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La traque est lancée.

 
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Ohlig Arch
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MessagePosté le: 08/01/2017 15:41:30    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant



---


Prizs Vrela --- Onarth Cortassi

Ministre de la Paix --- Grand Garde de Mandalore

(Toutes les informations utiles sur ces deux PNJs se retrouvent ici).


_________________________


Le soleil venait de se lever quand Onarth Cortassi poussa les portes du Bureau de la Diplomatie de Mandalore. A l'intérieur, pas un chat, si ce n'était un droïde secrétaire modèle CZ qui s'affairait entre les bureaux laissés vides des employés du service diplomatique. Ils ne seraient là qu'une heure plus tard, le Gouverneur les ayant informés d'une permission extraordinaire. Debout devant le seuil, le Grand Garde de Mandalore resta un instant interdit. Il avait bien fait d'emmener sa garde avec lui, car le bâtiment n'était pas surveillé, comme si quelqu'un avait désiré écarter toute oreille indiscrète. Il fit un mouvement de tête : les quatre gars qui le suivaient comme son ombre vinrent se poster des deux côtés de la porte. C'était peut-être absurde, mais le Mandalorien se sentait plus à l'aise en sachant que personne ne tenterait de pénétrer dans le bâtiment sans qu'il l'entende.

En haut de l'escalier principal, Prizs Vrela veillait. Il observait les mouvements de son collègue en bas. Lui-même n'avait pas pris le soin d'amener une escorte - il n'en avait pas besoin -, mais il saluait la présence d'esprit de Cortassi. En d'autres temps, le Grand Garde et lui auraient été ennemis. Ironie du sort, l'ancien Death Watch qu'il collaborait maintenant avec ce gouvernement pour le maintien de la paix. Il sourit amèrement, repensant à sa folle jeunesse et à son morne présent. S'il ne l'avouait pas ouvertement, l'euphorie du combat lui manquait. L'excitation, l'adrénaline, l'odeur de souffre dans les narines... Le Ministre de la Paix tourna les talons. Il n'était pas venu ici pour se laisser aller à une nostalgie malvenue.

Depuis la large baie vitrée qui ouvrait son bureau à l'extraordinaire open-space en contrebas, Ohlig Arch voyait tout. Il attendit plusieurs minutes que les deux hommes qu'il avait appelé à le rencontrer aujourd'hui se saluent - un
Aliit ori'shya tal'din lancé tout haut, comme selon la tradition. Bientôt, ils seraient tous trois rassemblés. Le Gouverneur avait pris sur lui de cacher cette réunion au Duc. Moins il en savait, mieux il se porterait. Qui ne sait pas, n'a pas mal à la tête. Du reste, le chef d'Etat était bien trop occupé pour le moment pour qu'on le dérange avec une nouvelle réunion... dont il n'aurait pas aimé la teneur.

Quelques instants plus tard, Cortassi et Vrela entrèrent dans le bureau d'Ohlig, qui les attendait, debout devant le holoprojecteur qui garnissait le centre de la pièce. Dans cette atmosphère de calme plat, au milieu des armoires fermées et des dossiers rangés, le tableau avait de quoi impressionner. Mais les deux ministres n'étaient pas du bois que l'on brûle si aisément et ils avaient déjà assez vu de choses dans leur longue existence. A l'invitation silencieuse mais respectueuse du Gouverneur, Onarth Cortassi prit place sur un siège disposé non loin du bureau, mais Prizs Vrela resta en retrait, un rictus cruel aux lèvres. Il n'aimait pas cet Ohlig Arch. Trop zélé. Il avait fait part de ses appréhensions à son collègue ministre quand ils avaient gravi tous les deux l'escalier menant au large bureau du Gouverneur. Cortassi avait trop d'honneur et de bon sens pour la confrontation frontale. Du détachement. Le Ministre de la Paix ricana doucement.

- Messieurs... commença Ohlig après une nouvelle minute de silence. Messieurs... Il s'interrompit à nouveau. Il n'était pas certain de la façon de tourner sa phrase. Je suis désolé de vous recevoir de si bon matin de cette façon. J'aurais voulu que vous...

- Bic ni skana'din, Arch !
le coupa Vrela. Viens en au fait. Tu ne nous as pas fait venir ici pour nous balancer des politesses, je me trompe ?

Vrela avait du mal à contenir son agacement. Ce Gouverneur, tout juste débarqué, s'était déjà permis de le convoquer. Il avait horreur du ton hautain et supérieur qu'il croyait déceler chez le diplomate. Aussi grande qu'ait pu être sa réputation comme journaliste dans le milieu politique, Ohlig Arch n'était à ses yeux qu'un arriviste, profitant misérablement des attentats pour se faire un nom. De son côté, Cortassi resta silencieux, le regard indéchiffrable, comme plongé dans ses pensées. Il comprenait l'énervement de Vrela, cependant il savait qu'en des temps troublés, des réunions de crises s'imposaient. Il était tout à fait logique que le Gouverneur n'ait pu rassembler de quoi organiser une réception. De toute manière, il avait horreur des mondanités, comme bon nombre de Mandaloriens. Néanmoins, l'absence du Duc Pan Thy'Evre le laissait perplexe. Tout ceci méritait des éclaircissements.

- Vous avez raison, Monsieur le Ministre
, répondit Ohlig en fronçant les sourcils. Il chercha un terme mando'a à rétorquer mais rien ne lui vint. Peut-être avait-il épuisé toutes ses connaissances de la langue ancienne dans sa conversation avec Atin Jnum. ...J'ai des informations de la plus hautes importance à vous partager. Elles concernent l'avancement des recherches sur les terroristes qui nous prennent pour cible.

Vrela et Cortassi tressaillirent. Que savait-il de plus qu'eux ? Depuis l'explosion au siège de MandalMotors, il avait reçu le sénateur de Japraël, bien sûr, mais les deux ministres savaient pertinemment que l'Aruetiste était trop occupé par les affaires galactiques pour avoir un lien concret avec les attentats. Ce n'était qu'une coïncidence, rien de plus. Intrigués, cependant, ils tendirent l'oreille. Vrela s'avança d'un pas assuré et s'assit sur le bureau d'Ohlig, qui le dévisagea une poignée de secondes sans rien lui dire.

- Il apparait évident que les terroristes n'agissent pas de façon coordonnée. Dans le cas contraire, nous serions tous déjà morts. Les deux hommes oscillèrent de la tête. Les forces de défense Néo-Mandaloriennes étaient trop peu formées et trop peu nombreuses pour faire face à une plus large menace, ils n'en étaient que trop conscients. Je me suis laissé dire que plusieurs cellules travaillent en parallèle, guidées par des chefs isolés.

Vrela plongea son regard dans les yeux sans pupille du Gouverneur. Saleté d'Arkanien, impossible de savoir ce qu'il pensait. Aucune des informations qu'il leur révélait pour le moment n'était confidentielle, il en avait déjà conscience ! Si c'était ce que sa petite enquête lui avait révélé, il était bien inutile pour le Ministre de la Paix de rester plus longtemps dans ce bureau glacial. Comme il s'apprêtait à se lever, Ohlig se tourna vers lui. Le Gouverneur avait beau ne pas être de taille face au combattant qu'était Vrela, sa haute stature en imposait. Le ministre croisa les bras et se mordit la lèvre.

- Nous n'avons pas pu faire de prisonnier au siège de MandalMotors, tous les Death Watchs qui ont affronté le sénateur Jnum de Japraël sont morts sur place ou se sont suicidés avant d'être capturés. Cependant, nous avons maintenant l'entière confirmation de ce que nous pensions : ce sont bien ces monstres qui sont de retour.

Vrela se leva violemment de son siège. Il avait été Death Watch. Quinze ans...Quinze ans dans les geôles de Keldabe ! Il avait été converti à l'idéal de paix de son ami le Duc, mais chaque évocation de son ancienne faction provoquait chez lui une réaction épidermique, comme si les mots réveillaient en lui de vieux démons. Pressentant le trouble de son collègue, Cortassi brisa enfin son silence pour intervenir. Il pesait ses mots, froid et grave.

- Tout ceci, nous le savons, Gouverneur. Rappelez-vous que mes hommes et moi sommes sur le terrain, tandis que vous restez enfermé dans cet opaque bureau. Il avait prononcé ces mots de façon distincte, détachant légèrement les syllabes d'un ton monocorde. Pas plus tard qu'hier, vous avez par ailleurs ordonné à la milice de suivre cette guerrière qui accompagnait Jnum. Il n'est pas difficile de comprendre ce que vous avez en tête, mais ce n'est qu'un pari sur l'avenir que d'espérer trouver les repères Death Watchs en la pistant. Si vous n'avez rien d'autre à nous dire...

