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La piste du chasseur [Bendeluum]

 
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Jil Charce
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 22/01/2017 16:04:54    Sujet du message: La piste du chasseur [Bendeluum] Répondre en citant

    (Précédemment...)

    Le soleil était couché. La nuit était chaude, baignée de l’étrange lumière de la lune bleutée de Bendeluum. Jil était tapie dans la prairie sauvage qui environnait le complexe du capitaine Recca sur plusieurs hectares. Pour avoir effectué le trajet à quelques reprises par le passé, elle savait que la plus proche agglomération était à au moins deux heures de marche de là, et le déplacement justifiait d’ordinaire l’usage d’un speeder, atout dont elle ne disposait pas.

    La jeune femme avait une bonne raison d’être restée cachée à proximité de l’enceinte ; contrairement à son habitude, elle avait été irréfléchie. Elle avait agi à la hâte, s’enfuyant sans penser à planifier la suite. Une fois à l’extérieur, elle s’était demandé : comment rejoindre l’Ordre, sans la moindre piste ? Sa réponse avait été en remontant celle du Delta-7. Au bout se trouvait un Jedi – mort, peut-être, mais elle n’avait pas d’autre option. Le problème était que la seule personne capable de lui indiquer d’où venait l’appareil était Haroc Gredd, le Devaronien enfermé dans le complexe.

    Lorsqu’elle avait réalisé son erreur, la Lorrdienne s’était traitée de tous les noms : elle avait pris le risque de sortir, d’impliquer Chezzik, et voilà qu’elle devait y retourner, trouver un individu sans savoir où il était retenu, puis sortir de nouveau – le tout en étant vêtue d’une robe serrée plus adaptée aux réceptions qu’aux opérations spéciales.

    Dissimulée dans les hautes herbes, elle avait observé l’enceinte en attendant la nuit. Les ateliers, hangars et entrepôts disposaient bien de fenêtres et de verrières, mais aucune au niveau du sol, et Jil n’avait aucun moyen de les atteindre. De plus, tous les bâtiments étaient reliés par de hauts murs de béton coiffés de barbelés, cernant la cour intérieure dont le seul accès était le portail, lequel était gardé en permanence. Quelques temps plus tôt, l’homme de faction avait été leurré par la diversion du Verpine, mais l’incendie avait été rapidement éteinte et la surveillance avait repris. La jeune femme avait toutefois noté un détail utile : nulle agitation dans le complexe, ce qui portait à croire que son absence n’avait pas été remarquée ; la vigilance des gardes n’excéderait donc pas son niveau habituel.

    Elle avait passé en revue toutes les options qui s’offraient à elle. Attaquer et assommer le planton du portail était exclu. Elle avait songé à attendre près de la route et à se cacher dans le premier convoi qui pénétrerait dans l’enceinte, mais il pouvait se passer des heures ou des jours avant la prochaine livraison, et elle devrait de toutes façons ralentir ou arrêter la barge pour grimper à bord, ce qu’elle n’avait aucun moyen de faire. Elle avait pendant un moment étudié la possibilité d'agir comme si de rien n’était, et d'entrer en prétendant revenir d’une quelconque course ordonnée par quelqu’un de de l’organisation, mais à pied et sans véhicule, elle serait peu crédible.

    Sa dernière solution était une nouvelle diversion, avec le peu de ressources à sa disposition. Restait à espérer que le vieux coup de la pierre lancée pour attirer un garde fonctionnait encore. Longeant le mur, une caillasse terreuse à la main, elle s’approcha du portail. En fait de véritable grille, il s’agissait plus d’une arche formée par le bâtiment, dotée d’une simple barrière mobile qui s’abaissait ou se relevait mécaniquement, et d’une guérite improvisée pour le surveillant. Une fois celui-ci distrait, s’introduire dans le complexe serait donc aisé.

    Jil expédia son projectile suivant une trajectoire rasante, pas trop élevée, pour éviter que le factionnaire n’aperçoive la pierre, qui partit se perdre dans les herbes hautes de l’autre côté de la route dans un bruissement suspect. La sentinelle fit quelques pas hors de la guérite, arme à la main, et fouilla la nuit de sa lampe-torche. La Lorrdienne s’aplatit au sol, déçue que le garde ne s’éloigne pas plus. Cette diversion ne serait pas suffisante.

