont jamais fiables. Et jamais assez grands.

Par la victoire, je brise mes chaînes. La Force me libérera.

RETOUR DU PERSONNAGE.

Perte d'un niveau ( mais le personnage reste considéré comme un Seigneur Sith )
Perte de 30 000 crédits
Perte du camp Sith
Perte volontaire d'un sabrolaser
Nouvel avatar

Nouveau thème du personnage: https://www.youtube.com/watch?v=p9OBf8f55tU

_________________________
II Makashi II
Maîtrise Combat et Force : IV/V


Thème de Kovarn : Lament Of Aeon = http://www.youtube.com/watch?v=TMmH6pct_wM&feature=related ]
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MessagePosté le: 25/05/2017 14:51:10    Sujet du message: Publicité

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Baron Rissk
CSI

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MessagePosté le: 12/07/2017 01:04:53    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant

Trois chars d'assaut blindés fendent les dunes de sable sous une chaleur démentielle. Mais le seul à en souffrir ici est le lieutenant Mors. Les automates que sont les droïdes de combat restent insensibles à ce genre de choses. Qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige, cela leur importe peu. Ils effectuent sans broncher la tâche qu'on leur confie. L'accomplissement de leur mission est la seule chose qui importe. L'officier s'étonnait, à ses débuts, de voir avec quelle efficacité l'armée séparatiste déployait ses troupes et remplissait ses objectifs. Aujourd'hui, la question de la suprématie de la Confédération des Systèmes Indépendants ne se pose plus. Les problèmes de logistique et de ravitaillement sont bien moins problématiques dans un régime où les troupes sont majoritairement mécaniques. Après tout, un droïde n'a pas besoin de dormir, de manger, de boire et n'est pas autant affecté que des organiques par les climats les plus rigoureux. De même, il est bien plus facile de remplacer un droïde... Des avantages relativement nombreux qui avaient conforté le lieutenant dans son choix de carrière.

Et le voilà aujourd'hui en terre confédérée, à la tête d'une colonne de blindés. Sa mission est relativement simple : Trouver des survivants chez les colons, intercepter ou éliminer des assaillants potentiels. Les recherches au sein des ruines de la colonie se poursuivent, sans toutefois avoir trouvé de possibles rescapés parmi les concitoyens de la glorieuse CSI. De même, les équipes de récupération dépêchées sur le lieu du crash du vaisseau ennemi n'ont pas encore trouvé un seul survivant. Du moins pour le moment... Le commandement avait donc décidé d'étendre la zone des recherches, afin de voir s'il n'y a pas quelques fuyards parmi les colons ou les agresseurs. La machine de guerre séparatiste est en marche et l'on peut entendre sa fureur gronder au loin. Et le lieutenant sait que le régime ira jusqu'à fouiller de fond en comble la planète pour traquer et punir ceux qui ont osé s'attaquer à sa toute puissance. Mors, en fidèle partisan de la Confédération des Systèmes Indépendants, est prêt à retourner le moindre rocher, à exploser la moindre montagne, pour retrouver et châtier ces odieux personnages.
On lui a donné ses ordres et il ne s'arrêtera pas avant d'avoir accompli sa tâche. Il n'est pas un droïde de combat dépourvu de conscience propre, mais il partage un point commun avec cet automate : Une doctrine basée sur l'obéissance et l'efficacité. Un zèle particulièrement apprécié par sa hiérarchie.
L'homme éponge son front dégoulinant de sueur à l'aide de sa manche. Cette chaleur l'étouffe, et son uniforme est complètement trempé au niveau du dos. Pire ! Le tissu colle à la peau et offre une sensation des plus désagréables à l'officier. Ses jambes commencent à s'engourdir et sa position devient de plus en plus inconfortable. Les chars d'assaut blindés ne disposent d'aucun confort, puisqu'ils sont adaptés de base pour accueillir un équipage entièrement mécanisé. Bien qu'habitué, après des centaines d'heures de mission, à vivre dans un environnement particulièrement austère à l'intérieur de ces véhicules, le corps à des limites qu'il faut apprendre à respecter.

La colonne stoppe sa progression.

Le lieutenant ouvre la trappe de la tourelle et hisse la tête hors du blindé. Il s'empare de sa paire d'électrobinoculaires et fait le tour de la zone d'un mouvement circulaire du regard. L'homme humecte ses lèvres desséchées par la chaleur et entreprend de faire une inspection plus minutieuse de l'endroit. Ses yeux se focalisent sur les éléments mobiles, sur les ombres suspectes. Tout ce qui peut sembler louche y passe. Absorbé par l'importance de sa mission, il en oublie pendant un temps les rayons de soleil qui enflamment sa peau et le petit vent chaud qui vient lui fouetter le visage. Son regard s'arrête sur une forme vaguement humaine, une masse allongée entre deux dunes de sable. S'agit-il du cadavre d'un colon ou celui d'un assaillant ? La seule façon de le savoir est de s'approcher. L'officier donne ses ordres. Les trois blindés convergent vers le point désigné par le commandant de la colonne et fendent les dunes de sable. Les grains de sable s'éparpillent à la façon d'une vague qui se fracasse sur les rochers. Les rares êtres-vivants présents dans la zone s'enfoncent dans le sol ou s'enfuient lorsque les véhicules passent à portée. La plupart sont de petits charognards, des oiseaux de proie ou des lézards, qui viennent se régaler des restes. Et ils s'intéressent particulièrement à ce corps étendu dans le sable, qui sert d'objectif aux chars d'assaut. Plusieurs silhouettes décrépies au plumage noirâtre tirent sur ce qui semble être une fourrure.

Les trois véhicules s'arrêtent à quelques pas de la position indiquée par le lieutenant Mors. Les lourds canons pivotent et braquent le corps inanimé et les rapaces. Les charognards s'offusquent de la présence séparatiste et commencent à battre des ailes en poussant des cris stridents. Un avertissement pour signaler que ce repas est le leur. Une détonation fait cependant fuir les oiseaux. Ils ne veulent pas être le repas d'un autre malgré tout. Le lieutenant glisse son blaster dans son holster et contemple silencieusement la dépouille qui s'offre à sa vue. Un Cathar visiblement, ou ce qu'il en reste. L'officier n'en a pas vu depuis l'Opération Chatbite sur la planète du même nom. Mais le plus intriguant n'est pas son origine, mais plutôt sa nudité actuelle. Se peut-il qu'il soit lié à la colonie et qu'il ait réussi à fuir ? Une énigme à résoudre. Et la seule façon d'avoir une réponse claire est de récupérer ce corps. Peut-être que les médecins légistes pourront en tirer quelque chose d'utile.


- Caporal, couvrez-moi. Ordonne le lieutenant en se hissant hors du blindé.

/- Bien reçu bien reçu. Unité 1256, avec moi./

/- Reçu cinq sur cinq./

Les deux unités B1 accrochés sur les flancs du char d'assaut se déploient et braquent leur E-5 sur le présumé cadavre après s'être enfoncés dans le sable. Mors se penche au dessus du corps et prend machinalement son pouls, histoire de vérifier qu'il est bien mort. Et il a une surprise de taille. Le Cathar respire encore ! Mais son pouls est faible. Et les nombreuses blessures et brûlures qu'il présente semblent indiquer qu'il a été agressé récemment. Si rien ne permet de déterminer son allégeance, l'individu en question reste un élément important pour déterminer ce qu'il s'est passé sur Korriban. On pourrait toujours l'interroger lorsqu'il sera rétabli...




Précédemment.

Le transport du sous-préfet se pose en décollant un nuage de poussière. La rampe d'accès se déploie et le Trandoshan descend en affichant sa mine habituelle de prince vainqueur. Pourtant, la situation ne s'y prête pas. Car si l'ennemi est vaincu et gît sans vie dans les sables chauds de la planète, c'est au prix d'une colonie entière... Celle du baron. Ce dernier, en lézard averti qu'il est, est à l'affût du moindre détail. Ses yeux s'attardent sur les imposantes barges de débarquement qui continuent de déployer au sol troupes fraîches et ravitaillement. Des centaines de droïdes défilent en cliquetant en rangs serrés. Des chasseurs Vautour et quelques autres engins fendent les airs en vrombissant, à la recherche d'un quelconque individu à intercepter.
A côté des caisses de munitions et de ravitaillement militaire sont plantées plusieurs tentes. Il s'agit probablement d'abris pour les possibles rescapés du massacre et les rares soldats organiques de la Confédération des Systèmes Indépendants. Un type vêtu d'un pantalon bouffant marron, d'une casquette de même couleur et d'un débardeur se présente rapidement au T'doshok. Probablement un militaire à en juger sa dégaine. Il doit se sentir bien seul au milieu de ces légions de droïdes.


- Monsieur le sous-préfet je suppose ? Lieutenant Mors. On m'a informé de votre venue sur la planète. J'vous préviens, c'est pas beau à voir. J'espère que vous avez l'estomac bien accroché. Annonce l'homme en effectuant un salut militaire dans les règles de l'art.

- Venez-en aux faits Lieutenant... Répond doucement le reptile bipède en fixant l'officier.

- On cherche toujours des survivants parmi vos administrés Monsieur. Mais jusque là, nous n'avons trouvé que des cadavres... Toutefois, il y a bien un gars qu'on a trouvé dans le désert. On ne sait pas encore s'il s'agit d'un des nôtres ou d'un des leurs. alors on s'est dit que vous pourriez peut-être nous aider à l'identifier. Continue le lieutenant en ignorant le regard noir du baron. Suivez-moi.

Le séparatiste passe plusieurs tentes avant de s'arrêter et d'ouvrir le pan de l'une d'entre-elle. L'intérieur de l'abri en toile est à première vue plongé dans l'obscurité. Après quelques secondes, le tout semble s'éclaircir et les différents éléments apparaissent à la vue du Trandoshan. C'est le temps qu'il faut à un individu normalement constitué pour adapter sa vue. Un Cathar, semble t-il, est allongé sur un lit de fortune, probablement récupéré dans les décombres d'une des maisons de la colonie. De nombreux bandages recouvrent certaines parties d'un corps amaigri par des semaines de privation. De même, plusieurs poches de perfusion qui alimentent l'individu en eau et en sang sont régulièrement vérifié par un médecin droïde. Il doit être très affaibli pour être soigné de la sorte. Mais le plus curieux n'est pas son état de santé, qui ne préoccupe guère le sous-préfet. Ce blessé n'est pas de la colonie, c'est un parfait étranger ! Est-il un de ces assaillants Sith ? Ou peut-être un pillard inconscient débarqué sur la planète au mauvais moment ? Dans les deux cas, il devrait répondre de ses actes en purgeant sa peine au service du baron... Oui. On pourrait probablement lui trouver une utilité. Mais pour cela, Rissk doit dans un premier temps se débarrasser de ces gêneurs.

- Il ssssss'agit bien d'un des miens Lieutenant. Puis-je m'entretenir avec lui quelques inssssstants ? Ment le baron en s'approchant du lit sans aucune crainte de représailles de la part du blessé.

- Affirmatif. Mais le patient est encore faible et doit se reposer. Je recommande une discussion courte et efficace. Acquiesce via son vocabulateur le droïde médecin.

- Parfait. Un problème de réglé ! Monsieur, lorsque vous aurez le temps, il faudra vous adresser au Commandant pour éclaircir la situation. Je pense que le témoignage de votre ami pourra nous être d'une grande utilité. Ajoute l'officier en enfilant sa veste, qu'il avait laissé sur une chaise. Au fait Doc', vous devriez préparer quelques lits de plus au cas où on trouverait d'autres types dans cet état là.

- Qui est votre Commandant au jussssste ? Demande l'imposant saurien en arquant un sourcil écailleux.

- L'unité de commandement OOM-478 Monsieur. Je croise les doigts pour qu'on retrouve d'autres compatriotes en un seul morceau ! Ah et euh... Bon "retour" chez vous au fait. Lâche le lieutenant avant de quitter la tente.

Il est suivi de près par l'unité médicale, qui semble partir dans une série de plaintes. Un médecin droïde qui n'aime visiblement pas qu'on lui donne des ordres, mais qui s'en acquitte quand même. Il est étonnant de voir que certains modèles sont "programmés" pour se plaindre. Une conception bien étrange et foncièrement ridicule. Un droïde n'est qu'une machine, un outil. Pourquoi devrait-il penser par lui-même ? C'est prendre beaucoup de risques que de donner à un automate une conscience propre. Mais aussi curieux que cela puisse être, celui qui serait le plus à plaindre est ce lieutenant Mors. Un organique sous les ordres d'une machine ! Ah ! Elle est bien bonne celle-là. Rissk en aurait bien ri s'il n'avait pas vu quelles conséquences désastreuses d'un tel choix. Mygeeto et son commandant droïde ont beaucoup fait parler d'eux ces temps-ci, et le sujet a même été évoqué lors de la réunion des représentants séparatistes sur Géonosis.
Le baron pourrait plaindre le pauvre homme oui. Mais pourquoi irait-il plaindre un abruti qui a choisi de son plein gré de servir sous les drapeaux d'une armée majoritairement composée de droïdes ? Il savait probablement ce que cela impliquait. Les affaires militaires l'intéressent de toute manière bien moins que cet inconnu.
D'un simple sifflement, il fait comprendre à ses deux gardes du corps métalliques de s'engouffrer dans la tente. L'un des deux droïdes manque même d'arracher un pan de la tente en se glissant à l'intérieur. Imposants, silencieux, implacables. Peut-être que cela achèverait de rendre le Cathar docile et coopératif. Dans le pire des cas, ils protégeront leur maître en cas d'agression soudaine, même si ce cas de figure est peu probable. Le Trandoshan glisse sa canne sous le bras et s'empare de sa petite boîte à cigares. Rien n'est plus approprié que ce moment pour se fumer un bon cigare. Et alors qu'il s'amuse à faire des arabesques avec la fumée qui s'échappe de ses naseaux, il se décide enfin à reprendre la parole.