Ohlig Arch frottait longuement sa cicatrice comme les mots durs du Grand Garde l'atteignaient. Il avait toujours fait en sorte de cacher les informations dont il disposait à ses collègues du gouvernement. Il apparaissait maintenant bien naïf d'avoir cru que les autres n'avaient pas pris leurs dispositions pour s'assurer de tout connaître de dossiers qui, du reste, leur appartenaient plus qu'à lui. Il avait déjà bien outrepassé ses compétences en se mêlant de la traque des terroristes et ça, ses interlocuteurs le savaient. Tout ce qui lui restait à faire était de gagner du temps. De les convaincre de l'écouter pour ce qui était de la suite des opérations. Et d'occuper le Duc suffisamment longtemps pour que le Gouverneur puisse arriver à ses fins.

- Tu ne nous as pas fait venir ici pour nous informer, hein ? questionna vivement Vrela. A quel jeu jouait Arch ? Il devait pertinemment savoir qu'il était un proche ami du Duc et que toutes les informations qu'il livrait lui reviendrait tôt ou tard. Etait-ce pour cette raison qu'il n'avait pas convié son Excellence à cette réunion improvisée ? L'homme paraissait bien trop fourbe pour que ce fut le cas. Le Ministre de la Paix jeta un regard interrogateur à Cortassi. Le Grand Garde saurait tirer les vers du nez à ce Gouverneur intriguant.

- Non, reprit calmement Onarth Cortassi. Vous voulez notre aide.

Ohlig avait reculé derrière son bureau et tournait le dos à ses visiteurs. La vitre reflétait son visage transfiguré dans une expression de rage mêlée de dégoût. Etait-il si simple de le percer à jour ? Il était vrai qu'il n'avait que CZ pour seule interaction quotidienne avec un être doué de parole. Ces journées passés à faire les cent pas dans ce bureau et à consulter des centaines de dossiers avaient émoussé son esprit grégaire et ses talents de dissimulation. Il se retourna prestement, reprenant une attitude plus digne et cachant tant bien que mal la profonde colère qu'il éprouvait contre lui-même. Bien. Si les deux hommes voulaient jouer franc jeu, il allait devoir faire de même.

- Vous seuls êtes compétents dans ces matières, voyons. Je me devais de partager avec vous ce que je sais.
Ohlig tentait de se dédouaner maladroitement de ses actions des dernières semaines. Si le Gouvernement était au courant de ce qui se tramait au Bureau de la Diplomatie, alors il devait savoir le nombre d'actions qu'Ohlig avait entreprise sans demander l'accord de ses collègues, du Duc ou des parlements. Il marqua une courte pause pour reprendre contenance puis reprit. L'urgence dans laquelle m'a mis...-nous a tous mis-... la mort du Premier Ministre a laissé planer le doute et la confusion sur notre gouvernance. Or, il est important que nous soyons mieux organisés que nos ennemis si nous voulons que le bien de Mandalore passe avant la folie meurtrière de quelques-uns. Je suis convaincu que le Duc et le reste du gouvernement ne pourront que me suivre sur ce point.

Les deux hommes acquiescèrent. Où voulait-il en venir ? Cette tentative de justification ne le sauverait des questions des Parlements que le temps du conflit, mais si la situation se résolvait un jour, il aurait à répondre de ses dépassements de fonction. Silencieux, ils laissèrent le Gouverneur continuer.

- Vous savez que j'ai entrepris depuis un certain temps des négociations avec les firmes d'armement de Mandalore pour engager un désengagement militaire complet de notre planète, n'est-ce pas ?
Vrela plissa les yeux. Bien sûr qu'ils le savaient. Si leurs milices étaient aussi inefficaces, c'était en partie à cause de ça. Je ne compte pas revenir sur ces négociations. Après tout, elles ont été avalisées par le Duc et toutes nos instances législatives. En revanche, il est certain que nos forces réduites ne pourront venir à bout de cette menace Death Watch... Il regarda Vrela, qui grommelait dans sa barbe des insultes en Mando'a. ...Nous ne pourrons en venir à bout si nous ne nous armons pas plus et ne rassemblons pas plus de troupes.

- Vous comptez revenir sur nos principes pacifiques ?
s'écria d'un coup Cortassi. Je pensais que vous saviez mieux que tous, Gouverneur, à quel point ce serait absurde.

- Quand bien même nous serions armés et nombreux, nous ne ferions pas le poids face aux Death Watchs, croyez-moi. renchérit Vrela, d'un ton plein d'assurance. Il était bien placé pour connaitre les terribles techniques de combat des Mandaloriens, bien éloignées des manœuvres bon enfant de la formation d'auto-défense enseignée dans les casernes de Sundari.

- Calmez-vous, messieurs. En aucun cas, je ne proposerais une telle chose. J'ai toujours milité pour une Mandalore libre de l'oppression guerrière et, quel que soit nos passés respectifs, c'est ce pourquoi nous œuvrons tous ici.
Ohlig s'emportait à mesure que la conversation tournait en procès d'intention. Mais il faut se rendre à l'évidence : aucun de nous ne sait où se cachent les terroristes et nos informations sont bien maigres. Si la situation continue, ce n'est pas seulement notre gouvernement qui est en danger, mais tout le système des Nouveaux Mandaloriens. Et cela, je ne le permettrai pas.

- Et que préconisez-vous, dans ce cas ?


- Qu'est-ce que tu attends de nous, surtout ?

Onarth Cortassi. L'homme le plus populaire du gouvernement. Dix ans de bons et loyaux service à son poste de Grand Garde de Mandalore. Un leader né, adulé, respecté. S'il prenait la parole publiquement, il y avait fort à parier qu'il aurait l'aval du peuple de Mandalore. Et Prizs Vrela... le truand repenti. Un des plus proches amis de son Excellence le Duc. Bourru et d'ordinaire plus taciturne qu'aujourd'hui, il possédait un sens aiguisé de la justice que la force des années lui avait octroyé. Ses conseils auprès du chef d'Etat seraient entendus. Ohlig avait besoin de tels alliés, aussi critiques fussent-ils sur sa façon libérale de gérer les affaires du Bureau de la Diplomatie de Sundari. Le débat allait être long. Mais peu lui importait, car il avait déjà longuement pesé le poids du risque qu'il prenait en les affrontant.

- Il me peine de le penser, mais je ne vois pas d'autre issue à notre problème que de reconsidérer la neutralité de Mandalore.

_________________________
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MessagePosté le: 08/01/2017 15:41:30    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 22/01/2017 15:54:28    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant

La salle de l'Assemblée de Mandalore était comble. Du sol au plafond pendaient des étendards rapiécés, souvenir de quelques anciens clans ayant déposé les armes pour servir une paix sociale vacillante. Les murs gris de cette austère pièce étaient éclairés par de petites lampes placées au niveau du sol, qui faisaient apparaitre les imperfections des marches des escaliers qui longeaient les travées. Cet édifice, bâti à la va-vite quelques vingt ans auparavant, avait souffert les affres du temps et quelques morceaux d'un plâtre sombre s'étaient effrités du plafond. Malgré tout, l'atmosphère y était solennelle, et il régnait un silence que personne n'osait briser.

Assis sur un trône en face de l'amphithéâtre, présidant l'assemblée depuis une estrade en bois sombre et ouvragé, le Duc Pan Thy'Evre observait, froid et rigide, la scène qui se tenait devant lui. Lui tournant le dos, trois de ses ministres faisaient à leur tour face aux quelques cent cinquante sénateurs Néo-Mandaloriens. Plus tôt dans la semaine, ils avaient demandé à être expressément reçus au Sénat pour y discuter d'une affaire urgente, sans en dire plus. Pourtant, malgré le caractère vague de cette convocation, tous les mandataires avaient répondu à l'appel, comme pris d'un élan de bonne volonté que le Duc ne s'expliquait pas. Chacun de ses ministres avait bien son réseau politique et fait appel par ce biais à ses connaissances, mais tout ceci paraissait tout de même très étrange, d'autant que depuis l'annonce du décès du Premier Ministre, peu étaient ceux qui osaient encore faire des sorties publiques.

Face à la salle pleine et silencieuse, le Gouverneur Ohlig Arch prit une longue et profonde inspiration. Depuis sa prise de fonction, jamais encore il n'avait été confronté aux questions de l'Assemblée. Cela allait être une grande première et même s'il ne doutait pas un instant de ses capacités, il appréhendait ce moment comme un premier jour d'école. A ses côtés mais un peu en retrait, Cortassi et Vrela posaient sur lui un regard lourd. Sentant la pression qui reposait sur ses épaules, Ohlig attendit encore un instant avant de s'avancer sur la petite plate-forme à laquelle se présentaient les sénateurs. Les cinq marches grincèrent sous son poids. En haut de ce perchoir de fortune, il s'appuya sur la balustrade, ses yeux sans pupille fixant un point invisible au fond de la salle.


- Mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs. Quel bonheur que de constater que vous avez tous répondu à notre appel si soudain. Burc'ya vaal burk'yc, burc'ya veman.

