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Intronisation d'une déchue

 
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Anastasia
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Inscrit le: 28 Déc 2016
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MessagePosté le: 10/05/2017 16:04:51    Sujet du message: Intronisation d'une déchue Répondre en citant

Chez les jeunes gens, l'amour est le plus beau des sentiments, il fait fleurir la vie dans l'âme, il épanouit par sa puissance solaire les plus belles inspirations et leurs grandes pensées: les prémices en toute chose ont une délicieuse saveur. Honoré de Balzac


Toute juste élue, il n’était pas l’heure pour moi de chômer. Mon élection d’hier soir avait été pour le moins assez surprenante et les résultats me montrer que mon idéologie avait plu. Il ne me restait plus qu’à commencer à me mettre au travail. Levée dès que l’aurore pointa le bout de son nez, je m’étais rendu tôt dans la salle du conseil dirigeant afin de fixer les grandes lignes politiques de mon octennat. Bien que je ne fusse pas encore officiellement en fonction –ce qui ne serait plus le cas à partir de demain- certaines tâches devaient être réglées. Tout, d’abord, il me fallait déposer la composition de mon ministère que j’avais déjà préalablement organisé avant de revoir les grands points sur la politique à mener.

Si autrefois, le Roi eut eu les pleins pouvoirs dessus, la vice-reine Ridinia avait réformé le système de telle sorte qu’il soit plus en lien avec le peuple alderaani et lui donna d’une certaine manière plus de pouvoir au peuple. Ainsi, non contente d’avoir démocratisé le choix du vice-roi, elle avait également offert à ce dernier de nombreux pouvoirs supplémentaires qui rendaient les lignes assez floues entre le rôle du souverain et de son suppléant. Ainsi, le roi bien qu’influent ne possédait plus qu’en théorie le pouvoir exécutif ainsi qu’un droit de Veto. Toutefois théorie et réalité ne sont pas des parallèles et leurs sécantes ne peuvent aboutir en de simples mots vides qui sont censés guider des actions. Sans grande surprise, la réunion ne s’éternisa point.

Les programmes sociaux, éducatifs, les réformes de santé ainsi que la gestion économique –à quelques points près- allaient conserver leurs trajectoires actuelles sans dévier. La seule véritable rupture se ferait dans le domaine de la diplomatie, toutefois, ce sujet ne fut que relativement peut aborder. Il était certain que le roi Organa était soucieux de l’avenir de la planète aux grands lacs cristallins. Sa décision, il l’avait certainement déjà prise en m’accordant de participer à ces élections. Toutefois, j’en étais persuadée, les hautes sphères du pays ne voulaient pas se tarder à rester dans le navire chancelant que je m’apprêtais à diriger. Après tout, l’ingérence de Tyria et de l’OPNA avait placé Alderaan dans une situation des plus incommodes dans le domaine de la diplomatie et il était probable que d’autres planètes nous raillent pour les erreurs commises. Avec un peu de malchance, ces gouailleries se feront ressentir au Sénat lorsque nous y retournerons... Il ne tiendra qu’à moi de me jouer de ces persiflages pour en tirer un quelconque avantage.

Mais pour l’heure, mes desseins étaient attirés par quelque chose de bien plus primaires que ces joutes politiques à savoir ce que je mangerais ce midi. Sachant que je ne pouvais rentrer chez moi puisque certaines personnes s’amusaient à vérifier les normes de sécurité qui n’étaient clairement pas respectées, j’allais certainement devoir déménager je ne sais où, ce qui était assez contraignant.

J’appréciais particulièrement le voisinage avec qui j’entretenais de cordiales accointances. Sans aller jusqu’à aborder le terme de fraternité ou de famille qui sont à mon sens des mots avec une charge émotionnelle forte, ils étaient de bons camarades. Eux se souviendraient de moi mais moi… Je le savais pertinemment, mes nouvelles fonctions, l’indéniable hémorragie du temps ainsi que mon impuissance à me rementevoir chaque instant de mon passé effaceraient petit à petit ces visages aux traits familiers en faisant sombrer leurs identités dans l’intime arrière-fond qu’était mon subconscient. De cette fatalité je ne pouvais et ne pourrai jamais me séparer. Résister . Pour s’épuiser vainement. Une futilité !
Suivi de loin par trois des agents chargés de ma surveillance, je descendais les escaliers ivoirés lorsqu’une voix plutôt familière me surprit.

