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Un vieil ami

 
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Tericarax
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MessagePosté le: 23/08/2016 23:37:42    Sujet du message: Un vieil ami Répondre en citant

/!\ Attention. Le RP qui suit est (volontairement) sur un ton violent. Les scènes ne sont que très peu édulcorées, et le caractère grave peut être perçu comme choquant. Il n'est pas recommandé à quiconque d'impressionnable ; seul un lecteur (ou une lectrice) averti devrait poursuivre plus bas, à ses risques et périls.



Le petit enfant tremblait. L'air était à peine respirable, saturé d'humidité. Ses doigts fouillaient la terre, à la recherche de chaleur, mais rien à faire ; ses ongles et ses mains grattaient dans la boue misérable, à en saigner dans l'espoir de trouver – enfin – un peu de chaleur. Du plafond tombaient des gouttes d'eau souillée. Elles avaient, à force, formé une petite mare saumâtre dans laquelle il n'avait d'autre choix que de baigner lorsqu'il voulait dormir. Il se réveillait alors au matin, détrempé et grelottant, éternuant et malade. Sa peau était pâle, maladive, il toussait d'une pneumonie naissante. Autour de lui, des barreaux rouillés délimitaient sa cage, un collier au cou traduisait sa situation. En guise de vêtement, un pantalon élimé, autrefois blanc mais maintenant d'un marron terreux et morose.

Le petit garçon était un esclave. À peine nourri, juste pour qu'on évite qu'il meure de faim, ses bras étaient faméliques, des allumettes d'os couvertes d'une peau étirée et sale, qui s'agitaient vainement à la confection d'un trou confortable, sur le sol ingrat qui lui servait à la fois de lit, salle dînatoire et de litière. Il y avait d'autres cages dans la salle, mais vides ; leurs occupants avaient déjà été vendus ou avaient péri des atroces conditions dans lesquelles ils vivaient. Les vendeurs d'esclaves avaient jugé bon d'ôter les cadavres, sans quoi l'odeur – déjà nauséabonde – aurait été insoutenable. Une table de bois, couverte de papiers et de détritus, occupait le centre de la pièce. Sur celle-ci était allumée une vieille lanterne au gaz, qui tremblotant d'un orange exécrable. Il soupira, de fatigue, de douleur, de lassitude, alors que ses doigts arrêtaient de creuser.

Il tremblait d'épuisement. Il n'en pouvait simplement plus. Sa vie était ainsi, depuis qu'il était tout petit. Il n'avait pas connu ses parents, il ne connaissait pas son nom. Tout ce qu'il connaissait, c'était d'être acheté, transporté derrière des barreaux, amené à son propriétaire qui le traitait comme un jouet, troqué ensuite contre d'autres comme on échange du bétail. Il n'en pouvait plus. Il haïssait sa vie, mais il n'avait toujours pas trouvé la force de mourir. Plic ploc, fit une goutte en tombant dans la mare sale derrière lui. Las, il s'approcha de la lourde serrure de sa cage, tentant mécaniquement de la forcer. Peut-être qu'en la bougeant un peu chaque jour, elle finirait par céder? Lui-même savait bien que non. Elles ne cédaient jamais. Les portes ne s'ouvraient qu'aux lourdes clefs de ses maîtres esclavagistes, pas à ses mains innocentes et meurtries.

Soudain, il perçut des bruits de pas dans l'obscurité.

Quelqu'un approchait. On venait le chercher. Vite ! Comme un petit animal apeuré, il alla se réfugier au fond de sa cage. Peut-être qu'ils ne le verraient pas, et qu'ils laisseraient la cage ouverte cette fois ? Le son d'un verrou, puis d'une lourde porte se déplaçant. Pénétrèrent soudain dans la salle deux personnes, deux humains. L'une était une femme brune dont les cheveux, coupés courts, tombaient en des mèches inégales jusqu'à ses épaules. Elle portait un veston de cuir noir, passé sur une chemise bouffante. Un bandana bleu était accroché à son cou, et son pantalon en coton était d'un bleu délavé – sale. Son style était sauvage, et peut-être que les hommes lui auraient trouvé un charme certain. L'enfant, lui, la haïssait. Avec elle entrait un gros homme musclé. Barbe brune, visage sévère aux angles bourrus, il avait les yeux d'un chien sauvage, tenu en laisse de force et à qui on avait ôté sa muselière. Tout comme sa compagne, il portait une veste, c'était probablement un ancien militaire - mais le garçon n'aurait pas su dire à quelle armée il avait appartenu. Son habit, maintenant trop petit, était découpé au niveau des manches - raccourcies et évidée - dévoilant ses avants-bras poilus et saillants. La femme se nommait Svahl, l'homme Moddn.

