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Une petite boulette
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Kath Aplazm
Ordre Jedi

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MessagePosté le: 26/12/2016 14:49:59    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant





Le vent soufflait et portait avec lui les vapeurs de souffre qui s'échappaient des cimes des arbres de la lune forestière. Les crépitements du feu que l'on pouvait apercevoir luire au loin étaient quant à eux masqués par les clameurs de la forêt : de petits animaux, des rongeurs, fuyaient en tous sens, paniqués, tandis qu'une demi douzaine d'Ewoks s'affairaient ça et là, sauvant ce qui pouvait l'être. A cinq bonnes centaines de mètres du Sanctuaire, en haut d'un précipice surplombant une vallée, Kath observait. Si les flammes ne pourraient gagner le repère de l'Ordre avant un bon moment, les directions vers lesquelles elles se propageaient auraient tôt fait de bloquer toutes les issues possibles aux êtres encore coincés au milieu de tout ce fouillis. Il apparaissait déjà clair que personne ne pourrait plus accéder au lac de l'Arbre ancestral, que l'on apercevait au loin, cerné par les flammes. Et sur cette lune entièrement recouverte de zones boisées, sans accès à l'eau, le barbecue présageait d'être réussi.

Kath déglutit difficilement. Il réfléchissait à toute vitesse, tenant entre ses mains son genou, qui s'était fracassé lourdement contre une poutre lorsque, quelques minutes plus tôt, il avait sauté du haut du Sanctuaire pour atterrir plus vite. Mais devant cette immensité de flammes, il restait bouche bée, ne sachant que faire. Il jetait des regards alentours aux créatures qui le dépassaient, fuyant l'incendie sans lui accorder d'attention. Le novice adressa encore un coup d'oeil au Sanctuaire, dans son dos : des lumières s'allumaient peu à peu aux points cardinaux, signalant que l'un ou l'autre garde -à moins que ce fut un maître- avait remarqué qu'il se passait quelque chose... Il devait agir vite ! Mais que faire ? Dévalant en boitant la pente qui l'amènerait au creux de la vallée, le jeune humain s'enfonça dans la forêt, se frayant un passage entre les lianes, bousculant au passage un Ewok. Ce dernier lui jeta un regard de braise : il s'agissait de Woopee. La boule de poil tourna aussitôt les talons pour se mettre à l'abri, mais Kath se doutait que le guerrier avait perçu en sa présence une explication claire à ce que venait de se passer.

Tandis qu'il progressait, Kath avait de plus en plus de mal à respirer correctement, se noyant dans les volutes de fumée noire. Exactement comme celles qui l'avaient recouvert cette après-midi, lorsque l'un des mercenaires de Beemen Industries l'avait pris pour cible à l'aide de son blaster. L'Alderaani se souvenait, à présent ! Les tirs avaient fracassé ce terminal d'alimentation, causant sans doute un dysfonctionnement. Il ne savait pas bien ce qu'il avait fait, mais la vanne qu'il avait ouverte un peu plus tard avait dû causer une réaction en chaîne ; le système d'alimentation en énergie du camp de l'entreprise Beemen avait beau être sophistiqué, il n'avait sans doute été installé que de façon rudimentaire dans les conditions hostiles de la jungle de la lune d'Endor.

Comme il arrivait sur une nouvelle colline, plus petite que la précédente néanmoins, Kath put réaliser la hauteurs des flammes : celles-ci, s'élevant à cinq ou six mètres de haut par endroits, avaient déjà consumé un bon hectare de forêt en totalité, mais se répandaient bien au-delà de la zone qu'elles avaient ravagée. Rien ne semblait pouvoir les arrêter, si ce n'était le lac qui les bloquait au nord. Il n'avait cessé de pleuvoir depuis un mois, et c'était maintenant que le ciel choisissait de se tarir ? Le novice chercha, en vain, un moyen d'éteindre tout ceci, tapant frénétiquement de sa jambe la plus valide sur une brindille incandescente. Les clameurs du monde forestier s'étaient faites plus vives. Kath tomba à genoux en se tenant la tête : l'écho, qui s'était jusqu'ici fait tranquille depuis ses heures de méditation forcée, avait repris de plus belle, lui perçant le crâne.

Ses yeux rougis par la fumée s'embuaient mais il parvint dans un effort surhumain à se redresser. Il entendit à côté de lui un râle de douleur. Tournant la tête en direction de ce nouveau cri de détresse, il aperçut le mercenaire qui l'avait menacé plus tôt dans la journée. Accroupi, celui-ci tenait le flanc d'une main et s'aidait de la seconde pour se déplacer, prenant prise aux branches et aux troncs des arbustes des environs. Il n'avait pas remarqué Kath et semblait chercher des yeux quelque chose.


- "Ne poursuis pas l'Ewok, Jarrik, il est inoffensif..." ...Je t'en foutrai de l'inoffensif, Derek ! Cet enfoiré..ughn. râla le mercenaire en se laissant tomber lourdement contre une pierre plate. Kath comprit, malgré le son étouffé de la voix de l'homme, qu'il devait avoir eu affaire à un corps d'expédition punitif. Car si c'était bien le jeune novice qui avait déclenché sans le vouloir cette catastrophe, le camp de mercenaire rempli de munitions, de vivres et de bois n'avait sans doute pas aidé. Woopee ou un de ses congénères avait dû faire payer au pauvre Jarrik ses errances dans la forêt en quête d'un moyen de faire taire l'incendie. Ou l'inverse : plus loin, Kath aperçut le cadavre fumant d'un Ewok, sans doute plus jeune que la moyenne des guerriers car il ne portait pas les ornements des combattants. A moins que ce fut une femelle ? Le novice l'ignorait mais sentit tout de même son cœur se serrer. En lui se mélangeaient une pitié certaine pour l'homme blessé à quelques mètres de lui, une vague de tristesse qu'il ne s'expliquait pas en contemplant le corps sans vie de la boule de poil, et une rage qu'il contenait difficilement envers son impuissance présente.

Mais que pouvait-il faire ? Les flammes lui avaient coupé toute possibilité de retraite, à présent. Kath leva les yeux au ciel, cherchant désespérément un moyen de se tirer du mauvais pas dans lequel il s'était embarqué. Dans lequel il avait embarqué toute la forêt. En haut, il n'aperçut que l'étendard de Beemen Industries, si proche de celui des Jedis, qui flottait encore sur la structure en feu du campement des mercenaires. Où étaient donc les autres ? Impossible à dire. Le jeune homme avait toutes les peines du monde à rester debout, pris de nausées et de vertiges. L'écho lui secouait l'intérieur, comme si chaque vie qui s'éteignait au cœur des flammes détruisait quelque chose en lui. Titubant, il aperçut dans le vacillement de la danse du feu l'ombre de l'arbre Woohyr, derrière le lac noir. S'il parvenait à franchir le mur qui le séparait, il pourrait... que pourrait-il, au juste ? Il chercha alors des yeux un contenant, n'importe quoi qui lui permettrait d'arrêter la progression de... mais seul, il ne pourrait rien. Kath se frappa la tête. Quel abruti ! Trop peureux pour avouer ses fautes au Conseil, il avait mis en péril toute vie ! Les Jedi, les maîtres, s'ils avaient été là...

Non. Il ne servait plus à rien de se lamenter maintenant. Il devrait affronter les sanctions du Conseil s'il survivait. Posant un pied devant l'autre, il s'apprêtait à sauter par dessus les flammes pour atteindre le lac, pas vraiment sûr de son coup, quand une voix dans son dos le fit tressaillir.


-T..toi. Aide-moi ...!

Le dénommé Jarrik s'était levé et avait remarqué sa présence. Kath s'immobilisa et ne se retourna pas. Avec un boiteux comme fardeau, jamais il ne pourrait passer les flammes. Si jamais il lui restait une chance de s'en sortir, il devrait y arriver seul. Il pouvait presque entendre l'homme respirer tant l'écho dans sa têtes amplifiait chaque son. Le mercenaire avait peur. En lui, de la rage, de la tristesse, du dégoût... du désespoir ? Kath ignorait comment il pouvait le savoir, mais il avait l'impression de pouvoir lire les émotions de cet homme sans même le voir. A moins que ce fut un reflet de ses propres émotions ? Il tremblait, l'autre aussi.


- Je veux pas crever, @£*!&% !

Kath ne se retourna pas plus. Fermant les yeux, il eut un haut-le-cœur. Il ne pouvait se résoudre à laisser le mercenaire se faire dévorer par les flammes, aussi cruel qu'il ait pu être. Celles-ci progressaient. Elles étaient à présent lentement ralenties par le flot doux mais rouge du ruisseau dans lequel Kath s'était à contrecœur baigné sous l'impulsion de maître Nass, mais elles gagneraient bientôt plus de terrain encore. Le novice trembla de plus belle. Et soudain, il s'élança vers les flammes. Sans se retourner, sans regarder Jarrik.

Comme porté par un vent miraculeux, le jeune homme se sentit un instant pousser des ailes. Son envol ne dura qu'une seconde ou deux, le temps de s'écraser avec grand fracas dans la cendre d'un arbre calciné. Il avait réussi ? Par quel prodige ? Peut-être qu'Endolorean avait tort et qu'il savait voler finalement... Kath jeta derrière lui le haut de sa bure qui avait pris feu -décidément, il aurait dû à changer de vêtements plus de fois aujourd'hui que tout au long de son dernier mois sur Alderaan- et hurla en direction de la forêt.


- Pardon ! Désolé ! Je... Je vais revenir vite avec de l'aide !

Il ignorait si le mercenaire lui avait jamais répondu. Prenant un élan, il s'élança vers le lac, ralenti par les aspérités du sol et les carcasses fumantes des souches et des buissons. Arrivé près de la rive, il se jeta dans l'eau jusqu'à en avoir jusqu'aux chevilles et entreprit d'accumuler le précieux liquide dans un vase de fortune constitué de deux morceaux d'écorce carbonisés. Peine perdue, car ceux-ci se désagrégèrent immédiatement au contact du lac. Avec le dos d'un petit tronc creux, il parvint à emmener avec lui l'équivalent d'un verre d'eau, dont le contenu tomba à ses pieds quand il se prit les pieds dans une racine. Une clameur s'éleva depuis le forêt. Le novice préféra ne pas y porter d'attention : la pensée qu'il avait pu laisser un homme à la mort le tétanisait. Ce n'était pas le genre d'aventures auxquelles il s'attendait quand il s'était promis de rejoindre les Jedis pour les aider dans leurs luttes. Sauver la veuve et l'orphelin de bandits assoiffés de gloire et d'argent, il se voyait le faire, mais ça... Les Jedis allaient sans doute à jamais regretter de lui avoir permis des les rejoindre.

Les yeux de Kath étaient mouillés de sueur et de larmes, ses joues et son front marqués par la suie et la boue. Impuissant, il contempla alors les flammes dévorer plus avant la forêt. Ici, il était sain et sauf. Peut-être pourrait-il grimper jusqu'à l'arbre Whorryr et attendre le jour. Avec un peu de chance personne ne remarquerait son absence et il gribouillerait un mensonge pour expliquer son état. Et puis, l'Ordre serait enfin débarrassé de son problème avec Beemen Indus... Mais à quoi pensait-il, bon sang ?! Un homme allait mourir ! Kath poussa un hurlement. L'écho l'étouffait, ainsi que la rage. Pris d'une vive colère contre lui-même, contre toute chose, il lança le bâton qu'il tenait en main et donna des coups de pieds rageurs autour de lui à s'en faire saigner le tibia. Remontant au milieu de la plaine noire de cendres, il tomba à quatre pattes et frappa le sol. Sa main rencontra dans un grand bruit une surface métallique et il cria de douleur. Un nouveau terminal, comme celui qu'il avait fait sauter. Étrangement, celui-ci ne paraissait pas complètement détruit et l'un de ses écrans fonctionnait toujours, par intermittence cependant.


Citation:
ALERTE A TOUT LE PERSONNEL - NIVEAU D'URGENCE MAXIMAL
Veuillez vous rendre aux véhicules immédiatement pour évacuation. Utilisez le matériel d'urgence pour sécuriser les départs.

Beemen Industries vous souhaite un agréable séjour sur Endor et espère vous revoir bientôt.


Les enfoirés ! Ils étaient donc partis ? Ou n'avaient-ils jamais pu décoller et étaient-ils maintenant prisonniers comme Jarrik, ou pire ? En tout cas, si Beemen n'était pas prévenue de la destruction d'un de ses camps sur Endor, elle le serait bien assez tôt... Et là, le secret du Sanctuaire ne pourrait plus être garanti. Kath se trainait maintenant en direction des bâtiments en feu de la corporation marchande, à une centaine de mètres plus haut. Devant lui, quelques flammes illuminaient encore ça et là la plaine noircie autour du lac. S'il restait du fameux matériel d'urgence, il devait mettre la main dessus avant toute chose. Le novice gagnait en énergie à mesure qu'il s'éloignait de l'incendie principal, comme si les voix de tous ses êtres se taisaient peu à peu, happées par la distance. L'esprit plus clair, le jeune homme parvint jusqu'à un grand arbre, étonnamment épargné au milieu de ce vaste champ de mort. Tout autour de lui, de l'herbe verte et des caisses en plastacier. Et le long du tronc, trois cadavres d'hommes transpercés de traits. Kath reconnut immédiatement l''autre mercenaire qui accompagnait Jarrik. Celui-ci avait eu visiblement moins de chance face aux Ewoks. Mais difficile à dire si leurs meurtriers avaient survécu, quant à eux.
L'Alderaani eut une réponse à cette interrogation quand, cherchant une explication à la sauvegarde de cette zone, il aperçut deux boules de poils qui s'affairaient sur une sorte de speeder, tenant à ce qui semblait de le faire démarrer en lui assénant des coups de tomahawk.


- Venez m'aider, s'il-vous-plaît, je vous en supplie !
geignit Kath à leur attention. Les deux oursons se retournèrent, le fixèrent d'un air dur puis s'en retournèrent à leurs martèlements. Que ses lamentations ne les troublent pas, Kath pouvait le comprendre, mais il ne saisissait pas pourquoi les deux Ewoks s'acharnaient à cabosser la tôle fragile de ce vieux speeder à peine en état de marche.
Et soudain, il réalisa : le symbole anti-incendie aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. L'Alderaani fonça en direction des Ewoks et, les poussant au sol d'un geste du coude, il sauta dans le deux-place abîmé. Ce véhicule d'urgence avait permis aux hommes de se terrer, mais les autochtones avaient eu raison d'eux. Jarrik, lui, pourrait peut-être encore survivre si Kath faisait vite : si proche du lac, il aurait des ressources d'eau infinie.

Par la Force, il n'était peut-être pas condamné à voir mourir son assaillant d'il y a quelques heures. Par la Force ? Il avait du mal à voir ce qu'elle avait fait pour l'aider jusqu'ici, cette Force. S'il n'était pas chassé de l'Ordre ou mis à mort par ses maîtres au bout de cette brûlante aventure, il aurait encore beaucoup à apprendre de maître Nass.


HRP : l'acquisition du speeder anti-incendie a déjà été réalisée dans mon casier. En espérant que la situation s'améliore !

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MessagePosté le: 26/12/2016 14:49:59    Sujet du message: Publicité

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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 03/01/2017 17:22:25    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

Comme si suffisamment d'infortune n'avait pas frappé la forêt ancestrale d'Endor, le vent s'était levé, attisant les flammes qui grignotaient les arbres de plus belle. Le ciel, lui, restait clair et sans nuage, et les étoiles admiraient depuis leurs lointaines lumières les feux dansants de la lune forestière. Le tableau était bien moins poétique qu'entendu : à la surface, le chaos était immense, mais Kath ne pouvait que le deviner, tant les vapeurs de souffre lui cachaient la vue.
Filant aussi vite que le vieux speeder le lui permettait, il avait rejoint les rives du lac pour s'apercevoir que le réservoir d'eau des lances anti-incendie était percé à plusieurs endroits ; sans doute un nouveau méfait de ces vindicatifs Ewoks. Les deux oursons à qui il avait chapardé le speeder le suivaient d'ailleurs de loin avec des hurlements mécontents. Le novice n'avait pas pris la peine de se retourner et de les calmer. Il avait appris qu'avec les autochtones, aucune discussion n'aboutirait, du moins aucune qu'il mènerait de ses mots maladroits. Et puis, il y avait mieux à faire en l'instant. Colmatant tant bien que mal les brèches de l'appareil à l'aide de fournitures de fortune (du bois sec et brûlé, des morceaux de vêtements, l'une ou l'autre plaque de tôle abandonnée là par les employés de Beemen fuyant l'incendie,...), il avait fini par remplir à demi le réservoir de l'engin, sans cependant empêcher les fuites. Bon, ça ne tiendrait peut-être pas jusqu'à ce qu'il atteigne la zone de l'incendie, qui s'éloignait d'ailleurs dangereusement en direction des collines et du Temple, mais l'Alderaani ne pouvait faire mieux dans l'état où il se trouvait. Pas sûr néanmoins qu'en pleine possession de ses moyens, il ait été plus verni, pensait-il.

