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L'adieu aux racines

 
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Rylen Korr
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 15/04/2017 00:33:16    Sujet du message: L'adieu aux racines Répondre en citant

Cette nuitée était illuminée par 1 000 feux aussi réchauffants que l'étoile du système d'Endor. Torche après torche, les lumières semblaient tracer un chemin à suivre parmi les innombrables passerelles du village Naa'fruu. C'est donc avec une logique infaillible que les habitants de la tribu qui y vivait et qui en portait le nom suivirent tout naturellement cette route artificielle dans l'obscurité ambiante de l'ancestrale forêt qu'ils aimaient vénérer au quotidien. Un à un, ils se retrouvèrent finalement tous sur ce qu'on appelait couramment dans leur langue la "place centrale", ce lieu à partir duquel l'on avait construit et étendu le reste du village et qui était devenu avec le temps le cœur de leur vie autochtone.

Une place centrale qui avait été en quelque sorte le berceau de leur tribu, le cœur d'un organisme qui en avait forcément besoin pour vivre et qui ne pouvait s'en passer. Toute vie avait une origine, et celle de la tribu Naa'fruu se trouvait ici. Il était donc intéressant de constater que pour la cérémonie qui s'y tenait actuellement, l'on célébrait non pas une naissance mais une mort certaine : c'était les adieux aux guerriers Ewoks qui partaient à la guerre pour y succomber, inévitablement. La fameuse cérémonie de départ durant laquelle on mettait au premier plan, une dernière fois, ces valeureux combattants qui partaient dans une aventure meurtrière afin de sauvegarder leur civilisation et de garantir la survie de leur peuple.

Le soleil n'était toujours pas levé. Il ne sortirait de sa demeure que dans plusieurs heures encore. L'instant était donc idéal pour débuter les courtes festivités d'adieu en l'honneur de l'expédition prévue ces prochaines semaines. Adultes, enfants et anciens étaient réunis afin mener le rituel traditionnel en pareille situation. Celui-ci n'avait toujours pas débuté car l'on attendait encore de nombreuses personnes participantes -notamment les représentants de l'Ordre Jedi- et bien qu'ils soient étrangers aux coutumes locales, ils avaient le droit aux mêmes bénédictions grâce à leur statut d'alliés. Eux-aussi, ils avaient leur place sur le panthéon des héros. Et dans plusieurs mois, l'on réciterait leurs exploits à l'oral dans de nouveaux contes nocturnes qui feraient tant rêver les aventuriers Naa'fruu. C'était comme ça que se transmettait la mémoire du peuple Ewok depuis des générations et des générations.

Cette courageuse troupe allait-elle remplacer dans le cœur des autochtones la légende du Ewok Solitaire ? Était-elle même vouée à devenir aussi glorieuse que les célèbres protagonistes de la Bataille des Trois Sommets ? Seuls les actes de ces braves personnes allaient avoir un impact sur les récits qui en découleraient.

Actuellement, ils en étaient au 1er chapitre, celui du départ.


- ... et combien serons-nous en tout, Maître ? demanda le jeune Chevalier, curieux et insistant, à son compère de l'Ordre.

Certain d'avoir omis plusieurs participants à la quête, celui à qui la question fut destinée préféra recompter à voix haute le total final. S'aidant de ses gros doigts verts pour son calcul, il n'aurait pas dit non à une autre compagnie actuellement : celle du jeune -et fraîchement promu- Jedi était quelque peu fatigante.

- Hem... Chitupa m'a parlé de 11 guerriers Ewoks. De notre côté, le Conseil a accepté l'envoi d'un Maître -moi-, de deux Chevaliers et de trois jeunes Novices. Trois soldats clones font également partie du voyage. Ce qui nous fait... voyons voir... Le Gungan compta une dernière fois dans sa tête avant de répliquer, 11 plus 6 plus 3... Nous serons 20 ! conclut-il en arborant un fier sourire de victoire, ravi d'en avoir fini avec cette discussion si lassante.

Le Chevalier Hotar ne pipa mot pendant quelques instants, laissant croire au gros Gungan qu'il en avait fini avec ses questions à répétition. C'était se fourvoyer sur la personnalité du jeune homme qui insista une énième fois !

- Maître. Est-ce une bonne idée d'envoyer des Novices sur cette quête ? dit-il avec son regard si frais et naïf à la fois.

- Ça te fera des compagnons de voyage pour parler, jeune idiot !

Hotar était habitué à ces répliques cinglantes venant du vénéré Maitre Nass. Il se jura de tout faire pour rendre cette quête la plus invivable possible à l'égard du natif de Naboo. Après tout il n'y avait pas été convié pour rien ! Nass ne l'avait pas explicitement dit, mais Hotar savait pertinemment que les Jedi présents auprès des Ewoks pour partir en expédition avaient été proposés directement par le spécialiste Gungan du Soresu.

Mis à part deux d'entre eux qui avaient été, disait-on au sein du Sanctuaire, demandés par le Chef Chitupa en personne, le leader des Naa'fruu. Hotar avait une idée de qui il s'agissait; les derniers évènements ne laissaient aucune place au doute.

En attendant, les nombreux Ewoks présents -aucun ne manquait à l'appel, ce qui rendait la cérémonie exceptionnelle et remarquable- commençaient à se mettre en place sur la place centrale. Actuellement, l'heure en était aux embrassades, aux accolades et aux au-revoir. Et très étrangement, il n'y avait que très peu de tristesse dans les yeux de ces charmants autochtones. C'était une joie collective, la célébration d'un acte tout à fait normal et bénéfique pour la communauté. Au delà du départ à l'aventure qui était vu comme un acte de bravoure inouï pour ces petites boules de poils qui craignaient -autant qu'elles admiraient- la réalité sauvage de leur lune, c'était la consécration d'une existence, l'issue de toute une vie faites d'histoires et de contes.

Ils allaient marcher sur les pas de leurs plus illustres aïeux, et tenter de réaliser une action qui n'avait pas été réalisée depuis des lustres : réunifier les tribus Ewoks afin de chasser l'envahisseur Sanyassan d'Endor.


- Je pense que la Force nous amène à réaliser cette quête aux côtés de nos alliés. S'ils se réunissent, alors notre présence sur Endor n'aura pas été vaine : nous aurons permis à cette lune de trouver l'équilibre qu'elle cherche depuis tant de siècles, annonça lentement le Gungan d'une façon qui laissait croire qu'il pensait à voix haute.

Le silence d'Hotar aurait du réjouir le Maître Jedi, et pourtant ce dernier regretta qu'il ne s'intéresse pas d'avantage aux réflexions philosophiques que la vie d'un Jedi imposait. Ainsi telle était la personnalité du jeune Humain. Bien trop concentré sur le présent et les faits; bien trop éloigné des fluctuations du temps et de la perception de l'avenir.

