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Il était une fois [Libre]

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Star Wars RPG Index du Forum -> Galaxie principale -> Reste de la Galaxie -> Bordure Extérieure -> Endor -> Sanctuaire du Nouvel Ordre Jedi -> Passerelles
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Emiko Areku
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 18/03/2017 16:43:50    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant

Je remuai dans le capitonnage épais de mon fauteuil, les chaînes brumeuses précédant la sortie d'un sommeil qui fut lourd étreignant encore mes pensées. Je carrai les épaules avec un petit soupir avant de les chasser définitivement comme d'autres replaçaient une mèche rebelle et ouvris doucement les yeux.

Au travers de la baie de pilotage resplendissait Endor.

À cette distance la lune paraissait énorme. Une sphère disproportionnée qu'un artiste fou aurait éclaboussé de mille tons forestiers, d'émeraude, de céladon, de traînées couleur de menthe, de touches plus appuyées de jade. Un gigantesque œil pers me dévisageait et je lui rendais son regard, muette d'un émerveillement qui me fit manquer un battement de mon cœur artificiel ; je n'avais jamais vu ni la mer ni la forêt et ce que j'avais là sous les yeux me donnait l'impression d'être un improbable mélange des deux.

À côté de moi le pilote esquissa un sourire dans sa barbe striée de gris et amorça la descente dans l'atmosphère.

Erwan Allister, puisque c'était là son nom, m'avait recueillie à l'article de la mort. Bon gré mal gré, il m'avait poussée à lui confier aussi bien ma vie qu'une part de ma confiance - je persistais à songer que je n'avais de toute manière guère eu le choix. La quarantaine bien tassée, brun et rude d'apparence, c'était un individu d'une extraordinaire perspicacité et, comme j'avais fini par le comprendre, Jedi de vocation. Quel rang il occupait au sein de son Ordre me demeurait un mystère que je n'avais pas eu le loisir de creuser. Il m'avait révélé que les siens disposaient d'un sanctuaire sur l'astre boisé d'Endor et quelque part, je ne comprenais toujours pas la foi qu'il avait eue en moi en me partageant cette information.

Après tout, j'étais une Stormtrooper. Une ancienne Stormtrooper, me corrigeai-je machinalement.

C'était plus facile à penser qu'à faire, quand bien même ma carrière militaire n'avait jamais été très volontaire de ma part. C'était toutefois devenu comme un manteau, un manteau lourd, étouffant et pesant mais difficile à ôter. Comme pour illustrer mes réflexions je haussai nerveusement une épaule, passant ma main sur le muscle noué à la lisière de celle-ci et de mon cou. Ma seule main organique, en fait. Mes membres gauches étaient des implants cybernétiques. Entre autres.

« Détendez-vous, soldat » me conseilla mon voisin d'un ton amusé, jouant avec les manettes du vaisseau.
« Arrêtez de m'appeler soldat. »
« Déserteuse, alors. »

Pour moqueurs qu'ils soient, je savais que ses mots n'étaient jamais aussi durs qu'ils pouvaient le paraître. Erwan aimait taquiner et je l'imaginais sans mal, bien qu'il fut entre deux âges, en jeune garçon irrévérencieux s'attirant constamment les foudres de ses aînés. À l'inverse j'étais d'un caractère plus taciturne et me contentai de lever les yeux au ciel, tripotant la couture de mon sweat-shirt blanc. C'était celui que portaient les soldats impériaux dans leurs moments de repos, tandis que mon épais pantalon était du synthétique noir faisant partie de l'uniforme de base. Je n'avais pas vraiment eu l'occasion de parfaire ma garde-robe depuis ma défection et lorsque Erwan m'avait proposé de me servir dans ses affaires avant de partir pour le sanctuaire, je lui avais jeté un tel regard qu'il s'était aussitôt éclipsé.

Qu'importent que certains puissent reconnaître d'où provenait ma tenue, quand bien même les relations entre l'Empire et les Jedi n'avaient jamais été au beau fixe. Des souvenirs vieux de cinq ans menacèrent d'affluer dans ma mémoire et je les étouffai par réflexe.

« Je ne m'attendais pas à voir un vieux comme vous piloter presque bien » lâchai-je finalement.
« Je faisais des courses de speeder que vous pleuriez encore dans les jupes de votre mère. »

Il avait répondu avec une lueur d'humour au coin des yeux. Je n'étais pourtant pas sûre qu'il plaisantait, quoique la vue qui s'offrit à moi me coupa toute velléité de répliquer.
Une vaste étendue de sylve venait de se dégager sous les nuages du ciel limpide d'Endor. En ce début d'après-midi, le soleil de ce système libérait une véritable pluie de lumière sur la cime épaisse des frondaisons, celles-ci renvoyant une kyrielle d'éclats paisibles à la face de l'empyrée comme au nez de notre aéronef. Le vent ou peut-être simplement un effet d'optique lié à notre vitesse me donnait l'impression que la forêt, se déversant à l'infini dans quelque direction que portât mon regard stupéfait, se mouvait sur le rythme d'une impossible marée. L'expression d'océan me sembla appropriée tandis que nous filions juste au-dessus de la végétation, à une altitude telle que je nous savais indétectable au moindre radar.

« Nous atteindrons le sanctuaire dans une demie-heure. D'ici là vous pourriez peut-être... »

Après avoir détaché mon harnais de sécurité, je me pressais contre la baie du cockpit en ne perdant pas une miette du spectacle de cette forêt irréaliste, à la beauté sauvage et inaltérable. J'étais trop occupée à la graver dans mon cœur pour entendre la suite de ce que me préconisa Erwan.

*


Nous atterrîmes directement sur un arbre. Et ce n'était même pas un crash.

Je tapotais du bout de ma botte la surface patinée de la plate-forme sculptée à même le bois qui nous avait servi d'appontage. Des brûlures la marbraient de partout et je me demandais s'il n'y avait vraiment aucun risque que les rétro-fusées n'enflamment cette piste d'atterrissage peu commune - à moins qu'elle ne fut traitée d'un enduit spécial, pour ce que j'en savais.
Allant de surprise en surprise, je balayais la vue peu commune qui s'offrait à moi. Un véritable complexe semblait se développer tout autour du tronc monumental d'un arbre dont les hauteurs perdaient le regard, tout en passerelles, ponts, cabanes et pilotis. J'apercevais, pas si éloigné que ça, le reflet brillant de la berge d'un lac à environ deux cents mètres de là où je me tenais. Bien au-delà du sol mes yeux se heurtèrent à ce qui m'avait tout l'air d'être les morceaux épars d'un village des plus rustiques, peuplé d'étranges marmottes humanoïdes dont les piaillements excités ne tardèrent pas à agresser mes capteurs audios. Je réglais machinalement le volume pour les transformer en un fond sonore plus tranquille.

Je fis quelques pas d'un côté et de l'autre, dressant un plan mental du sanctuaire que j'agrémentais de photographies prises par mes yeux artificiels. Je pris ainsi pour repères, entre autres, le nid d'un couple de rougerais, un bosquet de sumacs aux épines peu engageantes, un discret dénivelé parsemé d'un humus aux tons curieusement ocres ainsi qu'une petite butte coiffée de ce que je soupçonnais être une balançoire branlante.

Où étais-je tombée ?

« Ça doit vous changer du tout au tout par rapport à Eriadu, hein ? » lança Erwan, se méprenant sur ma pause.

Il n'avait cependant pas tort. Mon monde natal était l'enfant souillé d'une industrie déchaînée, une planète foudroyée sous le poids de la pollution et des miasmes des usines. Tout ici était dissemblable : les couleurs, les odeurs, les températures. Le regard se perdait dans les différences de profondeur de vue que les arbres s'ingéniaient à varier, je ne cessais de frissonner - de surprise et de plaisir - lorsqu'une brise pure, dénuée de la moindre goutte d'huile ou senteur de goudron, caressait mon bras nu. J'éprouvais un mélange de fascination et de perplexité en décryptant, dans la masse d'informations sonores que recevait mon cerveau bioélectronique, toutes les stimulations dues à la présence d'insectes dont ces lieux étaient l'habitat naturel. Le crissement chantant d'un mille-pattes sur le tapis de feuilles mortes, le glissement furtif d'une araignée contre une brindille... Repoussant et captivant tout à la fois.