Le vieux speeder pétarada une bonne minute puis, dans un râle de souffrance, se lança dans le chant de cendres à l'assaut des flammes. Le démarrage dura assez longtemps pour que son cavalier réceptionne un coup sur l'épaule. Kath se retourna et évita le lancer d'un second tomahawk ewok avec une vivacité qu'il ne se connaissait pas. S'il n'avait pas appris grand chose de concret sur la nature de l'écho qui l'habitait -...de la Force, plutôt, s'il ne se trompait pas-, les heures d'entrainement avec Nass avaient certainement perfectionné ses sens. A moins, plus probablement, qu'il n'ait à nouveau été victime de sa malédiction : avoir un peu de chance dans sa vie de malchance.
Détournant son regard de ses poursuivants miniatures, le jeune homme marqua un arrêt net en dérapage qui le propulsa par dessus la commande de direction de l'appareil qu'il pilotait. Il s'écrasa un bon mètre plus loin, à quelques pas d'une immense colonne de flammes dansantes. Kath se releva et se jeta sur l'embout rouillé des tuyaux qui lui permettraient de faire parler sa trouvaille. Frappant de ses poings serrés le métal, il parvint enfin à allumer le terminal commandant au réservoir à eau. Puis, d'un pas ferme et décidé, il se plaça devant le feu et actionna la clef mécanique d'ouverture d'un tuyau.

Rien. Le novice répéta l'opération une fois, deux fois, trois fois... Toujours rien. Bredouille, il jeta un œil circonspect à la commande d'allumage du terminal puis aux ouvertures éparses dans la coque du speeder : restait-il encore de l'eau, ou avait-il fait tout chemin pour rien ? Kath regarda directement à l'intérieur de l'épais tuyau, collant son visage contre l'embout. Une sorte de bout d'écorce noir et humide bloquait l'arrivée d'eau. A deux mains, il tenta désespérément de la retirer. Devant ses échecs répétés, il décida alors de s'aider de ses pieds pour maximiser sa force de traction : le morceau de bois calciné se brisa en mille morceaux et un jet d'eau à haute pression explosa d'un coup au visage de Kath, qui tomba sur les fesses. Étourdi, il mit deux nouvelles secondes à reprendre ses esprits, le temps pour le tuyau anti-incendie de déverser à la ronde de précieuses trombes d'eau.

Quand l'Alderaani put enfin s'emparer du tuyau et le braquer vers les flammes, ses ressources étaient presque taries, à un tel point qu'il ne fut pas en mesure de sauver l'arbuste se consumant devant lui à petit feu. Pathétique. Kath regarda en direction de l'arbre Wohyrr, de l'autre côté du lac. Ses branches pourraient l'aider à colmater le speeder mais... il n'avait pas le luxe du temps. D'où il se trouvait, il ne pouvait deviner l'avancement de l'incendie et en considérer l'importance. Il était dans de beaux draps et le savait, voilà tout. A deux centaines de mètres sur sa droite, l'avant-poste de Beemen avait fini de brûler et tombait doucement en poussière. Les cris de la forêt étaient masqués par le grésillements du feu proche. Comble du comble, le speeder s'écrasa d'un coup sec sur le sol, inerte. Kath se jeta dessus pour tenter de le redémarrer, mais en vain : il avait beau ne pas s'y connaitre en mécanique, il pouvait bien remarquer que la chaleur ambiante avait causé la disparition par évaporation de la faible réserve de fuel qu'il restait au véhicule. L'air puait d'une odeur de carburant mêlée à celle des corps carbonisés.

Désespéré et sans ressource, Kath plaqua une main contre son front et s'appuya sur la carcasse sans vie du speeder. L'espoir de tout arranger lui avait permis de tenir jusqu'à présent, mais celui-ci avait maintenant complètement disparu. Dans le coeur de l'Alderaani se mélangeaient une frustration évidente, une crainte -infinie mais bien trop abstraite- de ce que ses maîtres penseraient de lui et une terrible colère contre lui-même. Avachi sur son socle de métal, il n'avait même plus la volonté ni la force de se lamenter et regarda un long moment les flammes dévorer la forêt, ses habitants... et Jarrik. Cet homme était cruel, mais méritait-il la mort ? Assurément, non. Lui et Kath n'était pas si différents en fin de compte : deux créatures sensibles rassemblées par hasard sur la même lune. Et aucun d'eux n'avait voulu mourir. Pourtant, seul l'Alderaani survivrait.

Avait-il envie d'une telle vie ? Comment en était-il arrivé là ? A chaque instant, il se reposait ces questions. Sa rencontre avec Alya, avec Woopee, avec les Jedi, avec Nass et les autres novices... Tout ceci lui avait fait perdre de vue qu'il était un jour parti de chez lui avec une idée en tête : donner un coup de main et ne pas rester passif devant une galaxie en déliquescence. Il aurait mieux fait de rester celui qu'il était : un raté perdant son temps dans les bars branchés d'Alderaan. Non. Non. Il ne pouvait s'y résoudre. Etait-il à ce point destiné à n'être que ce raté ? Les maîtres le lui avaient dit : il pouvait sentir la Force ! L'écho en lui bouillonnait. Si c'était sa manifestation, elle n'était pas claire du tout. Mais s'il ne la comprenait pas, tant pis. Il n'avait plus confiance en rien, de toute façon, pas même en ses propres sentiments.

Comme il se laissait aller, immobile et vide, Kath n'avait pas remarqué les deux Ewoks qui l'avaient rejoint. Ces derniers, l'ignorant copieusement, montèrent sur la carrosserie du vieux speeder en l'enjambant. Le premier planta le bec d'un jerrycan dans le réservoir à carburant du speeder tandis que l'autre s'installa aux commandes. Le novice tourna la tête, trop tard. Dans un vrombissement, le véhicule partit à toute vitesse, comme ressuscité. Accroché par le col à un morceau de tôle et agrippé de toute ses forces à ce qui semblait être la jambe poilue du conducteur, Kath hurla : s'il lâchait prise, il se fracasserait avec une telle force que tous ses soucis disparaitraient instantanément, il pourrait en être sûr.

Les Ewoks ne se dirigèrent pas vers le lac, comme on aurait pu s'y attendre. Au lieu de cela, ils traversèrent le mur de flamme avec grand fracas, trainant sur le côté le novice qui avait bien peine à rester accroché tout en éteignant à coups de claques farouches les étincelles qui mettaient le feu à ses vêtements. Heureusement, trempé comme il l'était encore, les flammes l'affectaient peu, mais il craignait que ce ne fut pas le cas pour le speeder et ses conducteurs. Ceux-ci n'en avait vraisemblablement cure et slalomaient grossièrement entre les arbres en hurlant comme des forcenés. La fumée derrière eux laissait une trace d’extincteur. Comme l'équipage variait à chaque tournant de vitesse, Kath put se redresser sur un siège.
Ce fut à ce moment-là que Kath comprit : l'Ewok au jerrycan tenait maintenant une des lances à incendie et frappait tout sur son passage tandis que l'autre bougeait selon des cercles concentriques. Ainsi, ils tentaient d'endiguer à leur échelle un incendie qui, par ailleurs, semblait s'éteindre de tous côtés. En effet, de cette position avancée, le jeune homme pouvait maintenant contempler l'étendue des dégâts, qui paraissaient à première vue bien moins importants qu'il ne l'avait d'abord pensé : mis à part le campement de Beemen Industries, trois bons hectares de forêts avaient brûlé, ce qui laissait certes entrevoir un paysage désolé autour du lac, mais n'était pas suffisant pour endommager ni mettre en danger le Sanctuaire, bien plus enfoncé dans la végétation.

En outre, les flammes avaient été bien arrêtées par le ruisseau. Au bout de cette course folle, le speeder dérapa le long de son cours et se stoppa net. Les flammes diminuaient d'intensité tout autour d'eux. Comme ils ne bougeaient plus, Kath lança un regard implorant aux Ewoks, qui l'ignorèrent de plus belle. Les deux créatures ramassèrent des pierres et des bâtons afin de les lancer contre le speeder : visiblement, elles non plus n'avaient pas compris comment le vieil engin fonctionnait. En tout cas, leur comportement de tout à l'heure se comprenait mieux : peut-être était-ce eux qui, en fin de compte, avaient sauvé cet arbre, avant d'être attaqués par des mercenaires ? Difficile de le savoir. Kath n'osait leur poser la question, tant il avait peur de se voir exécuté en l'instant par ces deux guerriers à qui il avait manifestement mis des bâtons dans les roues.
Au loin, il distinguait d'autres silhouettes se jetant vers les flammes, comme pour les combattre à mains nues. Ces ombres avaient la forme d'Ewoks, mais aussi d'humains et d'autres espèces. Kath se pétrifia même lorsqu'il crut voir passer ce qui avait tout l'air d'être un gros gungan.
S'assurant que les deux Ewoks étaient encore occupés, il descendit sur la pointe des pieds du véhicule et s'éloigna de quelques pas. Chaque bruit le faisait tressaillir et pour couronner le tout, toute cette aventure lui avait donné faim. Se frappant le ventre pour éviter qu'il ne gargouille, il s'enfonça derrière un arbre. Il ne se passa pas une demi-minute avant que l'un des Ewoks vienne le déloger.


- Wooppeedda, quipeediy ! lança-t-il à Kath en même temps qu'un regard assassin et accusateur. Et, comme pour joindre un geste à sa parole incompréhensible, il braqua sur le jeune homme non pas une des lances rudimentaires que les guerriers arboraient d'habitude, mais un blaster usé. Il n'en fallait pas plus à Kath pour détaller dans un autre fourré, duquel il fut chassé par une salve de tirs et de jurons. Il se présenta finalement à nouveau devant les Ewoks, penaud. Ceux-ci entreprirent rapidement de l'attacher fermement au speeder. Ensuite, ils se lancèrent, à pied cette fois, à la suite des silhouettes vers la forêt et les flammes.


* * *


Une bonne heure passa avant que l'on vienne réveiller Kath à l'aide d'un grand seau d'eau. Il ouvrit les yeux d'un coup, en sursaut. Ereinté, il n'avait pas pu chasser le sommeil et l'odeur des flammes qui l'avaient emmené jusqu'au fond de lui-même, où il s'était oublié, bercé par l'écho en lui redevenu lent et rythmé. La situation s'était apaisée, il le savait. Non, il le sentait. Levant la tête, il put contempler l'étendue verdoyante, illuminée par les premières lueurs de l'aube. Au loin, des volutes de fumée par-ci par-là rappelaient les évènements de la nuit.

Kath voulut se relever, mais ses liens le serraient encore. Pire que ça, une horde d'Ewoks l'entourait maintenant, silencieuse. L'un ou l'autre grognait de temps à autre mais aucun autre son ne brisa un long silence qui dura pendant plusieurs minutes, pendant lesquelles Kath cherchait désespérément en lui une ressource suffisante pour se téléporter dans un hôtel confortable de Correlia. Si la Force était avec lui, c'était le moment qu'elle lui vienne en aide, là, tout de suite !


- Euh... alors... tout est bien qui finit bien, hein, les gars ?

Son sourire crispé se referma lorsque Woopee lui fourra un chiffon sale dans la bouche, hors de lui. Drôle de façon de lui rendre son caleçon.

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Uriel
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MessagePosté le: 11/01/2017 21:42:06    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant



Le voyage en hyperespace semblait avoir duré une éternité. Pour son premier périple au travers de la galaxie, rien ne fut épargné à Uriel. Dès les premiers instants de son équipée stellaire, une terrible migraine frappa le Kaleesh. Une fois calmé, le propriétaire du vaisseau de contrebande dans lequel Uriel s’était embarqué, s’acharna à lui enseigner les rudiments de la navigation spatiale, mais ses capacités d’assimilation en la matière étaient presque nulles. Force était de reconnaître que le dénommé Urgo n’avait pas l’étoffe d’un pédagogue en la matière. Son enseignement se résumait à énumérer de manière arbitraire toute une série d’informations confuses et spécifiques à un domaine auquel Uriel ne comprenait rien.

Lorsque le vaisseau cargo émergea de l’hyperespace en provenance de Kalee, le jeune Kaleesh fut aux premières loges pour découvrir la beauté de la lune forestière d’Endor. Kalee était principalement recouverte de jungles et d’océans. Bien que la verdure n’eût rien de nouveau pour Uriel, une telle densité de végétaux suscita l’ébahissement chez lui. L’autre facteur de surprise du kaleesh résidait dans l’exactitude avec laquelle les visions sur Kalee avaient su retranscrire la véritable Endor. Devant la réaction d’émerveillement de son invité, le contrebandier se hasarda à lui demander la raison de sa présence ici :


- Vous êtes ici pour les affaires ?
- Pas exactement, concéda Uriel. Je cherche à donner un sens à ma vie.
- Je vois, acquiesça Urgo en fronçant les sourcils. Eh bien, je suppose que je ne peux que vous souhaitez que votre ambition porte ses fruits.


Uriel remercia sincèrement son interlocuteur. La navette approchait alors avec célérité de la surface. Le jeune kaleesh trépignait d’impatience. Il était sur le point d’obtenir les réponses qu’il cherchait au sujet de ses prédispositions. Son exil forcé allait peut-être se révéler comme un mal nécessaire au service d’une cause plus noble. À travers le hublot de la porte du sas, il aperçut les premiers arbres de la lune forestière. Le vaisseau apponta sur une plate-forme prévue à cet effet. Urgo rejoignit le kaleesh et tous deux s’engagèrent hors du cargo. Quelques mètres plus loin, ils scellèrent leur échange de bons procédés d’une poignée de mains. Le contrebandier mentionna qu’il avait à faire auprès d’industriels installés dans la région et s’en alla vers ses prospects. L’espace d’une seconde, Uriel douta du bien-fondé de ce qu’il s’apprêtait à accomplir. Il ne lui fallut pas plus d’un battement de cœur pour se ressaisir et s’engager sur la route qui le conduirait vers sa destinée.



Le natif de Kalee s’aventura dans la forêt luxuriante d’Endor. L’atmosphère se révéla étonnamment apaisante. Peu importe ce qui se terrait aux confins de ce labyrinthe de feuillages, Uriel comptait bien le découvrir. Il n’était pas dupe, il ne s’imaginait pas trouver ce qu’il cherchait dans l’immédiat. Persévérer devait être le maître mot. Les premiers jours furent difficiles. Le kaleesh s’était complu dans la commodité et l’aisance de sa situation après son exil. En manque de repères et émancipé des préceptes kaleesh en matière de survie, Uriel peinait à trouver de quoi se nourrir. Les deuxième et quatrième jours, des pluies diluviennes s’ajoutèrent à la conjoncture. Plusieurs semaines passèrent, les rêves éprouvés sur Kalee revinrent hanter Uriel de manière discontinue. Il n’en retira aucune information susceptible de l’aider. Pour couronner son désarroi, aucun être vivant ne se présenta à lui.

Lorsque le kaleesh s’apprêta à abandonner tout ce pourquoi il était venu ici, une ombre surgit d’une branche haute perchée. Lorsqu’elle atteignit le sol, elle émit un son qu’Uriel n’avait jamais entendu auparavant. C’était la créature récurrente de son rêve. L’ewok habillé d’un vulgaire pagne. Le kaleesh s’approcha lentement de lui. Sur ses gardes, la bête porta sa petite lance en sa direction. Uriel temporisa et lui présenta ses mains en évidence afin de lui garantir qu’il ne l’attaquerait pas. L’ewok ne fut pas de cet avis et s’enfuit dans les broussailles. Le jeune kaleesh le poursuivit dans la hâte. La course fut de courte durée. L’ewok s’était volatilisé. Les questions se bousculèrent dans l’esprit d’Uriel. Était-ce une hallucination ? Avait-il commis une erreur monumentale en venant ici ? La fatigue le submergea et il s’effondra de sommeil.

Le rêve prit une tournure différente cette fois. Ce n’était pas seulement Endor qui lui apparut mais un bâtiment jusque-là inconnu. Uriel ne parvint pas à mettre un mot sur ce dont il était témoin. La bâtisse ressemblait étrangement à un sanctuaire. Il tenta de s’approcher afin d’y pénétrer mais la vision se brouilla. Le kaleesh en était désormais persuadé, il touchait au but. Ce temple sibyllin apporterait une réponse à ses questions et ne devait se trouver qu’à une faible distance. L’espérance habitait de nouveau Uriel et il comptait la mettre à profit pour faire le bien.

