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Un pas de plus

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Star Wars RPG Index du Forum -> Galaxie principale -> Reste de la Galaxie -> Bordure Médiane -> Ord Mantell
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Jil Charce
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 08/03/2017 01:28:35    Sujet du message: Un pas de plus Répondre en citant

    (Précédemment...)

    Jil écoutait les bourdonnements mécaniques qui s’élevaient jusqu’à sa petite cabine, depuis les entrailles du Kraki. Le modeste cargo, qui naviguait en hyper-espace, avait été pensé par son propriétaire nothoiin comme un vaisseau à tout faire, à même de transporter aussi bien des marchandises en quantité réduite que des passagers.

    Elle avait dormi paisiblement, et tard, à en juger par les chiffres qu’affichait l’écran de l’horloge, vraisemblablement réglée sur l’horaire galactique standard. Elle gardait quelques traces de son évasion de la veille, une ligne rouge sur un bras et des courbatures dues aux heures de marche à travers les plaines de Bendeluum ; mais son moral était au beau fixe, et sa détermination à son zénith rendait son humeur splendide.

    Après une rapide toilette, elle enfila la robe qu’elle portait la veille – le seul vêtement qu’elle ait – et parcourut les coursives du Kraki jusqu’à la cabine de pilotage, où se trouvait Assarn, qui vérifiait tranquillement un cadran à gauche, un voyant à droite, ou regardait filer les traces de lumière à travers la verrière.

    – Bien reposée? lança amicalement le Nothoiin, sans se distraire de son tableau de bord.
    – Oui, merci. Je me demandais si vous aviez quelque chose à manger, comme il vous arrive de transporter des voyageurs…
    Assarn lui désigna un petit réfrigérateur sur le côté de la salle encombrée.
    – Vous pouvez manger ici, si ça vous tente. Ou dans votre cabine. Il eut un haussement d’épaules gêné. Le Kraki est trop petit pour disposer d’un véritable réfectoire, ou de confort de ce genre.
    – Ça ne me pose pas de problème. D’autant plus que vous ne me faites pas payer le voyage. Je vais manger ici, puisque ça ne vous dérange pas. Jil désigna la verrière d’un signe de tête. Histoire de profiter de la vue.
    – Vous avez raison. Je ne m’en lasse pas, même après des années. Un silence. Comment va votre bras ?
    – Bien. Guère plus qu’une éraflure. La Lorrdienne sentait qu’Assarn était curieux, et qu’il n’avait pas vraiment cru à son histoire d’insomnie. Elle devait bien reconnaître que le mensonge n’avait pas été très convaincant. Je n’ai pas été tout à fait franche avec vous. Il s’agissait plus d’une… fuite… que d’une insomnie.
    – Je gagne ma croûte en cachant des choses, répondit le Nothoiin. Je sais reconnaître les gens qui agissent de même.

    Jil continua à manger en silence, sans répondre à la question implicite d’Assarn. Elle avait beau apprécier l’homme, il était plus prudent de garder pour elle les détails de son échappée, au cas où la tentation de la livrer contre une prime serait trop forte.

    – Vous êtes donc contrebandier, dit-elle pour changer de sujet.
    – C’est à peu près ça. J’effectue toutes les petites opérations qui peuvent nous rapporter de quoi manger, à ma fille et à moi.
    – Vous lui apprenez le métier ?
    Assarn haussa les épaules.
    – Il faut bien. C’est le seul que je puisse lui transmettre. Et notre seul moyen de subsistance. Pas que ça me plaise, notez. Mais grandir et vivre dans la bordure extérieure n’offre que peu de perspectives qui ne soient pas illégales.
    – Et le risque qui va avec, j’imagine.
    – Vous aurez remarqué que la mère de ma fille n’est pas à bord, soupira-t-il. Les autorités républicaines ont jugé il y a quelques années qu’elle serait plus à sa place dans une cellule, sur Coruscant.
    – Je vois. Ça ne doit pas être facile à vivre. Surtout pour une adolescente.
    – Non. Idell souhaitait apprendre le carric pour pouvoir jouer avec sa mère à sa libération, puisqu’elle et moi nous mesurions souvent l’un à l’autre. J’aurais aimé lui offrir cela, mais il semble que je ne sois pas très pédagogue.

    Le Kraki sortit à ce moment d’hyper-espace. Une énorme planète occupa soudain la verrière, toute en nuances de vert et de bleu. Jil reconnut un monde qu’elle avait déjà visité à plusieurs reprises, des années plus tôt, du temps où ses parents voyageaient avec elle. Corellia. Son système était riche en planètes colorées dotées d’installations industrielles orbitales, qui ressemblaient de loin à de grossiers oursins métalliques.

    – J’ai une cargaison à livrer ici avant de vous déposer sur Ord Mantell. Ça ne devrait pas prendre très longtemps. Pour des questions de procédure et de règlements locaux, il serait plus simple que vous ne quittiez pas le bord en attendant. Idell a l’habitude.