En parlant d'avenir, Nass se demanda à quelle heure le Kaleesh et l'Alderaani allaient se pointer à la cérémonie. Le Gungan se jura de les réexpédier sur leur planète natale s'ils manquaient aux rites d'adieux des Ewoks. Oubliant visiblement qu'il avait délibérément omis de prévenir Kath Aplazm de l'horaire du départ.

Une façon comme une autre de le préparer à la vie de nomade qui attendait la communauté de guerriers ces prochains mois. Aucun cadeau ne leur serait fait. Nass souhaitait de la sorte faire comprendre à l'Alderaani une chose essentielle : s'en était définitivement fini de son confort habituel. Après ses dernières péripéties, il n'avait rien à recevoir. Mais il avait tout à donner.

Tel était le crédo des guerriers Naa'fruu aux côtés desquels ils allaient partir en expédition. Ils n'avaient que faire de la technologie, du confort ou de la vie. Ils pensaient autrement, et vivaient pour le bien de leur peuple. Un but que tout Novice devait atteindre afin qu'il se mette définitivement au service de l'Ordre Jedi qu'il avait juré de défendre.

_________________________
- 1/ Soresu - III - Parades (Défense) =) Rylen en fait sa principale technique de combat -
- 2/ Shien - IX - Coup vif à l'adversaire (abandonnée au fil des années au profit de l'Ataru) -
- 3/ Sokan - VIII - Frappes rapides et brèves -

-Histoire du Maître Jedi-
-Possessions du Maître Jedi-
- Second perso: Rick O'lonell -
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MessagePosté le: 15/04/2017 00:33:16    Sujet du message: Publicité

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Kath Aplazm
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 04/05/2017 23:40:28    Sujet du message: L'adieu aux racines Répondre en citant



A peu près rafistolé, mais toujours peu reposé, Kath avait laissé derrière lui l'infirmerie et sa charmante gardienne, Uriel sur ses talons. Les deux compères, que les évènements de la veille avaient indéniablement rapprochés, n'avaient pourtant pas évoqué les évènements qui devaient survenir le soir-même, comme l'avait prédit le maître Nass. Si le gracile Kaleesh avait peut-être la tête à cette sombre perspective, l'Alderaani de son côté commençait doucement à oublier ses mésaventures et laissait son esprit vagabonder au gré du vent, sous le soleil déclinant de la lune d'Endor. Il n'avait pas moins gagné de ces derniers exploits une certaine méfiance envers tout un chacun et, parcourant avec son compagnon les allées du Sanctuaire, esquissait des signes de repli au passage des chevaliers qui, eux, affichaient des visages où se mêlaient un profond jugement et une hilarité faussement dissimulée.

Il fallait dire que le visage du jeune homme, pansé habilement mais chichement, était loin de la gravure de mode. Mais malgré ses blessures et son humeur un rien maussade -qu'avaient amplifié ses cauchemars-, l'humain gardait une bonne consistance et savait où se trouvaient ses priorités : indiquant au Kaleesh de le suivre, il s'était dirigé vers la cantine. Cette agitation lui avait donné faim et ni le biscuit qu'il avait avalé ni les propos de l'étrange Emiko n'étaient de nature à calmer son estomac qui criait famine. Du reste, Uriel restait un nouveau venu dans les lieux et il n'aurait pas été courtois de ne pas lui présenter l'endroit qui, bientôt, serait pour lui comme pour le novice alderaani une seconde maison : l'antre du clone Bareman.

A peu près à l'heure du dîner, donc, le duo fit irruption dans l'improbable taverne que cachaient les arbres et les huttes austères. Entrant le premier, Kath fit un signe de la main au tenancier, qui lui répondit d'un signe de tête grave. La mine de Bareman ne plut pas réellement au jeune homme, qui ne put saisir toute l'ampleur de la pitié qui se reflétait dans les yeux du clone. Jetant un regard alentour, Kath constata avec étonnement que le réfectoire était vide. Interdit mais bouillant de questions au fond de lui, Kath s'assit tout de même.


- Hélà, Bareman ! Où sont passés tous tes clients ? Tu leur as offert une tournée de Tihaar et ils sont déjà au lit ?

Le clone ne répondit pas. Haussant les épaules d'un air las, il fit le tour de son comptoir et déposa deux assiettes pleines devant les deux compagnons, comme s'il avait prévu leur venue. Le soldat, rugueux, eut un lent mouvement de recul. Il parut un instant sur le point d'ouvrir la bouche, mais il se ravisa finalement. Sans un mot, l'air sévère, il dépassa les novices attablés et se dirigea vers la sortie, frappant au passage l'épaule endolorie de Kath, dans un mouvement brusque mais qu'il voulait bienveillant. Puis le clone sortit. L'Alderaani constata qu'il était armé et revêtu de ce qui semblait être une armure, mais l'intéressé tourna l'angle de la porte avant qu'il ait pu s'en assurer.


- Quelle mouche l'a piqué ? Bon, ben..bon appétit, Uri. Ce n'est pas exceptionnel, mais bien mieux que les biscuits qu'on peut trouver dans les cellules.


L'humain eut un rictus. Bien qu'il affichât un air jovial, Kath Aplazm contenait mal son agacement devant tant de mystères : ceux du conseil d'abord, ceux de Nass et de Bareman ensuite, celui de la Force enfin. Repensant à sa connexion avec elle, il se demanda s'il lui serait si simple d'à nouveau y faire appel maintenant qu'il était persuadé de son existence. D'un côté, il craignait de retrouver le visage agonisant de Jarik comme la nuit précédente, mais il brûlait également de développer ce talent qu'il se découvrait maintenant. Comme il mangeait en ruminant ces pensées, il adressait des regards amicaux à Uriel tout en entretenant une conversation badine sur le menu fait de plantes variées mais nullement calorifiques et de morceaux de racines peu ragoûtantes. Dans sa tête et autour de lui, l'écho de la Force était lointain et distant, mais, absorbé qu'il était par sa nourriture, il ne le remarqua pas. Le novice était à mille lieues de se douter que ce repas un brin écœurant avait un goût de festin du condamné.