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Dernière édition par Uriel le 14/01/2017 18:16:30; édité 1 fois
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Rylen Korr
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MessagePosté le: 13/01/2017 15:34:53    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant


Nass
[Maitre Jedi]

Si la météo semblait clémente actuellement sur la lune forestière, ce n'était pas le cas de la bonté autochtone qui était devenue quasi-inexistante dernièrement. La faute à une série d'évènements qui avait fragilisé la sympathie poilue qui n'était pas déjà, d'ordinaire, très élevée. Sans mauvais jeu de mots, il n'avait fallu que d'une étincelle pour mettre le feu à la forêt Ewok. Une affirmation à prendre au sens propre du terme, bien évidemment.

Et sans arranger les choses, l'on dénombrait trois morts dans les rangs Ewok. Trois morts, dont un enfant de quelques années qui avait succombé aux flammes ardentes déclenchées par un être dit "intelligent". Il n'en fallait pas d'avantage pour mettre en rogne la tribu Ewok qui avait été la seule à en souffrir. D'autant plus que celle-ci était déjà sur les nerfs depuis plusieurs semaines. Consciente que la faveur qu'elle avait accordé aux étrangers Jedi était en train de se retourner doucement -mais surement- contre elle.

Il y avait d'abord eu ces attaques de Sanyassans provoquées par cet étrange anneau maudit et maléfique dont les Jedi n'avaient pas voulu se débarrasser aussitôt après l'avoir découvert. Le village Ewok en avait reçu les frais lorsqu'il fut partiellement ravagé par ces humanoïdes squelettiques, lors de cette fameuse nuit de combats inattendus où ils avaient été pris par surprise dans leur sommeil. Et si les Jedi avaient vaillamment secourus et défendus leurs alliés avant de participer à la reconstruction du village des Naa'fruu, la pilule n'avait jamais véritablement été avalée par les autochtones désireux de retrouver la quiétude de leurs terres natales.

La théorie selon laquelle ces Jedi amenaient le chaos et la désolation était vivace, et de plus en plus d'Ewoks la prenaient au sérieux. Ceux qui la défendaient ardemment rappelaient sans cesse les troubles qu'avait connu leurs ainés sur Endor il y a plusieurs décennies en arrière, soixante-dix ans dans le passé pour être précis. C'était en effet à cet époque que les histoires et les contes -les Ewoks en étaient friands, c'était de cette manière qu'ils transmettaient leur histoire et leurs traditions à leurs enfants- mentionnaient pour la première fois des hommes "aux épées de lumière" venus du ciel pour faire la guerre sur leurs terres. Faire la guerre à qui ? Aux hommes qui possédaient des "épées de l'obscurité". Ces derniers combattirent aux côtés des Sanyassans, les éternels ennemis des Ewoks qui tentaient depuis des siècles de ravager la lune d'Endor. Et, hasard ou non, les Sanyassans étaient réapparus il y a quelques semaines en arrière. Chose qui n'était pas arrivée depuis plusieurs décennies de vie.

Les Jedi attiraient-ils les humanoïdes belliqueux ? Étaient-ils de mèche avec eux ? Complotaient-ils pour mettre un terme à la vie Ewok ? Seuls les plus extrémistes d'entre-eux le pensaient. Mais de là à ce que ça devienne une pensée courante, il n'y avait qu'un pas. Car les évènements dramatiques se succédaient les uns après les autres, et les Ewoks en pâtissaient toujours d'avantage que les Jedi. Ce feu de forêt était la flamme de trop. Il fallait que ça cesse. Les Naa'fruu devaient sévir et ne plus se laisser influencer de manière naïve. Ils étaient chez eux, après tout.

Leur sympathie à l'égard des Jedi avait été traduite dans les faits par une grande gentillesse à l'égard de tous les étrangers qui mettaient un pied sur Endor. En temps normal, ils auraient tous fini au bucher pour nourrir les bêtes. Cette pratique autrefois courante était-elle sur le point de revenir sur le devant de la scène ? Ces derniers jours, les Naa'fruu s'étaient lancés dans une chasse aux survivants de Beemen Industries, la société intergalactique qui avait élu domicile près de leur village afin de piller les ressources planétaires. Leur campement, leurs biens, leurs transports... Tout avait été détruit par les flammes qui avaient ravagé une partie de la forêt, celle qui entourait la tribu des Naa'fruu et le Sanctuaire Jedi. Si la destruction de certains arbres millénaires et vénérés n'avait toujours pas été digérée par les lointains cousins des Wookies, voir déguerpir ces odieux mercenaires avait été une aubaine, un cadeau du ciel. Il fallait désormais rattraper les fugitifs perdus sur la lune pour qu'ils ne soient plus un danger pour quiconque.

C'est donc sans surprise qu'à la vue de ce nouvel étranger répondant au doux nom angélique d'Uriel, le petit Ewok qui se nommait Jwoppa leva immédiatement son arme en guise de menace. Mais alors qu'il analysait finement l'individu sur lequel il était tombé, il se rendit compte de l'étrange proximité morphologique qu'il y avait entre cet étranger et les Sanyassans, les éternels rivaux de son peuple. Apeuré et craintif, le jeune Ewok qui n'avait visiblement pas l'air d'un guerrier expérimenté préféra déguerpir afin de prévenir ses congénères. Lorsqu'ils revinrent en meute, ils tombèrent sur le même mâle plongé dans un long sommeil. La chance était avec eux et ils en profitèrent naturellement. Mettant en pratique leurs techniques avancées de capture, ils ligotèrent l'étranger et le ramenèrent au camp. Le considérant à tord comme un Sanyassan, il fut alors enfermé dans les geôles en attendant d'être brûlé au feu de camp, probablement.

Uriel jai Veelar ne le savait pas encore, mais en se faisant capturer contre son gré par le peuple des Naa'fruu, il s'était intelligemment placé sur le chemin qu'il avait tant désiré en venant sur la lune d'Endor. Pour une seule et bonne raison : il était dans la même cellule qu'un certain Kath Aplazm. Celui que l'on surnommait déjà en langage autochtone parmi les Ewoks de cette tribu : "l'étranger aux caleçons maudits".

Lorsque Nass fut dépêché par le Conseil pour régler cette affaire quasi-diplomatique sur le territoire des Ewoks, il ne savait pas quelle serait sa réaction à la vue du prisonnier qu'il avait un jour formé. Si on lui avait dit le jour de ce fameux entrainement que Kath Aplazm finirait dans une cellule, il y aurait cru les yeux fermés ! Ce jeune homme avait été un nid à ennuis à lui tout seul. De mémoire de Gungan, jamais le Maitre Nass n'avait fait autant de reproches à un élève qu'à Kath Aplazm à l'aube de sa formation. Et il ne l'avait eu qu'une journée, c'est pour dire l'ampleur de la catastrophe. Même un cataplasme de bacta n'aurait pas suffit pour soigner les maux qu'avait causé l'accusé dernièrement. Car si Kath n'avait pas (encore) été mis au courant par les Ewoks de la raison qui les avaient poussé à le mettre en détention provisoire au sein de leur village, il pouvait facilement la trouver de son plein gré.

En arrivant devant les cellules, le Maitre Jedi constata avant tout que les Ewoks ne lésinaient pas sur les moyens lorsqu'il s'agissait de la surveillance de leurs prisonniers. Nombreuses étaient les petites boules de poils qui surveillaient les passerelles avoisinant les geôles de piètre confort. Mais Aplazm ne constituait pas réellement une menace, en fin de compte. En jetant un bref coup d’œil sur les cellules avoisinantes, Nass put constater la présence de nombreux mercenaires qui portaient l'écusson de Beemen Industries sur leur poitrine. Les Naa'fruu avaient donc déjà ratissé la forêt pour capturer d'éventuels survivants. Au final, ils avaient eu l'audace de faire ce que les Jedi n'avaient jamais voulu réaliser : mettre fin à la présence de Beemen sur Endor. La seule chose qu'ils n'avaient pas prévu, c'était ce fameux feu de forêt qui avait bien failli leur coûter leur vie à tous.

Tandis qu'il observait minutieusement la traitresse Revan Cordana méditer dans sa propre cellule, à quelques pas de celle des mercenaires de Beemen, Nass réfléchit quant à l'approche qu'il allait adopter vis à vis de Kath. Comment se placer ? Allait-il être bon contrairement aux nombreuses reproches qu'il lui avait adressé le premier jour de sa formation ? Ou fallait-il plutôt prendre la défense des Ewoks, ce qui relèverait plutôt d'une attitude logique et normale par rapport à la situation actuelle ?

Sans dire un mot, le Jedi d'origine Gungan réussit à obtenir l'ouverture de la cellule de Kath Aplazm. Il se glissa alors à l'intérieur et n'accorda aucune attention à l'Ewok qui referma aussitôt la porte de la geôle par crainte d'une évasion. Dévisageant momentanément le Kaleesh avec lequel Kath partageait sa cellule, Nass se concentra finalement sur la raison de sa venue : le monsieur catastrophe.


- Autant être honnête avec toi l'étourdi : t'es dans une merde noire. T'as intérêt à te blanchir rapidement si tu ne veux pas être radié de l'Ordre à vie, voilà une parole qui n'allait pas rassurer le jeune Novice, les Naa'fruu pensent à raison que tu as mis le feu à leur forêt avec l'aide des gars de la compagnie marchande étrangère. Certains de leurs plus illustres arbres sont décédés dans cet accident, sans compter trois des leurs. Ils ont du mal à avaler la pilule, à tel point que le Conseil n'a pas réussi à les convaincre de te relâcher. Alors ? Est-ce que tu as, oui ou non, réellement foutu le feu à cette lune ?

Nass paraissait inquiet, ce qui contrastait énormément avec la personnalité qu'il avait adopté aux côtés de ses Novices lors du début de leur formation. Peut-être qu'il imitait à la perfection le Maitre Jedi remonté, après tout il l'avait déjà fait de très nombreuses fois lorsqu'il s'agissait de tester ses apprentis. Mais cette fois-ci, il jouait la survie d'un membre de l'Ordre Jedi. Et si Nass prenait du temps pour aller à son encontre, ça prouvait à quel point le contexte était périlleux pour le jeune Novice.
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- 1/ Soresu - III - Parades (Défense) =) Rylen en fait sa principale technique de combat -
- 2/ Shien - IX - Coup vif à l'adversaire (abandonnée au fil des années au profit de l'Ataru) -
- 3/ Sokan - VIII - Frappes rapides et brèves -

-Histoire du Maître Jedi-
-Possessions du Maître Jedi-
- Second perso: Rick O'lonell -
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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 14/01/2017 13:13:07    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant


Les poings liés dans le dos, Kath était immobile et silencieux, le regard fixe et vide. Cela faisait maintenant quelques heures qu'il était enfermé. Ou était-ce seulement quelques minutes ? Sincèrement, il n'en avait aucune idée, car les murs opaques de sa cellule ne laissaient passer aucune lumière. Dans une semi-pénombre qui n'était éclairée que par la lueur de torches se réverbérant à travers l'ouverture ténue de la petite pièce —taillée par un pour un Ewok, assurément—, le novice attendait. Il ne savait pas bien quoi, d'ailleurs. Plongé dans un sommeil léger, il se remettait doucement des évènements de la nuit. Le corps brisé et l'esprit assoupi, il lui était impossible de penser clairement.
Il s'était d'abord surpris à chercher à tâtons à ses côtés un linge ou un biscuit, étourdi, pensant se trouver dans la chambre qu'il occupait au cœur du Sanctuaire. Quand il avait posé les yeux au plafond, l'absence de lumière et la froideur de la chaume l'avaient renvoyé à la réalité. Plus tard, le bruit du vent dans les feuillages l'avait apaisé et rappelé à ses jeunes années sur Alderaan, quand sa famille et lui parcouraient la campagne d'Alderaan sous le soleil. Mais des injonctions menaçantes émanant de l'extérieur l'avaient ramené à la conscience.

Et puis, il y avait l'écho. Ou son absence. Alerte durant l'incendie, Kath l'avait senti partout en lui, mais également à l'extérieur, comme entourant toute chose. A présent, il ne l'entendait plus, il ne le voyait plus. Il ne le
sentait plus. Il avait du mal à l'admettre, mais ce rythme inquiétant qui l'accompagnait partout depuis quelques temps était devenu pour lui une sorte de compagnon, un fétiche étrange sans lequel il se sentait nu et seul. Au début de sa captivité, l'écho l'accompagnait pourtant encore quand, ligoté, il avait été transporté par les Ewoks jusque dans cette cellule. Le rythme le renvoyait à ces images de flammes consumant Endor, au corps de ce jeune Ewok abattu, aux cris de supplications de Jarrik. Non sans quelques sanglots, il avait chassé ces images. Les fréquents coups de bâtons que lui assénaient les Ewoks avait rendu cela facile, car il avait alors le luxe ne devoir plus se préoccuper que de ses membres endoloris.

Comme il était là à ne penser à rien, un bruit sourd retentit. L'Alderaani leva les yeux quand la porte s'ouvrit d'un coup sec. Aveuglé par un éclat de lumière, il ferma les yeux suffisamment longtemps pour ne pas regarder en face ses geôliers. Il regrettait sa captivité mais, au fond de lui, il la savait justifiée. Il n'avait pas la bravoure d'affronter le regard des Ewoks, ni la roublardise de tenter de se justifier. Du reste, Kath était persuadé qu'on ne l'écouterait pas. Qu'allait-on faire de lui ? Il rouvrit les yeux comme l'intensité lumineuse baissait. Dans un grand claquement, l'ouverture de la cellule s'était refermée. Dans la petite pièce, le novice comprit rapidement ce qui venait de se passer : à ses côtés, une autre créature. D'un aspect rachitique, le nouvel arrivant avait la peau sombre et l'apparence d'une sorte de reptile géant aux griffes acérées.
Alors, c'était donc ça le sort qu'on lui réservait ? Mourir dévoré par un monstre dans cette sombre pièce ? Et pourtant, Kath n'arrivait pas à être effrayé, tant la silhouette paraissait calme et passive. Déconcerté, le novice l'observa un instant, le visage caché dans l'ombre pour que la créature ne devine pas ses expressions. Plusieurs longues minutes passèrent mais le silence ne se brisa pas. Le novice s'adossa alors contre le mur de sa cellule, délesté de toute crainte : il s'agissait sans doute là d'un autre pauvre hère capturé dans la forêt par ses diables en manteau de fourrure. A l'extérieur, les lamentations prêtaient à penser que Kath et lui n'étaient pas les seuls prisonniers.


- ... Tu sais ce qu'on va devenir ?


Cette atmosphère d'anxiété avait finalement usé les nerfs de Kath. Décomposé, rabattu sur lui-même, il paraissait deux fois plus petit que son mètre quatre-vingt. Il avait lancé cette question autant à son voisin de cellule qu'à lui-même. Il ignorait pourquoi l'autre était là. Etait-il un autre des mercenaires de Beemen ? Si oui, son sort n'avait rien à envier à celui de l'Alderaani. Il ne dégageait pas cette apparente hostilité que partageaient les autres mercenaires, mais Kath savait que son jugement maladroit avait été son pire allié depuis un bon moment. Avait-il seulement un allié sur cette maudite lune ? Ses capacités le trahissaient en permanence et les autres Jedi n'étaient pas plus fraternels envers lui. Même Alya l'avait laissé choir durant leurs exercices auprès du maître Nass...

Comme une prémonition, l'image du Gungan s'afficha devant les yeux de Kath, accompagné d'un battement de cœur dissonant. L'espace d'un instant, il avait à nouveau ressenti cet écho en lui. Il se releva sur les genoux, ne prêtant plus aucune attention au reptile à ses côtés. Il scrutait la porte. Celle-ci s'ouvrit à nouveau une poignée de secondes plus tard sur une silhouette immense, à la large carrure et la bedaine épaisse. Kath se mordit la lèvre. Quelle immonde coïncidence. Il n'aurait pas pu imaginer pire scénario dans ses cauchemars les plus fous : Nass se tenait devant lui, imposant et interdit. Pourtant, Kath ne parvint pas à en être surpris. Il ne savait pas pourquoi ni comment, mais il avait pressenti la venue du maître Jedi.

Le regard sévère de Nass se posa un instant sur la créature aux côtés de Kath, le temps que la porte de la cellule se referme derrière lui. Le novice, quant à lui, se plaqua contre le mur dans un mouvement qu'il voulait subtil mais qui apparut gauche. Que signifiait la venue du Gungan ? Les yeux embués de Kath laissaient apparaitre un mélange d'espoir et de crainte. Il baissa le front, évitant le regard de son instructeur.