- Je ne vous pensais pas aussi pressée à vous décaniller du Palais-royal. Il faudra pourtant vous y faire. Vous risquez d’y passer beaucoup de temps à mon humble avis.


Je tournais ma tête pour jetait un rapide coup d’œil à mon interlocuteur afin de confirmer ma pensée première. Le jeune héritier de la famille de Manzène: David. Et quand je pense jeune, c’est par rapport à la moyenne d’âge du conseil dirigeant qui doit avoisiner entre quarante-cinq et cinquante printemps. Si je gardais bonne mémoire, il devait avoir un peu plus d’une trentaine d'années. Il était par ailleurs actuellement le plus jeune membre du conseil de noblesse du fait du poids non négligeable de sa famille. Sa mère décédée il y a à peine quelques mois à l’âge de soixante-quatre ans, veuve et cadets d'une fratrie aujourd'hui disparue, elle s’était éteinte et avait une place vacante que son fils avait dû récupérer. Le dernier représentant d’une famille en perdition qui possédait encore une rayonnante influence ce qui rendait la situation assez cocasse.


David de Manzène


Néanmoins, je n’avais pas de temps à perdre et continuais à traçer mon chemin en prenant un ton cassant :

- Comme vous l’avez dûment vous-même remarqué et énoncé, je suis attendue.

Promptement, je me mis à marcher plus vite, toutefois, le noble semblait avoir une cadence plus rapide que la mienne et ne mit que quelques secondes à me rattraper pour marcher à mes côtés. Je laissais intentionnellement mon regard ne se portait ailleurs que sur mon contradicteur.

- Allons, vous n’allez pas ostentatoirement me faire croire que vous êtes d’ores et déjà débordés par des fonctions auxquelles vous n’êtes pas encore en possession.


Jetant un rapide coup d’œil, je pouvais apercevoir de manières plus distinctes les vêtements que portais mon interlocuteur et je ne pouvais renier une certaine vérité : il avait un certain gout.

- Sans vouloir me montrer impudente damoiseau de Manzène, demain a lieu la cérémonie qui m’intronisera en tant que vice-reine et je me dois de me préparer comme il se doit.


Continuant à accélérer le pas afin de me débarrasser de cet orchidoclaste, il ne semblait vouloir me lâcher la grappe.

- Allons allons, vous n’allez pas m’usurper comme cela. Vous n’êtes pas de cette trempe qui prépare ces débats en avance pour faire un joli petit récital. Ou alors auriez-vous osez mentir à tout ce joli monde qui s’esclaffait de votre victoire en disant que vous incarniez le changement.

Si ce bonhomme cherchait à me faire fulminer, il allait y arriver.

- Vous me semblez bien outrecuidant et fier. Venez-en au fait avant que je ne perde ma placidité ainsi que ma courtoisie.

Mon regard plus sévère transperça le sien et sembla égratignait quelque peu son juvénile enthousiasme, toutefois son sourire persévérait à résister à mon impassibilité telle une galanthus nivalhis outrepassant l’abus de la froideur hivernale pour s’épanouir.

- Je n’ambitionnais pas de vous désabuser par mon impertinence. Veuillez m’excuser mademoiselle de Valiesky…

D’un ton sec je le repris :

- Arrêtez avec toutes ces fâcheuses politesses encombrantes appelez-moi Anastasia. Cela permettra de nous éviter certains heurts.

Je pouvais observer sur son visage de la stupéfaction ainsi qu’une légère pointe de malice que ses yeux plutôt charmants trahissaient :

- Serait-ce un privilège dont vous me faites-présent?

De nouveau je le coupais dans son élan :

- Que nenni ! Vous n’êtes nullement pourvu d’une quelconque grâce de ma part. La lourdeur du protocole que nous impose la cour Alderaani est d’une telle rudesse. Je compte manifestement m’atteler à changer cela !

Cette estocade finale n’avait que pour unique but de démentir à mon interlocuteur l’erreur de jugement qu’il avait effectué en arguant que je n’étais qu’une banale politicienne comme les autres. Mon idéal de changement était bien fondé et je comptais bien arriver à mes fins. Je ne laisserais personne m’immiscer dans mes affaires dans le but de me mettre des bâtons dans les roues. Avoir la gêne de démanteler l’OPNA était déjà un frein suffisamment important pour devoir gérer certains problèmes byzantins.