    Quelques minutes plus tard, le planton entendit un fracas de verre brisé venant de l’un des ateliers. Alarmé, il s’y rendit au pas de course, braquant son fusil devant lui au cas où un intrus surgirait devant lui, la lampe fixée au canon éclairant le bâtiment et projetant de longues ombres derrières les caisses et les machines. L’une des verrières qui s’ouvrait loin au dessus du sol était inexplicablement en morceaux, mais elle était bien trop haute pour avoir pu servir d’accès à quiconque. Ayant par précaution fait une ronde dans l’atelier, le veilleur retourna à sa guérite sans avoir remarqué la grosse pierre ronde qui avait roulé sous un engin.

    De son côté, Jil remerciait en son for intérieur le capitaine Recca d’avoir engagé un garde aussi peu consciencieux et qui avait quitté son poste sans se poser de question, lui permettant de s’introduire dans la cour. Elle ne savait pas où était enfermé le Devaronien, mais connaissant les lieux, elle avait quelques suppositions. Il n’y avait nulle part dans le complexe de véritable cellule ou de local dédié à cet usage, le capitaine avait donc dû, selon toute vraisemblance, en improviser une dans un logement vide. Jil passa quelques minutes à errer dans les couloirs calmes, sans croiser âme qui vive grâce à l’heure tardive, vérifiant toutes les pièces qui pouvaient êtres adaptées à la détention.

    Elle finit par découvrir le Devaronien dans un réduit qui servait habituellement de débarras et qui avait été réarrangé à la hâte pour accueillir son nouvel hôte. La jeune femme discernait à peine la silhouette prostrée d’Haroc Gredd tant la pièce était sombre. Il se tenait recroquevillé dans un angle dont il ne pouvait s’éloigner, retenu par des fers fixés au mur à l’aide de solides pitons. En s’approchant, Jil prit pleinement conscience de l’état du détenu : une atmosphère lourde et poisseuse baignait la pièce, et la Lorrdienne entendait la respiration lente et sifflante du Devaronien, le souffle d’un individu aux portes de la mort. En vidant son esprit, en laissant de côté ses impressions physiques, elle parvenait à sentir sa souffrance, comme une couleur hors du spectre visible qui projetait dans la cellule d’abominables teintes. Elle savait que Syan Recca était impitoyable, mais elle était saisie d’horreur à la vue du résultat de cette absence de compassion : Haroc Gredd était condamné à mourir à petit feu dans ce réduit, ses brûlures et ses lésions diverses le tiraient doucement vers une fin terrible, ses yeux aveugles et encroûtés de pus et de sang ne verraient plus le soleil et ses jambes tordues et brisées ne le porteraient jamais plus.

    Et la jeune femme réalisa qu’elle était responsable de tout ceci. Si elle avait laissé le Devaronien piller la cargaison de la Dague, les choses se seraient probablement passées autrement. Mieux, avec de la chance. Et comme si elle n’était pas déjà assez coupable, il lui fallait à présent interroger le malheureux à qui on avait déjà arraché nombre de réponses.