- J'imagine que vous devez m'entendre, du moins... C'est ssssse que prétend le "médecin". Je connais les visages de chacun des membres de ma colonie. Et je sssssais que vous n'êtes point dans ces visages. Peut-être êtes-vous un Ssssssith. Peut-être pas. Il ssssse peut aussssi que vous sssssoyez un simple pilleur de tombe à la recherche d'un quelconque trésor. Cela n'a en réalité aucune importanssssse. Commence en sifflant avec amusement le T'doshok. Il y a dehors, à quelques mètres, des centaines, des milliers de droïdes, qui n'attendent qu'un ordre pour vous enfermer ou vous desssssscendre... Je sssssuis actuellement votre ssssseul planche de sssssalut mon brave... Aidez-moi à comprendre votre présence ici, donnez-moi tout ce que j'ai à sssssavoir sur vous, et en échange, je vous offrirai peut-être ma protection et mon aide.
_________________________
Second compte de Nash Futhark.




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Kovarn
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MessagePosté le: 12/07/2017 17:24:55    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant

Sleep. Those little slices of Death.
How I loathe them.
- Edgar Allan Poe.



L'Empire Sith n'existe plus dans les souvenirs du dernier Empereur



Les sept lunes de Korriban étaient en avance. Alors que les murmures agonisants de Horuset se reflétaient encore sur le sol aride de la planète, renvoyant une lumière rouge chargée d'ombres sur le Seigneur déchu des Siths, les sept satellites se dessinaient d'eux-mêmes dans le ciel avec un éclat plus ou moins grand selon leur distance. Darth Kovarn, toujours nu comme si la planète venait de l'enfanter, jeta un regard circulaire au désert piqué de sépultures qui l'entourait. Il prit le temps d'apprécier l'ironie de la situation. Il avait quitté la civilisation parce qu'il s'était retrouvé seul au milieu de Sith morts dont on l'avait accusé du massacre. A son réveil, il était encore entouré de Sith morts. Mais ceux là étaient ses prédécesseurs, ceux qui avaient chauffé le trône de l'armée obscure jusqu'à ce qu'il l'obtienne. Eadem sed aliter. Mais cette fois, il comptait bien changer les choses. La gorge sèche, il prit appui dans la Force pour aider ses sens émoussés de Cathar à sonder son environnement immédiat. Rien. Rien de vivant en tout cas. Quoi qu'il soit arrivé au monde depuis la absence du Seigneur Noir, cette partie de la vallée des Seigneurs Siths n'en arborait aucune trace évidente. Bien sûr, l'ancien maître du Conseil Noir aurait pu investir les tombeaux à la recherche de traces de pillage, d'indices laissées sur les nouveaux maîtres de la planète ou sur l'avancée de la technologie. Il n'avait en effet aucune idée du temps qui avait bien pu passer depuis sa déchéance. Les Siths étaient connus pour étudier le temps qui passe dans le but de braver la mort et il était déjà arrivé dans l'histoire que des étudiants de Kashyyyk méditent pendant des décennies ou que des alchimistes plus expérimentés parviennent à élargir la notion que les sentients donnent au présent pour la confondre avec celle de futur. Ainsi, son étrange coma avait pu durer trois jours comme des millénaires. Ne retrouvait-on pas parfois des esprits Sith enfermés dans des corps robotiques ou des noetikons insouciants de la patine du temps. Mais il n'était pas question pour l'ancien maître de l'Ordre Sith de forcer les sépultures et enquêter sur les possibles mais peu probable pillards pour se faire une idée de la population actuelle de la planète. D'abord parce que c'était une entreprise très ardue et dont les fruits n'étaient en rien assurés : reconnaître dans une serrure brisée ou un pas imprimé sur le sol la trace d'une botte impériale ou d'un expert Verpine ne voulait rien dire ;les contrebandiers aimaient par exemple à amasser des artefacts de diverses factions comme des reliques des organisations contraignantes à laquelles ils avaient échappés. Cela soulignait paradoxalement leur liberté. De plus, Korriban avait été désertée pendant des années sous sa domination à lui et rien n'indiquait qu'une quelconque population ait tenté de s'emparer des faibles ressources de la planète même si le système en lui-même avait basculé. La seconde explication relevait d'une simple habitude de prudence que Kovarn devait désormais suivre plus que jamais. Il venait seulement de se réveiller après une longue période passée dans un état végétatif qu'il ne pouvait lui même comprendre ni diagnostiquer.

Le monde autour de lui ne cessait de tanguer, ses yeux de Cathar s'habituaient difficilement à une lumière faible mais oubliée et la plus petite ombre ressemblait à un Slice recroquevillé ou un rancor alangui. En conséquence, l'ancien Seigneur des Sith traînait son corps sec et laissé à l'abandon en faisant des efforts véritables pour rester debout et s'orienter. Tout puissant qu'il ait été, toute profonde que soit sa connexion à la Force, il n'était pas en état pour investir le tombeau d'un autre Seigneur. Pour être exact, il n'avait aucune idée de l'ampleur des dégâts que cette période d'inactivité avait eu puisqu'il n'avait aucune idée de sa durée. Durant sa marche, il s'était répété de nombreux kata pour s'assurer de sa mémoire et récitait pour lui-même, comme un vagabond romantique, certains passages des longues études sur la Force de la lecture desquels il s'était fait la spécialité sur Kashyyyk. Il y a une éternité. Les vieilles habitudes étaient en majorité revenues mais c'est sur le plan physique et dans son lien avec la Force que Kovarn s'inquiétait réellement. Lorsqu'il tenta, après quelques pas, de faire appel à sa vieille compagne pour sonder l'environnement immédiat, il trouva un torrent furieux et non pas une rivière domptée. C'est comme s'il avait soudain ouvert les vannes rouillées d'un réservoir dont il était incapable de jauger le volume. Et son contenu fuitait désormais de partout, sans qu'il puisse le maîtriser aussi bien qu'autrefois. Alors qu'il avait seulement voulu envoyer ses fameux tentacules mentaux chercher une espèce intelligente ou des intentions prédatrices dans les quelques mètres qui l'entourait, il épuisa son lien avec la Force tout juste retrouvé en se projetant dans la zone. Au lieu de jeter une sonde prudente près des tombeaux aux huis clos, il utilisa involontairement le réseau de la Force pour les sentir ontologiquement. Il sentait leur mécanismes froid et anciens et comprenait leur fonctionnement, il sentait leurs pentes boueuses émoussées par le passage des roverines et par les bottes des équipes funéraires qui avait posé le corps, des décennies ou des siècles plus tôt. Il n'avait pas seulement tâté le sable alentours mais il était le sable, grossier, agressif, irritant et s’infiltrant partout. Au lieu de ressentir de loin l'affairement des petits prédateurs korribaniens qui jaugeaient la proie poilue et nue, comme une araignée qui tremble doucement en sentant un espace éloigné de sa toile occupé, il se trouva soudain jeté dans l'esprit multiple et pourtant uniforme, horriblement vide, de ces créatures non-sentientes. Pris d'un vertige, le Seigneur des Sith s'arracha à sa projection de Force et s'arrêta net. Les dégats étaient véritablement inquiétants. Il lui faudrait au moins une période significative d'entraînement et de méditation pour espérer retrouver le niveau de maîtrise qui était le sien. Et cela valait également pour son corps, horriblement amaigri et privé de sa musculature Cathare qui, autrefois, avait impressionné le corellien Mordaken alors qu'il s'agenouillait devant Kovarn. Depuis, tout avait décidément changé. Pris de nouveaux vertiges, l'ancien Seigneur des Sith prit appui sur un rocher froid à proximité et baissa le regard vers le sol illuminé par les lunes, son cœur au bord de la bouche.

Il était tombé de haut, très haut mais l'incontinence de Force qu'il venait d'expérimenter prouvait qu'il était désormais bas, très bas. Cela lui rappelait les mots d'un érudit qu'il avait étudié, quelques vies plus tôt, dans une chambre fraîche et isolée des archives du temple de Kashyyyk : « Flectere si nequeo superos acheronta movebo » En basic : « Si je ne parviens pas à faire fléchir ceux d'en haut, j'agiterai les Enfers ».Il ne doutait pas, certes, d'être encore l'un des hommes les plus puissants de la Galaxie – et son orgueil tout Sith augmentait encore cette sensation – mais dans son état actuel, et pour plusieurs mois sûrement, il n'était plus que l'ombre de lui même. Et même un entraînement long et ardu ne le ramènerait pas à son niveau initial si, comme il le redoutait, la Galaxie avait bien basculé. Prudemment, il ne projetait pas encore de récupérer les archives volées par Slice, ou à retrouver les artefacts Sith pillés, même s'il s'agissait de l’œuvre de toute sa vie. Il était bien conscient que cette vie là était finie et que les connaissances qu'il avait amassé étaient sûrement perdues en partie. Hélas, n'ayant aucune idée de l'Opération Chatbite et de son ampleur, il ne savait pas que l'Ordre entier avait brûlé, que ses apprentis s'étaient dispersés, que ses sujets avaient plié le genou sur un autre terre, sous le regard d'un autre suzerain. Et bien loin des tablettes de la loi Sith dont il était le dernier représentant. Mais tout cela, encore une fois, il ne le savait aucunement et n'avait aucun moyen de l'apprendre. Il savait seulement que l'Omega ne lui était plus d'aucun secours, qu'il soit vivant et mort. En d'autres termes : s'il voulait avancer sur la Voie désormais, il devrait le faire seul car il avait atteint un territoire inconnu. D'ailleurs c'était bien là la particularité de la voie Sith : il n'y avait pas de lumières pour s'y repérer.Seulement une obscurité totale et dense dans laquelle les Sith tâtonnait sous la menace de leur Maître qui était plus un danger poussant à avancer qu'un véritable formateur. Ainsi, avant d'avancer, il lui faudrait retrouver sa place à l'aveugle. Après une longue inspiration, l'ancien Seigneur Cathar releva la tête. Maintenant qu'il avait une idée de la fatigue de son corps, Korriban paraissait moins accueillante, mais était toujours sa demeure. En tant que Maître des Sith, il la considérait comme sa propriété directe et inaliénable. Or, ce n'était pas tout à fait le cas. Dans le même temps, le Baron Rissk jouissait de l'usufruit de cette dernière aux yeux de tous.Or,  « Le premier qui ayant, enclos un terrain... »

De tout cela, le Darth ne savait rien. Ce qui l'inquiétait dans l'immédiat, c'est un curieux tremblement qu'il avait senti sur sa toile lorsqu'il l'avait secouée. Lorsque son vertige commença à passer, il se concentra sur cette sensation qu'il avait eu d'un angle mort dans la Force, comme si un puissant esprit Jedi avait resisté à sa fouille mentale. Quelque chose qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps et qu'il n'espérait pas trouver dans un désert korribanien. Toujours appuyé contre un rocher, dans toute sa faiblesse exténué, il tenta de percer la nuit du regard mais sa vision était loin d'avoir retrouvé de son allant. Sans prévenir, l'« angle mort » se remua et s'enfuit soudain à tire d'ailes. Parce que c'était de toute évidence une créature ailée. Alors qu'il observait l'étrange indigène disparaître à toute évidence derrière un tombeau en hauteur, Kovarn tenta d'en déterminer l'origine pendant que ses poumons vidés retrouvaient un semblant d'air et que sa faiblesse retrouvait un état stable. De loin, la créature ressemblait à s'y méprendre à un shyrack mais plusieurs éléments empêchèrent le Seigneur Sith de tirer une conclusion si aisée. Tout d'abord, l'intrus était légèrement plus grand et semblait, peut-être à la faveur de la nuit, plus uniformément brun, plus sombre que les Shyrack dont les ailes et le crâne ont souvent un éclat rosé. Elle volait également avec plus d'intelligence : si un shyrack fonce droit devant lui jusqu'à donner un piqué prédateur vers le sol après avoir évité miraculeusement les parois des caves, cette espèce-là s'héliportait plus qu'elle ne planait et avait un vol plus précis, comme calculé. D'ailleurs, l'individu était seul et ne semblait pas attendre une meute, ni vouloir retrouver son essaim comme un shyrack. S'il avait fui, c'était de son propre gré. Et la raison semblait être liée à sa caractéristique la plus évidente. De toute évidence mais contre toute attente, l'étrange corps baignait dans la Force et la contrôlait au moins de manière minimale. Cela expliquait pourquoi Kovarn avait « glissé » sur l'esprit à priori animal et pourquoi l'oiseau s'était enfui en sentant, dans la Force, la puissance du Cathar. Intrigué, ce dernier quitta son appui de fortune et fit quelques humiliants efforts pour recouvrer son équilibre. Malgré le mystère qui – littéralement – planait, il décida de ne pas partir à la recherche de l'étrange créature mais nota son apparition comme un signe que les temps avaient effectivement changé tout en ressassant en silence les connaissances acquises ces quinze dernières années pour trouver l'explication de ce problème zoologique.

