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Rien qu'une promenade de santé ! [Libre]

 
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Emiko Areku
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 31/03/2017 11:13:51    Sujet du message: Rien qu'une promenade de santé ! [Libre] Répondre en citant

Courir. Accueillir avec reconnaissance la brûlure glacée de l'air sur ma gorge, dans mes poumons. Mâcher la pesante douleur envahissant ma cuisse et mon mollet, la recracher dans l'humus âcre d'Endor. Au bout de deux heures d'exercice, j'avais depuis longtemps délaissé les abords du sanctuaire.

J'apprenais lentement à aimer cette planète. À l'aimer pour autre chose que sa seule apparence ; bien sûr, sa splendeur forestière m'avait ravi l'âme au premier regard. Je n'imaginais pas, pour moi qui avais intégré la nasse souillée d'Eriadu comme la norme de ce qu'était la nature, qu'une telle terre pouvait exister. Une terre pavée d'un tapis de feuilles mortes bruissant sous mes bottes, légèrement glissant si ce n'étaient les nervures profondes se dessinant dans leurs semelles ; une terre d'où montait le chœur profond des sous-bois, trilles mystérieuses et croassements, crissements d'insectes et stridulations alanguies. Une terre enveloppée d'une tiédeur clémente que je supposais impitoyable à l'heure de l'hiver. Par les temps de grand vent c'était toute la forêt qui semblait soudain s'animer, se secouer sur le rythme endiablé des zéphyrs. J'essayais de les suivre ; je n'y arrivais jamais.

Où allait donc mourir le vent et pourquoi ?


Cette question n'était pas la mienne mais je l'avais empruntée. À un petit Ewok - petit, oui, même selon leurs critères - que j'avais rencontré la veille. Son nom ressemblait à Tichua'pac ou quelque chose d'approchant, modulé par leurs intonations primitives que je ne parvenais pas à reproduire.
J'avais été la première surprise de constater que ces espèces de marmottes bipèdes me toléraient plutôt bien. Aiguillée par un instinct que je ne me savais pas posséder j'arrivais généralement à différencier les mâles des femelles et les enfants des adultes. J'avais fait la rencontre de Tichua'pac en manquant de peu lui marcher dessus, tandis qu'il venait vraisemblablement de trébucher contre une racine noueuse et épaisse, marquant le terme d'une cavalcade effrénée. Je m'étais accroupie auprès de lui, soucieuse de son état ; assez peu inquiet lui-même, il avait bondi sur ses pieds et indiqué les branches auparavant secouées par les vents et désormais immobiles en baragouinant dans sa langue.

Où allait donc mourir le vent ?

Il avait insisté en reprenant sa course et j'avais fini par comprendre, en le suivant, qu'il s'élançait à la poursuite de la brise. Les disparitions intempestives de cette dernière ne faisaient que renforcer sa ténacité et il ne lâchait pas l'affaire même longtemps après qu'il en fût essoufflé. J'avais d'abord reniflé avec dédain devant la futilité de son entreprise et m'étais éloignée.
Mais la question était demeurée, son écho chuintant hantant ma mémoire.

Une dépression abrupte dissimulée par les fourrés me prit soudain par surprise et je me rattrapais in extremis en refermant mon bras sur le tronc pâle de ce qui devait être l'équivalent d'un bouleau. Mon brusque arrêt fit s'envoler une pelletée de débris végétaux qui roulèrent le long de la pente et s'amassèrent quinze mètres plus bas. Ramenant mon pied en sûreté, je m'autorisai un petit soupir de soulagement ; la chute eût été rude.
Un mauvais pressentiment refroidit soudain ma nuque luisante de transpiration, une seconde à peine avant que ne parvienne à mes capteurs audios une suite de mots crachouillés dans la langue des autochtones : j'eus parié ma main qu'il s'agissait de jurons. Comme si une confirmation avait été nécessaire, Tichua'pac déboula à toute allure des taillis derrière moi et me percuta de plein fouet, sa grosse figure pelucheuse imprimant à mes fesses une poussée que je me jurai par réflexe de lui faire regretter.

La vision béante du vide s'ouvrant devant moi renforça cette promesse silencieuse alors que, aidée par l'Ewok, je tombai tête la première.