Nonobstant mon escarmouche, et malgré la surprise qu’il ne semblait point vouloir dissimuler, mon devancier semblait plus béat qu’au départ de notre causerie. Ce qui était quelque peu surprenant et j’oserais même dire que cette négligence me heurta un chouia. Il reprit parole non sans une nouvelle assurance que gageait un large sourire qui dévoila une denture des plus reluisantes.

- Veuillez m’excuser demoiselle Anastasia, j’ai ignominieusement laissé une œillère prendre l’ascendant sur mon équité. Néanmoins, je souhaitais que vous preniez connaissance de cet acte à savoir que vous possédiez un plausible allié de choix au sein du conseil dirigeant. J’aurais apprécié savoir si vous comptiez demain soir m’autoriser acte d’être votre cavalier lors du Bal du crépuscule de demain soir.

Cette proposition qui semblait s’être damasquiné lors d’un simple échange semblait si incongrue. Je pouvais sentir mes joues se réchauffer et subir l’affreux picotement des jouvencelles rougeurs qui s’éprenait de ma douce chair. Mon cœur sous l’effet de la surprise se mit à battre plus vivement tandis que mes yeux perdaient peu à peu la vision du monde qu’ils pouvaient percevoir. Prise à mon propre piège de « l’honnêteté », je ne pouvais convenablement pas invoquer les vertus du protocole. Etait-ce l’objectif qu’il recherchait ?

Le sauvetage de cette noyade ? Je ne le devais qu’à une personne -ou plutôt à un visage autrement plus familier et amical que celui de mon interlocuteur- et à la salutaire intervention de cette chère Andromèda Gilliard.


Andromèda Giliard


- Mademoiselle la vice-reine de Valiesky, il me semblait que nous devions nous voir il y a une bonne moitié d’heure déjà. Vous êtes terriblement en retard.

- Veuillez l’excuser, madame, c’est éperdument de ma faute si la vice-reine a mis à rude épreuve votre patience. Je m’en vais vaquer à des occupations personnelles. Sachez également que ma proposition tient toujours. Sur ceci, je vous souhaite une agréable après-midi.

De justesse, je parvins à laisser s’échapper un discret «au revoir » avant de le voir s’éloigner. Toutefois, l’accalmie ne fut que de courte durée puisque je pouvais entendre un léger ricanement de celle qui autrefois me sauva la vie en menaçant sa propre survie.

- Tu as beaucoup de chance que ta garde du corps Hoffman me connaisse. Sinon tu aurais été dans un beau pétrin… puis mis au four pour finir toute cuite.

- Rhoo c’est bon, je contrôlais parfaitement la situation jusqu’à ce que tu arrives hein !

- Il est vrai que ton visage proche de la couleur d’une tomate connotait cela. Te manquait plus que la cape pour avoir l’air d’une super tomate.

Si cette phrase pouvait paraître incompréhensible et totalement farfelue, elle provoqua en mon être un large soupiré qui se suivit par un léger rire ce qui eut pour effet de me détendre.

-Cela fait plaisir de voir que malgré tes rides tu es reste prompt à faire de l’humour.

- La mamie elle savait gérer les conquêtes amoureuses elle a ton âge ! répliqua-t-elle sur le ton de l’humour.

- Ohhh mais c’est bon… j’ai compris… tu veux des remerciements pour m’avoir tiré de ce mauvais pas. Eh bien je te remercie de ton action salvaltoire ! Contente ?

Affichant un sourire en coin narquois, et sous ses traits relativement bien conservés, elle hocha la tête d’un air satisfait.

- Bon, en attendant, nous papotons, mais ton estomac doit être bien vide. Tes gardes du corps ont déjà pris possession de ma demeure et ont insinué qu’elle n’était pas assez sécurisée pour te recevoir. Nous allons donc devoir nous rabattre sur un restaurant.