Je levai les yeux vers mon guide, qui m'avait patiemment attendue.

« J'imagine que je n'ai pas intérêt à tomber en panne par ici. » Goguenarde, je tapotais de l'index mon coude cybernétique. « J'ai l'impression que les hypermarchés du coin ne sont pas spécialement bien fournis en quincaillerie. »
« Vous pouvez rouiller ? »

Je le fixais un long moment, tentant de déterminer si c'était une plaisanterie. On ne savait jamais avec ce Jedi.

« Bien sûr que non. »
« Alors ça ira, tant que vous ne vous mesurez pas aux guerriers Ewoks. »
« Vous êtes sérieux ? » Suspicieuse, j'observai brièvement un attroupement de ces peluches bruyantes qui s'était constitué à quelque distance. L'objet de leur attention semblait être, pour ce que je pouvais en juger, un bâton biscornu.
« Mortellement sérieux. Oh, et s'ils vous proposent un deltaplane, assurez-vous qu'ils ont pensé à votre poids inhabituel. Assurez-vous en plusieurs fois. »

Désormais certaine qu'il se payait ma tête, je me passais les doigts sur les paupières avec une expression fatiguée. Inspirant profondément, je lui emboîtais le pas tandis qu'il me guidait à travers les chemins de ronde bordant les arbres.
_________________________


« Il y a assez d'étoiles en cet univers pour que chacun y trouve un foyer ; alors pourquoi est-ce que je ne me sens à ma place que dans l'espace, naviguant parmi les nébuleuses de gaz pourpre et les amas de néon bleu ? »

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MessagePosté le: 18/03/2017 16:43:50    Sujet du message: Publicité

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Rylen Korr
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 24/03/2017 05:57:41    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant


Erwan Allister - ???????????????? - ????????????????
[Chevalier Jedi] - [Initié Jedi] - [Guerrier Ewok]

La brise légère qui glissa sur la joue vieillissante d'Erwan Allister lui fit énormément de bien. Quelle plaisir de retrouver sa maison après un long voyage ! Et quelle soulagement d'avoir le droit de goûter une nouvelle fois à un environnement aussi naturel et aussi peu matériel. C'était un vrai bol d'air pour les poumons du Jedi qui semblaient revivre après avoir été meurtris par l'atmosphère d'Eriadu. Oh que oui ! L'air respiré n'y était aucunement le même sur la paisible lune d'Endor. Deux extrêmes qui prouvaient ô combien la galaxie était caractérisée par la différence du Noyau à la Bordure.

L'on pouvait se demander très souvent pour quelles raisons des civilisations (celle des Ewoks, par exemple) faisaient le choix de l'isolationnisme et du repli sur soi. N'avaient-elles pas soif de connaissances ? N'avaient-elles pas le souhait de faire des découvertes ? C'était la base de la vie que de vouloir découvrir de nouvelles existences, de nouveaux territoires. La curiosité était présente chez beaucoup d'espèces différentes, et les Ewoks en faisaient partie -ils n'avaient pas à envier ce trait de caractère chez d'autres tant il était fort dans leur nature-. Pourtant, ils avaient préféré rester un peuple primitif. Ils avaient décidé d'en rester au bois, au feu et aux contes fantastiques pour bercer l'enfance de leurs bambins et faire vivre leurs aïeux trépassés. Personne ne pouvait décréter l'âge de la civilisation Ewok et son apparition sur Endor -encore fallait-il être certain que cette lune forestière était leur berceau !- mais leur installation durable sur ce monde et leur connaissance de la faune & flore laissait suggérer qu'ils n'étaient pas des nouveaux venus parmi les être vivants cette dense et belle forêt. C'est comme s'ils avaient toujours fait partie de ce monde, cachés et reclus au plus profond des gigantesques arbres, préférant le silence et la discrétion à l'expansion de nombreux peuples galactiques.

Fallait-il y voir une suffisance d'esprit ? Peut-être que les Ewoks voulaient se contenter de peu. Tout être primitif ne pensait qu'à manger, se reproduire et dormir. Mais ces autochtones là, ils avaient une imagination fertile et débordante, bien plus importante que chez la plupart des espèces communes. L'architecture qu'ils proposaient pour fonder leurs villages était aussi douée que celle des Wookies de Kashyyyk : un barbare n'aurait jamais réussi à créer des cabanes et des huttes à des centaines de pieds de hauteur. Ce qui démontrait une intelligence avancée, qui contrastait avec leurs croyances dépassées et leurs bâtons taillés à la pierre. Alors que penser des Ewoks d'Endor ? Avaient-ils choisi cet indifférence à la vie galactique et cet isolationnisme par leur incapacité à inventer les technologies nécessaires -hyperespace, vaisseau spatial- ou bien par crainte pour leur survie ?

Les Sanyassans, d'après leurs propres connaissances, venaient d'un système étranger et non de la lune d'Endor. D'après leurs récits et légendes, les Sanyassans n'étaient d'ailleurs pas la seule espèce avec laquelle ils étaient entrés en contact. Les Jedi eux-mêmes n'étaient que la deuxième génération à rencontrer le peuple Ewok et certains Naa'frus, certains de leurs ancêtres ayant visiblement déjà posé le pied sur Endor pour participer à un conflit vieux de 70 ans sans que les archives de l'Ordre Jedi n'en fassent mention. Tous les autres peuples galactiques auraient tenté depuis longtemps d'avoir accès à la technologie leur permettant de voyager sur d'autres mondes, surtout une civilisation rêveuse et aventurière comme celle des autochtones poilus d'Endor. Et pourtant.

C'est par les rêves, les histoires, les mythes et les légendes que le peuple Ewok continuait de faire vivre sa culture et ses maigres connaissances de l'au-delà. Et il continuerait à le faire pendant des siècles encore. Et encore. Jusqu'à ce qu'ils n'aient plus d'histoires à raconter à leurs enfants.

Encore fallait-il qu'ils n'en aient plus en réserve ! Encore fallait-il qu'ils ne se donnent plus les moyens d'en avoir de nouvelles. Car les Ewoks étaient connus pour être de vrais aventuriers en herbe. Les Jedi n'avaient pas encore eu l'occasion de le voir très sérieusement, jusqu'à présent. Ces prochains jours, certains d'entre eux allaient enfin pouvoir les observer à l’œuvre. Plus que des guerriers, ces peluches avaient toutes une âme d'enfant à l'intérieur. Et cette âme d'enfant ne demandait qu'à être stimulée de temps en temps. Tout comme un Jedi devait régulièrement stimuler son rapport à la Force en méditant. A chacun sa drogue naturelle.

Erwan Allister ne pouvait s'empêcher d'observer discrètement les sentiments qui envahissaient les nouveaux venus à leur atterrissage sur Endor, au sein du Sanctuaire Jedi. La découverte d'un nouveau lieu de vie, la rencontre avec ces moines dont on parlait dans d'illustres légendes et la vue de la civilisation autochtone, ces être poilus et si inoffensifs aux premiers abords... Ce flot de connaissances intriguait et fascinait à la fois. Trop d'individus -souvent ceux qui venaient du Noyau, là où on avait accès à la connaissance très tôt à l'école Républicaine- pensaient tout connaître de la galaxie. C'était donc quelque peu réjouissant pour un Jedi de la trempe d'Erwan Allister de pouvoir assister en temps réel à ces moments-là, lors desquels les futurs Jedi se rendent compte qu'ils sont loin d'avoir touché le Graal menant à la connaissance et à la sagesse. Le chemin qui les y amène ne débute qu'à partir du moment où leur formation voit le jour.