J'ai serré les dents pendant les deux secondes beaucoup trop longues que durèrent la chute. La terreur qui venait de se déverser dans mes veines m'empêchait curieusement de crier et je me reçus au fond de l'à-pic en essayant de me protéger ; au lieu de quoi mon épaule émit un son à mi-chemin entre le déchirement et le craquement et je m'écrasais sur un lit encore bien trop dur de rameaux et de cailloux. Je roulai aussitôt sur le dos en ayant une assez bonne idée de ce que pouvait ressentir un moustique se prenant le hublot d'un aéronef.
Juste avant de recevoir un Tichua'pac hurlant sur les jambes.

Par chance, ce fut mon membre artificiel qui encaissa le gros du choc. Chance pour moi, au détriment de son postérieur. Son atterrissage forcé se conclut sur un bond qu'accompagna un glapissement suraigu m'arrachant, malgré la douleur rongeant mon épaule, un sourire entendu.

Vérification automatique des systèmes servomoteur et inertiel.
Défaillance organique détectée. Points TR-12 et TR-13 lésés.
Dégâts supposés : luxation et déchirure interne musculo-tendineuse. Examen médical recommandé.

« Dès que je trouve un kiné' dans le prochain arbre de malheur, promis... » soufflai-je en réponse aux caractères que mes processeurs imprimaient dans mon champ de vision.

Je retrouvai la station debout et, chancelant en comprimant mon épaule de ma main valide, je gagnai le chevet d'un Tichua'pac qui paraissait avoir bien mieux encaissé la dégringolade ; il se contentait de se masser vivement le postérieur, foudroyant l'articulation saillante de mon genou en métal comme s'il avait sous les yeux l'élément responsable de ses malheurs. Un baragouin indigné s'échappa de sa bouche.

« Okay, alors d'abord c'est toi qui m'es rentré dedans, peluche de mes...! Tu ne pouvais pas regarder où tu mettais les pieds et te servir de ta tête, pour changer ? » répliquai-je non sans violence avant de désigner le sommet nous surplombant. La paroi était couverte d'une mousse fine accrochant feuilles et brindilles et représentant un défi même pour un alpiniste équipé. « Impossible d'escalader ça, on va devoir faire le tour et trouver un chemin. À défaut d'être malin j'espère que tu connais le secteur ! »

Je pestais mais ma formation de soldat de choc - je n'avais jamais pu me résoudre à détourner cette formule toute faite au féminin - reprenais très vite le dessus dans ce genre de situation. Je vérifiai d'un geste machinal que ma gourde accrochée à la cuisse était bien fermée et fis un pas vers l'Ewok, l'interrogeant avec sur le visage une expression somme toute peu amène.

« Alors, petit génie ? On contourne par l'Est ou par l'Ouest ? »

Loin de m'offrir l'avis recherché, Tichua'pac se fendit d'une nouvelle série de criaillements où, toutefois, je discernais une pointe d'anxiété plutôt que de contrariété. Si je trouvais aux autochotones un certain nombre de défauts, je partais du principe que la lâcheté n'en faisait pas vraiment partie et l'appréhension de mon compagnon d'infortune me laissait une sensation très désagréable. Comme pour lui donner raison, un hurlement s'éleva dans les profondeurs boisées.
Un hurlement de prédateur, rauque et puissant. Un appel à la curée.

Nous échangeâmes un regard.

« L'Ouest » décidai-je d'un ton laconique.

L'après-midi était bien entamé et s'il nous fallait avoir un spécimen peu recommandable de la faune locale sur les talons, je préférais qu'il se retrouve avec le soleil dans les yeux.

« Ne fais pas cette tête. » J'ouvris notre marche cahin-caha, mon bras m'élançant à chaque pas et l'autre marmotte étouffant de temps à autres un geignement en portant sa paluche à son popotin. « Si ça nous trouve, quoi que ça puisse être, ça nous permettra de rentrer en invoquant une lutte acharnée pour expliquer nos contusions. On nous prendra pour des héros, plutôt que des minables qui se cassent la figure d'une falaise. »

Il ne comprit probablement pas mes mots mais l'affreux rictus qu'il esquissa en guise de sourire m'indiqua qu'il avait saisi l'idée générale.

_________________________


« Il y a assez d'étoiles en cet univers pour que chacun y trouve un foyer ; alors pourquoi est-ce que je ne me sens à ma place que dans l'espace, naviguant parmi les nébuleuses de gaz pourpre et les amas de néon bleu ? »

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MessagePosté le: 31/03/2017 11:13:51    Sujet du message: Publicité

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