    L’approche fut brève. Un échange sommaire avec un opérateur du spatioport guida Assarn vers la plate-forme qui avait été attribuée au cargo nothoiin. Une fois le contrebandier sorti et les commandes verrouillées par sécurité, la Lorrdienne resta seule dans le cockpit, observant l’extérieur depuis son siège. De là où elle se trouvait, le panorama ne correspondait pas tout à fait à ses vieux souvenirs. Tout semblait neuf, à la pointe de la technologie. Le vaisseau reposait sur une petite esplanade semblable aux dizaines, aux centaines d’autres qui hérissaient les flancs des grands édifices d’acier et de verre qui composaient les infrastructures portuaires corelliennes. Au-delà, le regard se portait sur la verdure abondante qui foisonnait sur la planète, et sur les tours d’une cité, au loin. Le propriétaire passa dans son champ de vision, poussant un gros chariot sur cousin anti-gravité, et disparut par la sortie de la plate-forme, devant laquelle montait la garde un planton de la CorSec à l’air morose, engoncé dans une tenue réglementaire d’un beige fatigué et grisâtre.

    Un bruit de pas derrière elle la tira de son examen. Elle se tourna, vit qu’Idell venait d’entrer dans la pièce, et lui adressa un sourire chaleureux.

    – Bonjour ! Je n’ai pas eu l’occasion de me présenter correctement, hier soir. Dhiris. Elle lui tendit la main. Votre père m’a laissé embarquer comme passagère jusqu’à Ord Mantell.
    – Bonjour. Il m’en a informée ce matin, oui. Bienvenue à bord. La jeune fille s’installa dans le fauteuil du pilote, jambes repliées, le menton posé sur ses genoux. Il m’a dit aussi qu’il vous avait battue au carric, mais que vous vous défendez bien.
    – C’était une partie intéressante, oui, mais votre père est très bon. Il ne m’a pas fait de cadeau. L’adolescente sourit, fière de son paternel. Je n’avais pas joué depuis des années, j’ai perdu la main. Je suis à votre disposition, d’ailleurs, si vous souhaitez en disputer une partie en ma compagnie.
    Idell perdit son sourire, replacé par une expression en demi-teinte exposant son manque d’assurance.
    – Je ne sais pas… Je doute d’être une adversaire à votre mesure.

    Un silence épais s’installa dans la cabine de pilotage. Jil observait sans y paraître l’apprentie contrebandière à la peau dorée, recroquevillée sur son siège, et la trouva soudain terriblement jeune. Elle-même n’avait pas eu une adolescence des plus confortables, mais Idell semblait mal supporter sa vie, la part qu’elle prenait dans les activités de son père et l’absence de sa mère. La Lorrdienne sentit un besoin de rallumer une petite chandelle, quelque part dans le quotidien de la jeune Nothoiin.

    – Ce sont mes parents qui m’ont appris à jouer, quand j’étais enfant. J’étais plus jeune que vous, lorsque j’ai disputé ma dernière partie avec eux. Idell écoutait sans dire un mot, attendant la suite. Votre père m’a parlé de ce qui est arrivé à votre mère, et je comprends votre envie d’apprendre le carric. La jeune fille avait baissé les yeux et regardait ses pieds. Assarn fait de son mieux pour vous aider, mais je crois qu’il ne s’y prend pas de la façon qui convient. Jil se pencha en avant avec un sourire de conspiratrice, ses coudes sur ses genoux et le menton reposant sur ses poings fermés. Nous avons pratiquement le même âge, toi et moi ; et je pense pouvoir te comprendre un peu plus facilement. Je réitère donc ma proposition : que dirais-tu d’une petite partie, pendant laquelle j’essaierai de te montrer le jeu sous un angle nouveau ?

    La Nothoiin s’était redressée à demi, une vague incrédulité affichée sur son visage. Un sourire timide éclaira son expression tandis qu’elle acquiesçait, toujours en silence.

    L’heure qui suivit vit trois affrontements hésitants se tenir autour d’un plateau de carric. La Lorrdienne déplaçait ses pièces de façon à laisser des ouvertures à sa jeune apprentie, qu’elle prenait le temps de lui faire remarquer verbalement, lu enjoignant de toujours regarder le plateau dans son ensemble, de chercher à comprendre les mouvements de l’adversaire avant d’y réagir. Idell fut rapidement plus concentrée que lors de la partie de la veille au soir : elle avait l’impression qu’une partie de la brume qui entourait l’aspect stratégique du jeu se faisait moins épaisse. Et de fait, absorbée qu’elle était, elle en oubliait son manque de confiance, et parvenait régulièrement à effectuer les bons choix de jeu sans que Jil ait besoin de l’épauler. Un dialogue s’était instauré ; il ne s’agissait ni de gagner ni de perdre, mais chaque coup était prétexte à une explication, un commentaire ou une question, sans la moindre pression.

