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Le Comte borgne

 
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Numerius Femto
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MessagePosté le: 27/02/2017 23:31:56    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

Sa vie défilait devant ses yeux. Souvenir après souvenir, il revisualisait des épisodes marquants de son existence, de sa tragique automutilation à son errance à travers la galaxie en passant par sa fuite de Coruscant. Numerius contemplait un enchaînement de tristesse, d’espoir et de déception. Il contemplait une histoire misérable que personne n’aurait souhaiter vivre, mais au fond de lui-même il espérait sincèrement que son arrivée marquerait la fin de ce cycle de souffrance. Une voix lointaine lui parvint. Elle raisonnait comme si le jeune noble l’entendait à travers un casque. Le Comte ne comprit d’abord pas ce qu’elle lui disait, mais après quelques instants, elle se fit plus audible et le tira de son sommeil.

-Numerius, dit Rik en secouant légèrement l’épaule de son passager. Réveillez-vous, mon vieux. On arrive.

Le natif de Naboo ouvrit les paupières et se frotta doucement les yeux. Il avait dormi durant tout le trajet depuis Nar Shaddaa, comme si l’espoir de se battre à nouveau pour ses rêves lui avait apporté la tranquillité qu’il avait perdu en quittant Coruscant. Il se leva péniblement et se prépara à son arrivée. Il se passa un peu d’eau sur le visage, rasa sa barbe de trois jours et se coiffa afin d’être présentable. Puis, il rejoint son compagnon de route dans le cockpit de l’YT-1760. Là, le contrebandier et son copilote, un droïde FEG-99, s’assuraient que la descente vers Cathar se passât bien. A travers la vitre du cockpit, une vaste savane était visible à perte de vue. Le paysage était magnifique, mais cela attristait Numerius de savoir que ce qui avait été autrefois un gigantesque empire était désormais contraint de se réfugier sur ce monde. Quelques minutes plus tard, Rik fit atterrir le vaisseau à l’astroport de Cathar et accompagna le noble jusqu’à la sortie du vaisseau.

-C’est ici que nos routes se séparent, l’ami, dit-il en serrant la main de Numerius. Vous m’excuserez, mais je ne compte pas m’attarder ici trop longtemps. Bonne chance pour la suite !

-Merci pour tout, Rik, répondit Numerius en souriant. Faites bon voyage.

Les deux hommes se saluèrent une dernière fois d’un signe de la main avant de se séparer.

Le natif de Naboo prit la direction des secteurs militarisés avec la ferme intention de servir les forces armées impériales. Il s’engouffra ainsi dans les rues de la cité récemment sortie de terre. Les ruelles étaient noires de monde et on croisait régulièrement des patrouilles de soldats impériaux portant l’armure des stormtroopers prêts à intervenir à tout instant. La population était hétéroclite : des individus venus de toute la galaxie et issus de toutes les catégories sociales se côtoyaient dans cette foule. Ils étaient tous si différents, mais leur loyauté commune envers l’Impérium leur permettait de surmonter ces différences. Numerius trouva cette scène absolument magnifique et se jura de donner à ce peuple une capitale impériale digne de ce nom.

Le Comte pénétra dans ce qui semblait être un marché et put apprécier la douce odeur de la viande cuite délicatement et des épices s’élever des diverses échoppes. Il s’arrêta à l’une d’entre elles et commanda un copieux repas. Cela faisait peut-être des années qu’il n’avait pas aussi bien mangé. La dernière fois qu’il s’était autant régalé était probablement le repas qu’il avait pris lors de son dernier passage sur sa planète natale au début de sa fuite. Les saveurs de la viande grillée, des légumes et de la sauce se mariaient à merveille et Numerius dévora le plat avec gourmandise jusqu’à ce qu’il fût rassasié. Le noble paya son festin avec les quelques crédits qui lui restaient et reprit sa route vers la garnison. Au-dessus des toits des maisons, le comte pouvait distinguer une massive cité-arbre dominant la cité impériale. Il s’en servit comme point de repère pour se diriger à travers les ruelles, estimant que ce monument de la culture Cathar se situait au centre de la ville. Au fur et à mesure qu’il s’approchait de l’immense structure, les immeubles se faisaient de plus en plus hauts, la foule moins nombreuse et la population manifestement plus aisée. Les quartiers entourant la cité-arbre et le palais accueillaient visiblement l’élite de cette nouvelle société impériale qui s’était implantée sur Cathar.

Enfin, Numerius emprunta des escaliers décorés de part et d’autre de statues de fiers guerriers Cathars dont la finesse et la majesté ne le laissèrent pas indifférent, et déboucha sur une vaste place décorée par des fontaines et de la végétation. Derrière son charme apparent, l’esplanade était sans aucun doute un point stratégique de la cité étant donné le nombre de soldats chargés de surveiller cet espace public. Au bout de cette place était visible la silhouette fièrement dressée du palais impérial. La bâtisse n’avait rien à voir avec les lieux de pouvoir que Numerius avait connu sur Naboo. En effet, sa conception trahissait la nature militaire du régime impérial : c’était un véritable chef d’œuvre d’ingénierie militaire et de stratégie, une forteresse noire de jais conçue pour résister pendant des mois aux assauts les plus acharnés. D’un pas résolu, Numerius se fraya un chemin à travers la foule soudainement plus dense et se dirigea vers la grande porte du bâtiment en vue de rejoindre la garnison. Encore quelques minutes. Encore quelques minutes et le natif de Naboo aurait enfin l’opportunité de se battre pour ses convictions. Une fois à la porte du fort, un stormtrooper arrêta le noble afin de contrôler son identité.


-Halte là ! identifiez-vous !

-Comte Numerius Femto, à votre service, répondit Numerius d’un air résolu en montrant sa pièce d’identité. Je viens pour m’engager.

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MessagePosté le: 27/02/2017 23:31:56    Sujet du message: Publicité

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Nash Futhark
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MessagePosté le: 06/03/2017 16:26:32    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

Le soleil décline lentement à l'horizon, et le ciel bleu est peu à peu strié par des zébrures de différentes nuances d'orange. C'est la période favorite des impériaux sur cette planète où la chaleur peut rapidement devenir un calvaire pour les plus sensibles. Les gens profitent de la relative quiétude de la ville à cette heure-ci de la journée pour quitter lieux de travail et demeures pour se promener dans les rues et déambuler dans les jardins. Les terrasses, déjà bien remplies en journée, sont désormais envahies par des nuées de fonctionnaires et de citoyens lambda.
L'immense place impériale où siègent le palais et la cité-arbre est occupée par d'innombrables hordes d'employés en tout genre. Dans cette masse grouillante et hétéroclite, les troupes de choc, dans leurs armures blanches, se frayent un passage et veillent à ce que l'ordre ne soit pas troublé. Depuis son poste de surveillance, aux pieds de l'imposante forteresse impériale, le matricule TK-421 nom de code "Havoc", ne peut s'empêcher de sourire sous son casque à la vue d'une telle scène.
Dans toute la galaxie, les civils ont peur de ce que les stormtroopers représentent, et ils se sentent oppressés en leur présence. Mais ici, sur Cathar, la population se sent en sécurité. Ici, même s'ils représentent le symbole d'une autorité impériale forte et implacable, ils n'ont pas besoin d'user de violence régulièrement. Cette scène est une facette quotidienne de ce qu'il se passe sur les mondes impériaux, et TK-421 sent sa poitrine se gonfler de fierté. L'Impérium est de moindre envergure, mais il peut compter sur des citoyens exemplaires et fidèles. Nombre de ses camarades pensent qu'il faut annexer le reste de la galaxie, qui revient de droit aux impériaux, et que pour cette raison, il faut user de terreur pour garder sous contrôle les mondes sous domination impériale. "Havoc" a une toute autre vision des choses. Les précédents empires se sont effondrés parce qu'ils ont utilisé la terreur comme une arme de répression massive, et cela les a conduit à la perte. Mais il espère, aujourd'hui, que l'Impérium ne fera pas cette erreur. En fait, le matricule TK-421 a quelques craintes au sujet de la Grande Moff Ashe et de sa politique ferme. Oh, il admire volontiers la petite femme pour sa fermeté, mais il reste sceptique... Il ne peut s'empêcher de s'interroger.

Mais ses questions n'ont pas le temps de germer dans son esprit, un type louche se pointe devant lui et se pavane comme un prince sous son nez. Et lorsqu'il interpelle l'individu et lui demande son identité, l'autre répond qu'il est un comte et qu'il chercher à s'engager ! Peuh ! Encore un de ces trous du cul d'aristocrates... Le comble dans cette histoire, c'est que le soldat est sûr d'une chose. Le "comte" va être accueilli avec tous les égards dû à son rang et on va lui refiler une tenue d'officier. Il y a un adage qui circule au sein de la garnison, parmi les hommes de troupe.

« Le noble naît avec une cuillère en argent dans la bouche, et il s'en sert pour manger dans l'assiette des autres.»


L'impérial en armure blanche réprime son dégoût à l'égard de l'aristocrate qui lui fait face. De son avis, les soldats méritent plus d'estime de la part des officiers. Ce ne sont pas deux ou trois fils à papa à l'allure impeccable qui font le sale boulot, et pourtant, ce sont eux qui récoltent la gloire. Des fois, le monde tourne à l'envers. Comment peut-on vivre de la sorte ? Comment peut-on accepter d'être suffisant ? Selon TK-421, le verbe "être" est plus important que le verbe "avoir". Oh non, il n'a pas une immense fortune, non, il n'a pas de titre, non, il n'a pas un nom prestigieux, et il s'en moque. Il est fier d'être ce qu'il est, un brave type des classes intermédiaires, qui se contente de sa solde pour nourrir sa famille. Il ne se repose pas sur la fortune acquise par papa et dépensé par fiston. Un petit soupir vient faire grésiller le microphone du comlink intégré au casque.


- Monsieur, cet accès est strictement réservé au personnel de la forteresse. Commence t-il après avoir vérifié son identité, puis pointant du doigt une autre direction. Suivez l'allée, puis tournez à droite, à cette heure-là, vous ne devriez pas avoir de mal à trouver les bureaux du recrutement, il y a moins de monde. Bonne journée Monsieur.

Et alors que le comte s'éloigne, après avoir remercié le stormtrooper, ce dernier se retourne vers son camarade, en faction de l'autre côté de l'accès.

- Je te jure, on a vraiment des cas des fois... Tout ça parce qu'ils sont "comte" ou "baron" de je ne sais quoi, ils se croient tout permis ! Ben voyons !