Ils s'exprimèrent dans une langue que le petit – tremblant au fond de sa prison – ne parlait pas, mais qu'il avait déjà entendu ; c'était une langue de Tatooine, très parlée entre les marchands d'esclaves. Le couple, bruyant, entra dans la salle comme on entrait dans un bar, faisant un vacarme à réveiller les morts. Ils bougèrent la table, apportèrent autour des chaises, vidèrent les détritus. Ils amenèrent également un lourd blaster et le dissimulèrent juste à côté du meuble, dans l'ombre où la lanterne n'éclairait pas. Pendant toute l'opération, notre petit resta totalement immobile, de peur d'être puni pour un mouvement brusque ; il en retenait même sa respiration, terrorisé.

Tout le petit cirque sembla durer une véritable éternité. Les gouttes d'eau tombaient sur la tête du garçon, poisseuses, trempaient ses cheveux, le glaçaient jusqu'à l'os, mais il n'avait pas le choix. Qui savait ce que les deux lunatiques au milieu de la pièce auraient fait s'il avait bougé, s'il avait fait du bruit, s'il avait respiré plus fort, s'il avait montré qu'il vivait encore ?

Ils rallumèrent la lanterne pour que l'éclairage soit plus vif. Il distinguait à présent leurs visages – ces faciès qu'il haïssait, les ombres découpaient leurs têtes et dévoilaient leurs traits patibulaires et bas. Les deux brutes achevèrent, un sourire prédateur sur le visage, de déplacer le mobilier sans se préoccuper du petit esclave, recroquevillé au fond de l'ombre, frissonnant d'effroi comme de l'eau qui dégoulinait le long de son échine, au milieu de sa sueur et de sa terreur.

Un bruit sourd ; quelqu'un frappait lourdement à la porte. Les deux se regardèrent, se sourirent, et Moddn alla ouvrir la porte tandis que Svahl s'asseyait pour faire face à l'entrée, comme on se serait assis devant son bureau pour recevoir un invité de marque. La grosse brute était passée hors de son champ de vision, le garçon ne l'entendit qu'ouvrir la porte sans le voir. Il l'entendit également, s'exprimant en basic :


- Vous voilà ! Bienvenue, entrez, entrez, discutons à l'intérieur.

Il le vit revenir, et derrière lui...

Une gigantesque ombre avançait. Au début, le garçon crut qu'il était devenu fou. Il était affamé, épuisé, malade, peut-être était-ce une hallucination ? Mais non. Derrière le gros tortionnaire qui l'avait retenu en captivité venait une énorme forme d'acier. C'était peut-être un droïde ? Mais les droïdes de protocole qu'il avait croisé ne ressemblaient pas à ça, non, lui...

On aurait dit un squelette gigantesque. Au milieu d'un visage mortuaire qui semblait être celui de la mort elle-même, deux yeux de reptile se figèrent sur Svahl, la femme, alors qu'elle se levait pour lui tendre la main.


- Monsieur Tericarax, c'est bien ça ? Asseyez vous, je vous en prie.

La monstruosité observa la main mais ne la prit pas. Un son lourd et grave s'éleva dans la pièce, faisant sursauter notre garçon. Il crut qu'il allait avoir une crise cardiaque, mais il se rendit compte que c'était la voix de ce Tericarax. Un tonnerre glacial, impitoyablement placide, voilà ce qu'était cette voix.

- Avez-vous la liste que vous m'aviez promise ? Réclama-t-il de son terrible timbre.

Svahl était une esclavagiste réputée, elle avait traité avec toutes sortes d'aliens monstrueux, des hommes lézards à de gros monstres poilus en passant par des hommes cornus aux allures de diable, le petit esclave en avait vu défiler dans cette pièce. Avec un sourire professionnel, elle annonça :


- Mais bien sûr que je l'ai votre liste. C'est notre contrat après tout, hm ? Au sujet de la récompense...


- Six milles crédits, comme convenu
, dit la figure cauchemardesque. Il tendit alors des mains osseuses et longues, déposant entre les mains de la brune ce qui semblait être une bourse. La scène n'aurait pas été différente si à la place de ce « Tericarax » on avait mis la mort en personne. Elle compta scrupuleusement sa récompense.

- Le compte y est, indiqua-t-elle à son homme, qui était derrière la monstruosité.

- Les noms, réclama la créature d'un ton froid.

- Hmm eh bien c'est à dire que...