    Lorsque Assarn revint, ayant chargé un nouveau chariot de caisses dans la soute, il trouva les deux jeunes femmes plongées dans leur quatrième partie. Voyant sa fille aussi alerte, aussi investie dans le jeu, un large sourire s’étala sur son visage. Sans plus de commentaire, il les informa que le Kraki allait pouvoir reprendre sa route, ne récoltant pour toute réponse qu’un hochement de tête distrait de la part de Jil, qui ne leva même pas le yeux du plateau.

    La soirée était bien avancée lorsque, quelques heures plus tard, le pilote du petit cargo utilisé l’intercom du vaisseau pour avertir la Lorrdienne qu’Ord Mantell serait atteinte sous peu, et l’inviter à le rejoindre dans le cockpit pour assister à l’approche. Jil rejoint Assarn au moment où le Kraki rétrogradait en vitesse spatiale. Elle découvrit alors sa destination : contrairement à Corellia, cette planète avait l’air de n’offrir que très peu de verdure, présentait quelques océans mais surtout de vastes zones arides brunâtres. Ce caillou mal fréquenté présentait toutefois quelques curiosités, aux rangs desquelles un immense nuage rose qui couvrait la majeure partie de l’atmosphère, un grand nombre de lunes – la jeune femme en vit plus d’une dizaine –, ainsi qu’une station orbitale en forme d’anneau à rayons qui semblait être un casino.

    – Je suppose que vous savez qu’Ord Mantell n’est pas un endroit très recommandable. Techniquement, la planète est sous gouvernement républicain, mais dans les faits c’est une espèce de zone franche comme on en trouve dans la bordure extérieure, avec des dirigeants corrompus jusqu’à l’os et des trafics en tout genres. Un endroit rêvé pour les gens comme moi, gloussa Assarn. Les zones urbaines sont toutes situées sur le même continent – Worlport –, dans la zone équatoriale, et il existe plusieurs spatioports ; où souhaitez-vous que je vous dépose ?
    – Je ne connais pas vraiment la planète, répondit Jil, accoudée au dossier du fauteuil inoccupé du co-pilote. Je cherche un bar ou une cantina, le Chasseur et la Twi’lek, quelque part dans un quartier pauvre.
    Assarn pianota quelques instants sur un écran, fouillant dans les informations disponibles à propos d’Ord Mantell, puis fronça les sourcils.
    – Je l’ai. Un endroit encore plus malfamé que ce qu’on trouve habituellement dans le coin. Je vous dépose au plus près.
    – Merci.
    – Au passage, reprit le Nothoiin, j’aimerais que vous emportiez avec vous ce qui se trouve sur le siège, devant vous. Un petit geste pour vous remercier d’avoir passé du temps avec ma fille. J’ai eu l’impression que vous vous en sortiez mieux que moi, et que ça lui a fait du bien.

    La jeune femme détailla les choses qu’Assarn avait désignées. Il y avait là quelques vêtements sobres et de seconde main, une solide paire de bottes, un pantalon noir, une chemise et un foulard tous deux couleur sable, ainsi qu’un vieux cache-poussière de cuir brun. L’homme avait également ajouté une petite besace, une gourde et une poignée de crédits – pas de quoi être riche, mais assez pour servir de point de départ à Jil qui ne possédait rien de plus que la robe avec laquelle elle s’était enfuie.

    – Toutes ces affaires appartenaient à ma femme, et je crois que vous en avez plus besoin qu’elle. Allez vous préparer, je viendrai vous chercher lorsque nous serons à terre.

    La Lorrdienne remercia chaleureusement Assarn et s’en fut dans sa cabine, les bras chargés de ses nouvelles possessions. La mère d’Idell devait être plus grande qu’elle, et plus fine ; mais elle était à l’aise dans les vêtements, qui lui allaient à peu près. Elle noua le foulard derrière sa nuque, songeant qu’elle n’aurait qu’à le remonter sur le bas de son visage pour s’abriter de la poussière que charriait parfois le vent sur la planète aride, et roula sa robe en boule pour la fourrer sans ménagement dans la besace.

    Les deux Nothoiin l’accompagnèrent jusqu’à la passerelle du Kraki, et Jil s’éloigna dans le spatioport après des adieux chaleureux.

_________________________


Dernière édition par Jil Charce le 20/07/2017 09:12:00; édité 2 fois
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MessagePosté le: 08/03/2017 01:28:35    Sujet du message: Publicité

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Jil Charce
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 19/07/2017 14:15:29    Sujet du message: Un pas de plus Répondre en citant


    Tregan Zholt observait l'extérieur. De légers voiles de poussière dansaient entre les cactus qui hérissaient le désert.

    À travers la grande baie vitrée orientée à dessein, les étendues sauvages de la planète offraient un contraste saisissant avec le confort régulé de son bureau. Dehors, les vents étouffants et chargés de sable ; à l'intérieur l'air frais et aseptisé prodigué par la ventilation moderne. La frontière entre les deux mondes était fragile, poreuse, et cette sécurité n'était ni acquise ni définitive. Le contrôle n'était qu'une couche de peinture qui s'écaillait aisément si l'on n'y prenait pas garde, et beaucoup n'en avaient pas conscience, anesthésiés qu'ils étaient par l'artificielle douceur de leurs existences.