Encore une journée comme les autres pour le lieutenant Dempt, qui ne s'en offusque pas, comme à son habitude. Un cadet revêtu d'un uniforme noir vient lui apporter une tasse de thé. L'officier remercie le jeune homme et le congédie d'un geste de la main, un petit sourire en coin. Il approche la tasse fumante de son visage et commence par humer le doux parfum qui s'échappe du contenant en formant de belles arabesques. L'homme ferme les yeux, et lâche un petit soupir de satisfaction. Fruits rouges ! Son parfum préféré ! Certains se plaignent de travailler toute la journée, le fessier coincé au fond d'une chaise, et aimeraient bien vivre quelques expériences de terrain. Dempt n'est pas de ceux-là. C'est un homme qui se porte bien loin des combats, et qui trouve son utilité dans les bureaux, à s'occuper des fournitures et des recrutements. Tout le monde n'a pas nécessairement l'âme d'un combattant endurci, et il faut, de toute façon, des petites mains pour s'occuper des boulots jugés "ingrats" par des officiers hautains. Pour avoir une armée efficace, il faut de tout. Chacun peut trouver une utilité et une place dans l'armée impériale. Mais c'est visiblement une chose que les aristocrates oublient volontairement. La gloire et le pouvoir, voilà tout ce qui importe à leurs yeux. C'est bien dommage...
Le lieutenant avale quelques gorgées de ce breuvage divin et parcourt du regard la vaste salle. Installés en face des officiers-recruteurs, plusieurs volontaires remplissent un questionnaire à voix basse. Citoyens dévoués, types en mal d'aventures, jeunes en crise d'identité, des profils sensiblement différents et pourtant tous similaires sur un point. Ils veulent tous servir l'Impérium. Et nul doute qu'il y aurait de la place pour tous ceux qui sont prêts à donner leurs vies pour une noble cause.

Soudain, alors qu'il glisse quelques notes sur son datapad, une silhouette sombre vient se présenter à lui. Sûrement un nouvel intéressé... Décidément ! La propagande impériale porte ses fruits ! Combien de recrues potentielles sont passées à son bureau aujourd'hui ? Vingt ? Trente ? Plus ? Impossible à dire. Et il n'a pas son pendule pour le renseigner sur l'heure... Il regrette presque la quiétude de son bureau, situé quelques étages plus haut. Ce même bureau où il avait reçu une rouquine pour le compte du lieutenant Futhark. Silara Yzalli est une charmante personne, pas très bavarde certes, mais visiblement très respectueuse, et très attentive.


- Bien le bonjour compatriote ! Prêt à vous engager pour une incroyable aventure au sein de notre prestigieuse armée ? Débute avec son enthousiasme naturel l'officier en redressant la tête. Il va me falloir votre nom, votre prénom, votre pro... Monsieur Femto... ? Est-ce vous ? Oh oui... Pour sûr... Vous avez le visage de votre père... Et les yeux de votre mère ! Je... Je vous en prie ! Installez-vous, je vais vous faire apporter un rafraîchissement.

Dempt interpelle un cadet qui passe à proximité et lui demande une autre infusion. L'homme n'est pas du genre à proposer de l'alcool pendant son service, contrairement à certains... Lorsque le jeune aspirant-officier revient avec une tasse fumante entre les mains, l'impérial le remercie en affichant son plus beau sourire. Le lieutenant jette ensuite un coup d'oeil aux bureaux à proximité. Ses collègues quittent un à un la salle, après avoir achevé leur entretien avec les volontaires. Les bureaux se vident peu à peu, et il ne reste finalement qu'un autre duo installé à l'autre bout de la pièce.

- Et bien... Nous allons pouvoir discuter tranquillement il semblerait. Mais où sont donc mes manières ? Veuillez m'excuser... Je ne m'attendais pas à voir un Femto ici, sur Cathar. Lieutenant Dempt, du service de l'Intendance des Armées. J'ai... Connu vos parents il y a plusieurs années de cela déjà, vous n'étiez encore qu'un enfant... Reprend l'officier en souriant de plus belle. Mais nous aurons sûrement l'occasion de discuter de tout cela une autre fois n'est-ce pas ? Bien...

Le lieutenant semble afficher une légère nervosité, bien que ses lèvres soient régulièrement étirées en un sourire tout à fait sympathique. Il remue frénétiquement la jambe droite, comme pour se calmer. L'homme porte la tasse à ses lèvres et boit quelques gorgées du liquide infusé. Il s'empare ensuite de son datapad et fait glisser ses doigts sur plusieurs dossiers, avant d'en ouvrir un nouveau. Le rapport de ce qu'il entendrait aujourd'hui sera envoyé à sa hiérarchie, et également au Bureau de Sécurité de l'Impérium, afin de trouver la place qui correspond le mieux au volontaire...

- Erhm. Bien... J'ai déjà quelques informations à votre sujet, mais vous comprenez, je vais avoir besoin de vous en demander un peu plus. Continue l'officier en pianotant sur le bloc de données. Pourquoi vouloir rejoindre nos rangs ? Avez-vous une quelconque expérience dont pourrait bénéficier l'armée impériale ? Quels sont vos aspirations et vos objectifs au sein de notre armée ?
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« Les empires naissent et s'effondrent... mais le Mal demeure éternel. »


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Numerius Femto
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MessagePosté le: 03/07/2017 20:32:38    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

Le stormtrooper soupira lorsque Numerius déclina son identité. L’embarras gagna le natif de Naboo alors que le soldat impérial lui indiquait froidement la direction à prendre pour se diriger vers les bureaux de recrutement. Peut-être aurait-il dû faire abstraction de son titre de comte en se présentant… Numerius ne souhaitait de tout son cœur qu’une chose : la gloire de l’idéologie impériale. Gagné par l’inspiration du moment et par la majesté des lieux, ses vieux réflexes d’aristocrate avaient ressurgi, mais il voulait uniquement servir l’Impérium sans recevoir de traitement de faveur. Peut-être avait-il paru arrogant aux yeux du soldat en armure blanche… Il se dit alors qu’il devrait rendre ses origines plus discrètes pour s’intégrer dans l’armée impériale.

Le jeune comte ne laissa pas paraître sa gêne et remercia respectueusement le stormtrooper avant de reprendre son chemin. Au bout de l’allée indiquée par le soldat, le natif de Naboo tourna à droite et remarqua une certaine agitation. Si on tenait compte des allées et venues de civils et de militaires en uniformes, on pouvait dire Numerius avait probablement trouvé le bureau de recrutement. Il se dirigea d’un pas résolu à l’intérieur.

Là, il se présenta devant un officier assis à un bureau, une tasse fumante posée à côté de lui. Lorsque celui-ci remarqua le Comte, il s’adressa à lui avec enthousiasme.

- Bien le bonjour compatriote ! Prêt à vous engager pour une incroyable aventure au sein de notre prestigieuse armée ? Il va me falloir votre nom, votre prénom, votre pro... Monsieur Femto... ? Est-ce vous ? Oh oui... Pour sûr... Vous avez le visage de votre père... Et les yeux de votre mère ! Je... Je vous en prie ! Installez-vous, je vais vous faire apporter un rafraîchissement.

La surprise gagna Numerius. Lui qui pensait quelques minutes plus tôt qu’il devrait être plus discret sur ses origines… C’était visiblement raté. Toujours aussi étonné, le natif de Naboo salua respectueusement le recruteur et pris place sur une chaise posée à côté de lui. Un cadet vint lui apporter une autre tasse. Numerius doutait que les autres recrues aient bénéficié de ce traitement de faveur, mais il accepta volontiers le breuvage. L’officier afficha son plus beau sourire et reprit la conversation.

- Et bien... Nous allons pouvoir discuter tranquillement il semblerait. Mais où sont donc mes manières ? Veuillez m'excuser... Je ne m'attendais pas à voir un Femto ici, sur Cathar. Lieutenant Dempt, du service de l'Intendance des Armées. J'ai... Connu vos parents il y a plusieurs années de cela déjà, vous n'étiez encore qu'un enfant... Mais nous aurons sûrement l'occasion de discuter de tout cela une autre fois n'est-ce pas ? Bien...

Le Comte fut rassuré de constater que le recruteur ne souhaitait pas parler de la famille Femto dans l’immédiat. Ce sujet de conversation demeurait difficile pour Numerius en raison du décès douloureux de sa mère, mais aussi à cause de la relation conflictuelle qu’il entretenait avec son père.

L’officier impérial semblait nerveux. Le sang des Femto imposait certes un immense respect au sein du peuple Naboo, mais la réaction du militaire semblait disproportionnée. Numerius pouvait assurer sans aucun doute qu’il n’avait pas affaire à un homme de terrain. Il était beaucoup trop nerveux pour cela.

- Erhm. Bien, reprit le lieutenant après s’être emparé d’un datapad... J'ai déjà quelques informations à votre sujet, mais vous comprenez, je vais avoir besoin de vous en demander un peu plus. Pourquoi vouloir rejoindre nos rangs ? Avez-vous une quelconque expérience dont pourrait bénéficier l'armée impériale ? Quels sont vos aspirations et vos objectifs au sein de notre armée ?

Le Comte borgne prit quelques secondes pour réfléchir aux questions que lui adressait l’officier impérial. Le silence qui régnait en ce lieu quasiment déserté aidait le jeune noble à se concentrer sur ce qu’il allait répondre aux interrogations plus difficiles qu’il n’y paraissait que lui avait posé le recruteur.

-Pourquoi rejoindre vos rangs… Si vous êtes un peu familier avec l’histoire de ma famille, vous n’êtes pas sans savoir que les Femto ont toujours été des fervents défenseurs de l’idéologie républicaine. Jusqu’à ma naissance, c’était vrai. J’ai beaucoup sacrifié pour l’Empire, lieutenant. Mon père ne me portait déjà pas dans son cœur avant que je m’intéresse à la politique, mais lorsqu’il a découvert avec quelle ferveur je soutenais l’idée impériale, il a commencé à me haïr. Ce n’est chose aisée de supporter une telle haine dirigée contre soi, surtout quand elle émane de votre propre père. Néanmoins, j’ai toujours mis placé le bien et la grandeur de l’Empire au-delà de mon bien-être personnel. Je ne suis qu’un homme parmi des milliards, mais l’Imperium peut devenir quelque chose de grand, une idée magnifique qui traversera les siècles. Et si je peux contribuer à ce que cela se produise, alors je donnerais ma vie sans hésiter. Pour ce qui est de mon expérience… Eh bien, j’ai suivi avec succès un cursus complet dans une école prestigieuse de Naboo. Cela implique également un cursus sportif – mes professeurs parlaient d’un esprit sain dans un corps sain – et de bases d’éducation militaire, même si je dois reconnaître que cela remonte à loin. Depuis la chute de l’Empire démocrate, j’erre à travers la galaxie sans réel but ce qui m’a permis aussi d’apprendre à supporter les situations les plus désagréables et à improviser. Enfin, pour ce qui est de mes aspirations, je vous le dis franchement : je ne souhaite que servir l’Imperium du mieux que je le peux. Je ne ferai que ce que vous attendez de moi.

L’aristocrate marqua une pause et sourit à l’officier impérial.

-Je crois avoir fait le tour de vos questions, lieutenant.

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Nash Futhark
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MessagePosté le: 07/08/2017 22:01:54    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

Le lieutenant Dempt écoute le comte dans un silence religieux. Il semble totalement fasciné par ce que lui raconte le jeune homme et ne cherche pas un seul instant à l'interrompre. Il boit ses paroles comme l'on pourrait boire du petit lait. Ah ! Les mots sont un breuvage divin pour qui sait les manier ! Mais les mots, aussi doux soient-ils à l'oreille, n'abreuvent que l'esprit et point l'organisme. L'officier porte à ses lèvres desséchées sa tasse de thé et renifle discrètement le merveilleux parfum qui se présente à ses narines. Quelques gorgées plus tard, le rapport est enfin bouclé et envoyé. Il ne reste plus qu'à rentrer chez soi et profiter d'une bonne nuit de sommeil. Toutefois, l'impérial se voit mal laisser en plan un jeune compatriote perdu et sans relations dans cette ville.