Les paroles de ce dernier s'écrasèrent sur lui comme une pluie de grêlons. Mais plus que les mots durs employés, c'était le ton de la voix de Nass qui était le plus alarmant. Tout au long de la journée, le Gungan avait été dur, n'épargnant aucune remontrance à Kath et ne rechignant pas à le punir sévèrement et parfois durement. En l'instant, sa voix grave ne trahissait que son inquiétude. De son côté, son élève ne savait que répondre. Qu'avait-il à dire, du reste ? Qu'en ratant lamentablement un exercice imposé, il avait par erreur causé l'incendie de la forêt ? Qu'il avait compromis le secret de l'existence du Sanctuaire ? Qu'il avait causé indirectement la mort de nombreux êtres sensibles et mis en danger les Ewoks Naa'fruu ? Il n'était pas aussi inoffensif qu'il le croyait, qu'il l'avait prétendu devant le Conseil Jedi réuni. Fic Drecko, Notra Kwo, Elyna Fàran, ces maîtres Jedi qui l'avaient accueilli et avaient maintenant essayé de le tirer de là... S'il quittait un jour cet endroit, ils ne lui pardonneraient jamais ce qui était arrivé.
Kath resta immobile, la mâchoire serrée et les yeux fermés. Une larme s'échappa de sa paupière et vint s'écraser sur le sol de bois de la cellule. Il observait fixement les rainures du parquet, comme si leurs lignes pouvaient lui montrer le chemin hors de ce mauvais pas. Il cherchait en lui quelque chose qui pourrait l'aider à se relever.


- C'est moi qui ai déclenché l'incendie, maître...
dit-il d'une voix tremblante, évitant toujours de regarder plus haut que le sol. ..M..Mais je n'ai jamais aidé les mercenaires !

Pourtant, malgré lui, il l'avait fait. Il n'avait pas prévenu Nass de leur présence proche, ni les Jedi de l'incendie qui les menaçait. Par sa lâcheté et son orgueil, il avait aidé les mercenaires. Il ne pouvait se mentir à lui-même. La crainte des remontrances avait éveillé en lui les pires instincts et il le savait.


- Leurs installations étaient déjà amochées,
reprit-il sans plus d'assurance. Si..Si ça n'avait pas été moi, un autre aurait démarré le...

Kath s'interrompit. Qui essayait-il de tromper ? Personne n'était aussi maladroit et malchanceux que lui. Et personne n'était aussi peu avisé. Il se releva sur ses genoux, les mains toujours liées dans le dos, tête baissée.

- Je vous promets que c'est un accident, monsieur. J'étais coincé dans un trou en j'ai frappé quelque chose en en sortant, le feu à éclaté et tout est allé si vite...J'ai essayé de l'éteindre, mais j'ai... je... Les mots s'éteignirent au fond de sa gorge. Il levait la tête petit à petit. Tout courage l'avait néanmoins quitté : avec une telle justification, il allait être radié le l'Ordre fissa. Fatigué comme il l'était, il n'avait pas les mots ni le moral pour tenter de défendre sa cause. Abattu, il retomba lourdement sur ses chevilles. Une pensée lui vint subitement à l'esprit : et Jarrik ? Un élan de pitié vint chasser son abattement. Quitte à tout perdre, il devait savoir ce qui lui était arrivé, comme pour soulager sa conscience déjà trop lourde. Il regarda Nass droit dans les yeux :

- Maître... il y avait un homme au milieu des flammes. Je...n'ai rien pu faire pour l'aider. Est-ce que... que lui est-il arrivé ? La voix de Kath, jusqu'alors geignarde, s'était faite implorante. Il ne doutait pas du fait que Nass ait envie de lui coller quelques baffes, comme il l'avait déjà fait à nombre de ses élèves pour faute moins grave. Mais le novice n'était plus à ça près. Il priait en son for intérieur que le Gungan ne confirme pas ses craintes. Et l'écho en lui était toujours muet.

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Uriel
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MessagePosté le: 14/01/2017 17:02:31    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant



Si Uriel avait été porté par de doux rêves, son réveil, lui, fut source d’une angoisse fortuite. Le petit Ewok qui lui avait échappé la veille était revenu sur ses pas avec des renforts. La mauvaise troupe s’était empressée de le ligoter avec dextérité. Le jeune kaleesh s’étonna de l’efficacité avec laquelle les indigènes l’avaient capturé. Tout de même, comment de si petits êtres vivants pouvaient-ils dégager une telle énergie ? La question restait entière. Quoi qu’il en fût, il se trouvait désormais dans de sales draps. Celui qui semblait être le chef marmonna d’obscures paroles en sa direction. Le langage autochtone demeurait inintelligible à l’ouïe du natif de Kalee. Bien qu’il s’efforçât de leur communiquer par la gestuelle qu’il n’était pas une menace, la tribu n’avait cure de ses protestations.

Leur allure féroce et leur irritabilité trahissaient un procès d’intention à son égard et Uri entendait bien être innocenté. Contraint et forcé de les suivre, l’héritier de la famille jai Veelar se plia à leurs exigences. Il fut conduit jusqu’à un village bâti dans les arbres, qui ne manqua pas de lui évoquer ce rêve qu’il avait eu la veille. Cependant, nul temple sibyllin à l’horizon. L’architecture de leur petite bourgade était très sommaire. Pieds et poings liés, le kaleesh fut jeté par les Ewok au fond d’une cellule plongée dans l’obscurité. Un sentiment de claustrophobie l’envahit soudain. Pas la moindre embrasure. Seule une légère fente à hauteur d’Ewok procurait un insignifiant halo de lumière dans la pièce. De nombreuses sentinelles avaient été chargées de surveiller la prison improvisée. Zélées à ne plus savoir quoi faire, ces dernières n’hésitaient pas à se livrer à des violences gratuites envers les prisonniers. À ce titre, Uri écopa d’un sérieux coup d’épieu dans le dos qu’il endura avec gêne.

Lorsqu’il fut enfin installé dos au mur du fond, il remarqua ne pas être seul. Un autre individu se trouvait également dans la cellule. Ce dernier était tapi dans l’ombre ce qui empêcha pour un temps Uriel de discerner son origine. Lorsque l’inconnu émergea enfin du voile sombre embaumant la pièce, il distingua les traits caractéristiques d’un être humain. Il semblait avoir le même âge que lui. Sa carrure athlétique tranchait avec la maigreur d’Uri. Un temps pétrifiés, ses yeux couleur émeraude finirent par pétiller de mille éclats ; le kaleesh mit cela sur le compte de l’enchantement d’avoir de la compagnie. Le silence angoissant qui régnait dans la pièce le déconcerta assurément mais l’humain ne tarda pas à le briser :

- … Tu sais ce qu’on va devenir ?

Uriel comprenait le basic, il eût été simple de répondre du tac au tac. Mais, un nœud indicible scellait la gorge du natif de Kalee. Avec conviction, il parvint néanmoins à se dénouer de son mutisme. Et alors que l’exilé s’apprêtait enfin à engager la conversation avec son colocataire de circonstance, le gardien lui asséna un violent coup de bâton. Un léger rictus embrasa le visage de l’humain. Compréhensif, le kaleesh lui retourna la faveur. Tenus au silence, les deux compères se réconfortèrent avec la certitude qu’ils ne pourraient toucher le fond plus encore.

Plusieurs heures passèrent sans qu’aucun d’eux ne puissent se parler. De nombreux regards furent échangés témoignant de la détresse de leur situation commune. Un inconnu vint mettre fin à ce statu quo. Le natif de Kalee ignorait l’origine de ce nouvel acteur mais il semblait être quelqu’un de respecté puisque les tortionnaires lui avaient laissé le champ libre pour venir jusqu’ici. Lorsque ce dernier parvint enfin à se glisser dans la geôle, la sentinelle referma aussi sec la porte redoutant certainement la fuite des prisonniers. L’étranger scruta un court instant en direction de jai Veelar et finit par se tourner vers l’autre occupant. Après avoir sagement mesuré ses paroles, il s’élança dans un discours dont Uri appréhenda le sens :

- Autant être honnête avec toi l'étourdi : t'es dans une merde noire. T'as intérêt à te blanchir rapidement si tu ne veux pas être radié de l'Ordre à vie. Les Naa'fruu pensent à raison que tu as mis le feu à leur forêt avec l'aide des gars de la compagnie marchande étrangère. Certains de leurs plus illustres arbres sont décédés dans cet accident, sans compter trois des leurs. Ils ont du mal à avaler la pilule, à tel point que le Conseil n'a pas réussi à les convaincre de te relâcher. Alors ? Est-ce que tu as, oui ou non, réellement foutu le feu à cette lune ?

La sévère remontrance du visiteur traduisait une certaine sollicitude de sa part à l’égard de l’autre résident. Uriel éprouvait lui aussi de la compassion pour son voisin de cellule. En dehors de cela, la curiosité l’assaillait de toute part. À quel ordre l’étranger faisait-il référence ? Qui était responsable de l’incendie ? Les autochtones pensaient-ils que le kaleesh en était l’auteur ? Toutes ces questions demeuraient sans réponse. Timide, Uriel ne se risqua pas à perturber le sermon auquel il venait d’assister et patienta impassible. Ces individus lui seraient peut-être d’un grand secours et lui indiqueraient probablement la voie à suivre pour découvrir ce qui l’avait mené ici.

L’humain trouva finalement le courage de faire face aux réquisitions de son supérieur :

- C’est moi qui ai déclenché l’incendie, maître… M..Mais je n’ai jamais aidé les mercenaires ! Leurs installations étaient déjà amochées. Si.. Si ça n’avait pas été moi, un autre aurait démarré le…, il marqua une courte pause qui sonna comme un aveu. Je vous promets que c’est un accident, monsieur. J’étais coincé dans un trou et j’ai frappé quelque chose en sortant, le feu a éclaté et tout est allé si vite… J’ai essayé de l’éteindre, mais j’ai… je… Maître… il y avait un homme au milieu des flammes. Je… n’ai rien pu faire pour l’aider. Est-ce que… que lui est-il arrivé ?

L'humain accusait indubitablement le coup. En reconnaissant une part de responsabilité dans le drame, il implorait de facto le pardon de son ordre. Dans la culture de la tribu jai Veelar, faire amende honorable demeurait un droit inaliénable de l'auteur d'un fait délictueux. Le natif de Kalee ignorait les détails de l'affaire mais il avait la certitude que l'humain faisait acte de bonne foi. Le jeune kaleesh prit son courage à deux mains et décida de s'immiscer dans leur conversation. Le reptile au sang-froid prit trois bonnes inspirations, se tourna vers celui qui portait le prédicat honorifique de maître et tenta de disculper l'être humain :

- Pardonnez-moi de vous interrompre monsieur, mais si je puis me permettre, je pense que cet homme, ici présent, est innocent. J'en veux pour preuve la situation dans laquelle je me trouve actuellement. Tout comme lui, j'ai été amené en ces lieux. Contrairement à lui je n'ai pas été impliqué dans cette affaire. À vrai dire, je suis arrivé sur la lune, il y a plusieurs semaines et j'ai jamais rencontré qui que ce soit depuis. Sans aucune forme de procès, j'ai été capturé et jeté dans cette lugubre prison. J'ignore la part de son implication dans l'incident qui a causé tout ce drame, mais il y a une chose dont je suis sûr, nos geôliers ne sont pas partisans du contradictoire. Si tout comme moi, il a fait l'objet d'un rapt, il est possible, si ce n'est probable, qu'il soit lui aussi innocent.

Conscient d'avoir très probablement outrepassé ses prérogatives, le jeune kaleesh ne regretta aucunement ce moment d'égarement. En guise de soutien à l'être humain, Uri lui adressa un hochement de tête mêlant bienveillance et marque de confiance puis reprit place adossé au mur austère de la cellule.
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Rylen Korr
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MessagePosté le: 23/01/2017 10:10:11    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

En écoutant les pâles excuses du Novice, Nass préféra se taire afin de laisser le silence lui apporter des solutions. Ce Kath Aplazm était décidément bien maladroit malgré lui, il voulait faire le bien mais trouvait très souvent le mal. Car à l'issue de sa dernière erreur, il y avait eu des hectares de forêt décimés et des morts. Des Jedi auraient très bien pu faire partie des cadavres. Heureusement que ce n'était pas le cas car Kath aurait été tout bonnement destitué de son rang de Novice et renvoyé de l'Ordre. Avec l'appui ou non de Maitre Nass.

Il fallait savoir que le Gungan, contre toute attente, avait pris la défense de son élève Initié devant les Maîtres du Conseil. Ces derniers, bien que persuadés que le jeune homme n'avait pas déclenché tout cela de son plein gré, ne pouvaient pas laisser passer une telle affaire par rapport à leurs alliés Ewoks. En venant sur Endor, ils leur avaient promis la sécurité et la même quiétude qu'avant leur arrivée. Aujourd'hui, ils se retrouvaient avec une sérieuse menace Sanyassan et un feu de forêt sur les bras. Le retour des humanoïdes belliqueux -en plus de la destruction partielle de leur village- avait été difficile à avaler. La destruction du bois entourant leurs terres n'avait, elle, pas été digérée et ne le serait probablement jamais. L'Ordre Jedi ne pouvait pas définitivement se mettre à dos les seuls amis qu'il avait dans cette galaxie. En ce sens, laisser les Ewoks choisir du traitement en captivité du pyromane était un premier pas conciliant envers les autochtones. C'était la preuve formelle qu'ils étaient encore et toujours ouverts au dialogue. Les Jedi n'iraient pas à l'encontre de leur souhait.

Néanmoins il s'agissait toujours d'un Novice Jedi. Il faisait officiellement partie de l'Ordre. Il avait été accepté dans les rangs des moines guerriers pour y suivre une formation. Formation qu'il avait déjà commencé la veille sous l'instruction de Maitre Nass. Le Conseil devait trouver une solution très rapidement s'il ne voulait pas perdre la face auprès des siens. Bien que le principal concerné méritait une peine à la hauteur de ses crimes.


- Carbonisé et certainement décédé à l'heure qu'il est... voilà qui n'allait pas rassurer l'Initié qui aurait certainement espéré une maigre bonne nouvelle en cet instant, Sache une chose mon ami : accident ou non, tu as failli causer notre perte à tous. Si le campement des mercenaires n'avait pas été touché, le feu les aurait attiré et ils auraient découvert notre Sanctuaire. Même si l'erreur fait partie de l'ADN Humain, il est temps que tu prennes conscience que ce n'est pas une excuse valable sur ces terres. En étant accepté dans l'Ordre, tu t'es engagé à devenir un Jedi. Avec toutes les qualités que ça comporte.

Résigné, Nass fut dérangé par l'un des gardes Ewoks qui l'invita à sortir de la geôle avec un bref et étrange son juste incompréhensible. Restant impassible quelques secondes, le Gungan finit par se retourner par le biais d'un lent et très long mouvement du bassin. Il s'apprêtait à sortir lorsqu'il fut interrompu dans son mouvement par le coéquipier de cellule de Kath Aplazm.

Il ne savait pas qui était cet alien et ne savait pas non plus ce qu'il y faisait. C'est en l'analysant de haut en bas que Nass se rendit compte qu'il venait de parler de l'Ordre en sa présence ! Tellement obnubilé par les problèmes de son élève, il en avait oublié le parfait inconnu qui avait vraisemblablement écouté la discussion du début jusqu'à sa fin. Ne comprenant pas comment il avait pu négligé une telle discrétion quasi-quotidienne en l'espace de quelques secondes, il évita de trop penser afin de répondre le plus rapidement possible à son interlocuteur. Un trop long silence lui serait préjudiciable.


- Ils ont arrêté cet homme car ils a mis le feu à leur forêt. Quant à toi, ils t'ont arrêté non pas parce que tu as mis le feu mais parce qu'ils veulent te mettre le feu : ils pensent que tu es un Sanyassan et que tu as essayé de kidnapper l'un de leurs gosses. Prie pour qu'ils soient de bonne humeur.

En voilà un bon échappatoire pour Nass : si le Kaleesh était brûlé vif, il ne se souviendrait plus avoir entendu parler d'un Sanctuaire et des Jedi. Les Ewoks, une fois n'est pas coutume, lui sauvaient la face.

Momentanément sorti de la geôle, Nass se mit à échanger avec les Ewoks grâce à un interprète autochtone qui connaissait le langage Basic. Le Gungan connaissait comme de nombreux Maitres le langage des petits individus velus pour le bien de leurs activités, bien qu'il ne soit pas difficile à comprendre lorsqu'on s'y attardait un minimum. C'était une langue primitive, ressemblant de près dans sa construction à celui des Wookies -les braillements en moins-. D'où la raison pour laquelle l'on faisait souvent appel à un Jedi natif de Kashyyyk lorsqu'on avait besoin de parlementer ou d'échanger avec les Ewoks.

Durant de longues minutes, Nass tenta de négocier des conditions plutôt avantageuses pour Kath Aplazm. Mais c'est une nouvelle fois résigné qu'il pénétra dans la cellule afin d'annoncer la nouvelle à son élève. Les Ewoks étaient décidés à aller au bout de leur décision primaire. Mis à part le chaman, peu d'entre-eux étaient connus pour leur sagesse.