    Le bouchon de la carafe tinta sur le rebord de la baie, et le Duro versa quelques doigts d'alcool ambré dans chaque verre. Il fit machinalement tournoyer le liquide un bref instant, observant son reflet. Le breuvage lui renvoyait l'image d'un visage aux yeux rouges, celui d'un homme d'âge mur, un peu usé, banal et serein.

    Tournant le dos au paysage, il posa les deux verres sur son bureau, en poussant un vers son interlocutrice, plaquant un sourire calibré sur son visage.

    La Corellienne arborait son embonpoint avec la fierté et l'air suffisant des gens trop pleins de leur propre fortune. Ses services étaient coûteux : elle était l'un des plus influents banquiers d'Ord Mantell, ainsi qu'une incontournable importatrice ― le terme élégant pour désigner receleurs et contrebandiers.

    Elle et le Duro étaient en affaires depuis des années, œuvrant dans des branches qui se complétaient harmonieusement sans entrer en concurrence directe, et leurs accords leur avaient été mutuellement profitables.

    Rannis leva son verre d'une main potelée, répondant au sourire de son hôte.

    Quelle qu'en soit l'issue, ces tensions entre Républicains et Confédérés nous seront profitables, affirma la femme d'affaires, poursuivant la conversation engagée plus tôt. Les deux camps se concentreront sur les mondes à forte valeur stratégique, oubliant les petits cailloux comme Ord Mantell, qui ne sont lucratifs que pour nous-autres entrepreneurs privés. Et si les choses tournent à la guerre ouverte, eh bien tant mieux : les équipements militaires tombés du cargo trouvent toujours acquéreur, conclut-elle, ponctuant son point de vue d'une gorgée de whiskey corellien.
    C'est oublier un peu vite la fonction première de notre planète aux yeux de la République, ma chère. Si le sénat venait à se souvenir que Mantell était à l'origine l'un de leurs dépôts d'armement, nous pourrions vite nous voir épinglés au tableau des mondes à forte valeur stratégique, pour reprendre votre expression.
    Oh, Tregan. Rannis offrit au Duro un sourire tordu. Bien sûr, une trop forte présence militaire serait... irritante, mais « tombé du cargo » peut aussi signifier « extrait d'un entrepôt par un fonctionnaire motivé par l'appât du gain ». J'aurais des fournisseurs à demeure disposant d'un stock virtuellement illimité, et vous voudriez que je me lamente ? Allons !
    Votre capacité à tirer parti de toute situation me surprendra toujours, j'imagine. Je crains pour ma part de ne pas voir comment mon établissement pourrait profiter de cette éventualité. Ce casino est un lieu de plaisir et de détente, et mes clients sont certes dépensiers mais également raffinés et intègres...
    Rannis partit d'un rire puissant, digne du mugissement d'un bantha blessé.
    C'est la meilleure de l'année, celle-là ! Vous avez tellement d'aplomb qu'on y croirait presque. Votre souci des apparences est peut-être la seule différence entre vous et moi, certainement pas la légalité de nos commerces. Sur l'échelle de l’hypocrisie, vous vous situez au niveau d'un sénateur.
    Et j'y mets un point d'honneur, répondit le Duro en hochant solennellement la tête. À ce propos, puisque la chancellerie s'apprête apparemment à changer de mains, que pensez-vous de ce sénateur Kumitomo qui brigue le poste ?
    Rannis haussa les épaules.
    Celui de Kamino ? Je le connais mal, mais je pense qu'il est corruptible. Il a le maintien et le langage de la fonction, mais il a certainement des caleçons sales qu'il n'étale pas en public. Nous verrons. En parlant de corruptibilité, comment se porte notre cher gouverneur ?
    Oh, le gouverneur Hewic se porte comme un charme, malgré son grand âge. Pas plus tard que la semaine passée, il a fait libérer Strando Rooveen, qui jurait n'être qu'un honnête commerçant, parce qu'il présentait, je cite, « tout d'un innocent accusé à tort, et nul ne saurait mettre en doute la sincérité de ses déclarations. »
    Strando Rooveen... La femme d'affaires fouilla sa mémoire. Le tueur à gages ?
    Celui-là même, répondit le Duro avec un sourire de loup.
    Ce bon vieux gouverneur. Ses pattes sont tellement graissées qu'on pourrait en faire du beurre, ricana Rannis. Je me demande s'il existe quelque part dans cette galaxie quelqu'un qui soit un meilleur pantin que lui.
    J'en doute fort. Un véritable philanthrope, ce vieillard, à permettre un développement aussi florissant de la culture criminelle d'Ord Mantell.
    Quitte, parfois, à connaître quelques débordements. Il se dit que l'un de vos hommes a été assassiné récemment.
    Tregan Zholt se rembrunit imperceptiblement.
    Ctomir. Oui, une bien malheureuse affaire. Il possédait un chasseur stellaire d'un modèle peu répandu, qui a semble-t-il attiré certaines convoitises. Il a été tué il y a quelques semaines.
    Toutes mes condoléances. Si mes souvenirs sont exacts, il était le chef de vos services d'ordre, n'est-ce pas ? Une perte sèche. Ce genre d'homme de confiance est rare, dans notre secteur.
    En effet. Le visage du Duro se durcit brutalement. Mais n'ayez pas d'inquiétude, nous avons fini par découvrir l'identité du coupable, et il semble que, depuis, le pauvre homme ait disparu dans le désert lors d'une randonnée nocturne.