Quelques murmures parcoururent l'assemblée, un petit nombre de têtes se baissèrent en signe d'hommage. Malgré que ces Néo-Mandaloriens aient tous officiellement abandonné une majeure partie des usages traditionnels de l'ancien peuple de Mandalore, beaucoup encore respectaient et appréciaient qu'on s'adresse à eux en
Mando'a. S'ils avaient réinterprété nombre de leurs principes guerriers, ils n'en restaient pas moins fiers de cet héritage riche et expressif. Un "K'oyacyi !" s'éleva même du fond de la salle, mais le jeune homme qui l'avait proféré se rassit rapidement quand ses aînés lui lancèrent un regard cinglant. Aucun d'eux n'était ici pour rire : une telle convocation devait être importante pour que les trois principaux ministres demandent une réunion d'urgence.

- Cela fait maintenant plus d'une semaine que Son Excellence notre Duc nous a annoncé le décès tragique de notre Premier Ministre qui, comme mon prédécesseur, a été la victime de lâches atteintes à la liberté, l'égalité et les valeurs de Mandalore.
Pan Thy'Evre posa un regard circonspect sur le diplomate. Saluait-il sa décision d'avoir rendu cette information pulbique, ou la raillait-il au contraire ? Le Duc grinça des dents, se ramassant sur son siège. Nous vous avons invité à nous rejoindre ici pour quelques autres mauvaises nouvelles, j'en ai peur...

La salle, quelque peu excitée, se fit à nouveau silencieuse. Ohlig, de son côté, caressait frénétiquement sa cicatrice à la tempe, choisissant ses mots avec précaution. Derrière, ses acolytes étaient de marbre. Cela faisait une semaine qu'ils avaient eu cette entrevue avec le chef du Bureau de la Diplomatie. La discussion avait été houleuse et longue, jusqu'aux petites heures du matin, mais ils étaient finalement tombé à un accord. Cortassi avait insisté pour que la surveillance de Vrela, Ministre de la Paix, autour d'Ohlig Arch soit permanente ; il refusait d'encore une fois laisser trop de marge de manœuvre à ce Gouverneur dont il respectait la carrière mais craignait les décisions. L'ancien Death Watch Prizs Vrela, s'il n'était pas populaire, saurait garder un œil attentif sur le Gouverneur.
Ce dernier avait en échange obtenu la participation des deux ministres à sa prise de parole publique pour que soit débattue la question de la neutralité de leur monde ; ils avaient beau avoir à cœur l'idéal Néo-Mandalorien, par idéalisme ou bien par pragmatisme, il n'en restait pas moins que ni l'un ni l'autre n'avait de meilleure idée pour contrer les terroristes. Quoiqu'il en soit, l'Assemblée trancherait et la démocratie serait victorieuse, se disaient-ils avec une pointe d'amertume.


- ...Nos services de sécurité ont été vaillants, mais ils n'ont pu empêcher la destruction du siège de MandalMotors non loin de Keldabe, reprit Ohlig. Néanmoins, nous avons pu retirer de cet incident plusieurs informations capitales que nous nous devions de partager avec vous.

Un grondement sourd passa une seconde parmi les travées de la salle. MandalMotors ? La célèbre firme Mandalorienne, en conflit avec le gouvernement depuis plusieurs années pour sa propension à produire des armes et des armures malgré les interdictions en vigueur, avait été touchée ? Belliqueux mais pragmatiques businessmen, les dirigeants de la compagnie avaient spécialisé leur production sur Mandalore en la recentrant vers les systèmes défensifs tout en privilégiant leurs exportations vers les lunes d'Ondéron où ils étaient installés depuis plusieurs années. Beaucoup sur Mandalore, s'ils s'en cachaient parfois, possédaient encore quelques actions, voire des amis, au sein de la compagnie qui, au regard du reste de la société mandalorienne, avait plutôt bien encaissé le changement de régime sur Mandalore.

Comme les sénateurs commençaient à discuter en petits groupes, un coup de bâton adressé au sol par le Duc rappela l'assemblée au silence. D'un geste impérieux, le chef d'Etat intima à l'orateur l'ordre de continuer. Pendant quelques secondes, son regard et celui du Duc se croisèrent, assez longtemps pour faire poindre en lui une pointe d'hésitation. Retournant son attention sur Vrela et Cortassi, il chercha dans l'attitude des ministres un signe de soutien. Ils avaient tous trois convenus de ne pas parler des Death watchs : bien qu'une bonne partie de la population soupçonnait déjà leur implication proche ou lointaine, leur nom n'avait jamais été publiquement évoqué. Le Gouverneur craignait la réaction du peuple et de l'Assemblée s'ils apprenaient la vérité.


- La catastrophe qui a frappé MandalMotors ne sera pas la dernière si nous ne prenons pas de mesures plus drastiques. Nous ne pouvons laisser sans protection un fleuron de l'économie mandalorienne être détruit.
Ohlig omit sciemment de mentionner la présence de terroristes dans le conseil d'administration-même de MandalMotors. Moins les sénateurs en savaient, moins ils auraient mal à la tête. La démocratie avait ceci de malheureux qu'elle entravait parfois la bonne marche des choses et l’exécution efficace de plans d'urgence. Ohlig haïssait intérieurement cette pensée, mais elle ne cessait de le hanter depuis quelques temps. L'idéal Néo-Mandalorien n'était-il qu'une chimère ? Non, il refusait de le croire. A force d'effort et d'acharnement, il instaurerait la paix. Pour tous, et quel que soit le moyen. Il était justifié par cette fin noble à laquelle ils tendaient tous.

- C'est pourquoi le Ministre de la Paix, le Grand Garde de Mandalore et moi-même désirons recentrer les efforts de notre pérenne nation sur la protection de nos industries, et par cela de notre économie. Il en va de notre sécurité à tous et celle de nos concitoyens. A ce titre, nous vous consultons, Sénatrices et Sénateurs, pour que soit établi un plan de protection et de nationalisation de nos entreprises.


Plusieurs voix s'élevèrent alors et des cris de protestation fusèrent en tout sens. De son côté, Ohlig observait. Bien, il s'attendait une telle réaction. Utiliser le porte monnaie des sénateurs come angle d'approche à sa proposition s'avérait vraisemblablement une idée lumineuse. Du côté des sénateurs, pourtant, l'humeur était tout autre. Depuis quand un diplomate se mêlait-il d'économie, domaine pour lequel il n'était pas compétent ? Le Grand Garde n'avait-il pas mieux à faire, la traque des terroristes ne lui prenait-elle pas assez de temps ?! Un Sénateur d'une quarantaine d'année, au visage anguleux et rude, se leva et, prenant la parole au-dessus du brouaha, s'adressa au Gouverneur.

- Je crois m'exprimer au nom d'une grande partie d'entre nous en affirmant que vous outrepassez vos fonctions, Gouverneur. Conformément à notre constitution, seul le Premier Ministre peut nous consulter pour une affaire de cette importance.

Le sénateur leva les bras au ciel d'une manière théâtrale, pour réclamer le silence. Plusieurs autres sénateurs tapèrent du poing sur leur table en signe d'approbation. En son absence, nous sommes au regret de vous dire que nous ne pouvons soutenir une entreprise qui nous isolerait diplomatiquement de nos partenaires, en particulier du système Japraël, où nos compagnies détiennent encore des intérêts.


L'homme termina sa prise en parole par un moulinet du bras impérieux puis se rassit. Les autres sénateurs à ses côtés lui adressèrent des regards complaisants et complices. Ohlig se frotta le front. Il s'attendait à une telle résistance de la part des parlementaires qui avaient certainement eu vent de ses écarts de pouvoir récents, pour la plupart. Mais le Gouverneur avait confiance : il pourrait les convaincre, l'argument économique et la fierté que tiraient les membres du Sénat des industries locales liées au beskar étant trop important. Ohlig se leva, portant les mains dans son dos, prêt à reprendre.

Et soudain, un bruit tonitruant retentit, comme toutes alarmes de l'édifice se mirent à sonner. Le Duc se leva d'un bond, suivi par tous les sénateurs. Certains, apeurés, se cachèrent sous leurs tables tandis que d'autres cherchaient des yeux une sortie de secours. Cortassi se jeta vers la porte principale avant que quiconque ne l'ait atteint, faisant signe aux gardes présents de le suivre. Ohlig, désemparé, se tenait immobile sur sa plate-forme. Il aurait dû le prévoir ! L’hémicycle plein était en réalité une proie bien trop facile.
Les Death Watchs ne feraient qu'une bouchée d'eux s'ils avaient bougé leurs pions assez vite. Un moment d'absence plus tard, Ohlig reprit conscience des évènements : les parlementaires se massaient aux extrémités de l'auditoire, tentant de se réfugier à l'extérieur. Les miliciens les empêchaient à renfort de coups d'épaules de bloquer le passage aménagé pour permettre au Duc de s'enfuir. Au milieu de cette cohue, seul Prizs Vrela ne semblait en proie à la peur, marchant calmement parmi les rangées de sièges vides sans perdre un instant Ohlig du regard. Les deux hommes se dévisagèrent encore un moment. Tandis que les sénateurs quittaient la salle grise, à la hâte et un par un.