La femme se mit à faire des manières, haussant des épaules, soupirant. Le petit l'avait déjà vue agir ainsi. Il braqua ses yeux sur Moddn. Une fois, un gros Rodien avait été la cible de la même stratégie. Pendant que la brune avait soupiré, comme contrariée, son amant était passé dans le dos du vert aux yeux de mouche et lui avait fait exploser la cervelle d'un coup de blaster. Ils n'allaient pas tenter de tuer cette chose quand même, si ? Déjà, le gros musclé était en train de se baisser, lentement, furtivement. Il tira de derrière une des cages le lourd blaster et s'approcha dans le dos de l'imposant droïde, silencieux comme un chat. Est-ce...Est-ce qu'il devait prévenir ce Tericarax ? Mais s'il parlait il était mort...

- C'est à dire que quoi ? Trancha l'immense être d'acier de sa voix pesante, inconscient de la menace qui pesait sur lui. Chaque fois qu'il s'exprimait, le petit avait l'impression que le monde s'arrêtait. Moddn tenait à présent son blaster juste dans son dos, prêt à lui éclater le torse. Mais l'énorme squelette de tôles pâles l'ignorait, trop occupé par Svahl devant lui.

- Je...J'ai pensé que vous portiez beaucoup de duranium sur vous. Ça se revend cher au marché noir vous savez ?


Une détonation résonna dans la salle. Chétif, malade, le petit sursauta et, de peur, ferma les yeux, n'osant regarder la scène, se dissimulant le visage entre ses mains. C'était fini. Le monstre d'acier était mort, et son enfer allait continuer en compagnie de ses deux affreux tortionnaires. Pourquoi les choses devaient-elles toujours finir ainsi ? Non, pourquoi est-ce que ça n'en finissait jamais ? N'allait-on jamais le laisser tranquille ? Il entendit un râle de douleur, et une voix aiguë hurler. C'était la voix de Svahl. Svahl, hurler ? Il rouvrit les yeux, guettant derrière ses doigts ce qui s'était passé.

Moddn était au sol, ventre contre terre. À côté de lui, son blaster gisait en deux morceaux. Le cauchemar ambulant avait sur le dos de l'humain posé une serre d'acier à quatre doigts, son pied, et le maintenait fermement au sol. Un craquement résonna, Moddn poussa un cri de souffrance alors que Svahl de l'autre côté de la table s'affolait. C'était la première fois que le petit esclave la voyait dans cet état, c'en était épouvantable. Ce visage, qu'il avait vu souriant, malin, sadique, pervers, était déformé par une panique pure et simple, une expression qui jamais n'avait foulé ses traits jusque là. La femme semblait soudainement bien plus fragile.


- R...Relâchez le ! Arrêtez vous lui faites...

- Trahison, gronda la machine, coupant net aux supplications de l'esclavagiste. Donnez moi la liste, maintenant, continua-t-il d'un ton lourd de menaces.

Svahl hésitait à contourner la table, mais elle était désarmée, elle n'avait rien pour affronter la chose face à elle. Il ne lui restait qu'une voie : la négociation. Elle tenta un sourire, peut-être pour tenter de reprendre son calme, mais même d'ici, de cette affreuse cage, on voyait la transpiration humidifier son front.


- A...Allons...C...Calmons nous pour discuter, je suis sûre que ce n'est qu'un malentendu et que nous...

Un second craquement, et soudain Moddn se mit à se débattre au sol, incontrôlable. Il se déchaînait comme une bête prise au piège ; ses ongles raclaient le sol, ses pieds tentaient de frapper la jambe de fer qui le retenait, il suppliait sa femme d'agir. Celle-ci bondit, droit sur la machine. Les bras de cette faucheuse incarnée l'attrapèrent à la gorge et la soulevèrent à deux mètres au-dessus du sol. Elle battit des pieds, vainement, et soudain elle n'arrivait plus à parler. C'était un pur cauchemar. Il avait beau les haïr du plus profond de son être, le jeune du fond de sa géôle n'aurait jamais souhaité pareil sort à qui que ce soit. Il avait certes imaginé des plans où il s'échappait, en subtilisant leur blaster quand ils ne regardaient pas pour les abattre avec, forcer la serrure de sa cage et s'échapper, enfin libre ! Ce n'était rien de plus que ça : des rêves, des fantasmes qu'il savait impossibles, irréalisables. Mais ainsi...Non, c'était trop horrible.

- Les noms, insista d'une voix glaciale le funeste titan d'acier.