Dans le même temps, le Déchu se remit en marche. De nombreux détails clochaient et faisaient sentir à Kovarn la disparition de son Empire, qui n'était plus que des souvenirs confrontés aux sensations du réel : le souvenir de sa bure déchirée par les ans léchant le sol caillouteux était confronté à sa nudité enveloppée par le vent ; le souvenir du pas d'une foule de militaires et de civils le suivant en l'écoutant avec attention tandis que son apprenti prenait des poses de vicieux personnage pour l'imiter était confronté au silence d'une planète qui ne tournait plus autour de lui, ni de la création de l'Omega. Mais surtout, le souvenir - si puissant qu'il en était presque une de ces fameuses douleurs fantômes -de son sabrolaser accroché à une ceinture sobre, pulsant contre son flanc comme un second cœur qui renfermerait sa véritable vie. La véritable source du sang qui coulait dans ses veines. Kovarn grogna, et passa une main irritée sur le sang qui coulait effectivement de plusieurs cicatrices bénignes qu'il s'était fait depuis qu'il avait repris une station verticale. Il arrêta son geste aussitôt, et sentit son rythme cardiaque s'accélérer. Toute pensée de sabrolaser et de shyrack-qui-n'en-étaient pas quittèrent aussitôt son esprit lorsque l'affreuse mélodie qui venait d'éclore dans son esprit prit de l'ampleur, atteint un volume normal avant d'augmenter encore et encore, jusqu'à occuper entièrement la réalité du Seigneur des Sith, envahir ses tympans et les piller comme un territoire ennemi.



Les vertiges revinrent et sa vision sembla tourner sur elle-même dans une totale furie kaléidoscopique au fur et à mesure que le volume de l'horrible alarme s'épaississait. Avant même de regarder devant lui, il sut où il était. Il se souvenait des sons encore mieux que du reste. L'arme battait son plein alors que devant lui Korriban penchait en arrière, le sol s'arrachant à la gravité pour s'élever en une pente immense dont il était au pied, comme un point de chute. L'alarme avait atteint un niveau tel qu'elle remplaçait presque sa vision, le téléportant dans son hallucination à l'endroit tant attendu. Comme il s'y attendait, les centaines, les milliers – et il le savait sans pouvoir le voir : les millions – de corps tombaient du haut de la pente, dans une cohue cauchemardesque que leurs mouvements de pantins désarticulés aggravait encore. L'alarme ne s'arrêtait toujours pas, alors que sa main droite frémissait, comme si elle se souvenait elle-même du rôle qu'elle avait joué dans la mort de ces personnes. Alors que les corps s'entassaient les uns sur les autres, la pente se souleva encore un peu et les vagues de cadavres de la Forge Stellaire tombèrent sur le Seigneur des Sith, responsable de ce massacre dans le seul but de protéger une simple machine à créer des vaisseaux, l'étouffant à mort.....


…..


Il rouvrit les yeux. Par la Force, un calme impérial courait de nouveau dans ses veines. Rythmes cardiaques et pulmonaires ne gardaient pas le moindre séquelle de l'hallucination, comme si elle n'avait jamais eu lieu. Kovarn ne regrettait pas grand-chose quant à la bataille de la Forge. L'Ordre Sith avait fait de son mieux pour protéger l'Empire de la galaxie qui lui tombait sur le coin du crâne, et il aurait fallu un travail en amont plus poussé, notamment via les services de renseignements, pour empêcher ce qui s'était passé : une équipe renégate avait réussi à s'infiltrer et à faire exploser l'immense bâtisse. Soufflant une partie des défenseurs sur son passage. Durant tout une partie du conflit, l'Omega avait échangé des passes d'armes avec le Jedi Korr, que lui et Kovarn avaient dèjà croisé quelques années plus tôt sur Dantooine. A la toute fin de la bataille, c'est le Cathar qui avait dû abandonner le commandent des utilisateurs du côté obscur pour se défendre contre l'homme qui avait perpétré le massacre de Kashyyyk. Alors que la Forge emmenait avec elle l'Empire et des millions de voix dans le silence de la Force, il s'était crashé sur une planète après avoir affronté le Serpent Noir jusque dans un vaisseau de transport, fuyant la mêlée. En d'autres termes, il regrettait seulement d'avoir dû se dépêtrer avec les mauvaises graines plantées par l'Omega quinze ans plus tôt au lieu de diriger le combat jusqu'à la fin. Quoi qu'il en soit, il était peut-être temps de reconnaître que Slice aurait du être sous-traité. Le sens de l'honneur Cathar avait parlé en premier. Pour le Seigneur des Sith, la leçon était tirée.

Il posa une main tremblante sur ses pectoraux et baissa aussitôt les yeux, surpris par l'étrange sensation. Les brûlures du passé avaient empêché ses poils de repousser en plusieurs endroits de son corps mais, dans l'obscurité et nourri par sa transe thérapeutique, son pelage s'était considérablement épaissi presque partout et poussait de manière chaotique sur sa chair maigre, fragilisé par le temps et le manque d'exercice. Peu importe où se posaient ses mains, les doigts en pressaient presque aussitôt plusieurs cicatrices qui étaient autant de marqueurs du temps et surtout d'inscriptions physiques laissées par ses souvenirs. Là, une déchirure musculaire refermée au bacta lui rappelait les efforts consentis pour repousser les Kilik loin de ses sujets et purifier sa planète. La, une longue ouverture plus récemment refermée lui rappelait le corps casqué de Slice surgissant dans son vaisseau et allumant son sabrolaser en soutenant le regard du Seigneur des Sith, irrité par l'issue de l'immense bataille stellaire. Ici, de nombreuses contusions et échardes baisés par Korriban sur son corps comme des empreintes dans l'argile lui rappelaient à la fois que la planète – et à travers elle la légende des Sith – l'avait modelé et restait sa matrice. Mais elles lui rappelaient surtout que sa peau n'était plus aussi résistante, que son système de remplacement des cellules était défaillant, qu'il était une âme nouvelle, rafraîchie coulée dans un corps mourant. Un esprit rayonnant, solaire, dans un cadavre en pourriture. Exactement comme les Sith en eux-même, réduits au silence et à une part si frugale du gâteau galactique qu'on pourrait bientôt douter de leur véritable existence. L'ancien Empereur pressa la paume d'une patte contre un déplacement de sa cage thoracique qu'il avait senti en s'inspectant. La douleur afflua, souffle de vie sur une chair croulante. Jamais, durant les quinze dernières années, Darth Kovarn n'avait été aussi perclus de douleur. Jamais ne s'était-il senti aussi gagné par la destruction, la gangrène. Jamais n'avait il pu comprendre le sens du mot « ruine » jusqu'à l'acceuillir dans ses propres fibres, jusqu'à incarner ce concept et devenir lui-même ruines. En d'autres mots : jamais n'avait il été autant Sith. Un mot lui vint aux lèvres, il le cracha :


-[[Dzwol]]

Le Jen'ari Déchu se figea. Sa bouche semblait pleine de cendres. Le goût honni de la putréfaction, goutté sur Mustafar il y a des années lorsqu'il s'était livré à l'anthropophagie pour ne former qu'un avec son Maître, lui était revenu dans toute sa crudité, sa pureté dans l'abomination. Non seulement avait-il eu l'impression d'être un cadavre qu'on aurait forcé à produire des sons, une « bouche d'ombre » véritable, mais sa voix lui avait totalement manqué. Des années de silence avaient si bien altéré ses cordes vocales et sa phonologie que sa voix semblait réellement et simplement venir d'outre-tombe. Et c'était d'ailleurs plus ou moins le cas. Son intonation autrefois caverneuse, ses habitudes de langage autoritaires avec une fin de phrase bien marquée et un climat de calme et d'impérialisme dans lequel le mot trônait autrefois. Tout cela avait disparu pour laisser la place à un murmure sifflant, chaotique dans lequel les lettres semblaient s'agglutiner les unes derrières les autres pour former une boule aussi laide qu'hermétique qui se présentait comme un « mot ». Kovarn était un philologue moyen mais il comprit instantanément. Sa voix avait évoluée dans la semi-mort, la solitude et l'oubli pour devenir inappropriée au basic. Mais parfaitement adaptée au sith et au catharese. L'accent guttural, la prononciation marquée, l'amplitude des sons qui tombaient de sa bouche.. Jusque dans son langage, le Jen'ari était revenu à ses origines : un Cathar de naissance et un Sith d'élection. Le Sith, depuis qu'il en était devenu le dirigeant. Mais le basic était trop précieux pour que le Cathar se réjouisse de s'en éloigner. En plus de tout ce qui l'attendait, il comprit qu'il devrait réentrainer sa langue aussi bien que sa lame pour retrouver un prononciation normale et écumer la galaxie en montrant patte blanche. Il décida de commencer tout de suite et énonça, avec force difficultés :

«Par la passion...

Il prit une pause, et leva les yeux vers les lunes discrètes. S'en abreuva.


« La paix est un mensonge, il n'y a que la passion. 
Par la passion, j'ai la puissance. 
Par la puissance, j'ai le pouvoir. 
Par le pouvoir, j'ai la victoire. 
Par la victoire, je brise mes chaînes »


Cela ne lui convenait pas. Sa langue battait dans sa bouche comme celle d'un enfant à qui on essaye de montrer les subtilités de la phonétique. Les mots étaient des rochers bruts, durs émoussés par le sifflement de sa voix qui les caressait. Il décida de tenter autre chose, même si la chaleur et le manque de nutrition commençaient à peser sur sa conscience. Le Jen'ari était assez lucide pour se rendre compte que continuer à progresser vers l'horizon désert n'allait pas lui permettre de restaurer son corps physique en claquant des doigts. Il n'y avait rien là il était, il n'y aurait rien là où il allait. C'était à lui de créer quelque chose. Et le plus important était de retrouver un langage. Parmi l'océan de souvenirs qui bouillonnaient en lui lorsqu'il évoquait la question du langage, un s'éleva au dessus des autres. C'était une chanson sans prétentions que son cabinet avait répandu sur Cathar à des fins de propagande alors qu'il gouvernait la planète. Il avait entendu à plusieurs reprises cette comptine s'élever d'un groupe d'enfant occupés à jouer sous un arbre ou de soldats sifflotants en récurant leurs armes pendant qu'il en faisait l'inspection ou levait un escadron. La musique remonta du fond des âges, la voix se rajouta avec une telle lourdeur qu'on aurait dit un hutt s'asseyant sur une lyre.

[center]« Quand les soleils dans les arbres descendent
Que les nuages dans le ciel abondent
Alors se lèvent venus d'autres mondes
Les Sith qui dans les ombres rôdent »


Le silence retomba sur Korriban. Mis à mal par de nouveaux vertiges et une déshydratation tenace, le Déchu décida d'arrêter de considérer une longue pour un temps. Ce repos du revenant était surtout l'occasion de se pencher sur quelques questions qui lui paraissaient d'une importance capitale. Dont la principale était son sabre-laser. Poursuivre le cristal qu'il avait utilisé toute sa vie par la Force était un excellent moyen de commencer à renouer son lien avec cette dernière et de faire un nouveau diagnostic des dégâts causés par ce que tout indiquait être un coma ( En réalité, Kovarn avait compris qu'il ne s'agissait pas d'un coma mais d'une transe thérapeutique qui n'avait pas duré des heures comme pour des soins communs ou des jours comme pour des blessures graves mais s'était prolongée sur plusieurs années, nourries par la Côté Obscur qui affluait entre le corps du cathar et la dépouille de ses anciens prédécesseurs, jusqu'à ce qu'il trouve la force de se libérer de son statut de second d'un Empereur démystifié) . Le Sith n'avait pas, à proprement parler, un lien affectif notable avec le dit sabrelaser. Mais l'arme avait battu à sa taille durant près de quinze ans et représentait son jugement de vie et de mort sur autrui mais aussi une protection importante, qui avait décidé de nombreuses fois de son propre avenir en plus de celui de son Ordre. Ainsi, le cristal en particulier n'était pas important mais la possession d'un sabre-laser, en général, l'était. Bien sûr, Kovarn ne s'était jamais considéré comme le meilleur des bretteurs. Il avait toujours privilégié la Force, considérant la lame rouge comme un atout secondaire quoique nécessaire. Et pourtant. Il lui semblait qu'une de ses mains lui avait été arrachée. Il s'assit au sol, au sommet d'un promontoire naturel agréablement froid, duquel il avait une vision passable sur les vallées environnantes. Très vite, l'évidence de son échec lui apparut. Il ne voyait rien, rien qu'une nuit totale dans laquelle il ne sentait plus ni l'influence de l'Omega ni la sienne. La vision de Force était un exercice très paradoxal. C'était l'un des pouvoirs les plus usités par les sensitifs. Comme le prouvaient quotidiennement les Miralukas, les premiers stades de ce pouvoir étaient assez simples et se révélaient un réflexe quasiment inconscient pour les guerriers Sith ou Jedi avertis. Les visions plus transversales comme celle que Kovarn menait en ce moment étaient également le quotidien des prophètes Sith et des érudits et ne faisaient pas partie des exercices de Force les plus difficiles. Et pourtant, ce pouvoir restait des plus hermétiques car il donnait pour une très large part dans l’herméneutique. La plupart des Sith qu'il avait accompagné sur la voie des Prophètes ou non pouvaient avoir une vision aisément. Mais il fallait des mois de travail ou une compréhension supérieure pour les déchiffrer. Irrité par son échec premier, le Seigneur déchu décida d'invoquer son lien affectif et sa dépendance vitale avec son sabrolaser pour en retrouver la trace. La première étape fut difficile : il resta plusieurs minutes, agenouillé sur le sol peu confortable de la Mère des Sith à tâtonner dans son esprit éteint par le manque d'entraînement.