Un petit groupe d'environ cinq sénateurs restait pour autant en retrait. Comme la salle était presque évacuée, Vrela reconnut parmi eux le sénateur ayant pris la parole un peu plus tôt. Il restait donc encore des politiciens qui aient un tant soit peu de sang froid et d'âme mendalorienne, se fit remarquer le vieux soldat à lui-même en rendant son sourire au sénateur. Cette réflexion fut la dernière : un tir de baster lui perfora le torse un instant plus tard et le Ministre de la Paix Mandalorienne s'écroula le long des escaliers irréguliers avec un râle. Ohlig s'était jeté derrière sa plate-forme. Il entendit vaguement quelques cris et des "morts aux traîtres !" suivis de tirs de blaster fournis. Osant un œil par delà sa cachette, il fut soufflé quelques mètres plus loin par une explosion qui l'envoya valser contre l'estrade réservée au Duc. Ses yeux s'embrumèrent et le Gouverneur perdit connaissance.



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MessagePosté le: 01/03/2017 21:46:11    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant

Des sons indistincts résonnaient vaguement alentour quand Ohlig ouvrit ses yeux sans pupilles. Lorsquel'image floue qu'il percevait se fit enfin plus nette, au bout de quelques longues minutes, le diplomate distingua au-dessus de lui un plafond blanc uni. Il tenta de tourner la tête, mais une douleur soudaine l'immobilisa et il renonça, portant sa main droite à son cou enserré d'une minerve. Il s'aida de son bras pour méticuleusement se redresser sur le lit dans lequel il avait été bordé, grimaçant à chaque mouvement. Autour de sa couche, il aperçut des étagères, des machines strictement alignées et toutes sortes d'ustensiles médicaux. Du revers du poignet, il frotta la cicatrice sur sa tempe, qui le démangeait. Le Néo-Mandalorien n'avait aucun souvenir des évènements ayant suivi la séance et de la raison de sa présence dans l'une des chambres de l'hôpital central de Sundari.

L'esprit embrumé mais alerte, il s'adossa au mur contre lequel son lit métallique était posé. A demi-nu dans une combinaison type de patient, Ohlig ne put que constater ses blessures : outre sa nuque visiblement affectée, il avait le pied gauche plâtré et quelques brûlures au niveau des genoux. Il avait beau retourner les évènements dans sa tête, seul le début des débats de l'Assemblée lui revenait. Et le visage de cet homme, ce parlementaire... qui était-il, déjà ? Ohlig leva les yeux en entendant des pas dans le couloir. Deux silhouettes firent alors brusquement irruption dans la pièce : une infirmière d'une cinquantaine d'années, ronde et gaillarde, était suivie d'un plus petit personnage, tout d'acier construit.


- Bonjour, madame, dit simplement le Gouverneur. Et bonjour, CZ.

- Monsieur le Gouverneur, vous êtes réveillé ! Cela faisait deux jours que vous dormiez et nous craignions que...


- Cette unité est soulagée de voir que vous vous portez bien, Monsieur.

Ohlig leva les sourcils bien haut. Qu'avait-il donc bien pu arriver pour qu'il soit dans un tel état et immobilisé pendant si longtemps ? Bien qu'au fond de lui, il fut assez heureux de constater que son droïde secrétaire s'inquiétait pour lui -bien qu'il ne s'agisse somme toute que d'un algorithme de courtoisie, certainement -, il avait beaucoup plus à cœur de quérir des réponses à ses trop nombreuses questions. Le temps ne devait pas être gâché d'avantage qu'il ne l'avait déjà été.

- C'est un miracle que vous vous en soyez sorti aussi bien, monsieur le Gouverneur. Je me faisais du ...

- Comment est-ce arrivé ? la coupa Ohlig, esquissant un geste de la main en guise d'excuse. CZ, dis-moi tout ce que tu peux me dire sur les évènements de ces deux derniers jours.

L'infirmière fit un pas de côté, visiblement bougonne de s'être fait rabrouer ainsi. Mais trop disciplinée pour oser monter le ton avec un politicien de la trempe d'Ohlig Arch, elle laissa le droïde s'avancer auprès de son maître de son pas claudiquant et mécanique. Après un échange de regard bref avec le Gouverneur, elle quitta la pièce en maugréant des paroles qui laissèrent penser à Ohlig qu'elle se vengerait d'une quelconque manière si elle venait à lui administrer une piqûre. Avec un haussement des épaules qui réveilla la douleur dans son cou, le politicien invita son secrétaire à répondre à ses questions d'un nouveau geste de la main.
Le droïde ne se fit pas prier pour narrer l'affaire à son propriétaire : comment l'Assemblée s'était interrompue aux sons des alarmes de sécurité, comment les miliciens avaient été abattus, comment les parlementaires avaient été pris en otage dans leur hémicycle et finalement enseveli sous les ruines du bâtiment. Comment le Ministre Vrela avait péri. Le bilan était catastrophique : parmi les cent cinquante sénateurs, trente-huit avaient péri, dont certains des soutiens les plus stables et anciens du régime des Nouveaux Mandaloriens. Une bonne douzaine d'autres se trouvaient actuellement entre la vie et la mort. Et si le Parlement tenait encore debout par un miracle inexplicable, ses salles étaient saccagées au point que cinq sénateurs manquaient à l'appel...


- ... par chance, le Duc a pu s'échapper sans être affecté,
continua CZ. Le Grand Garde Onarth Cortassi et le lieutenant Frenn de la garde ducale sont actuellement à la tête des opérations d'enquête.

Le diplomate posa l'un des quatre doigts de sa main sur son menton, pensif. Quelque chose clochait dans les révélations que lui avait fait CZ : pas un mot sur les assaillants. Bien sûr, Ohlig n'avait que peu de doute sur leur identité, tant leur cible et leur mode opératoire les pointaient du doigt. Cependant, personne ne semblait avoir vu ni entendu les Death Watch. Interpellé, Ohlig resta un instant interdit. De l'extérieur, il semblait plongé dans un profonde réflexion mais, en vérité, il n'arrivait pas à aligner une pensée après l'autre, tant les images de l'avant-veille se succédaient dans sa tête sans ordre logique. Et, frénétiquement, le visage rude du sénateur qui l'avait contredit en pleine se rappelait à son mauvais souvenir. Ohlig tenta de se lever avec difficulté.


- Monsieur, vous ne devriez pas...



- Je sais ce qui est bon pour moi. Nous allons au bureau de la Diplomatie, je dois rechercher quelques inform...
Ohlig retomba lourdement sur le dos. La douleur qu'il ressentait venait de tripler et il se sentit comme paralysé.

- Je vous avais prévenu, Monsieur. En l'état, vous ne pouvez retourner aux affaires. De toute façon, tous les bâtiments officiels ont été fermés jusqu'à nouvel ordre, sur ordre du Duc lui-même.

Le Gouverneur Arch, immobile, serra les dents de douleur et laisa échapper un râle d'impuissance. Tant pis pour sa couverture diplomatique, il ne craignait plus que Cortassi fouille dans ses dossiers. Mais rester au lit dans pareille situation était tout bonnement inadmissible. Son droïde secrétaire posa sur son épaule une main froide, qu'il voulait néanmoins rassurante.


- Je pense qu'il est plus sage de vous reposer, pour l'heure. La dernière syllabe traîna longuement dans le vocabulateur du droïde, comme pour faire durer un suspens mal installé. ...Mais je vous connais un peu, Monsieur.

Le droïde se retourna pour aller chercher une petite mallette posée contre l'appui de la fenêtre de la chambre. Il la déposa ensuite sur le coté du Gouverneur, qui la regarda sans comprendre. Sous le regard insistant de l'être robotique, Ohlig ouvrit la petite boîte par ses poignées. Il leva les yeux vers CZ, comme ce dernier était déjà sur le pas de la porte.

- Ne vous surmenez pas, dit le droïde avant de quitter la pièce, anticipant les questions de son maître mais craignant pour sa santé autant qu'une machine était capable de sentiments humains. Il laissa derrière lui le diplomate, silencieux. Les sourcils froncés, le Mandalorien eut un rictus amusé. Dans la mallette se trouvait du matériel de communication, un holoprojecteur de petite taille et un connecteur aux dossiers du Bureau de la Diplomatie. Parfait. Avec ce matériel, il n'avait pas besoin d'être en pleine possession de ses moyens pour avancer.
Arch consulta toutes les holonews disponibles, mais ces dernières étaient très lacunaires. Dans un souci de ne pas encore plus inquiéter la population de Sundari , on avait pris soin de ne rien révéler de trop important. Officiellement, l'explosion ayant eu lieu au Parlement étant donc due à une fuite de gaz et aucune autre information n'avait filtré dans la presse, malgré l'insistance de quelques journalistes. Ohlig eut un sourire amer : dans le temps, il faisait partie de ces reporters partis en quête de réponse aux quatre coins de la capitale et des villes de province. De l'autre côté de la barrière à présent, il reconnaissait avec amertume qu'il était parfois bon de maintenir le peuple dans l'ignorance, bien que cette idée allât totalement à l'encontre de ses convictions profondes.