Toujours en pleine forme, Andromeda était une echani dont la famille servait depuis près de deux centenaires la famille Valiesky. Aujourd’hui dernière descendante de la lignée Gilliard, elle savait qu’elle avait échoué à assurer la continuité du dévouement de son fils et sa fille qui étaient retourné sur Eshan pour suivre leurs propres destins alors que mon âge ne pouvait se compter en année. J’étais certaine qu’elle s’en voulait de ne pas avoir réussi sa « tache » qui pouvait sembler démente aux yeux de certains, cependant, je savais également qu’elle ne voudrait jamais l’avouer et que lui en parler m’obligerait à appuyer sur une plaie toute juste cicatrisée. J’avais connaissance que son ancêtre fut sauvé par la « céleste » intervention de mes aïeux et que depuis, les Gilliard étaient devenues de fervents alliés. Toutefois, je ne pouvais accepter de voir des personnes travailler pour moi s’ils ne le désiraient pas et de ce fait, je n’étais pas désireuse de les soumettre.

Approchant de sa septième décennie, la sexagénaire marchait toujours avec autant de vigueur. Si les rides avaient en effet creusé les traits de son visage qui semblait autrefois si lisse, la jouvencelle étincelle de ses yeux bleus était encore là. Sous ces airs de femme âgée et avec une tenue plutôt traditionnelle, il serait difficile de se douter qu’une ardente guerrière aux réflexes impressionnants se cachait sous cet apparent voile. Une jeune femme telle que moi –pourtant dans la fleur de l’âge- se retrouverait bien vite immobiliser au sol sans moyens de riposter si je venais à agresser celle qui fut mon mentor. D’autant plus que sous ces airs de « mamie gâteau », se cachaient une personne avec une rigueur de vie importante la rendant difficilement cernable.

Implacable dans l’éducation qu’elle m’offrit, n’allez pas croire qu’autrefois elle et moi échangions sur un ton aussi personnel que celui-ci. Si je gardais bonne mémoire, elle se divertissait de changer du tout au tout de discours passant ainsi d’un registre de roturier à celui de la noblesse. Et autant dire qu’évitait le coche vous obligez à recevoir un saumâtre tribut. Toutefois, sa rigide éducation -bien que parfois déplaisante avouons-le- fut des plus instructives et sans cette assistance, je n’aurais au grand jamais pu devenir la personne que j’étais désormais aujourd’hui. Il était également important de souligner qu’à par le fait –que je considère comme ridicule- de devoir servir la famille de Valiesky, Andromèda aurait pu partir loin et ne pas s’enticher de la miséreuse graine que j’étais, pourtant elle ne l’avait pas fait. D’autant plus que malgré sa sévérité avérée, elle n’avait jamais tenté de faire de moi une autre personne que celle que j’étais. Si elle ne montrait pas son affection de manière ostentatoire –ce que je lui avais reproché à de nombreuses reprises dans ma jeunesse-, elle était toujours venue m’offrir une béquille lors des coups durs et ce même lorsque je la rejetais… Penser de nouveau à ces souvenirs me faisait le plus grand bien, non pas parce que le passé me rendait mélancolique, bien qu’il pût m’arriver de ressasser de soigneux passages de mon enfance qui déversaient en ma chair une harmonieuse et fugitive nostalgie qui passait puis repartait dans de dorés silences mais plutôt parce que je pouvais me dire qu’au final, je n’avais pas vécu une vie si terrible que celle que mon égocentrisme pourrait prétendre avoir.

Montant dans mon véhicule de fonction officieux en laissant par courtoisie ma mère d’adoption me devancer, celle-ci dut retirer sa large coiffe afin de ne pas l’abimer. S’installant à ma droite, je m’assis sur le siège arrière gauche. Quelques petites secondes s’écoulèrent avant que le véhicule ne démarre et parte pour une destination que je ne connaissais pas. Contemplant brièvement l’environnement que me laissait percevoir la fenêtre de l’engin, je questionnai ma compagne :

- Puis savoir où comptes-tu nous emmener déjeuner ?

- Allons allons, tu es toujours aussi impatiente Nastya… tu le sauras bien assez tôt. D’autant plus que tes surveillants semblent assez restrictifs quant au lieu où je pouvais t’emmener. Depuis mon départ des grandes villes pour le bon air de la campagne nous avons rarement l’occasion de nous croiser et je pense que cela ne s’améliorera pas avec le temps qui s’écoule.