Puis, bien trop tard à son goût, une étincelle écarlate se fit. Il fit remonter ses souvenirs, prudemment et avec circonspection, comme s'il voulait identifier ce que représentait une statue qu'il était en train de repêcher dans la mer mais que cette dernière avait chargé de coquillages, algues et déchets marins parasitant la compréhension. Il se revoyait, à seulement vingt-ans, l'herbe grasse de Dantooine chatouillant les bandes moletées qu'il avait ceint autour de ses chevilles. Le sabre était là , pour la première fois et il était étonnamment chaud, étonnamment léger. Incroyablement mortel. Un peu plus loin dans l'herbe, un autre être vivant, plus grand et aussi intelligent que lui en possédait un également et l'Omega avait été clair : l'un des deux devait mourir pour que l'autre devienne son apprenti. Mourir ou recevoir l'éducation du Sith le plus puissant de la galaxie : la seule façon de faire son choix passait par l'éclair rouge vrombissant qu'il tenait dans sa main. Il revit le cristal qu'il avait arraché au ventre de Dantooine, comme un organe griffé et retiré en plein milieu des intestins de la planète, laquelle avait réagi en lui envoyant des ectoplasmes et des monstres tandis que son nouveau Maître l'attendait à la surface. Les souvenirs commencèrent à s'enchaîner, La rivière de la Force coulait en lui sous sa surveillance. Il revit le sabrolaser, d'abord sacralisé puis vu comme un accessoire pratique au fil des entraînement. D'abord craint et remplacé par des bokkens puis devenant naturel, et comme un troisième membre au fur et à mesure de son entraînement avec l'Omega. Il se refit mentalement les katas qu'il avait enchaîné, modifié, créé, enseigné, et agencé différemment pour surprendre le Sith'ari autoproclamé, puis pour l'égaler. Il se souvint d'une fin de journée qui avait été une première renaissance, sur Mustafar. La lave coulait autour de l'Omega et rejoignait lentement le sol comme si l'humain encapuchonné avait été entouré de murs invisibles qui ne pouvaient fondre. Le Cathar avait fait le choix d'éteindre son sabrolaser alors qu'il avait ouvert la garde offensive de son formateur, et c'est par la Force qu'il avait terminé le combat, égalant finalement l'Empereur pour le remplacer à la tête des Sith. Il avait alors compris dans toute son ampleur la complétude de sa connexion avec la Force et du sabre rouge. Kovarn aurait pu aller plus loin mais ces souvenirs recueillis s'avérèrent suffisants pour retrouver une image nette et fidèle de son sabrolaser, et en avoir une vision de Force.

Cette dernière s'avéra néanmoins infructueuse. Laissant son esprit quitter le plancher des rancors pour partir à la recherche du cristal obscur, le Seigneur Cathar n'en tira qu'une seule conclusion : son sabre n'était plus sur Korriban. Il vit une planète blanchâtre, qui semblait avoir été peinte par un artiste Caamasi adepte du sfumato, il vit des pattes aux couleurs indéfinissables et aux ongles longs s'accrocher aux interstices d'une paroi sans caractéristiques mémorables et crut apercevoir une ville génériques faites d'ombres immenses et bleutées et d'enseignes clignotantes aux inscriptions illisibles. Le mystère était entier. Lorsque Darth Kovarn sortit de sa transe, il n'en savait pas beaucoup plus sur la disparition de son arme, mais il se sentait comme né à nouveau, après avoir traversé sa jeunesse en pensée. Il sentit sa respiration à l'haleine chargée caresser ses poils renouvelés et allongés par plusieurs années d'oubli. Il n'y a pas d'outils de rasage dans le territoire de Lethé, et Kovarn en était devenu méconnaissable. Non seulement comme il s'en était rendu compte son pelage, mis à mal par les années et les combats, s'était dispersé dans le chaos mais la transe thérapeutique avait refermé de nombreuses cicatrices tout en assommant son corps, payant l'un avec l'autre  : lui qui dansait autrefois pour faire la loi du Makashi sentait ses articulations se réveiller à contrecœur à chaque mouvement. Il n'était pas inquiet, et prit ces sensations désagréables et constantes pour les symptômes incarnés de sa renaissance.

C'est à ce moment que son endurance à la Force le lâcha. Kovarn était un être d'une puissance extraordinaire mais il n'était qu'un humanoïde connecté à la Force. Comme beaucoup d'exilés et d'anachorètes avant lui, il constata que cette connexion s'était émoussée sans méditation ni pratique pendant de longues années. En s'ancrant de nouveau en elle, le Seigneur des Sith pourrait sans obstacles majeurs retrouver son niveau d'antan. C'était une question de contrôle sur soi-même. Et cette seconde là, juste après s'être félicité de sa douleur, qui l'éveillait de nouveau, la substitution de Force que Kovarn utilisait pour résister à la faim, à la soif et à la fatigue s'écroula sans prévenir. Le Cathar sentit l'air se promener sur son corps nu, la gravité de la planète s'emparer de son corps matériel. Puis plus rien. Il s'était effondré, foudroyé.

I thought you died alone / A long long time ago /
Oh no/ not me/ I never lost control
/ You're face / to face
/Wi
th the man who sold the world
The Man who Sold the World, David Bowie



« les Sihs qui dans les ombres » « l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin »« est tombée Seigneur, vous devez vous rendre »  « la victoire, je brise mes chaînes » « quand les soleils descendent » « tombée, Seigneur » « désormais le Jen'ari, Seigneur de tous les Sith » « par la passion.... »

Kovarn ouvrit les yeux. Toutes les voix se turent en même temps tandis qu'il toussait pour faire face à l'afflux d'air intrusif dans sa poitrine. Ses paupières se refermèrent aussitôt, lourdement, agressée par un retour à l'ombre. A l'intérieur. Sa vision sembla se stabiliser lentement pour aussitôt retrouver les vagues et le flou dès qu'un mouvement et un rai de lumière inattendu vinrent déranger son accoutumance. Il eut le réflexe d'utiliser la Force pour inonder son corps de force mais cet acte ne dépassa pas le stade de pensée : il ne savait pas où il était ni quand il était. Jusqu'à ce jour honni où il avait montré Bastion du doigt et dit « frappez », Kovarn avait toujours été un homme de prudence. Et puisque tout l'Empire qu'il portait sur les épaules – tout : planètes, habitants, constructions, déceptions, illusions - lui était tombé sur le coin du crâne quand il avait contourné cette règle primordiale, il avait décidé de l'épouser à jamais. Le rai de lumière qui avait pénétré l'endroit abrité dans lequel on l'avait vraisemblablement transporté n'était pas seul. Sa vue était défaillante mais son ouïe de Cathar semblait moins altérée. Kovarn compta trois intrus. Dont un organique. Il entendit un bruissement, puis le bruit d'une boîte que l'on ouvre. Sentir les choses sans l'aide de la Force était un exercice auquel l'Omega se serait avéré incapable. Il n'était plus assez incarné, plus assez présent avec ses cinq sens dans le monde pour cela. C'était une des nombreuses carences et l'un des nombreux aveuglements qui expliquaient la supériorité de son ancien apprenti. Mais la Force bouillonnait en lui. Il lui tardait de la dompter de nouveau, de rouvrir les vannes et de s'en servir pour sculpter le monde qu'il souhaitait. Il était encore trop tôt. Il retint ses tentacules mentaux, alerté par la situation. Un être sentient était rentré dans un espace clos dans lequel Kovarn avait été allongé et, si ce qu'il sentait dans son épiderme était vrai, maintenu en stase thérapeutique par une médecine de second plan. Il n'y avait pas de barrières visibles, pas de sceaux, pas de Morgukai. A première vue, il devait en déduire qu'il était captif d'un peuple qui ne le connaissait pas. C'était possible : de nombreuses planètes vivaient en autarcie dans tous les coins de la Galaxie et certains régimes, comme la C.S.I menaient probablement des propagandes anti-impériales qui maintenaient l'ignorance sur l'état-major de leurs ennemis. De plus, tout l'Empire ne connaissait pas le visage de son ni de ses dirigeants. Pour l'homme du peuple, goutte d'eau dans les milliards d'autres gouttes qui composaient les communautés de chaque planète, se faire une idée sur le sommet de la hiérarchie galactique n'avait aucun sens. Seul ses supérieurs directs, qui avaient un effet positif sur sa vie quotidienne, importaient.

Encore une fois, Kovarn resta prudent. Il retint ses tentacules mentaux – pourtant sa spécialité – d'aller sonder l'esprit de son interlocuteur. Il se retint également de découvrir ce qui se trouvait autour de la tente. Et se retint de penser véritablement que l'on avait reconnu son visage, malgré les années. Tout cela pouvait encore être une saynète destinée à le piéger. Le Seigneur des Sith ouvrit les yeux, avec une douceur inattendue. Deux droïdes se tenaient bien à quelque pas de lui, drapés dans leur silence. Entre eux, un cigare à la bouche se tenait un Trandoshan qui ne lui rappelait rien, si ce n'est son compatriote Desthat, soutenu par une canne. Ce serait une discussion d'infirmes. Le sifflement était attendu : il ne se fit pas prier. Dans une longue tirade aux alitérations chantantes, le trandoshan plongea Kovarn dans la réflexion. Non seulement parlait-il comme s'il ne connaissait vraiment pas l'Empereur sans trône, mais il se présentait- ou plutôt sous-entendait, comme si c'était une évidence- qu'il était à la tête d'une colonie et confirmait, sans le vouloir, que cette colonie se trouvait sur Korriban puisqu'il était question de tombes pillées. Une hérésie avec lesquels les Sith s'étaient longtemps battu eux-mêmes. En quelque sorte, son interlocuteur avait repris beaucoup de leurs flambeaux. L'ironie ne fut pas ignorée par le Jen'ari : il se trouvait donc toujours sur Korriban mais il y était captif. La possibilité d'une saynète piégeuse commença à s'effacer pour laisser la place à une triste vérité : Korriban était occupée par des hommes qui ne reconnaissaient même pas le Seigneur des Sith. La question du temps revint occuper les pensées du Cathar. Avait-il été en transe si longtemps que non seulement son Empire avait disparu mais la mémoire de ce dernier l'avait suivi ? Il inspira longuement et se releva sur son séant juste assez pour retrouver sa dignité sans se priver de la captivité revigorante qu'on lui offrait. Le compromis lui convenait. Maintenant qu'il avait trouvé une forme de vie engagée volontairement dans une dialectique, son esprit marchait à toute vitesse, comme à la bonne époque. Il considéra de répondre en catharese afin de jouer sur l'erreur de son interlocuteur et se faire passer pour un simple Cathar perdu. Il considéra de répondre en Sith pour souligner sa condition et vérifier les connaissances du Trandoshan sur la planète qu'il dirigeait (et ainsi déterminer son affiliation). Mais il décida finalement d'obliger l'être d'écailles à développer le marché qu'il avait proposé, et à en tester les conditions et limites. La prudence devait désormais régner.

- Les droïdes n'attendent rien, Trandoshan. A part peut-être de nous remplacer...

Son basic était toujours aussi étrange. Les échanges d'air et les mouvements de la mâchoire semblaient inadaptés. Plus tôt, il lui avait semblé que sa voix venait d'outre-tombe. Dans cette tente, il lui semblait qu'il parlait du fin fond d'une caverne, comme si une partie de lui – celle qui parlait- était encore au cœur de Korriban.

- Vous ne pouvez pas m'aider. Car ce que je veux... c'est l'infini. Et pour cela... il faut que je brise mes chaînes. Or, vous ne me proposez que des chaînes il prit une nouvelle pause, le temps d'une respiration de moins en moins douloureuse. Pour l'instant.

Kovarn plongea l'ancre de son regard dans les yeux globuleux du lézard humanoïde.