Au bout d'une heure de lecture, il s'affaissa dans son lit, repris de vertiges et de douleurs. Le visage de ce sénateur lui réapparaissait, sans qu'il n'arrive à se souvenir de son nom. Nauséeux, il attrapa un datapad et se rendit dans les fichiers officiels de l'Assemblée pour obtenir le fin mot de l'histoire et espérer chasser de son esprit la vision d'un homme qui était probablement mort à l'heure qu'il était. Il eut beau passer et repasser la liste, il ne put cependant mettre le doigt sur l'homme en question. Il compta les parlementaires un par un, vérifia l'identité de tous les suppléants, mais rien à faire, cet homme demeurait sans identité. Le coup qu'il avait reçu sur la tête lui avait-il fait perdre la mémoire ?
Mais comme il parcourait une septième fois la liste, le Gouverneur remarqua plusieurs visages, parmi lesquels celui d'un dénommé Passk'Hal Leegytymus, élu de la lune Concordia. Il connaissait bien l'homme, qui tenait les rennes de cette circonscription depuis maintenant sept ans ; et pour cause, Ohlig, alors encore journaliste, l'avait interviewé il y avait quelques années de cela, quand le politicien cherchait à se faire élire au Sénat de Mandalore malgré une affaire louche sur des ventes illicites de beskar. Pourtant, d'autant qu'il se souvienne, Leegytymus n'était pas présent lors de la séance qui avait vu commettre l'attentat... Le diplomate parcourut une huitième fois la liste et repéra un autre visage, celui de Deedyé Boordon, puis un autre, et encore un autre. Au total, cinq personnes qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir dans la foule l'avant-veille. Sa vision analytique, héritage refoulé de ses origines arkaniennes, ne le trompait pas. Ce n'était pas une coïncidence, il en était presque sûr, d'autant que les cinq hommes étaient tous élus de Concordia. S'il n'avait toujours pas d'indice sur l'identité de l'homme qui s'était levé contre lui, cette question importait à présent très peu.


- Ainsi donc la Death Watch a aussi infiltré l'Assemblée ? ricana-t-il ironiquement. Il était presque amusant de penser que des guerriers aussi féroces puissent décider d'enfiler des toges de politiciens, quelque soit leur noir dessein. Ohlig eut une pensée respectueuse pour les cinq sénateurs, probablement morts, et une plus hargneuses pour les imposteurs qui les avaient remplacé le temps d'une séance meurtrière.

Le Gouverneur soupira longuement. De son lit d'hôpital, il ne pourrait assister aux recherches. Cependant, ses doutes concernant Concordia se confirmaient tout autant que sa volonté de faire avancer les choses avant que le gouvernement du Duc tombe, ce qui n'était à ce rythme qu'une question de temps. Il pensa directement en avertir Onarth Cortassi, mais se ravisa très vite. Si, en effet, prévenir le Grand Garde de la localisation approximative des ennemis de Mandalore pouvait sembler une bonne idée, la force trop réduite de la milice officielle et celle de la Garde ducale ne leur permettraient rien sinon de découvrir le Duc et de s'exposer à un nouvel attentat.
Non, Ohlig avait une meilleure idée : tant que l'enquête tenait Cortassi et le Duc occupés, il pourrait peut-être parvenir à ses desseins initiaux... Et sans Vrela et l'Assemblée pour le contrôler, il aurait champ libre pour chacune de ses opérations, fut-il cloué à un lit. Le Gouverneur se saisit de son holotransmetteur. Que le Duc l'apprécie ou pas, en ces temps de conflits, Mandalore allait avoir besoin d'alliés.


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MessagePosté le: 05/03/2017 21:11:39    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant

Chaque jour qui passe, Mandalore s'affaibli. Chaque nouvelle génération d'hommes et de femmes se retrouve plongée dans un univers qui s'évertue à les rejeter, à effacer leurs origines. Jusqu'à ce que la honte gagne le peuple Mandalorien, la galaxie ne s'arrêtera pas de lui cracher dessus. Le système de Mandalore s'est perdu au fil des ans dans un pacifisme profond, le rendant aujourd'hui si faible qu'il est incapable d'instaurer un gouvernement planétaire stable. Les citoyens de cette nation brisée doivent apprendre à survivre seuls, livrés à eux-mêmes face à toutes les menaces potentielles. Pour beaucoup, cette situation n'est plus possible. Peu importe les tracas des aristocrates et des politiciens, le peuple veut pouvoir vivre libre, sans avoir à s'inquiéter en permanence de sa sécurité. Depuis peu, une voix s'élève dans les plaines, celle de la révolution. La Death Watch s'active dans l'ombre, les frères Demeci opèrent également afin de réunir les clans ancestraux, le puzzle se forme.

L'attentat au Parlement était nécessaire, une étape essentielle vers l'émancipation. Mais le Gouverneur n'est pas mort, le Duc non plus, des gens biens ont donné leurs vies pour les protéger. Là encore, il s'agissait d'un sacrifice important, difficile à contourner. Les imposteurs doivent disparaître, les faux chefs et les grands menteurs n'ont pas leur place chez les Mandaloriens. Blad Demeci le sait, bien qu'il ne puisse être présent sur son monde natal actuellement. Pas une seule seconde, néanmoins, il n'en oublie son grand projet. Il n'est pas question de son seul destin, mais de celui de toute une culture, d'une civilisation à part entière. C'est pourquoi, Lark et Danan œuvrent sur place, quant eux. La Death Watch les soutien et d'autres puissances autochtones se sont ralliées à leur cause. Les personnes qui prétendent diriger les Mandaloriens se disent "vraies", pourtant les vrais héritiers du pouvoir ce ne sont pas eux. Ils le savent très bien et croient tenir le peuple avec des calomnies, laissant le Duc se pavaner en costume de soie. Jamais un authentique Mand'alor n'ornerait pareil accoutrement, tout comme jamais il ne fuirait face au danger, laissant plutôt ses serviteurs et ses laquais périr en son nom. Les Vrais Mandaloriens se sont perdus dans des histoires bancales et une politique faible. Les Authentiques arrivent, et ils sont bien plus déterminés que quiconque à redorer le blason de leur culture humiliée.

Ohlig Arch pensait peut-être que la situation restait gérable malgré tout, que ses grands amis allaient pouvoir l'aider. Cependant, il était loin de se douter de ce dont étaient capables les bannerets des Demeci. Il n'était plus question de simplement survivre et de laisser le flambeau à la relève, l'heure était venue pour reconstruire une vraie nation, ici et maintenant. Blad Demeci ne pouvant pas superviser cette révolution directement, ses deux frères et son vieil allié Letton Gunraï avaient décidé de prendre contact avec le Gouverneur de Mandalore. Cela faisait déjà plusieurs mois qu'un certain nombre d'espions DW s'étaient introduits à l'intérieur des institutions publiques de la planète, il ne restait plus qu'à choisir quand "frapper" et où, à l'image de l'attentat au Parlement. Concernant cette mission là, pas d'assassinat ou d'explosion en vue. Le militant DW en charge avait pour ordre d'échanger parfaitement diplomatiquement avec Ohlig, un changement fort dans les mœurs de l'organisation, provoqué par la nouvelle philosophie directrice des Demeci. Le code écrit par Blad soulignait le fait de favoriser une première approche portée sur le dialogue pour régler les conflits. Par contre, si la conversation à venir s'avérait être un échec, la suite risquerait d'être beaucoup moins douce.

L'agent sélectionné pour cette tâche délicate travaillait depuis pas mal de temps à la clinique de Sundari au préalable. C'était évidemment là que le politicien Arkanien était retenu, pour bénéficier de ce qui semblait être des meilleurs soins disponibles sur le sol Mandalorien. Le nom du membre de la Death Watch en question était Samia Gorlong, une femme d'apparence rondelette et même inoffensive. En vérité, le père de Samia l'avait formé, très jeune, au maniement des armes et à la philosophie Mandalorienne. Consciente de ne pas être une grande guerrière et de ne pas avoir forcément la condition physique adéquate non plus, elle avait décidé de se spécialiser dans un autre domaine, tout aussi utile en temps de guerre : la médecine. Infirmière à la clinique le jour, militante forte d'esprit de la Death Watch la nuit, enfin selon ses horaires bien sûr. En somme, Samia était la taupe parfaite, qui ne risquait pas d'être soupçonnée un seul instant par qui que ce soit, tant son détachement physique à un groupe guerrier dangereux était important, même s'il ne s'agissait là que de préjugés mal avisés en réalité.