- Il est agréable de constater qu'il y a des gens brillants qui cherchent à s'engager au sein de notre glorieuse armée ! Vous savez, il y a bien trop de types arrogants et faisant preuve d'un intellect limité. Le pouvoir et l'ambition sont deux choses qui s'immiscent facilement dans la vie des officiers impériaux, et malheureusement, nous ne pouvons rien faire pour endiguer efficacement cela. Commence doucement le lieutenant, avant de sourire de plus belle. Mais je ne perds pas espoir ! Tant qu'il y aura encore des braves pour porter fièrement l'idéologie en triomphe, nous nous en sortirons ! Le devoir avant tout comme on dit ! Et quel devoir !

Dempt, tout souriant, se redresse et rectifie machinalement les plis de sa tenue militaire. Il interpelle un cadet et lui remet son datapad afin de se débarrasser rapidement de ses dernières tâches à effectuer. Faire attendre des gens est une chose qu'il déteste. Et en outre, il ne tient pas à faire patienter le comte Femto.

- J'imagine que vous n'avez nulle part où dormir Monsieur le Comte. Mais ne vous en faites pas, je connais l'endroit idéal où vous pourrez vous restaurer et dormir à votre convenance. Il se trouve... Voyez-vous, que j'ai une chambre libre chez moi. Ma femme et moi-même serions ravis de vous héberger pour la nuit. Vous savez, il y a des horaires très strictes à respecter dans l'armée impériale. On ne peut pas se pointer dans une caserne à partir du coucher du soleil. Reprend l'homme, qui ne tient plus en place sur ses jambes. Venez Monsieur le Comte, Cathar est des plus rayonnantes lorsque la lumière du soleil décline et jette des reflets dorées sur les bâtiments.

Et lorsqu'il s'empresse de quitter le palais impérial, le comte sur ses talons, il y a une sorte de lueur vive dans ses yeux. Son regard pétille. L'homme semble respirer la joie de vivre. Il ne tarde pas à perdre ses bonnes manières et à reprendre ses éloges sur l'Impérium, sa façon de faire et son idéologie. Il s'exprime avec une passion des plus exaltantes. Comment pourrait-il en être autrement ? Servir l'Impérium c'est servir non pas ses intérêts mais ceux de quelque chose de plus grand et de plus passionnant. Le trajet à pied permet d'ailleurs au lieutenant d'exprimer avec toujours plus de vigueur l'amour qu'il porte à son régime, et à ses camarades impériaux. Les rues grouillent d'activité, des citoyens profitent des terrasses des restaurants et des dernières lueurs du jour, sous le regard silencieux des forces armées. Quelle harmonisation parfaite ! Avec la discipline vient l'ordre, avec l'ordre vient la paix.
Que demander de plus ? La liberté ? Oh non ! Cela n'apporte que des ennuis ! Et puis pour quoi faire ? Ceux qui réclament la liberté en veulent toujours plus, et crieront au scandale pour le moindre geste qui ne correspondrait pas à leurs attentes. Qu'ils aillent donc au diable ces satanés détracteurs avec leur foutue liberté à la noix. Ce sont eux les véritables ennemis de la paix ! Des républicains, assurément ! Quels odieux personnages ! Grossiers, corrompus et des plus pathétiques avec leurs discours à n'en plus finir. Pendant qu'ils se chamaillent pour savoir quoi faire et quoi voter, en se vautrant dans l'opulence, des gens meurent dans la misère. Qui sont les véritables misérables au final ? Non non non. Le régime impérial est des plus efficaces avec son état-major qui prend des décisions rapidement lorsque la situation l'exige. Et des abrutis veulent échanger cette efficacité contre la médiocrité d'un régime corrompu par des décennies, si ce n'est pas plus, de médiocrité ?

Les deux hommes arrivent finalement au pied d'un immeuble qui se fond totalement dans la masse. Un bâtiment des plus banals parmi tant d'autres. C'est bien là pourtant que notre petit bourgeois réside. On est bien loin du grand luxe des demeures familiales de Naboo, ou même de la relative quiétude des villes de cette même planète. Malgré l'ambiance sonore et son apparence des plus réductrices au niveau de l'architecture et de la décoration, l'intérieur du bâtiment semble tout à fait fonctionnel et même plutôt calme. Quelques étages plus haut, le lieutenant Dempt invite le comte à rentrer au sein de son antre. Son appartement !
L'intérieur du cocon familial qu'il partage avec sa tendre moitié est fort différent de la simplicité et de l'efficacité que l'on pourrait retrouver dans l'appartement d'un pur produit de l'armée. On retrouve sur de nombreuses étagères des objets totalement dépassés. Une collection de montres à gousset vole la vedette à une bibliothèque bien garnie en livres. De même, certains meubles semblent être faits dans des essences rares et coûteuses. Enfin, quelques babioles exotiques semblent être rapportées de voyages lointains. Une touche tout aussi exotique de verdure vient s'ajouter à la décoration de l'endroit. Plusieurs plantes en pot, parfois pouvant atteindre un mètre ou deux de hauteur, évoluent dans ce décor totalement atypique et figé dans un autre temps. Pour compléter ce cadre particulier, un couple d'oiseaux au plumage coloré offre des chants particulièrement relaxant et mélodieux à qui prend la peine d'écouter.


- Mon canari adoré, je suis rentré ! Et j'amène un invité de marque ! S'exclame alors le lieutenant en affichant, comme à son habitude, un sourire des plus radieux.

- Oh ! Bonjour Monsieur ! Glousse doucement la femme en traînant ses chaussons à fourrure jusque dans le salon. As-tu passé une bonne journée mon chéri ?

- Une excellente ma mie ! Permets-moi de te présenter le Comte Numerius Femto, un compatriote impérial et surtout... Originaire de Naboo ! Répond en souriant de plus belle l'officier, en venant embrasser son épouse.

- C'est beaucoup d'honneur que vous là à notre humble foyer Monsieur le Comte. Je suis Monica Dempt, la femme de ce cher et bavard Lieutenant, comme vous vous en serez douté ! Continue t-elle en gloussant à nouveau. Je vous en prie, venez, j'étais justement en train de préparer une spécialité de chez vous ! Vous m'en direz des nouvelles.

Monica tripote machinalement son collier de perles, signe qu'elle est légèrement nerveuse à l'idée de recevoir un illustre invité. A l'inverse de son mari, bavard et sociable, elle est plutôt du genre timide et réservée, n'ouvrant son cœur qu'aux gens qu'elle connait particulièrement bien. Mais ce repas sera probablement l'occasion de délier les langues, d'en apprendre un peu plus les uns des autres. Une délicieuse odeur s'échappe de la cuisine et ne tarde pas à faire trépigner d'impatience notre cher lieutenant Dempt. Il invite le comte à s'installer à table tandis qu'il sort un couvert de plus. Lorsqu'il s'assied à son tour, l'homme enlève sa casquette afin de laisser aérer ses cheveux.

- Ah ! Un Potage le Magnifique ! Je ne pourrais vivre sans cette incroyable recette ! Ajoute pour tout commentaire l'officier afin d'éviter un silence gênant. Vous savez, je me dis souvent que les Naboo feraient mieux de s'engager dans la voie de l'Impérium. Notre société est des plus magnifiques, mais la sécurité et la tranquillité de Naboo ne pourront pas être assurées indéfiniment. Toutefois, imaginez un instant le mélange parfait que serait un régime à l'image de Naboo et de l'Impérium. La force tranquille et les arts gracieux des Naboo alliées à la discipline exemplaire et la rigueur militaire des impériaux. Quelle image ! Quelle puissance !

- Le repas est prêt ! Annonce doucement Monica en déposant le liquide fumant dans son contenant sur la table.

Le Potage le Magnifique. Une bonne soupe comme on les aime. Quelques carottes, quelques patates, quelques oignons, le tout mixé afin de faire un bon liquide facile à boire. Sans oublier bien évidemment les morceaux de viande que l'on rajoute afin de nourrir un tant soit peu les braves gaillards. Mais qu'est-ce qui fait donc la popularité de cette recette alors ? Et bien deux choses. Une pâtisserie, mixée elle aussi avec le reste et... Un crédit ! Non non ! Vous ne rêvez pas ! Afin de donner un arrière-goût cuivré au breuvage, les Naboo ont eu la bonne idée de glisser un crédit dans le Potage le Magnifique. D'ailleurs, selon la tradition, il est dit que trouver le crédit porte bonheur. Les rations de soupe sont distribuées. Chacun savoure en silence le liquide fumant qui réchauffe les entrailles. Et pourtant, sur Cathar, il ne fait pas particulièrement froid. Ce serait même l'inverse. Mais il est impossible de résister à un Potage le Magnifique... Surtout lorsque l'on est Naboo !

- Dites moi Monsieur le Comte... Vous ne connaissez pas le Lieutenant Futhark je présume ? Demande bêtement l'officier après avoir avalé une énième gorgée de soupe.

- Le revoilà parti ! Décidément ! Soupire sa femme en roulant des yeux. Tu devrais songer à l'épouser tiens ! Le Lieutenant par-ci, le Lieutenant par-là ! Une véritable obsession ma parole !

- Mais ma douce colombe, ne m'en veux pas ! Ce type me fascine ! Je... Je n'arrive pas à cerner l'individu qu'il est ! Que savons-nous de son espèce, les Chiss ? Rien ! Et pourtant, lui, il est bien là, avec son obsession pour le mystère et l'efficacité. Il n'est pas comme les autres... C'est comme s'il venait d'un autre monde, d'une autre galaxie.

Ne pouvant résister à la démangeaison, le voilà en effet reparti. Et plus rien ne peut l'arrêter. Il partage à nouveau ses connaissances sur le Chiss avec sa femme, qui n'en peut plus de sa prestation interminable vue et revue des dizaines de fois au bas mot, et le comte Femto. Il n'hésite pas à joindre les gestes à la parole, à se lever, à imiter le lieutenant Futhark lorsqu'il juge cela nécessaire. L'officier de l'Intendance n'omet aucun détail. Il raconte tout ce qu'il sait sur la supposée victoire du Chiss contre un Sith sur Mygeeto, ce qui lui a valu la perte d'une jambe. L'homme fait le récit d'un lieutenant recrutant des criminels à des fins militaires, les mettant en pas et faisant d'eux de véritables soldats. Il détaille également l'attitude froide, secrète et exigeante de l'alien à peau bleue et n'hésite pas à émettre des hypothèses plus foireuses les unes que les autres à propos de ses origines ou de son parcours militaire.

- La question que je me pose régulièrement, pour ne pas dire tout le temps c'est : D'où vient-il ? Et pourquoi est-il ici ? Je suis à la fois intrigué et effrayé par ce côté imperméable qui nous empêche d'en savoir plus à son sujet. Vous savez, j'ai tendance à dire qu'un cœur noble mérite toute la confiance dont on peut disposer, et je ne doute nullement des nobles intentions du Lieutenant, mais quand même ! Un jour peut-être que nous comprendrons sa venue parmi nous, et ses objectifs.