Tout au long du voyage d'Eriadu vers Endor, le Chevalier Jedi Allister avait pu analyser délicatement la nouvelle sensitive sur laquelle il avait posé son vif intérêt plusieurs jours en arrière. Sans qu'elle s'en aperçoive -les Jedi n'avaient pas besoin d'un regard ou d'un dialogue pour découvrir un être- l'Humain avait ainsi pu observer la curiosité naissante de l'ex-Stormtrooper pour le paysage et la nature de la lune forestière. C'était bien la première fois qu'Erwan voyait l'une de ses recrues se lever instantanément de son siège, au sein du cockpit de son vaisseau, pour pouvoir croquer la vue du panorama Endori ! Cette réaction vive et naturelle coïncidait parfaitement avec l'horizon préféré des Ewoks. Ici, et contrairement à un monde comme Eriadu, il n'y avait ni industries et ni empreinte matérielle. Seulement la Vie et son ressort. Ce qu'avaient recherché les Jedi en émigrant sur ces terres paisibles et d'origine.


« N'hésitez-pas à passer à l'infirmerie du Sanctuaire si vous ressentez des nausées, maux de tête ou des envies de vomir. Une petite piqure peut parfois faire énormément de bien lorsqu'on découvre un environnement tropical ou forestier bien différent de celui dans lequel on a baigné toute une vie. » Devant la très probable incompréhension de la jeune femme aux cheveux teintés, Erwan préféra éclaircir sa pensée. « Je préfère prendre les devants car l'une de mes premières recrues -une adorable Twi'lek aujourd'hui en mission de recrutement pour le compte de l'Ordre- a été concernée par ces troubles de la santé à son arrivée. Elle n'a pas voulu prendre de remède Ewok pour se prévenir d'une maladie et a eu la diarrhée pendant sept nuitées d'affilée ! Le Conseil a même du reporter le début de sa formation pour qu'elle se soigne... » railla chaleureusement le quarantenaire en se remémorant ce souvenir si particulier.

Si fidèle à sa personnalité, le Chevalier Jedi -le fameux statut qui était sien depuis maintenant quatorze années- salua soudainement un vieil ami qu'il aperçut au loin, sur une passerelle supérieure. Ravi de revoir son compère depuis plusieurs semaines de mission dans la Bordure, Erwan faillit laisser en plan la nouvelle venue sur Endor de manière très maladroite pour le mentor qu'il était censé être à son égard. Bien heureusement il se rattrapa de belle manière en faisant un pas en arrière et en informant la jeune femme Humaine de ses intentions prochaines.


« Je dois m'acquérir des dernières nouvelles auprès du Maître Stevens. J'aurais bien aimé vous en faire la présentation, mais mon ancien mentor m'a toujours dit que ça portait malheur pour un aspirant de parler à un Membre du Conseil Jedi avant d'avoir été acceptée au sein de l'Ordre ! Je ne l'ai jamais cru jusqu'à l'histoire de cette Twi'lek et de sa diarrhée maladive... Vous comprendrez donc mes précautions à votre égard. » Expliqua t-il très clairement à l'étrangère à la peau blanche. « Je ne serai pas trop long. En attendant, je vous invite fortement à vous acclimater à ce nouvel endroit. Et n'hésitez-pas à suivre ma recommandation de tout à l'heure si vous ne vous sentez pas très bien ! » finit-il en pointant du doigt une étrange hutte isolée en contrebas à trente pieds de leur position.

Tandis qu'Erwan Allister s'éloignait, laissant la jeune Emiko Areku seule au milieu de parfaits inconnus, une étrange scène non loin d'elle pouvait aisément retenir son attention.

Le groupe d'Ewoks que l'ancienne militaire avait aperçu à son atterrissage sur Endor ne s'était pas disloqué. Toujours aussi bruyant, il semblait avoir résolu son problème de bâton farfelu mais était désormais aux prises avec un groupe de Novices avoisinant qui avait été dérangé dans leur apprentissage solitaire de la Force. Les deux camps semblaient être en litige, les boules de poils ayant visiblement des reproches à faire aux jeunes apprentis de l'Ordre Jedi. Si certains Initiés semblaient être en retrait et ne souhaitaient aucunement répondre aux provocations des autochtones, deux d'entre-eux -un imposant Bothan et un Humain blondinet- ne l'entendaient pas de cette oreille et ne souhaitaient visiblement pas se laisser marcher dessus par plus petit que soit. La tension était à son comble et l'affrontement pacifique pouvait rapidement dégénérer si personne ne décider de trouver un compromis qui arrangerait chaque côté.


« On n'a rien fait cramer ! Quand est-ce que vous allez comprendre que ce sont les mercenaires étrangers qui ont foutu le feu à vos terres ?! » cria le jeune Humain aux cheveux longs dans un parfait langage Basic en oubliant maladroitement que les Ewoks face à lui ne le comprenaient certainement pas.

« Ee chaa ma waa a'lee'a'ta ! Chee ka'a ! » s'emporta violemment en guise de réponse l'un des guerriers Ewoks qui brandit alors son bâton pointu comme une menace évidente à l'égard de l'Initié impoli.

Nul doute que l'origine de ce mécontentement avait un lien avec les récents déboires d'un Novice Alderaani près du Sanctuaire Jedi. Encore fallait-il être au courant de l'histoire pour s'y intéresser de très près.

Ce n'était pas le cas de tout le monde, malheureusement.

_________________________
- 1/ Soresu - III - Parades (Défense) =) Rylen en fait sa principale technique de combat -
- 2/ Shien - IX - Coup vif à l'adversaire (abandonnée au fil des années au profit de l'Ataru) -
- 3/ Sokan - VIII - Frappes rapides et brèves -

-Histoire du Maître Jedi-
-Possessions du Maître Jedi-
- Second perso: Rick O'lonell -
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Emiko Areku
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MessagePosté le: 24/03/2017 17:23:43    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant

Comme à l'ordinaire (je commençais à m'y habituer, ce qui n'enlevait toutefois rien au caractère agaçant de la chose) j'ignorais si Erwan était sérieux ou non. Haussant mentalement les épaules pour chasser mon irritation, je ramenais mon attention sur la scène un rien pittoresque qui se déroulait un peu plus bas, sur une plate-forme qui commençait à accueillir un peu trop de monde. Les éclats de voix me parvenaient distinctement et il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que les choses pouvaient dégénérer. Je songeais un instant aux propos de mon guide au sujet de la provocation et des guerriers Ewoks.

Je faillis dépasser sans m'arrêter la passerelle qui menait au groupe agité. Après tout, ça ne me regardait pas : j'ignorais de quoi il retournait, je ne connaissais personne et tout ça n'était pas mes affaires. C'était au mieux me mêler des casseroles d'autrui, au pire m'interposer entre deux parties qui, culturellement, risquait de jeter un regard assez torve sinon à ma tenue, du moins à mes plaques d'identification militaire. Retenant un soupir, je glissais celles-ci entre mes seins, à l'abri de mon tee-shirt.
Et fus la première surprise lorsque mes pas prirent la direction du rassemblement.

Je me morigénais intérieurement tout en sachant qu'au fond de moi, ma décision était déjà prise. Il ne restait qu'à aller de l'avant.

« Ee chaa ma waa a'lee'a'ta ! Chee ka'a ! »

La gouaille de la marmotte géant n'avait rien de joueuse, pas plus que la pointe durcie au feu qu'elle agitait sous le nez des Jedis. D'ailleurs, en parlant de feu, ceux-ci n'avaient-ils pas évoqué un incendie ? Je mis à profit les secondes suivantes pour porter mon regard vers les perspectives de la forêt les plus profondes que ses arbres me laissaient voir, battant une unique fois des paupières pour ajuster mes yeux en biocristal.

Traces de carbone détectées.
Composition élevée : 78%. Diminution probable, facteur : conditions climatiques.
Composition supposée avant diminution : 86%.
Proposition : combustion.