- Vous avez d'autres désirs que « comprendre ma présence ici ». D'autres exigences. Je peux vous aidez à les accomplir si vous garantissez mon exigence. La liberté. Et la liberté, selon moi, commence avec et par le savoir. Commençons comme cela : Qui êtes-vous et qu'est ce que cette colonie ?
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Baron Rissk
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MessagePosté le: 21/07/2017 22:06:51    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant

Le Cathar daigne enfin répondre. Sa voix tonitruante est accompagnée d'un accent presque chantant. Il n'a pas l'habitude de parler couramment le basic, ou alors, il n'a pas eu l'occasion de pratiquer depuis un long moment. Peut-être est-il sur cette planète depuis longtemps, à la recherche de la civilisation. Peut-être est-il simplement un illuminé, à la recherche de réponses... Tant de possibilités et si peu de résultats concluants. Le blessé s'amuse à assembler les mots en énigmes. Tant de mystère... Il se fond totalement dans cet endroit où le secret et le silence ne font qu'un. Toutefois, ces réponses, aussi maigres et obscures soient-elles, peuvent offrir plusieurs éléments sur lesquels se pencher. Ce Cathar est vraisemblablement plus du côté Sith ou illuminé que du côté pilleur de tombes. Rissk en a connu des aventuriers, et jamais il n'a entendu un de ces gaillards là s'exprimer de la sorte. Et pourtant, certains, en dépit des apparences, sont des personnages très cultivés.

Une chose est sûre... L'individu est loin d'être un idiot et cherche à gagner du temps, ou tout du moins à éviter certains sujets. Il ne tient pas à ce que sa véritable identité soit révélée. Le Trandoshan pourrait lui tirer les vers du nez, lui arracher des réponses concrètes... Après tout, un corps nu peut toujours dissimuler des secrets... Et la seule façon de les dévoiler au grand jour est de battre la chair, la mutiler, voire même... L'arracher. Quand les os et les muscles sont mis à nu, les réticences s'estompent et les révélations commencent... Le baron appréciait ces soirées, où en compagnie de quelques hommes de main, il arrivait à soutirer des informations à des personnages douteux. C'était la bonne vieille époque. Il menait d'une main de fer ses petites affaires dans les bas-fonds de Coruscant, à la tête du Cercle. Personne ne l'ennuyait. Les traîtres étaient écorchés vifs et laissés pour mort dans les caniveaux, en guise d'avertissement. La terreur avait été sa meilleure arme et il avait réussi l'exploit de mettre au pas tout un quartier. Mais les rivalités au sein des quartiers bas de la planète-ville avaient fini par saper son autorité et il avait perdu la face... Et c'est dans d'étranges circonstances qu'il avait disparu des radars, après avoir liquidé ses proches collaborateurs. Il avait été assez méticuleux pour ne pas laisser de traces. Et aujourd'hui, c'est son talent en subterfuge qui allait lui être vital.

Car aujourd'hui, le T'doshok n'est plus un brigand de bas-étage. En outre, il ne peut pas se permettre le moindre doute, la moindre erreur. L'étranger, car oui, ce Cathar est un étranger aux yeux du sous-préfet, est méfiant et cela se comprend. Il vient d'être menacé de mort. Et s'il est Sith, comme le soupçonne Rissk, il a tout à perdre à l'affirmer. Il faudrait donc ruser pour le mettre en confiance... Un défi excitant que le baron va tenter de relever avec brio. L'imposant lézard mordille son cigare fumant avec un certain enthousiasme.


- Il est vrai qu'aborder une conversssssssation de la sssssorte est très maladroit de ma part. Je l'admets volontiers. Je ssssssuis le Baron Rissk, ssssssous-préfet de la colonie sssssséparatiste de Korriban. Du moins, ce qu'il en reste. Ma population a été massssacrée par des forces Sith. Vous comprendrez donc mon manque de courtoisie à votre égard. Nous sssssommes encore affectés par ces pertes tragiques et cela déteint sur notre accueil... Reprend doucement le Trandoshan en tirant une nouvelle bouffée sur son cigare. Mon but ici est sssssimple. Explorer les tombeaux des Sssssith afin de retracer leur histoire, de comprendre leur culture et sssssurtout de consssserver et restaurer tout ce qui peut l'être. Il est affligeant de voir que tout est ravagé par le temps et par quelques abrutis assssssoiffés de pouvoir et de richessssses.

Le baron marque une pause. Ses babines s'étirent en un sourire carnassier. Il n'est pas utile de préciser à cet individu que si son noble projet est une cause des plus intéressantes à défendre, cela n'est qu'une façade pour quelques sombres affaires. Il n'a pas besoin de connaître tous les détails. Mais l'inverse est plus que souhaitable. Rissk veut tout savoir sur cet étranger, cet intrus, ce... Vaurien. Car oui, nul ne peut débarquer sur cette planète sans passer par lui ! Sous son règne, Korriban serait un bastion séparatiste inviolable dans lequel il pourra se concentrer sur ses recherches sans être dérangé. Le T'doshok contrôlerait les affaires du monde nécropole d'une main de fer, veillant à ce que chaque chose soit à sa place. S'il ne peut plus user de terreur à sa convenance, il n'en reste pas moins sournois et appliqué. Si ce Cathar a assez de bon sens, il aura la bonne idée de ne pas faire d'histoire et de donner des détails sur sa vie, sur son passé, sur sa présence ici...

Car il n'est ici qu'un petit oisillon à peine sorti du nid. Et en face de lui se trouve un prédateur à l'esprit aiguisé et aux griffes acérées. Et ces griffes se referment actuellement sur cette proie fragile... Le Trandoshan retient un rire et tire une nouvelle bouffée afin de faire passer cet accès de folie qui s'empare de son être.


- J'esssssspère avoir répondu au mieux à vos attentes... Toutefois... Comprenez que sssssi je n'ai nul envie de vous enchaîner, la ssssituation actuelle exige quelques explications. Ajoute Rissk en plongeant son regard dans celui de son interlocuteur. Vous voulez votre liberté ? Bien, cela est totalement envisageable. Car vous n'êtes pas mon prisonnier, mais plutôt un invité. Mais en tant qu'invité, vous me devez bien quelques réponssssses honnêtes sur votre présence ici et votre identité. Après tout... Vous êtes ici sssssur une planète séparatiste, au beau milieu d'une attaque Ssssith, et vous n'êtes vraisssssemblablement pas des nôtres. Vous me parlez de liberté, je vous demande une chose en retour... Une chose simple. Votre confiance. Nous avons tout à gagner à coopérer. Qui ssssait ? Peut-être avons-nous des choses à partager, des objectifs communs.

Et il y a tellement à perdre. Ce serait du gâchis de sacrifier de la sorte une occasion. Le baron n'aurait sans doute aucun mal à se débarrasser de ce mystérieux inconnu. Jusque là, il considère le Cathar comme une curiosité à étudier, à examiner, à découvrir. Un peu à la façon d'une relique. Mais viendrait un jour où, comme tout objet, on se lasse et on le jette. Et la patience du Trandoshan peut parfois être mise à rude épreuve. Il lui arrive en outre de persévérer dans le meilleur des cas. Dans le pire, il n'a aucun scrupule à passer à autre chose, veillant toutefois à faire disparaître ce qui l'a auparavant intéressé... Afin de ne laisser à personne d'autre l'occasion d'en profiter aussi.

Un comportement des plus égoïstes qui ronge le reptile bipède depuis bien longtemps...

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Kovarn
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MessagePosté le: 25/07/2017 14:43:10    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant

A la facilité avec laquelle l'esprit se satisfait peut se mesurer l'étendue de sa perte.
Hegel
C’est lorsqu’il parle en son nom que l’homme est le moins lui
même. Donnez lui un masque, et il vous dira la vérité.
Oscar Wilde


Le Déchu sentit sa cage thoracique se contracter et se mit à tousser des souvenirs, ses pattes blessées aux griffes rétractées s'agrippant à son lit de fortune. Oui, tousser des souvenirs. Il lui semblait que c'était le sable de sa chère Cathar qui coulait dans ses veines, que la lave de Mustafar crépitait dans son ventre jusqu'à faire fondre ses os et que c'étaient les faîtes géants de Coruscant qui s'élevaient autour de lui à la place des droïdes, lors des multiples moments d'absence que sa condition physique lui imposait. Le Seigneur des Sith n'était pas créature à se voiler la face, et était même bien plus lucide que son ancien Maître et que tous ceux qu'il avait guidés. Il était presque littéralement un fantôme du passé, une âme arrachée à la vie et pourtant réinjectée dans un semi-cadavre. Il lui semblait que, comme les agonisants qui restent en vie par leur seule volonté et quittent ce monde lorsqu'ils perdent l'envie de s'y accrocher, il lui suffirait d'une pensée pour se laisser aller à la mort. Mais cela avait toujours été le cas. Voilà bien longtemps que les pensées de Darth Kovarn étaient devenues mortifères, et ses mots des bourreaux de phonèmes. Les victimes bien réelles de ses hallucinations sur la bataille de la Forge Stellaire étaient là pour en témoigner, entre bien d'autres. S'il avait la volonté de tuer, alors, il avait la volonté de vivre. Tue et ne sois pas tué, voilà à quoi se résumait le marché que passent les futurs Jen'ari avec la vie dès le moment de leur naissance. A partir de là, leur destin -certes exceptionnel - était tout tracé. Et pourtant, au sein de cette tumultueuse existence, il leur faudrait parfois passer d'autres marchés, beaucoup plus particuliers et contingents afin de continuer leur quête d'infini. Le Seigneur déchu toussa de nouveau. Chaque seconde qui passait le rendait plus fort. L'éloignait du désert dans lequel il était re-né pour le remettre sur la voie qu'il avait tant arpenté, et dont il était devenu maître. Ne pas achever Kovarn avait été une erreur, lui attribuer un robot médical en était une seconde qui en découlait. Mais le Cathar devait trouver la force de profiter de ces errements, malgré son état. Il retint une troisième quinte de toux et tourna son visage visiblement méconnaissable et marqué par la mort vers le reptile bipède. Si faible...si peu nécessaire au déroulement de la galaxie... si loin d'avoir la liberté de ses ambitions qu'il devait commander à des droïdes sur une planète qui n'était symboliquement comme scientifiquement que cendres... L'esprit embrumé du Jen'ari dut lutter pour garder son assiette alors que l'image du trandoshan Desthat se superposait à celle de l'infirme sûr de lui.

Il devait rester prudent. Le manque de pragmatisme était – avec les bombes, certes - ce qui avait causé la chute de l'Omega. C'était également, d'un certain point de vue, ce qui avait causé la sienne. Une nouvelle douleur réveilla ses sens engourdis par l'intervention médicale et le manque de nutriments. C'était la blessure infligée par Slice à son bras, si profonde qu'il avait demander une amputation et se retrouver dans le même état que son interlocuteur, visiblement raccourci au niveau de ses membres inférieurs. Encore une fois, l'ancien Empereur en fuite prit largement le temps d'écouter son corps suppliant et de méditer en silence avant de s'intéresser de nouveau à la conversation. Il avait prolongé cette dernière suffisamment pour que sa vue de félin bipède s'adapte au niveau de lumière de la tente médicale et à ce que son ouïe sifflante retrouve des bases solides. Les réponses du trandoshan avaient été trop évasives, trop particulières pour le renseigner sur la situation spatio-temporelle. Combien de temps avait duré son exil ? Comment sa « colonie » avait elle pris possession de cette partie de Korriban et pourquoi tentait-elle de martyriser les populations Sith ? Qui dirigeait désormais la galaxie et qu'était-il advenu des forces que le Cathar dirigeait ? Tout cela était encore trop nébuleux mais il y avait pire : il n'était pas assez renseigné sur la situation actuelle. Son hôte avait fait mention d'armée de droîde attendant au dehors et c'était là une chose que Kovarn connaissait bien, mais dans sa vigoureuse jeunesse. Il ne savait rien non plus sur la technologie utilisée par cette colonie. Qu'il soit resté dans un cocon de poussière occupé par une transe pendant des décennies, voire plus n'était pas du tout une idée ridicule. C'est dans cette optique de prudence, née d'une ignorance inédite et confondante que Kovarn n'avait pas utilisé son atout principal. C'est également une des raisons pour lesquelles il avait fait durer la conversation, en quête d'informations. Il était temps désormais. Temps de renouer enfin avec son être véritable et d'attaquer l'escalade de la montagne en haut de laquelle il retrouverait sa véritable puissance.