- Pourquoi ne pas l'inviter à manger et lui demander sinon ? Ce ne serait pas plus simple et plus "sain" ? Mon pauvre petit chéri se met dans tous ses états pour rien ! Se moque doucement Monica.

- Quelle brillante idée ma libellule ! Qu'est-ce que je ferais sans toi... Réplique aussitôt Dempt, enthousiaste rien qu'à cette idée.

- Probablement pas grand chose ! Ricane t-elle en essuyant avec délicatesse ses lèvres, puis reprenant plus sérieusement. Je suis désolée Monsieur le Comte. Lorsqu'il pense au Lieutenant Futhark, mon mari ne passe pas à autre chose avant de s'être pris la tête. Mais parlons plutôt de vous, j'aimerais bien connaître votre histoire, votre parcours, et l'origine de votre venue dans la capitale impériale, si cela n'est pas trop indiscret bien sûr...
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Numerius Femto
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MessagePosté le: 23/08/2017 08:37:37    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

Le lieutenant écoutait attentivement les paroles de l’aristocrate, buvant ses paroles comme il buvait le thé parfumé contenu dans sa tasse. Lorsque Numerius eut fini de parler, l’officier impérial finit les quelques gorgées encore visibles au fond du récipient avant de le reposer, l’air satisfait. Il reprit alors la parole.

- Il est agréable de constater qu'il y a des gens brillants qui cherchent à s'engager au sein de notre glorieuse armée ! Vous savez, il y a bien trop de types arrogants et faisant preuve d'un intellect limité. Le pouvoir et l'ambition sont deux choses qui s'immiscent facilement dans la vie des officiers impériaux, et malheureusement, nous ne pouvons rien faire pour endiguer efficacement cela. Mais je ne perds pas espoir ! Tant qu'il y aura encore des braves pour porter fièrement l'idéologie en triomphe, nous nous en sortirons ! Le devoir avant tout comme on dit ! Et quel devoir !

Numerius sourit. Il ne pouvait qu’acquiescer les paroles du lieutenant Dempt. Sous l’Empire démocrate, il avait lui-même connu des individus rongés par l’ambition mettant l’idéal impérial en péril par pur égoïsme… Ce genre de comportement, le natif de Naboo ne pouvait le tolérer. Il sentit la colère monter en lui à la simple évocation de ces parasites et son poing se serra avec une telle rage que ses ongles commencèrent à s’enfoncer dans sa paume. C’est alors que lieutenant se releva et s’adressa à nouveau Numerius, apaisant la haine qui s’emparait de lui avant que sa main ne se mette à saigner.

- J'imagine que vous n'avez nulle part où dormir Monsieur le Comte. Mais ne vous en faites pas, je connais l'endroit idéal où vous pourrez vous restaurer et dormir à votre convenance. Il se trouve... Voyez-vous, que j'ai une chambre libre chez moi. Ma femme et moi-même serions ravis de vous héberger pour la nuit. Vous savez, il y a des horaires très strictes à respecter dans l'armée impériale. On ne peut pas se pointer dans une caserne à partir du coucher du soleil. Venez Monsieur le Comte, Cathar est des plus rayonnantes lorsque la lumière du soleil décline et jette des reflets dorées sur les bâtiments.

Numerius haussa les sourcils. Peut-être avait-il été naïf de croire qu’il échapperait à un traitement de faveur…

- Je vous remercie infiniment pour votre invitation, lieutenant, répondit alors le Naboo. C’est un grand honneur que vous me faites.

Le comte borgne marqua une pause en se relevant à son tour.

- Et oui, je suis sûr que Cathar est resplendissante au crépuscule.

Les deux hommes sortirent du bâtiment militaire et s’engouffrèrent dans les rues grouillantes d’activités. La population était majoritairement humaine, mais quelques autres races étaient occasionnellement visibles sur les terrasses des restaurants. Les gens discutaient, débattaient, riaient en profitant des dernières heures de la journée et de l’éclat rouge et apaisant du soleil. Numerius appréciait le tableau. Une scène de vie paisible, simple et fondamentalement belle. Ce qu’il voyait renforçait ses convictions et le confortait dans l’idée qu’il avait pris la bonne décision en venant sur Cathar. Devant lui, le lieutenant Dempt marchait le sourire aux lèvres, l’air songeur. Bien qu’extravagant, le personnage était sympathique à Numerius. Il comprenait parfaitement l’idéal impérial et y adhérait de toute son âme. Cela, le Naboo le respectait.

Ils arrivèrent enfin devant un immeuble somme toute assez banal, mais charmant. On était très loin du luxe de la demeure familiale des Femto, mais durant les sept dernières années, Numerius avait connu tout sauf le luxe. Néanmoins, il conservait l’espoir de retrouver un jour sa maison natale et de pouvoir y dresser fièrement la bannière impériale. Il était certes heureux d’être sur Cathar, mais Naboo et ses lacs lui manquaient terriblement…

Femto et Dempt montèrent quelques étages avant d’arriver à la demeure de ce dernier. L’appartement était simple mais fonctionnel, comme on pouvait s’y attendre. Néanmoins, une décoration exotique sans être tape-à-l’œil venait casser la monotonie qu’aurait pu avoir le lieu. Un couple d’oiseaux colorés s’amusait et chantait mélodieusement. Numerius ferma les yeux et commença à se détendre. C’était la chose la plus proche de la musique qu’il aimait tant qu’il avait entendu sur ces sept dernières années…



- Mon canari adoré, je suis rentré ! Et j'amène un invité de marque ! S'exclama le lieutenant pour signaler sa présence à sa dulcinée.

Cela ne manqua pas de surprendre l’aristocrate.

Sa femme fit alors son apparition dans le salon, des chaussons à fourrure aux pieds. Visiblement, elle ne s’attendait pas à recevoir un invité et certainement pas un comte Naboo.


- Oh ! Bonjour Monsieur ! As-tu passé une bonne journée mon chéri ?

- Une excellente ma mie ! Permets-moi de te présenter le Comte Numerius Femto, un compatriote impérial et surtout... Originaire de Naboo !

Le lieutenant vint embrasser son épouse. Le couple était attendrissant, Numerius devait l’admettre. Il s’attendait à devoir se marier un jour, lui aussi, mais par obligation : la lignée des Femto ne devait pas disparaître et Numerius doutait que son futur couple soit aussi heureux et épanoui que celui qu’il observait. Madame Dempt se retourna alors vers l’aristocrate.

- C'est beaucoup d'honneur que vous là à notre humble foyer Monsieur le Comte, gloussa-t-elle en tripotant les perles de son collier, l’air nerveuse. Je suis Monica Dempt, la femme de ce cher et bavard Lieutenant, comme vous vous en serez douté !Je vous en prie, venez, j'étais justement en train de préparer une spécialité de chez vous ! Vous m'en direz des nouvelles.

Le lieutenant invita alors Numerius à passer à table. De la cuisine venait une odeur délicieuse qui rappelait des souvenirs à l’aristocrate. Oh oui, il n’avait pas senti ce fumet depuis fort longtemps, mais il était impossible pour lui de l’oublier… Le comte et l’officier passèrent à table. Ce dernier eut l’air ravi.

- Ah ! Un Potage le Magnifique ! Je ne pourrais vivre sans cette incroyable recette !
Vous savez, je me dis souvent que les Naboo feraient mieux de s'engager dans la voie de l'Impérium. Notre société est des plus magnifiques, mais la sécurité et la tranquillité de Naboo ne pourront pas être assurées indéfiniment. Toutefois, imaginez un instant le mélange parfait que serait un régime à l'image de Naboo et de l'Impérium. La force tranquille et les arts gracieux des Naboo alliées à la discipline exemplaire et la rigueur militaire des impériaux. Quelle image ! Quelle puissance !


- Le repas est prêt ! Aannonça Monica Dempt en posant le récipient contenant la succulente soupe.

Le couple et l’aristocrate commencèrent à savourer ce délicieux plat Naboo. Beaucoup auraient été sceptiques en observant la recette pour le moins originale de ce potage, mais tout Naboo digne de ce nom savait quel délice engendrait cette curieuse association de saveurs.

Dempt releva alors la tête et s’adressa à Numerius.


- Dites moi Monsieur le Comte... Vous ne connaissez pas le Lieutenant Futhark je présume ?

Monica Dempt soupira alors et roula des yeux en reposant ses couverts. Quant au noble, il haussa à nouveau les sourcils.

- Le revoilà parti ! Décidément !Tu devrais songer à l'épouser tiens ! Le Lieutenant par-ci, le Lieutenant par-là ! Une véritable obsession ma parole ! Soupira l'épouse du lieutenant.

- Mais ma douce colombe, ne m'en veux pas ! Ce type me fascine ! Je... Je n'arrive pas à cerner l'individu qu'il est ! Que savons-nous de son espèce, les Chiss ? Rien ! Et pourtant, lui, il est bien là, avec son obsession pour le mystère et l'efficacité. Il n'est pas comme les autres... C'est comme s'il venait d'un autre monde, d'une autre galaxie.

S’en suivit un long monologue de l’officier impérial. Il évoquait l’histoire du lieutenant et ses hypothèses sur son parcours, le tout en ayant des étoiles dans les yeux. Sa femme semblait lasse. Numerius, quant à lui, trouvait le portrait original et intéressant, mais il ne put s’empêcher de ressentir une certaine gêne face à cet officier parlant de son collègue comme un enfant parle de son super-héros préféré.

- La question que je me pose régulièrement, pour ne pas dire tout le temps c'est : D'où vient-il ? Et pourquoi est-il ici ? Je suis à la fois intrigué et effrayé par ce côté imperméable qui nous empêche d'en savoir plus à son sujet. Vous savez, j'ai tendance à dire qu'un cœur noble mérite toute la confiance dont on peut disposer, et je ne doute nullement des nobles intentions du Lieutenant, mais quand même ! Un jour peut-être que nous comprendrons sa venue parmi nous, et ses objectifs.

Ces dernières paroles marquèrent heureusement la fin du monologue, ce qui soulagea Numerius. Monica Dempt répondit alors d’un air sarcastique au discours de son mari

- Pourquoi ne pas l'inviter à manger et lui demander sinon ? Ce ne serait pas plus simple et plus "sain" ? Mon pauvre petit chéri se met dans tous ses états pour rien !

- Quelle brillante idée ma libellule ! Qu'est-ce que je ferais sans toi...

Il y avait quelque chose de touchant dans la candeur de l’officier impérial.

C’est alors que Monica s’adressa à nouveau au comte. Elle s’excusa d’abord pour l’obsession de son mari pour le lieutenant Futhark avant d’interroger Numerius sur un sujet qu’il aurait préféré évité.


- Mais parlons plutôt de vous, j'aimerais bien connaître votre histoire, votre parcours, et l'origine de votre venue dans la capitale impériale, si cela n'est pas trop indiscret bien sûr...