    – Haroc Gredd ? demanda-t-elle d’une voix douce.
    L’ancien marchand véreux se raidit et se tapit encore un peu plus dans l’angle où il se trouvait, s’arrachant un gémissement de douleur.
    – Haroc Gredd, répéta Jil, espérant qu’entendre son nom permettrait au torturé de reprendre ses esprits.
    – Je ne suis pas ici pour vous torturer de nouveau, vous avez suffisamment souffert comme ça.
    Le Devaronien écoutait, attentif à cette voix qui semblait compatir.
    – Je sais ce que Syan Recca vous a fait subir, reprit la Lorrdienne, pour obtenir les informations qu’elle désirait. Je regrette d’avoir à vous le demander, mais j’ai besoin d’un renseignement que vous possédez. Quelques secondes s’écoulèrent en silence.
    – Allez-y, souffle Haroc Gredd. Il parlait avec difficulté, sa voix cassée et rauque donnant l’impression qu’il devait pousser chaque mot à travers un pierrier avec un effort terrible.
    – Ce Delta-7 qui était l’objet de votre négociation avec le capitaine. J’ai besoin de savoir d’où il vient, et qui vous l’a vendu.
    – Votre voix... réalisa le Devaronien. Vous êtes la servante de cette garce twi’lek. Pourquoi vous ? Elle et son chien rodien sont si incommodés par mon odeur qu’ils en viennent à laisser une esclave poser les questions ? Cet estropié avait pourtant l’air d’aimer jouer avec moi.
    – Je ne suis plus… Je me suis soustraite à leur surveillance. Cette question, je vous la pose pour moi-même.
    – Ah. Si vous aviez pu leur faire faux bond avant de croiser ma route… Enfin, ça n’a plus d’importance. Le Delta-7, je l’ai récupéré sur Ord Mantell. Acheté pour une bouchée de pain à un Farghul, un certain Kanda’a. Il voulait s’en débarrasser rapidement, pour éviter de s’attirer des ennuis, je pense ; mais je n’en sais pas plus. C’était il y a un peu plus d’un mois, quelqu’un a pu le descendre depuis. Gredd toussa douloureusement. Il avait une planque derrière un bouge minable, le Chasseur et la Twi’lek, je crois. Cette information vous suffit-elle ?
    – C’est ce dont j’avais besoin, oui. Merci. Jil considéra son interlocuteur à l’agonie quelques instants, sa culpabilité rugissant dans sa tête. Je… Cela va vous sembler hypocrite, mais je… j’aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour vous.
    Le Devaronien émit un bref rire qui ressemblait à un hoquet glaireux.
    – La proposition arrive un peu tard, oui. Je suis encore assez lucide pour comprendre que je suis mourant.
    Le silence s’installa pendant de longues secondes, puis la Lorrdienne repris d’une voix mal maîtrisée.
    – Dans ce cas, vous… Peut-être voudriez-vous que… Que je mette un terme à...
    – Vous voulez me tuer ?
    Jil se sentait mal. Elle songeait que la seule miséricorde qu’elle puisse accorder à Haroc Gredd était celle d’abréger ses souffrances. Elle le lui devait, s’il le lui demandait ; et si la nausée l’avait saisie devant le triste spectacle que représentait le condamné, c’était pire encore lorsqu’elle s’imaginait lui ôter la vie, elle qui n’avait jamais tué.
    – Ah… Je dois reconnaître que l’idée est séduisante. Enfin, façon de parler. Je vous remercie de cette proposition. Cette cellule commençait à ne plus être assez confortable à mon goût... Faites ce que vous devez.

    Hésitante et maladroite, la jeune femme chercha comment faire. Quoi utiliser. Elle n’avait pas d’arme, aucun outil, et la remise avait été vidée de tout matériel. Elle ne disposait que de ses mains. Elle s’approcha du Devaronien, peinant à réprimer ses frémissements.

    Jil posa ses doigts mal assurés sur la gorge d’Haroc Gredd, qui releva la tête pour lui faciliter la besogne. Elle serra lentement, presque tendrement, mais aussi fort qu’elle le pouvait, fermant les yeux, et attendit, tremblant violemment, que cessent les spasmes du Devaronien, sentant sa vie le quitter, à travers sa propre peau.

    Elle rouvrit les yeux, inspirant profondément pour se calmer, et posa le regard sur le corps à ses pieds.

    Haroc Gredd était mort, grotesque poupée brisée pendue par les poignets au bout de ses fers. La Lorrdienne songea que si un Jedi avait été présent, il aurait probablement dit quelque chose comme « il a rejoint la Force », mais la jeune femme préféra le silence. Elle posa une main sur le visage tuméfié du marchand véreux en guise d’hommage, puis s’en fut.

    Terriblement bouleversée, elle traversa dans un état second le complexe endormi et s’introduisit dans l’atelier qu’elle avait vandalisé plus tôt. S’aidant d’un empilement de caisses et d’échafaudages, elle se hissa en silence jusqu’à la verrière brisée, balaya quelques éclats qui festonnaient encore le rebord sans prêter attention à l’entaille superficielle qu’un tesson ouvrit sur son bras, et se laissa lourdement tomber quelques mètres en contrebas, en liberté sur Bendeluum, mais avec un poids nouveau dans l’esprit.


_________________________


Dernière édition par Jil Charce le 20/07/2017 09:16:24; édité 1 fois
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MessagePosté le: 22/01/2017 16:04:54    Sujet du message: Publicité

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Jil Charce
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MessagePosté le: 05/02/2017 21:27:05    Sujet du message: La piste du chasseur [Bendeluum] Répondre en citant

    Jil Charce frottait énergiquement une poignée d’herbe sur son bras pour en effacer les traces de sang. Une fine zébrure rouge restait visible, témoignant de l’entaille peu profonde, mais elle s’appliquait tout de même à rendre la blessure la moins visible possible.

    Elle avait marché deux heures à travers les plaines de Bendeluum, le rythme régulier de ses pas et le chant mécanique des grillons l’aidant à apaiser son esprit. Ce qu’elle venait d’accomplir l’avait marquée et il ne s’agissait pas de l’oublier, mais elle devait aller de l’avant.