*

* *


Deux heures plus tard, le soleil s'était couché et des nuages noirs s'étaient levés. S'il ne pleuvait pas encore, l'odeur d'humidité dans l'air laissait présager que cette soirée ressemblerait aux précédentes : sombre, pluvieuse et macabre. Les flammes de la veille n'illuminaient plus l'horizon boisé, mais les torches du village Ewok brillaient dans le lointain. Kath, couché sur la paille de sa couche, ruminait sans trouver le sommeil. La journée n'avait été qu'une longue attente et il n'avait eu de repos depuis sa courte nuit tourmentée. Si Nass et ces diables d'Ewoks devaient les surprendre, Uriel et lui, il valait mieux qu'il soit en possession de tous ses moyens, si tant était qu'il en avait. Son compère Kaleesh l'avait laissé une heure plus tôt ; du reste, Uriel voudrait peut-être parcourir le Sanctuaire qu'il découvrait encore. Kath, lui, se refusait à affronter les moqueries sur son passage. Il avait ainsi convenu, tacitement, qu'il valait mieux prendre des forces avant l'épreuve qui devait les attendre plus tard dans la soirée.

Quelle genre de coup fourré le gros gungan avait-il encore préparé ? Kath ne cachait pas son antipathie pour le maître Jedi, dont il désapprouvait les méthodes. Ceci étant, il ne trompait personne : même avec les meilleurs professeurs, le jeune homme aurait sans doute eu du mal à faire quelque chose de ses dix doigts. Et ses piètres talents de croquis ne lui avaient été jusqu'ici que de peu d'utilité. Se redressant sur son postérieur, l'Alderaani se massa la joue et attrapa la feuille de dessin qu'il avait laissée trainer dans un coin. Sur le carré de papier jauni, trouvé au détour d'une allée, il avait griffonné à l'arraché une vue de l'horizon tel qu'il l'avait contemplé du haut de l'infirmerie. L’œuvre n'était pas sensationnelle, mais était suffisamment fidèle pour lui arracher un sourire, sincère cette fois. Paradoxalement, plus il haïssait cette maudite lune, plus elle semblait lui montrer ses plus beaux atours. Doucement, le jeune homme commençait à assimiler l'ambivalence de l'esprit des forêts d'Endor : tantôt rustre mais douce, tantôt belle mais mortelle. Seule la pluie, qui ne tarderait pas à retomber à verse, semblait être la constante de ce tableau aussi idyllique qu'infernal.

Kath se recoucha et ferma les yeux, se tournant et se retournant en cherchant désespérément à s'endormir. Il comptait et recomptait les cartes de pazaak dans son esprit dans l'espoir de se fatiguer, mais si son corps était fourbu, sa conscience était éveillée et lui renvoyait le visage grave de Bareman. C'était toujours mieux que le cadavre fumant de Jarik. Le novice se leva donc, constatant sa vaine entreprise, et fit les cent pas dans sa cellule. Puis, pensif, il sortit. Un coup de vent releva ses cheveux mi-long qui poussaient maintenant en bataille, loin des coiffeurs des mondes civilisés. La brise caressa la légère barbe qui commençait à pousser sur les joues d'un jeune homme que l'adolescence quittait petit à petit, quoique tardivement. Penché à la balustrade, Kath se mit alors à observer les lumières émanant du village Naa'fruu. De loin, elles lui rappelaient les lampadaires brillants d'Aldera.
Pour la première fois depuis qu'il fréquentait les Jedi, ce ne fut pas la nostalgie qui le rattrapa à cette pensée. Juste une pointe de tristesse, comme s'il acceptait enfin le fait qu'il ne reverrait plus sa planète natale avant un bon moment. Du moins s'il survivait à ce soir.

Kath regarda d'un coup le ciel. La pénombre trahissait l'heure tardive. Allait-on venir les chercher ? Uriel et lui avaient été sous bonne garde depuis leur rencontre ; l'humain s'étonnait à présent que personne ne le surveillât. Il jeta un œil à la hutte d'Uriel, mais ne perçut rien. Le Kaleesh était-il parti sans lui ? A cette pensée, son cœur s'emballa : il ne pouvait être à nouveau en retard, car seul le Ciel pouvait savoir ce que des Ewoks mécontents feraient à un retardataire. Sous ce coup d'adrénaline, l'écho de la Force se manifesta à nouveau. Mais cette fois, loin d'être sonné, Kath l'appréhenda avec philosophie : si la Force résonnait avec ses émotions, il ne devait plus être surpris de la voir se manifester. Tout sourire, il constata même qu'en en ayant pris conscience, il voyait plus distinctement. Ce qui lui avait paru alors comme une dissonante assemblée de cris épars était maintenant un tableau qu'il pourrait s'efforcer d'analyser.

Cherchant la présence d'Uriel, qu'il avait déjà repéré assez nettement la veille en se tenant près de lui lors de leur évasion, il ne distingua rien. Le calme plat se fit, et le jeune homme expira. Ses mouvements étaient lent et son esprit apaisé. Pourtant, comme il maitrisait ses émotions, l'écho se tut, remplacé par les battements plus réels des tambours ewoks en contrebas. Un regain de stress relança les battements de l'écho, aligné sur celui des instruments ; l'Alderaani ne s'attarda pas plus longtemps. Ce ne serait pas encore aujourd'hui qu'il comprendrait la nature de la Force.
Au pas de course, car certainement en retard, le novice Kath Aplazm dévala les marches encastrées dans les arbres, filant en direction du village. Uriel l'avait-il devancé ? Kath espérait juste qu'il n'avait pas laissé son ami derrière lui. Bah ! Le Kaleesh était certainement plus débrouillard que lui, il en était sûr. Déglutissant lentement à l'approche de la grande place du village Naa'fruu, Kath s'immobilisa. Les Ewoks ne l'avaient pas remarqué et semblaient former une foule immense, criant et balançant leurs petits bras dans les airs. Le novice avait déjà vu ce genre de scène, pas plus tard que la veille. Et cela ne lui disait rien qui vaille.

_________________________




Dernière édition par Kath Aplazm le 05/05/2017 18:22:39; édité 1 fois
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Uriel
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MessagePosté le: 05/05/2017 15:34:27    Sujet du message: L'adieu aux racines Répondre en citant



Les évènements de la veille appartenaient désormais au passé, et ce fut dans cet état d’esprit qu’Uriel et Kath entamèrent leur marche en direction de nouvelles réjouissances. Sur le chemin, le kaleesh reconnut aux détours de la place centrale du Sanctuaire les quelques membres de l’Ordre auxquels il s’était adressé un peu plus tôt. Leurs visages ne tardèrent pas à s’embraser de rictus pour le moins désobligeants à l’encontre de son camarade Alderaani. Un coup d’œil confirma au reptile l’agacement de son compagnon, lequel prit sur lui toute l’hautaineté de leur comportement et demeura stoïque face aux provocations. Quelques mètres plus loin, il indiqua au nouvel arrivant la voie menant au réfectoire du Sanctuaire. L’arrivée des deux hommes dans la cantine n’avait rien d’impromptue. En effet, s’il y avait une chose que l’alien et l’humain partageaient, c’était bien la ponctualité. Le fumet qui se dégageait de la taverne ravit au plus haut point la forme reptilienne. Son vis-à-vis l’ignorait encore, mais le natif de Kalee, sous couvert d’être un primitif, demeurait un fin gourmet. Encore eut-il fallu que ces deux-là partagent la même conception d’un bon repas.