L’humeur du comte se fit plus sombre lorsqu’il entendit la question de madame Dempt, mais il ne le laissa pas paraître. Après tout, elle ne lui avait nullement manqué de respect et ne cherchait en aucun cas à le faire. Il aurait été injuste et déplacé de la réprimander alors qu’elle l’avait accueilli en sa demeure. Numerius sourit et eut un petit rire embarrassé.

- Eh bien il n’y a pas grand-chose à dire sur moi, répondit-il. Né dans une prestigieuse famille Naboo, j’étais destiné dès mon plus jeune âge à la haute fonction publique. Après mes études, j’ai succédé à mon père et prit sa place dans le corps diplomatique Naboo. Le travail me plaisait, je dois le reconnaître, mais ce n’était pas une passion pour moi. J’étais juste ravi de servir l’Empire. Puis… l’Empire Sith est arrivé et je suis parti. Les choses n’étaient plus les mêmes à mes yeux. J’ai voyagé pendant sept ans à travers la galaxie errant de planètes en planètes. Durant ce voyage, j’ai fait des rencontres et des découvertes extraordinaires…

Numerius marqua une pause. Des images sanglantes défilèrent dans sa tête à un rythme effréné. Son errance n’avait pas été une promenade de santé… La vision du Dévaronien déchiré par la torture sur Nar Shadda resta comme imprimée sur sa rétine et il ferma les yeux quelques instants avant de reprendre. C’était presque comme s’il pouvait voir ces scènes cauchemardesques de son œil mort…

-Néanmoins, je ne pouvais pas voyager éternellement. J’ai eu vent de la fondation de l’Impérium et j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour rejoindre Cathar et servir à nouveau l’idéologie impériale…

Numerius s’arrêta d’un seul coup, surpris. Il sentit un liquide couler de son œil invalide. Le couple Dempt eut l’air frappé de stupeur. Sortant un mouchoir de sa poche, le comte essuya sa joue. Du sang. Une larme de sang. Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé…

Le natif de Naboo rangea le mouchoir dans sa poche et s’excusa pour cette scène macabre, expliquant qu’il s’agissait simplement d’une conséquence de la perte de son œil.

La conversation reprit alors peu à peu. Lorsque le dîner fut fini, la nuit était tombée depuis fort longtemps. Le ciel était aussi noir que de l'encre et de petites étoiles blanches venaient éclairer la voûte céleste malgré la pollution lumineuse. Il était temps d’aller dormir. Le lendemain serait une journée importante pour Numerius.


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MessagePosté le: 01/10/2017 00:05:42    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

Comme à leur habitude, les Dempt se lèvent aux premières lueurs du jour. Lorsque que le soleil se fait timide, qu'il ne présente que le bout de la tête à l'horizon, on pourrait se dire qu'il n'y a pas plus beau moment. Mais notre couple ne se préoccupe plus vraiment de ce spectacle quotidien. Monica prépare le petit déjeuner en sifflotant un air joyeux, attendant que son candide mari sorte de la salle de bain. Un bon impérial est un impérial soigné à ce qu'il paraît. Et le lieutenant tient en outre à montrer qu'il suit à la lettre le règlement militaire. Il se présente donc dans son uniforme impeccable, avec sa coiffure irréprochable et son visage bien propre, à sa tendre moitié.
Parce qu'on ne brise pas les bonnes vieilles habitudes, ils échangent un baiser, puis un sourire, avant de se mettre à table. Et quelle table ! Bien qu'ayant des revenus modestes, les Dempt ne manquent de rien. Monsieur aime manger ses tartines au fromage trempées dans son café. Madame préfère boire son petit jus de fruits mixés par ses soins, et ce avec ses petites tranches de pain grillé sur lesquelles elle aime étaler sa marmelade. Vient ensuite le moment où le lieutenant lit son datapad, quand sa petite femme ouvre la cage pour nourrir les oiseaux dans le creux de sa main. Ils restent là, tous les deux, durant trente bonnes minutes, à siffloter ensemble, accompagnés par le doux chant des fragiles bêtes au plumage coloré qui se prêtent volontiers au jeu. Les deux tourtereaux vivent dans un cadre idyllique, semblable à ce qu'ils avaient pu connaître sur Naboo, peu après leur mariage. Monica n'est pas originaire de cette merveilleuse planète, mais pour rien au monde elle ne souhaite changer leurs habitudes.
En outre, même aujourd'hui, alors qu'ils hébergent un illustre compatriote Naboo, ils restent tels qu'ils sont. Lorsque le comte se présente à eux, les Dempt le saluent chaleureusement, lui demandent si la nuit fut bonne et ce qu'il désire manger, puis vaquent à leurs occupations quotidiennes. En deux mots, ils sont authentiques et conviviaux. D'une certaine façon, le couple en vient presque à considérer le Femto comme un membre de leur famille. Car les Dempt sont comme cela. Quand ils invitent et qu'ils sympathisent, ils offrent sans jamais recevoir. Ce sont des gens simples au grand cœur. On pourrait trouver cela étrange au beau milieu d'un régime autoritaire et cruel où la moindre erreur peut être fatale...

Aujourd'hui, l'Impérium vient montrer son vrai visage. Un visage impitoyable. Quelqu'un vient sonner à la porte. C'est tout sourire que Monica et ses petits chaussons à fourrure viennent réceptionner. Mais elle perd rapidement sa bonne humeur quand elle se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une visite de courtoisie. Les deux oiseaux cessent de chanter. Trois hommes en armures grises débarquent dans l'appartement, l'arme à la main. Deux autres silhouettes sont visibles dans le couloir. Autant dire que ces individus ne lésinent pas sur les moyens... Qui qu'ils soient.


- Veuillez vous éloigner de la porte Madame. S'il vous plaît. Lâche froidement le premier type à travers son casque.

- Euh... Je... Oui oui... Balbutie la femme sans comprendre ce qu'il se passe.

Elle rejoint rapidement les bras de son époux, qui dévisage silencieusement les soldats qui lui font face. Il reconnaît à la couleur les hommes de la Grande Moff. Les Manteaux de Nuit. Les fidèles Boroskais de sa garde rapprochée, qui exécutent les ordres sans broncher. D'une certaine façon, on peut se dire qu'ils ne sont pas là par hasard, et que leurs affaires ici sont des plus sérieuses... A l'instar des agents du Bureau de la Sécurité Impériale, ils font des choses inavouables pour assurer non seulement la sécurité du régime mais également celle de leur "charmante" maîtresse. On pourrait finir par croire que le gris est la couleur qu'il faut éviter de porter, qu'elle est réservée aux pires individus de la société impériale... Ou tout du moins à ses membres aux méthodes peu conventionnelles, extrémistes.

Ce que le lieutenant ne parvient pas à comprendre, c'est le pourquoi du comment ils sont là, chez lui, dans son intimité. Bien loin de menacer le couple et leur invité, les Manteaux de Nuit dérangent par leur présence intrusive... Et par la froideur mordante, affligeante, qui se dégage des armures grises impersonnelles et qui vient contraster avec cet endroit plein de gaieté et de vie.


- Messieurs, je ne comprends pas le but de votre présence ici... Que cherchez vous ? Nous pourrions peut-être aider... Débute doucement Dempt, qui cherche à détendre l'atmosphère pesante qui s'installe.

- Les affaires de la Grande Moff ne regardent qu'elle-même Lieutenant. Rétorque avec toujours autant d'hostilité le soldat. Monsieur Femto, veuillez nous suivre.

- Je vois je vous... Veuillez excuser ma curiosité Messieurs. Répond simplement l'officier aux soldats, puis s'adressant à son camarade Naboo dans un demi-sourire. Monsieur le Comte, vous pourrez toujours récupérer vos affaires plus tard, si vous en avez toutefois. Et n'oubliez pas, vous serez toujours le bienvenu ici !

- Vous vous reverrez ! Soupire le Manteau de Nuit avant de reprendre plus agressivement. Monsieur Femto, en avant ! La Grande Moff n'aime pas attendre.

C'est sous le regard inquiet des Dempt, et sous la surveillance stricte des soldats que le comte Femto quitte l'appartement. Aucun remerciement n'est adressé au couple, ni même un au revoir. Lorsque l'on est en opération spéciale, il faut croire que l'on oublie l'essentiel : La politesse. Celui qui semble être le dirigeant du petit groupe s'arrête après avoir passé le seuil de la porte. Les doigts de sa main droite se pressent contre le casque, comme s'il cherche à mieux entendre ce qu'on lui raconte à l'oreillette. L'impérial se racle la gorge.

- Rapace Leader à Base Firefox. Nous avons le colis, je répète, nous avons le colis. Extraction en cours. ETA onze minutes. Annonce le soldat dans son comlink intégré.

Les cinq Manteaux de Nuit chargés d'escorter le Naboo s'assurent que personne ne s'implique. Le moindre voisin curieux est sommairement invité à retourner dans son appartement et les visiteurs reçoivent l'ordre de rester à distance respectable. Chacun coopère, de peur d'être embarqué pour un malentendu. La terreur fait ses preuves, encore et encore... Les membres de la garde rapprochée de la Grande Moff descendent les étages aussi rapidement qu'ils les ont monté. A l'extérieur, trois autres soldats en armure grises sécurisent la zone et interdisent l'accès aux potentiels passants. Ce n'est toutefois pas ces hommes qui retiennent le plus l'attention, mais plutôt une canonnière TIO/BA stationnée à quelques mètres du sol qui emplit l'atmosphère sonore de ses vrombissements. Un seul signe du chef de groupe suffit à faire comprendre au pilote de descendre suffisamment afin que les Manteaux de Nuit et leur précieux colis puissent embarquer à bord.

Une seule direction possible. Le palais impérial...





Ashe s'empare d'une pomme disposée soigneusement dans une corbeille avec d'autres fruits succulents et exotiques. Après un bref examen, elle juge le fruit apte au service et le croque à pleines dents. Un quartier entier finit mâché et avalé en quelques secondes. Elle ne se soucie guère de savoir si elle utilise peut-être trop régulièrement un jargon militaire, même pour les banalités sans nom. L'armée est tout ce qu'elle est, et tout ce qu'elle veut. Borosk l'avait habituée à une vie difficile, faite de privations, d'interdits et de règles très strictes. Dans l'ensemble, elle s'est toujours efforcée d'appliquer ce qu'on lui a appris. En outre, son salon privé est bien austère, comparé à d'autres. Un tapis luxueux délimite le champ de bataille que se partagent respectivement deux sofas pour le contrôle de la table basse trônant au milieu. Le reste de la vaste pièce est entièrement déserté de tout mobilier. Une sensation de vide qui peut en déstabiliser plus d'un...

Lors de la proclamation d'un Ordre Nouveau, elle avait été parmi les premiers Boroskais à rejoindre les rangs d'une armée impériale nouvellement formée, et jusque là presque entièrement composées de clones. Acceptée dans l'Académie de Carida, une des plus prestigieuses de la galaxie, elle avait rapidement déchanté toutefois. Des trous du cul hautains, voilà ce qu'elle avait trouvé là-bas ! Des sales types qui pensaient être la crème des élèves-officiers. Des gosses issus de riches familles de fonctionnaires, ou d'illustres familles militaires, qui pour la plupart étaient d'abord et avant tout acceptés du fait des relations de leurs proches, plutôt que de leurs réelles compétences. Ceci n'est désormais qu'un lointain souvenir...