S'étant arrangée pour être mutée bien à l'avance dans le bon secteur médical (sachant pertinemment que le Gouverneur serait envoyé dans un service précis s'il lui arrivait malheur), Samia préparait son "audience" avec le Gouverneur depuis presque tout aussi longtemps, afin d'éviter d'être tentée par une voie violente et meurtrière plus facile. Cependant, ce n'est que tout récemment qu'on lui apporta un élément clef de sa mission : le codex des Demeci, baptisé l'Ultimatum, écrit par Blad durant sa convalescence sur Mandalore il y a quelques mois maintenant. Ce livre, répandu à présent clandestinement en version dématérialisée un peu partout sur les mondes Mandaloriens, représentait la nouvelle voie Mandalorienne, le projet du Mand'alor légitime était complètement transcrit à l'intérieur. Ce document devait permettre à Ohlig (et à d'autres) de comprendre le point de vue des authentiques Mandaloriens, d'assimiler leur vécu en tant que peuple quasi-renié à cause de leur passé. Les nouvelles lois prévues pour Mandalore étaient également incluses, en guise de programme réformateur pour le gouvernement. Bref, tout ce que prévoyait Blad pouvait y être lu.

Le jour de la prise de contact avait sonné, Samia savait que le Gouverneur était en état de tenir une conversation relativement claire maintenant. Elle attendit d'avoir à livrer le plateau-repas au politicien pour glisser son exemplaire de l'Ultimatum dans la voiture à plateaux. Ainsi camouflé entre les serviettes à mains et dans les plus bas étages de la voiture, l'objet ne risquait pas d'éveiller les soupçons, même scanné par la sécurité (puisqu'inerte). Elle passa donc les gardes, fortement présents un peu partout pour protéger le patient d'honneur du moment, puis rentra dans la chambre, la mine ni fermée ni souriante. Elle salua l'Arkanien d'un tout de même aimable :


"Bonsoir, c'est l'heure de la collation."

L'infirmière amena le plateau sur le stand amovible à côté du lit du patient, puis elle y posa par la même le fameux livre à la couverture initialement noire, maquillée en bleu profond pour l'occasion et par soucis de discrétion (si jamais quelqu'un tombait visuellement sur ce volume si particulier, par exemple...). Elle savait qu'en faisant cela, elle risquait gros, elle se mettait même directement en danger. Ses convictions profondes la poussait à continuer, à ne rien lâcher pour autant. Samia avait foi en sa culture, en ce que les Mandaloriens pouvaient accomplir, ensemble. Cette mission diplomatique sous couverture était fait pour elle, et c'était un honneur de pouvoir la mener sur le terrain.

"Je ne sais pas si vous l'avez déjà lu, c'est un ouvrage que l'on trouve de plus en plus un peu partout. Je me suis dis que vous en auriez peut-être marre des écrans de temps en temps. Ça peut paraître un peu rudimentaire comme support, mais je crois qu'il n 'y a pas plus d'âme dans l'écriture ailleurs que dans un bon vieux livre."

La voix plutôt douce de la Mandalorienne trapue aux cheveux noirs mi-longs convenait tout à fait, un fin sourire s'était même inscrit sur ses lèvres incurvées. Bien qu'elle ait conscience des enjeux de son opération, l'infirmière n'était absolument pas impressionnée et n'avait pas l'air de douter dans ses gestes. Il fallait dire que sa préparation avait été rude, et qu'elle en avait "affronté" des plus impressionnants au cours de son intégration au sein des DW. L'Arkanien n'était pas une crevette pour autant et son jeu du verbe était bien connu, elle savait que le débat à venir n'allait pas être une mince affaire.

"Connaissez-vous l'histoire des Demeci, Gouverneur?"

Se permit-elle, s'approchant tranquillement de son patient. Elle s'assit alors sur une petite chaise à côté du lit de l'homme, afin de montrer qu'elle n'était pas là ni pour le menacer, ni pour porter atteinte à sa vie. D'ailleurs, si elle avait été armée les gardes s'en seraient aperçu. La femme aux formes affirmées attendit la réponse, et sûrement la question, à venir de la part d'Ohlig, qui risquait bien de décider du sort de Mandalore toute entière.
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MessagePosté le: 23/07/2017 18:17:57    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant

* Ce RP se déroule au même instant que les évènements relatés ici*


Le Gouverneur Ohlig Arch reposa son datapad contre son flanc : rien de bon ne viendrait plus ce soir. Il avait travaillé d'arrache-pied toute l'après-midi mais force était de constater que dans son état, il ne pouvait tenir le rythme de travail effréné qu'il s'était imposé depuis déjà plusieurs semaines, se privant souvent d'un sommeil réparateur qui lui faisait maintenant cruellement défaut. Cependant, il avait fait bien plus de progrès depuis ce lit d'hôpital qu'en quelques jours au Bureau de la Diplomatie de Sundari ; personne, en outre, n'aurait osé déranger le Gouverneur dans son repos forcé, qui lui ouvrait bien des perspectives.

Son datapad s'alluma subitement. Une notification écrite de CZ ? Cela disait que le Grand Garde Onarth Cortassi avait disparu. D'aucuns l'auraient aperçu porter sa beskar'gam non loin d'un coin discret du spatioport de Sundari, ce qui semblait pour le moins curieux. L'information avait été relayée au Palais par les témoins oculaires -des gardes de la milice- et le lieutenant Frenn en serait rapidement informé. Se pouvait-il que Cortassi ait quoi que ce soit à voir dans cette affaire ? Il faudrait tirer cela au clair...

Un bruit dans le couloir fit sursauter le diplomate. Le Néo-Mandalorien releva sa grande carcasse contre le bord du lit : en toute circonstance, il tenait à rester digne et fier, même si son état de fatigue atteignait des sommets. Entra sans frapper la petite infirmière qu'il avait déjà plusieurs fois rencontré. Comme plusieurs de ses collègues, elle était avenante et boulote, doublée d'un tempérament trempé et très efficace. Ohlig appréciait ces qualités chez ses concitoyens, peu importe le poste qu'ils occupaient. Se souvenait-il de son nom ? Sadia, Samia... quelque chose comme ça. Celle-ci venait lui apporter son repas du soir ; ce rare réconfort mit instantanément du baume au cœur du grand homme. Il allait enfin pouvoir reprendre des forces et profiter du calme de la soirée. Inconsciemment, son moral commençait à flancher, lentement mais sûrement, et un tel répit,pour quelques minutes au moins, ne pourrait que lui faire du bien.


- Entrez, je vous en prie. , dit-il sobrement à la bienfaisante dame. Cette dernière posa alors avec précision et soin un plateau sur la table de chevet attenante au lit du diplomate, qui ne se fit pas prier pour s'en rapprocher, dans un geste toutefois mesuré. Attrapant de ses quatre doigts griffus le verre d'eau ainsi posé, il le porta à ses lèvres. Il but à grandes gorgées puis le reposa. Son esprit était déjà plus clair, il y verrait mieux après s'être rassasié. Il lui fallait retourner aux affaires et... Le flot ininterrompu de stress et de pensées se heurta à la couverture bleue d'un épais volume que présentait l'infirmière.

Les yeux sans pupille de l'Arkanien se levèrent immédiatement vers le visage de l'hôtesse ; les traits d'Ohlig étaient interdits. Avant qu'il n'ait eu le temps de poser la question qui lui montait aux lèvres, elle avait écarté son interrogation : il s'agissait d'un livre populaire. Il était sympathique de sa part de chercher à trouver des distractions pour son patient, mais avait-elle idée du travail qui attendait le Gouverneur ? Il fallait continuer à sonder Concordia tout en continuant l'enquête menant à MandalMotors, découvrir ce qui se tramait autour de Cortassi et préparer les funérailles du ministre Vrela...

Trop fatigué pour administrer une remontrance à une femme d'aussi bonne compagnie, à la voix douce et mielleuse, Ohlig se saisit simplement du livre et en ouvrit la couverture. L'ouvrage s'intitulait "L'Ultimatum", rédigé par un certain... Blad Demeci. Si le prénom de ce curieux auteur ne rappelait rien au Néo-Mandalorien, le nom de Demeci évoquait quant à lui quelques vagues souvenirs : du temps de sa carrière de journaliste, c'est-à-dire avant son entrée en politique, Ohlig s'était un peu intéressé à la collusion qui existait entre les clans et certains centres d'armement.
Ces dossiers, effacés par le temps dans son esprit, lui évoquaient quelques souvenirs brûlants : Greysom, Valentyr, ... tout se mélangeait dans sa tête. Il se rappelait tout juste qu'ils s'entretuaient tous, mais leurs rixes étaient trop éloignées de Sundari à l'époque pour qu'il ait à les couvrir ; du reste la Death Watch sévissait déjà ailleurs et seule l'ancienne capitale de Keldabe trouvait grâce aux yeux des clans, qui la préféraient à la nouvelle ville au Dôme, trop "pacifiste et hérétique" à leur goût. Dans sa traque presque monomaniaque des terroristes de la lune noire, Ohlig en avait presque oublié les autres mandaloriens, ceux qui avaient pris le parti d'ignorer purement et simplement le pouvoir légitime du Duc pour se mener des guerres internes au nom de traditions indistinctes. Il était des jours où le Gouverneur Arch aurait préféré avoir été élevé dans une culture moins complexe que celle qui était la sienne et celle de ses parents adoptifs.