La vacuité de l’auberge tranchait avec l’extérieur. La stupéfaction s’empara du duo. Le Novice Aplazm salua d’un signe de main le patron de l’établissement, dont Uriel ne discernait pas encore le visage. Le gérant répondait au nom de Bareman. Le kaleesh prit soin de lui adresser un signe de tête lorsqu’il pénétra plus avant dans le dédale de la pièce. Le tenancier arborait comme un masque. Sa relative morosité confinait à la sévérité. A croire que le natif d’Alderaan le rebutait lui aussi. Les deux jeunes hommes prirent place à l’une des tables et furent rapidement servi par celui qui se révéla être un soldat clone selon les dires de Kath. Le mutisme du vétéran coupa court aux interrogations d’Uri. Trop heureux de pouvoir se délecter d’un copieux repas, Jai Veelar laissa de côté ses questions et mangea calmement tout en discutant de lieux communs avec son compagnon. La convivialité du moment trompa la vigilance ordinaire du natif de Kalee, qui omit de remarquer que le soldat s’était équipé et armé. Le repas se poursuivit naturellement par une visite approfondie du domaine de l’Ordre. Lorsque la fatigue eut pris suffisamment le dessus, les deux mandataires des Naa’fruu se séparèrent pour trouver le repos bien mérité auquel ils aspiraient tous deux.


***



La chape de fumée onirique se dissipa lentement lorsqu’une flopée de sons cacophoniques extirpèrent le natif de Kalee de sa léthargie. Il n’en fallut pas plus au kaleesh pour émerger du sommeil profond dans lequel il s’était réfugié la veille au soir. Deux nuits avaient suffi à l’alien pour se mettre au diapason de l’Ordre et s’adapter à ce nouvel habitat et ce n'était pas un farceur nocturne qui contredirait cela. Le nouveau pensionnaire s’évertua une première fois à se lever, en vain. La nuit régnait toujours en despote sur la lune forestière, ce dont Uriel ne prit connaissance qu’à sa seconde tentative. *De quel hurluberlue peut-il bien s’agir ?*, s’interrogea-t-il agacé. Parvenant finalement à se tenir sur ses deux guiboles, le reptile marcha à tâtons en direction des bruits dissonants à l’entrée de la hutte.

- Qui va là ? chuchota la forme reptilienne. Si c’est une blague, Kath, elle est vraiment pas drôle !

La fréquence entre chaque mélopée de bips augmenta à mesure l’humanoïde se rapprochait du responsable. La peur n’avait pas de prise sur Uri. Jai Veelar éprouvait plutôt de l’exaspération. Au fond de lui, il présageait qu’il s’agissait certainement d’un dysfonctionnement passager de l’un des droïdes de l’Ordre. Après tout, jusqu’alors, seul ce type de robots avaient produits des sons semblables à l’ouïe du nouvel arrivant sur Kalee au sein de l’avant-poste séparatiste.

Soudain, un halo de lumière s’empara de l’espace intérieur de la maison de fortune. Cet éclair photonique ne manqua pas, dans un sursaut de stupéfaction de faire tomber à la renverse un kaleesh passablement hébété. La projection holographique du buste d’un membre de l’Ordre vêtu d’une bure similaire à Maître Nass coupa court à toute supputation erronée ou présomptueuse. Rassuré d’une certaine manière, l’étranger écouta attentivement les prescriptions du Chevalier Jedi par l’entremise de l’androïde.

Lorsque l’allocution atteignit son terme, un poids insoutenable figea le visage du natif de Kalee. Il était désormais membre de l'Ordre. Une heure lui était impartie. Dans une heure, il lèverait le camp et avec lui tout un régiment d’Ewoks accompagné de Maître Nass et Kath, se tournerait vers un seul objectif : mettre un terme aux troubles de la région.


- Et vous me ne laissez qu’une heure pour me préparer ! s’emporta violemment Uriel. L’unité R2 répliqua par une décharge de moyen voltage qui paralysa un court instant le visage de l’initié. Ça ne va… pas... se passer… comme…, commença-t-il avant de se ressaisir voyant l’être de métal dégainer de nouveau son pistolet à impulsion électrique intégré. J’espère que tu es allé prévenir le Novice Aplazm, au moins… et que tu lui as épargné tes caprices !, entreprit-il sur un ton facétieux. Le droïde secoua la partie supérieure de son ossature en signe de dénégation et tourna les talons. Reviens, imbécile, s’écria l’étranger impuissant. Dans sa fuite, le robot frappa en premier lieu l’arrête du mur attenant à la porte avant de finalement glisser entre les doigts du natif de Kalee qui se résigna à ne pas le poursuivre. *D’abord, des boules de poils avec des épieux et maintenant des galopins en acier armés de foudroyeurs, me voilà verni !*, pensa-t-il visiblement désemparé devant tant des mésaventures

N’ayant aucun effet personnel, Uriel se hâta à quitter les lieux. Pendant une fraction de seconde, il hésita à se rendre dans la hutte de l'Alderaani afin de lui faire part du commencement de la mission qui leur avait été confiée. Toutefois, la confiance aveugle qu'Uriel accordait à Maître Nass l'obligeait à s'en tenir à ce qui lui avait été demandé. Le Maître Jedi n'aurait pas eu l'audace de laisser l'humain sans instruction, cela n'était pas imaginable. La naïveté du kaleesh le poussa à faire fi de son collègue et tracer son chemin jusqu'à la taverne du soldat Bareman.


- Puisse la Force être avec moi, puisse-t-elle entendre mes paroles
, souffla-t-il en direction du ciel lors de sa sortie au pas de course pour rejoindre le réfectoire.


***


La course fut prompte mais diligente. L’heure n’était plus à de futiles considérations relatives à la bienséance. Il fallait agir alliant habileté et maîtrise. Les ténèbres avalaient les moindres recoins du Sanctuaire, ce qui avait grandement compliqué la progression d’Uriel jusqu’au seuil de l'établissement du clone. Une fois sur place, force fut de constater que la porte était ouverte. Demeurant sur ses gardes, le kaleesh pénétra les sens aux aguets dans la bâtisse. Là, le soldat Bareman patientait accoudé derrière le comptoir :

- Uriel, n'est ce pas ? demanda-t-il de manière rhétorique. C'est donc toi le nouveau disciple de Maître Nass ?! Fascinant.