Le visage de Svahl était devenu pâle ; ses joues étaient enflées, ses yeux étaient mi-clos, elle avait clairement toutes les peines du monde à respirer, étranglée par la main impitoyable de ce mange-rêves, cette abomination toute droit sortie des enfers. Elle gesticula gauchement de sa main en direction du bureau, montrant les papiers qu'elle avait amenés avant d'accueillir chez elle le monstre. Les yeux de reptile de l'autre scrutèrent les papiers. Les cris de Moddn étaient devenus un râle, un sanglot de supplication et de prière. « Pitié... » murmurait-il entre ses pleurs. « Pas comme ça... ». Les iris de lézard de son tourmenteur revinrent sur sa femme, qui suffoquait dans l'affreuse étreinte.


- Bien, dit-il.

Brusquement, l'homme sous sa griffe se mit à hurler. « Non...Non...NON ». Un craquement affreux accompagna ses cris. Le jeune garçon aurait voulu détourner les yeux, mais un incompréhensible instinct le forçait à regarder, bien qu'il n'en éprouva nul plaisir. Un frisson grisant lui parcourait pourtant le corps, une fascination terrible, comme celle d'une biche devant les phares d'une voiture.

Un jet sombre vint éclabousser la main du monstre, celle-là même qui étranglait Svahl, alors que des projections toutes aussi morbides venaient peindre sa griffe, qui s'enfonça comme un poignard dans le dos de Moddn. Alors, la Faucheuse personnifiée relâcha la femme, qui tomba, glacée, auprès de son amant. Sa tête formait un angle anormal avec le reste de son corps. Sa gorge...Sa gorge avait été brisée. L'autre bougeait toujours, agité de soubresauts, larmoyant des propos décousus et incohérents dans sa langue natale. C'était un spectacle affreux. Proprement affreux.

Le bourreau, insensible aux prières du mourant, ôta sa serre du dos de sa victime – de nouveaux petits jets sanglants s'en échappèrent pendant quelques secondes, alors que l'ombre s'avançait vers le bureau. Notre petit garçon sentit soudain une vive nausée le prendre. La tête lui tournait, il ne vit plus très net. La bile lui monta dans la gorge et il n'en put plus : il vomit. Vomit de toutes ces années passées derrière des barreaux. Vomit du traitement terrible qu'on lui avait infligé pendant si longtemps. Vomit de son identité volée, de sa jeunesse dérobée. Vomit de la scène écœurante, révoltante, traumatisante. La gorge serrée, brûlante de son glaire fraîchement dégorgé, il sentit des larmes courir le long de ses joues, alors qu'il flageolait de tout son corps.

- Oh ? Un esclave ? Gronda la monstruosité d'un ton placide.

Le garçon se figea. Il devait survivre, il ne voulait pas mourir. Son seul réflexe fut de se réfugier aussi loin que possible au fond de sa cage. Non, non...La chose l'avait entendu ! Pourquoi avait-il fallu qu'il vomisse maintenant ? Pourquoi Svahl et Moddn étaient-ils morts ? Non...Lui aussi allait finir... !
Il se heurta aux barreaux. De l'autre côté, la chose venait d'arracher d'un bras la porte, déformant l'acier sans effort. Non, non, non, pas comme ça ! Le garçon suffoqua de sanglots, s'agita contre les barres de fer qui le retenaient, depuis si longtemps. C'était comme ça qu'il allait mourir ? Tué par un droïde sanguinaire, dans une vieille cave la Force savait où ? Il s'agrippa, secoua le fer de toutes ses forces, risqua un regard vers l'entrée. Le monstre était à l'entrée mais...Il lui tournait le dos, désintéressé. Son intérêt était porté ailleurs, visiblement absorbé par la lecture des documents récupérés sur le bureau. C'était...C'était son opportunité pour s'échapper ! La cage de sa porte était arrachée...Tout ce qu'il avait à faire...C'était courir...

Les jambes tremblantes, il se mit à ramper. Un pas, puis deux. La cage lui semblait si longue...Lorsqu'il y avait dormi tous ces mois durant elle avait été plus serrée même que le pantalon qui formait son unique tenue, mais à présent elle était plus allongée qu'un tunnel. Les yeux du petit étaient rivés sur la créature, qui lui tournait le dos. Il n'osait pas le quitter des yeux, il n'osait pas même cligner des paupières. Il entendait Moddn, gargouillant dans ses ultimes instants. Une nouvelle nausée menaça de remonter. Non, il ne devait pas y prêter attention, il devait s'enfuir. Des larmes se remirent à couler le long de ses joues. Sa main passa enfin le cadre - rouillé - de sa cage.
Il continua à avancer, tous ses muscles douloureux.


- Jeune humain mâle. Santé chancelante...