- Bon, comment te dire ça Kath ? Ils n'ont pas voulu entendre raison. Ils ont prévu de vous passer au bucher à la tombée de la nuit. Vous allez servir de diner à leurs montures. Toutes mes condoléances.

Nass était-il sérieux ? Allait-il pour de vrai laisser les alliés Ewoks s'en prendre à l'un des leurs ? Si la survie du Kaleesh ne l’intéressait guère en apparence, celle de Kath aurait du lui importer un minimum. C'était l'un de ses élèves, un Initié Jedi qui faisait partie de l'Ordre. Le Conseil était-il aussi respectueux des autochtones pour le laisser brûler vif ?

Kath Aplazm eut sa réponse lorsqu'il vit l'imposant Gungan se retourner et quitter la cellule. Il n'avait désormais plus que la mort à attendre.

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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 26/01/2017 23:23:17    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

Les mots du maître Jedi résonnaient dans les oreilles de Kath : Jarrik était bel et bien mort, comme il le craignait. Ce mince espoir d'avoir causé un rien moins de mal l'avait aidé jusqu'ici, bien qu'il n'en soit pas conscient. A un tel point que, la mauvaise nouvelle à présent tombée, il n'avait plus la force de pleurer. Les bras ballants le long du corps, il écouta son professeur le sermonner, le regardant sans vraiment le voir. Ses mains tremblaient comme s'il avait couru deux cent mètres sans échauffement et avait subi un gros contre-coup d'adrénaline. De l'extérieur, on aurait pu croire à un être sans vie tant il était pâle et silencieux, comme la peur blanche qui l'habitait à cet instant avait chassé tout espoir. Il avait déjà ressenti cette impression lorsque, pris au piège dans le trou creusé par les mercenaires de Beemen, il s'était laissé aller au désespoir. Tant bien que mal, il s'était tiré de cette situation, en provoquant un feu de forêt sans le vouloir. Et voici qu'il était ici.

S'il avait voulu se rappeler de quoi que ce soit, Kath se serait souvenu de l'avalanche de mésaventures qui lui était tombée dessus depuis qu'il était arrivé sur la lune forestière : tour à tour dépossédé de ses affaires, capturé, malmené, il avait bien malgré lui réussi à rendre ses seuls moment de répit encore pire que le reste. Les paroles de Nass le frappaient d'autant plus fort qu'il n'avait jamais eu l'impression de pouvoir maîtriser ce qui se passait autour de lui. Etait-il un aimant à problèmes ? En tout cas, un bon rien, indigne de la confiance du Conseil. Comme il se laissait petit à petit tomber au sol, pétri de honte, la créature reptilienne à ses côtés esquissa un mouvement et s'adressa au maître gungan, d'un ton emprunt de sollicitude et de ce qui ressemblait à une pointe de pitié. Kath était devenu maître pour reconnaître ce type de discours, il en avait trop souvent été l'objet.

L'étranger, qu'il ne connaissait du reste pas du tout, entreprit maladroitement d'excuser le novice : si ses mots ne manquaient pas d'assurance, son argument était malheureusement assez bancal. Kath n'en avait cure : il fixait discrètement cet être qui venait de se porter à son secours de façon providentielle. Comme quoi, il avait tort de juger les gens sur leur apparence. La carrure obèse de Nass cachait un être plus puissant qu'aucun autre qu'il ait jamais rencontré, et son acolyte de prison s'avérait quant à lui bien plus aimable que le masque qu'il portait sur la tête ne laissait croire. Drôle de monde. L'Alderaani ne haussa même pas les épaules. Sur cette maudite lune, il fallait s'attendre à tout. Au moins cet évènement-ci était-il porteur d'espoir.

Un espoir qui se tarit bien vite. En s'apprêtant à sortir sous l'injonction d'un garde Ewok, Nass adressa quelques paroles cinglantes au pauvre hère qui l'avait dérangé en tentant d'aider Kath : les oursons, s'ils paraissaient inoffensifs, n'avaient pas l'intention de les épargner. Et Nass pas vraiment l'intention de les arrêter, visiblement. Pourquoi donc l'aurait-il fait, du reste ? L'équilibre des relations entre le Sanctuaire et le village des Naa'fruu était trop important. Kath le savait, il l'avait compris : depuis les quelques jours qu'il comptait parmi les membres de l'Ordre, il avait pu s'apercevoir de la collaboration passive qui unissait Jedi et Ewoks. Malgré son aversion pour ces boules de poils, le novice devait bien reconnaitre qu'ils étaient partie prenante dans la survie de l'ordre.

Avec un long soupir, Kath se repoussa des pieds contre le mur de la cellule, grattant le sol de ses mains liées. Il regarda son acolyte avec des yeux emplis d'une gratitude résignée. L'autre avait fait ce qu'il pouvait. Il n'était d'ailleurs pas en meilleure posture. Le pauvre, il allait sans doute finir comme lui, à croupir au fond d'une cellule. Mais il était innocent, lui.

Cette pensée sauta aux yeux de Kath d'un coup. Fronçant les sourcils, il se redressa dans un sursaut. Un myriade de choses lui vinrent à l'esprit : ses recherches dans les archives d'Alderaan, ses discussions avec les quelques Jedi du Sanctuaire, l'enseignement de Nass et ses relations avec les autres novices... tout cela avait toujours tourné autour d'une chose... Bon, de deux, mais une seule si l'on excluait la Force. Cette chose, c'était la bonté, le partage. Les récits anciens parlaient des Jedi comme de gardiens de la paix, toujours prêts à aider les innocents et ceux qui se trouvaient victimes d'injustice. C'était ça, la racine de ses ambitions. C'était pour ça qu'il avait voulu trouver les Jedi, leur apporter son aide maladroite. Il comprenait qu'on ne se mouille pas pour une cause perdue comme la sienne, mais son ami -il voulait considérer comme tel une personne qui avait bien voulu lui porter assistance en ce moment- s'était manifestement trouvé au cœur d'un immense malentendu... Et Nass n'avait rien voulu entendre.
Les pensées de Kath s'enchainaient à une vitesse incroyable pour ses neurones fatigués : Nass avait-il décelé le mensonge dans le chef de la créature ? Le novice n'y croyait pas. Il repensait aux mots de son maître : il ignorait ce qu'était le Sanyassan que Nass avait évoqué, mais il paraissait clair à son ton que le Gungan ne partageait pas les craintes des geôliers Ewoks au sujet de cette créature. Alors pourquoi se désintéresser si vite du sort de l'être reptilien ?

Étrangement remonté, Kath ne se lamentait maintenant plus sur son sort. C'était là d'ailleurs une de ses rares qualités comme l'un de ses nombreux défauts : incapable de se concentrer et très sujet à ses humeurs, il n'avait maintenant plus qu'une vague pensée pour son sort futur, pourtant peu enviable. Son esprit mêlait incompréhension et un sentiment amer d'avoir été trompé : était-ce cela ce qu'étaient réellement les Jedi, au fond d'eux ? Kath serra les poings, ses tempes battaient et l'écho s'accentuait. Nass n'avait pas renvoyé à ses yeux l'image brillante et fringante qu'il se faisait de l'Ordre, depuis qu'il avait rencontré l'épais Gungan. Violent, hautain, pas pédagogue pour un sou... tels étaient les seuls adjectifs que Kath pouvait accoler à son instructeur. Certes, il avait toujours mérité ses sermons. Et il avait courbé l'échine. Le novice grinça des dents, tous les muscles de son corps se tendirent. Cette fois, il ne serait pas si effacé.


- On ne va pas rester ici à ne rien faire,
dit-il d'un ton décidé à son voisin de cellule. On va te tirer de là. Je ne sais pas quelle mouche à encore piqué ces Ewoks de malheur, mais moi aussi, je crois en ton innocence.

Mais Kath dut bien constater que malgré toutes ses tentatives pour avoir l'air enjoué, ses mots mots portaient en eux un vent de désespoir. Ses forces l'avaient soudain quitté comme s'il venait d'effectuer un effort surhumain. Comme il n'avait rien mangé depuis des heures et pas mieux dormi, il spuffrait d'autant plus de sa faiblesse. La créature et lui n'iraient pas bien loin. Il porta les mains à son menton, pensif, puis se releva difficilement en s'appuyant sur le mur.

- Tiens, je vais t'aider avec ces...
Le novice regarda ses mains, incrédule. Ses poignets étaient marqués de traces rouges, mais libres. En jetant un regard au sol, il y vit ses liens, grossièrement sectionnés. Par quel miracle... ? Avant qu'il ait réalisé ce qui venait de lui arriver, ses tempes battirent à nouveau comme pour le prévenir de quelque chose, et Nass pénétra dans la cellule. Kath plaça précipitamment ses mains derrière son dos, dans un réflexe de survie inattendu, afin de cacher ses mains libres et s'assit presque aussi vite sur ses liens défaits. Le Gungan le regarda fixement, mais il ignora certainement le regard de défi que lui jetait à présent son élève.

Si la nouvelle qu'il annonça devait sonner le glas des dernières lueurs d'espoir de Kath, il n'en fut rien : loin du désespoir qui l'habitait jusqu'alors, les nouvelles informations que lui apportait Nass le confortaient dans les quelques idées noires qui venaient de lui traverser l'esprit. Ainsi donc, un maître Jedi allait laisser un de ses élèves et un innocent se faire exécuter sans mot dire ? Les mâchoires crispées, Kath tenta de maugréer quelque chose, mais le bruit de pas de Nass quittant la pièce masqua l'injure qu'il proféra tout bas en argot Alderaani. Kath attendit quelques secondes que l'écho qui entourait Nass s'éloigne assez pour qu'il puisse penser convenablement, puis il se leva et toisa son collège de prison.


- ...quoiqu'il arrive, on est dans le même bateau, toi et moi. Je ne suis vraiment désolé de t'avoir entrainé là-dedans... Mais si nous voulons vivre, il va falloir trouver un plan, et vite.
Le ton de Kath se voulait rassurant, mais ses mots s'enchainaient de façon trop précipitée pour ne pas laisser échapper une certaine nervosité. Il avait peur mais qui ne serait pas tétanisé dans une telle situation ? Le novice aida son ami à se relever. Moi, c'est Kath, pour ce que ça vaut que tu le saches à ce stade-ci... lâcha-t-il, un sourire forcé aux lèvres.

Dehors, la foule des Ewoks semblait s'agiter, aux bruits qui filtraient depuis l'extérieur de la pièce, et la lumière se faisait plus vive par les interstices de la porte. Pourtant, Kath avait la vive impression que le jour ne devrait pas tarder à se coucher, étant donné le temps qu'il avait passé seul, enfermé dans cette case sombre. Les feux de leur bûcher se rapprochaient. Ironie de l'histoire, il périrait par les flammes pour lesquelles on le condamnait.
Cependant, loin d'accepter son sort, l'Alderaani tentait de calmer l'anxiété qui le gagnait et de se rassurer en se remémorant en lui-même une comptine douce que lui chantait sa mère quand il était plus jeune. Il fit un signe de tête à son acolyte, espérant qu'il ait compris le plan qu'il venait de mimer silencieusement : quand les autochtones ouvriraient la porte, ils devraient agir vite pour s'en défaire et filer au dehors. C'était risqué, mais qu'avaient-ils à y perdre ? La vie ? Ils étaient condamnés à mort. L'estime de l'Ordre ? Kath eut un ricanement jaune. Ils ne voudraient plus de lui de toute façon. Tant pis pour lui s'il n'avait pu être digne d'eux. Mais tant pis pour eux, qui avaient décidé d'abandonner un innocent à son sort. S'il devait mourir, le novice aurait au moins la satisfaction d'avoir tenté d'être utile à quelqu'un, pour une fois. Cela ne laverait bien sûr pas ses erreurs, mais au moins, il n'aurait pas tout à fait raté sa vie.


Uriel : comme on a dit, je pars sur l'idée de faire deux posts chacun. De toute façon, je ne doute pas que Rylen (qui nous lit) interviendra en plein milieu s'il le semble opportun :p

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Uriel
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MessagePosté le: 31/01/2017 15:22:30    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

Le Gungan s’engagea dans un discours, duquel le kaleesh ne discerna peu ou prou le sens des termes employés. Il était question de Jedi et d’un Ordre sibyllin. L’évocation d’un sanctuaire ne manqua pas d’opérer une réminiscence dans l’esprit du natif de Kalee. Les visions de la nuit précédente demeuraient intactes. Le souvenir d'un temple secret dévorait ses pensées.

Vint alors l’instant où il sortit de son silence. Il s'efforça de défendre l'humain du mieux qu'il put. Le résultat laissait sérieusement à désirer. Force fut de constater que les paroles d’Uriel furent purement et simplement ignorées par le visiteur. Destinées à conforter l’innocence de humain, les palabres du kaleesh ne convinrent pas le mystérieux émissaire. Le long silence qui suivit sa plaidoirie lui parut interminable. Le mutisme du Gungan céda tout de même à quelques réponses, mais ce n’était pas celles qu’Uriel attendait. Les Ewoks avaient vraisemblablement confondu le natif de Kalee avec le membre d'une autre espèce, lequel s’en était pris à l’un des leurs. L’incompréhension dominait ses pensées sur le moment. Toutefois, il comprenait la haine de ses geôliers, il aurait probablement réagi de la même manière dans cette situation.

La destinée de jai Veelar orchestrée par les Ewoks ne le ravissait aucunement.
*Couronner un voyage si difficile et périlleux au fond d’une marmite, en voilà, une drôle de manière de finir sa vie*, pensa-t-il. Le temps n’était plus aux regrets, ni aux complaintes. Il fallait agir. Agir de toute urgence, compte tenu de la sentence prononcée par les oursons. Les Ewoks étaient déterminés à passer l’humain et Uriel à la casserole. Lorsque l’imposant visiteur quitta la cellule, le kaleesh comprit qu’il ne pouvait plus compter que sur lui-même et son acolyte de circonstances. De son côté, l’humain semblait abattu. Écrasé par le chagrin de la perte de Jarrik, il s’était effondré de toute sa hauteur tout comme jai Veelar. A croire que l’espoir les avait quittés tous deux.

Soudain, l’humain se releva avec ardeur. Un éclat nouveau émanait de ses yeux. Toute forme de résignation semblait l’avoir quitté. L’abnégation retrouvée, il déclara que les deux hommes ne pouvaient plus s’astreindre à la passivité. Tous leurs efforts devaient être tournés vers leur évasion. L’humain assura au kaleesh toute sa confiance quant à son innocence. Éprouvé physiquement par les sévices d’une détention prolongée, l’Alderaani peinait à tenir debout. Ce problème traduisait ostensiblement l’usure corporelle qui le frappait mais cela ne les empêcherait aucunement de parvenir à leur but. Le novice s’apprêtait à délier les liens d’Uriel, lorsque le mystérieux visiteur revint à l’intérieur de la cellule et confirma la condamnation des prisonniers au bûcher. Sans une once de sollicitude, l’envoyé s’en alla pour de bon cette fois, laissant les deux compères à leur problème, sans leur confier la moindre solution.

Debout, l’humain conforta Uriel dans l’idée que leur sort était indissociable et qu’ils devraient trouver ensemble une échappatoire. La main tendue de l’Alderaani permit au natif de Kalee de se relever. L’identité de l’humain lui fut alors révélée. Le dénommé Kath sourit jaune l’espace d’un instant tout en déliant le kaleesh de ses entraves. A son tour, Uriel communiqua son nom et son origine :

- Je m’appelle Uriel jai Veelar, mais tu peux m’appeler Uri. Je suis originaire de Kalee dans l’Espace Sauvage. J'ai voyagé jusqu'ici, parce que…

Le kaleesh ne put terminer sa phrase. La tourmente parcourut leurs visages à mesure que le remue-ménage extérieur semblait se confirmer. Les geôliers ne tarderaient pas à ouvrir la porte et conduiraient les détenus à leur dernier festin, où ils n’auraient pas voix au chapitre pour réclamer le moindre met.

Le couloir de la mort n’était pas une fatalité. Après tout, il est toujours possible de se retourner dans un couloir. C’était précisément ce que Kath manifesta en mimant la marche à suivre. Lorsque le garde ouvrirait la porte, les conjurés devraient s’extirper de l'emprise de leurs geôliers par n’importe quel moyen. Le kaleesh se souvint brièvement de son combat contre le Mumuu ancestral lors de son vingt-et-unième anniversaire. Ce jour-là, il était armé. Aujourd’hui, il devait se contenter de ses mains nues et des serres qui ornaient l’extrémité de ses phalanges.