- Oui, c'est bien moi. Je crois que vous avez quelque chose qui me revient.

- C'est exact. Tiens, voilà ta bure de Novice, dit-il calmement en s'approchant le vêtement à la main. Par ailleurs, voici ton datapad. Prends garde à ne pas le casser.

- Merci beaucoup, monsieur, lança Uriel plein de gratitude en substituant rapidement l'habit de l'Ordre à ses guenilles. J'ai cru comprendre, que Maître Nass exigeait de moi que j'acquiers une arme de mêlée pour les épreuves qui nous attendent.

- C'est tout juste, mais chaque chose en son temps, l'heure n'est pas encore au combat jeune kaleesh. Nous devons nous hâter. Les Naa'fruu sont sur le point de partir et il nous faut les rejoindre au plus vite. Je vais avoir besoin de ton aide pour porter deux, trois bricoles. Les Ewoks ont beau être de braves et fiers guerriers. Ils n'en demeurent pas moins mal équipés. J'ose espérer que le matériel que j'embarque avec nous pourra subvenir à leurs carences.

La voix du vétéran clone rassurait pleinement Uriel, qui s'exécuta immédiatement. Tous deux prirent le chemin du village Naa'fruu lequel brillait dans le lointain. A mesure que leurs pas les rapprochaient davantage du danger à venir, les tambours battaient progressivement au rythme de leurs cœurs haletants. Le natif de Kalee en eut presque oublié son compère Alderaani, dont il espérait apercevoir le visage dans la foule.
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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 21/05/2017 17:49:40    Sujet du message: L'adieu aux racines Répondre en citant

La meute des Ewoks grouillait de part et d'autre de la place du village. Au centre, là où ils avaient installé leur brasier la veille, un petit nombre de guerriers se tenaient, armés, sur une sorte de piédestal de bois qui leur permettait de dominer la foule de leurs concitoyens d'un demi-mètre. Les autochtones sautillaient tous en chœur et balançaient leurs petits bras poilus, formant plusieurs cercles concentriques autour de leurs champions. Pourtant, les cris que le novice Kath Aplazm avait cru entendre en approchant des arbres sur lesquels étaient construit leur village n'en étaient pas : en avançant plus près des Ewoks, l'humain constata que les sons qu'il avait entendus étaient en réalité des chants --ou des homélies ?-- prononcés à voix basse, mais que l'écho de la vaste forêt de la lune renvoyait comme un grondement sourd et inquiétant. Que signifiait ce rituel saugrenu ?

Comme il arrivait à hauteur du village, Kath marqua un arrêt. A plusieurs mètres de la Grand Place, il était à une distance raisonnable pour rebrousser chemin si tout danger venait à le menacer mais pouvait également observer en grande partie ce qui se passait : de son mètre quatre-vingt cinq, il n'aurait pas besoin d'une estrade pour admirer le spectacle. Légèrement en retrait, Kath aperçut ainsi quelques clones, dont la présence l'intriguait : ces anciens soldats devenus gardiens pacifiques ne sortaient guère du Sanctuaire que pour chasser les prédateurs de la lune à coups de blaster, et préféraient d'ordinaire éviter de se mêler avec les indigènes --une sage décision. Le novice en compta quatre, isolés à l'opposé de sa position ; ils avaient dû arriver par un passage différent du sien. Et quelle ne fut la surprise de Kath de reconnaitre Bareman parmi eux ! Le vieux clone, tout en armes, n'avait pas encore revêtu son casque qu'il tenait d'une main ferme. Ainsi, c'était donc ce qu'il préparait quand, frustre, il les avait laissés, Uriel et lui, seuls dans sa cantina. Et en parlant du Kaleesh, le voilà qui apparaissait à la lumière d'une torche allumée non loin ! Celui que Kath avait pris pour un quatrième clone n'était rien de moins que son compère novice, du reste bien accompagné.

L'Alderaani eut une moue ennuyée : comme en témoignait sa bonne escorte, Uriel avait dû faire route depuis le Sanctuaire. Pas un mot n'avait été soufflé à Kath d'un quelconque point de rendez-vous ou de directives précises ; le jeune homme était donc venu seul, un peu par hasard, vêtu uniquement de sa bure rapiécée et sans arme. Or, de son côté, son ami kaleesh avait eu l'air mieux informé. Kath ne cacha pas son amertume de n'avoir été mis au courant du déroulement de cette soirée qui s'annonçait pour le moins peu commune. Il balaya la foule du regard, constatant au passage que sa silhouette, tapie dans l'ombre, n'avait pas encore attiré l'attention. Ses yeux se figèrent sur deux formes qui conversaient, à la limite de son champ de vision et assez excentrées.


- Bien sûr... J'aurais dû m'en douter, susurra le novice, plissant les yeux et esquissant une grimace crispée. La bedaine de son instructeur paraissait d'autant plus épaisse que son ombre s'étendait contre le mur d'une hutte à la faveur des torches. S'il n'apercevait pas clairement le Gungan, Kath le percevait. Sans aucun incertitude. Chaque pensée dirigée vers son professeur faisait remonter une vague d'agacement qui tendait à aiguiser sa lecture de la Force, bien qu'encore troublée du fait de son inexpérience. L'humain tenta de calmer ses pensées : s'il pouvait tant bien que mal lire la présence d'autres êtres vivants, il savait que n'importe qui possédant un don comme le sien le pouvait également et le repérerait. Ces accès de bon sens et de prudence devenant de plus en plus fréquents ces derniers temps, Kath resta un instant muet à se gratter le crâne. N'était-il pas en train de changer plus qu'il s'en rendait compte ?

Un mouvement de foule fit regagner la terre à l'esprit lunatique de l'humain. Sur ses gardes, l'Alderaani se rapprocha d'un mur et se contenta d'observer. Mieux valait ne révéler sa présence qu'en temps voulu, car il n'était pas encore sûr des intentions des Ewoks à son égard : hier encore, une pareille assemblée avait bien tenté de le barder de traits. Kath Aplazm avait beau avoir la mémoire courte, il se souvenait en général assez bien des gens qui en voulaient à sa vie. Et sans qu'il fût contrebandier, homme politique ou pirate de l'espace, il en avait déjà rencontré un paquet, à vrai dire. Le jeune homme regarda sa main et compta sur sa main : Woopee, Saesha, ...
Il resta pensif un peu plus longtemps. Au Sanctuaire aussi, finalement, il comptait plus d'ennemis potentiels que d'alliés.