    Et devant, l’horizon s’auréolait des pâles lueurs de la ville de Relthum. C’était l’une des plus importantes agglomérations de la planète, qui n’en comptait de toutes façons que quelques unes. Elles abritaient nombre d’ouvriers, main d’œuvre bon marché qui faisaient tourner les industries installées sur ce caillou sans grand intérêt de la Bordure Extérieure, et avaient attiré au fil du temps divers autres corps de métier : petits commerçants, négociants, contrebandiers… La situation de Bendeluum y avait favorisé l’établissement de pègres diverses, et principalement du Cartel Nothoiin. Vous pouviez faire pratiquement n’importe quoi sur la planète sans que nul ne s’en soucie, à la seule condition de lui remplir les poches. L’endroit n’était pas devenu un cloaque pour autant, les trafics concernant principalement l’industrie et les marchandises – ni drogue, ni esclaves, ou trop peu pour enlaidir durablement l’atmosphère.

    La jeune femme se remit en marche, et finit par atteindre les bordures de la ville. À se développer ainsi sur une planète sauvage, l’urbanisme avait quelque chose de spacieux, d’aéré : les bâtiments étaient bas, dépassant rarement deux étages, et de larges allées de terre battue s’étendaient entre eux. Jil ne s’y était rendue que de jour, et les avenues n’étaient alors animées que d’un mouvement tranquille, presque paisible. La nuit apportait encore plus de quiétude à Relthum. Difficile alors de croire que la planète était régie par des cartels illégaux que toute grande puissance civilisée aurait chassés comme autant de vermines indésirables.

    On ne lui prêtait que peu d’attention. La jeune femme en robe marchant d’un pas vif attirait bien quelques regards, mais leur intérêt ne s’étendait guère au-delà. Elle n’était pas connue des gens d’ici, et personne n’irait voir en elle la servante de Syan Recca – qui n’était elle-même qu’un capitaine parmi les centaines d’autres qui vivaient et commerçaient sur Bendeluum.

    Si Jil était confiante quant à sa sécurité, sachant qu’on ne la chercherait probablement pas avant l’aube, elle ne savait toujours pas comment quitter la planète. Elle n’avait pas d’argent, et même si ses compétences lui auraient permis d’en gagner en plaçant des paris ou en passant du temps aux tables de jeu, toutes ces solutions requéraient une mise initiale qu’elle ne possédait pas. De là, comment trouver une place sur une navette sans le moindre crédit en poche ?

    Elle tourna en rond un long moment dans Relthum, espérant une occasion providentielle qui ne vint pas. Le jeune femme songea à voler ce dont elle avait besoin, mais ne put s’y résoudre. Elle était capable d’escamoter des cartes ou des jetons dans un casino, mais ici, elle risquait de s’attirer les foudres de personnages douteux – ou pire, d’innocents.

    Résignée, elle se rendit au spatioport. Au matin, les hommes de Syan Recca seraient à sa recherche : elle devait avoir quitté la planète d’ici là. À défaut de pouvoir acheter sa place à bord d’une navette quelconque, elle allait devoir s’introduire clandestinement dans un vaisseau – et peu importait la destination, qu’elle n’aurait de toutes façons aucun moyen de connaître avant d’avoir embarqué.

    La zone d’atterrissage n’était en fait qu’un large espace herbeux plat et à découvert, quadrillé de balises lumineuses. Elle cherchait un vaisseau qui puisse convenir à ses projets : un cargo, peut-être, où elle pourrait se dissimuler dans le chargement. À vrai dire, l’endroit n’en manquait pas, mais Jil je trouvait aucun appareil convainquant. Tous lui laissaient une appréhension, un sentiment de doute à cause duquel elle persistait à tourner en rond sans parvenir à se décider.

    Un cri de frustration creva le calme nocturne, attirant l’attention de la lorrdienne. Intriguée, elle si dirigea vers sa source : un petit engin qu’elle n’avait pas vu jusque là, un vieux cargo de facture nothoiin. Une petite lampe mobile pendait le long de sa carlingue, attirant un petit nuage tournoyant d’insectes et de papillons de nuit. La lumière artificielle baignait une petite table, théâtre de l’affrontement d’un homme et d’une adolescente de quinze ou seize ans, qui se défiaient autour de ce qui semblait être le plateau d’un jeu de stratégie. Lui était placide, observant sa jeune adversaire, les bras croisés dans l’attente du prochain tour ; elle, en revanche, était courbée sur le plateau, tenant sa tête entre ses poings serrés, et semblait sur le point d’éclater.