Le son provenant de l’extérieur se faisait de plus en plus fort. La nuit était tombée et le bûcher s’impatientait. Un bruit de clés résonna à travers la cloison. La porte s’ouvrit enfin. Uriel se précipita vers le garde pour le bousculer. Légèrement sonné par son action, le kaleesh manqua de trébucher sur le pas de la porte. Le garde gisait au sol, désarmé et manifestement hébété par la percée d’Uriel. Le kaleesh profita de l’initiative pour subtiliser la lance traînant à ses pieds. La sentinelle ne tarda pas à reprendre ses esprits. Le natif de Kalee pointa l'arme vers son vis-à-vis, lui intimant le silence. Il en profita pour jeter un coup d’œil aux alentours, craignant la présence d'autres gardes. Personne à l'horizon. La chance semblait de leur côté pour une fois, mais les renforts Ewoks seraient bientôt là. Il fallait procéder avec minutie pour ne pas sonner l'alerte et anéantir toute chance de survie. Kath était désormais lui aussi dehors. Le vide laissé dans la cellule par ses occupants offrait une place de choix pour le gardien. Uriel lui ordonna d'un geste d'entrer d'en la cellule. Une fois le geôlier à l'intérieur, il referma la porte en prenant soin de se délester de la lance primitive. Aucune victime supplémentaire n'était nécessaire. Les fugitifs amorçaient leur fuite. Jai Veelar s’en remit à Kath pour le guider dans le dédale qui s’offrait à eux.

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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 02/02/2017 01:19:22    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant


Quand la porte s'ouvrit, le compagnon de cellule de Kath plongea d'un bond sur le garde qui venait d'arriver. L'Alderaani ignorait tout de l'espace Kalee dont ce dénommé Muriel j'aïe Vélère -à moins que ce soit Vélar ? ...il l'appellerait Uri !- avait parlé, mais il s'agissait à n'en point douter d'un lieu où l'on apprenait à se défendre. Car si cet "Uri" présentait une silhouette maigre, la lumière des flammes maintenant plus proches et plus vives faisait luire ses yeux brillants et ses serres acérées. Le novice regretta un instant de ne pas avoir un peu plus craint son acolyte lors de leurs premières minutes ensemble : s'il l'avait désiré, le Kaleesh l'aurait sans doute éventré, eût-il été libre de ses mouvements.
Kath se consola dans la pensée rassurante que cet être aux allures de reptile était de son côté et paraissait tout à fait pacifique, s'il on omettait le violent coup qu'il venait d'asséner à l'Ewok en face de lui. Vraiment, quel comportement agressif pourrait-il reprocher à Uri, qui pointait à présent la lance affutée de l'autochtone vers son propriétaire ? Le visage plongé dans une contemplation naïve, Kath sortit de la cellule, imitant son compagnon. De son côté, le geôlier Ewok fit le chemin inverse ; un court instant, le regard du jeune homme et de la petite boule de poils se croisèrent. Le temps parut se figer, et le novice crut déceler une flamme de haine dans les yeux du petit autochtone. Au diable ses craintes concernant Uri, le vrai danger était ailleurs. Kath le savait bien : il vérifia trois fois que la porte de la cellule était fermée et l'Ewok bâillonné à l'aide des liens dont Uriel s'était défait avant de se retourner vers son ami.

Le novice voulut ouvrir la bouche, mais il s'arrêta juste à temps : au tournant de ce qui ressemblait à l'angle d'une hutte, bâtie -comme toutes les demeures des villages Ewoks- sur le flanc d'un arbre, des ombres grandissaient et approchaient, accompagnées d'un bruit de tambours et de cris aigus et vraisemblablement hostiles. Kath planta son doigt contre ses lèvres en regardant Uriel : pas question de faire un bruit, sous peine de mourir lapidés et percés de traits sur le champ. L'Alderaani avait vu ce que les Ewoks étaient capables de faire lorsqu'ils étaient en colère, les mercenaires de Beemen l'avaient compris trop tard. Il jeta un regard alentours, cherchant désespérément une voie par laquelle s'échapper.
Malheureusement, la prison avait été pensée par des geôliers soucieux de la sécurité de leurs quartiers pénitentiaires : hormis le couloir d'où provenaient les ombres et l'agitation, les cases qui servaient de chambres de prison aux détenus étaient disposées en groupes de trois ou quatre autour d'un tronc épais de quatre bons mètres de diamètre, sans pour autant être directement mitoyennes. Ainsi, les espaces entre les différents agglomérats de cellules ne s'ouvraient pas sur de nouveaux couloirs, mais sur la noirceur de l'épaisse forêt de la lune forestière. A vue de nez dans la pénombre ambiante, Kath ne pouvait réellement estimer la distance qui les séparait du sol depuis la plate-forme pénitentiaire sur laquelle il se trouvait. Quinze mètres, vingt mètres ? Trente ? S'il avait déjà survécu à une chute de cette hauteur en tombant des hauteurs du Sanctuaire la veille , le novice savait qu'il n'avait dû sa survie qu'à un moment de chance qui ne se reproduirait plus. Sauter n'était donc pas une option, d'autant que mes fugitifs ignoraient ce qui se trouvait en bas.

Se déplaçant à pas de loup derrière le tronc de l'arbre central, Kath lançait les bras dans de grands arcs de cercle pour enjoindre Uriel à le suivre : si l'un ou l'autre se faisait repérer, ils y passeraient tous les deux. Le jeune humain avait du mal à contenir ses tremblements à mesure qu'il longeait le tronc, jetant des coups d’œil frénétiques vers la forêt, dans l'espérance folle de voir arriver un vaisseau, un oiseau ou une chimère légendaire qui l'emporterait sur son dos pour quitter cet endroit horrible et le ramener dans le confort de la cité d'Aldera. L'écho résonnait sur ses tempes au même rythme que les tambours et les battements de son cœur. Et soudain, il sentit un vent froid lui caresser la peau. Levant les yeux vers un ciel masqué par les feuillages épais, il tressaillit lorsque le grondement du tonnerre retentit. Une goutte de pluie glaciale vint s'écraser sur son nez, qu'il essuya à la hâte d'une revers de sa bure déchirée.


- J'espère que tu ne crains pas l'eau, Uri, dit-il à son compagnon à mi-voix, ..parce que sur cette horrible lune, tu vas être servi. Heureusement, avec un peu de bol, ils reconsidèreront leurs envies de nous faire cuire à la broche...

Kath sourit légèrement de ce trait d'humour hasardeux. Comment arrivait-il à se réjouir en cet instant ? Il était bien placé pour savoir que les Ewoks rivalisaient d'ingéniosité avec les plus cruels tortionnaires quand il s'agissait de tourmenter leurs captifs. Une averse momentanée leur offrirait peut-être un léger sursis, mais rien de plus. En attendant, les cris dans le couloir adjacent se calmaient un peu à mesure que la récurrente pluie saisonnière s'abattait sur le village Naa'fruu. Ces satanées intempéries tombaient à pic, pour une fois. Pas superstitieux jusqu'alors, Kath songea à se rappeler de déposer quelque chose sur l'autel des dieux du ciel s'il en réchappait. Il leur devrait bien ça.
Silencieusement, il se dirigea vers l'ensemble de cellules situé à l'opposé de leur lieu de captivité originel : depuis cette position, il pouvait rester caché sous un demi-couvert et observer la situation. Mais la pluie s'intensifiant, il pouvait à peine distinguer Uriel à ses côtés, quelques mètres en retrait. Il lança un regard ennuyé au natif de Kalee, qu'il appuya d'un hochement de tête et d'un mouvement d'épaules : peut-être l'autre possédait-il une vue hors du commun, en tout cas l'Alderaani ne distinguait rien qui puisse les aider à s'échapper.


- Uri, si tu as une bonne idée, c'est maintenant...
dit-il avec une grimace. Sa voix résonna plus fort qu'il l'avait voulu, car les bruits de l'averse masquaient une partie des sons tout autour de lui. Gêné d'avoir peut-être compromis leur couverture, il eut un mouvement de retrait. Son pied heurta une quelconque objet qui trainait là et il se retrouva sur les fesses dans un bruit sourd. Les battements de son cœur s'accélérèrent : il aperçut dans le lointain de petits silhouettes noires. Les Ewoks avaient dû s'arrêter un instant, mais ils n'avaient certainement pas perdu de vue l'exécution fixée ce soir. Kath rampa contre le mur extérieur de la cellule mais son front heurta un montant en fer. Portant ses mains à sa tête, il étouffa un juron.

Du métal ? Le novice leva un sourcil. Les Ewoks n'avaient pas montré un talent particulier à la métallurgie et se contentaient en général d'arranger des morceaux de tôle trouvés sur des vaisseaux ou abandonnés dans les bois ; cette porte de prison devant lui paraissait bien plus ouvragée que celles des autres cellules, plus rudimentaires. Jetant un œil à l'intérieur, son sang se glaça et l'écho en lui s'affola, cette fois d'une façon bien plus désordonnée que lorsque Nass s'était avancé devant lui, comme s'il émanait de l'ombre frêle qu'il observait au fond de la cellule une sorte de champ de confusion. Pourtant, cette...chose était assise dignement, dans une pose méditative que Kath avait déjà observée chez quelques Jedi dans les travées du Sanctuaire. Il resta un instant à la contempler, espérant comprendre sa nature dans l'observation de ses mouvements, mais la forme ne bougea pas d'un iota.

Un cri perçant le ramena à la réalité, provenant de derrière eux, depuis la cellule qu'ils avaient quittée quelques instants plus tôt. Le garde Ewok avait dû se libérer ! Le novice se mordit la lèvre de n'avoir pu mieux ligoter la petite boule de poils, qui venait de donner l'alerte. Si Uri avait simplement usé de la lance pour... Non. Trop de sang avait déjà coulé aujourd'hui, le Kaleesh avait eu raison de ne pas en répandre d'avantage. Kath secoua la tête comme pour en chasser les sombres pensées que lui avaient inspiré Nass et son attitude, le choc spirituel que lui causait la vue de l'être confiné dans la cellule et surtout son manque de sommeil. La crainte de la mort, la peur et la colère se mêlaient et formaient dans ses esprits une mixture étrange, dont il refusait la vue. Il ferma donc les yeux, attendant que l'écho se taise.
Ce dernier redoubla d'intensité. Il se fragmentait en plusieurs sons qui, dans un mouvement étrange et dissonant composaient dans son cerveau fatigué des formes abstraites : un bruit clair mais faible semblait s'approcher de lui. Au milieu de la cohue, il se força à concentrer son esprit sur cette vision moins floue que les autres. Le novice tendit la main en ouvrant les yeux. Il venait de poser sa paume froide sur l'épaule d'Uri. Il adressa un regard empli de désarroi à son ami. Kath avait bien du mal à comprendre la signification de ce maudit écho qui se manifestait de plus en plus souvent dans sa vie. Et il ne le saurait peut-être jamais : autour d'eux, des rangées de lances se dressaient, perçant la pluie, à quelques mètres de là. Une vision qui avait aux yeux du novice un air désagréable de déjà-vu.

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Uriel
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MessagePosté le: 05/02/2017 19:57:38    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

La pluie s’abattait à verse au cœur du village Naa’fruu. Le groupe progressait en silence à l’intérieur du campement perché dans les arbres. L’intempérie couvrirait leur progression, du moins, c’est ce qu’Uriel espérait. Leur fuite semblait étrangement simple jusqu’alors. A tel point que le kaleesh demeura bouche bée lorsque son acolyte lui demanda si une solution lui était apparue, apeuré à l’idée de briser leur chance insolente.

Soudain, Kath heurta involontairement une babiole traînant au sol, ce qui produisit un bruit sourd, qui ne manquerait pas de mettre un terme à leur équipée. Néanmoins, aucune réaction à l’horizon. Pas une sentinelle ne pointa le bout de son nez sur les lieux. Leur bonne étoile brillait toujours au-dessus de leur tête, se complut à croire Uri. Cette pensée fut de courte durée. Le répit se consuma lorsqu’un cri strident mit un terme à leurs espérances de fuite. Le garde, ligoté auparavant dans la cellule, s’était échappé et ameutait l’ensemble de la tribu sur le site. Une haie de lances rudimentaires émergea tout autour d’eux. Plus aucune échappatoire ne se manifesterait. La cellule ne serait plus leur destination. Le chef du village rappliqua auprès des fugitifs et ne tarda pas à régler la question. D’un geste résolu, il indiqua une direction au détachement. Les plantons ne tardèrent pas s’exécuter et traînèrent les deux prisonniers en direction de l’endroit indiqué.

A mesure qu’ils se reprochaient, le natif de Kalee constata que l’ensemble de la tribu semblait elle-aussi converger vers ce lieu. Sans nul doute celui de leur exécution. Uriel s’était résolu au sort qui lui était réservé. C’était là faire preuve de sagesse que de ne pas se mentir à soi. Dans un élan d’acceptation, le kaleesh se tourna vers Kath et déclara avec gravité :


- Tout cela était écrit, Kath. Il n’y a aucune amertume à avoir, crois-moi.

Les yeux emplis de fatalisme, il fusilla du regard ses bourreaux, comme pour leur signifier qu’il était résigné à mourir en martyr. Tout cela n’avait plus d’importance. Ce qui l’avait mené ici ? A quoi bon s’en soucier maintenant ! A ses yeux, ces chimères s’étaient portées à lui pour lui signifier quelque chose, qu’il ignorait. Il pouvait tout aussi bien s’agir d’un message de mort. Uriel ne la craignait pas. Au fond, la mort n’était que miséricorde. Une grâce, que même les plus infâmes personnages, ne reçoive qu’à la fin d’une vie de servitude du Mal et de ses attributs. Le natif de Kalee avait de quoi se réjouir. On lui épargnerait les affres du temps.

Leur marche funèbre prit fin sur une plate-forme assimilable à une place publique dans leur microcosme. Les prisonniers furent jetés à terre au milieu de la foule. La vindicte populaire ne tarda pas à embraser la place. Les vociférations des autochtones redoublaient d’intensité à mesure que les gardes s’activaient à allumer le bûcher. La pluie compliqua l’allumage, ce qui ne manqua pas de causer l’hilarité en la personne d’Uri, qui ne pouvait résister au caractère grotesque de la scène. Les gardes s’efforçaient tant bien que mal, armés d’un silex et d’un fragment d’amadou, à enflammer les bûches amoncelées au cœur du bûcher. Témoin du ridicule offert par ses subalternes, le chef du village marmonna d’obscures paroles à un détachement de gardes. Quelques instants plus tard, ces derniers placèrent de vulgaires pieux aux quatre coins du bûcher et recouvrirent ces derniers d’une plaque de tôle. La difficulté surmontée, plus aucun obstacle ne semblait se trouver entre eux et les flammes ardentes.

Contraint à s’agenouiller devant la foule hostile, Uriel résista aux exigences des Ewoks. Cela lui fallut un violent coup de bâton dans les genoux, ce qui le força à s’écrouler à genoux. Le natif de Kalee pensait que l’humiliation ne pouvait aller plus loin mais il avait tort. Le chef de la tribu s’approcha du kaleesh et le frappa une première fois au visage. A peine remis du horion, l’Ewok réitéra la brimade, mais cette fois-ci, il poussa le vice plus loin encore et arracha le masque d’Uri. Partie intégrante de son héritage kaleesh, le masque fabriqué à partir d’un crâne de mumuu appartenait à son grand-père. Plus qu’un masque, c’était un totem, un fétiche à laquelle jai Veelar accordait déférence et fierté. Le geste du chef de tribu était impardonnable mais le prisonnier ne pouvait rien faire.

Bien qu’il ne fût pas un fervent dévot, le natif de Kalee s’intéressait au culte des Kaleesh. Ces derniers ne souscrivaient pas à l’espérance d’une vie après la mort. En revanche, la société sur Kalee ralliait l’hypothèse selon laquelle les défunts s’élevaient dans la mort au rang de divinités. Jai Veelar ignorait trop quoi pensait de cette déification. Il voyait la mort pour ce qu’elle était. Une fin à titre définitif, sans aucun aménagement possible.

Le brasero flambait proprement désormais. Si bien, que le supplice ne durerait plus très longtemps. La véritable question était de savoir qui serait sacrifié le premier. A cela, les Ewoks ne tardèrent pas à répondre à leur manière. Leur haine à l’égard de l’humain et du kaleesh, qu’ils assimilaient à un Sanyassan, était tel qu’ils ne firent aucune différence. Tous deux furent ligotés au niveau du thorax dos-à-dos sur une broche d’une demi-douzaine de mètres. Uriel s’adressa à son compère en reprenant ce que son acolyte qu’il avait lui-même dit quelques minutes plus tôt :


- Kath, si tu as une bonne idée, c’est maintenant…

La fin était proche. Pas un sursaut de colère ou de haine n’aurait contribué à améliorer leur sort. Il fallait s’en remettre à l’essence même de leur raison d’être. Vider leurs esprits de toute agressivité. Uriel se sentit comme insufflé d’un sentiment de plénitude, jusqu’alors inconnu. Il n’avait pas cédé à de bas instincts. Bientôt, il pourrait s’élever là où ses songes passés l’avaient guidé. Un néant où la bestialité n’a pas sa place, et qui sait, peut-être trouverait-il le temple sibyllin qui l’avait tant obsédé jusqu’à présent.