Avec un haussement d'épaules, Kath se concentra su la scène. A quoi bon être paranoïaque ? Devant lui, une horde d'Ewoks balançaient tomahawks et épieux dans les airs avec férocité. Les ombres du cortège qui se mettait doucement en marche se réverbéraient sur tous les troncs en formant des visages totémiques aux traits effrayants. Oui, à quoi bon s'inquiéter, finalement ! Un vent froid parcourut l'échine du jeune homme, qui frissonna. Peu rassuré, il attrapa un bâton qui traînait près de lui et le porta à sa taille. L'objet, plus acéré qu'il le croyait, lui coupa légèrement la paume quand il s'en saisit. Avec un rictus, il évita l'espèce de lame qu'un autochtone belliqueux avait dû fixer au morceau de bois et l'attacha fermement à l'aide de sa ceinture. Est-on jamais trop prudent ?
L'Alderaani releva la tête, voyant que les guerriers quittaient leur socle et s'avançaient en direction des clones, toujours immobiles, suivis de maître Nass et d'un autre Jedi que le novice ne connaissait pas. L'espace d'un instant, les regards du maître Jedi et de son élève se croisèrent. Kath tressaillit, ne sachant si le Gungan l'avait aperçu. Inconsciemment, il serra sa main ensanglantée sur le pommeau de son arme de fortune et fit un pas en avant, puis un autre. Au son des tambours, il rejoignit le cortège qui lui tournait le dos et marchait lentement vers l'obscurité.


HRP : j'ai fait acquisition de l'épieu que je décris à la Fabrique d'armes ; j'ai acheté l'épieu tusken qui me paraissait être le plus proche de l'arme rudimentaire dont je m'équipe. Je sais cependant qu'un bâton Gaffi a une portée bien plus symbolique pour un Tusken. Il ne s'agit pas ici d'un vrai Gaderffii.

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Uriel
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MessagePosté le: 23/05/2017 20:50:02    Sujet du message: L'adieu aux racines Répondre en citant

La faste procession parcourait avec difficultés le chemin ouvert par la foule massée dans le cœur millénaire du havre-de-paix Naa'fruu. Ils étaient vingt et cent à la fois. Vingt élus, sur lesquels des centaines d'individus hétéroclites fondaient leurs espoirs et leurs peurs primales. Originaire de tous horizons, chacun d'entre eux devait mettre son ego au service de l'effort conjugué de la collectivité. Si d'aucuns n'ignoraient la triste vérité de l'appel du devoir, subsistait néanmoins une naïveté palpable dans l'acte fou auquel s'attelaient les vingt Elus. Le départ pour la guerre semblerait être un élément naturel pour toute forme de vie évoluée confrontée à une menace sibylline, férue de malice et de destruction. Pourtant, les bas-instincts des espèces multiples de par la Galaxie ne surgissaient pas si aisément, n'en déplaise aux serviteurs du Côté obscur. Uriel, héritier du folklore guerrier et violent de Kalee, rechignait le vice et l'agressivité, reléguant ces derniers au plus profond de son Moi, non sans mal, compte-tenu de sa fougue juvénile et de son inexpérience. Son ignorance des arts Jedi et des ténèbres incarnés par le Côte obscur participait à son impréparation aux dangers qui se présenteraient à lui sous peu. L'hybris parvint de tous temps à corrompre le cœur des plus dévots. Sous quelles chimères se manifesteraient les sempiternelles passions contre lesquelles l'Ordre s'était élevé ? Nul ne le savait à cet instant. La catharsis de l'Ombre obscurcissant les luxuriantes forêts d'Endor n'opérerait qu'une fois les passions sévissant de la main des Sanyassans purgées.


Le décorum perturbait subrepticement la vigilance du kaleesh. En effet, le natif de Kalee tarda à repérer son compagnon Alderaani. Le chahut, les chants et la combustion des torches concourraient à l’atmosphère asphyxiante qui flétrissait la vision et la concentration de l'alien. Lorsque Jai Veelar parvint à hauteur de son condisciple, il lui adressa quelques mots d'excuse pour ne pas avoir pris la peine de vérifier s'il avait été lui aussi convié à cette cérémonie. L'échange tourna court. L'évocation laconique de Maître Nass du bout des lèvres de Kath Aplazm suffit amplement à la forme reptilienne pour comprendre le mauvais tour que lui avait joué le Gungan. Un court instant, les inepties du droïde sujet aux dysfonctionnements envoyé par le Chevalier Hatar à la demande du Conseil de l'Ordre revinrent à l'esprit du reptile, qui chassa aussitôt l'image du robot nigaud pour la renvoyer parmi ses souvenirs déplaisants. Quoi qu'il en fût, l'heure n'était pas aux diatribes envers les manœuvres abjects du Maître Jedi. Tout cela n'était qu'une épreuve bénigne en comparaison aux prochaines. 


Ce fut d'ailleurs au sujet de ces épreuves qu'Uriel ressentit le besoin de recevoir l'avis éclairé de son aîné :
- Kath ? Je me demandais, toi qui es ici depuis quelques temps, à quel type d'épreuves as-tu été confrontées jusqu'à présent ? Si les mésaventures du bûcher n'était qu'un prélude, je souhaite me préparer au mieux pour ce qui m'attend.
Avec son flegme et sa sobriété coutumière, le Novice Aplazm apporta les réponses désirées par le kaleesh qui le remercia à cet égard. Son compère semblait, comme chacun des membres de la troupe, préoccupé par un questionnement intérieur, ce qui incita le kaleesh à le laisser à ses réflexions et de se porter au contact d'autres compagnons, à commencer par Bareman. 


Le natif de Kalee fit irruption sur le flan droit du clone aguerri et posa sa main gauche sur son épaule d'un geste amical.
- Monsieur ?! Peut-être qu'il est grand temps pour moi de choisir une arme de mêlée. Qui sait ce qui pourrait frapper aux détours de la première croisée.
- Hmm... Soit ! Prends donc, l'une de ces masses d'armes composite de faible facture ! suggéra Bareman.
Sans se faire prier, l'étranger de cette lune saisit celle qui lui sembla la plus fiable, et aménagea une attache de fortune pour porter l'arme à la taille, de manière à assurer sa défense avec célérité. Le Novice remercia son vis-à-vis et marcha jusqu'à celui qui fermait la marche, le représentant direct de l'Ordre dans cette entreprise risquée et nébuleuse.