La voilà désormais propulsée à un poste que tout le monde jalouse secrètement. Elle ne le sait que trop bien. Le prestige de sa position cache bien des choses. Des choses moins glorieuses. On cherche probablement déjà à la détrôner, à lui planter un couteau dans le dos. Il faut être idiot pour croire que tout va bien dans l'Impérium. Et actuellement, de nombreux sujets préoccupent notre petite Moff. Le Bureau de la Sécurité Impériale traque toujours plus d'opposants au régime sans jamais relâcher ses efforts. De nombreux rapports font mention de sympathisants Sith dans les rangs des Cathars. Si la plupart sont interceptés et morts, quelques uns sont apparemment encore actifs et éparpillés sur toute la planète. Mais ces rebelles là ne sont au final qu'une bien faible menace comparée à d'autres...
Non. Le vrai ennemi est plus discret. Il est là, à l'affût du moindre élément qu'il pourrait utiliser à son avantage. Des bruits de couloir sont remontés aux oreilles de la naine. On dit que certains impériaux se regroupent pour faire de la propagande anti-séparatiste. On pointe du doigt l'incompétence de Valiant, capturé dès les premières heures de l'avènement du nouvel empire. On dénonce l'odieuse collaboration de la Moff Ashe avec les services séparatistes. On l'accuse de trahison !

Elle... Une traîtresse ? Elle ferait regretter à ces imbéciles leurs propos... Oui. Ces gens là ne mourront pas sous les tirs de quelques blasters. Non... La petite femme leur réserve un châtiment bien pire que la mort. Le Renard Impérial a une sale réputation... Ce n'est pas pour rien que l'on se méfie de ses intentions. Elle a pris la mauvaise habitude de tirer une certaine satisfaction d'actes de torture. Arracher des plaintes, réduire à l'état de charpie des corps, briser des volontés... Il n'y a rien de plus agréable à ses yeux.
Et à côté de ça... On vient lui apprendre que des nostalgiques de Valiant cherchent par tous les moyens à libérer leur ô combien glorieux et illustre général. Ashe ne s'opposerait pas à leurs objectifs. Tant que ces gars là sont occupés à traquer ceux qui s'opposent à Valiant, tout en cherchant des solutions pour le sortir de sa misère... Et bien ils ne viennent pas râler et contester le pouvoir en place. Aux yeux de la Moff, le clone est un cas perdu d'avance. Ces foutus républicains sont incapables de reconnaître une occasion de se sortir du pétrin quand elle se présente à eux. Par deux fois, ils ont merdé avec les impériaux... Et la naine n'est pas prête, dans l'immédiat, de s'intéresser à ces abrutis de nouveau...

Le soldat qui se charge de lui masser les pieds pince sans le faire exprès le gros orteil, ce qui ne fait qu'énerver toujours plus notre chère Boroskaise. Elle congédie d'un simple geste de la main le malheureux puis enfile ses bottes. Le Manteau de Nuit quitte la pièce en courbant l'échine après une série d'excuses. Pour les hommes qui servent dans la garde rapprochée de la Moff, pouvoir lui masser les pieds est un immense honneur. Mais les plus chanceux, et les plus méritants, sont ceux qui ont le privilège de protéger la naine lorsqu'elle fait ses séances de natation presque quotidiennes dans sa piscine privée. Pour garder la forme, rien de mieux qu'un peu de sport... Et les apparences sont encore une fois trompeuses ! Sous l'uniforme presque trop grand de la petite femme se cache un corps athlétique qui fait sûrement quelques jalouses...

Finalement, la porte se dérobe à nouveau, afin de laisser apparaître de nombreuses silhouettes. La plupart d'entre elles sont celles de soldats de sa garde rapprochée. Les armures grises impersonnelles n'aident pas à identifier les membres composant ce groupe. Il y a toutefois bien un détail qui vient lui donner une idée sur l'identité des Manteaux de Nuit présents dans la salle. Un certain personnage n'est pas habillé comme les autres. Et à en juger son expression et sa rigidité, il doit s'agir de l'individu qu'elle recherchait...


- Vous pouvez disposer Messieurs. Mais ne vous éloignez pas trop... Je pourrais avoir besoin de vous dans quelques instants. Ordonne t-elle froidement avant de lancer un sourire étrange à son invité. Veuillez m'excuser pour la gêne occasionnée Monsieur... Femto ? Ou bien dois-je vous appeler Monsieur le Comte ? Quoi qu'il en soit, j'espère que mes hommes n'ont pas été trop rudes avec vous. Ils ont la mauvaise habitude de faire du... Zèle. Oh... J'en oubliais l'essentiel. Bienvenue sur Cathar.

La jeune femme croque à nouveau dans sa pomme, avec cet air de dirigeante impitoyable. Et alors qu'elle mâche le pauvre morceau de fruit, elle jette un regard vif et noir au comte. Un regard qui en dit long. Elle est aux commandes ici. Et la moindre réflexion pourrait coûter cher au Naboo.

- Je vous en prie, asseyez-vous... Prenez place. Vous devez sûrement vous demander ce que vous pouvez bien faire ici, en présence de la Grande Moff. Continue t-elle plus doucement, en lorgnant son trognon de pomme avec une certaine curiosité. Les Naboo se font rares dans l'Impérium... Et pourtant, ce sont tous des éléments appréciés. Des éléments... Compétents... Investis... Et surtout... Loyaux. Votre parcours est des plus intéressants Monsieur Femto. Vraiment. Oh bien sûr, il y a des zones d'ombres qu'il nous faudra éclaircir, mais dans l'ensemble, je suis séduite par votre profil... Il se peut que j'aie un poste à vous offrir au sein de notre armée.

Mais la question qui se pose actuellement est de savoir à qui va votre allégeance Monsieur Femto...


Le Renard Impérial a choisi soigneusement ses mots. La naine a fait exprès de parler lentement, de détacher chaque syllabe. Et c'est en esquissant l'ombre d'un sourire qu'elle en vient à se taire. Nul ne sait réellement où elle cherche à aller... Sauf peut-être, bien sûr, elle-même. Et quelques esprits futés...
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MessagePosté le: 25/01/2018 14:54:14    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

La détresse, le sang, la mort… Les rêves de Numerius étaient hantés par son obscur passé. Les sept années qu’il avait passé à errer sans but dans la galaxie l’avaient profondément marqué. Parfois, des souvenirs lui revenaient à l’esprit, des souvenirs dans lesquels il était… différent. La galaxie et vaste et impitoyable. Numerius l’avait très vite compris et ce dès son plus jeune âge. Mais rien n’aurait pu le préparer aux années qu’il allait passer à voyager. Il avait rencontré ce que la galaxie faisait de pire. Il l’avait parfois incarné… Au fond de lui, il était conscient de la monstruosité de certains de ses actes, mais il se confortait dans l’illusion qu’il défendait la paix, l’ordre et le bien suprême, ce qui justifiait ses méfaits. Sans cette barrière, le Comte aurait sans doute basculé dans la folie depuis bien longtemps. Sans elle, il n’aurait pas survécu jusque-là.

Alors que le gémissement du Dévaronien retentissait dans son esprit, le natif de Naboo sortit de sa torpeur. Les rayons du soleil commençaient à être visibles à l’extérieur. Bientôt, les rues de Cathar seraient en ébullition. Les commerçants s’apprêtaient à ouvrir leurs boutiques et bientôt, les terrasses seraient remplies par la foule des civils. Une belle journée s’annonçait sur Cathar. Cependant, Numerius se réveilla avec un mauvais présentiment. Son instinct lui disait que quelque chose allait se produire. Quoi donc ? Il n’aurait su le dire…

Numerius sortit de la pénombre de la chambre qui lui avait été mise à disposition par le couple Dempt. Ceux-ci le saluèrent lorsqu’il fit son entrée dans le salon. Un beau petit déjeuner avait été disposé sur la table et l’officier impérial et son épouse demandèrent à leur invité ce qu’il désirait manger. Cachant son trouble derrière un sourire, Numerius les remercia mais leur affirma qu’il n’avait pas très faim.

Soudain, tout bascula. Un signal indiqua qu’un visiteur attendait derrière la porte. Alors que madame Dempt se dirigea vers l’entrée pour ouvrir, Numerius fronça les sourcils, méfiant. Trois individus armés firent irruption. Ils portaient une armure grise et une aura inquiétante se dégageait d’eux. De là où il se tenait, le Comte put apercevoir les ombres de deux autres soldats dans le couloir. Mais que se passait-il donc ? Sur un ton autoritaire, celui qui semblait être le dirigeant du groupe prit la parole.

- Veuillez vous éloigner de la porte Madame. S'il vous plaît.

Troublée, madame Dempt balbutia une réponse inaudible avant de se réfugier auprès de son mari. Tous deux semblaient aussi atterrés par la situation. Le lieutenant dévisagea les nouveaux arrivants avant de s’adresser à eux. On ressentait le trouble dans sa voix.

- Messieurs, je ne comprends pas le but de votre présence ici... Que cherchez vous ? Nous pourrions peut-être aider...

Il fut bien vite interrompu.

- Les affaires de la Grande Moff ne regardent qu'elle-même Lieutenant. Monsieur Femto, veuillez nous suivre.

Les yeux de Numerius s’écarquillèrent légèrement à ces dernières paroles. Pourquoi ? Qu’avait-il pu faire pour se retrouver dans une telle situation ? La Grande Moff ? Ce devait être une erreur… Le lieutenant Dempt s’excusa pour sa curiosité déplacée et se retourna vers son compatriote Naboo.

- Monsieur le Comte, vous pourrez toujours récupérer vos affaires plus tard, si vous en avez toutefois. Et n'oubliez pas, vous serez toujours le bienvenu ici !

- Merci pour tout, Lieutenant, répondit le Comte avec un sourire. Et merci à vous aussi de m’avoir accueilli chez vous avec tant d’hospitalité, madame Dempt.

Le militaire en armure poussa un soupir las.

- Vous vous reverrez ! Monsieur Femto, en avant ! La Grande Moff n'aime pas attendre.

Le sourire de Numerius s’effaça et c’est avec un air neutre qu’il suivit les soldats en armure.

- Eh bien soit. Ne faisons pas attendre la Grande Moff.

Une fois que le groupe eut passé la porte de la demeure des Dempt, le chef de la petite escouade envoya une communication confirmant que le « colis » – charmante manière de désigner un prisonnier – était en cours d’extraction. Numerius et ses ravisseurs prirent alors la direction du palais impérial sous le regard curieux et inquiet des rares individus qu’ils croisaient.

Une fois dans le palais, le groupe s’engouffra dans une série de long couloirs métalliques qui les conduisit jusqu’à la porte d’un bureau que Numerius supposait être celui de la Grande Moff. Le natif de Naboo soupira brièvement, conservant son attitude neutre. Il devait avouer qu’il était curieux de voir quel genre de femme la Grande Moff pouvait bien être. Qui était donc celle qui avait reçu la lourde tâche de faire vivre l’idéal impérial ? La porte se déroba, révélant une pièce au confort spartiate. Le lieu n’avait pour seule décoration qu’un tapis de grande qualité posé au sol. Numerius prit cela comme un bon signe : la Grande Moff n’était sans doute pas une personne vaniteuse. Cela aurait été le comble… L’aristocrate releva les yeux pour découvrir une militaire de très petite taille, mais dont le regard et l’aura ne laissaient aucun doute possible : il faisait désormais face à la Grande Moff Ashe elle-même.