    Tregan Zholt avait bâti son petit empire lucratif grâce à ses talents de menteur. Privés de leur cerveau, ses gros bras n'étaient arrivés à rien, et l'assassin de Ctomir n'avait pas été retrouvé. Il avait été tué chez lui et ses affaires avaient été fouillées en hâte, mais aucune de ses caches n'avait été trouvée : ses crédits et ses armes étaient toujours là. Le seul vol commis était celui du chasseur, mais ce modèle était incapable de voyage hyperspatial sans son anneau, que le coupable avait incompréhensiblement laissé derrière lui. La conclusion du Duro était qu'il s'agissait d'un règlement de comptes maladroitement maquillé en cambriolage, mais émettre cette hypothèse ne l'avançait à rien, et le bras armé de son organisation était inopérant.

    Il avait tenté de limiter la fuite de cette information, toute situation de faiblesse étant dangereuse sur Ord Mantell ; mais cette charogne corellienne avait des yeux et des oreilles dont elle savait se servir.

    Une fois les verres vides, l'entrevue se termina rapidement. Rannis sortit, traversant le casino et descendant les étages drapée comme à son habitude de sa propre importance, bousculant au passage une jeune femme sans lui accorder le moindre regard.

    Zholt, quant à lui, regardait par la baie vitrée un vautour qui planait au loin, avec la désagréable impression que la sécurité qu'il s'était construite venait de voler en éclats.



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Jil Charce
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MessagePosté le: 20/07/2017 18:37:47    Sujet du message: Un pas de plus Répondre en citant

    Le Chasseur et la Twi'lek correspondait exactement à l'idée que l'on se ferait d'un trou à rat, l'ironie de la chose étant que Jil Charce y cherchait un chat. Un poltron nommé Kanda'a, Farghul de son état, qui semblait faire profil bas depuis qu'il avait vendu le Delta-7 à Haroc Gredd, pour des raisons connues de lui seul.

    Sans s'attarder, évitant les clients au regard vitreux, la jeune femme approcha du comptoir avec assurance et interpela le Nikto qui s'y accoudait, posant sèchement quelques crédits devant lui.

    On m'a dit qu'un certain Kanda'a vivait pas loin d'ici. Un Farghul.
    Je connais pas son nom, répondit le barman, mais y'a bien un Farghul qui crèche dans la ruelle qui passe derrière mon rade. Pourquoi ? Vous comptez me débarrasser de lui ?
    Je vous demande pardon ?
    Vous êtes là pour le descendre ? Ça me rendrait service. Ce sac à puces est parano et à moitié taré, il fait peur aux clients ― et les miens sont pas du genre à s'effrayer facilement puisqu'ils sont complètement à l'ouest la plupart du temps.
    Non, désolée de vous décevoir. Si c'est bien celui que je cherche, j'ai seulement quelques questions à lui poser. Il risque même d'être encore plus paranoïaque ensuite.
    Dommage. Cherchez une porte en métal avec des traces de griffes : quand il est arrivé, il a gratté la peinture pour effacer le nom du propriétaire précédent.
    Merci à vous.

    La Lorrdienne laissa quelques crédits supplémentaires sur le bar et, suivant les indications du Nikto, contourna le Chasseur et la Twi'lek. La ruelle qui passait là était jonchée d'ordures, qui semblaient pour certaines être là depuis tant de temps qu'elles faisaient désormais partie intégrante de la chaussée. La porte ne fut pas difficile à trouver, les profondes griffures qui la marquaient étant particulièrement peu discrètes. Jil frappa vigoureusement et attendit quelques instants la réponse.

    C'est pour quoi ? demanda le Farghul qui entrouvrit la porte en prenant soin de la bloquer avec la chaînette de sécurité.
    – Vous êtes Kanda'a ?
    Connais pas, répondit-il en refermant brutalement le battant.
    Tant pis pour vous, rétorqua la jeune femme en haussant la voix pour se faire entendre, désormais certaine de l'identité de son interlocuteur. Je souhaitais simplement savoir à qui vous avez volé ce chasseur Delta-7, mais je constate que je vais devoir vous causer des problèmes pour avoir ma réponse.

    Après quelques instants de silence, Kanda'a ouvrit à nouveau la porte, en grand cette fois, et avec un blaster pointé sur Jil, qui ne broncha pas.