Kovarn lui-même se trouvait incommodé par son haleine de mort-vivant. Il tenta d'inspirer pour s'abreuver de la douleur qui sillonnait ses nerfs mais il ne pouvait clairement plus remplir sa poitrine d'autant d'air qu'avant. Lorsqu'il expira, douleur et colère de la défaite avaient été dévorées par quelque chose dans son esprit et il passa discrètement à l'action. Un flux de force simple, à la hauteur d'un apprenti traversa son épiderme, puis les parois de la tente afin de trouver des résonances au dehors. Comme une chauve-souris qui se repère aux échos des sons qu'elle produit, les utilisateurs de la Force dans leur acceptation générale, lumineux ou non, envoyaient la Force sonder les alentours dès qu'ils le pouvaient. Mais cela ne suffirait pas. Le Seigneur des Sith cessa de retenir ses tentacules mentaux qui s'agitèrent aussitôt pour venir fouiller l'esprit du trandoshan. Bien sûr, ni lui ni personne dans l'Histoire n'étaient capables de voir les pensées d'autrui. Mais le côté obscur était plutôt doué pour sentir les émotions d'autrui et percevoir certaines dispositions d'esprit comme la culpabilité ou la colère. Cela donnait aux sensitifs des qualités particulières pour la diplomatie, que seuls les Jedis avaient su exploiter. Eux qui, justement, se privaient des émotions véritables et les traquaient comme des maladies. Les Sith préféraient malheureusement se faire un pont avec les dépouilles de ceux qui les séparaient de leur but. Un Seigneur Sith se devait de maîtriser les deux approches. Les yeux du Jen'ari se révulsèrent soudain alors que, ses tentacules à destination, il décida enfin de reprendre la parole tout en gardant son regard rivé sur le « plafond ».

- Vous ne comprenez pas, bien sûr. Vous me proposez la Liberté comme si vous m'accordiez le droit d'utiliser une arme dans une ordalie par combat à mort. Ce qui, notez, serait une mauvaise idée de votre part...Il prit une petite pause, sa faiblesse le frappant de nouveau lorsqu'il se rendit compte de le début de sclérose qui sévissait sur certaines de ses articulations.La liberté que je demande... est bien plus grande que tout ce que vous pouvez imaginer... A vrai dire, si vous mettez les Sith en cage, c'est que vous avez un véritable problème avec l'imagination... Cette liberté là... est totale.

Alors que Kovarn tournait son regard écarlate vers le t'doshok, tous les appareils médicaux qui l'entouraient, le nourrissaient ou lui apportaient une ration minimale de bacta et les éventuels liens qui pouvaient le retenir se détachèrent, soufflés par la Force. Il s'attendait à ce que les droîdes le braquent ou même tentent de lui tirer dessus et reprit donc aussitôt la parole pour prolonger sa vie en attirant la curiosité du colon.

- Mais pour l'atteindre, je devrais d'abord me contenter de la liberté de substitution que vous me proposez... Allons droit au but, si vous le voulez bien. Je suis certain que vous êtes déjà assez expérimenté pour vous passer des longs préliminaires et des déclarations d'intention vides. Voici ce que je propose : si votre but est vraiment, comme vous me l'avez dit, de découvrir l'histoire des Sith, alors je propose de vous la narrer. Si votre but est bien la mémoire du Côté Obscur et non la valeur pécuniaire des artefacts cachés dans les tombeaux, ma proposition vous intéressera. Je vous dévoilerai la vérité sur l'histoire récente de l'Ordre et sa chute... En contrepartie... Un chasseur monoplace de forme « Chasseur Sith » couleur anthracite s'est posé sur cette planète, sans escorte, il y a ….probablement quelques années. Je veux savoir ce qui lui est arrivé. Et je veux goûter la liberté promise en quittant cette planète sans être suivi...

Il leva une de ses mains sur lesquelles les cicatrices s’effaçaient peu à peu et sembla soudain parcouru d'un semblant d'émotion. L'ombre d'un sourire éphémère flotta de nouveau dans son regard rongé par l'obscurité mais personne n'aurait pu jurer de ce phénomène après-coup.

- C'est ce que dirait un malheureux Cathar échoué loin de sa planète. Hélas, j'ai déjà mené des négociations et j'ai déjà placé ma confiance et constaté les résultats. Vous me tenez et vous n'avez aucune raison de suivre votre parole. Vous ne savez même pas qui je suis et il serait dans tous les cas plus sage de me tuer. Le plus intelligent serait de prendre ce que je vous donne, de me laisser quitter la planète et de faire feu dès que j'aurais le dos tourné. D'ailleurs... si vous avez pu développer une colonie sur ce sol, c'est que vous le protégez. Mais rien ne me dit que vous contrôlez l’entièreté des forces qui maintiennent cette planète. En d'autres termes : la décision de me laisser partir ou de me tuer ne vous concerne peut-être même pas. Mais vous pouvez agir. Vous pouvez me donner un vaisseau et patte blanche pour traverser cette flotte. Vous pouvez faire en sorte que je sorte d'ici vivant. Mais pourquoi diable ?... Pourquoi le feriez-vous si je vous donne dès maintenant ce que vous désirez.? Bien sûr, je pourrais vous menacer comme le font les mauvais politiciens, vous assurer que vous ne me pourrez m'avoir et que toute tentative contre moi aboutira à un kaggath entre nous deux... C'est à dire une guerre totale, une émulation de toutes mes forces contre les vôtres, jusqu'à la mort.

Au prix d'un effort considérable, le Cathar se leva pour faire face au trandoshan et s'agrippa sans honte au matériel médical qu'il venait de quitter pour garder son équilibre, sa stature et donc sa dignité. L'évocation du kaggath n'était pas du tout une véritable menace comme il l'avait expliqué mais une stratégie de négociation qui consistait à donner à la cible une partie de ce qu'il souhaitait pour lui prouver qu'on possédait effectivement l'objet en question. En mentionnant et expliquant quoique très vite le concept, en utilisant le terme Sith, Kovarn démontrait la richesse de ses connaissances dans l'histoire Sith que le Baron Rissk présentait comme l'objet de sa quête. Il se constituait donc comme précieux et utilisait le mot comme un hameçon à la manière des vendeurs de fromages de shaak de Naboo qui proposent un morceau gratuit avant d'acheter leurs produits.

- Voici le marché, le vrai.

Il s'apprêtait à sauver sa vie sans lever le petit doigt pour les Sith mentionnés par le lézard et martyrisés sur la planète. La survie d'un seul au détriment des autres n'était pas seulement l'unique solution contextuelle pour la perpétuation de la tradition mais un rappel de son essence pure. La voie des Sith était celle de l'individu et de ses singularités. Il n'était pas question de sacrifice pour la communauté, et c'est ce que le Seigneur de tous-ceux là avait compris, au contact des siens. C'est ce que l'Omega avait déjà compris lorsqu'il avait formé son apprenti pour les dépasser tous et les surveiller, ou bien lorsqu'il avait fermé les yeux après le meurtre de Mordaken le jour de la prise du Sénat.

- Je consens à vous dévoiler une partie de l'histoire récente et de la philosophie des Sith aujourd'hui. Ensuite, vous me libérerez sans me suivre. Je ne veux rien d'autre que les coordonnées permettant de vous joindre. En échange de quoi, je vous offre mon assistance dans le futur si vous retrouvez la trace d'un artefact Sith. Vous n'êtes pas idiots, vous voyez bien que j'en sais beaucoup sur les secrets de l'Ordre. Quoi de mieux qu'un utilisateur averti et érudit pour contourner les pièges et résistances qui entourent l'héritage du Côté Obscur ? Il nous suffira de tomber d'accord sur un moyen de se contacter sans s'espionner l'un l'autre. Libérez moi et vous aurez non seulement les secrets de leur histoire récente mais également mon assistance volontaire dans vos projets d'excavation et vos recherches futures. Si vous me tuez, vous n'aurez ni l'un ni l'autre. Si vous me laissez partir mais ne m'accordez pas la liberté que je demande, vous n'en aurez qu'un seul et ce serait fort dommage. Quant à me torturer ou tenter de me faire plier à toutes ces promesses sous la contrainte...

Cette fois, c'était certain. Indubitable. Il souriait mais c'était un sourire sanglant, rendu étrange par la très longue abstinence de ses zygomatiques. Le sourire du Diable. Très vite, cette émotion convulsive et éphémère disparut dans le silence. En vérité, il avait du mal à respirer. Lui, l'ancien bourreau taciturne puis chef de guerre taiseux, n'avait jamais prononcé un aussi long discours. Même ses interviews aux médias de la capitale ou ses allocutions à ses sujets Cathar n'avaient pas été aussi longs. Il était avant tout un homme d'action, et n'avait même pas eu pris la peine de prendre la parole lorsqu'il avait récupéré l'Empire déchiré des mains de son ancien Maître. Le goût du sang et la fatigue envahirent ses sens. Le Seigneur des Sith leva lentement sa main droite dans un geste qui pouvait aboutir à une poignée de main, une poussée de force, un assassinat ou tout simplement rassurer un Cathar ravagé et endolori qu'il pouvait tenir debout sans s'appuyer...
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MessagePosté le: 26/08/2017 22:06:13    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant

Dans ce monde perdu, vestige d'une époque passée, témoin d'heures sombres ou glorieuses, il n'est pas étonnant de voir que des habits de scène peuvent drainer la lumière pour refléter l'horreur de quelques vraies personnalités...

Le baron arque un sourcil écailleux. Ce Cathar est aussi sensé qu'imbécile. Il vient de dévoiler le monstre qu'il est réellement sous sa façade de petit être fragile et blessé. Le Côté Obscur... Il a fait un instant frémir le T'doshok lorsque le Sith s'en est servi pour se débrancher des liens qui le maintenaient dans un état de soin. Une puissance mystique faisant d'êtres ordinaires l'égal des dieux de certaines cultures et religions. Rissk ne sait pas s'il doit être intimidé par cette petite démonstration ou s'il doit en rire. S'il avait été un être d'une autre espèce, il se serait probablement enfui ou soumis à l'étranger du désert. Mais il est un Trandoshan. Et les Trandoshans combattent jusqu'à la mort s'ils sont trop idiots, quand les plus intelligents d'entre eux utilisent diverses stratagèmes pour parvenir à leurs fins et se sortir des pires situations.

Tout ceci n'est en réalité qu'un jeu entre les deux protagonistes que sont le baron et ce Sith. Un jeu des plus dangereux, mais aussi des plus excitants. Chacun cherche à surenchérir, à prouver sa supériorité intellectuelle sur l'autre. En outre, le lézard bipède se délecte de ce moment passé en compagnie du redoutable inconnu qui lui fait face. Il relève doucement la tête et crache un nuage de fumée, avant de mordiller avec plus d'entrain son cigare. Le tabac a presque une saveur de victoire trop facile. Il sait que l'autre n'a rien à gagner à l'affronter. La mort de l'un ou de l'autre ne serait nullement profitable au vainqueur. Quoi que... Oui... Oui ! Rissk pourrait probablement vendre au plus offrant ce sauvageon du Côté Obscur ou même l'offrir enchaîné aux séparatistes.
Une nouvelle vague de frissons vient lui parcourir l'échine. Quel sentiment grisant que de se sentir puissant, d'avoir un quelconque pouvoir de vie ou de mort sur un être vivant. Le Cathar sourit, un peu trop même. Il pourrait arranger ça. Il pourrait se servir de ses griffes pour figer l'expression de son visage en un sourire figé à tout jamais. Ou bien lui arracher la mâchoire d'un simple coup bien placé et lui retirer pour de bon toute envie de se moquer de lui de la sorte.

Les yeux reptiliens du baron dévorent le Sith. Les ambitions du Trandoshan sont dessinées la plupart du temps dans le sang et les mensonges. Mais parfois, la fin qui se présente à lui n'est pas celle qu'il aimerait donner à ses idées. En outre, le félin s'est montré suffisamment convainquant pour ne pas finir tué. Il ne serait pas dépecé et transformé en vulgaire tapis. Même si la tentation est grande... Non. L'offre proposé par le Cathar présente bien plus d'enjeux qu'une simple mise à mort, aussi satisfaisante soit-elle. C'est au tour du T'doshok de sourire et de dévoiler des dents effilées particulièrement carnassières.


- Votre mort sssssserait des plus regrettables. Croyez-moi, si j'avais voulu vous ssssssubtiliser des informations pour mieux vous planter par derrière, j'aurai eu une sssstratégie plus directe... Il me ssssemble que la torture est faite pour réaliser ceci. Mais là n'est pas mon intention. Répond doucement le baron, en s'abandonnant à son cigare. Non... Comme je vous l'ai annoncé quelques sssssecondes plus tôt, je ne demande que votre confiance. C'est pour cette raison que je vous laisssssserais quitter la planète lorsque vous m'aurez donné des pistes et des informations utiles pour mes recherches. Toutefois, je ne peux répondre à votre requête correctement. Il sssse trouve, au vu des circonstances actuelles, que vous devrez vous contenter d'embarquer à bord de la navette qui m'a déposé au sol. L'équipage droide ne posera pas de quesssssstion si je lui donne l'ordre de vous emmener là où bon vous sssssemble. Vous pourrez ainsi passssser le blocus spatial sans crainte d'être intercepté... Et vous pourrez éliminer l'équipage et prendre possession du vaisseau lorssssque le moment propice sera venu. On croira probablement à une attaque pirate, ou à une erreur de calcul fatale...