- Vous pouvez disposer Messieurs. Mais ne vous éloignez pas trop... Je pourrais avoir besoin de vous dans quelques instants.

Cette remarque ne rassurait guère Numerius sur son propre sort. Oh bien sûr, il n’avait rien à se reprocher, mais il était dans le flou le plus complet sur ce qu’on lui réservait.

- Veuillez m'excuser pour la gêne occasionnée Monsieur... Femto ? Ou bien dois-je vous appeler Monsieur le Comte ? Quoi qu'il en soit, j'espère que mes hommes n'ont pas été trop rudes avec vous. Ils ont la mauvaise habitude de faire du... Zèle. Oh... J'en oubliais l'essentiel. Bienvenue sur Cathar.

Le regard de la cheffe d’Etat était d’une noirceur intense. Une aura autoritaire se dégageait du personnage et semblai inonder l’atmosphère de la pièce. Numerius s’inclina légèrement en signe de respect envers la cheffe suprême de l’Impérium avant de lui répondre.

- Vous pouvez m’appeler comme bon vous semble, Madame. Mon titre n’a plus la moindre importance. Vos hommes se sont montrés…. très professionnels. Je vous remercie de votre accueil.

Rongeant un peu plus sa pomme, la grande Moff invita l’aristocrate Naboo à s’assoir. Ses paroles n’étaient pas à proprement parler accusatrices, mais le ton employé était indubitablement méfiant. Puis vint la question. La question qui allait déterminer l’avenir de Numerius. La question de son allégeance.

Le comte conserva un air neutre et réfléchit quelques instants. Que devait-il répondre à pareille question ? Qu’il glorifiait Valiant ? Qu’il servirait aveuglément quiconque occuperait le poste de grand Moff ? Dans les deux cas, ç’aurait été un mensonge. Les hommes sont changeants. Les hommes meurent. Les hommes défilent sur les trônes et conservent le pouvoir pour une durée limitée. Mais les idées demeurent.

- Si je puis me permettre, Excellence, il serait judicieux de reformuler la question. Vous me demandez à qui va mon allégeance, mais la question exacte serait vers quoi elle va. Sous l’Ancienne République, la maison Femto n’était pas réputée pour sa loyauté avec la Chancellerie. Certes, il est arrivé à mes aïeux de soutenir les chanceliers de la République… comme il leur est arrivé de s’opposer vivement à leur politique. Pourtant, mes ancêtres ont toujours été réputé pour êtres de loyaux serviteurs de la République, car il défendait un idéal, l’idéal républicain. Ils étaient parmi les plus fervents défenseurs des principes servant de pilier au régime républicain. Qui était au pouvoir ça… Ils n’en avaient cure. Seule la République les intéressait. Pas les hommes. En cela, je suis à la fois une anomalie dans ma lignée et un véritable Femto. Comme mes illustres ancêtres, je suis l’humble serviteur d’une idée. Les hommes n’ont aucune importance. Ma vie n’a aucune importance. Seul un idéal mérite ma loyauté. En cela je suis un véritable Femto. Cependant, là où mes aïeux servait la démocratie et la liberté, je considère que l’ordre et la paix priment. Naboo a assez souffert. La galaxie a assez souffert. Seul l’Empire peut mettre un terme à ce cycle éternel de violence. Et s’il faut mener la guerre pour que cela arrive, alors je me battrai jusqu’à la mort sous l’étendard impérial. Je me bats pour quelque chose qui me dépasse, qui nous dépasse tous. L’ordre, Excellence. Voilà vers quoi va mon allégeance.

Numerius inspira longuement, passant son index sur la balafre qui le défigurait.

- Vous voulez savoir si je vous serai loyal, Madame. C’est tout naturel. Cependant, ma loyauté va envers l’ordre avant toute autre chose. Si vous partagez vous aussi cet idéal qui fut le fondement de l’idée même d’Empire et que vous agissez avec pour finalité de parvenir à cet idéal… alors, je vous servirai.

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Nash Futhark
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MessagePosté le: 05/02/2018 15:47:42    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

La Moff dévore un quartier entier de pomme. Elle se délecte du discours du comte, qui pourrait bien être son dernier... Et le noble natif de Naboo lui donne du “Excellence”. La petite femme ne sait pas si elle doit se satisfaire d’être “honorée” de la sorte ou si elle doit se méfier d’un tel… Compliment. Bien sûr, son ego est flatté, mais cet ego n’est en aucun cas ce qui assure sa survie. Se reposer sur ses lauriers et se complaire dans les flatteries, c’est aller droit à la mort dans un régime où chacun cherche à étendre son influence et son pouvoir. Complots, assassinats, trahisons… Ce sont les harmoniques qui constituent l’Impérium. Il faut savoir prêter attention aux petits détails qui pourraient passer inaperçus. De l’avis de la dirigeante Boroskaise, nulle mort n’est accidentelle. Nul emprisonnement ou évincement n’est le fruit du hasard. Tout est soigneusement calculé dans l’ombre par un individu peu scrupuleux. Dans cette atmosphère tendue, il est nécessaire, vital même, de se méfier de tout et de ne faire confiance à personne. Du moins… Pas sans avoir pris quelques précautions.

Des discours comme celui du comte, la Moff en a entendu des dizaines. Peut-être même des centaines. Dans la bouche de certains, les mots employés semblent être ceux de fanatiques. Pour d’autres, les mots sont là pour cacher une nature qui ne souhaite pas se dévoiler. Cette deuxième catégorie se compose des pires conspirateurs et flagorneurs. En outre, Ashe semble insensible à ce que lui raconte le Naboo. Elle ne sait pas si elle peut se fier à cet homme qui prétend n’être loyal qu’à une idée. La naine est elle aussi loyale à l’idéologie impériale, pourtant, cela ne l’empêche pas d’avoir des ambitions. Et la Boroskaise se doit d’avoir des aspirations si elle veut survivre dans cet environnement hostile qu’est la politique. La petite femme esquisse l’ombre d’un sourire. Elle pense avoir trouvé une utilité à ce jeune noble…


- Votre réponse est des plus justes Monsieur Femto. Nous servons tous une cause… Un idéal… Que nous soyons petit ou grand, nous avons tous un rôle à jouer, un devoir à accomplir. L’idéal républicain a prouvé à maintes reprises qu’il n’est pas digne d’être suivi. Vous avez parfaitement compris cela en désirant rejoindre en ce moment même l’Impérium. Débute la Moff en déposant avec une étrange délicatesse ce qu’il reste de la pomme sur la table basse. Je n’ai aucune raison de douter de votre loyauté Monsieur Femto… Du moins, pas pour le moment. Vous m’avez l’air d’être un type bien. C’est pour cette raison que je vais vous offrir une opportunité qui ne se présentera pas deux fois… Je vous offre la possibilité d’intégrer le Bureau de la Sécurité de l’Impérium en tant qu’agent du Département Investigation et Interrogation. Je suis sûr que votre dévouement envers l’ordre et la discipline sera très apprécié au sein de nos services secrets et politiques...

Ashe dévoile désormais toutes ses dents dans un sourire des plus éclatants. Elle semble presque ironique dans ses propos. Pourtant, cela est loin d’être le cas. En réalité, si les agents du Bureau de la Sécurité de l’Impérium sont des gens dont la loyauté n’est pas à remettre en doute, ils font bien pâle figure face au fanatisme exagéré des membres du D2I. Dans tous les cas, évoluer au sein des services de renseignements impériaux est un privilège accordé uniquement aux plus méritants et aux plus fidèles partisans du régime. Autant dire qu’il ne faut pas prendre à la légère l’implication de la Moff au sein de la police politique impériale. Peut-être cherche t-elle à trouver des éléments assez fiables pour servir d’informateurs dans les rangs des agents de cette redoutable institution militaire. La petite femme n’est jamais à court d’idées pour s’assurer la pérennité de son règne. Dans tous les cas, le comte se plaira probablement parmi cette petite bande de fanatiques.

- Toutefois… Avant d’être envoyé au sein du Bureau de la Sécurité de l’Impérium, je tiens à ce que vous suiviez un entraînement spécifique parmi mes Manteaux de Nuit. Il n’y a pas de meilleurs soldats dans tout l’Impérium, je peux vous l’assurer… Considérez cela comme un cadeau de ma part... Continue la Boroskaise en veillant à s’essuyer les mains sur un mouchoir en soie.

Le ton plein d’assurance de la petite femme ne trompe visiblement pas sur la qualité des troupes lui servant de garde rapprochée. Recrutés parmi les éléments Boroskais les plus fanatisés, ces hommes sont sûrement les plus dangereux des soldats d’élite auxquels peuvent se mesurer des forces ennemies. Rigoureusement entraînés en milieu hostile, ils sont plus forts, plus endurants, plus rapides et plus mortels que n’importe quelle autre unité d’élite. Il y a fort à parier que les Manteaux de Nuit pourraient facilement l’emporter sur les commandos des Opérations Spéciales Impériales et les membres de l’Agence de Contre-Terrorisme Universel. Du moins… C’est l’avis de la Moff Ashe et de ses officiers. Si la formation de ses protecteurs en armure grise est d’une qualité inestimable, il est impossible d’affirmer sur de simples dires qu’elle est meilleure que celle des autres unités spéciales. Seul un affrontement opposant les forces d’élite concernées pourrait permettre de donner une estimation sur ces groupes prestigieux.

- Brutus ! Lâche finalement la Moff en frappant nonchalamment dans ses mains.

La pièce, qui juste qu’ici ne semblait accueillir que deux personnes, en dévoile finalement une troisième. Une créature recouverte d’un pelage noir et à peine plus grande que la Moff apparaît dans un coin de la salle. Son apparence se rapprochant sensiblement de celle des loups en dit un peu plus sur son appartenance. Il s’agit d’un Defel… Une espèce de redoutables combattants capables d’absorber la lumière et de se rendre invisibles… Ils sont en outre très appréciés en tant qu’assassins, gardes du corps ou voleurs… De nombreux rôles qui conviennent parfaitement à Brutus. Revêtu d’un uniforme noir à la coupe typiquement impériale, le Defel ressemble à une espèce de peluche articulée à collectionner. Pourtant, il est loin d’être un jouet… Les deux petites billes rouges qui lui servent de yeux semblent en indiquer long sur sa personnalité. C’est un tueur accompli muni d’un sang-froid à toute épreuve. Nul ne connaît son histoire, pas même les proches de la petite femme, à l’instar du général Veed ou du major Teu’lya. Ashe est loin d’être sans ressources visiblement… Elle dispose de nombreux agents personnels, qu’elle peut déployer à sa guise en fonction de ses caprices. Et l’origine de ces individus au passé douteux est un secret bien gardé… Qu’elle emportera sûrement avec elle dans la tombe. Brutus se rapproche instinctivement du Naboo et le renifle avec une certaine insistance, comme pour éveiller chez l’homme un comportement louche qui pourrait trahir ses intentions.