Il se retourna. L'affreuse ombre se tenait juste au-dessus de lui. Tournant le dos à la lanterne, l'entièreté de son être était dissimulé dans le noir. Pourtant, ses yeux de prédateur luisaient, posés droit sur le garçon qui n'osait plus bouger, tétanisé. C'était la fin. Il n'avait pas même le courage de parler.

- Exprime-toi, souffla l'aberration. Montre que tu sais parler. Ton nom.

D'une voix chancelante, le petit risqua dans un murmure :

- Je...Je n'en ai pas.

- Oh ? Rétorqua l'autre. Voyez vous cela.

Il approcha ses griffes de l'enfant, lui souleva le visage.

- Hmm...Pupilles dilatées...Respiration difficile...Pneumonie, huh ? Mais toujours vivant. Et pas de nom. Tu es donc une âme égarée. Sais-tu comment cela se dit en Kaleesh ?





- Nathrin !

C'était une jeune femme blonde qui venait de prononcer le mot. Son visage jeune et gracieux était encore partiellement caché derrière une lourde porte en chêne. Ses deux prunelles azurées guettaient d'un air innocent l'arrivant. Immobile sur le perron, l'interpellé lui adressa un sourire – bien pâle ; c'était ce visage qui se voulait optimiste quand la fatigue le terrassait sur ses jambes. Sous ses yeux, de lourds cernes noirs traduisaient bien plus éloquemment son état. Il tenait dans ses mains, devant lui, son habituel chapeau, laissant libre sa chevelure brune. Il faisait frais, la soirée était bien avancée dans la ville de Tyrena. La blonde de l'autre côté jeta à son vieil ami un regard empli d'inquiétude, percevant son trouble.

- Irina...Articula-t-il au milieu de sa fatigue, mais la femme déjà ouvrait pleinement la porte. Elle portait un épais pull en laine blanche. Les manches, trop longues, recouvraient ses mains grossièrement, retombaient jusqu'à la moitié de ses cuisses. Sans lui laisser le temps d'ajouter un mot de plus, elle se jeta dans ses bras.

- Cela faisait si longtemps ! Murmura-t-elle en l'étreignant. Entre, entre !

Là-dessus, elle l'entraîna à travers un vestibule, jusque dans son salon où elle le força à s'asseoir sur un canapé moelleux – s'éclipsant quasiment immédiatement. Là, trois coussins s'étaient rendu maîtres des lieux. Sur l'un d'entre eux, des yeux avaient été cousus, les bords étaient couverts de broderies qui lui donnaient des airs d'adorable peluche. Nathrin s'assit doucement dans le canapé, poussant les coussins. Il avait longuement marché, errant au milieu de la nuit. Le changement brutal vers la température agréable de ce salon lui brûlait les joues et les yeux – mais il était trop épuisé pour y prêter attention.

Moins d'une minute plus tard, la jeune femme du nom de Irina Durlant revenait dans la pièce, deux grosses tasses fumantes entre les mains. Elle en remit une fermement à l'homme, puis se mit en tailleur sur un divan, face à lui et commença à siroter son breuvage. Lui regarda la tasse d'un œil vitreux. C'était une tisane – elle adorait concocter des tisanes. Sous la surface fumante, il apercevait les feuilles broyées, qui dansaient en un paisible tourbillon vert, noyées sous l'eau couleur ambre.


- ...Alors ? Demanda Irina de derrière sa tasse. Tu vas me raconter ce qui ne va pas ?

Il se borna à fixer sa tasse pendant encore quelques secondes. En face, il entendit la jeune fille prendre une gorgée de sa boisson sucrée. Il ouvrit la bouche pour parler mais les mots refusaient de franchir ses lèvres. Il lutta quelques secondes avec lui-même...Non...Il n'avait pas la force d'aborder le sujet de front. Il choisit plutôt de détourner vers un autre thème – un dont il pourrait parler.


- C...Comment va Tabo ? Risqua-t-il.

Tabo était le compagnon de Irina, depuis maintenant plus de trois ans. Tous deux des chasseurs d'exception, ils s'étaient au départ livré une féroce compétition pour la traque du gibier avant de finalement se rendre compte qu'ils se chassaient mutuellement ; ils ne s'étaient depuis jamais quittés. Lors d'une opération sur Myrkr Tabo et Irina avaient tous deux été grièvement blessés ; l'un empoisonné par un venin extrêmement virulent, l'autre par une chute qui aurait bien pu être mortelle. Irina s'était remise, opérée en urgence par Tericarax. Tabo avait été traité par un anti-venin développé de la main du cyborg. Mais si Nathrin était parti voir la jeune fille à l'hôpital dès qu'il avait entendu la nouvelle, passant régulièrement à son chevet pour s'assurer qu'elle ne manquait de rien, il n'avait pas pu jeter un œil à son amant ; le Kaleesh avait eu d'autres plans pour lui, d'autres endroits où sa présence était requise. Cette pensée l'attrista.