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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 26/02/2017 16:23:08    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

Les Ewoks n'éprouvèrent aucun mal à maîtriser Kath et Uriel, comme les deux acolytes n'étaient pas armés et ne manifestaient de toute façon aucune envie de résister. Le jeune humain aurait voulu, mais ses forces l'avaient totalement quitté et ses blessures recommençaient à lui faire mal. Il éternua bruyamment, trempé par la pluie qui tombait à verse. De son côté, le Kaleesh Uriel n'avait pas l'air plus combattif. Il émanait de ce compagnon de fortune une bien étrange aura, que Kath avait du mal à saisir : il ne pouvait interpréter l'écho qui l'entourait lui aussi et qui résonnait avec les sons dans sa tête. Et ce qu'il en comprenait était fort, mais calme et lent, comme les vagues d'une mer apaisée. Comment Uriel pouvait-il garder la tête froide en de telles circonstances, comment pouvait-il sembler aussi résigné ? Ses paroles le confirmèrent : Uriel avait baissé les bras avec fatalisme, sans paraitre pour autant abattu.

Kath ne voyait pas le visage de son ami à travers cet opaque et hermétique masque et ne pouvait lire ses mouvements puisqu'il était poussé devant lui par les autochtones, vociférant et faisant tournoyer leurs armes rudimentaires. Abandonné à la fatigue, l'Alderaani percevait ce qui l'entourait avec une étrange clarté, comme si son contact bref mais intense avec la personne enfermée dans la cellule fermée de fer avait éveillé en lui quelque chose. Il soupira lourdement, comme on le pressait vers l'avant. Arrivés sur ce qui semblait être la grand-place aérienne de leur village, les Naa'fruu jetèrent leurs prisonniers au sol et commencèrent, non sans difficulté, à allumer un feu au milieu d'un âtre à ciel ouvert. Tandis que quelques Ewoks combattaient la pluie en apportant couvert à leur brasero, les autres dardaient les deux captifs de coups de bâtons lorsque leur chef tournait la tête, si bien que Kath se retrouva vite à plat ventre, éreinté et couvert de bleus. Il ferma les yeux jusqu'à ce que plusieurs paires de mains puissantes le relèvent et l'attachent à une grande broche. Il jeta un rapide coup d’œil autour de lui : on amenait Uriel à ses côtés, dépossédé de son masque. Les traits de son ami, tirés et anguleux, rappelaient une chauve-souris. En d'autres circonstances, Kath aurait été saisi d'effroi, mais l'expression digne de son camarade le tint coi. Vraiment, cet être était difficile à cerner.

Le jeune homme tenta de se libérer pendant un instant, mais ses liens étaient trop solides. On plaça Uriel dans son dos, et la broche de six mètres sur laquelle ils étaient accrochés fut soulevée afin de les placer au dessus du feu : plus qu'un bûcher traditionnel, il semblait que les Ewoks tenteraient de les faire cuire. Nass avait-il dit vrai ? Leur destin était-il de finir dans l'estomac de bêtes de la forêt dont ils ignoraient jusqu'au nom ? Kath ferma les yeux. Il s'était juré, quelques instants plus tôt, de ne pas se laisser aller au désespoir. Ses pensées s'enchainaient à toute vitesse, mais il ne pouvait penser à quoi que ce soit qui leur permettrait de se tirer de ce pétrin. Pourtant, il restait en lui une lueur de défi, de ce sentiment si particulier qui lui avait toujours permis d'aller de l'avant, même dans les pires moments de son existence. On ne se débarrasserait pas si facilement de lui, comme on ne vient pas si facilement à bout des mauvaises herbes.

Le corps de Kath devint chaud à mesure que les flammes roussissait ses vêtements presque secs. Il gardait les yeux fermés, mais les hurlements guerriers des Ewoks lui permettaient de situer assez bien son environnement sans avoir à le regarder. Il se concentrait ses l'écho, comme il avait réussi à le faire peu de temps auparavant. Il sentait bien Uriel derrière lui, plus calme encore et dégageant une impression de vacuité qu'il n'avait ressenti qu'une seule fois auparavant : lorsqu'il avait pénétré dans la Chambre du Conseil Jedi. Tout autour d'eux, il n'y avait que cris, colère et désir de vengeance. Comment devait-il répondre à cela ? Le novice ne le savait pas. Il faudrait un miracle.
Pragmatique, il imita Uriel et tenta de chasser toute émotion parasite. Il resta encore quelques instants à combattre peur et lâcheté quand une flamme vint lui lécher le visage, embrasant une mèche de ses cheveux. Kath se rendit à l'évidence : rien de ce qu'il faisait n'avait de sens, ni d'intérêt d'ailleurs. Il ouvrit les yeux pour se trouver à un mettre d'un brasier incandescent ; le jeune homme ne put contenir un cri de surprise. Il se secoua alors frénétiquement comme un poisson piégé hors de l'eau.


- Uri ! Tu m'entends ?!
vociféra-t-il par dessus les cris joyeux des Ewoks, qui s'étaient mis à danser autour du feu. Leurs ombres projetaient sur les arbres et les huttes des formes inquiétantes, grandes et terribles. Secoue-toi !

Disant cela, Kath soufflait avec intensité sur le feu dans l'espoir de l'éteindre, mais il ne fit que raviver les flammes qui étaient arrivées à quelques centimètres de lui. Leurs bourreaux firent cependant tourner la broche, et ce fut au tour d'Uriel de se trouver nez à nez avec le feu. Kath cracha ses poumons, asphyxié par la fumée qui montait peu à peu ; à ce rythme-là, ils allaient mourir. Dans leur position, impossible de l'empêcher. Le novice contempla alors sans la voir la foule des Ewoks. Les ténèbres derrière eux étaient plus sombres que jamais et offraient aux yeux de Kath une vision de ce que pouvait être l'enfer, peuplé de démons et de monstres sadiques. Un jeune autochtone frappait sur un crâne avec des os, produisant un son creux qui se répercutait alentours et rythmait les hurlements de leurs geôliers.
Inconsciemment, l'écho en Kath prit le même rythme, rapide et faible, que le battement du tambour de fortune de l'Ewok. Et comme par miracle, de la même façon qu'il avait délié inexplicablement ses liens un peu plus tôt, le crâne rentra en lévitation un court instant, s'échappant des mains du jeune Ewok, avant de retomber au sol et de se briser. Plusieurs guerriers arrêtèrent net leur farandole pour jeter un œil à ce qui venait de se passer et les cris s'interrompirent une minute. Néanmoins, cet évènement anecdotique n'avait pas suffisamment distrait les boules de poils pour qu'ils lèvent les yeux de leurs prisonniers. Mais il avait donné à Kath une idée, et lui avait fait comprendre quelque chose. Il ne savait bien comment cela fonctionnait mais il avait compris que la correspondance entre le son qu'il ressentait et qui lui perçait les tympans et les bruits extérieurs, même inaudibles aux oreilles d'autres que lui, avait un effet.

Sans attendre, il chercha autour de lui tout son qu'il pouvait percevoir. Une lance posée sur une balustrade. Deux secondes plus tard, il la sentit tomber dans l'mmensité noire de la forêt. Un panier d'osier mal refermé. Il eut vite l'impression qu'il était tombé, sans pour autant le voir. Un Ewok s'aperçut finalement de ce qui se passait lorsqu'un quatrième, puis un cinquième objet usuel vinrent à bouger d'eux-mêmes. Des voix affolées s'élevèrent et le chef du village s'avança parmi les siens d'un air calme mais d'un pas trop vif pour ne pas trahir son inquiétude. Les regards étaient tous posés un peu partout sauf sur les deux condamnés, dont les vêtements se consumaient lentement sous les flammes.

A quoi bon distraire ces créatures s'ils continuaient à brûler ? Mais pour la première fois dans sa vie, Kath eut alors quelque chose qui s'apparentait à une bonne idée. Les yeux rougis par l'âpre fumée, il tenta d'écouter un nouveau son, celui de la broche sur laquelle ils étaient attachés. Bien sûr, il aurait pu tenter d'écouter leurs liens, mais Uri serait tombé tête la première dans le feu. Kath s'étonna d'avoir l'esprit si clair en un moment aussi fatal. Il sourit. Finalement, la présence apaisante d'Uriel et le son calme profond avaient peut-être un effet sur lui. Fermant les yeux, le novice Jedi se concentra sur la broche. Contrairement aux autres objets, cependant, celle-ci était plus difficile à saisir, prise entre les sons dissonants qui provenaient des flammes et la présence englobante d'Uriel. Peine perdue. Une goutte d'eau froide s'écrasa soudain sur son visage, passant à travers un trou minuscule dans la plaque de tôle au dessus d'eux. Mais oui ! Il tenta de rentrer en résonance avec le large morceau de métal : au prix de quelques essais, il parvint à la déplacer d'un centimètre ou deux, mais les Ewoks avaient commencé à reprendre leur place autour d'eux ; le chef du village afichait un regard perplexe mais résolu à en finir.


- Uri, cracha l'Alderaani, à mi-voix et à bout de souffle, suffoquant. Uri ! Tu vas bien ? Je pense savoir comment nous échapper mais je... il eut un éternuement bruyant. Les Ewoks ne se troublèrent pas de ça, car ils formaient maintenant un cercle autour d'un pot d'argile qui venait de se briser sur la plate-forme de bois. ...Je ne peux pas plus les distraire. Il faut qu'on fasse quelque chose, maintenant !

Le novice se souvint des paroles résignées de son partenaire et espéra que la chaleur des flammes lui avait fait changer d'avis sur son acceptation de la mort, à moins qu'elles ne l'aient déjà tué. Kath commençait à paniquer mais cette fois-ci, il avait un plan, aussi bancal était-il. Mais pour cela, il devrait s'en remettre à l'ingéniosité de la créature reptilienne. Si son ami pouvait attirer l'attention des Ewoks sur autre chose qu'eux, peut-être arriverait-il à dompter son écho intérieur assez longtemps pour faire tomber la plaque de tôle. Si la pluie ne cessait pas, ils auraient au moins encore un moment de répit.
Les tempes de Kath battaient à un rythme régulier. Il serra les dents, crispé. Quel drôle de moment la Force avait-elle choisi pour le convaincre de son existence !


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Dernière édition par Kath Aplazm le 04/03/2017 18:36:06; édité 1 fois
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Uriel
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MessagePosté le: 27/02/2017 21:39:02    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

« Tu sens cette odeur ? s’enquit le grand-père d’Uriel. C’est le tribut des flammes, fiston, rien d’autre au monde ne dégage une telle odeur ». La dépouille mumuu sauvage que le doyen avait abattu quelques minutes auparavant avait été réduite en cendres. « J’adore respirer l’odeur mumuu calciné au petit matin. Un jour, toi aussi tu connaîtras le même sort. On ne retrouvera pas le moindre morceau de chair, rien, pas un seul. Seulement ce fumet qui trouble les sens comme l’odeur… d’une œuvre inachevée ».
 
Les glaçantes paroles de l’aïeux semblaient surgir d’outre-tombe. La voix affolée de Kath mit un terme à cette rétrospective malvenue. L’humain ne s’était pas résigné contrairement au kaleesh. La broche incandescente tournait à un rythme lent, presque léthargique. Les flammes à quelques pouces de son visage reptilien lui rongeaient lentement la peau. Autour des deux suppliciés, les autochtones fulminaient de joie comme si justice était rendue par leurs soins. Il ne fallait rien attendre d’eux. Leur haine était injustifiée, mais réelle. La mélopée formée par les tambours et les cris de fiel se déversaient tel le flot continu de pluie qui abondait au cœur de la forêt. L’espace d’un instant, le natif de Kalee se hasarda à croire que son compagnon s’en était tiré. Les liens qu’il partageait avec lui s’étaient quelque peu desserrés. L’agitation ambiante se figea une minute. Confronté à la violence du brasero, le kaleesh ne se figurait pas ce qui se passait aux alentours. Lorsque la distraction prit fin, le tohu-bohu reprit de plus belle. Pas de repos pour damnés. Le voyageur stellaire avait quitté Kalee pour la luxuriante lune forestière d’Endor. Et pour quel résultat ? Une vulgaire ironie. Les élucubrations du grand-père n’étaient peut-être finalement pas sans fondement.

Soudain, l’ouïe de jai Veelar perçut des sons bizarres tout autour du bûcher. Cela lui rappela étonnamment son combat contre le mumuu ancestral le jour de son vingt-et-unième anniversaire, lorsqu’il était parvenu à se saisir de la lance alors qu’elle était un instant plutôt à plusieurs mètres de lui. La crainte du kaleesh était fondée. Kath lui révéla qu’il était lui aussi à l’origine de ces perturbations. Ainsi donc, lui aussi, était doué de ce mystérieux don, mais à la différence du natif Kalee, l’Alderaani semblait le maîtriser, ce dont Uri ne pouvait se vanter. Le temps n’était plus à la résignation. Fort de ce nouvel état d’esprit, Uriel s’apprêtait à mettre tout en œuvre pour permettre à Kath et à sa personne de s’en sortir vivant.

- On va s’en sortir, ensemble ! Tes liens semblent défaits ! Prépare-toi à fuir ! Je vais tenter de couper les miens à l’aide de mes serres. Une fois libérés, il faut que l’on se saisisse de leur chef à l’aide de nos… pouvoirs.

Le plan était bancal, mais c’était la seule solution viable. Si les insurgés parvenaient à isoler le chef de la tribu, les flagellants renonceraient peut-être à les mettre à mort sous peine d’avoir la mort de leur leader suprême sur la conscience. Uri s’employa malgré la chaleur intolérable à se défaire de ses liens. Après moult essais, le natif de Kalee parvint avec difficulté à s’extraire de ses entraves et manqua de tomber dans les flammes. La gravité l’appelait mais l’abnégation triompha. Le reptile demeura accroché à la broche à la seule force de ses bras. Les Ewoks s’en étaient rendus compte. Le moment de vérité allait avoir lieu. D’un signe de tête, Uriel signala à son compagnon qu’ils pouvaient désormais s’extraire de la fournaise et concentrer leur effort à tenter de soustraire le chef de tribu à la vigilance de sa garde prétorienne.
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Kath Aplazm
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MessagePosté le: 05/03/2017 11:36:40    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant

Uriel jai Veelar était impressionnant : en un instant, il avait tranché leurs liens de ses griffes acérées et se maintenait hors des flammes en s'accrochant à la broche, agrippé à l'aide de ses longs bras. Malgré son apparence maigre et élancée, le Kaleesh était donc très robuste, puisqu'il soutenait également le poids de l'humain sur son dos. Toutefois, Kath savait qu'il ne tiendrait pas indéfiniment ; il aurait sans doute mieux valu qu'Uriel attende que le novice écarte la plaque de tôle pour que le brasier commence à s'éteindre, mais son compagnon avait estimé qu'il valait mieux s'en sortir immédiatement et prendre le chef des Ewoks pour cible. Soit. Ce plan avait au moins l'avantage de leur offrir une survie plus longue s'il réussissait. Kath, que les vapeurs toxiques du feu commençaient à assommer, ne releva pas les mots de son ami lorsque celui-ci parla de pouvoir ; il venait à peine de prendre conscience de ce qu'il pouvait faire avec cet écho -avec la Force- et cela lui avait donné des vertiges étranges, à moins que ce fut encore un effet de la fumée.

Étant au-dessus, Kath devrait sauter le premier pour s'échapper. Déglutissant difficilement, les yeux toujours fermés, il compta mentalement jusque trois avant de prendre une inspiration et de sauter. Mais dans son mouvement, l'Alderaani avala de travers et la fumée des flammes envahit ses poumons, le stoppant net dans son élan ; comme il sautait, sa tête percuta la plaque de tôle posée maladroitement par les Ewoks sur de misérables épieux, qui tomba dans la direction opposée. Si les Ewoks n'avaient peut-être pas remarqué cette tentative de fuite jusqu'ici, c'était désormais chose faite. Par un chanceux hasard, Kath atterrit à côté du brasier, crachant ses poumons, à demi sonné. Les quatre fers en l'air, il tâtonna autour de lui. Ses yeux rouges piquaient et se remplissaient de larmes incontrôlables alors que sa vue était maintenant embrumée, confrontée aux ténèbres de la forêt qui grandissaient à mesure que le feu décroissait en taille sous la pluie.