Rissk marque une pause, afin de laisser le temps au Sith de digérer les informations. Ou tout simplement pour préserver sa magnifique voix d'un surmenage. Il s'empare d'une carafe d'eau déposée dans un plateau et sert deux verres. Un pour sa petite personne, même s'il doit bien admettre qu'il aurait préféré un bon whiskey, et présente l'autre à son interlocuteur. Il serait très mauvais pour l'avenir de ses affaires de laisser mourir de soif un potentiel associé ou collaborateur. D'une certaine façon, c'est même lui qui se consume à petit feu... Il meurt d'envie de connaître enfin les secrets jalousement gardés par ce félin.

Les militaires ne jurent que par les armes, mais les marchands et les politiciens savent que le véritable pouvoir est le savoir. Lorsque l'on a toutes les informations en main, on est libre de faire chanter qui l'on veut, de trouver les bons filons, d'écarter les rivaux... De s'assurer une place au sein d'un régime. Rissk ne se facilite pas la tâche en choisissant Korriban comme base de son futur pouvoir. Il aurait probablement pu s'orienter vers d'autres mondes, où il aurait grimpé les échelons en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "Merde". Mais Korriban a un charme que les autres n'ont pas, et des ressources que le Trandoshan sera le seul à exploiter habilement. Qui plus est, on le surveillera probablement moins que s'il était le dirigeant d'un monde plus développé, même si la situation actuelle de la planète forcerait probablement les séparatistes à être plus vigilants pour un moment.

Mais qu'importe, en attendant patiemment que son heure vienne, il pourrait se concentrer sur ses recherches. Des recherches qui pourront avancer rapidement si le Sith donne des informations fiables...


- Lorsssssque l'état de siège sera tombé, nous pourrons conssssssacrer nos ressources à retrouver votre chasseur. Voyez cela comme un retour sur invessstisssement. Cela vous permettra par la même occasion de voir l'avanssssée de mes recherches, une fois les fouilles débutées. Ce qui me profite peut profiter à mes amis... Reprend Rissk avant d'avaler d'une traite le contenu du verre. Il ne tient qu'à vous de saisir cette main ssssi généreusement tendue...

Le lézard bipède est pressé par une hâte de mettre au jour des tombeaux... D'étudier l'histoire des Sith... De s'approprier leurs savoirs et d'offrir aux citoyens de la galaxie entière les bijoux d'une civilisation presque éteinte et en majeure partie oubliée de tous. Exposer fièrement le fruit de ses découvertes pourrait être une récompense en soi, et ce sera probablement le cas... Pour un temps. C'est donc confiant qu'il tend sa main griffue au Sith, en gage de bonne foi.
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Kovarn
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MessagePosté le: 14/09/2017 23:14:08    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant

Au cours des dernières décennies, le Seigneur Noir des Sith avait rencontré de nombreux officiels, en avaient créé certains et surveillé beaucoup. En tant que bras droit de l'Empereur puis Empereur sans trône, il gardait un œil inquisiteur sur le gratin politique et sur ses propres subordonnées, qu'il avait utilisé pour garder, à sa façon, la galaxie dans un toute autre gant de velours que celui de Valiant. Mais sa poigne n'avait jamais été que métaphore. Durant ces longues années, Kovarn n'avait pas souvenir d'avoir jamais serré la main d'un autre. Personne ne veut serrer la main du bourreau puisque elle qui porte la mort et semble en contact permanent avec elle. Qui sait si elle n'est pas elle-même cachée sous la cape du bourreau et que le toucher signifie la fin du voyage ? Les pensées du déchu tempêtaient dans son crâne mais il les acceuillait avec son calme habituel accentué par la fatigue immense qui pesait sur lui depuis sa « résurrection ». Comme il l'avait imaginé, la Force lui avait tracé une voie hors de Korriban. Une impasse peut-être, ou bien une voie bien nébuleuse qui se perdait dans l'immensité de la galaxie, si bien qu'il ne savait pas tout à fait encore où il allait se cacher pour observer les avancées du monde. Mais elle lui avait bien préparé une voie hors d'ici, qu'il avait su se frayer à un prix bien dérisoire puisqu'il allait lui permettre également de faire surveiller son ennemi le plus intime et le plus ancien. C'est ici, sur la planète mère des Sith qu'il allait pouvoir continuer la toute première mission que l'Ordre lui avait confié, bien avant qu'il n'en prenne la tête. La boucle se bouclait. La Force était puissante mais le Cathar savait qu'elle n'était pas le seul agent de cette réunion de ses intérêts. Les Jedis croyaient à la Force patriarche qui guidait leurs actes et faisait ou défaisait l'histoire par leur main innocente. Les Sith pensaient l'inverse. La Force était une masse informe, un infini de possibilités dans lesquels leurs mains à eux se servaient et qu'ils pouvaient manipuler à leurs fins. Outil pour les uns, force du destin pour les autres. Le Seigneur Déchu avait pourtant agi comme un Jedi durant tout une partie de sa vie, en vouant l'obéissance à un être qu'il avait pourtant égalé puis surpassé. Ce n'est que lorsque l'Empire lui était revenu qu'il s'était mis à forcer son destin. Le premier de ses coups avait été un échec. Le second, qui l'avait amené à se confronter aux fantômes de l'Ordre, avait mené à sa mort symbolique puis sa résurrection, débarrassé des œillères de sa vie antérieure. Le Seigneur Sith n'avait certes plus tout à fait toute sa puissance pour l'instant mais il avait récupéré des parties de lui et de sa volonté qu'il n'avait jamais senties ni utilisées auparavant. La mort lui avait dessillé les yeux. Oui, il voyait plus loin que cette tente de fortune dans laquelle il avait été amené cadavre et auquel on proposait un marché comme lorsqu'il n'était qu'un seigneur-lige certes inquiétant mais le genou au sol depuis si longtemps qu'il en était rentré dedans et ne pouvait plus s'en détacher. Alors qu'il considérait l'horizon étroit dans lequel il était encore pour un temps enfermé, le Seigneur tombé se sentit poussé des ailes. Peu lui importait alors que ces ailes soient celles de son ancien infiltrateur Sith ou celles d'un appareil plus pratique de la Confédération des Systèmes Indépendantes. De toute manière, cette option serait pour ainsi dire nécessaire s'il souhaitait quitter la planète et il le savait bien.

Il décida de se calmer et de ne s'intéresser qu'au moment présent. Il était nu comme un vert, ses organes déchirés se pressaient dans son corps rachitique dont il venait de retirer des intraveineuses salvatrices. La Force ne lui obéissait plus aussi loin qu'avant et son corps nouveau suivait bien sûr ce mouvement. Le rétablissement allait être long et passerait par des étapes successives sur lesquelles il devait concentrer toute son énergie. La première d'entre elle était la plus importante de toutes mais l'étape que tout homme oublie lorsqu'il n'a plus guerroyé depuis assez longtemps:sa survie immédiate. Et elle passait par le marché qu'il avait proposé au nouveau maître des lieux. Pris d'un nouveau vertige, l'ancien dirigeant de l'Empire en fuite se crut au pied de la « porte d'or » que l'Omega avait conceptualisé et qui se trouvait au bout du chemin infini en lequel consistait la voie Sith. Une porte bien réelle mais inatteignable puisque le chemin était fini. En d'autres mots, la porte qui ouvrait sur l'infini. Le Seigneur Sith cathar avait pourtant bien entrouvert cette porte lorsqu'il avait mis son maître en échec, sur Mustafar mais le pouvoir reçu n'avait suffi qu'à l'envoyer à l'échafaud puis à cette planète déserte dans lequel il avait perdu l'honneur et retrouvé la conscience. Cette fois, il était temps d'oublier la porte et ses mensonges pour continuer sans obstacles sur sa Voie. Il leva une patte calcinée, blessée, rompue à de multiples reprises et rendue froide par la proximité extrême de la mort et le climat de Korriban et accueillit en elle la main couverte d'écaille du Trandoshan. L'on parlait parfois de « pactes avec le diable » dans les écrits qu'il avait autrefois compilé pour les siens mais tous deux étaient bien conscients qu'il s'agissait là d'un pacte d'un tout autre genre entre deux béhémoths aux styles distincts. Le diable boiteux et sa langue de reptile d'un côté et le diable rouge dont le feu de la colère embraserait les poils roussi à jamais. La poignée fut courte mais intense et Darth Kovarn y imprima une pression assez faible non seulement par manque de force au vu de son état mais parce qu'au contraire de beaucoup des siens, il n'avait jamais été versé dans les luttes d'égo et les compétitions viriles qui, pour l'ignorant, sont le ciment de l'identité Sith. Sans plus tergiverser au contraire de son roleplayeur, le Déchu lâcha la main parcourue d'un sang glacial, trouva son équilibre entre le lit et son interlocuteur et toussa le sang qui lui restait dans les poumons. La voix éraillée de son cadavre conscient s'échappa de sa gorge asséchée.

- L'histoire des Sith est celle d'ombres luttant dans une mare de sang qui s'est élargie de plus en plus jusqu'à les noyer... Aucune de ces ombres ne comprenaient les autres, toutes étaient si opaques que l'Ordre ne s'est jamais tout à fait connu lui-même.. C'est pourquoi.. De lourds secrets ont pu traverser les âges en échappant à l'intelligence de tous, sauf certains élus... Je fais partie de ceux-là.. Je connais un secret qui vous intéressa grandement dans votre quête de muséographie de cette planète et de l'Ordre auquel elle a donné naissance...

Son regard se perdit dans l'horizon, rattrapé par les souvenirs et par un accès de faiblesse soudain dû à son manque de nutrition.

- Un ordre bâtard né de l'étrange union entre des esclaves trompés et des loups qu'on avait pris pour des chiens... Dans ces conditions, une hiérarchie stricte relevant de la sacralisation des leaders et des reliques était une idée.. stupide. Je suppose votre sagacité assez commune pour que le mot d' « holocron » ne soit pas un hapax à vos oreilles...

Il prit quelques secondes de repos pour observer la réaction de son interlocuteur et rafraîchir ses cordes vocales sclérosées.

- L'Ordre comptait plusieurs de ces reliques contenant des savoirs inimaginables que, bien sûr, beaucoup d'entre nous désiraient. Bien sûr, ce qui devait arriver arriva. Le plus prometteur d'entre nous, un petit prodige qui était appelé aux plus hautes distinctions choisit la voie de la facilité et du prestige. Il subtilisa ses holocrons, durant la Première Bataille de Coruscant. Son apprenti n'était pas de cet avis, et lui même avait déjà atteint une connexion à la Force que votre esprit ne saurait même conceptualiser. Aussi cet homme rassembla il une poignée de fidèles pour reprendre les holocrons au temple de Kashyyyk et mener une frappe préventive contre l'Ordre que vous connaissez. Cet homme s'appelait Slice et l'état-major Sith n'eut plus qu'une seule idée depuis ce jour fatidique : éliminer le traître et retrouver les holocrons.

Quinze ans plus tôt, le jeune Kovarn lui même faisait partie d'une des équipes lancées à la poursuite de Slice. Il avait été le seul survivant de cette escouade dont il avait dû supprimer les membres pour devenir l'apprenti de l'Omega et préparer l'avènement de l'Empire à ses côtés. C'était alors sa toute première mission ceint de la bure noire. Plusieurs éternités s'étaient écoulées depuis mais l'état de fatigue extrême dans lequel il se trouvait lui permettait de sentir de nouveau le brouhaha sourd des bas-fonds de Coruscant, le bruissement des quatre capes le long des murs et le sourire déterminé de ses camarades d'alors, bientôt passés sous ses griffes et le sabre de son maître. A cette époque, il n'avait pas encore de sabre de lumière. Désormais, il n'en avait plus. Le cycle s'était refermé et le monde était revenu à son point de départ, complètement transfiguré. Eadem sed aliter.

- Lors des derniers jours de l'Empire Sith, le spectre de Slice s'est levé de nouveau sur le temple de Kashyyyk.. Ce n'est pas Darth Kovarn qui a massacré l'entièreté des forces loyales à la philosophie Sith originelle. Je le sais de source sûre. C'est Slice et ses séides qui ont rasé le temple et l'académie et mené un autodafé avec tous les objets que vous désirez. Sources de savoirs, objets d'arts, témoins culturels et autres artefacts et archives.. Tout a disparu cette nuit là avec la vie des recrues massacrées et du Conseil Noir. Mais rien ne dit que tout a été détruit.

L'ancien Jen'ari devait contrôler chacun de ses mots pour ne pas verser dans la colère que cette nuit-là lui inspirait. Cette nuit-là, alors qu'il s'occupait de la Forge Stellaire, tous ses protégés étaient morts et tous les travaux qu'il avait mené avaient disparu sous les cendres ou dans les limbes. Lui seul le savait:c'est cette nuit-là que l'Empire Sith était mort. Les défaites de la Forge et la courte parenthèse de l'Empire en fuite n'avaient été que les soubresauts d'un corps privé de son esprit, de ses représentants sacrés. Son regard vitreux s'alluma de nouveau et il en jeta l'ancre dans l'iris tranquille des globes du reptilien.

- Si vous cherchez des reliques, des productions ou tout autre moyen concret de comprendre le passage des Sith véritables dans cette galaxie, c'est cet homme que vous devez trouver. Il mène un groupuscule que l'on appelle « le culte de Cypher ». Je ne l'ai pas vu depuis des années mais je suis certain qu'il est encore vivant.