Les caractères s'affichaient dans un coin de mon champ de vision, une lueur que j'étais la seule à percevoir nimbant de lointains déchets carbonisés qui, curieusement, semblaient se situer plutôt en direction du lac que j'avais déjà repéré. Il devait effectivement y avoir eu un départ de flammes dans les environs et je frissonnais en imaginant un brasier géant engloutir cette région forestière.
J'arrivai à hauteur de l'empoignade. Les locaux ne me prêtaient aucune espèce d'attention, comme la plupart des novices ; je notais que ce n'était pas le cas du massif Bothan et en un éclair, les rumeurs qui avaient circulé à leur sujet au sein de mon régiment me revinrent en mémoire. Je me sentis mal à l'aise en sa présence, ce qui fit poindre une pointe de colère au creux de mon ventre.

J'adressai aux peluches un signe de la main que la galaxie toute entière interprétait comme un salut informel. J'espérais vivement que les Ewoks étaient au courant des mêmes choses que le reste de l'univers ; ne manquerait plus qu'ils prennent ça comme une tentative de leur jeter un sort. Puis, en direction de l'humain aux mèches blondes :

« Salut. Je suis nouvelle, c'est... Erwan qui m'a amenée ici. »

Je formulai silencieusement le voeu qu'on ne voyait pas ici le Jedi barbu d'un œil aussi critique que moi. Je ne savais pas trop sur quel pied danser avec lui mais, avec un peu de chance, il était vu par le sanctuaire comme quelqu'un de sage, raisonnable, mesuré...
L'espoir faisait vivre.

« Enfin bon. J'ai un peu de mal à m'orienter » - c'était là un énorme mensonge, mais qu'importait - « et il faudrait que je passe à l'infirmerie. Vous pourriez m'y guider ? »

Je connaissais suffisamment les hommes pour savoir que ce que je lui demandais lui fournissait le parfait prétexte pour se retirer sans honte de la joute de testostérones qu'il semblait avoir engagée avec les Ewoks. Ce n'était pas perdre la face que venir au secours d'une demoiselle en détresse, pas vrai ? Quand bien même, pour l'heure, la demoiselle en question les aurait volontiers laissés s'entre-écharper pour poursuivre sa route.
...alors pourquoi étais-je intervenue ?

C'était comme si une impulsion étrangère m'y avait encouragée. Et je détestais ça.

« Il faut vraiment que je vois un infirmier » ajoutai-je sèchement devant l'hésitation de l'apprenti.

S'il attendait que je batte des paupières et lui fasse une bouche en cœur, il allait être déçu.

« D'accord. Je vous y emmène. »

Ce n'était pas trop tôt. Tandis qu'il jetait un dernier regard aux autochtones, je pris conscience qu'il paraissait plus jeune que ce que j'avais supposé. Je lui donnais... dix-sept ou dix-huit ans. Avec une grimace intérieure, je me demandais si je n'étais pas en fait un peu vieille pour commencer une vie de Jedi.
Une petite voix me souffla qu'il n'était jamais trop tard pour bien faire, ce qui contribua encore à aviver mon irritation. Je la dissimulais toutefois derrière un masque distant.

Le jeune homme ouvrit la voie et je lui emboîtais le pas, notant du coin de l’œil que le Bothan en faisait de même. Je n'appréciais pas de le sentir dans mon dos et m'arrêtai si brutalement qu'il manqua me rentrer dedans ; je le fixais avec un sourire glacé dont il ne fut pas dupe et se porta à hauteur de son acolyte, qui avait suivi cet échange fugace avec une pointe de surprise. Comme pour combler le vide qui semblait s'être creusé, il s'empressa d'ouvrir la bouche et de me parler du camp.

Il parla. Et parla. Et parla encore.
De tout et de rien.
Je mis en sourdine mes capteurs audios, me contentant d'acquiescer de temps à autres.

J'avais la désagréable sensation d'être observée, sinon épiée. Ça n'avait rien d'étonnant, en réalité, étant une étrangère dans cette communauté ; en y ajoutant mon évidente nature cybernétique, il n'y avait rien de remarquable à ce que j'attire la curiosité des résidents. Ou alors mon côté paranoïaque prenait le dessus.
Ou bien on m'observait effectivement, avec des arrière-pensées qui alarmaient mon sixième sens.

Nous arrivâmes assez vite devant l'infirmerie qu'Erwan m'avait désignée plus tôt, à savoir une hutte fichée à mi-hauteur pas très éloignée de notre point d'atterrissage. Je glissai un regard en arrière, notant que l'attroupement précédent s'était dispersé. Une bonne chose de faite, quand bien même les tensions que j'avais perçues trouveraient bien un autre prétexte pour éclater.

« Merci beaucoup. À plus tard » lançai-je à mes guides d'un ton qui démentait mes propos, franchissant le seuil sans leur accorder plus d'attention.

Ce n'était pas que j'étais impolie - ou peut-être un peu. C'était surtout que je n'étais pas à l'aise - je me comportais en soldate dans un environnement inconnu, possiblement hostile. Je dissimulais ma gêne derrière un bouclier de froideur et c'était très bien comme ça. On fichait généralement la paix aux gens désagréables.

Je découvris que l'intérieur du cabanon était tout à la fois désuet et moderne. Tout n'était que bois épais, sans fioritures, sans décorations ; mais un générateur bourdonnait paisiblement, soigneusement rangé dans un coin, et ses fils parfaitement disposés alimentaient plusieurs appareils certes sommaires mais qui devaient remplir leur office. Une femme d'âge mûr se tenait là, pianotant sur un holo-écran dont je ne parvins pas à identifier les programmes. Elle les fit de toute manière disparaître à mon arrivée, se tournant dans ma direction ; un peu de blanc venait nuancer ses mèches ailes-de-corbeau, rassemblées en un sévère chignon. Elle avait un peu d'embonpoint mais la sévérité que je lisais sur son visage démentait toute bonhommie que ces courbes excessives auraient pu lui apporter.

J'avais l'impression de redevenir une petite fille sous le poids du regard avec lequel elle m'étudia. Je me tins coite, raide, supportant son examen avec toute la dignité dont j'étais capable.

« On dirait qu'on s'est déjà occupé de vous » lâcha-t-elle finalement avec un geste du menton vers mon bras mécanique.

Il n'y avait eu ni moquerie, ni humour. Elle énonçait simplement un fait. Curieusement, cette tonalité me rasséréna un peu.

« Eh bien, en fait... j'aimerais un vaccin. Ou quelque chose comme ça. » Prenant conscience du ridicule de ma formulation, je me hâtai de préciser : « Je viens d'Eriadu et entre nous je crois que mon système immunitaire n'est pas vraiment habitué à Endor. »

Un très, très mince sourire étira ses lèvres.

« On ne vous a pas fait une batterie de vaccins dans l'armée impériale ? »

Je coulai un regard dépité à ma tenue, comme si elle venait de me trahir en clamant haut et fort le numéro de mon régiment.

« Ah, ne vous en faites pas et asseyez-vous là » ajouta-t-elle en tapotant ce qui se trouvait juste à son côté - un improbable mélange de civière et de lit de camp, assez peu engageant. J'obtempérais néanmoins. « Laissez-moi deviner... Allister ? »

Une pointe d'amusement éclaira ses yeux clairs, qui me rappela fortement le Jedi m'ayant amenée ici. Je hochai la tête.

« Il vous a raconté cette histoire de diarrhée, hein... Non, ne répondez pas, je connais déjà la réponse. Bras droit ou gauche ? »

Sans me laisser le temps de lui faire remarquer quoi que ce soit, elle pinça mon coude droit et y enfonça une seringue que je ne me rappelais pas l'avoir vue saisir. Je n'avais jamais eu peur des piqûres mais la délicatesse toute relative avec laquelle elle s'attelait à sa tâche me fit reconsidérer la question. Lorsqu'elle eu fini, m'assénant une légère tape sur l'avant-bras, je me massais à l'endroit où la pointe avait percé ma peau : j'étais sûre d'y voir sous peu apparaître un énorme bleu.