- Maître Nass, pardonnez-moi de vous déranger, mais une question me taraude depuis mon réveil. Cautionnez-vous sincèrement la décision des Naa'fruu ? N'y-a-t-il pas une alternative ?
Lorsque l'alien eut fini de parler, le Gungan prit la parole et exposa en substance sa vision des choses, ce qui ne parvint toutefois pas à satisfaire pleinement Uri. Un silence s'installa l'espace de quelques pas, jusqu'à ce qu'Uriel se persuade de dire ce qui n'allait pas. Alors, le Novice prit soin de raconter chaque détail de sa vision de la première nuit passée au Sanctuaire. L'anneau, la montagne d'ébène, la caverne, le reflet de son visage dans le cours d'eau qui renvoyait à lui le visage d'un Sanyassan... A mesure que la vision d'Uriel était retranscrite, le visage de Nass devenait de plus en plus grave, ce qui alimenta l'inquiétude du kaleesh. Sa présence compromettait-elle la réussite de la mission ?
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Dernière édition par Uriel le 08/06/2017 20:06:02; édité 1 fois
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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 05/06/2017 23:05:05    Sujet du message: L'adieu aux racines Répondre en citant



Les tambours battaient toujours et les astres brillaient haut dans le ciel. Les ombres des habitants du village Naa'fruu et de leurs alliés dansaient en une sarabande infernale aux sombres reflets. Malgré les sourires, les accolades et les cris exaltés, l'atmosphère était lourde et angoissante. Si la grande âme des guerriers devait bouillonner de flux contradictoires, entre élan téméraire et peur mal déguisée, celle des moins hardis était happée par le vide, insignifiante. Dissimulé au milieu de ce torrent de vie en acte mais de mort en puissance, l'esprit de ceux qui n'aspiraient pas à l'affrontement s'effaçait promptement, avec résignation. Ainsi, personne n'avait encore remarqué ou daigné prêter attention à la présence du novice Kath Aplazm, cramponné à son arme de fortune et en retrait du groupe qui marchait, vidant lentement la place centrale de ce chahut rythmique et morbide qui l'animait. Personne, si ce n'était Uriel jai Veelar.

Le Kaleesh approcha son compagnon avec diligence et, le saluant, lui souffla un mot d'excuse pour être parti sans lui. En son for intérieur, l'Alderaani savait cependant fort bien que son camarade reptilien n'avait que peu de responsabilité dans cette affaire. D'un geste amical de la main, il fit signe à Uriel qu'il ne lui tiendrait évidemment pas rigueur de l'incident. Ceci était moins vrai en ce qui concernait maître Nass. Un grommellement du novice à l'encontre du Gungan trahit bien vite son agacement. Derrière cette amertume, se cachait une angoisse montante dans le chef du jeune homme : bien qu'il soit assez heureux d'avoir Uriel à ses côtés --en plus de n'être pour une fois pas le centre de l'attention des Ewoks--, il avait grand peine à comprendre quelles forces étaient à l’œuvre ici. Il observait le rituel des autochtones, le regardant sans le voir, l'écoutant sans l'entendre. Le battement sur ses tempes suivait les sons des tambours et il se concentrait sur la Force, incapable néanmoins de saisir ce qu'elle exprimait. Au fond de son être, Kath était pris d'une peur indescriptible qui l'engourdissait, si bien qu'il effectuait chacun de ses mouvements au ralenti.
Ce fut donc avec quelques secondes de retard que le novice répondit à son condisciple. Celui-ci, pragmatique mais affable comme à l'accoutumée, s'enquérait des épreuves qu'il avait subies aux mains de Nass.


- Difficile de te répondre. Tout ce que je sais, c'est qu'on n'est pas au bout de nos surprises. Ce gros crapaud...
Kath s'interrompit, allongeant le cou pour vérifier que Nass n'écoutait pas leur discussion. Constatant que le maître était encore à quelques mètres d'eux dans la lumière, il reprit. ...Nass m'a balancé, seul et sans entrainement, dans une forêt pleine de monstres venimeux et de mercenaires. Il a aussi tenté de me noyer dans un lac et dans une rivière, puis m'a fait escalader un arbre géant millénaire haut d'une centaine de mètres, avant de me faire poursuivre par une bande d'Ewoks complètement dingues. Mais j'imagine que tu situais déjà un peu le personnage...

Kath eut un rire nerveux. Il avait beau dire, avoir survécu aux épreuves de ces derniers jours l'avait changé. En près de quarante-huit heures, s'il n'était pas beaucoup plus dégourdi qu'à son arrivée quelques semaines plus tôt sur la lune forestière, il avait du moins gagné cette qualité que le jeune citadin qu'il était ne possédait d'instinct : une volonté de vivre et une rancune à toute épreuve. Pour le meilleur comme pour le pire, il affrontait l'instant présent avec une philosophie bien différente ; le Lui d'il y a un mois aurait détalé à la vue du cortège chantant et belliqueux des indigènes.

- Ce n'est pas ce que j'imaginais des Jedi
, dit enfin Kath après une seconde de silence. Il fit cette réflexion tout haut, tant pour lui-même que pour Uriel. Ce dernier lui répondit sobrement quelques paroles de remerciements et s'écarta de lui, comme ils rejoignaient le groupe formés par les clones et Bareman. Sans doute le Kaleesh était-il trop prudent ou trop réservé pour commenter cette dernière réflexion. Après tout, Kath avait tout sauf le profil de l'élève modèle et sa capacité à se plaindre n'avait d'égal que sa compétence inégalée à se créer des ennuis. De plus, Uriel n'était en contact direct avec des Jedi que depuis peu et ne pouvait logiquement les juger sur les seuls récits du jeune humain.

Tandis que les discussions allaient bon train devant lui, Kath restait délibérément en retrait. Mais comme il progressait à un rythme aussi lent qu'incontrôlé, il sentait une pression de plus en plus dense peser sur ses épaules. Derrière lui, quelques torches illuminaient encore la place du village, vide. A l'horizon, les ténèbres d'Endor englobaient la forme presque indistincte du Sanctuaire. Un vent frais caressa encore l'échine du novice. Frissonnant, il pressa le pas avec une moue dérangée. Aussi antipathique que lui fûtt son instructeur, il préférait mille fois se tenir à ses côtés que de rester une seconde de plus seul sur cette passerelle à écouter le bruit des feuilles, qui résonnait à ses oreilles comme un présage de mort.

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Rylen Korr
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MessagePosté le: 15/06/2017 22:38:04    Sujet du message: L'adieu aux racines Répondre en citant

Ils n'avaient pas raté le grand départ. "Il" n'avait pas manqué la cérémonie d'adieu. Il n'y avait pas meilleur commencement pour cette quête !

Le premier arrivé fut le Novice Kaleesh, accompagnant le soldat Bareman et transportant le nécessaire de survie avec lui. Le clone était un vétéran Républicain, il savait pertinemment qu'un long voyage comme celui qui les attendait nécessitait de grandes précautions et une préparation à toutes épreuves. Nass, lui, n'avait besoin que de son arme et de sa bure pour voyager. Tout comme les Ewoks n'avaient besoin que d'une pique pour chasser et combattre.