- Tu peux faire rentrer mes gardes. J’ai besoin d’eux pour une tâche spéciale… Comme tu auras pu le constater. Lance froidement la Boroskaise. Et reste dans le coin, j’aurai besoin de toi pour une tâche spéciale.

Le Defel incline doucement la tête puis quitte la salle le temps de quelques battements de coeur. Il serait aisé de prétendre qu’il n’est qu’un monstre au raisonnement limité, qui se contente d’obéir aux ordres de sa maîtresse… Mais la vérité est très probablement ailleurs. Les agents de la Moff ont les meilleures raisons du monde de se montrer vigilants, silencieux et même sournois. Et de ce fait, ils peuvent jouer des rôles et se faire passer pour des idiots à peine plus intelligents qu’une moule si cela peut les aider dans leurs sombres affaires… Brutus revient finalement avec l’officier chargé d’escorter le Naboo jusqu’à la petite femme. C’est bien évidemment avec le visage couvert par son casque qu’il se porte à la rencontre de sa supérieure. Après un bref salut militaire exécuté dans les règles de l’art, le soldat plaque son arme contre son plastron, relève la tête et attend les ordres. Les mots ne sont pas nécessaires.

- Lieutenant, je vous charge d’entraîner le futur agent Femto selon vos méthodes. Ordonne simplement la dirigeante Boroskaise.

- A vos ordres Madame. Répond à son tour l’officier en faisant claquer ses talons en guise de nouveau salut.

- N’oubliez pas Monsieur Femto, que j’aurai peut-être besoin de vos services un jour ou l’autre… ! Termine la Moff en faisant signe au noble de suivre le lieutenant d’un geste de la main.

Ashe reste finalement seule avec son agent Defel. La salle se referme sur cette dernière image. A l’extérieur, l’escouade ayant amené le comte a disparu. Seuls les Manteaux de Nuit affectés à la protection des lieux semblent faire des rondes dans les couloirs annexes. Le lieutenant missionné par la Moff n’a visiblement pas envie de converser avec le Naboo. Les Boroskais ne sont pas de ceux qui aiment parler. Ils vont à l’essentiel, même si cela peut vexer. L’efficacité avant tout. Tout ce qui est superflu à leurs yeux est banni de leur société. C’est ce qui fait qu’ils ne sont pas appréciés par tout le monde… Et c’est l’une des nombreuses raisons conduisant les autres militaires à les hair. En effet, le professionnalisme exagéré des Boroskais est loin de plaire à tout le monde.

Les deux hommes semblent se perdre dans les confins du palais impérial. Les appartements privés de la Moff Ashe sont en fait une véritable forteresse. Les Manteaux de Nuit disposent en outre de leurs propres quartiers, d’un réfectoire et même de nombreuses salles d’entraînement où ils peuvent étaler tout leur savoir-faire. De ce fait, les couloirs austères et sinistres qui s’enchaînent sans jamais vouloir prendre fin sont une banalité sans nom. L’officier en armure grise décide finalement de tourner à droite et s’enfonce dans une pièce entièrement dédiée aux armes… Une armurerie en résumé. Il faut croire que le lieutenant a quelques idées à imposer à notre cher comte.


- Vous m’avez tout l’air d’être du genre intellectuel… J’imagine que vous êtes plus doué pour la réflexion que pour l’action. Ne le prenez pas mal, c’est tout à votre honneur. Mais avoir un cerveau, ça ne sauve pas toujours quand on a une arme braquée sur soi. Lâche enfin le Manteau de Nuit. Hmm. Bien. Voyons voir ce que l’on peut vous trouver… Vous avez plus le profil d’un officier que celui d’un troufion. Je pense qu’une arme de poing sera plus adaptée à vos besoins.

Le Boroskais fait le tour des râteliers et des caisses d’armes et en sort finalement trois blasters différents. Des armes de confection impériale à en juger le design. Ou tout du moins visiblement assez utilisées dans les rangs des impériaux pour que l’on puisse prétendre à une affiliation. Au final, le lieutenant confirme rapidement cette hypothèse.

- Ces trois modèles là sont les plus courants au sein de l’armée impériale. Particulièrement en tant qu’arme secondaire ou arme de poing, selon le rang et les besoins de chaque militaire. Commence l’officier en désignant un premier blaster. Le SE-14C, une arme bon marché, très appréciée des officiers et des stormtroopers, qui peut tirer en rafale et qui dispose de nombreuses options intéressantes, comme des lunettes de visée optique et infrarouge. Seul problème, il faut faire gaffe au recul, c’est parfois violent. Vient ensuite le DH17, autre blaster de confection impériale. C’est une arme avec une plus longue portée que la précédente, qui dispose d’un mode paralysant et d’un mode semi-automatique. Une arme polyvalente en outre. Le mode automatique est pour sa part défectueux. Le dernier modèle est probablement le plus intéressant et le plus efficace des trois. C’est du moins ce que tend à prouver sa massive utilisation au sein des forces spéciales et des groupes d’élite. Le DC-15s, l’arme secondaire des commandos clones… Ce petit bijou peut tirer jusqu’à sept coups par seconde et il bénéficie d’une cellule auto-rechargeante. Il a par contre tendance à surchauffer rapidement, il faut donc être vigilant. Vous pouvez tester ces trois modèles là dans la pièce adjacente, y’a plein de cibles pour ça. Ou vous pouvez aussi voir ce qu’on a en réserve, si ces trois là ne vous conviennent pas.
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MessagePosté le: 08/02/2018 11:31:32    Sujet du message: Le Comte borgne Répondre en citant

Le D2I ? Les Manteaux de Nuit ? Voilà qui faisait beaucoup d’information à avaler pour le natif de Naboo… Il ne put totalement masquer sa surprise, mais fut néanmoins flatté par la confiance que lui accordait la Boroskaise… tout en doutant de la réalité de cette confiance. Ashe semblait être une femme rusée. Numerius se dit qu’elle devait être une adversaire dangereuse.

Numerius était légèrement secoué par la tournure des événements et l’apparition du Defel n’arrangeait en rien la clarté de ses idées. Ainsi, il fut rassuré de quitter les lieux en compagnie de l’officier des Manteaux de Nuit. Durant, sa marche à travers les couloirs austères du palais impérial, il fit le point sur sa situation, qui semblait prendre une direction prometteuse ! Le D2I… Oui, il était fait pour travailler au sein de ce service, aucun doute là-dessus. Il serait le gardien implacable des idéaux impér… Numerius ferma les yeux. Des flashs. Des souvenirs. Ils apparaissaient devant ses yeux, comme si le Comte les revivait à l’instant même. Des êtres brisés… Un dévaronien ensanglanté. Un homme autrefois respecté enfermé dans une cellule et traité en paria. Cet homme… Octavius… « Père… » Numerius rouvrit les yeux et prit un air résolu. Il ne regrettait rien. Ce qu’il avait fait, il l’avait fait au nom de quelque chose qui dépasse les intérêts individuels, quelque chose de plus grand, une idée sublime. Il l’avait fait pour le bien commun, il l’avait fait pour la paix et il serait prêt à tout sacrifier encore et encore pour voir son idéal devenir un jour une réalité.

Les deux impériaux arrivèrent finalement dans ce qui semblait être l’armurerie. Le lieutenant qualifia l’aristocrate d’intellectuel, ce que Numerius ne pouvait nier, même s’il trouvait néanmoins que cette affirmation était un peu réductrice. Le soldat en armure grise proposa trois armes de poing au natif de Naboo. Numerius avait toujours préféré l’escrime et le combat au corps à corps. Il y avait dans ce style de combat une dimension artistique et une rigueur que le dernier des Femto trouvait séduisantes. D’ailleurs il avait acquis un niveau plus qu’honorable dans l’art du combat à l’épée lorsqu’il était à l’académie ! Cependant, il n’avait plus touché une lame depuis près de quinze ans et avait bien peur d’avoir perdu son talent. Il conservait néanmoins l’espoir de pouvoir un jour retrouver la main. Numerius observa les trois armes à feu que lui proposait son nouveau supérieur. L’une après l’autre, il les prit en main, les pesant, vérifiant leur ergonomie. Après une petite séance de test, il devait avouer avoir une petite préférence pour le DH17 et sa fonction paralysante, mais n’était toujours pas entièrement satisfait. Ce style… Ce n’était pas pour lui. Il jeta un œil à la réserve et repéra une paire de vibroépées. Leur forme lui rappelait justement les lames avec lesquelles il avait été formé à l’art de l’escrime sur Naboo. Que de souvenirs… Un petit sourire nostalgique se dessina sur son visage. Voilà qui conviendrait sans doute mieux. Il se retourna vers le lieutenant.


- Lieutenant, permission demandée de tester ces lames. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je pense avoir plus de prédispositions pour le corps à corps.

Le lieutenant hocha la tête en signe d'approbation. Après tout, si ce nobliau pensait que les armes blanches étaient faites pour lui, autant lui laisser sa chance...

Numerius saisit les sabres et les dégaina à tour de rôle. Elles étaient de très belle facture. Les Manteaux de Nuit bénéficiait sans aucun doute possible de leur rôle de protecteurs de la Grande Moff pour avoir accès à du matériel de qualité supérieure. Chacune des armes avait un style bien particulier. L'une avait une lame droite et fine d'une longueur d'environ quatre-vingt-dix centimètres. Tranchante comme un rasoir, sa forme laissait néanmoins penser qu'elle était plus adaptée pour un infliger des coups d'estoc. Sa garde était constituée d'une base semblable à la coquille d'un fleuret et était légèrement ornementée, un petit phénix gravé dans le métal gris venant apporter une touche d'élégance et rappelant que cette arme était issue de l'arsenal impérial. De part et d'autre de cette coquille venaient s'ajouter deux quillons légèrement recourbés dans le sens de la lame. Enfin le manche, conçu pour que l'arme soit manié à une seule main, se terminait par un pommeau à l'effigie d'une tête de rapace. Encore une fois, il s'agissait probablement du phénix impérial. L'autre arme blanche avait un style plus agressif. Sa lame était plus courte, plus large et recourbée. Sa conception ne laissait aucun doute sur son utilité : cette lame avait été forgée pour trancher, démembrer. Le maniement de cette arme qu'on pouvait qualifier de sabre demandait un style plus sauvage que celui du fleuret. Le même pommeau était visible à l’extrémité de la poignée, elle aussi adaptée pour le maniement à une main. Quant à la garde, elle était composée elle aussi d'une coquille, mais moins large que celle de la première lame et dépourvue de quillons. En revanche, la garde disposait d'un capuce venant apporter une protection supplémentaire à l'intégralité de la main maniant l'arme.

Les deux objets étaient parfaitement équilibrés. Numerius effectua quelques mouvements, une arme dans chaque main. Il ne mit pas longtemps à se rendre compte qu'il lui faudrait du temps pour retrouver son niveau d'antan... Mais il avait trouvé ce dont il avait besoin. Il rengaina les deux armes et se présenta devant le lieutenant en signifiant qu'il avait fait son choix. Il était désormais temps de commencer l'entraînement.

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MessagePosté le: 19/02/2018 17:08:05    Sujet du message: Le Comte borgne

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