Ça n'avait duré qu'une poignée de secondes.

« Euh... merci. »
« Et polie avec ça ! » Elle renifla, un rien goguenarde. Cette bonne femme me plaisait énormément et je lui fis les gros yeux. « Bon, pas de tourista pour vous. Il vous fallait autre chose ? »
« Non, ça ir-... »

Le gargouillement sonore que produisit mon estomac, me coupant littéralement la parole, fit monter un feu d'embarras à mes pommettes.

« J'imagine qu'il est un peu tôt pour le dîner... » marmonnai-je en passant la main sur mon ventre.
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« Il y a assez d'étoiles en cet univers pour que chacun y trouve un foyer ; alors pourquoi est-ce que je ne me sens à ma place que dans l'espace, naviguant parmi les nébuleuses de gaz pourpre et les amas de néon bleu ? »

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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 04/04/2017 19:23:25    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant



Astre de petite taille au beau milieu de la vaste galaxie, la lune forestière d'Endor n'était qu'un point sur les cartes stellaires, perdu au milieu des milliers de soleils qui brillaient bien plus qu'elle. Son orbite tournait lentement, dans une sombre indifférence et tout voyageur qui la contemplait ne pouvait voir en elle qu'une pièce de l'immense tableau qu'une alchimie plus grande avait mis en oeuvre, tant son éclat était terne et son aspect insignifiant. Ses vastes forêts vertes et luxuriantes, vues de l'extérieur, absorbaient toute vie, son atmosphère humide et sa faune bruyante chassant de leur côté les aventuriers trop peu préparés. Pour les richesses qu'elle contenait, personne n'aurait pris la peine de se tremper la carcasse, ce qui avait gardé le lieu du trafic galactique et de son lot de désagrément. L'endroit parfait pour celui qui désirait se cacher aux yeux des mondes connus, pour une courte ou longue période, car peu nombreuses étaient les formes de vie intelligentes sur son sol. Du moins, une chose était sûre, Kath Aplazm ne faisait pas partie de celles-là.

Le novice alderaani traversait les passerelles d'un air maussade. Courbaturé dans tout son corps et couvert de plaies, il serrait de ses mains tremblantes les pansements de fortune qu'il avait lui-même confectionnés à l'aide des lambeaux de sa bure trempée et déchirée de la veille. La fatigue de la soirée lui avait permis d'oublier un temps les affres de sa condition de bras-cassé, mais la nuit de sommeil qui venait de passer l'avait ramené à la dure réalité de son existence : la souffrance et l'échec. Trainant les pieds, il rampait debout, étalé contre les rambardes et les murs avec des râles de douleur qui n'inquiétaient nullement les Jedi qu'il croisait. Sans doute avait-il, en ces quelques semaines qu'il était ici, su se forger une réputation solide de casse-cou avec qui il valait mieux ne pas fricoter au risque d'aller aux devants de graves déconvenues, pouvant entrainer la mort par accident.

Quoiqu'il en fût, ses pensées n'allaient qu'en direction de l'infirmerie, dont l'aspiration chassait les cauchemars de la veille et faisait apparaitre dans son chef une lueur d'un espoir naïf de voir tous ses maux instantanément disparaitre. C'est donc dans une chute rédemptrice et soulagé qu'il s'écrasa sur l'huis dudit lieu après avoir déambulé une bonne demi-heure sur les passerelles et s'être perdu trois fois. Le soleil était haut dans le ciel, de sorte que l'après-midi était bien entamé ; il fallait qu'il prenne des forces, car le soir ne tarderait pas et avec lui, l'épreuve que réservait le maître Jedi Nass à son disciple turbulent.
Quand il pénétra dans la bâtisse, Kath ne vit de prime abord qu'un grand éclat de lumière qui l'aveugla un instant, perçant la fenêtre de bois ouverte dans le mur opposé. Se protégeant de ses mains, le novice put admirer la beauté des cimes qui se dessinaient à l'horizon, le vert des feuilles encore humides et sentir la douce odeur de la rosée s'évaporer. Eut-il été encore sur Alderaan, seul et en pleine possession de ses moyens, il aurait pu passer des heures à contempler cette vue, à tracer sur ses carnets de croquis l'immensité du panorama, ses contours subtils, ses couleurs nuancées, son aura si calme et si...

- Bon, pas de tourista pour vous. Il vous fallait autre chose ?

Charmant. Tournant la tête, le jeune homme baissa les bras et resta dans la lumière, à quelques pas de deux femmes. Kath reconnut la première, une Jedi d'âge mûr aux yeux vifs et dont les regards lui glaçaient le sang, comme si chacun des traits de ses iris l'analysaient des pieds à la tête quand elle lui jetait un regard. Assurément, elle devait être une grande Jedi, et comme tout grand Jedi, elle avait le pouvoir d'impressionner les esprits les plus... impressionnables. A ses côtés se tenait une étrange personne. Kath ne l'avait jamais vue, car il s'en serait souvenu, aussi oublieux était-il : le bras métallique et le regard évasif de cette femme dont il ne pouvait discerner l'âge lui firent une forte impression. Sa silhouette, nimbée du halo doré des rayons du soleil, avait quelque chose d'inquiétant. De grâcieux, certes, mais d'inquiétant. Le novice fit un pas de côté, comme les deux acolytes ne l'avaient pas remarqué.

Son pied rencontra un fil tendu mais, plus vif que jamais, il se rattrapa sans problème. Etonné de son réflexe inespéré, il se bomba le torse, ne constatant pas qu'un pan de sa bure s'était pris dans une écharde épaisse qui sortait du mur près duquel il se tenait. Son mouvement fut suivi d'un bruit de déchirure ; il jeta vivement un regard affolé vers ses vêtements, car il ne s'était que trop souvent trouvé à demi-nu depuis ces derniers jours. Heureusement, l'épine n'avait abîmé que le petit ourlet qui lui servait de poche, laissant tomber au sol les quelques biscuits quotidiens qu'il recevait et qui devrait lui servir de dîner. Horripilé à l'idée de perdre la seule possession qui comptait encore à ses yeux dans cet exil forcé au Sanctuaire, loin des luxes et de l'abondance de sa patrie, il se jeta à genoux pour ramasser son bien.

Faisant cela, il avait progressé d'un bon mètre dans l'infirmerie, s'offrant à la vue de l'infirmière qui lui lança un regard désolé mais agacé. S'il avait une bonne raison de venir la voir -son état lamentable en témoignait-, il était désormais connu pour ses frasques, car le mot avait circulé dans le Sanctuaire Jedi, malgré la proximité des évènements qui avaient mêlés le novice aux Ewoks Naa'fruu. Peu importait aux oreilles de Kath, qui n'entendirent qu'un long gargouillement. Il leva lentement ses yeux, les sourcils froncés. Toujours nimbée de lumière, il ne pouvait distinguer si la jeune femme l'observait elle aussi mais il n'avait pas besoin de la voir pour avoir immédiatement compris. Jamais elle n'aurait ses biscuits. Le novice, qui n'avait encore à cette heure pas vraiment faim, avala son dîner d'un coup et garda la bouche fermée, les joues gonflées.
Déportant son regard sur l'infirmière du Sanctuaire, il se leva, un peu gêné.


- Jgh' mmhh'bess'oin mmghh <glup> d'aiffgde (J'aurais besoin d'aide) !, dit-il en mâchouillant son pauvre repas. S'idgfh-voihs-plait ! (S'il-vous-plaît)

L'infirmière leva les yeux au ciel tandis qu'il déglutit bruyamment. Se frottant les mains discrètement derrière sa bure, Kath, l’œil droit toujours gonflé et bleu, adressa un sourire fier et conquérant à la jeune femme. Il ne la connaissait pas, autant lui laisser bonne impression.