    Vous êtes qui ?
    Pour vous, personne. J'ai seulement besoin de savoir à qui vous avez volé l'appareil que vous avez vendu au Devaronien Haroc Gredd. Puisque vous l'avez manifestement volé, à voir votre réaction.
    C'est juste. Ce modèle de chasseur peut valoir un bon prix, donc je me suis rendu chez son propriétaire pour l'en débarrasser. Seulement il m'a surpris, j'ai été contraint de l'abattre et me suis aperçu seulement ensuite que ce gars appartenait aux Quinze Lunes. Maintenant il est mort, et c'est tout comme si je l'étais aussi, si son patron me retrouve.
    Les Quinze Lunes ?
    Pas du coin ? C'est un groupe mafieux. Et pas un petit. Avec un Duro sadique à sa tête, et qui possède un casino ici, en ville.
    Donc vous avez refroidi l'un des leurs et ils veulent votre fourrure.
    C'est ça. Le gars s'appelait Ctomir, puisque vous vouliez un nom. Maintenant, expliquez-moi pourquoi je devrais m'abstenir de me servir de mon arme, parce que j'ai l'impression que ça m'épargnerait de gros problèmes, menaça le félin.
    Parce que tuer de gens sans savoir qui ils sont est précisément le genre de chose qui risque de vous attirer de nouveaux gros problèmes, répondit la jeune femme avec un sourire froid.

    Jil sentait toujours la désagréable impression que lui avait laissé le blaster pointé sur son ventre. Elle savait à quoi s'attendre en venant sur Ord Mantell et s'y était préparée, ce qui lui avait permis de conserver son sang froid ; mais la menace physique d'une arme l'avait profondément déstabilisée et la laissait encore vaguement tremblante et nauséeuse, alors qu'elle parcourait les rues en direction de l'adresse que lui avait indiquée le Farghul. Elle ne savait pas ce qu'elle allait y trouver : Ctomir mort, c'était un maillon de la piste qui ne l'aiderait pas à progresser. Et il était peu probable qu'il ait laissé derrière lui, bien en évidence, une note à l'intention d'une Lorrdienne qu'il ne connaissait pas, avec les informations dont elle avait besoin, songea la jeune femme avec amertume. Lorsqu'elle parvint au domicile de l'ex-membre des Quinze Lunes, elle dut ajouter à la liste de ses préoccupations les hommes de main qui gardaient les lieux : très logiquement, n'ayant pas retrouvé le coupable, ils continuaient de surveiller l'endroit, juste au cas où. Il était hors de question de s'y introduire, et il serait impossible de duper les gros bras.

    À court d'options, la Lorrdienne saisit la seule restante : se rendre directement au Casino des Quinze Lunes qu'avait évoqué Kanda'a. C'était un vaste bâtiment moderne en périphérie de la ville, tout de verre et de métal blanc. Le service de sécurité s'assura qu'elle ne dissimulait aucune arme et la laissa pénétrer dans l'établissement. Après avoir négligemment été bousculée par une humaine hautaine qui sortait en hâte, Jil découvrit un vaste hall circulaire qui s'élevait sur toute la hauteur de l'édifice et sur lequel les quatre étages ouvraient grâce à des balcons. Le métal blanc de l'extérieur se retrouvait à l'intérieur, contrasté par la moquette d'un rouge intense, et l'ensemble du mobilier se parait de lignes épurées. Si une grande variété de races s'y trouvaient représentées, la jeune femme constata avec une certaine satisfaction la totale absence de droïdes.

    Une hôtesse d'accueil gracieuse aux yeux totalement bleus s'approcha.

    Bonjour et bienvenue au Casino des Quinze Lunes ! Que pouvons-nous faire pour vous ?
    Bonjour ! J'aurais souhaité quelques jetons, de quoi me lancer dans une partie de sabbac, si vous pouvez m'indiquer une table.
    Bien sûr ! Veuillez me suivre, je vous prie.

    Jil voulait profiter de cette partie pour se constituer une petite réserve de crédits. Elle ne savait pas combien de temps il lui faudrait pour retrouver l'Ordre Jedi, ni même si elle le trouverait, et ce qu'elle possédait déjà ne lui suffirait pas très longtemps. Elle en profiterait pour réfléchir à la suite et pour observer un peu les lieux.

    Elle se contenta d'une partie, qu'elle joua en prenant garde de ne pas attirer l'attention par de trop gros gains, et s'en tira avec un bénéfice de quelques centaines de crédits ainsi qu'une petite idée concernant la suite des événements.

    Le quatrième étage de l'établissement abritait les salles réservées aux VIP ainsi que les bureaux du personnel important, Tregan Zholt inclus ― le Duro à la tête des Quinze Lunes, avait-elle appris. Elle gravit la volée d'escaliers qui y menait pour se voir stoppée par un membre du service d'ordre.

    Vous ne pouvez pas accéder à cet étage sans autorisation, madame.
    Je m'en doute, oui, mais je pense que monsieur Zholt fera une exception pour entendre les informations dont je dispose au sujet d'un certain Ctomir.
    Le garde hésita quelques instants puis porta la main à son commlink.
    Monsieur ? J'ai devant moi quelqu'un qui dit avoir des renseignements à propos de Ctomir. Il écouta la réponse, puis poursuivit à l'adresse de la jeune femme. Suivez-moi, monsieur Zholt va vous recevoir immédiatement.