Coupant court à ses réflexions floues, l'infirmière laissa tomber cette interrogation à plat. Il apparaissait clair à présent que cette femme ne tentait pas uniquement de proposer un loisir au Gouverneur, mais elle essayait d'avoir avec lui une discussion d'une autre nature. L'esprit un instant fatigué d'Ohlig Arch s'aiguisa, comme si un sens paranormal lui dictait la méfiance. Tout ce qui touchait aux anciennes familles le laissait de marbre ; quand le problème des terroristes DW serait réglé, il s'attellerait à museler ces arriérés. Les mots qu'il utilisait à leur encontre étaient certes forts, mais les jours qui venaient de se succéder avaient fait évoluer sa façon de voir les choses. Parfois, il était nécessaire de combattre le feu par le feu.


- Ce nom ne m'est pas étranger. , répondit Ohlig avec prudence. Si le patronyme "Demeci" résonnait dans son esprit, il ne savait plus bien où il l'avait rencontré. Mieux valait s'abstenir de tout commentaire avant d'avoir pleine connaissance du sujet. Mais il semblerait que vous soyez désireuse de m'en dire plus.

Le Gouverneur ignorait quel intérêt pouvait bien trouver une modeste infirmière dans l'histoire traditionnelle des familles de Mandalore. Son aide-soignante s'assit sur une chaise, à son chevet, comme si elle avait déjà décidé de demeurer un peu plus longtemps à ses côtés. L'intuition d'Ohlig ne l'avait donc pas trompé : cette femme avait quelque chose à partager. Fatigué, mais décidément intrigué, le diplomate repoussa derrière lui son datapad, s'asseyant plus droit encore sur son lit. Ce faisant, Ohlig Arch appuya sur un bouton situé derrière l'objet de façon discrète, comme pour éteindre l'engin. Paranoïa ou souci de l'archive, il ne savait que penser de son attitude présente : il venait en effet d'enclencher l'enregistrement silencieux de la conversation qui allait suivre. Toujours branché aux circuits de CZ, et donc à tous les serveurs prioritaires du Bureau de la Diplomatie, le datapad n'en louperait pas une bribe.


- Il est assez tard et je suis exténué. Je ne dirais pas non à l'un de ces récits du passé révolu... , finit-il par dire. Observant d'un œil intéressé les mouvements de son hôtesse, le diplomate parcourait rapidement de son regard fatigué les lettres de "L'Ultimatum", partiellement écrit dans l'ancien langage. Il espérait pouvoir en demander une copie qu'il pourrait étudier. On ne sortait jamais plus idiot d'une nouvelle lecture.
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MessagePosté le: 01/08/2017 11:23:27    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant

Maintenant un fin sourire sur ses lèvres, Samia prit le mystérieux livre entre ses mains et enleva sa fausse couverture, révélant son véritable aspect, bien plus sombre et Mandalorien dans l'âme.

"L'Ultimatum de Blad Demeci ne raconte pas d'histoire, il prévoit l'avenir de la nation Mandalorienne."

Blad Demeci a écrit:






L'infirmière lut les 16 pages d'une traite, sans attendre la réaction du gouverneur. Convaincue que cet ouvrage était l'avenir de son peuple, elle y mit toute son âme et son application. Lorsqu'elle eut terminé, elle ferma la couverture noire sur les pages épaisses, le symbole des Mandaloriens (le crâne d'un monstre visiblement sauvage) brillait légèrement à la lumière.

"Il s'agit là du magnum opus de la prochaine constitution, gouverneur. Je sais que vous rêviez d'un monde Mandalorien différent. Mais notre espèce n'est pas prête à renier ses origines. Sans pour autant aspirer à la guerre ouverte, ni à l'expansionnisme, Blad Demeci souhaite redorer notre blason, et ramener les générations perdues sur les sentiers de l'honneur. Contrairement à ce que vous pensez, il n'y a pas deux camps distincts. Vous prétendez représenter l'esprit pacifiste de la culture Mandalorienne, regardez pourtant le chaos qui règne. En trichant sur l'histoire, avec votre nouvelle noblesse injuste, vous avez bafoué l'âme des Mando'ades. Certains vous suivent il est vrai, cependant aucun ne sera là lorsqu'il faudra vous défendre face à la légion des Demeci."

Les dernières phrases de la jeune femme étaient accentuées par un visage moins ouvert, plus grave. Sa voix aussi suivait ce même changement. L'agent infiltré Death Watch ne détachait plus son regard des orbites blancs de l'Arkanien. Tout comme ses chefs, elle semblait parfaitement déterminée. Elle reprit donc, sérieuse mais moins solennelle, expliquant enfin son propre rôle dans tout cela :

"Venons-en au plus intéressant : on m'a envoyé à vos côtés afin de vous transmettre une proposition. L'Ultimatum comprend une dimension parlementaire, qui visera à faire vivre la démocratie en symbiose avec la monarchie du Mand'alor. Ma présence diplomatique est un gage de cette prise de position. Concrètement : Blad Demeci souhaite vous voir rallier son projet. De cette façon, vous demeurerez gouverneur de Sundari et disposerez de la nationalité Mandalorienne. Vous épaulerez principalement le leader suprême dans l'accomplissement de ses fonctions. Vous pourrez influer directement sur la nation, et apporter votre style à sa reconstruction. Pour ce qui est des clans qui vous sont hostiles, les Demeci sont déjà en train de faire le ménage dans le système, à l'aide de précieux amis. Ce que vous n'êtes absolument pas capable de faire seul, c'est une évidence. Bien entendu, vous êtes libres de refuser cette offre. Si cette option est la vôtre, alors je vous conseille de quitter la planète dès que vous le pourrez. Si vous le faites, les Demeci s'engageront à ne pas vous considérer comme un ennemi. En somme, vous aurez la vie sauve... Et tranquille, mais ailleurs. J'ai conscience de la complexité de la situation, néanmoins je vous demande une réponse, ce soir. Les Demeci vous attendent, et la guerre des clans doit s'achever au plus vite. Surtout si nous espérons réunifier, finalement, tout les Mandaloriens. Je suis là pour répondre à vos questions éventuelles, et négocier au besoin."

Le dilemme était grand pour Ohlig, il devait toutefois bien penser que cette main tendue était la preuve de la bonne volonté de Blad Demeci. Ce dernier était donc prêt à faire un pas vers l'idéologie de l'Arkanien, au risque de se mettre à dos quelques uns de ses alliés actuels. La compromission était de mise. Blad avait transmis tout cela à ses frères depuis Géonosis (avant de partir pour une mission périlleuse avec la CSI), dans l'attente de pouvoir venir lui-même directement sur le terrain. Samia espérait que le gouverneur n'était pas assez fou pour refuser une telle offre, elle souhaitait voir Mandalore s'unir et devenir plus forte que jamais. L'intelligence du politicien serait assurément un atout non négligeable en ce sens.
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MessagePosté le: 15/11/2017 00:57:21    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant

Samia avait récupéré l'ouvrage et s'attela sans attendre à sa lecture, l'ayant préalablement dépouillé de la fausse couverture qui avait d'emblée trompé le diplomate néo-mandalorien. Ce dernier n'aperçut pas clairement le symbole qu'il devinait sous les mains de l'infirmière mais considéra en silence cette couverture noire, comme si elle était porteuse de réponses qu'il ne décelait pas.

Ohlig Arch écouta donc le flot ininterrompu des paroles de cette petite dame sans frémir, se frottant tout juste la cicatrice à l'aide d'un de ses doigts griffus. Il était heureux d'avoir enregistré tout cela ; CZ pourrait se pencher sur l'analyse de chacun des mots employés quand il lui donnerait l'ordre de le faire. S'il gardait un calme olympien de l'extérieur, il réfrénait des gloussements et des hauts le cœur à chaque nouveau chapitre. Le retour de Mand'alor ? Du règne des clans ? Ce Blad Demeci vivait décidément dans un autre temps, en plus d'être visiblement extrêmement mégalomane. Personne à Sundari ne souscrirait à un tel tissu d'âneries.

Pourtant... Ohlig savait pertinemment que ce ne serait pas forcément le cas ailleurs sur Mandalore. Les clans pourraient bien se retrouver dans ce nouvel opuscule belliqueux, sans parler de la Death Watch. Les pensées du Gouverneur furent perturbées par une première intervention de Samia, qui venait d'achever la lecture de "l'Ultimatum", --titre vindicatif s'il en était. L'infirmière s'était faite plus froide, plus fermée. En l'instant, elle n'avait plus rien de la gentille aide soignante qu'elle était quelques poignées de minutes plus tôt. Le pouls d'Ohlig s'accéléra, comme s'il venait de sentir quelque chose. Il n'avait jamais craint pour sa vie, pas même lors des récents attentats ; la risquer faisait partie du métier de politicien par les temps qui courraient. Mais ce qu'il venait d'entendre lui inspirait un sentiment à mi-chemin entre la consternation et l'angoisse d'enfin deviner le vrai visage de l'ennemi.