Le visage de Irina s'illumina.

- Il se remet doucement, mais il va bien...Merci ! Ajouta-t-elle avec un sourire radieux.

Nathrin voulut à nouveau avouer ce pourquoi il était venu...Mais il s'en sentait toujours incapable. Alors, il risqua une nouvelle digression :

- C'est une belle maison que vous avez là. Chasser paie bien on dirait.


Irina haussa des épaules avec un air navré.

- Suite à notre accident sur Myrkr, Tabo et moi avons décidé de prendre notre retraite. Lorsque j'ai annoncé ça au lieutenant, il s'est assuré que nous ne manquions de rien. (Elle fronça alors les sourcils et tenta d'imiter de façon comique la voix grave du cyborg, tout en se mettant au garde-à-vous, pleine de détermination, inspirée à remplir son rôle!). « En gage de remerciement pour vos services fidèles » !

Là-dessus, elle éclata de rire devant l'absurdité de son imitation. Nathrin, lui, craqua. Il sentit des larmes tomber sur ses mains. Irina, en le voyant, quitta immédiatement sa plaisanterie.

- N...Nathrin ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Il est mort...cracha-t-il enfin. Tericarax est...Mort...Et je n'ai rien pu faire...
_________________________

Casier d'un Kaleesh

Histoire d'un séparatiste

Formation → Corps à Corps
Level 1 → Corps à Corps
Level 2 → Corps à Corps
Level 3 → Corps à Corps
Level 4/5 → Non effectués (coma)
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MessagePosté le: 23/08/2016 23:37:42    Sujet du message: Publicité

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Tericarax
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MessagePosté le: 09/10/2016 19:13:46    Sujet du message: Re: Un vieil ami Répondre en citant

Le regard de la jeune fille se chargea d'incompréhension et de surprise. Le lieutenant, Tericarax, était mort ? Sans réfléchir, elle prit Nathrin, ce cher ami, entre ses bras alors qu'il continuait à sangloter. Elle n'avait jamais demandé quel était le lien entre le feu cyborg et lui...Ce n'était pas la curiosité qui manquait, mais elle avait toujours trouvé malpoli de poser une question aussi personnelle. Il était clair maintenant que, pour Nathrin, Tericarax avait été bien plus qu'un simple supérieur. Un gros pendule dans un coin de la pièce faisait osciller tranquillement son balancier. Tic. Tac. Tic. Tac. C'était un vieux meuble, que Tabo avait remis en marche après l'avoir acheté sur un marché aux puces. Le balancement régulier aida à apaiser un peu l'esprit de la jeune fille.

- Personne ne vit éternellement,
murmura-t-elle doucement. Le lieutenant était mal en point Nathrin...Peut-être...Peut-être que ses souffrances sont terminées maintenant. Il...Il est dans la Force...

L'homme renifla au creux de ses bras.

- Qu'est-ce que je vais faire... ?...Je...Je suis seul...Tout seul...

La blonde repoussa son ami délicatement. Elle prit l'un des coussins, lui tendit : c'était celui où l'on avait cousu des yeux. Il le prit sans discuter, le serrant au creux de ses bras. Irina se sentait lasse. Elle n'avait jamais vu Nathrin dans pareil état, et la fatigue de son ami l'accablait autant que la nouvelle qu'il apportait.

- Nathrin...Tu nous a nous...Tabo, moi...On est là pour toi. Depuis l'incendie de Markath, pour toujours...

Son ami reniflait bruyamment. Il s'était un peu calmé, reprenant le contrôle de lui-même au fur et à mesure, il serrait fermement le coussin entre ses bras. Le contact doux aidait sans doute à l'apaiser autant que les propos d'Irina – elle l'espérait tout du moins.

- Je...Je lui dois la vie, dit Nathrin.

- Comme moi, risqua Irina en tentant d'accompagner sa phrase d'un sourire rassurant. Même si Tabo dirait que c'est à cause du lieutenant que j'ai risqué ma vie...Il m'a quand même sauvée ensuite...

- Tu ne comprends pas. Tu...Tu te souviens de ce que je t'avais dit... ?...Les esclavagistes ?