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Uriel
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MessagePosté le: 09/04/2017 15:39:38    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant



L'impatience et l'anxiété avaient eu raison d'Uriel. Les visions de la nuit précédente avaient semé en lui une engeance à laquelle il ne pouvait pas s'attendre. Endor, sous ses calmes hospices, s'apparentait à un havre de paix aux yeux du commun des mortels. C'était précisément ce que le natif de Kalee se préfigurait jusqu'à l'expérience funeste de la veille. *Douce illusion…*, pensa-t-il. Un voile pernicieux recouvrait les tréfonds de l'histoire qui s'était déroulée aux alentours. Le pan du secret jalousement caché surgirait tôt ou tard d'outre-tombe tel un défi au nouveau pensionnaire de l'Ordre et ses alliés nouvellement acquis.

Le kaleesh ignorait combien de temps s’était écoulé depuis l’infortune nocturne avec les Ewoks. Alors que l'astre du jour irisait désormais complètement l'architecture aérienne du Sanctuaire Jedi, Jai Veelar, d’ordinaire réfléchi et d’un naturel prudent, se saisit de l’occasion qui lui était donnée pour partir à la découverte de cet asile perdu aux confins du monde. Sans l'aval de Maître Nass, l'alter-ego des Sanyassans se risqua à partir en éclaireur à la recherche de réponses.
*Qui sait quels savoirs je pourrai embrasser par-ci…*, spécula-t-il songeur. Conscient que l’Ordre ne l’avait pas encore jugé digne de porter la bure des Initiés, il n’avait cure du fait que son aspect négligé attire l’attention. Bientôt il serait l’égal des adeptes peuplant ces contrées. Une certaine appréhension gagna toutefois le cœur de l’étranger. Si les Naa’fruu l’avait tant craint, qu’en serait-il des résidents du Sanctuaire ? De son propre aveu, l’alien reconnaissait que son visage reptilien avait de quoi effrayer même les plus téméraires. A n’en pas douter, c’était d’ailleurs probablement la première impression qui avait imprégné les tripes du novice Aplazm lors de leur rencontre une journée auparavant.

Refoulant ces peurs futiles, Uri s’engagea sur la passerelle qui le mènerait vers le centre névralgique de l’infrastructure perchée auprès des cimes. L’espace d’un instant, il pensa avoir oublié quelque chose en arrière, mais s’attacha de ne pas se retourner et continua en direction de l’Agora des Immortels. A l’orée de la plate-forme, le kaleesh aperçut alors une poignée d’individus d’espèces différentes converser à proximité du bâtiment central. Prenant son courage à deux mains, il s’approcha du rassemblement et s’appliqua à se présenter le plus naturellement possible. Un brin observateur, il reconnut sur les visages de ses vis-à-vis la même crainte dans le regard que celle qu’il avait inspirée aux Ewoks. Cette défiance éprouvée au premier abord s’estompa largement lorsqu’ils s’engagèrent plus avant dans la conversion. Les plus curieux d’entre eux questionnèrent l’alien sur ses origines et les raisons qui l’avaient menées jusqu’ici. Soucieux quant à la transparence de son propos, Jai Veelar s’assura de ne pas omettre le moindre détail sur les circonstances qui l’avaient conduit sur Endor.

La conversation prit une tournure pour le moins cocasse lorsqu’Uriel en vint à parler de sa rencontre avec Kath Aplazm. Au prononcé du patronyme, l’hilarité des interlocuteurs de l’alien ne manqua de révéler au grand jour une donnée dont le natif de Kalee n’avait pas encore saisie toute la teneur. Force fut de reconnaître que la réputation de l’humain le précédait, et pas seulement chez les supérieurs hiérarchiques de l’Ordre. Devant les rires gênés, le reptile intervint pour souligner la bravoure dont avait fait preuve l’Alderaani dans les instants les plus périlleux de leur mésaventure. La plaidoirie échoua complétement à convaincre ses destinataires. Avec retenue, le nouvel occupant de ces lieux se résigna à mettre un terme à la conversation et salua les membres de l’Ordre pour se remettre en chemin. Au détour de la plate-forme, le kaleesh contempla la beauté architecturale de l’édifice placé au centre. Sur Kalee, Uri n’avait jamais eu la chance d’admirer un tel chef-d’œuvre. Bien qu’il ignorât qu’à cet instant précis, Maître Nass défendait sa cause à l'intérieur de la bâtisse devant le Conseil Jedi, il ne douta pas une seule de seconde de la symbolique et de la gravité qui abreuvaient cet endroit sacré.

Trois chemins s’offraient à lui et un proverbe kaleesh le rappela à ses racines.
« Un voyageur n’est jamais plus perdu que lorsqu’il est lui-même en perte de repères », lui assénait autrefois son grand-père, lorsqu’il était chef de la tribu. L’alien se surprit à inspecter ses mains et ses serres tranchantes. Le lent tournoiement de ses poignées lui remémora l’adresse et la dextérité avec laquelle il s’était emparé de la lance du geôlier Ewok. Il était droitier. Sa main droite ne l’avait jamais déçu et ne lui avait jamais fait défaut. Uri se contenta de suivre son instinct et s’engagea sur la passerelle de droite. Au bout du chemin tortueux et arachnéen, une bâtisse se tenait fièrement au gré du vent. D’une taille moindre à l’Amphithéâtre de l’Agora des Immortels, le bâtiment n’avait pas à rougir de la diligence avec laquelle il avait été conçu.

L’alter-ego des Sanyassans pénétra nonchalamment à l’intérieur sans se douter une seule seconde de la finalité du site. Escomptant mettre au jour une bibliothèque, la déception fut palpable lorsqu’il réalisa que la place n’était en réalité qu’un dispensaire. Le crève-cœur fut de courte durée puisque d’un seul regard l’alien reconnut un visage entre mille. Kath Aplazm. Le damné des Naa’fruu était dans un piteux état, ce qui justifiait son passage auprès de l’infirmière. Sans une once de malice, Uriel se tâta plusieurs secondes avant de se décider à jouer les fripons en surprenant son compère au beau milieu de sa conversation avec la charmante auxiliaire de soin. Le natif de Kalee s’approcha prudemment de l’Alderaani sous les regards réprobateurs de l’assistance. L’humain était dos tourné, il ne risquait pas de voir le reptile arriver.


- Je ne me doutais pas que les Jedi avaient besoin d’être bordés le soir, lança Uri en référence à la veille d’un clin d’œil. Mais je présume qu’avec les soins d’une aussi jolie jeune femme, il est peu de choses que l’on puisse désirer de plus. (il marqua une courte pause). Quant à vous très chère, (en s'adressant à la jeune femme), permettez-moi de me présenter : Uriel Jai Veelar. Il semble que nous nous apprêtons à partir pour une durée indéterminée et notre santé risque d'être mise à rude épreuve. C'est pourquoi je souhaiterais que vous m'examiniez, s'il vous plaît. Les Naa'fruu ne nous ont pas épargné hier. Même si je me porte mieux que Kath, j'aimerais être sûr que tout va bien.
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Emiko Areku
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MessagePosté le: 09/04/2017 16:36:05    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant

Le sourire narquois qui ourla mes lèvres n'était guère chaleureux. C'était un demi-rictus dont l'amusement était refoulé de mes yeux, lesquels oscillaient avec attention de l'homme à l'alien. Les capteurs analogiques présents derrière mes iris artificiels saisirent les données anthropomorphiques qui échaudèrent mes processeurs, amenant l'information voulue à apparaître dans un recoin de mon champ de vision.

Espèce identifiée à 99%.
Kaleesh.

J'en avais déjà entendu parler mais c'était bien la première fois que j'en rencontrais un. Son apparence était à la fois menaçante et primitive, mais l'aisance comme le ton posé de son discours la démentaient. Non content de se leurrer quant à mon rôle il n'avait surtout pas remarqué la présence de celle qui le remplissait effectivement, l'intéressée s'étant hâtivement écartée à l'arrivée du jeune homme - pressentant peut-être son entrée en catastrophe.