Ruminant toujours les derniers mots de Samia, le Gouverneur garda le silence. Que pouvait-elle bien trouver à ce Blad Demeci, à propos de qui pratiquement rien n'était connu de la part des services de renseignement ? Était-ce une nouvelle couverture ? La Death Watch avait habitué le gouvernement à plus de fourberie que cette approche diplomatique somme toute franchement menaçante. Et n'avait jamais parlé d'honneur. Aucun Mando'ade n'aurait pratiqué l'assassinat avec autant de couardise. Arch repensa à sa rencontre avec Atin Jnum avec amertume. L'expertise du renégat lui aurait été bien utile. Peut-être la diplomatie d'Iziz pourrait-elle lui venir en aide ?

Le Gouverneur leva de nouveau le yeux de sa couche pour fixer son interlocutrice. Celle-ci avait repris, l'air plus déterminé que jamais. Elle lui proposait de se joindre à elle, à ces "Demeci", afin de faire vivre la démocratie mandalorienne. Sous l'égide d'un seul et unique monarque, Mand'alor l’Éternel. Une foule de questions se pressait dans le chef du politicien arkanien : quels étaient ces "précieux amis" dont parlait l'infirmière ? Et de quel droit se permettait-elle de lui intimer, dans une menace à peine voilée, de les rejoindre ou de mourir ? C'en était bien assez.


- Nous sommes d'accord sur un point, madame, dit Ohlig en se relevant brusquement, empoignant son datapad pour être sûr de ne rater aucun mot de l'échange, retransmis en direct aux circuits de son bureau. La guerre des clans n'a que trop duré. Mais... Kote lo'shebs'ul narit!

Ohlig avait eu trop de mal à contenir son agacement et ces mots en mando'a lui avaient échappé. Tant pis. Les mandaloriens ne préféraient-ils pas la franchise à la courtoisie ? Autant parler son langage à cette femme qui le menaçait ouvertement. De trois gestes habiles du doigt, il pianota sur son clavier, laissant s'écouler quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Sa convalescence l'épuisait et il se sentait au bord de l'abattement.

- Votre souci du futur de notre système est louable, citoyenne, souffla-t-il avec plus de contenance, agissant maintenant comme le diplomate qu'il était. Et il est vrai que la situation n'est pas des plus roses, je l'admets. Mais est-ce vraiment ce que désire le peuple mandalorien ? Se soumettre à un nouveau tyran comme notre histoire en a connu des dizaines ? Et tout ça pour quoi ? Nous n'avons pas nié l'histoire de Mandalore, madame. Nous l'avons apprise et la comprenons. Mais il est des traditions archaïques qu'il vaut mieux abandonner, sous peine de donner aux peuples de Mandalore, de Concord Dawn ou de nos lunes le même sort que celui qui attendu les nombreux braves partis défier les Sith, la République ou les Jedi. Se relever pour mieux avancer, c'est le signe d'un peuple qui comprend, qui apprend et qui assure sa survie dans une galaxie en tourmente. A quoi bon se languir de vieilles reliques, sinon pour contenter l'ego frustré de quelque nouveau despote ? Les Nouveaux Mandaloriens...Nous ne sommes pas parfaits, loin de là. Mais nous faisons usage de notre autorité pour garantir la paix, et non par soif de pouvoir.

Au bout de cette tirade, Ohlig s'arrêta. Il aurait voulu ajouter quelques mots à l'adresse de Demeci. Cette main tendue était bien singulière et il ignorait encore réellement l'étendue des relations que pouvait avoir cet homme sur Mandalore.

- Pour autant, je suis sûr que le gouvernement que je représente accordera aux revendications de votre chef une oreille attentive. Vous avez fait preuve d'une volonté qui force le respect en venant me trouver personnellement malgré les dangers actuels causés par les terroristes. Laissez-moi à mon tour vous faire une proposition, puisque vous parliez de négociations. Invitez donc Blad Demeci à me rencontrer dès qu'il le pourra. Il sera reçu ainsi que tous les autres chefs de clans en notre capitale, ici, à Sundari, afin que nous puissions enfin mettre un terme à cet absurde conflit comme des gens civilisés.

L'Arkanien plongea alors ses yeux sans pupille au plus profond de ceux de son infirmière. Son visage était neutre, figé en un sourire poli, ses mains pianotant toujours sur son datapad, envoyant ordres et directives aussi vite qu'il le pouvait.

- Si vous n'avez rien à ajouter, je suggère que nous en restions là. Vous trouverez bien la sortie ? Les gardes pourront vous l'indiquer si vous veniez à vous perdre, lâcha-t-il avec ironie. il espérait pouvoir encore dialoguer quelques temps avec Samia, mais désirait rappeler qui était --encore-- le maître en ces lieux. Il caressa sa cicatrice de la main avec un rictus compulsif. S'il est bien le Mand'alor qu'il prétend être, nul doute que votre chef nous fera l'honneur de sa présence...

Ohlig Arch sourit avec une humilité feinte. Il n'avait certainement pas été subtil dans ses propos et il était difficile d'imaginer que son infirmière acquiesce à son discours. Qui sait ? Peut-être les plus fiers combattants mando'ade étaient-ils doués de raison ? L'intelligence dictait aux Demeci d'accepter cette offre généreuse qui leur offrait une tribune et leur permettrait d'arriver à Sundari comme des invités. Mais le Gouverneur n'entendait pas se plier sans combattre aux exigences démesurées de leur leader. La conciliation serait un bon départ. Mais peut-être pas le seul...



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" Ensemble, nous protègerons nos mondes et en chasserons la guerre. Nous instaurerons la paix, par la force s'il le faut ! " -- Ohlig Arch

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MessagePosté le: 18/11/2017 23:10:33    Sujet du message: La traque est lancée. Répondre en citant

Kote lo'shebs'ul narit... Voilà les mots qui résumaient tout le mépris que portait, inconsciemment peut-être, profondément sûrement, Ohlig Arch envers l'histoire, les origines de la culture Mandalorienne. Les mots "tyran", "archaïque" , "despote", et bien d'autres vinrent parachever les insultes portées à l'encontre du clan Demeci. L'affront était total, et l'Arkanien venait de s'engouffrer dans une guerre qu'il ne pouvait gagner. Que ce soit face à Blad Demeci et ses alliés, ou simplement face à ses opposants locaux, le Gouverneur de Sundari n'avait ni les moyens ni la puissance pour reconquérir le système entier.

Samia restait de marbre, bien que son teint pâlissait à mesure que les intentions de son interlocuteur se dévoilaient. Elle ne souhaitait pas ramener de mauvaises nouvelles à ses supérieurs. Une part d'espoir existait en son cœur, désireuse de voir une union au moins symbolique entre les deux partis, pourtant antagonistes au départ.

La voix de l'Arkanien, ses mots dures à l'encontre du guerrier honorable qu'était Blad Demeci, résonnaient dans l'esprit de la native de Mandalore. Elle savait, maintenant qu'il en avait terminé, que l'espoir qu'elle gardait au plus profond de son être venait tout juste de sombrer dans une réalité rude, pleine d'impasses. Avant de répondre au politicien alité, la jeune femme au caractère solide se releva calmement, et soupira en se dirigeant vers la porte de sortie. Alors de dos, l'infirmière tourna seulement la tête afin de regarder Ohlig du coin de l’œil. Sa dernière intervention dans cette entrevue allait être sobre et efficace, placée sous un ton volontairement aggravé :

"L'Ultimatum a été écrit car il fait honneur au proverbe Mandalorien : kaysh meg miit'gaana, oyacyi. Alors, vos insultes auprès d'un homme que vous jugez, avant même d'essayer de le comprendre, ne sont peut-être pas écrites... Néanmoins, ce n'est pas pour autant qu'elles seront oubliées de si tôt. Pensez-vous vraiment que Blad Demeci sera prêt à vous écouter après cela? Le monde dans lequel vous vivez n'est décidément pas le même que le peuple Mandalorien. C'est une certitude qui n'avait, de toutes façons, nulle besoin d'être confirmée. Je rapporterai votre réponse fidèlement, soyez en sûr. Sachez que si vous croisez le chemin d'un Demeci prochainement, l'échange sera bien moins courtois, je le crains. Je n'ai rien d'autre à vous dire, si ce n'est adieu."

Dans un silence insoupçonnable, la dame en blouse blanche disparu dans l'ouverture de la porte qu'elle ne prit pas la peine de refermer derrière elle. Ce soir-là, elle quitta tout de même la clinique comme si de rien n'était, dévouée à sa mission. Bien sûr, jamais plus elle ne pourrait revenir ici, une nouvelle vie l'attendait ailleurs à présent.

De toutes manières, tant que le gouvernement en place s'évertuait à bénir le mensonge de la dynastie du Duc, Samia n'était pas chez elle au sein de cette ville. Sundari était le seul havre des Nouveaux Mandaloriens, à l'extérieur les soutiens à l'idéologie de l'Ultimatum se multipliaient chaque jour. Demain, un vent de renouveau soufflera sur Mandalore. Demain, la guerre des clans prendra fin.
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Niveaux 1 & 2 : Close Combat
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MessagePosté le: 25/09/2018 08:44:29    Sujet du message: La traque est lancée.

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