Irina hocha gravement de la tête. C'était une histoire que Nathrin n'avait contée qu'une seule fois, à elle seule. Avant d'être contrebandier, il avait été arraché à son foyer alors qu'il était encore tout petit, enlevé par des esclavagistes de son monde natal. Baladé de maître en maître, il avait oublié jusqu'à son nom, grandi dans une cage. Il avait été libéré par l'intervention inopinée de celui qu'il avait nommé « le négociateur ». Irina l'avait pressé de questions, mais Nathrin n'avait dit qu'une chose : sans ce négociateur, il serait mort à l'heure qu'il était. Mais pourquoi évoquait-il maintenant tout ça... ? À moins que...

- C'était lui...Tericarax était le négociateur...J'ai une dette que je ne pourrai jamais rembourser...

Irina soupira lourdement. Alors c'était ça...Nathrin avait toujours été endetté auprès du Kaleesh. Peut-être qu'il travaillait à sa solde en gage de gratitude finalement ? Et maintenant...Il était mort. Pas d'éloge, pas de nouvelle sur l'Holonet pour annoncer sa disparition. Le soleil n'avait pas été moins chaud, les étoiles moins brillantes. La galaxie, l'univers entier se fichait de la mort du lieutenant. C'était si injuste...Si rageant. Comme son ami était accablé par le chagrin, elle était accablée par l'impuissance. Elle aurait aimé pouvoir le rassurer, trouver les mots justes pour alléger sa douleur...Mais toutes ces nouvelles...Elle détourna ses yeux verts, les posa sur la table basse où reposaient les deux tasses de thé. Sous les gobelets en céramique, la table en verre était protégée par un rectangle de nappe blanche brodée.

- Tu...Tu te souviens ce qu'il nous a dit après l'incendie de Markath ? Quand tu m'avais sortie de justesse des flammes et sauvée de la mort ? Quand les médecins couraient partout, et qu'il était inébranlable au milieu de la panique ?

Nathrin répondit d'une voix enrouée et faible.


- Il m'avait dit que les dernières cibles de sa chasse se trouvaient dans la ville, et que je devais être prêt à faire évacuer dans le cas où ses proies tenteraient quelque chose d'inconsidéré. Je n'avais pas voulu le croire, mais ses cibles...Elles avaient posé des bombes dans les souterrains. Quand les premières flammes se sont répandues, j'ai su qu'il avait eu raison sur toute la ligne...

Irina se souvenait douloureusement de cet épisode. Elle déambulait dans les galeries commerciales pour ramener un souvenir de Markath, qui était une ville touristique, quand les premières explosions avaient retentis. La foule en panique l'avait presque piétinée à mort, abandonnée alors que les flammes se répandaient autour d'elles. Elle n'était qu'à moitié consciente lorsque Nathrin – un parfait inconnu alors – l'avait extirpée d'un bâtiment maintenant en ruines et poutres brûlantes. Affolé, il l'avait ramenée en sécurité, près des équipes de secours. Aveuglée par les fumées toxiques, Irina n'avait retenu que ce qu'elle avait entendu. Au milieu des sirènes, des médecins et des pompiers beuglant leurs instructions, Nathrin, à son côté, s'entretenait sur un ton affolé, suppliant son interlocuteur de la sauver. « Elle vous sera redevable », disait-il, « elle aura sûrement des compétences ou des connaissances qui pourront vous être utiles », implorait-il. « Je...Je vous serai endetté, mais s'il vous plaît... »


- Te souviens-tu ce qu'il t'avait répondu, quand tu l'avais supplié de me sauver ?

Nathrin hocha positivement de la tête. Alors qu'il suppliait, Tericarax l'avait coupé de son timbre glacé, placide au milieu de la catastrophe, un îlot émergé de calme froid au milieu de l'océan brûlant d'affolement causé par l'incendie.

- « La mort efface toutes les dettes ».

Irina prit sur la table une des tasses – celle la plus pleine – et la tendit à l'homme face à elle. Depuis cet épisode, ils avaient fait connaissance et s'étaient liés d'amitié. Il prit doucement la tasse, alors que notre blonde prenait la sienne et buvait une gorgée pour dénouer sa gorge. Elle se sentait épuisée. Le nœud au milieu de leurs vies respectives avait bel et bien été ce Tericarax hein ? Elle grimaça alors qu'elle avalait son breuvage. Le thé n'avait pas attendu la fin de leur échange et avait refroidi, à présent tiède. Le bref dégoût l'aida pourtant à se remettre encore un peu.

- La mort efface toutes les dettes, répéta-t-elle. Elle marqua une longue hésitation, ponctuée seulement par le tic-tac du pendule dans le coin de la pièce et les sons qu'elle faisait en avalant à petites gorgées son thé imbuvable mais pourtant si rafraîchissant. Enfin, elle osa poser sa question :
- Nathrin...Tu ne m'as pas dit...Comment est-ce que Tericarax...Enfin...Tu sais ?