    Jil s’approcha des joueurs. Lorsque l’homme la remarqua, il fronça les sourcils, ne sachant à quoi s’attendre de la part de cette visiteuse nocturne.
    – Excusez-moi de vous importuner, dit-elle, je venais juste observer votre partie, si cela ne vous dérange pas. J’étais sortie faire prendre l’air à mon insomnie, et j’ai entendu vos voix.
    La jeune femme agrémenta son approche d’un sourire franc destiné à apaiser l’homme – un nothoiin, à en juger par la couleur dorée de sa peau.
    – Eh bien, pourquoi pas, répondit-il en se détendant. Il tendit la main à la lorrdienne. Assarn. Et Idell, ma fille. Je tente de lui apprendre à jouer au carric, comme vous l’avez sans doute entendu, poursuivit-il avec une pointe d’ironie. C’est un jeu qui n’est plus tellement pratiqué, alors je doute que vous le connaissiez, mais observez tant que vous le souhaitez !
    Le sourire de Jil s’élargit alors qu’elle serrait la main du nothoiin.
    – Il se trouve que je connais le carric, bien que je n’y aie plus joué depuis longtemps.
    – Oh ! Alors vous êtes plus que bienvenue.

    Le plateau de carric était un damier de onze rangées sur onze, qu’Assarn et sa fille avaient remplacé par une pièce de tissu quadrillée sur laquelle s’éparpillaient des cailloux noirs et blancs en guise de pièces figurant de petits chasseurs spatiaux. Les défenseurs, en blanc, commençaient la partie au centre du plateau, en infériorité numérique, et possédaient une pièce plus grosse que les autres : le convoi. Leur but était de le protéger, et de lui faire quitter la case centrale, sa planète d’origine, pour lui faire atteindre l’un des quatre angles, ses planètes d’arrivée potentielles. Les attaquants, en noir, commençaient sur les bords de la table, et avaient pour objectif de capturer le convoi. Les pièces se déplaçaient en ligne droite, sans limite quant au nombre de cases qu’elles pouvaient parcourir, et chaque camp pouvait capturer celles de l’autre en les encerclant : un chasseur blanc coincé entre deux noirs était considéré comme abattu, et le convoi était capturé lorsqu’il était entouré de quatre pièces noires.

    Lorsqu’elle était enfant, Jil avait disputé bon nombre de parties de carric avec ses parents, ce jeu de stratégie étant alors plus innocent et adapté à son jeune âge que le pazaak ou le sabacc. Elle n’y avait peut-être plus joué depuis ses douze ans, et observait les deux nothoiin avec le plus grand intérêt.

    Assarn était assurément bon. Il semblait avoir à l’œil l’ensemble du plateau et était réfléchi : il gardait ses pièces en sûreté, laissant toutefois des ouvertures plus ou moins évidentes à sa fille pour qu’elle apprenne à les voir et à les saisir. Idell, en revanche, était emportée et passionnée, et passait presque invariablement à côté des occasions qui auraient joué en sa faveur, forçant son père à réagir à son jeu agressif en lui prenant ses chasseurs. Leur partie se termina par un abandon de l’adolescente, qui s’en fut dans le cargo en traînant les pieds.

    Assarn soupira.
    – Et vous, que diriez-vous d’une partie ?
    Jil avait réfléchi, et avait devant elle ce qui pouvait bien être son unique chance de quitter la planète.
    – Avec joie. Ma seule demande, en retour, serait une place à votre bord lorsque vous quitterez Bendeluum. Elle eut un sourire contrit. En fait d’insomnie, je cherchais un ticket de sortie – jusqu’à Ord Mantell, avec un peu de chance.
    – Je n’y vois pas d’inconvénient. J’ai encore de la place à bord. Quant à Ord Mantell, je peux faire un détour pour vous y déposer.

    La lorrdienne se donna du mal, rendant la partie intéressante, mais son manque de pratique permit à Assarn, tout heureux d’avoir trouvé un adversaire combatif, de finir par la vaincre.

    Le lendemain, peu après l’aube, des hommes parcouraient Relthum, offrant une récompense pour la moindre information, mais le vieux cargo nothoiin avait quitté la planète, avec Jil à son bord.

    (La suite...)

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MessagePosté le: 19/10/2017 11:45:21    Sujet du message: La piste du chasseur [Bendeluum]

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