Inutile de préciser que cette dernière entrevue avait été un combat acharné entre les deux rivaux, le traître rejeté et le maître incontesté d'un Ordre vénérable. Leur duel à mort avait commencé sur la Forge, et s'était éternisé dans un vaisseau fuyant le chaos d'un Empire en pleine explosion. Les deux hommes s'étaient même crashés sur un sol étranger, près de la gigantesque infrastructure, où ils avaient continué leurs combat jusqu'à l'épuisement. Aucun coup n'avait été porté depuis à la connaissance du Cathar. Mettre la Confédération sur la piste de l'encapuchonné au serpent était donc une attaque portée dans le dos. Un type de botte auquel l'ancien Empereur préférait ne pas recourir auparavant. Mais les choses avaient changé depuis. Il était mort.

- Trouvez Slice et vous dénicherez vos chances les plus concrètes de mettre la main sur l'objet de votre désir.

Les tentacules mentales du Seigneur déchu s'agitèrent autour de l'âme résiliente du trandoshan, naturellement résistant aux assauts des sensitifs. Comme des vers autour d'un fruit trop mûr, les créations du Diable poilu s'excitèrent pour soutirer du fantôme aux commandes des écailles une émotion, un frisson, tout tour de pensée qui aurait pu informer le Seigneur Sith des dispositions de cet adversaire immédiat qu'il avait dirigé vers un autre ennemi, plus latent. A sa propre surprise, l'accès d'énergie consommé par son recours à la Force n'accentua pas sa faiblesse et il se tourna vers l'entrée de l'abri médical en sondant les abîmes qui l'entouraient de ses yeux physiques et spirituels, unis dans un même regard.
Pour la première fois depuis des années, ce regard était chargé de vie. Le Jen'ari était prêt pour son retour. Mais son corps lui faisait encore défaut et il dût s'accrocher de nouveau à la paillasse qu'il venait de quitter, le monde s'écroulant de nouveau sous ses yeux...
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II Makashi II
Maîtrise Combat et Force : IV/V


Thème de Kovarn : Lament Of Aeon = http://www.youtube.com/watch?v=TMmH6pct_wM&feature=related ]
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Baron Rissk
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MessagePosté le: 20/09/2017 14:12:22    Sujet du message: You want it Darker [Retour] Répondre en citant

Le baron se sent traversé par une énergie des plus étranges lorsque la main du Sith vient serrer la sienne. L'espace d'un battement de cœur, il est grisé par des sensations multiples. Ses poumons se soulèvent. Le Trandoshan se sent investi d'un pouvoir immense... Si immense que son être est peu à peu happé par des ténèbres sans fin. Et avec vient un froid mordant, et une douleur des plus atroces. Est-ce donc cela la Force ? Serait-ce là une énergie puissante mais dévorante ? Est-il possible, tout du moins, d'être consumé entièrement par cette entité relevant du surnaturel ? Rissk brûle d'envie de poser des questions au Cathar, tout comme il brûle d'envie d'entrer à nouveau en contact avec lui. Il ne s'était jamais senti aussi puissant auparavant... D'intenses frissons viennent parcourir son corps recouvert d'écailles.

Et il imagine que cela n'est qu'un léger aperçu de ce que le Sith peut faire... Peut-être même qu'il ne le fait pas consciemment. Peut-être que son être entier est fait de ténèbres... Peut-être qu'il ne se dégage de lui qu'ombre et obscurité. Bien loin d'être effrayé par cette découverte saugrenue, le lézard bipède semble presque fasciné. Les utilisateurs de la Force ont toujours eu quelque chose d’intrigant... Il y a a une pointe de mystère en eux qui forcent les gens à se méfier de leurs intentions, aussi nobles peuvent-elles être. C'est ce fait précis qui attire le T'doshok. Percer les mystères des Sith est en outre bien plus qu'un objectif à ses yeux, c'est l'accomplissement d'une vie. Il n'est pas sensitif, ou peut-être l'ignore t-il, mais cela ne l'empêche en outre pas de s'intéresser aux secrets de quelques civilisations obscures basées sur l'adoration ou la domination de cette entité mystique qu'est la Force.

Lorsque l'autre daigne enfin parler du sujet qui intéresse tant notre baron, ce dernier semble boire avec une avidité toute particulière tout ce qui sort des lèvres du Sith. Il retient mentalement tout ce qui pourrait lui servir. Temple de Kashyyyk... Slice... Darth Kovarn... Culte de Sypher... Sans oublier les holocrons, mentionnés à plusieurs reprises. Ces artéfacts sont très prisés des archéologues et des collectionneurs, du fait de leur rareté et des précieuses connaissances qu'ils peuvent renfermer. Rissk avait eu l'occasion d'en étudier un de près, lorsqu'il était encore sur Coruscant. Mais il n'était pas parvenu à comprendre son fonctionnement et n'avait de ce fait jamais pu l'ouvrir. Peut-être que son mystérieux collaborateur pourrait l'aider à éclaircir cette affaire... Mais quelque chose, probablement son excellente intuition d'escroc notoire, semble lui dire que son ami Cathar ne lui révèle pas tout. En fait, il se contente de rester vague, comme s'il cherche à ne pas dévoiler tout ce qu'il sait au baron... Peut-être qu'il essaie de gagner du temps, de ne pas griller toutes ses cartouches d'un coup. Peut-être même qu'il cherche à l'éloigner de Korriban et des trésors qu'elle garde en son sein, en lui offrant de vagues pistes à poursuivre. Le Trandoshan pourrait probablement lui tirer les vers du nez, lui arracher les moindres secrets, afin d'être sûr que son comparse ne lui cache rien, qu'il ne cherche pas à l'arnaquer. Battre la chair, la fouetter jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une bouillie pendante et brûlante à un corps privé de toute volonté… Un “exercice” que le lézard bipède connaît presque aussi bien que les officiers des renseignements chargés de récupérer des informations. L’espace d’un instant, l’idée le séduit à nouveau. Il serait presque tenté de renoncer à sa parole donnée pour s’amuser avec le pauvre et fragile Sith. La Force est puissante en lui, indéniablement, mais que pourrait-il faire, les mains et les pieds liés, contre des outils affûtés et les lames tranchantes ?

C'est une question qui mérite d'avoir une réponse... Mais quel être imbécile et abject serait-il s'il refuse de tenir sa promesse ? Non. Il a besoin d'un "ami" ayant des connaissances dans les arts obscurs, afin de mieux les comprendre. Ce n'est donc pas avec ce Sith que le Trandoshan ferait de sombres expériences. Non... Il va se contenter des maigres informations pour le moment, et voir où cela mène. Et si s'il s'avère qu'il n'est pas rassasié, ou satisfait partiellement, alors peut-être qu'il reconsidèrerait ces idées alléchantes et malfaisantes qui lui passent en tête de temps à autre. C'est donc en affichant un sourire des plus carnassiers qu'il reprend enfin la parole.


- Je vous remersssssie pour ces pissssstes intéresssssantes mon ami. Vous avez tenu votre parole... Je tiendrais donc la mienne. Mais ne vous levez pas. Votre sssséjour sur Korriban a visiblement eu raison de vous, et il vous faudra recouvrer vos forces en resssstant au repos...

Parler de la sorte à un Sith est quelque chose d'étrange. C'est comme dire qu'il est faible et que même le Côté Obscur ne peut rien y faire. Peut-être que la Force n'est pas toute puissante après tout, peut-être qu'elle a ses limites elle aussi. Mais là n'est pas le sujet. Faire passer l'étranger Cathar pour un individu de la colonie blessé et affaibli est le meilleur moyen de le faire sortir de Korriban. Et ceci sans éveiller de soupçons.

- Oui... Resssstez donc couché. Cela nous permettra de vous évacuer plus facilement... Reprend le baron en lâchant un sifflement qui pourrait s'apparenter à un rire. Il se tourne ensuite vers l'un de ses deux gardes du corps métalliques. Toi là, va me chercher deux ou trois gaillards assssssez forts pour transporter ce lit !

/- A vos ordres./ Parvient à articuler l'automate d'une voix synthétique.

Il revient quelques minutes plus tard à la tête d'une petite troupe. Le lieutenant Mors est le premier à entrer dans la tente. L'odeur du tabac froid vient chatouiller ses narines et c'est donc en fronçant légèrement les sourcils et plissant les yeux qu'il se présente au Trandoshan. Peut-être que le soleil tape toujours aussi fort dehors et qu'il lui faut prendre le temps de s'habituer au changement de luminosité... L'officier séparatiste prend le temps de déboutonner sa veste, reniflant doucement en jetant un coup d'oeil du côté du Cathar. Visiblement, la chaleur est quelque chose qui ne réussit pas à notre homme.

- Vous avez pu en tirer quelque chose Monsieur ? Il n'a pas l'air très en forme... Demande alors Mors en s'approchant du blessé en question.

- Il n'a pas été très bavard hélassssss. Je ne lui ai arraché que des quintes de toux. Ment avec une aisance naturelle le baron. Il sssssera bien plus utile lorsqu'il aura été sssssoigné convenablement. Je demande son transssssfert sur Géonosis.

- Vous avez vu avec le Doc' ? Continue le lieutenant.

- Pas besoin de voir avec le médecin vu ssssson état préoccupant. Vous l'avez consssstaté vous-même. Je ne tiens pas à avoir la mort d'un des miens sur la consssscience. Il sssssera donc soigné sur Géonosis avec les meilleurs ssssservices médicaux disponibles. Peut-être qu'ensuite, il pourra nous livrer des détails utiles sssssur l'attaque. Siffle le Trandoshan, qui commence à perdre patience.

- Bien Monsieur. Je comprends... Allez les gars ! On se charge de le transporter jusqu'à la navette du sous-préfet ! Ordonne finalement Mors en s'emparant d'un des pieds du lit de fortune.

Trois autres soldats, probablement tout ce qu'il y a d'organiques dans l'armée séparatiste déployée au sol, viennent aider l'officier dans sa tâche. C'est sous une chaleur accablante que le Cathar est transporté jusqu'au vaisseau ayant débarqué le baron et ses deux sbires. Le transport est un classe Sheathipede légèrement modifié afin de permettre à ses utilisateurs de passer en hyperespace, ce qui n'est pas permis avec les modèles standardisés. Le Sith pourra donc bénéficier d'un confort digne des plus grands dirigeants séparatistes, puisque le vaisseau dispose également de son propre salon privé. Les militaires, une fois leur mission accomplie, retournent vaquer à leurs occupations, non sans avoir au préalable salué le sous-préfet.

D'un simple geste de la main, le Trandoshan fait comprendre à ses gardes du corps automates de sortir du vaisseau afin de s'assurer que personne ne vienne les déranger. Enfin seul avec son mystérieux collaborateur, il peut se permettre de lui fournir de précieuses informations.


- Ce vaisseau disssssspose d'un laissssssez-passssser. Il ne ssssera en outre pas fouillé ou intercepté par les forces en orbite. Je vous consssssseille d'attendre un peu toutefois avant de vous en prendre à l'équipage droïde... Ajoute Rissk en esquissant l'ombre d'un sourire sur ses babines. Un canal de communication ssssssera laissé ouvert, sssssur lequel sssseront laissés des messages codés à votre intention. Vous pourrez ainsi être informé et venir récupérer votre qu'il appareil en temps voulu... Et nous asssssister si cela vous tient à cœur... Bon voyage à vous. Nous nous reverrons bien asssssez tôt.

Le lézard bipède part donner ses instructions aux deux pilotes droïdes de la navette puis descend en affichant sur son visage un sourire des plus triomphants. Oui, cela est définitivement une bonne journée, malgré les apparences désastreuses. Il se moque bien au final de savoir si la colonie entière a péri. Elle n'est qu'un sacrifice nécessaire pour accomplir quelque chose de plus grand. Bien sûr, Rissk ferait en sorte que ce sacrifice ne soit pas vain, il leur rendrait hommage, afin de montrer qu'il n'est pas un monstre sans cœur... Et alors que le transport décolle en dégageant un épais nuage de poussière, le reptile s'enivre des cliquetis des armées droïdes.

Il ne quitte des yeux la navette que lorsqu'elle est assez éloignée dans le ciel. Il lui faut désormais réfléchir à comment mettre en place ses projets. Il lui faut trouver le moyen de mettre en marche la machine... Et il lui faudrait aussi trouver l'identité de ce mystérieux Sith, même s'il a bien une idée de qui il peut s'agir. Après tout, s'il s'avère que les informations sont bidons ou erronées, quelqu'un devra bien se charger d'en fournir de nouvelles... Et quelque chose lui dit que les renseignements offerts par le Cathar fournissent également son identité. Le T'doshok prendrait sûrement le temps de réfléchir à tout ça en profitant d'un bon cigare et d'un bon verre de whiskey corellien. Si toutefois il parvient à trouver quelques gouttes de ce liquide de qualité ! Il aurait peut-être dû songer à vider le bar avant de remettre à ce Sith le transport qui l'avait conduit jusqu'ici...

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MessagePosté le: 21/11/2017 05:24:37    Sujet du message: You want it Darker [Retour]

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