Car c'était bien en catastrophe qu'il avait fait ses premiers pas dans cette inhabituelle infirmerie. Le simple fait d'être témoin de ses galipettes vouées à lui éviter la chute avait eu un effet fatiguant. Un bref coup d’œil en direction de la doyenne de la pièce me laissa supposer qu'il était coutumier du fait ; elle paraissait davantage désabusée que surprise.
Malgré la demande du reptile humanoïde, c'était à mon avis que j'admettais toutefois peu éclairé son acolyte qui nécessitait le plus un examen médical. Que sa gaucherie en soit la cause ou la conséquence, il arborait une mine que j'étais tentée de qualifier défaite : son visage et ses habits portaient les marques de récentes mésaventures, quoique à y bien regarder le Kaleesh paraissait avoir eu son lot de difficultés dernièrement, lui aussi.

Je reculais pour laisser de la place à l'infirmière, qui s'affairait déjà à attraper l'un par la joue l'autre par la serre et disposait ses patients comme un général l'eût fait de ses régiments.

« Vous pouvez m'appeler Emiko. Mais il y a méprise sur la personne, je le crains » me contentai-je d'asséner, laconique.

Étaient-ils Jedis ? Ils n'en avaient pas la tenue traditionnelle que j'avais remarquée chez les autres, mais peut-être était-ce voulu. Je ramenais une mèche derrière mon oreille en songeant que l'amour de l'uniforme n'était pas l'apanage que des soldats.
M'adossant au mur du fond de la cahutte, je croisais les bras sur ma poitrine et observais le médecin faire son travail. Elle commença par le dénommé Kath, lui faisant enlever son haut dépenaillé et tartinant d'un gel visqueux ses contusions - et brûlures ? - avec autant de douceur que si elle ravalait la façade d'un monument particulièrement mal apprécié. Son sourire ravageur de tantôt l'avait quitté, ce qui m'en avait arraché un second.

« Ça va être votre tour bientôt, ne faites pas le malin » narguai-je le Kaleesh en désignant le massacre du pouce. Mon intervention m'attira un regard orageux de la Jedi aux cheveux striés de gris et je me hâtai de trouver une diversion : « Vous avez parlé de Naa'fruu, qui sont-ils ? Il y a des problèmes dans le secteur ? »

Je ne pus m'empêcher de triturer la plaque militaire suspendue entre mes seins, sa solide chaînette glissée sous mon tee-shirt. C'était chez moi un geste de nervosité autant que de réflexion.
Je n'avais pas saisi la deuxième - troisième selon les points de vue - chance que m'avait proposée cet illuminé de Jedi, m'enfuyant éperdument d'une vie sanglante, pour retomber en zone de conflit à je-ne-savais-combien de parsecs de là. Avant, au moins, je pouvais brièvement compter sur le soutien de mes mères.

Je réalisai qu'un silence plein de non-dits était tombé. J'hésitais, comprenant qu'ils n'avaient pas nécessairement à révéler les détails de ce qu'il se passait avec le Sanctuaire à une étrangère ; mais j'avais envie de savoir à quoi m'attendre.

« C'est à cause d'eux que vous avez été blessés ? S'il y a des endroits à éviter, je préfère autant être mise au courant. »

L'effet autoritaire de ma demande fut quelque peu gâché par une énième protestation peu discrète de mon ventre vide et la vision fugitive du jeune homme s'empiffrant de ses biscuits quelques instants plus tôt s'imposa à moi.

« ...dites, il y a un réfectoire quelque part ? » fis-je en désespoir de cause, sans trop m'adresser à une personne en particulier.
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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 09/04/2017 23:35:09    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant

Quoiqu'expertes, les mains de l'infirmière en chef du Sanctuaire ne prirent aucune précaution pour triturer la peau du novice Kath Aplazm. Elle tira, pressa et compressa sa peau et ses plaies, avec une dextérité indiscutable mais sans pour autant y mettre les formes. Ainsi, l'Alderaani eut l'impression, pour les cinq bonnes minutes qu'il passa entre les griffes expérimentées de la doctoresse, qu'il venait de passer une heure entière de torture. Il eut à peine le temps de remarquer l'arrivée d'Uriel, comme la matrone lui apposait un pansement accompagné d'une pommade mélangeant une décoction de plantes locales et une demi-dose de bacta. Avec ça, s'il ne serait pas opérationnel dans la minute, le jeune homme pourrait au moins espérer mieux guérir qu'en se morfondant sur sa couche.

Dans l'espoir de se changer les idées, Kath tenta de prêter l'oreille à la discussion qu'avait son ami avec l'étrange jeune femme dont il n'avait toujours pas discerné les traits, car elle lui tournait à présent le dos. De ce qu'il put comprendre entre deux grognements de douleur, l'étrangère s'appelait Emiko. Ce nom fit sourire l'Alderaani : il lui rappelait en effet celui d'une jeune Bith qui avait été sa voisine, du temps où il jouait avec les enfants de l'orphelinat qui jouxtait la maison de ses parents. Mais son sourire s'effaça très vite, alors qu'il était pris d'un nouveau spasme : ses hématomes avaient beau être superficiels pour la plupart, ils le faisaient souffrir et étaient assez nombreux pour garder la bienfaisante infirmière Jedi occupée pour un petit moment encore. Se replongeant dans ses souvenirs, il dut assez vite admettre que cette Emiko n'avait rien de la gentille Bith mélomane qu'il avait connue : celle-ci paraissait assez indifférente, cynique de par les paroles qu'elle adressa à Uriel et pas véritablement affable. Peut-être était-ce cette dégaine robotique, que l'humain apercevait à présent qu'elle se tenait un peu plus en retrait, qui lui donnait cet aspect. Kath tentait depuis un certain temps de ne plus juger les gens sur leur apparence, mais n'importe qui aurait admis qu'il était difficile d'en faire autrement en cet instant tant l'allure d'Emiko était...originale. Et il n'était pas sûr d'être tout à fait rassuré par cela.

L'infirmière lâcha Kath, lui adressant un regard impérieux qui lui signifiait de dégager le plancher pour que les blessures d'Uriel puissent être à leur tour traitées. Quoiqu'il ait pu souffrir, le novice reconnut en son for intérieur que cette Jedi avait une force de caractère impressionnante, qui forçait même le respect. Silencieux et obéissant, il fit quelques pas de côté en veillant bien à marcher entre les fils qui ressortaient de la grosse machine principale. Sa silhouette masqua la lumière du soleil déclinant doucement à l'horizon et la pièce se trouva dans une semi-pénombre orangée. Kath n'aurait pas cru apercevoir un tel charme estival en pleine saison des pluies et flâna un instant dans les nuages de son esprit soudain reposé, écoutant sans vraiment les entendre les paroles de l'étrangère et réajustant d'une main lasse sa bure de novice mal repassée.
Son attention se reporta bien vite sur Emiko, pourtant, car il lui parut très impoli, dans un accès d'amabilité que ses plaies soulagées avaient laissé poindre, de laisser sans réponse ses quelques questions. D'un coin de l’œil, il fixait l'infirmière qui s'occupait à présent de son compagnon Kaleesh. Il allait devoir choisir ses mots avec soin en présence d'un Chevalier Jedi, afin de ne pas reproduire encore une fois les erreurs qui l'avaient amené à devenir la risée d'une bonne partie du Sanctuaire en quelque semaines seulement.


- Bienvenue ...Emiko, c'est ça ? Je suis Kath. Kath Astrophe...euh, Aplazm !
se reprit l'Aldeerani. Ne faites pas attention, c'est juste un surnom idiot que les gens me donnaient et... Il s'interrompit quand ses yeux croisèrent un bref instant le regard perçant de celle qui triturait à présent les bras reptiliens et longilignes d'Uriel. Kath comprit instantanément ce que cela signifiait et décida de rapidement changer de sujet.