Il était fort intéressant de constater que chaque espèce, chaque race ou chaque individu avaient leurs propres manières de se préparer à une longue, très longue aventure. Certains étaient précis et minutieux, se projetant sur le long terme et imaginant tous les scénarios possibles. Là où d'autres jugeaient qu'ils devaient s'adapter avec ce qu'ils avaient, quels que soient les aventures et les dangers qu'ils rencontreraient.

Il fallait dire qu'ils n'avaient pas les mêmes armes. Les quelques clones présents, bien que possédant l'expérience du combat et la morphologie nécessaires pour toutes sortes de conflits, n'avaient plus réellement combattu depuis des lustres et n'étaient pas forcément les meilleurs pour les combats en zone forestière. C'était loin d'être le même cas pour les autochtones Ewoks qui avaient appris à vivre sur leur monde et à utiliser la jungle sauvage à bon escient. Fervents défenseurs d'une certaine facette de la guérilla en zone naturelle, ils avaient cependant un désavantage physique en corps à corps du à leur petite morphologie et au caractère rustique de leurs armes. Des bâtons, des lance, des arbalètes voire des sarbacanes pour les plus furtifs... C'était une technologie très primitive en comparaison des blasters que portaient les clones. Même les Jedi avec leur technologie des armes lasers vieille de plusieurs millénaires passaient pour des gens modernes à côté des boules de poils.


- Les Naa'fruu sont chez eux. Ils prennent les choix qu'ils estiment les mieux adaptés à la situation mais surtout ils agissent pour la survie de leur peuple. C'est ce que nous faisons depuis plus de 25.000 ans en combattant le Côté Obscur et ses serviteurs qui entravent, d'après notre jugement, le bon équilibre de la Galaxie.

Cette réponse en bonne et due forme donna l'impression d'être sortie tout droit d'un livre d'histoire. Le Maître Nass aurait pu récité une leçon apprise durant sa formation il y a très longtemps, ça aurait eu la même tonalité.

- S'ils n'agissent pas, ils s'exposent à l'extinction de leur civilisation et de leurs terres, poursuivit-il en regardant toujours les Ewoks fêter le grand départ, la guerre est une issue triste, voire une défaite pour certains d'entre-nous. Les plus pacifistes la considèrent comme un échec personnel, là où les plus réalistes la voient comme une nécessité. Il existe encore de nombreuses races barbares dans cette galaxie, et les Sanyassans en font parties : ils n'acceptent pas la présence des fiers Ewoks sur cette lune et vouent leur existence à s'y opposer.

Que faire dans cette situation ? Tenter une approche diplomatique avec une espèce qui ne connait pas ce mot ? Ne pas se révolter et les laisser faire ? Ou s'y opposer pour y mettre fin ?

Notre vécu sur Endor nous aura réappris de nombreux faits élémentaires de la vie. Avec nos amis Naa'fruu, nous sommes revenus des milliers d'années en arrière. Durant cette quête, nous allons apprendre comment sauvegarder des coutumes, des habitudes. Nous allons apprendre comment faire pour survivre.

Nous allons réapprendre à vivre dans une galaxie en perpétuel conflit.


Peu après sa réponse, Nass écouta attentivement le jeune Novice raconter sa première nuit au Sanctuaire Jedi. Et ce qu'il lui dit ne le rassura pas. Bien au contraire.

Tout portait à croire qu'il avait perçu certains des évènements de la tragique Montagne Noire. Le soir durant lequel le Maître Olorin Vendar avait trouvé la mort, tué par le traitre Sam Skawalker.

Mais comme tout rêve ou prémonition, il y avait toujours un lien évident entre le sensitif qui en était la victime et les images auxquelles il avait le droit. Concernant le Kaleesh, il y avait cet étrange parallèle durant lequel il s'était vu dans le reflet d'un cours d'eau avec un visage de Sanyassan. Sur le moment, Nass n'avait aucune idée de ce que ça pouvait laisser présager, mais il était certain d'une chose : ce n'était pas le fruit du hasard.

Lors des derniers gros affrontements avec les Sanyassans (les fameuses péripéties de la Montagne Noire) un jeune Novice du nom de Tev avait déjà été victime de pareilles visions. Elyna Faràn, éminente membre du Conseil, avait même prédit la mort du Maître Vendar. Avec les conséquences que l'on connait.

Se pouvait-il qu'Uriel soit la nouvelle clé de cette quête ?


- Crois-moi mon ami, tant que tu ne prédis pas ma mort, sois rassuré des visions auxquelles tu auras le droit ! se bidonna sans retenue le Maître Jedi.

Oh oui, il en riait. Mais c'était d'avantage pour rassurer son jeune élève et dédramatiser la situation que par réelle gaieté. Car Nass était conscient de la dangerosité de ces visions : elles pouvaient négativement influer sur le comportement de ceux qui y avaient le droit.

Observant une dernière fois ce qui se trouvait dans son dos, à savoir la place du village Ewok et quelques visages familiers parmi les Jedi qui étaient venus leur dire au revoir, Nass eut subitement l'impression d'avoir déjà vécu ce moment. C'était dans son enfance, lorsqu'il avait quitté les siens de la cité Gungan d'Otoh Gunga pour suivre une formation Jedi sur Coruscant. Ce départ du Sanctuaire Jedi pour la quête des Naa'fruu sembla être le parfait parallèle au tout premier adieu expérimenté dans sa vie. La sensation était étrange et le natif de Naboo décida d'en profiter encore quelques secondes en s'arrêtant malgré l'avancée du cortège aventurier.

Endor ne serait plus la même, désormais. Quelque chose allait définitivement changer. Pour les Ewoks, pour les Jedi. Comme pour lui et les jeunes Novices qui l'accompagnaient.


HRP: Comme expliqué par MP, si vous le souhaitez vous pouvez de nouveau poster ici même, sinon on bascule sur un nouveau topic (celui de la mission). Si vous souhaitez l'inaugurer je vous laisse faire, sinon j'essaierai de le faire avant ce week-end (mais je serai absent samedi et dimanche donc ça devra attendre).

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- 1/ Soresu - III - Parades (Défense) =) Rylen en fait sa principale technique de combat -
- 2/ Shien - IX - Coup vif à l'adversaire (abandonnée au fil des années au profit de l'Ataru) -
- 3/ Sokan - VIII - Frappes rapides et brèves -

-Histoire du Maître Jedi-
-Possessions du Maître Jedi-
- Second perso: Rick O'lonell -
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MessagePosté le: 12/12/2017 05:41:11    Sujet du message: L'adieu aux racines

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