L'autre ferma les yeux alors que ses traits se crispaient. Il allait à nouveau sombrer ! Irina s'en voulut. Pourquoi diable avait-elle posé cette question, elle savait bien pourtant que Nathrin n'était pas en état de répondre ! Mais, à sa surprise, il réussit à contenir ses émotions et répondre d'une voix nouée :

- Je ne sais pas...C'est la générale Lyzs Yvanol qui m'a annoncé la nouvelle. Elle...Elle était en intervention avec lui quand c'est arrivé. Apparemment il...La C.S.I...Il aurait été abattu par la C.S.I et un certain Sharkaran...Je...Je n'en sais pas...Pas plus...

Sa voix se brisa. La C.S.I avait toujours rimé avec « Tericarax » pour Irina. Et il avait été abattu par cette dernière ? Elle sentit une boule se former dans son ventre, tandis que Nathrin buvait courageusement une nouvelle gorgée, luttant contre ses émotions qui menaçaient à tout instant de refaire violemment surface. C'était...C'était si injuste. Si inconcevable. Un instant, elle songea à une autre possibilité. Et si...Et si cette Lyzs Yvanol avait menti ? Si jamais c'était elle qui avait tué Tericarax, puis rejeté la faute sur la Confédération... ? Elle entendit Nathrin murmurer « Et je n'ai rien pu faire... ». Peu importait le véritable responsable, songea-t-elle. Tout ce qui comptait maintenant, c'était l'état de Nathrin.

- Ce n'est pas important, dit-elle doucement. Viens Nathrin, lève-toi.

Elle se remit sur ses jambes pour lui montrer l'exemple et l'encourager, tout en lui tendant une main - qu'il prit mollement.


- L'astroport est tellement loin...Tu as marché longtemps pour venir jusqu'ici...Tu dois être affamé. Viens Nathrin, tu dois manger.

- Irina, je...Je n'ai pas faim...

La jeune femme fronça les sourcils, contrariée.

- Ah non hein ! Je vais pas te laisser mourir de faim. Et puis avoir l'estomac plein allège le cœur, on ne te l'a jamais dit ? Allez, fais pas la tête ! Il me reste de la tarte aux filets de Murra, tu vas pas refuser ça, si ?

Elle le tira de force vers la cuisine et le fit s'attabler de force alors qu'elle ouvrait le frigo à la recherche de la tarte promise. C'était une recette qu'elle maîtrisait à la perfection la tarte aux filets de Murra. Le plat préféré de Tabo, et grandement apprécié de Nathrin aussi. Alors qu'elle mettait le délicieux met à réchauffer, elle se tourna vers son ami, lui servant sans demander sa permission un cocktail Mufus, spécialité régionale forte, équivalent d'un grog dans d'autres recoins de la galaxie (mais où l'on avait mis un peu plus d'alcool que de miel naturellement). Elle s'en servit également une tasse. Au diable le thé, pour pareilles nouvelles il fallait quelque chose de plus fort. Et puis le thé n'allait pas avec la tarte de toute façon. *Ding * fit le four à inductions ioniques, indiquant que la tarte était prête. Irina déposa une assiette devant le museau de son ami, une devant le sien, puis elle porta sa tasse vers lui, pour trinquer.

- Au lieutenant Tericarax et tous les pansements que ses opérations nous ont amenés ! Dit-elle avec autant de légèreté que possible.

Elle espérait sincèrement que ce petit numéro aiderait à réchauffer un peu l'atmosphère et améliorer l'humeur de Nathrin. Elle n'arrivait pas à être grave, elle n'aimait pas ça. Depuis Myrkr, Irina savait pertinemment que la vie ne tenait qu'à un fil fragile, qu'un rien pouvait sectionner. Pas le temps pour être grave. C'était bon pour les politiciens ou ceux qui voulaient se grandir d'une importance qu'ils ne possédaient pas. La vie était trop courte pour se pavaner derrière des airs comme ceux-là. Être triste, être joyeux, oui, grave, non.

Son ami soupira profondément. Il laissa errer sa main sur la table, referma ses doigts sur la tasse et l'amena à lui. Ses yeux cernés se posèrent sur Irina. La lueur riante qui y dansait habituellement était éteinte. Était-il affecté à ce point ?


- À Tericarax
, dit-il enfin. Puis il frappa sa tasse contre celle de la blonde.
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MessagePosté le: 16/10/2018 04:45:24    Sujet du message: Un vieil ami

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