    Il introduisit Jil dans le grand bureau du Duro. Tregan Zholt fit signe à son homme de main de patienter à l'extérieur, et à la jeune femme de s'asseoir face au bureau auquel il s'installa lui-même.

    Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître, madame... ?
    Toghria. Aza Toghria.
    Eh bien, enchanté. Maintenant que les présentations sont faites, j'aimerais en venir au vif du sujet : auriez-vous l'amabilité de partager les informations que vous prétendez détenir ?
    Au risque de vous décevoir, je ne connais pas l'identité du meurtrier.
    Le Duro se rembrunit nettement.
    Dois-je comprendre que vous me faites perdre mon temps ?
    Pas exactement. Je pense que nous pouvons trouver un accord qui nous soit mutuellement profitable. J'ai besoin d'une information. Ctomir possédait un chasseur stellaire dont j'aimerais beaucoup connaître la provenance. J'imagine que vous avez récupéré les affaires du défunt, ou que vous y avez accès ; aussi, si vous y trouviez le renseignement que je cherche, je pourrais éventuellement vous faire bénéficier de mes services en retour.
    Et vos services seraient... ? lâcha Zholt, dédaigneux.
    Je suis d'origine Lorrdienne. Je sais mentir, et je sais voir si l'on me ment. De plus, je suis inconnue sur cette planète. Je suis persuadée qu'un homme tel que vous saura trouver une utilité à un personne telle que moi.
    Le Duro sourit.
    Je crois que nous pouvons effectivement trouver un terrain d'entente.


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MessagePosté le: 21/07/2017 23:47:08    Sujet du message: Un pas de plus Répondre en citant

    Trois jours plus tard, la Lorrdienne se trouvait de nouveau dans le bureau de Zholt.

    Nous avons l'information que vous cherchez. Un nom et une planète, issus du livre de comptes de Ctomir. C'était un homme méticuleux. Une précaution au cas où le chasseur ait eu besoin de service après-vente.

    Le Duro était assis face à une Jil attentive, avec l'attitude impeccable du parfait homme d'affaires.

    Et, comme prévu, avant de vous délivrer l'information, j'ai besoin que vous fassiez quelque chose pour moi.

    Le ponte des Quinze Lunes se leva, désignant une statue déposée dans un angle de la pièce.

    Je vous présente l'Opportunité. C'est une réplique en métal précieux d'un transport corellien, un modèle YZ-900, qui se trouve être le vaisseau principal d'une compagnie marchande et financière basée sur Ord Mantell, Malepov Intersystèmes. Malepov était le nom de son fondateur, emporté par un regrettable accident depuis, et remplacé par sa proche collaboratrice, Rannis Jakin.

    Sur un geste d'invitation de Zholt, qui entoura de son bras les épaules de la Lorrdienne comme il l'aurait fait avec un vieux camarade criminel, Jil se leva pour s'approcher de l'œuvre. Monté sur un socle qui lui servait de pied, l'appareil représenté faisait plus d'un mètre de long. Elle ne savait pas identifier le métal utilisé, mais l'objet semblait valoir une petite fortune. L'ensemble était stylisé, plus anguleux que l'habituel design corellien, et plus épuré également, évoquant un peu certaines des vieilles affiches de propagande impériale d'avant l'arrivée au pouvoir de l'Omega ; et rendu dynamique par la position du vaisseau, le nez dressé, comme en plein décollage.

    Il se trouve que ces derniers temps, Rannis Jakin me semble lorgner sur mes Quinze Lunes. Mon chef de la sécurité mort, elle a une voie royale pour empiéter sur mes affaires, et j'ai besoin de garder un œil sur elle. Il agitait la main en direction de la sculpture, qui captait toujours l'attention de Jil. Ce bijou est en réalité truffé de micros et équipé d'un transmetteur, le tout caché à l'intérieur. Vous comprenez donc pourquoi je veux que cette chose trône dans le bureau de la directrice de Maepov Intersystèmes, et c'est là que j'ai besoin de vous. Je ne peux évidemment pas la lui offrir moi-même, elle est cupide mais pas stupide. C'est vous qui allez vous en charger, puisque vous êtes douée pour ça et que votre visage est inconnu sur Ord Mantell.
    Elle se tourna de nouveau vers lui.
    En endossant le rôle de quelqu'un qui ne soit pas lié aux Quinze Lunes.
    Exactement.
    Une compagnie qui ne soit pas déjà en affaires avec Malepov, poursuivit la jeune femme en réfléchissant aux possibilités. Qui proposerait un nouveau partenariat, avec ce cadeau à l'appui en gage de bonne foi. Mais une compagnie existante et active, qui puisse faire une justification et un écran crédible, puisque Jakin ne manquera pas de se renseigner. Mais vous y avez probablement déjà réfléchi.
    C'est tout à fait exact, et j'en suis arrivé aux mêmes conclusions que vous. La candidate idéale se nomme Khukri Industries.