- J’imagine bien…

- En tout cas, je souhaitais te féliciter de ta nomination en tant que Vice-Reine. Après les nombreuses années d’éloignement de la cour que tu as subie, tu as enfin réussi à reprendre les rênes de la destinée de la famille de Valiesky. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que le prestige ne revient couvrir les effarantes comptines de ton passé. Tu peux être fier de toi. Il ne te restera plus qu’à trouver les marauds qui ont jetaient la déchéance sur ta famille.

Son ton qui semblait être empreint de quiétude au départ sembla se durcir tout en amenant une pointe d’amertume. D’un ton doux et chaleureux je lui répondis avec un sourire sincère :

- Tu n’y es pour rien. C’est ainsi et fâcheusement, nous n’y pouvons rien. Nous n’avons aucunement le pouvoir de retourner dans le passé pour découvrir la vérité. Il nous faut continuer à regarder devant afin de garder le cap. Il est préférable de la laisser là où elle repose. Essayons de ne pas nous remémorer ces lointains instants qui gâcheraient notre rendez-vous.

Avais-je abandonné ? La réponse était simple et concise… cependant, je savais pertinemment qu'Andromèda poursuivrait son enquête qui trépignait depuis des années. En aucun cas, elle n’était responsable de la déconvenue que ma famille avait subie. Si je ne faisais pas mine d’abandonner, elle ne le ferait pas non plus. Ce mensonge qui pouvait semblait cruel n’avait que pour but de la protéger. Et si mes talents dans l’art de la duperie n’étaient pas excellents, à force de répéter dans ma tête ce poison, j’avais finit par y croire moi-même. Les quelques recherches que j’avais menées de mon côté n’avaient rien donné. Même si je continuais à m’accrocher à ses espoirs illusoires, je savais qu’il était préférable de tout lâcher… pourtant une mystérieuse force en moi œuvrait et m’empêchait de m’échapper de ce clavaire... Chassant ces moribondes pensées afin de ne rien laisser transparaître je la fixais innocemment.

- Vous avez raison, excusez-moi mademoiselle la vice-reine. Cette impromptue déferlante d’énergie négative n’était pas digne de vous. Je serais plus rigoureuse quant à mes démonstrations d’états d’âme qui ne regardent que ma personne et qui provoquent ainsi une situation malaisante.

- Ne vous en faites pas, cela arrive à tout le monde de se laisser déborder par ses émois lors d’un moment de quiétude. Nous ne sommes pas des êtres parfaits, nous connaissons tous des moments de faiblesse.

Comme elle aurait pu le faire lorsque je n’étais encore qu’une jeunette, elle changea son registre de langage pour vainement tenter de me déstabiliser, toutefois, aujourd’hui la personne que j’étais était préparée à affronter ce genre de situation et d’autant plus clairvoyante. Je n’étais pas dupe à la critique de ma compagne qui devait certainement penser que mon espoir politique avait remplacé mon passé…

Quelques minutes supplémentaires s’écoulèrent avant que nous atteignîmes le dit restaurant qui se situait dans les quartiers de la haute noblesse. Continuant à converser dans un langage fleuri, nous tergiversâmes de choses sérieuses et d’autres moins. Les somptueuses délices qui défilèrent devant nous furent des régals autant pour nos pupilles que nos papilles. Plusieurs personnes reconnurent en ma personne la future vice-reine et en quelques brefs échanges m’offrirent leur un soutien affiché. Puis vint le moment de l’addition qui fut un frivole moment de tension pour savoir qui la payerait. De cette vulgaire escarmouche je sortis lamentablement perdante contre ma comparse. L’addition fut salée par rapport aux ressources économiques dont disposait Andromèda mais celle-ci déclina toutes mes offres pour la rembourser prétextant qu’on risquait de ne plus se voir avant une longue période. Néanmoins, après une certaine insistance de ma part, je pus obtenir le droit de la conduire jusqu’à sa chaumière qui était excentrée d’Aldera. Après un affectueux au revoir et une accolade je repris la route de ma chambre d’hôtel attribué le temps que l’on me retrouve un nouveau logis répondant aux normes de sécurité en vigueur. Je me devais de préparer un minimum mon discours du lendemain qui sera à n’en point douter le gage de ma conduite future et qui marquera la première action de ma prise de fonctions. Autant dire que je comptais prendre un départ en trombe !
_________________________


La douceur triomphe de la dureté, la faiblesse triomphe de la force. Lao-Tseu



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MessagePosté le: 10/05/2017 16:04:51    Sujet du message: Publicité

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