- Par la Force ! Je parle trop. Pour répondre à votre question...
Il marqua un temps d'arrêt pour rassembler ses idées ainsi que se souvenir exactement de ce que cette étrange fille mi-humaine mi-robot de chantier avait dit. Les paroles des jeunes femmes le mettaient souvent dans un état de confusion qu'il avait du mal à calmer. Ainsi, il ne remarqua pas qu'il venait juste d'invoquer la Force à la manière d'un obscur dieu animiste, comme si la révélation qu'il avait eu la veille à propos de L’Écho était maintenant devenue une évidence qu'il ne remettait pas en cause. Il prit une inspiration profonde et son air le plus sérieux, laissant ses yeux se perdre dans le lointain, à travers la fenêtre contre laquelle il était maintenant appuyé. Pour répondre à votre question, les Naa'Fruu sont des Ewoks de la tribu autochtone la plus proche d'ici.

Le novice ne crut pas utile d'en dire plus. Son estomac se noua. Il n'avait pas cœur à décrire ces boules de poils pour le moment et laissa la dernière question d'Emiko sans réponse. Uriel y répondrait sans doute, mais il choisirait de ne pas écouter. Une vague de remords, de peur et de tristesse lui serra le cœur : s'il avait un temps éprouvé de la colère envers les Naa'Fruu qui avaient tenté de mettre un terme définitif à son existence, il ne pouvait à présent plus songer qu'à ces quelques créatures qui, piégées dans la forêt, n'avaient pas eu la seconde chance dont il disposait. Kath eut un léger frémissement : le vent s'était doucement levé et parcourait les allées du Sanctuaire pour pénétrer jusque dans la salle où ils se trouvaient tous les quatre. Marchant jusqu'à l'embrasure de la porte, il se laissa porter par le souffle du vent froid.

- Il y a une cantina de l'autre côté des passerelles
, indiqua-t-il à Emiko d'un geste du bras. La nourriture n'est pas fameuse, mais c'est ce qui se fait de mieux ici. Et puis, si vous aimez le pazaak...


Une bonne partie de pazaak pourrait lui remonter le moral. S'il n'était pas bon à plus ou moins tous les aspects de la gestion de sa propre vie, jouer aux cartes était l'un des domaines qui lui réussissaient le mieux. Pas que ce don lui ait été d'une quelconque utilité pour impressionner ses pairs jusqu'ici, ceci dit. Haussant les épaules, il passa l'huis de la porte pour se poster à l'extérieur, à une bon mètre de l'entrée. De cette position, il ne subirait plus le visage inquisiteur de l'infirmière le priant de lever le camp, les grognements d'Uri prisonnier de cette nouvelle geôlière, ainsi que le regard robotique et froid que jetait l'étrangère à tout ce qu'elle observait.

- Courage, Uriel ! Je t'attends ici, si tu survis !
ironisa Kath à l'adresse de son ami. Une clameur de l'infirmière suivie d'un grognement plus grave poussèrent l'Aldeerani à se taire définitivement. Il connaissait la patience des Jedi à son égard, mais craignait d'en éprouver les limites.
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Uriel
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MessagePosté le: 10/04/2017 09:12:28    Sujet du message: Il était une fois [Libre] Répondre en citant

- Les apparences sont trompeuses, Uriel ne l’oublie jamais.

La maxime du grand-père d’Uriel ne s’était jamais révélée aussi juste. L’alien avait malencontreusement confondue l’infirmière avec une illustre inconnu du nom d’Emiko. La jeune femme était tout bonnement fascinante, à commencer par sa crinière rosée. Fine et svelte, elle avait quelque chose de solaire dans le regard. Son bras mécanisé témoignait d’une force physique conséquente à n’en pas douter. D’une somptueuse sobriété, la belle ne trahissait aucunement la délicatesse que dame nature lui avait conférée.

La véritable infirmière finit par attraper les deux compères et prit en charge leurs contusions. L’Alderaani fut le premier à passer sur la table. La jeune femme aux cheveux rosâtres s’adossa au mur les bras croisés pour profiter du spectacle et se fendit pour une remarque pour le moins taquine. Lorsqu’elle reprit la parole, la spectatrice interrogea le duo de choc sur l’identité des Naa’fruu et l’existence de tensions dans la région. De telles questions ne pouvaient signifier qu’une chose : la dénommée Emiko était elle aussi une étrangère. Le kaleesh hésita par deux fois à soulever le voile d’ombre qui taraudait la jeune femme, mais le natif de Kalee se rappela au bon souvenir de Maître Nass. Lors de leur première rencontre, le Gungan s’était empressé de réprimander le novice Aplazm et ne put se résoudre à rester évasif sur l’Ordre, conduisant irrémédiablement son discours à évoquer la cause Jedi devant un profane du nom d’Uriel. Jai Veelar ne souhaitait pas tomber dans le même travers et se contenta d’une moue en guise de réprobation.

Lorsque la matrone en eut fini avec le corps meurtri de l’Alderaani, l’infirmière ne tergiversa pas un instant lorsque son regard éclatant se porta sur la forme reptilienne. Elle ne fit ni une ni deux et l’attrapa au col pour l’asseoir là où précédemment elle s’était appliquée à soigner Kath.


- Moi, qui pensait qu’un seul canard boiteux suffisait amplement à l’Ordre… Voilà qu’un nouvel énergumène se joint à lui ! lâcha la doctoresse. Vous avez un certain talent pour ce qui est de trouver des amis, semblerait-il…

- Ne soyez pas aussi médisante envers deux pauvres âmes mutilées comme nous. Je présume que vous-même avez eu votre lot de difficultés pour un temps, répondit Uriel avec le sourire.

La chevalière Jedi n’approuvait pas mais ne parvint toutefois pas à réprimer un léger sourire du coin des lèvres. Au même instant, l’humain avait à son tour engagé la conversation avec l’étrangère aux reflets argentés. Avec maladresse, il réussit tout même à combler la soif d’informations de son interlocutrice. Le jeune homme ne se hasarda pas à entrer davantage dans le sujet. Comme pour Uriel, la mission qui leur serait confiée lui était encore inconnue ; et quand bien même elle eut été connue, les mystères qui l’entouraient suggéraient avant tout de se prémunir contre tout excès de divulgation. La conversation revêtit par la suite les atours d’un échange tenant du lieu commun à laquelle Uriel ne saisit pas tout à cause la douleur provoquée par les baumes appliqués sur le corps. Féru d’une certaine ironie, l’Alderaani lui adressa une petite pique constatant avec un certain sadisme la souffrance du natif de Kalee et s’en alla l’attendre auprès du pas de la porte.

Le supplice prit fin par l’application d’un dernier bandage. L’alien adressa toute sa reconnaissance à l’infirmière en guise de remerciement puis se dirigea vers l’étrangère. Le kaleesh plongea ses yeux dans le regard de la jeune femme et déclara :


- Je ne saurais que trop vous conseiller de rester prudente par ici. Ce sont bel et bien les Naa’fruu qui nous ont infligé ces sévices mais ces créatures ont un bon fond et ne sont pas à craindre. En revanche, de sombres évènements s’apprêtent à avoir lieu ici, j’en ai la conviction. A bon entendeur… (Il marqua une pause entrecoupée d’un toussotement) Sur ce, permettez-moi de prendre congé. Au plaisir de vous revoir prochainement, Emiko.

Sans plus attendre, le natif de Kalee sortit par la grande porte où l’attendait le disciple de Maître Nass. Ce dernier semblait pleinement revigoré. Jusqu’alors, le reptile l’avait toujours côtoyé mal en point. Leur vigueur retrouvée, les deux confrères pourraient commencer les préparatifs du voyage qui les attendait en toute sérénité.

- Quelle est la prochaine étape, messire Kath Astrophe ?, lâcha le nouveau pensionnaire afin de briser le silence. Et par pitié, promets-moi que c’est la dernière fois que nous mettons les pieds ici. J’ai eu mon lot d’avaries pour trois années galactiques !



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MessagePosté le: 25/07/2017 21:34:40    Sujet du message: Il était une fois [Libre]

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