    *


    Jayali Gura, représentante commerciale de Khukri Industries, annonça la Lorrdienne avec son plus charmant sourire. Je suis absolument ravie de vous rencontrer.

    La jeune femme avait troqué ses vêtements pratiques et usés contre une tenue que lui avait fourni Zholt, une robe qui lui donnait l'image du rôle, qu'elle avait complété d'un chignon serré.

    Rannis Jakin, rétorqua la femme d'affaires, présidente de Malepov Intersystèmes, mais vous le savez déjà. Vous souhaitiez donc me rencontrer.
    En effet, répondit la prétendue Jayali en s'installant dans le siège que lui désignait son interlocutrice. Khukri Industries, comme vous le savez peut-être, est une firme spécialisée dans la fabrication d'armes personnelles simples, robustes et peu coûteuses, dans un rayon qui s'étend du blaster de poche au blaster mitrailleur léger. Nous sommes une entreprise en plein développement, relativement récente, et notre production est en train d'acquérir une réputation solide. Par conséquent, nous recherchons de nouveaux marchés et de nouveaux débouchés, et Ord Mantell a retenu notre attention. Rannis écoutait attentivement. Il apparaît que vous êtes l'une des principales importatrices d'armes de cette planète, et nos produits semblant correspondre à la demande locale, nous souhaiterions discuter avec vous d'un éventuel partenariat entre nos entreprises respectives, consistant pour notre part à vous fournir en marchandise, et pour vous à l'écouler.
    Voilà en effet une proposition intéressante dont je suis prête à discuter. De quelles quantités et de quel coût parlons-nous, exactement ?
    Tregan Zholt avait dit vrai, la Corellienne était avide, et lui agiter des gains faciles sous les yeux avait suffi pour la ferrer.
    Nous sommes prêts à vous livrer la marchandise pour un pris de gros inférieur de 40 % aux prix de vente que nous pratiquons habituellement. En ce qui concerne les quantités, ce sera bien entendu à vous d'en décider, puisque c'est vous qui connaissez le marché. En gage de notre bonne volonté, nous sommes prêts à vous céder à titre gracieux 300 pièces d'armement, un panachage de notre production, de sorte que vous pourrez juger de la qualité de nos produits et effectuer les premiers tests sans risque auprès de votre clientèle. De plus, et de manière plus immédiate, nous avons pensé que ce petit présent ne manquerait pas de retenir votre attention.

    La Lorrdienne claqua des doigts, et le lourd droïde manutentionnaire qui l'avait accompagnée s'approcha avec la lourde caisse dont il était chargé.

    Le membre de mon service d'ordre qui a vérifié le contenu de cette caisse à votre arrivée a été assez audacieux pour refuser de me dire ce qu'elle contient, parce qu'il sait que j'aime les surprises intéressantes. Ainsi je me demande depuis que vous êtes entrée dans ce bureau ce que vous avez bien pu y cacher.

    Jil observa la réaction de Rannis lorsque le droïde ouvrit la caisse. Elle ressemblait à s'y méprendre à une enfant gâtée et égoïste. C'était à se demander comment quelqu'un d'aussi aisément manipulable s'était maintenu à la tête d'une entreprise sur Ord Mantell. Et d'ici peu, la Corellienne ferait trôner sur son bureau une énorme et coûteuse réplique de son propre vaisseau.


    *


    Une fois l'entrevue terminée, la jeune femme fut raccompagnée en speeder par un homme des Quinze Lunes, qui fit un certain nombre de détours par précaution.

    Tregan Zholt l'attendait dans son bureau et fut plus que satisfait des nouvelles que lui apportait Jil. Il lui donna donc les renseignements qu'elle cherchait : un nom et une planète. La planète était une certaine Varonat. Un caillou rural et presque désert, tout au plus quelques milliers d'habitants, perdu dans la bordure extérieure et couverte d'épaisses jungles. Le nom était celui d'Hanzee Tahana, que Ctomir avait décrit comme un petit agriculteur humain, receleur à ses heures perdues, et dont il avait consigné une adresse approximative. Une fois en possession de ces informations, la Lorrdienne se rendit directement au spatioport pour prendre la première navette qui pourrait la rapprocher de son but.

    Tregan Zholt attendit que la jeune femme ait quitté son bureau, et activa son intercom pour s'adresser à sa secrétaire.

    J'aurais un communiqué à vous dicter, si vous le voulez bien, ma chère. Je vous laisserai peaufiner les tournures de phrases, mais voici le contenu : « C'est avec un profond regret que nous venons d'apprendre le tragique décès de Rannis Jakin lors de l'explosion qui a emporté une partie du siège social de Malepov Intersystèmes... »
    Mais monsieur, l'interrompit la secrétaire, surprise, il n'y a eu aucune explosion !
    Ne vous inquiétez pas, ce n'est désormais plus qu'une question de minutes, et j'aime être en avance sur mon travail quand j'en ai l'opportunité. Reprenons...

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MessagePosté le: 25/09/2017 01:58:58    Sujet du message: Un pas de plus

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