Kath, l'oeil gauche fermé, regarda derrière lui en attendant un signe d'Uriel, sinon du ciel. Mais aveuglé comme il l'était, il ne voyait pas à plus de deux mètres ; c'était cependant suffisant pour constater que son postérieur avait pris feu. Dans un hurlement, il arracha les lambeaux du haut de sa bure et les jeta plus loin, se retrouvant par là torse nu, et martela le sol de ses fesses pour étouffer les flammes naissantes. Au bout d'une trentaine de secondes, il se ressaisit, distinguant la forme de trois ou quatre Ewoks qui fondaient sur lui : tétanisé, il ne put qu'encaisser les coups de bâtons qui fusèrent, lui fracassant le menton et les reins. Passé à tabac, il s'écroula en arrière, les bras le long du corps. Trois Ewoks lui sautèrent dessus, maitrisant ses bras et ses jambes, l'un d'eux pointant sa lance rudimentaire contre sa gorge. Échec et mat. Cette tentative avait été un fiasco total, si elle avait toutefois le mérite d'exister. Les boules de poils ne les laisseraient plus s'échapper si facilement et leur exécution prochaine n'en serait que plus sommaire. En son for intérieur, Kath espérait juste qu'Uriel ait profité de sa diversion pour s'échapper au loin, ou atteindre le chef s'il en avait toujours l'objectif. Lui, de son côté, était hors course et n'avait plus la force, dans son état, de se morfondre.

On le releva à l'aide de nouveaux coups. A genoux, trainé par les bras par deux des guerriers, il fut jeté aux pieds du chef Naa'fruu. Recouvrant un instant la vue, il aperçut la forme de son compagnon d'infortune, vraisemblablement pas mieux loti que lui. Au tour de Kath de faire preuve d'acceptation et de fatalisme ; au moins les Ewoks chanteraient-ils peut-être leur résistance dans une geste populaire que le temps transmettrait aux générations futures ? Si Beemen Industries, lorsqu'elle se serait aperçu de la disparition de son avant-poste, ne venait pas raser prochainement le village en guise de représailles...


- Allez, qu'on en finisse...
cracha Kath d'une voix rauque et éteinte, désabusé. Sa tête résonnait des chocs qu'elle avait reçu et l'écho était imperceptible quand il ferma les yeux, au bord de l'inconscience.

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Rylen Korr
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MessagePosté le: 06/03/2017 17:06:03    Sujet du message: Une petite boulette Répondre en citant


Chitupa
[Chef Ewok de la tribu Naa'fruu]
Les flammes amènent la renaissance.

Lorsqu'un pays prenait feu, la désolation précédait toujours la résurrection. Les terres calcinées, riches en matières organiques, donnaient ainsi la vie à de nouvelles étendues boisées, jeunes et productives. Si le processus naturel était long à se mettre en œuvre, que dire des impressionnants résultats qui en découlaient ?

Cette scène de bûcher avait tout d'un décor de destruction. La nuit additionnée à la tempête pluviale digne d'une fin des temps rendaient la situation oppressante, et tous ces Ewoks présents afin d'orchestrer un rituel de mise à mort n'aidaient en rien, incitant même à voir les choses sous un mauvais œil. Anciens et plus jeunes, enfants et femmes : tous y participaient avec un enthousiasme débordant. Dansant selon les rites traditionnels de leur peuple autour des condamnés afin de célébrer leur mort et célébrer également l'aide apportée par les esprits pour leur victoire (car s'en était une à leurs yeux). Les plus réservés créaient une ambiance sonore digne de ce type d'évènements en tapant sur des ossements ou sur des ustensiles bon marché, se rendant coupables à leur tour de la mauvaise image de leur peuple qu'ils renvoyaient à Kath Aplazm et à Uriel Jai Veelar. Lorsqu'on ne connaissait pas les coutumes d'une civilisation autochtone, il était en effet difficile d'apprécier à sa juste valeur des être vivants qui voulaient votre peau.

Tandis que le Chaman Lokee récitait des incantations divines et que le Chef Chitupa de la tribu des Naa'fruu appréciait ce parfait spectacle digne d'une nuit saisonnière comme celle-ci, un mystérieux invité camouflé par le brouhaha incessant et par l'ombre de la forêt se plaisait à admirer son œuvre personnelle. "Son" œuvre car il se satisfaisait grandement d'être à l'origine de ce grand bûcher cérémonial.

En hauteur par rapport à la plateforme, à une distance raisonnable qui ne lui permettait pas de se faire voir, le Maître Jedi Nass suivait attentivement la douce et lente mort de l'un de ses Novices et d'un pur étranger Kaleesh à ses yeux. Oui, toute cette comédie (tragédie pour certains) le ravissait au plus haut point. Le sourire que l'on pouvait déceler sur son visage marqué par l'âge était très étrange pour un représentant de l'Ordre Jedi de sa trempe ! Le Chevalier Jedi présent à ses côtés ne manqua pas de le noter ouvertement, se doutant que le Gungan avait une idée derrière la tête et ne disait pas toutes les informations dont il disposait actuellement.


- Maître. Vous n'allez tout de même pas les laisser brûler vifs ? demanda le jeune Hotar à son vieux compère.

Nass pouffa de rire. Il ne put se retenir dans le même temps de laisser s'échapper deux énormes filets de bave venant tout droit de la profondeur de son impressionnante gorge. Pour un Gungan, c'était une réaction physique tout à fait normale, et elle l'était plus encore lorsqu'un spécimen de cette espèce se retenait de parler pendant plus d'une heure. En effet, durant plusieurs dizaines de minutes consécutives, Nass avait été tellement concentré sur les réponses apportées par les deux prisonniers des Ewoks à leur prochaine mise à mort qu'il n'avait plus adressé le moindre mot au jeune Chevalier avec lequel il avait décidé de passer la soirée. C'était assez rare pour être souligné !

L'absence de réponse verbale du Maitre Jedi obligea Hotar à craindre le pire pour les deux individus accrochés à la broche géante. S'il savait Nass comme étant un Maitre bien mystérieux et jamais avare de bons plans ou d'idées ingénieuses, il le connaissait également pour ses fourberies et ses projets complètement fous. Hotar n'avait jamais oublié ce jour de formation avec d'autres Novices durant lequel le Gungan les avait laissé poireauter pendant trois jours à 50 mètres de hauteur, leur assurant au préalable qu'il serait de retour d'ici une heure seulement. "L'instinct de survie" leur avait-il répondu lorsqu'ils lui avaient demandé ce qu'ils étaient censés développer avec son entrainement.


- Je surveille simplement leur instinct de survie, déclara alors brusquement le Gungan en réponse à la question posée.

Bien que déconcerté par la réponse apportée, Hotar éprouva tout de même un étrange soulagement. Ce qu'il avait vécu durant sa formation de Novice sous l'enseignement de Nass était donc bien ridicule comparé à ce que ce Kath Aplazm et son acolyte vivaient en cette soirée bien trop flambée !

- Leurs vêtements sont cramés, Maître...

- Leur âme ne l'est toujours pas, coupa immédiatement le natif de Naboo.

Tandis qu'il observait la mine -devenue subitement très sérieuse- du Maitre Jedi, Hotar comprit immédiatement que ce dernier ne rigolait plus. Après des années à le côtoyer, si le Chevalier savait une seule et unique chose sur son compère Jedi, c'est qu'il avait toujours une idée derrière la tête et qu'il n'était pas aussi fou que certains le prétendaient. Ses manières avaient beau être très extrêmes pour un enseignant expérimenté tel que lui, le vécu faisait de Maître Nass un être en qui l'on pouvait avoir confiance. Il suffisait juste... de lui faire confiance. Compliqué lorsqu'on était à deux doigts de se transformer en une nuée de cendres mais nécessaire afin de voir le bout du tunnel.

En contrebas, les Ewoks commencèrent à s'agiter en voyant moult objets se désintégrer ou se déplacer sans que personne ne les touche. Lorsqu'un des deux captifs, celui qui ressemblait aux Sanyassans, vint à se libérer de ses entraves avant de rester suspendu à la broche, les petites boules de poils se dévisagèrent momentanément mais continuèrent tout de même à danser autour du feu. Comme si toutes ces péripéties qui auraient du d'ores et déjà les faire réagir faisaient partie du plan. Mais du plan à qui ? Et surtout de quel plan s'agissait-il ?

Pendant un instant, Hotar crut être dévisagé par le chef Ewok Chitupa en contrebas. Le Chevalier eut un frisson dans le dos -bien aidé par la météo qui l'avait congelé sur place- à l'idée que le leader de la tribu des autochtones ait pu percevoir leur présence dans l'obscurité de la forêt. Ressentait-il la Force ? D'ailleurs, un Ewok pouvait-il ressentir la Force ? A sa connaissance, aucun n'avait rejoint les rangs Jedi. Et pourtant, le Chaman -pour ne citer que lui- semblait disposer de pouvoirs très étranges. S'il devait un jour prendre un Padawan, Hotar se promit de faire un tour au milieu des rangs Ewoks pour y déceler un individu puissant dans la Force. Ce serait une première et ça permettrait de lier définitivement la tribu Naa'fruu et l'Ordre Jedi, alors que la période actuelle n'était pas vraiment propice à un pot de l'amitié.


- Le leader des Naa'fruu est au courant, n'est-ce pas ? questionna sans aucune volonté de savoir le jeune Chevalier, qui avait déjà la réponse à sa question.

Nass était dubitatif. Les petits bruissements qui s'échappaient de sa large bouche laissaient croire que le Maitre Jedi était la proie d'une intense réflexion intériorisée sur la situation que les deux captifs vivaient actuellement. L'expression de son visage était totalement contradictoire avec celle qu'il avait eu quelques instants en arrière. Comme si, en plus de certitudes évidentes, Nass conservait des incertitudes de longue date.

Kath Aplazm et Uriel Jai Veelar savaient-ils qu'ils étaient mis à l'épreuve depuis le début de leur capture ? Et que cette dernière n'avait qu'un seul but : permettre au Maitre Gungan de connaître leur "instinct de survie", autrement dit de pouvoir juger jusqu'où ils étaient capables d'aller pour sauver leur vie ?

Décidément, le Chevalier Hotar pouvait apprécier à juste titre l'enseignement que lui avait jadis prodigué le natif de Naboo. A la place du Novice Aplazm et de celle du Kaleesh, il aurait abandonné ses envies de liberté depuis très longtemps. Au contraire de sa personne, le jeune Humain à la longue chevelure et son acolyte alien avaient persévéré jusqu'au bout. Même au dessus d'un bucher, même en ayant conscience qu'ils vivaient les dernières minutes de leur vie... Ils avaient tout de même continué à se débattre afin de se libérer de leurs liens. Mieux encore, ils s'étaient adaptés et avaient improvisé des plans voués à échouer. Pourtant ils s'en sortaient plutôt bien. La raison à cette réussite n'était pas difficile à trouver : ils n'avaient jamais cessé de se faire confiance l'un et l'autre, préférant unir leurs forces plutôt que de choisir la division.

Et ça, aux yeux de Nass, c'était la plus belle des victoires. Surtout pour un Novice comme Kath Aplazm qui n'avait cessé de creuser plus bas que terre depuis son arrivée dans les rangs de l'Ordre Jedi. Encore une fois, l'enseignement de l'amphibien enveloppé portait ses fruits.


- Il a réussi. Kath Aplazm a réussi son épreuve ! s'émerveilla brusquement le Maitre en serrant le point.

- J'admire de plus en plus vos méthodes, Maitre. Quant au Kaleesh, que va t-il advenir de lui ? demanda le Chevalier Jedi en restant attentif aux dernières péripéties qui se déroulaient en contrebas.

- Il vient officiellement de devenir un Initié, répondit simplement Nass.

- Comment pouvez-vous savoir qu'il s'agit de son souhait ?

- Idiot ! Il n'est pas venu sur cette lune pour chasser le Bordok ! s'emporta le vieux Maitre Jedi.

Hotar ne pouvait s'empêcher de haïr sa fâcheuse tendance à poser des questions inutiles. Mais quelle joie il éprouvait lorsqu'il voyait le Maitre Nass s'emporter de cette manière ! Il se retint d'exploser de rire à temps, oubliant qu'à travers la Force le Gungan était tout à fait capable de percevoir ses émotions intérieures. Au fond, Hotar appréciait grandement ce bon vieux Maitre Nass qui lui permettait d'avoir un autre regard sur les plus éminents Jedi de l'Ordre.

Les Ewoks étaient de fiers guerriers. Les coups qu'ils avaient porté à Kath Aplazm en étaient la preuve la plus évidente. Ils se prenaient tellement au jeu qu'ils en oubliaient qu'ils avaient à faire à un membre de l'Ordre Jedi ! Si ça plaisait à Nass - ce genre de réactions permettraient au natif d'Alderaan de durcir sa personnalité et d'oublier encore un peu plus le confort dans lequel il avait baigné toute sa vie sur son monde natal - le Gungan penserait à en faire un rapport conséquent au Conseil. Ils avaient beau être alliés, les Ewoks étaient encore largement méconnus et méritaient d'être d'avantage étudiés. Non pas pour mieux les affronter au cas où cette situation extrême devait arriver, mais tout simplement pour améliorer leurs connaissances. Leurs archives, autrefois célèbres dans la Galaxie entière pour avoir été l'une des bibliothèques les plus complètes de toutes les civilisations réunies, étaient désormais bien pâles en comparaison de ce qu'elles avaient été jadis.

Tandis que les deux prisonniers pensaient vivre leurs derniers instants face aux bâtons aiguisés des autochtones, ces derniers les prirent au dépourvu puisqu'ils les conduisirent finalement dans une hutte avoisinante. Une fois à l'intérieur de celle-ci, sans aucune information sur ce qui les attendait, ils furent laissés tout seuls, sans aucune surveillance apparente...

Quelques secondes plus tard, le chef Chitupa de la tribu des Naa'fruu pénétra dans l'honorable bâtisse en bois. Il était accompagné du Maitre Nass, qui se faufila du mieux qu'il le put pour faire rentrer sa masse de graisse et de muscles à l'intérieur de la cabane. Les deux arboraient un regard sévère, jugeant à l'aide de ce dernier les deux ex-prisonniers qui leur faisaient face. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne semblaient pas là pour boire un thé Ewok en compagnie de l'Humain et du Kaleesh.

Le Ewok, justement, brisa le silence afin de prendre la parole dans son langage autochtone. Seul Nass fut en mesure d'en comprendre la signification.


- Le Chef Chitupa, de la tribu des Naa'fruu, tient à signifier à Kath Aplazm ici présent qu'il devra se racheter pour les fautes commises dernièrement, le Gungan s'arrêta afin que Chitupa puisse poursuivre ses propos; il reprit alors le fil de la traduction, si tu as évité le bûcher, tu ne t'es pas encore fait pardonner par les Ewoks et, par conséquent, par les Jedi. Tu devras donc te repentir en répondant à une requête du Chef Chitupa. L'acceptes-tu ?

Sans donner plus d'indications quant à cette mission, le Maître Nass espérait que le jeune Initié lui accorde une confiance aveugle. Si le Gungan était présent aux côtés du leader des Naa'fruu et s'il avait décidé de traduire pour lui ses exigences, c'était une réelle marque de fidélité vis à vis de son allié autochtone. Le Maître Jedi espérait qu'après tant d'efforts livrés pour sauver la peau de son élève, ce dernier en fasse autant pour rendre la pareille à son mentor.

Quant au Kaleesh, il n'y avait pour le moment nulle marque d'intérêt. Jusqu'à ce que Nass reprenne la parole afin de s'adresser directement à lui. Ce geste lui permettait définitivement de s'échapper de la catégorie des étrangers de cette lune : on lui accordait enfin une attention particulière.


- Jeune guerrier, je pense savoir pour quelles raisons tu es venu sur cette lune. Tu n'as aucune raison d'être lié à l'affaire de Kath Aplazm bien que l'assistance portée à son encontre soit louable et généreuse. Tu as prouvé que tu avais toutes les qualités pour devenir l'un des nôtres. Mais je tiens tout de même à te faire la même requête adressée à ce jeune Humain, car le Chef Chitupa ici présent souhaite que tu en fasses partie. L'acceptes-tu ?

Tout comme Kath, Nass allait pouvoir juger par l'intermédiaire de sa réponse le niveau de fidélité que le jeune Kaleesh pouvait atteindre. S'il acceptait, ce serait une preuve supplémentaire de la forte personnalité de l'alien. L'aide apportée à Kath ces dernières heures en était déjà une très belle, que dire s'il se donnait corps et âme une nouvelle fois au Chef Chitupa pour sa mystérieuse requête...

Nass était au courant de ce dont il s'agissait. Le Conseil aussi, et il avait même déjà donné son accord pour que le Novice Aplazm et le nouvel arrivant Kaleesh y participent. Ils ne le savaient pas encore, mais s'ils acceptaient, ils allaient concilier leur formation avec une incroyable aventure d'une importance majeure pour Endor.

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MessagePosté le: 22/08/2017 15:53:10    Sujet du message: Une petite boulette

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